MMPR saison 4, épisode 5 : Nazca ou la quête du pouvoir ultime

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    KL44
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    MMPR saison 4, épisode 5 : Nazca ou la quête du pouvoir ultime

    Message par KL44 le Mer 28 Mar - 23:15

    Bonsoir !


    Voici la 5ème partie des fan-fics commencés il y a fort longtemps (plus de dix ans !).
    Ce cinquième volet date de 2010. Il n'est d'ailleurs pas terminé, je vais essayé de m'y remettre car comme l'a si bien dit une membre lors de sa présentation sur un autre sujet : "Power Rangers ne m'a jamais vraiment quitté même si j'ai été beaucoup moins investie à plusieurs périodes".


    Bonne lecture à celles et ceux qui s'y aventurent...


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    NAZCA OU LA QUETE DU POUVOIR ULTIME


    Prologue
     
     
       Un soir d’hiver 1983, dans la coquette ville de Hill Valley, située à une petite quinzaine de kilomètres en périphérie nord d’Angel Grove.
     
       Dans les rues, il n’y avait plus la moindre personne. La nuit s’était emparée depuis plus de quatre heures du ciel pluvieux qui avait dominé toute la journée, et ce, depuis plusieurs jours maintenant. Il y avait même eu de l’orage, un orage très localisé, mais la foudre n’avait pas été de la partie cette fois-ci. Mais, en cette vingt-deuxième heure bien entamée de cette journée de Décembre, les conditions météorologiques étaient meilleures, et la température n’était pas encore négative même si elle flirtait avec le degré zéro.
     
       L’orage.
    La météo avait toujours passionné les habitants de Hill Valley, mais davantage depuis un soir de novembre 1955 durant laquelle un puissant éclair frappa l’horloge du très grand et très bel hôtel de ville, cette dernière subissant une fin de carrière prématurée qui la vit indiquer à jamais dix heures et quatre minutes. Et personne n’était vraiment décidé à la voir de nouveau opérationnelle car elle témoignait de l’événement jadis provoqué par les intempéries. Et ils pouvaient être fiers de leur commune, véritable paradis tout comme Angel Grove, mais les buildings et autres centres d’affaires en moins.
     
       Hill Valley n’était pas directement reliée à Angel Grove : en effet, la ville se trouvait derrière la ligne naturelle montagneuse. Il n’existait que deux accès routiers entre les deux villes : un lien via un tunnel dans lequel il était devenu dangereux de croiser un véhicule un peu trop large, et un second axe mais beaucoup plus tortueux, par les plateaux, et encore plus accidentogène. Il était déjà question d’améliorer cette route et de construire une troisième possibilité de transit, avec une deux fois deux voies qui devrait, d’ici quelques années, percer les zones rocheuses et permettre ainsi un accès réellement direct, au détriment de la sauvegarde de la faune et de la flore. Un sujet fâcheux à Hill Valley tout comme à Angel Grove, où détracteurs et opposants se tiraient inexorablement dans les pattes à grands coups de critiques et de manifestations.
     
       Mais, plus récemment, hormis la foudre de 1955, l’horloge de l’hôtel de ville, ou encore la future route, un autre sujet dominait toutes les conversations de comptoir de bar ou dans les rues : les objets volants non identifiés qui avaient traversé le ciel quelques semaines auparavant, et d’étranges apparitions d’êtres hideux à la peau jaune relatées par un nombre restreint de fermiers à la sortie de la ville. Ce phénomène avait d’ailleurs aussi été constaté à Angel Grove mais cela avait été étouffé par les médias sur ordre du gouvernement qui ne voulait pas de polémiques inutiles : malgré les décennies, Roswell était encore dans les souvenirs.
    En revanche, à Hill Valley, la presse refusait cette dictature contre la parole et la libre expression et les fameux extra-terrestres et autres vaisseaux volants aperçus par une poignée d’habitants défrayaient la chronique via des articles ou des photos qui, il fallait l’avouer, tenaient pour une grande majorité d’un simple photo-montage raté. Malgré tout l’authenticité de certains clichés semblait inéluctable mais pour le lecteur lambda, il était très difficile de dénicher le réel du superflu : tout était vrai selon eux.
     
       Ces événements avaient surtout eu lieu durant l’été de cette année 1983, malgré quelques témoignages plus récents mais pas toujours véridiques. Nul ne savait pourquoi cette vague surnaturelle avait frappé Hill Valley en juillet, août puis septembre, puis s’était tue par la suite, pour le grand bonheur des habitants tout de même qui n’en pouvaient plus d’avoir peur continuellement même pour aller chercher leur courrier.
     
       Mais, en ce soir d’hiver, dans un petit quartier résidentiel sans grande histoire construit depuis près de vingt-cinq ans, il se passait de nouveau des choses étranges. Les rues n’avaient pour seuls acteurs que les quelques animaux domestiques se balladant de maisons en maisons, et, un étrange groupe de trois aliens jaunâtres dont les corps brillaient légèrement dans la pénombre, ainsi qu’un androïde qui ressemblait à ses compagnons mais qui laissait entrevoir des membres métalliques.
     
       L’un des monstres portait une veste de couleur sombre et une enseigne sur la poitrine, au côté gauche : c’était le leader. Les deux autres étaient habillés d’espèces de gilets, eux aussi de tons sombres. Ils étaient tous équipés d’armes très futuristes assimilées à des pistolets, mais elles semblaient endommagées au vu de leur état.
     
       Les trois aliens avaient eux aussi l’air blessés, usés, et très affaiblis. L’un d’entre eux avait même une moitié de bras en moins : celui de droite, sectionné à hauteur du coude. Mais le leader à l’enseigne était celui qui semblait encore le plus en forme même si son allure laissait présager une fatigue omniprésente. Et l’androïde était abîmé et marchait peu vite et de travers : ses yeux étaient dissimulés derrière une paire de lunettes de soleil étrangement petite.
     
       Mais le groupe n’errait pas à Hill Valley, et encore moins de ce quartier précis de Rosace Santos, par hasard. Les quatre individus cherchaient quelque chose, en l’occurrence, une maison bien précise de la Red Dog Avenue. Et, arrivées à hauteur de l’adresse numéro vingt-quatre, ils s’arrêtèrent devant la boîte aux lettres.
    Le leader du groupe lut le nom sur la boîte.
       - Monsieur John Scott, Mademoiselle Suzan Lee, et leurs enfants.
    L’être venu d’ailleurs baissa ses lunettes, laissant deux yeux rouges balayer la maison du regard.
       - C’est bien ici, confirma-t-il d’une voix aussi robotique que froide.
    La maison était grande et il y avait un étage. La cheminée était active au vu de la fumée qui s’évacuait de la bouche sur le toit. Les volets de la maison étaient tous fermés. Aucune voiture n’était stationnée dehors mais deux vélos étaient adossés contre le mur près de la porte d’entrée accessible via un petit chemin de graviers parmi une belle étendue de gazon fraîchement tondu. Ils s’avancèrent dans l’allée et allèrent devant la porte.
       - Nous sonnons, général PR13 ? questionna l’un des deux assistants.
       - Je vais m’en charger moi-même, sous-officier. Et n’oubliez-pas : nous ne sommes pas ici pour faire un massacre. Nous devons ni tuer, ni enlever qui que ce soit. Compris ?
       - Bien reçu, valida l’autre sous-officier.
       - Et toi, Plutonator, tu as compris ? demanda le général PR13 à l’androïde qui mit quelques secondes à répondre après avoir remis ses lunettes noirs.
       - Affirmatif. Pas d’effusion de sang, ni de terreur.
       - Tu as une mission bien précise, n’oublie pas.
       - L’oubli ne fait pas partie de mes programmes, termina l’androïde nommé Plutonator.
    Alors qu’un léger vent se mit à souffler et à balayer les feuilles mortes, le général PR13 mit son doigt sur le bouton de la sonnette et appuya deux courtes fois. La lumière apparut et quelqu’un arriva de l’autre côté de la porte qui ne tarda pas à s’ouvrir : un homme d’une trentaine d’années et plutôt costaud avait ouvert et écarquillait grand les yeux, visiblement très surpris par cette visite tardive et inattendue. L’androïde nommé Plutonator fixa l’homme et s’avança légèrement. Il fut le premier à parler.
       - John Connor ?
       - Hein… quoi ???
    Le général PR13, indigné, se retourna vers le Plutonator.
       - Mais non imbécile, ce n’est pas John Connor, mais John Scott. Les batteries doivent être endommagées…
       - Pardon mon général, s’excusa le Plutonator. Vous… vous êtes… John Scott ?
    L’homme de la maison regarda les quatre monstres : il était très stressé et très gêné. Mais il ne semblait pas si terrorisé…
       - Qu’est-ce que vous me voulez ? questionna John Scott, visiblement peu surpris par ces visiteurs.
       - John, John… John ! répéta PR13. Ne fais pas celui qui ne nous connaît pas ! Ce serait nous prendre pour des imbéciles…
       - Mais… mais… balbutia John Scott… je…
       - Ça ne marchera pas avec nous, John… continua l’un des sous-officiers.
    John Scott regarda derrière lui : il était seul dans son couloir. Il sortit de sa maison et referma la porte derrière lui : il était avec les quatre intrus.
       - Je croyais que vous n’étiez plus de ce monde… dit John. Je ne pensais pas vous… je ne pensais pas vous revoir un jour.
       - Et ça te fait plaisir de nous revoir ? ricana PR13.
       - Pas vraiment, répondit sèchement John. J’espérai enfin retrouver une vie normale et je peux enfin m’occuper de ma famille, ce qui n’a pas été trop le cas dernièrement.
       - C’est ça aussi, de vouloir nous mettre des bâtons dans les roues, fit PR13. Si tu ne nous avais pas empêché de prendre notre… dû.
      - Mais ce n’était pas à vous de reprendre cette boîte !!! tonna John. Vous me gonflez à la fin avec cette fichue boîte. Vous ne l’aurez pas ! J’ai reçu ordre de ne pas la donner et je ne la donnerai jamais !!! Vous avez déjà tenté de me la voler, et heureusement que je vous ai retrouvé pour la reprendre. Vous m’emmerdez !
       - D’ailleurs, je me demande toujours comment tu as fait pour retrouver notre trace jusque là-bas, s’interrogea PR13 à haute voix.
       - Ca, ça me regarde, sale plutonien de malheur.
       - Au moins, tu n’as pas réussi à nous tuer, et c’est étonnant car tu aurais pu… avoua PR13. Et puis, tu n’es pas à la meilleure place pour nous traiter de plutonien de malheur… humain de malheur.
       - A vous voir ici, je me dis que je n’aurai pas dû hésiter… déclara John. Car vous n’êtes pas seulement venu pour me dire cela.
    Le Plutonator, qui s’était tu depuis quelques minutes, analysait en fait la maison et il recherchait d’éventuels occupants. Aussi, il trouva l’objet recherché par le groupe d’aliens et réussit à détecter précisément son emplacement.
       - Mon général PR13… fit le Plutonator. Je l’ai…
       - Il a quoi, celui-là ? questionna John, agacé.
       - Alors, attrapez-le !!! ordonna PR13 à ses deux sous-officiers.
       - Oui mon général, firent en duo les sous-officiers.
       - Ca, jamais de la vie !!! contra John qui sortit un petit fusil au canon argenté.
    Les quatre plutoniens, le Plutonator en tête, poussèrent des cris d’effroi et reculèrent. Cette fois, la position de force avait changé de camp, et les agresseurs se retrouvaient en bien mauvaise posture.
       - Non… nous ne te voulions pas de mal… nous voulons juste cette boîte Nazca… il nous la faut, je t’en prie… implora le général PR13.
       - C’est votre dictateur qui vous demande cela ? Et bien, il ne l’aura pas… il n’aura pas le pouvoir ultime ! Et personne ne l’aura tant que cette boîte restera en sécurité ici.
       - Si !!! Si, nous l’aurons, nous n’avons pas d’autre choix !
    C’est alors que John entendit des bruits de pas derrière la porte d’entrée : il l’entrouvrit de façon à ce que la personne à l’intérieur ne puisse voir les monstres : celle-ci était un jeune garçon de sept ans, en pyjama, visiblement prêt à aller se coucher.
       - Papa, qu’est ce que tu fais dehors ?
       - Ce n’est… ce n’est rien mon garçon, monte dans ta chambre… j’arrive… balbutia John.
    Le jeune garçon ne discuta pas et acquiesça d’un signe de tête. John claqua la porte et se retourna de nouveau contre les quatre aliens.
       - Bon, nous en étions où, nous ?
       - Nous en étions à te dire que nous récupérerons la boîte. On pourrait même procéder autrement, ricana PR13.
       - PR13, n’oublie pas cette belle arme que j’ai dans la main droite. Te rappelles-tu comment elle a transformé ton vaisseau spatial lorsque tu essayais de fuir avec la boîte Nazca.
       - Plutonator !!! A l’attaque !!! ordonna en hurlant PR13. Sous-officiers, entrez dans la baraque et trouvez-moi l’enfant et cette boîte !
       - Non, vous ne toucherez pas à mon fils ! cria John tout en activant l’arme.
       - Ordre de tuer ! Ordre de tuer John Scott ! répétait le Plutonator.
    John, qui commençait à avoir chaud malgré la température hivernale de la nuit, enleva sa veste tout en faisant passer le fusil d’une main à l’autre : il était prêt à éliminer les derniers envahisseurs.
       - Dites adieu à votre vie de méchants monstres ! déclara John. Jamais vous n’aurez les trois boîtes Nazca.
     
       Une poignée de minutes plus tard, John Scott rentra chez lui : il se sentait bizarre. Il venait de tuer les trois plutoniens grâce à son arme qui les avait fait fondre en quelques secondes. Il avait entendu la souffrance des victimes mais il n’avait aucun remord : ils étaient trop dangereux pour leur laisser la vie sauve.
     
       Maintenant, plus personne ne viendrait l’embêter et lui parler de cette boîte Nazca. Il savait qu’il devait la cacher malgré tout, mais il y réfléchirait plus tard. Il monta d’abord vers les chambres de ses enfants, qu’il regrettait d’avoir laissé seul. Il alla tout de même vérifier que sa petite fille de quatre ans dormait, puis il rejoignit celle de son fils qui l’attendait. John le borda et l’embrassa sur le front.
       - C’était quoi ces bruits bizarres, papa ?
       - Ce n’était rien de grave. Ne t’inquiètes-pas mon ange.
       - J’ai entendu du bruit, alors je pensais qu’on partait à l’hôpital.
       - Maman est toujours à la clinique, la naissance d’Angélique est prévue dans deux jours. Mais il se fait très tard, heureusement que nous sommes en vacances et que tu n’as pas école demain. Il est l’heure de dormir.
       - Bonne nuit papa.
       - Bonne nuit Jason.
    John Scott embrassa une nouvelle fois son fils et éteignit la lumière de la chambre. Puis il descendit à la cuisine.
    Il espérait que son fils aîné, ni aucun de ses enfants d’ailleurs, n’ait la même vie que lui, surtout au vu des récents événements.


    CHAPITRE 1
    Préparatifs, plans et inquiétudes
     
     
      Samedi 24 mai 1997, à l’entrée de l’aérodrome d’Angel Grove donnant sur un parking d’environ quatre cent places, sous des pluies diluviennes.
     
       En effet, la météo avait cette fois décidé de changer radicalement de température et de conditions : le thermomètre digital surplombant le parking et alternant avec l’heure indiquait tout juste douze degrés. Pour une fin de matinée printanière, elle n’était pas élevée, cette température qui en quelques jours avait chutée d’une dizaine de degrés. Les parapluies et les manteaux avaient remplacé les shorts et les casquettes, mais cette perturbation semblait, selon les prévisions, assez ponctuelle et localisée sur la région.
     
       Il y avait affluence devant l’entrée de cet aérodrome : le calendrier était tel qu’il s’agissait d’un week-end prolongé : le 26 mai était un jour chômé à Angel Grove en raison d’une coutume aussi ancestrale que ridicule : il sera fêté les soixante-seize ans de la création de la Confrérie des Montagnards Funestes, un groupe qui a réussi pendant des décennies à imposer leurs rituels sous forme de carnaval et de festivités, autour de spectacles à l’humour bien souvent graveleux. Chacun se demandait d’ailleurs comment cette bande inintéressante posséderait son jour férié, et jusqu’à quand cette faveur durerait. Le seul avantage résidait dans la vente de délicieux saucissons locaux.
     
       Peu importait, puisque jour férié il y avait : autant en profiter pour s’accorder quelques congés, et ça, les habitants d’Angel Grove l’avaient bien compris : les passagers en attente d’embarquement pour Los Angeles, San Diego, Philadelphie ou même Miami étaient nombreux à remplir des files d’attente déjà importantes. Dans les halls, ça courait dans les couloirs, ça paniquait dans tous les sens. Les vols partaient toutes les demi-heures, ce qui faisait une fréquence surprenante pour un petit aérodrome comme celui-ci : le ciel voyait des avions de part et d’autres.
     
       Mais, en provenance du ciel, trois individus étrangers apparurent derrière un autocar stationné en bout de quai et venant de libérer ses derniers clients : le premier était une femme habillée d’une grande robe et d’un chapeau peu commun ; le second avait un corps squelettique et le dernier avait deux ailes et était doté d’une carapace dorée : il s’agissait de l’impératrice Rita Repulsa, accompagné de Rito Revolto son frère, et Goldar, qui restèrent à couvert. Personne ne les avait encore vu et cela les arrangeait.
     
       Goldar fut le premier à parler, à voix assez basse.
       - Rita, je suis étonné que l’on débarque sitôt. Nous sommes encore le matin et je ne suis pas sûr que cet aéroport puisse nous…
       - Chut Goldar ! Tais-toi ! contra Rita. Nous avons une mission bien ficelée, alors ne discute-pas. Nous ne sommes pas là par hasard. Sariu nous a envoyé pour préparer l’offensive, qui elle-même est liée à une très grande diversion afin de laisser place à la phase numéro deux.
       - La phase numéro deux, celle que Sariu a qualifié comme étant l’éparpillement des troupes sur le continent je crois, fit Goldar.
       - Exactement ! répondit Rita. Alors, silence, discrétion et observation sont nos trois mots d’ordres pour le moment.
       - Et l’action ? demanda Goldar.
       - L’action viendra là aussi dans la phase suivante. Le plan est si bien ficelé que je me demande comment j’ai fait pour ne pas le trouver toute seule.
       - Eh oh, sœurette, tu ne veux pas brailler un peu moins fort, je voudrais bien me reposer tranquillement, osa Rito, adossé contre un des flancs de l’autocar.
       - Triple buse ! pestiféra la sorcière. Tu crois qu’on est venu sur Terre pour dormir ? Tu n’es pas sérieux…
    Mais son frère s’était déjà endormi et émettait déjà quelques ronflements qui allaient crescendo. Rita prit son sceptre et donna un grand coup dans l’épaule gauche de l’alien assoupi.
       - Aie ! On est où là ? questionna bêtement Rito.
       - On n’est vraiment pas aidés avec un collègue comme lui. Je ne sais pas qui était la mère mais elle devait être ravagée celle-là aussi… aie !
    Rita venait de taper à Goldar à son tour, toujours avec le sceptre : elle était en rogne, comme à son habitude, mais cette fois elle était vraiment énervée.
       - Bande d’idiots !!! Au lieu de faire n’importe quoi, surveillez les alentours. Dès que vous voyez un Ranger, vous me prévenez. Compris !
       - Oui, acquiescèrent les deux monstres sans discuter.
    Puis elle pinça Goldar.
       - Et toi, tu parles encore une fois de ma mère de la sorte, et je te retire tes ailes et te les fais bouffer par le nez, espèce de chauve-souris hideuse !
    Chacun alla d’un côté de l’autocar. Le parking était si vaste qu’en s’abaissant et en zigzaguant entre les voitures, il n’y avait en théorie aucune chance d’être vu, sauf si une personne se trouvait dans une voiture, ce qui était probable. D’autant plus que ni Goldar, ni Rito ne faisaient preuve de la moindre discrétion : cela se vérifia lorsque l’alarme d’une vieille Pontiac sonna à tue-tête.
       - Zut ! Cachons-nous ! prévint Goldar, qui savait que cette alarme s’était déclenchée par sa faute.
       - Pathétiquement pathétique… souffla Rita. Par tous les cieux, ça ne marchera jamais avec deux prototypes comme eux…
    Rita constata que Goldar et Rito ne se furent pas davantage remarquer : ils s’étaient rapidement repliés derrière l’autocar. Les gens tournèrent à peine la tête suite au retentissement de l’alarme de la Pontiac.
       - Retour au point de départ, glissa Rita à Rito.
       - Oui, ma sœur, mais ça c’est à cause de Goldar !
       - Tais-toi donc abruti de tas d’os ! rétorqua Goldar.
       - C’est à toi de la fermer, andouille de Mercure !
       - Mais fermez-là une bonne fois pour toutes bon sang !!! râla la sorcière. Les morveux peuvent sortir d’une minute à l’autre. Soyez sur vos gardes ! Et que je n’ai rien d’autre à vous redire ! Alors cachez-vous, et cette fois, trouvez une excellente cachette sans provoquer d’alarmes !
       - Oui c’est bon, c’est bon… osa pester Rito.
    Les deux aliens se résignèrent sans discuter davantage à leur tâche et allèrent de nouveau se dissimuler derrière des automobiles, avec cette fois un peu moins d’inattention. L’entrée de l’aérodrome n’était qu’à une vingtaine de mètres, et, de toute façon, les jeunes Rangers ne pourraient pas passer par un autre endroit : toutes les sorties des halls couverts donnaient sur le parking car la porte opposée était en travaux et donc fermée au public.
    Pour l’instant, rien à signaler de leur côté. Aucun jeune Ranger à l’horizon. Mais Rito espérait qu’ils pointeraient rapidement le bout de leurs nez.
    Sariu avait prévenu : les jeunes allaient se rendre à l’aéroport pour revoir leurs trois amis partis il y a quelques semaines en Angleterre. Le vol ne devait plus tarder et la mission était de faire diversion, mais aussi de mettre les environs de l’aéroport dans le chaos le plus total. Et ce job allait l’amuser, il en était certain. Seulement, il n’en pouvait plus d’attendre, et il aurait aimé le signaler. Il alla avouer son impatience à Goldar qui se retrouvait derrière lui.
       - Pourquoi on attend ? On pourrait déjà commencer à foutre le bordel et à casser des bagnoles !
       - Oui on pourrait, mais les ordres sont les ordres, chuchota Goldar. Moi aussi je voudrai bien commencer le massacre !
       - Et bien, allons-y, on s’en fiche de Rita…
       - Je te rappelle d’une part c’est ta sœur, et d’autre part, et ça me tue de dire cela, notre supérieure hiérarchique. Elle ne tolérera aucune erreur. Essayons… essayons d’être irréprochables, pour une fois.
       - D’accord, pas de problèmes mon gaillard, commença à dire Rito en haussant la voix. Je serai parfait !
       - Pour être parfait, commence déjà par parler moins fort ! prévint Goldar. Tu veux que tout le monde nous voie ?
       - Mais non, bien sûr que non… bon, tu as raison, je vais faire un travail vraiment sérieux. J’en suis largement capable. N’oublie-pas que c’est moi qui jadis, courageux et valeureux, élimina les Tonnerre Zords !
       - C’est ton seul coup d’éclat en plusieurs milliers d’années il paraît, alors, préoccupe-toi de l’instant présent et du travail que nous devons faire.
    Rito se tut et, de cette façon, débuta un silence qu’il ne voulait pas interrompre tant que les jeunes Rangers ne sortaient pas du hall de l’aérodrome. Goldar fit de même, se concentrant sur ce qui l’environnait afin d’éveiller aucun soupçon. Quant à Ria, elle avait eut l’idée de se glisser derrière une vieille benne à ordures qui sentait mauvais plusieurs mètres à la ronde. Pour elle qui avait vécu des éternités dans des poubelles galactiques, les odeurs nauséabondes ne la gênaient plus.
     
    ***
     
       Au Centre de Commandes, il régnait une calme et paisible atmosphère de sécurité qui n’avait pas été troublée depuis près de quatre jours maintenant.
    Affaibli, le bouclier de la base mettait un temps relativement long à se recharger et à retrouver une stabilité rassurante : les déboires récente du Ninja Megafalconzord n’y étaient pas étrangers, au contraire. L’énergie du géant de métal avait été au plus bas et il avait puisé des ressources sur la réserve du Centre de Commandes.
     
       De plus, l’utilisation du réseau de réserve d’urgence lors de l’incursion de Sariu avait ralenti tous les systèmes protecteurs. Zordon s’était trompé en pensant que son système était fiable à cent pour cent aussi bien dans sa réalisation que dans sa fin d’exécution. Il savait que ce mode de défense et de puisement d’énergie serait à réétudier avant une prochaine utilisation.
     
       De son côté, le droïde Alpha 5 devait reprogrammer diverses données des ordinateurs. Mais, autre chose le préoccupait. L’un des radars qui fonctionnait détectait plusieurs endroits où devaient se trouver des objets assez mystérieux pour être signalés : deux points blancs clignotaient sur la carte de la Californie, dont un dans le port d’Angel Grove : Zordon pensait sérieusement qu’il s’agissait du Dragonzord, puisque Tommy le Ranger Blanc l’avait dirigé vers la mer lors de leur dernière rencontre. L’autre point ne devait être rien d’autre que les Shogun Zords désactivés, au vu là encore de la localisation géographique concernée.
    Si Alpha était distrait par tous ces points blancs clignotants, Zordon était lui aussi préoccupé, non pas par un problème mais deux, complètement différents.
     
       Le premier était l’absence de Tommy qui était parti en mission en Australie la veille, peu avant midi, en avion : en effet, les processus de téléportation étaient peu performants et ils devaient être réinitialisés avant de pouvoir fonctionner correctement. Selon les statistiques de l’ordinateur central le retour à la normale n’interviendrait que dans une centaine d’heures.
     
       Zordon se demandait encore s’il avait fait une erreur d’envoyer Tommy seul pour cette mission dont il ne parvenait pas vraiment à mesurer la dangerosité. Il était vraiment parti vers l’inconnu, même si l’objectif semblait fondé. Tommy avait rencontré Kira Ford, qui selon la chronologie d’origine devient bien plus tard – ou par le passé c’est selon - la Ranger Jaune Dino Tonnerre. Coincée au sein d’une dimension dans le futur elle avait informé Tommy de son futur à lui et aux autres Rangers. Et le destin voulait que le 1er juin soit une date fatale pour leur histoire et pour celle du monde en général.
     
       Une date qui verrait la fin des Rangers. Suivrait la fin de Zordon et la fin de l’indépendance de la Terre. Tommy était la solution à cette catastrophe et celle-ci se trouvait en Australie : c’est là-bas que Sariu devait se rendre pendant que d’autres plutoniens parcourront diverses zones à la recherche des fameuses boîtes Nazca.
     
       Le Ranger Blanc pouvait-il sauver le monde à lui tout seul ? Malgré l’étendard des talents de Tommy, Zordon savait que non. Mais envoyer des Rangers supplémentaires en Australie diminuerait le nombre de Rangers actifs sur Angel Grove ou pour d’autres attaques. Il avait pourtant pensé envoyer Kimberly avec Tommy mais il avait peur de les associer : leurs sentiments étaient si forts qu’ils pourraient se retourner contre eux ; ou, en cas de problème pour l’un des deux Rangers, le mal serait immense pour l’autre.
    Pourtant, l’éloignement faisait aussi mal. Mais Zordon ne pouvait pas se torturer l’esprit sur la vie de deux Rangers et il devait penser collectivement.
     
       Heureusement, il savait pertinemment qu’il pouvait compter sur l’aide de Ninjor, le guerrier ninja, en cas de besoin. Cette idée le rassura et il n’hésiterait pas à faire appel à Ninjor au cas où le Ranger Blanc se retrouverait contre des monstres en Australie : Zordon savait cette hypothèse plus que probable et que les armées plutoniennes de Sariu ne tarderaient pas à retrouver sa trace… si cela n’était pas déjà fait. Mais il ne pouvait pas contacter Tommy, qui se trouvait à bord d’un avion : la portée des ondes du Centre de Commandes ne pourrait atteindre les appareils volants sans provoquer d’importantes interférences pouvant troubler le pilotage de l’appareil de la part du personnel de bord.
     
       Le second tracas de Zordon concernait d’ailleurs les Rangers et leur état mental. Zordon pensait aux retrouvailles avec Adam, Aisha et Rocky et il était étrangement inquiet. La raison en était fort simple : les Rangers allaient repenser à cette situation qui se draine depuis près de deux mois, c’est-à-dire, ce retour dans le passé qui était maintenant leur présent à jamais. Pour certains, il s’agissait d’une bénédiction : Trini et Adam avaient pu par exemple retrouver leurs parents décédés dans le futur, mais bien vivants désormais. Mais le problème était ailleurs…
     
       Zordon avait pensé, à tort devait-il le reconnaître, que les souvenirs des Power Rangers s’estomperaient avec le temps. Mais ce n’était pas le cas, car il les avait souvent entendu en parler, et que, même s’il leur semblerait vague, un jour, le futur les rattraperait. Et cela serait un véritable drame…
    Les souvenirs seraient alors une arme maintes fois plus dévastatrice que la pire création aliénée du Seigneur Zedd. Ils procurent de l’émotion et des sentiments uniques, dans les bons comme les mauvais moments.
     
       Zordon ne savait pas ce qu’il était advenu de chaque Power Ranger de cette génération après sa mort lors de l’équipe de l’espace. Mais il avait connaissance de ce qui s’était passé avant pour eux, parfois après grâce à certaines archives rapportés par Alpha. Mais il ne voulait pas leur en parler car bien souvent ce futur était fait de belles choses et les rappeler ferait apparaître des regrets lourds de conséquence.
     
       Zordon, qui n’avait pas l’habitude de se confier, décida de s’ouvrir à Alpha 5.
       - Alpha, j’ai de nouveau peur pour les Rangers.
       - Peur ? Aie aie aie, Zordon, si toi aussi tu as peur, nous sommes dans le pétrin…
       - Alpha, je ne vais pas y aller par quatre chemins : tu ne dois absolument pas faire allusion à l’avenir révolu devant les Rangers ou devant Aisha, Rocky et Adam.
       - Euh… bien entendu, mais pourquoi ?
       - Leur ressasser des souvenirs pourrait provoquer des troubles chez les Rangers, et des perturbations sur leur moral.
       - Je comprends, en fait, tu ne veux pas que les Rangers pensent que leur futur était mieux.
       - Oui, c’est exactement ça Alpha, surtout que pour nombre d’entre eux, le futur était effectivement glorieux, malgré parfois quelques étapes difficiles.
       - Bon, je vois, et je suis d’accord avec toi Zordon. Je veillerai à ne pas raconter de bêtises, tu as ma parole d’honneur de robot.
     
       Zordon cessa de parler et se tut. Il était juste un peu rassuré : il avait confiance en Alpha même s’il savait son droïde bavard. Mais il craignait que les souvenirs reviennent d’eux-mêmes, et cela lui semblait incontournable. Mais l’échéance de cette nostalgie renaissante devait être repoussée sans cesse, coûte que coûte.
     
       Une troisième inquiétude fit irruption dans l’esprit de l’être dimensionnel, même si ce n’était pas vraiment un désagrément : la situation était si calme, si tranquille, qu’il redoutait une attaque surprise. Tommy avait rapporté les dires de Kira Ford concernant les innombrables arrivées de plutoniens sur Terre pour la recherche des boîtes Nazca, et cela devait commencer ce jour même.
       - Alpha, l’alarme est bien en fonctionnement ? voulut se rassurer Zordon.
       - Affirmatif Zordon, elle l’est.
       - Effectue un balayage sur les radars, je préfère prendre des précautions au cas où l’alarme dysfonctionnerait.
       - Radar effectif. Le vista-globe localisera la zone en dérangement s’il y a lieu et…
    Alpha ne termina pas sa phrase : le vista-globe retransmit immédiatement le parking de l’aérodrome d’Angel Grove. Rita Repulsa, Rito Revolto et Goldar étaient sur place, mais ils n’attaquaient pas. Il y avait pourtant beaucoup de monde dans le secteur mais il ne semblait pas subsister de mouvement de panique.
    Enfin, l’alarme sonna pour indiquer ce danger présent. Zordon avait senti le coup venir.
       - Aie aie aie ! Ils commencent très fort ce matin ces gaillards-là ! se plaint Alpha. Ils sont très matinaux…
       - Et si Rita et ses deux acolytes se trouvent près de l’aéroport, ce n’est certainement pas un hasard, déclara Zordon.
       - Tu crois qu’ils recherchent les Power Rangers ?
       - Je ne le crois pas seulement : j’en suis sûr. Ils sont certainement au courant du retour de Rocky, Adam et Aisha.
       - Tu as idée de ce qu’ils peuvent manigancer ?
       - Hormis le fait qu’ils attendent les Rangers, je ne vois pas trop. J’ai éventuellement une hypothèse mais… Peut-être que cela à un rapport avec la future invasion rapportée par Kira Ford. Quoi qu’il en soit, préviens les Power Rangers sur le champ.
       - Oui, mais ça risque de ne pas passer, ils sont encore dans l’aérodrome.
       - Essaies quand même, Alpha, nous n’avons pas le choix. Il faut les mettre au courant.
    Alpha retourna vers le vista-globe et engagea l’appel vers les communicateurs des cinq Rangers présents à l’aérodrome.
     
    ***
     
       L’avion en provenance de Londres via Philadelphie avait posé ses roues et son train d’atterrissage depuis près de vingt minutes. Les passagers récupéraient leurs bagages sur les tapis roulants évacuant les soutes de l’appareil grâce à des systèmes aussi impressionnants que gigantesques. Il n’y avait pas trop de bousculade : en effet, l’avion était de petite envergure et une soixantaine de personnes seulement en étaient sortis. Malgré ses modestes installations, cet aérodrome était réputé pour sa fiabilité et son personnel compétent.
     
       Parmi les arrivants, Adam, Rocky et Aisha, mais aussi Bulk et un groupe d’élèves et de professeurs du Lycée d’Angel Grove débarquèrent. Dans le hall d’attente, Jason, Trini, Billy, Kimberly et Zack entouraient leurs trois amis qu’ils avaient rejoints depuis quelques minutes. Ils avaient tant de choses à se dire… Les trois vacanciers avaient mis de côté leurs anecdotes sur leur voyage car ils voulaient d’abord se tenir informés des mésaventures des Power Rangers, car il y en avait eu pendant leur absence ! C’est Jason, le Ranger Rouge, qui comptait les péripéties récentes…
       - Et donc, c’est à votre départ en Angleterre que les problèmes ont commencé. Tout d’abord, nous avons eu la surprenante visite d’une Ranger ennemie.
       - Quoi ? Une Ranger ennemie ? s’étonna Adam. Tu veux dire, une Power Ranger comme nous… euh… comme vous ?
       - Une Zeo Ranger, en fait, répondit Trini.
       - Oui, la Zeo Ranger d’Argent, poursuivit Jason. Mais avançons en même temps vers la sortie, pour ne pas perdre de temps.
    Les huit jeunes allèrent vers la sortie débouchant sur le parking. Les cinq jeunes portant leurs communicateurs ne les entendirent pas sonner à cause du brouhaha qui régnait dans l’établissement aéroportuaire.
    Et si une personne faisait davantage de bruit que les autres, il s’agissait sans aucun doute de Bulk qui eut la bien mauvaise surprise de voir que personne n’était venu le chercher.
       - Où diable est-il, ce guignol de Skull ! Je suppose qu’il m’a encore oublié, alors que je l’ai appelé hier pour lui dire de ne pas oublier de m’apporter un hot-dog et des Smarties à mon arrivée ! Il ne pense vraiment qu’à lui, c’est incroyable !
    Il savait que son ami ne viendrait pas : c’était tout à fait le genre de Skull de faire l’impasse sur un rendez-vous. Alors, il décida de suivre le groupe de Jason afin d’essayer de trouver une place dans l’une de leurs éventuelles voitures.
     
       Jason, bien aidé par ses amis, expliquait toujours les derniers évènements : la Zeo Ranger d’Argent, l’attaque du Dragonzord, le coffre de la plantation des anges qui avait failli disparaître…
       - … et nous avons finalement réussi à les repousser alors que nous étions en plein combat dans les montagnes près du Centre de Commandes. Sans Kim, Tommy et leurs deux zords volatiles, la base n’existerait sans doute plus à l’heure où je vous parle.
       - Tu as été forte Kim, tu nous as sauvés, rappela Billy non sans faire rougir la concernée.
       - Et bien ! fit Aisha. Si j’avais su que vous aviez eu autant d’ennuis, je ne me serais pas autant amusée à Londres.
       - C’est pour cela que l’on ne vous a pas prévenus, répondit Billy. On ne voulait pas pourrir vos vacances, si je puis m’exprimer ainsi.
       - Sinon, tout va bien à part ça ? demanda Rocky, qui pensait que tout le mal avait été énuméré.
       - Et bien nous avons eu d’autres combats à mener, plus récemment, dit Jason. Mais Ninjor est venu nous donner un coup de main.
       - Ah, il est revenu ! Chouette nouvelle, enfin ! s’enchanta Adam.
       - Nous avons eu affaire à deux attaques simultanées : Billy, Tommy et Kim ont eu droit à une mite géante sur un paquebot de croisière au large de San Francisco ; Trini, Zack, Ninjor et moi nous sommes restés en ville à repousser de nombreux assauts et un monstre sportif nommé l’Olympien.
       - Ensuite, nous nous sommes tous retrouvés dans une dimension parallèle qui donnait la frousse, continua Zack. Nos pires souvenirs nous ont été rappelés…
       - Oh la vache… s’étonna Rocky, ce devait être glauque.
       - C’est pas rien de le dire… fit Kimberly, pas très bavarde.
       - Nous avons cru que c’était notre ultime mission, avoua Jason. D’ailleurs, elle a peut-être bien été la dernière pour le Megazord.
    Jason poursuivit l’explication, pendant qu’autour d’eux, les conversations et les vacarmes étaient si denses que les sonneries des communicateurs passèrent une fois de plus inaperçues. Mais ils approchaient de la sortie : ils n’étaient plus qu’à quelques mètres des portes coulissantes.
    Mais Bulk retarda leur sortie en criant à tue-tête pour les appeler.
       - Et dites-moi, vous huit, vous pouvez… s’il vous plaît, vous pouvez me ramener au lycée ?
       - Bulk, en quel honneur nous serions sympas avec toi ? fit Aisha.
       - C’est vrai, tu n’as pas arrêté de te moquer de nous et de Londres pendant notre voyage, ajouta Rocky.
       - Ouais, ben c’est bon, je suis désolé, ça te va ?
       - Ben…
       - Alors, vous m’emmenez les copains ? questionna Bulk. Soyez sympas, en plus il à l’air de bien flotter dehors.
    Tous se regardèrent : finalement, un de plus ou un de moins dans l’une des voitures…
       - Bon, fit Jason, tu monteras avec moi. Par contre, tu as intérêt à bien ranger tes valises.
       - Pas de problème mon brave ! remercia Bulk à sa façon, en tapotant l’épaule gauche de Jason plus ou moins fortement.
       - Mais pas de moquerie, pas de critique, compris ? fit Zack. Sinon, on te laisse sur le bord de la route.
    Bulk n’aimait pas que quelqu’un s’adresse à lui de cette façon : c’était plus fort que lui.
       - Ecoute-moi bien Will Smith junior, ce n’est parce que tu proposes de m’emmener gentiment que…
       - Que… pardon, Bulk, que quoi ? demanda Zack en souriant.
       - Bulk, sois gentil, on te ramène c’est déjà cool de notre part alors stop ! prévint Aisha.
       - Sinon, tu rentreras à l’aide de tes jambes, et tes valises rentreront à l’aide de tes bras ! ricana Billy.
       - Et tout trempé en plus… termina Rocky.
    Bulk ne dit plus rien mais gardait les sourcils froncés. Il râla une bonne fois et se résigna à en ajouter davantage.
       - Bon, d’accord, d’accord, c’est entendu. Je serai sage comme une image.
       - J’espère, répondit Jason. C’est mieux comme ça.
    Le groupe, rejoint par Bulk, reprit sa progression vers la sortie. Rocky aurait bien voulu savoir où était passé Tommy, et il n’était pas le seul à se le demander. Alors, ils restèrent en retrait et se joignirent à Kimberly, Trini et Aisha qui parlaient justement du Ranger Blanc.
       - Trini, Kimberly, où-est Tommy ? demanda Adam. Il a eu un… empêchement ?
       - Et bien, chuchota Kimberly, on peut dire ça comme ça. Tommy est parti en mission en Australie. Il semblerait que Sariu, le prince de la planète Pluton, veuille y faire quelque chose en rapport avec les boîtes Nazca et…
       - Hein ? Les boîtes Nazca ? s’arrêta net Rocky.
       - Qu’est-ce que c’est encore que cette chose ? demanda Aisha.
       - Ah, Jason a oublié ce petit détail, sourit Trini.
       - Ce serait trop long à expliquer, mais…
    Le communicateur de Kimberly sonna de nouveau. Cette fois, Aisha avait entendu : elle avait l’ouïe plus fine que ses amis…
       - Kim, ton comlink, il a sonné.
       - Ah bon ? Attends, je vais prévenir les autres. Jason ! Billy ! Zack !
    Les trois garçons se retournèrent, laissant Bulk faire quelques pas mais stoppant à son tour devant la porte coulissante qui venait de s’ouvrir.
       - Ben pourquoi vous vous arrêtez ? demanda Bulk.
       - Qu’est-ce qu’il y a Kimberly ? demanda Zack.
       - Euh… et bien… comment dire…
    Les trois garçons regardèrent leur amie bizarrement dans un premier temps. Mais, au vu de l’embarras de celle-ci, ils comprirent rapidement qu’il y avait un problème. Cela se confirma lorsque Jason entendit à son tour l’alarme de son communicateur retentir.
       - On… on verra ça dehors… fit Kimberly.
       - Pas de problème. Vite, aux voitures, ordonna Jason.
    En sortant enfin des halls de l’aérodrome, ils accélérèrent le pas pour gagner le parking afin de pouvoir répondre aux appels en provenance du Centre de Commandes. Mais il y avait un problème : Bulk. Aisha eut alors une idée.
       - Tiens, Bulk, tu peux aller voir là-bas, à la librairie ambulante, acheter le journal d’aujourd’hui ? Je te donne un dollar.
       - Un journal, mais pourquoi faire ? demanda Bulk.
       - Ben… pour le lire, forcément. Vas-y s’il te plaît.
       - Mais…
       - Toens, un autre dollar pour des smarties, fais-toi plaisir !
    Bulk accepta et se dirigea vers la petite boutique. Pendant ce temps-là les huit jeunes se rassemblèrent. Jason activa son communicateur.
       - Ici Jason à l’aérodrome, j’écoute.
       - Jason, ici Zordon. Il y a une…
    Une explosion coupa la concentration des jeunes qui furent projetés en arrière : un autocar venait de prendre feu. Des morceaux de tôle avaient traversé le parking, brûlant dans les airs. Des mouvements de foule se formèrent de part et d’autre. Rita, Goldar et Rito sortirent de leurs cachettes et se présentèrent à quelques mètres des Rangers.
       - Oh non, eux, déjà ! pesta Zack.
       - A peine revenus de vacances, et on est déjà dérangé… se plaint Rocky. Et il y a même ce crétin de Rito Revolto.
       - Je n’ai pas eu le temps de tout vous dire… souffla Jason.
    Rita s’avança de quelques pas entre les voitures, mais elle était encore à dix mètres du groupe de jeunes.
       - Salut les nuls ! Salut les terriens ! L’heure de l’esclavage approche !
       - Rita ! Qu’est ce que tu fais là ? cria Billy.
       - Je viens pour une attaque de routine, histoire de maintenir votre forme physique !
       - Ca ne rime à rien, je ne comprends pas… fit Zack.
       - Elle veut la guerre, ça c’est sûr ! dit Kimberly.
       - Rendez-vous tous ou ce sera la guerre ! cria Rita.
       - Oui, la guerre ! ajouta Rito.
    Les huit jeunes se préparèrent au pire : automatiquement ils se mirent en position défensive de combat, Rangers ou non. Bulk, quant à lui, s’était échappé avec d’autres passants en courant sans trop savoir où aller.
       - Ca vous amuse de faire sauter des cars ? cria Billy.
       - Ce n’était que l’apéritif à l’apocalypse, sortit Goldar, tout plein d’inspiration.
       - D’ailleurs, on va vous servir le plat d’entrée maintenant, ajoura Rito.
       - Belle répartie, félicita Rita. D’ailleurs, aujourd’hui, le menu est plutonien !!!
    C’est alors qu’une horde de sbires d’élite du peuple de Pluton apparut, dispersée entre les véhicules stationnés : ils étaient au moins dix.
       - J’appelle aussi les patrouilleurs ! lança Goldar.
    Une douzaine de patrouilleurs du Seigneur Zedd fit à leur tour son apparition.
       - Quant à moi, je demande le soutien de vingt tengas ! appela Rito.
    Son souhait fut exaucé : vingt volatiles bipèdes firent irruption au beau milieu des huit jeunes qui se sentaient bien seuls parmi les aliens et autres individus venus d’ailleurs. Au nombre de quarante-sept, les ennemis étaient largement en supériorité numérique.
       - Que fait-on ? On se transmute ? demanda Zack.
       - Impossible, fit Trini, il y a encore plein de passants dans le coin. On pourrait nous voir !
       - Dans ce cas, nous n’avons pas le choix : nous allons combattre en civils, à mains nues, décida Jason. Vous êtes tous prêts ?
       - Prêts ! dirent en chœur les sept autres jeunes.
       - Regardez-moi comme c’est mignon tout plein, cette solidarité… se moqua Rita. Cela ne nous empêchera pas de vous anéantir cette fois !
       - C’est ce qu’on verra Rita ! rétorqua Kimberly.
       - Ma pauvre Kimy ! ajouta Rita. Ton petit Tommy sera triste lorsqu’il viendra te rendre visite au cimetière.
       - Tais-toi Mary Poppins ! s’énerva Zack.
    Rita se retourna vers Goldar et Rito et fit un signe de tête, tout sourire.
       - Tous les monstres, à l’attaque ! Vous avez une mission !!!
    Les jeunes se préparèrent à croiser la route d’aliens qui se précipitaient vers eux.
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    Re: MMPR saison 4, épisode 5 : Nazca ou la quête du pouvoir ultime

    Message par KL44 le Dim 13 Mai - 21:44

    Bonsoir,

    voici la suite...



    CHAPITRE 2
    47 contre 8
     
     
       Les premiers tengas arrivèrent à la hauteur des huit jeunes en civils qui n’avaient qu’une seule idée en tête : sécuriser le parking, protéger les passants apeurés et assurer le coup malgré le fait que la transmutation leur était pour l’instant impossible vu les circonstances.
    Billy para le premier coup ennemi, bien aidé par Rocky qui poursuivit le travail en immobilisant le volatile à terre. Zack faillit se retrouver projeté au sol mais Adam repoussa le tenga sur le fil. Jason n’eut pas d’autre choix que de se cacher derrière un pick-up pour échapper au troupeau de cinq tengas qui le coursaient, mais Rito l’avait vu faire et décida de s’en mêler afin den ne laisser aucune chance à ce dernier. Quant aux filles, elles occupaient l’abri d’attente des taxis et luttaient du mieux que possible sans pour autant dominer l’adversaire.
      - Ce n’est pas évident contre ces idiots ! pesta Trini.
       - Oui, surtout quand tu as déjà plusieurs heures d’avions dans les pattes ! ajouta Aisha.
       - Ils ne peuvent jamais nous laisser tranquilles ! regretta Kimberly tout en attribuant un joli coup de pied dans le bas-ventre de l’un des tengas gigotant à proximité.
       - Bien joué Kim ! félicita Aisha, qui avait plus de difficultés à repousser les monstres.
       - Où sont les garçons ? demanda Trini.
       - Ils… ils ont l’air de s’être dispersés, répondit Kimberly, je n’en vois aucun dans les parages. Tiens prends ça toi !
    La jeune femme venait de repousser sauvagement un tenga qui tentait de lui attraper les jambes. Puis elle répliqua contre un autre tenga qui voulut lui tirer les cheveux.
     
       Zack et Adam, eux, durent s’employer aux acrobaties par-dessus les véhicules pour éviter les assauts des volatiles qui se montraient de plus en plus violents au fil des minutes : ils suivaient les deux jeunes en volant ou en courant. Ils quittèrent le parking pour se retrouver dans ce qui semblait être une ancienne entrée privée de l’aérodrome, parmi des arbres et quelques pans de murs.
       - Zack, fais gaffe, il y en a trois devant toi ! alerta Adam, tout en le suivant.
       - Oui, mais il y a aussi des patrouilleurs maintenant qui nous suivent.
       - Attention ! Zack !!!
    Mais il n’eut pas le temps d’entendre l’appel d’Adam : deux patrouilleurs vinrent l’attraper par les bras et le tenir solidement. Un troisième lui rentra dedans à bonne vitesse. Le pauvre Ranger Noir en civil se retrouva au sol, avec une douleur en bas du dos et une belle bosse sur la cuisse gauche. Mais Adam ne laissa pas les aliens s’acharner davantage sur son ami et, d’un seul bond, alla écarter la bande d’agresseurs qui se replia, mais c’était seulement reculer pour mieux sauter.
       - Poussez-vous bande d’idiots ! cria Adam.
       - Ha ha ha, ricana un tenga. Et tu ne crois nous faire peur toi ?
       - On a les chocottes, Ranger Noir retraité ? intervint Goldar qui avait retrouvé leur trace.
       - Goldar, souffla Adam. Même sans tenue ni pouvoirs, je peux me défendre.
       - Vraiment ! s’esclaffa Goldar. Et bien c’est ce qu’on va voir alors !
    Goldar s’avança vers Adam et lui donna un puissant coup de coud dans le ventre. Le pauvre vola à quelques mètres et tomba près de Zack qui se relevait doucement.
       - Ah ! Ca commence bien ça ! se réjouit Goldar. Deux morveux à terre et sans aucune ressource !
       - Ca je n’en suis pas si sûr ! réfuta Zack.
       - Et tu comptes faire quoi ?
       - Me transmuter, Goldar. Transmut…
    Mais Zack se rendit compte trop tard que son transmutateur n’était plus accroché à sa ceinture.
       - Oh non ! Où est-il ? stressa Zack.
       - Tu as perdu ton jouet ? gloussa Goldar qui prit Zack par le col et qui le jeta en l’air.
    Mais Adam avait été malin et avait ramassé le transmutateur. Une sensation étrange l’envahit : tenir ce transformeur qui l’avait maintes fois utilisé était subitement enivrant. La tentation était immense : il aurait tant aimé l’utiliser pour son propre compte…
    Le pouvoir de la grenouille…
    Pendant ce temps, Goldar avait de nouveau repris Zack et le lançait comme il voulait : le jeune garçon était alors complètement inoffensif entre les mains du monstre ailé. De plus, des tengas vinrent se ruer sur Adam. Malgré des millions de pensées et de souvenirs, parfois flous, qui envahirent son esprit, il n’eut pas le temps de réfléchir : il tendit le transmutateur devant lui et…
       - Tiens Zack, attrape ça !
    Adam lança le transmutateur en l’air et il croisa la route de la main droite de Zack qui put le reprendre. Ce dernier ne se soucia pas des éventuels individus pouvant se trouver à proximité même s’il en doutait vu la présence de tant de monstruosités sur pattes.
       - Par la force du Ranger Noir ! scanda Zack tout en retombant à terre en en revêtant la tenue de défenseur du bien.
       - Ranger ou pas Ranger, rien n’est plus un obstacle pour nous ! lança Goldar tout en faisant apparaître sa lourde épée dans un élan de flamme.
       - Tu sors les grands moyens… souffla Zack. Adam, attention ça peut être dangereux.
       - Non, je reste pour t’aider !
       - Oh, c’est gentil de ta part, Adam, mais tu n’auras pas le temps de l’aider : tu vas finir en morceaux ! ricana Goldar.
       - Ca, c’est à voir ! rétorqua le Ranger Noir. Je demande la hache-laser !
    L’arme apparut dans la main droite de Zack qui se précipita alors pour contrer un premier coup d’épée de l’ennemi avec succès. Mais tengas et patrouilleurs vinrent s’en mêler et Adam ne put les contenir seul : il se retrouva bloqué contre un mur, les assaillants n’hésitant pas à l’assommer via de nombreux coups. Mais fort heureusement, Zack put repousser provisoirement Goldar et s’occuper d’Adam qu’il libéra assez rapidement en deux temps, trois mouvements, et quatre coups de hache.
       - C’est bon mon ami, tu es libre ! déclara le Ranger Noir.
       - Merci, je te revaudrai ça ! répondit Adam.
       - Pas si vite ! Vous ne m’échapperez pas ! s’énerva Goldar.
       - Adam, va prévenir un… un autre Ranger, pour qu’il vienne m’aider.
       - Mais je suis un… euh… balbutia Adam, qui ne savait plus quoi répondre, ni comment prendre la réflexion de Zack qui, même si elle paraissait logique, lui faisait mal.
       - Déjà que moi j’ai du mal à lutter contre lui… il faut que tu préviennes un autre Ranger pour qu’il te remplace…
       - Mais… voulut contredire Adam avant de se raviser.
       - Bon vous avez fini de piailler vous deux ! s’impatienta Goldar.
       - Adam, tu seras plus utile contre des patrouilleurs. Vas-y… maintenant !
    Adam resta figé deux secondes puis comprit que Zack avait raison : contre Goldar, il ne pouvait rien, mais contre les patrouilleurs, il pourrait toujours apporter une aide peut-être bienvenue.
       - Courage Zack, je file…
    Goldar n’était pas content : il ne voulait pas laisser Adam s’enfuir.
     
       - Tengas et patrouilleurs, suivez-le et ramenez-le moi sur le champ !
       - Entendu, on le fera… siffla un tenga, qui fit signe aux autres sous-fifres de le suivre.
    Le Ranger Noir voulut profiter de cette dissipation pour attaquer Goldar mais ce dernier avait anticipé le coup et put sans souci esquiver la charge. Zack réitéra dans l’autre sens mais le monstre évita une nouvelle fois la tentative.
       - Tu n’es pas si impressionnant que le Ranger Blanc, pauvre Ranger Noir… d’ailleurs, où est ce valeureux Tommy ?
       - Il n’est pas loin… mentit Zack. Il viendra bientôt nous rejoindre.
       - Et bien qu’il se dépêche s’il veut vous retrouver vivants, ha ha ha !
    Goldar donna un coup de poing dans le casque de Zack, suivi ensuite d’un croche-pattes joliment placé. Le Ranger Noir tomba mais se releva aussitôt et, la tête en avant, tapa le bas du menton de Goldar qui perdit l’équilibre avant de se ressaisir.
       - Tu vois, je peux te donner du fil à retordre… dit Zack.
       - Je ne considérais pas ça comme le vrai combat : ce n’était que de l’entraînement. Et l’échauffement est terminé !
       - Dans ce cas, je change la position de ma hache-laser. Mode de tir !
    Le Ranger Noir prit sa hache-laser en tant que canon et arma : il dégaina trois lasers vers Goldar qui n’en évita que deux, le troisième le touchant entre les deux yeux sans pour autant le tuer.
       - Mince, tu aurais été un éléphant, je t’aurai eu, provoqua Zack. Mais le coup entre les deux yeux ça marche pas sur les putois dans ton genre.
       - Tu vas payer ton insolence, sale gamin ! vociféra Goldar.
    Le monstre dégaina à son tour des lasers de ses deux yeux qui vinrent étinceler sur la combinaison du Ranger Noir, qui tomba à la renverse sous le poids des nombreux tirs.
       - Tu es en moins bonne posture, Ranger Noir, ria Goldar d’un rire moqueur et glacial.
       - Ca… ça n’est pas fini… j’ai toujours mon arme avec moi…
       - Pas pour longtemps !
       - Ca, c’est ce qu’on va voir… je vais te tirer dessus !
    Zack arma et tira mais Goldar dévia les tirs avec son épée. Il sauta les deux pieds sur le Ranger Noir qui tentait de se remettre debout mais qui ne put finalement le faire. Goldar ne s’arrêta pas là et tira le pauvre Ranger par la jambe et le lança contre le tronc d’un petit arbre qui cassa. Avec le choc, le Ranger Noir lâcha sa hache qui vola contre un mûret.
       - J’adore jouer avec toi ! remarqua glorieusement Goldar.
    Le monstre retourna vers le Ranger Noir : le mauvais quart d’heure ne faisait visiblement que commencer pour l’humain en possession du médaillon de la Grenouille Ninja Zord.
     
       Billy et Rocky ne se battaient pas comme des dieux, mais ils permettaient de repousser les coups les plus critiques des tengas et des patrouilleurs. Mais ils voyaient l’enclave se resserrer autour d’eux ; de plus, les douze soldats d’élite plutoniens avaient l’air de se décider à participer à la fête…
       - Billy, je sens que ça va chauffer encore et encore… paniqua Rocky.
       - Nous ne parviendrons pas à les contenir longtemps… fit Billy.
       - Personne ne peut vous voir, les enfants ! parla un tenga. Personne pour vous sauver, c’est balo.
       - Personne ne nous voit… souffla Rocky.
       - Justement ! s’exclama Billy qui porta ses deux mains à sa poitrine tout en les croisant et en tendant les bras en avant. Par la force du Ninja Bleu !
     
    Billy, dans une vague de fumée aveuglant les adversaires, se transforma en Ninja Ranger Bleu et fraya immédiatement une issue à l’encerclement qui ne résista pas.
       - Rocky, tout va bien ! questionna Billy.
       - Oui, merci très cher, cette ronde ennemie devenait vraiment insupportable.
    Les deux garçons, sans se disperser, s’éloignèrent du groupe d’aliens de proximité et virent accourir Adam, tout essoufflé.
       - J’allais demander si ça allait de ton côté mais à te voir j’ai ma réponse, fit Rocky.
       - Zack est pris à parti par Goldar et il est mal. Billy, tu peux aller l’aider ?
       - J’y vais ! prévint Billy.
       - C’est par là-bas, et il est transmuté en Ranger !
       - J’y vais comme ça moi, conclut Billy. Pas le temps de changer de mode de combat…
    Le Ninja Bleu s’en alla retrouver Zack, et le temps était bel et bien compté pour le Ranger Noir. Mais pas seulement pour lui.
     
    ***
     
       Alpha n’osait même plus regarder le vista-globe : le Centre de Commandes suivait l’évolution des Rangers mais ils semblaient dominés outrageusement par Rita et son armée-surprise. Mais tant qu’ils ne seraient pas tous transmutés, ils ne pourraient rien faire de mieux que leur prestation actuelle.
       - J’ai mal pour eux ! se lamenta Alpha en suivant la détresse des trois filles engagées : Kimberly, Trini et Aisha.
       - Il ne faut pas se décourager, Alpha. Les Rangers pourront bientôt se transmuter : la foule semble se dissiper et ils nos amis n’attendent que ça pour pouvoir demander la transmutation.
       - On pourrait les rappeler ici pour qu’ils se transmutent sans problème, mais…
       - Mais ils laisseraient la zone aux mains de Rita.
       - Aie aie aie aie aie, c’est compliqué… et la journée ne fait que commencer, aie aie aie…
       - Alpha, fais-moi un nouveau topo sur les Power Rangers, au cas par cas.
    Le robot retourna près du vista-globe et regarda.
       - Billy accourt pour sauver Zack : Billy est en ninja et Zack en Ranger Noir. Rocky et Adam tentent de repousser des patrouilleurs.
       - Sont-ils en difficultés ?
       - Je le crains Zordon. Les filles restent encerclées, et Jason… je n’arrive pas encore à le localiser.
       - Continue le balayage de la zone, Alpha.
       - Ca y est, je l’ai ! Mince, il semble abasourdi, sans connaissance… il est aux pieds de Rito !
       - Contacte-le immédiatement ! Le fait de faire sonner son communicateur le réveillera peut-être.
       - Je le fais tout de suite, paniqua Alpha, qui sentait que le temps lui échappait.
       - Et ensuite, appelle Ninjor. Il doit venir aider les Power Rangers.
    Alpha hocha la tête en guise de confirmation. Il entama la procédure pour contacter le communicateur de Jason.
     
       Rito prenait volontairement le temps de contempler Jason allongé dans l’herbe grillée mais humide, la tête contre le sol et les vêtements sales. Il ne bougeait pas.
    Le communicateur à son bras droit sonna, mais le jeune homme ne réagit pas. Rito n’ignora pas la sonnerie et se baissa pour activer la conversation.
     
       - Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur de Rito et Jason, ils ne sont pas là pour le moment, et…
       «  Rito ! Tais-toi ! » cria Alpha dont la voix grésillait dans le petit appareil.
       - Tais-toi toi-même, toi ! Je parle quand je veux, comme je veux, et je fais ce que je veux !
    Jason avait bien fait diversion : il profita de la situation dans laquelle Rito était accroupi pour se relever et lui attribuer un puissant coup de pied dans la tête qui l’envoya dans un arbuste comportant quelques branches épineuses et piquantes.
       - Merci Alpha, mais j’avais préparé mon coup. Rito est vraiment trop dupe.
       « Jason, Ninjor arrive bientôt » eut le temps de glisser Alpha avant que Jason ne coupe la conversation.
       - Je prends note, et j’y vais. Prêt pour le combat !
    Jason passa son bras droit dans son dos pour saisir son transmutateur.
       - Par la force du Ranger Rouge !
    Jason sentit les pouvoirs monter en lui. Il n’hésita plus à aller à la rencontre de Rito, contrairement aux minutes précédentes, des minutes si longues pendant lesquelles il était resté la souris alors que monstre squelettique avait pris le rôle du chat enragé. Mais désormais, le chat semblait ne plus avoir les griffes si aiguisées et la souris s’était rebellée.
       - Rito, tu ne pourras jamais nous terrasser, rit Jason.
       - Ah, répondit le monstre en se frottant les genoux, tu te crois visiblement plus fort que moi, mais ce n’est que le début de notre domination, et la fin de la vôtre !
       - Ecoute-moi bien, répondit le Ranger Rouge prêt à parer le moindre coup, ni toi, ni Rita, ni personne d’autre ne viendra à bout des Power Rangers.
       - J’ai entendu assez de bêtises ! Ton tour va venir ! cria Rito qui s’avança vers Jason.
    Le Ranger Rouge fit la roue sur sa gauche pour éviter un premier coup d’épée du monstre qui bretta dans le vide. Puis il revint à la charge sans que Rito n’ait le temps d’esquisser la moindre réaction : l’alien fut poussé contre un poteau qui résista.
       - Il va être temps de te réveiller Rito Revolto ! se moquait Jason, conscient qu’il dominait son adversaire mais tout aussi conscient que cette supériorité pourrait ne pas durer.
       - Je suis déjà bien réveillé, et je compte le rester, pauvre tâche rougeâtre ! lança Rito.
    Rito réussit à donner un coup de poing dans le casque de Jason qui esquissa un « aie » et qui recula très légèrement. Puis le monstre lança des lasers rouges de ses deux yeux vers le Ranger de la même couleur qui se laissa tomber pour espérer les éviter. A terre il fut contraint de rouler à gauche et à droite pour éviter les coups de lame de l’épée de Rito.
    Cela rappela à Jason la scène dans laquelle il s’était retrouvé livré à Goldar dans la maléfique dimension noire : sans ses pouvoirs il s’en était sorti. Alors avec, il devrait aussi réussir. Il attrapa son épée-blaster en mode de tir et déclencha une multitude de rafales sur Rito qui cessa sa menace.
       - Aie ! Ca pique tout ça ! râla Rito.
       - Je sais, c’est fait exprès, fit Jason, profitant de cette petite latence pour se remettre debout.
    Il passa sa main gauche derrière son dos et leva la main droite vers le ciel.
       - Je demande l’épée-laser !
    L’arme du Ranger Rouge apparut dans sa main droite qui guida un mouvement rotatif vers le cou de Rito qui parvint à contrer avec son arme plus lourde, et même à le désarmer : l’épée-laser alla à terre. Jason s’accroupit et chargea Rito qui se retrouva assis au sol assez longtemps pour que l’épée-laser soit récupéré par son propriétaire.
       - Tu as fini de te battre comme ça ? Rends-toi, ça ira beaucoup plus vite… pleurnicha Rito.
       - Je ne me rendrai jamais, tu ne le sais pas encore qu’un Ranger ne se rend pas ?
       - Tu le sauras à tes propres dépens ! intervint une autre voix, plus féminine.
    Jason se retourna et vit Rita Repulsa, tendant devant elle son sceptre maléfique.
       - Rita, ne te mêle pas de nos affaires, fit Rito. C’est un compte personnel à régler entre ce Ranger et moi.
       - Ecoute mon frère, c’est moi qui décide, donc… c’est moi qui décide !!!
       - Mais tu es trop distraite cocotte ! intervint Jason, la jambe gauche en direction de Rita, et, la jambe droite en direction de Rito : en effectuant une superbe toupie le Ranger Rouge mit à terre les deux méchants.
       - Attends que je me relève, crétin d’humain ! hurla Rita.
       - Pareil, je vais te mettre en morceaux ! vociféra Rito qui se pressa à son tour vers le Ranger Rouge.
    Mais Jason voyant arriver les deux frères et sœurs s’écarta et les laissa se rentrer dedans. Il ne put s’empêcher d’exprimer une certaine fierté personnelle car il voulait vraiment que sa feinte fonctionne.
       - Voilà voilà, pour un monstre assommé, la vieille sorcière est offerte en cadeau !
       - Aie… mon dos, mes os… râla Rito, allongé.
       - Et ma tête… pesta Rita, qui n’avait pas réouvert les yeux après sa chute.
       - Alouette ! Ha ha ha, rigola Jason. Retournez donc sur votre planète bande d’idiots ! Vous n’avez plus rien à faire dans le secteur. Dégagez d’ici ! Et si possible, s’il vous plaît, ne remettez jamais les pieds sur cette planète.
    Rito regarda Rita et lui souffla une phrase que Jason ne put déchiffrer. Puis Rita se releva et parla à haute voix.
       - C’est vrai, tu as raison, on vous a assez embêté pour aujourd’hui, on repassera demain vous pourrir votre vie !
       - Quoi, demain déjà ? s’exclama Jason.
       - Et oui ! A demain Ranger ! fit Rito avant de disparaître avec Rita.
    Jason, surpris, figé sur place, ne comprenait pas ce départ aussi prématuré. Pourquoi avaient-ils quitté Angel Grove sans discuter ?
       - Je ne comprends pas du tout, mais alors vraiment pas du tout. Ce n’est pas dans leurs habitudes de partir sans expliquer la raison… je n’aime pas trop ça. Il faut que j’aille aider les autres maintenant que je suis libre.
    Sans demander l’avis à Zordon malgré son envie, Jason se dirigea de nouveau vers le parking pour suppléer ses amis.
     
    ***
     
       Plusieurs tengas et patrouilleurs avaient eux aussi disparus, soit tués par les Rangers en civils ou non, soit parce qu’ils avaient fuis d’eux-mêmes. Mais il remarqua rapidement que Trini, Kimberly, Rocky et Aisha étaient mal en point. Alors il bondit vers leurs assaillants plutoniens, et tenta de les écarter.
       - Merci, fit Kimberly, nous ne tenions plus, à nous trois.
       - Moi aussi j’avais du mal de mon côté, répondit Jason. Il faudrait que j’arrive à les écarter rapidement afin que vous puissiez vous transmuter… enfin, vous deux les filles.
    Le Ranger Rouge se sentit décoller du sol et rejoindre les airs : il venait d’être sauvagement attrapé par le dos du col et projeté. Il retomba lourdement contre une voiture de sport Mercedes, activant son alarme par la même occasion. Trois plutoniens allèrent vers lui pour poursuivre le travail de torture pendant que les autres restèrent autour de Rocky et des trois filles.
       - Kim, Trini, il faut que vous vous transformiez en Rangers ! C’est trop urgent ! cria Rocky.
       - Oui, c’est le moment ! conforta Aisha.
       - Vous avez raison, fit Kimberly en évitant un soldat de Pluton.
    Trini se mit à côté de Kimberly et elles attrapèrent leurs médaillons.
       - Transmutation demandée !!! scanda Trini d’un ton plus élevé que Kimberly.
       - Par la force du Ranger Rose ! Prête pour le combat !
       - Par la force du Ranger Jaune ! Parée pour attaquer !
    Les deux Rangers féminins allèrent chacune dans une direction opposée : Trini resta auprès de Rocky et Aisha, et Kimberly porta secours au Ranger Rouge qui avait quelques bouts de verre dans la combinaison sans pour autant qu’ils aient touché son corps. La Ranger Rose dut éviter la charge d’un plutonien en glissant entre ses jambes.
       - Jason, mon pauvre… tout va bien ? demanda Kimberly, inquiète.
       - J’ai beau être matinal, j’ai quand même mal. Ils ne s’arrêtent donc jamais…
       - Où est Zack ? Et Billy ?
       - Je ne sais pas, ni pour Adam… mais Rita a pris la fuite avec Rito…
       - Et Goldar ?
       - Je ne sais pas… attention Kim, derrière-toi !
    Un plutonien attrapa la Ranger Rose par le bras gauche et l’envoya à son tour contre une autre voiture. Elle réussit à se relever aussitôt, et dans le même temps à esquiver le coup de poing d’un des généraux jaunes qui fracassa la porte de l’automobile. Elle courut vers Jason qui avait bien du mal à tenir debout, encerclé par deux ennemis ainsi qu’un patrouilleur qui se trouvait là, quelque peu désorienté.
     
       Trini protégeait Rocky et Aisha du mieux qu’elle pouvait mais cela était extrêmement difficile : ils étaient eux aussi encerclés par quatre ou cinq combattants plutoniens. La Ranger Jaune sortit son épée-blaster pour tenter d’écarter les assaillants avec les tirs, mais en vain : ils étaient bien trop solides. Elle s’arma ensuite de ses puissantes dagues lasers mais là encore, les coups ne servaient pas à grand-chose.
       - Inutile de résister, Ranger Jaune, ta vie est en péril comme celle de tes amis ! prévint gravement un plutonien.
       - Je ne peux pas faire mieux, déplora Trini en se confiant à Rocky et Aisha.
       - Trini, les pouvoirs ninjas sont plus puissants que ceux que tu avais connus auparavant, intervint Aisha. Ils te permettent de faire des mouvements exceptionnels.
       - Je vais essayer mais c’est pas gagné… répondit la Ranger Jaune. Y en a vraiment trop de ces aliens…
    Trini pensait aux prouesses qu’elle avait pu réaliser avec la tenue de ninjetti. Si elle pouvait faire de même avec la combinaison de Power Ranger, elle pourrait sauver ses amis. Elle voulait écarter les plutoniens le plus loin possible, mais elle ne croyait pas pouvoir réussir à elle seule. Elle savait que pour réussir, elle devait tout d’abord croire en ce qu’elle voulait faire.
       - Je peux tous vous repousser super loin ! scanda Trini en sautant tout en écartant les jambes. Aisha, Rocky, baissez-vous !!!
       - Mais qu’est-ce que… parla un plutonien sans finir sa phrase.
    Une tornade jaune écarta tout sur son passage, y compris les ennemis de la même couleur. Tout, sauf Rocky et Aisha qui avaient évité l’offensive de la Ranger Jaune. Mais Trini n’eut pas le temps de savourer sa tactique : les plutoniens étaient coriaces et se relevèrent sans trop de peine.
       - Nous n’y arriverons jamais !!! stressa Trini.
       - On ne sait pas quoi faire non plus, regretta Kimberly qui avec Jason, se retrouvait détenue par les soldats des forces d’élite de Sariu.
       - Oh non, mon dieu… gloussa Aisha.
    Ils étaient inférieurs en nombre et en force. Ils ne pouvaient pas lutter. Ils ignoraient si Billy, Adam et Zack s’en sortaient de leur côté. Mais ils savaient qu’ils ne pourraient pas tenir comme ça très longtemps. Si seulement Tommy était là…
     
       Le sauveur existait. Mais, il allait être davantage de couleur bleue que blanche.
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    Re: MMPR saison 4, épisode 5 : Nazca ou la quête du pouvoir ultime

    Message par KL44 le Jeu 21 Juin - 10:19

    La suite...



    CHAPITRE 3
    La diversion du plutonien
     
     
       Le Palais Lunaire, lieu de résidence des forces menées par le terrible Seigneur Zedd, avide d’envahissement de toujours plus de planètes et de systèmes habités ou non, paraissait si vide qu’un intrus s’y retrouvant par hasard aurait pu croire que l’édifice était abandonné. Les couloirs étaient tous vides, y compris les très nombreuses chambres et suites de luxe ainsi que les quelques salles à manger ci et là.
     
       Il n’y avait aucun bruit, hormis les quelques claquements de vieux volets causés par un vent glacial qui soufflait dehors. Et une froideur différente mais certaine parcourait les corridors du palais de long en large : la sensation était étrange, si étrange…
     
       Et pourtant, la froideur trouvait toute sa signification lorsque l’on savait ce qui se tramait dans la très grande salle souterraine faisant jadis office de blockhaus : une immense zone comparable à la surface engazonnée d’un terrain de football, dont le sol terreux était dénué de pelouse, de sable ou de parquet. Une zone non vide, avec, en rang, sans la moindre faille dans la parade, le nombre exact de six cent soldats plutoniens. Immobiles, ils avaient tous les yeux rivés vers une grande estrade composée de grandes tables de métal, une estrade sur laquelle se tenaient deux individus : le Seigneur Zedd, tenant son sceptre à deux mains, et le meneur des plutoniens, le fameux prince Sariu qui pour l’occasion, avait troqué son habituelle tenue de guerrier pour un accoutrement plus insolite et faisant office de costume princier.
     
       Sur les tables, de nombreuses valises militaires dorées étaient posées : certaines d’entre elles, ouvertes, contenaient des plans et autres documents. Quelques armes étaient aussi présentes, allant du plus classique revolver au volumineux bazooka, en passant par les réalisations plutoniennes de pointe telles que la carabine laser ZF-Voiru 503, dernier-né des engins de guerre des industries de la planète de Sariu.
     
       Sariu et Zedd s’avancèrent au plus près des six cents soldats tout en restant sur l’auditoire. Le prince de Pluton fut le premier à prendre la parole. C’est un long discours qu’il avait à transmettre.
       - Mes amis, mes plutoniens, le Seigneur Zedd et moi-même sommes heureux de déclarer cette séance extraordinaire ouverte !
    Les plutoniens applaudirent intensément : c’était un rituel pour toute ouverture de séance ou de réunion. Puis ils laissèrent de nouveau le silence reprendre les devants, un silence qui n’allait laisser place que pour l’unique vois de Sariu avec, peut-être, quelques interventions du Seigneur Zedd.
       - Comme vous le savez, mes amis, nous préparons contre la Terre une offensive sans précédent. Cette mise en place stratégique est longue et redoutablement complexe. Elle durera le temps qu’il faudra, car nous voulons être sûrs de sa réussite. Cela fait maintenant trop longtemps que ces foutus humains se moquent de nous et contrecarrent nos projets.
    Les soldats comprirent à qui Sariu faisait plus particulièrement allusion et grincèrent des dents, sentant leur rage monter en eux.
     
       - Les Power Rangers. Ils nous barrent la route et nous ont empêchés d’agir en toute liberté sur cette planète Terre. Nous devons absolument les éliminer et rapidement. Personne n’est en droit de se porter en obstacle devant nous.
    Sariu marqua une légère pause. Il prit une télécommande et alluma de ce fait un rétroprojecteur qui, étrangement, était assez semblable à ce qui se faisait en série sur Terre à une exception près : il pouvait retransmettre images, vidéos, croquis en deux ou trois dimensions, et même des effets d’optiques impressionnants. Sariu programma la diffusion d’une photo montrant les six Power Rangers.
       - Les Power Rangers nous repoussent toujours, ils repoussent tous nos plans, ils nous ridiculisent, ils nous agacent, ils m’énervent, ils me cassent grave les c…
       - Euh… enchaînons sur la suite, Sariu, si tu veux bien, coupa Zedd, voulant éviter une pulsion de son ami, pulsion dans laquelle les mots dépasseraient les pensées, et de loin. Quoi que…
       - Ouille, oui, merci Zedd. Mais ils m’énervent tellement… cela faisait longtemps que je n’avais pas eu d’ennemis aussi coriaces. Je veux leur en faire voir de toutes les couleurs, et, l’expression est bienvenue d’ailleurs. Je ne vais pas énumérer de nouveau nos échecs engendrés par leur faute, mais cette fois-ci, la vraie revanche arrive. Elle ne devrait plus tarder. Mais cela n’est qu’une question de semaines.
    Sariu changea la photo et c’est un dessin réaliste représentant Zordon dans son tube qui apparut. Les plutoniens se permirent un léger brouhaha et des sifflets, tels des supporters mécontents, mais vraiment très mécontents.
       - Je comprends votre colère, mes amis, fit Sariu. J’entends ! Et je vous écoute ! Et je vous comprends ! Zordon est sans doute en tête dans la liste de mes ennemis. Lui et ses bambins déguisés… nous devons les rayer de la carte. C’est pour cela qu’actuellement, une opération bien spéciale est menée à Angel Grove, non loin des Rangers qui sont actuellement aux prises avec quelques-unes de nos patrouilles. Une opération qui est ni plus ni moins qu’une diversion vicieuse destinée à affaiblir et occuper les Rangers. Mais, les occuper pour quoi, me demanderez-vous ? Et bien, je vais vous le dire de suite et sans détour…
     
       Des rumeurs avaient déjà circulé sur les projets de Sariu, mais nul soldat ne savait si elles étaient fondées ou non. Certains parlaient d’attaque en grande pompe, d’autres, d’explosion nucléaire ; enfin, certaines rumeurs parlaient même d’alliance avec des forces maléfiques éloignées et même avec Hydro Hog, une puissante créature d’Aquitar qui était réputé pour sa force, mais qui avait laissé un goût amer dans l’esprit du Seigneur Zedd : dans le passé révolu, il n’avait pu éliminer les Power Rangers revenus au stade de la préadolescence, grâce au fameux Cristal d’Armageddon de Master Vile. Aussi, une rumeur faisait aussi état du retour de Master Vile au Palais Lunaire, mais celle-ci était très peu fiable, quand on savait l’entente entre le père de Rita et Rito, et le Seigneur Zedd.
       - Mes fidèles amis, reprit Sariu, j’ai des raisons de croire qu’il reste un espoir pour retrouver l’immortalité ou, au moins, un regain non négligeable de pouvoir. Et cet espoir, je pourrai le retrouver sur Terre. Il s’agit d’une boîte renfermant de sublimes pouvoirs, telle une boîte de Pandore. Nous devons avoir trois de ces boîtes, et nous en possédons déjà une. Les trois boîtes réunies nous donneront le pouvoir infini, ultime, nous assurant la victoire contre Zordon et ses crétins de Rangers.
    La représentation de Zordon, projetée, laissa place à une photo d’une des boîtes Nazca : celle que Rito avait rapportée de la planète glacée Ecalghtoh.
     
       - Voici un aperçu de la boîte que nous possédons : elle ressemble à un petit coffre de couleur dominante noire, d’environ quinze centimètres de long, huit de haut et huit de large. Ce sont les boîtes Nazca. Rien ne nous permet de penser que les deux autres boîtes sont similaires en tout point. Mais nous les trouverons, j’en suis sûr !
    Sariu était un excellent orateur, mais de plus en plus de plutoniens commençaient à trouver le discours quelque peu long et détournant le sujet principal. Mais aucun n’aurait le cran d’intervenir pour le signaler…
       - Cette diversion, qui doit encore durer quelques dizaines de minutes, doit me permettre d’embarquer à bord d’un vaisseau avec des soldats que je vais choisir parmi vous, afin de me suppléer dans ma mission : retrouver la boîte Nazca présente sur Terre. Je vais partir avec vingt-trois sbires d’entre vous que j’ai déjà sélectionnés. Ces vingt-trois noms, que je vais dévoiler en images sur ce rétroprojecteur, je les ai en tête depuis quelques jours, et cette liste n’évoluera pas, sauf en cas de coup dur de l’un des sélectionnés. Ce choix est crucial. Je ne vais pas m’étendre à expliquer mes choix, pourquoi lui plus que lui, pourquoi lui a été sélectionné… Ce qui compte, ce n’est pas le pourquoi du passé, c’est l’avenir, c’est…
    Sariu s’emmêlait les pinceaux : l’annonce de son plan et de la liste des soldats était tellement importante qu’il en perdait son langage. Il essaya de se reprendre tout en faisant le vide dans sa tête. Malgré l’aspect insolite de la scène, pas un plutonien n’esquissa la moindre grimace ni le moindre rire.
       - Excusez-moi pour cette incompréhension que vous avez dû subir. Je me suis emporté et perdu dans mes propos. Permettez-moi de me reprendre.
       - Nous attendons tous cela, ne t’en fais pas, répondit le Seigneur Zedd. Ils sont tous prêts à t’écouter.
       - Merci mon ami. Les vingt-trois que j’ai choisis partent avec moi d’ici quinze minutes. C’est pour cela que je vous ai tous demandé de préparer vos valises. Nous irons vers la Terre, commencer les recherches pendant que les Rangers seront occupés. Avec un peu de chance, Zordon mettra du temps à localiser nos projets et lorsqu’il enverra les Rangers sur notre piste, il sera trop tard pour eux.
    Sariu activa la touche diffusant la fameuse liste via le rétroprojecteur.
       - Je vous laisse prendre connaissance de cette liste. Les vingt-trois me rejoignent rapidement dans la salle du trône. Les autres restent à disposition du Seigneur Zedd et de Rita Repulsa pour toute intervention autre : ils ont aussi les pleins pouvoirs. Merci à tous de m’avoir écouté. La séance est levée.
    Comme au début, les plutoniens applaudirent, sans excès tout de même, leur vénéré guide. Leur sagesse dans ces moments-ci était aussi forte que leur détermination, et leur respect envers leur leader, immense et sans la moindre faille.
     
       Quelques minutes suffirent pour voir l’ancien blockhaus se vider complètement de ses soldats. Ceux ayant été sélectionnés allant préparer leur départ, et les autres retournant à leurs occupations. Il ne resta rapidement plus que deux personnes dans l’immense salle : Sariu et Zedd, qui s’échangeaient les dernières consignes avant la grande opération.
       - Zedd, mon ami, je suis certain que tu utiliseras mes troupes à bon escient. Mais je souhaite vraiment ne pas en voir mourir au combat. Préserve-les le plus possible ! Ce ne sont pas de vulgaires aliens que l’on créé, ce sont aussi mes amis.
       - J’en prendrais soin de tes amis, qui sont de ce fait les miens, assura le seigneur rouge.
       - Je te fais confiance. Aussi, tiens-moi au courant de tous les agissements des Rangers, puisque après la diversion, ils reprendront une vie… normale, mais ils tenteront peut-être de me retrouver en Australie. Il faut que j’en profite tant que la voie est libre.
       - Je le ferai.
       - De toute façon, dès mon arrivée je t’enverrai en langage cryptée les coordonnées géographiques du Perdurian, puisque je pars avec ce vaisseau.
       - Tu n’as pas peur de te faire remarquer par les radars terrestres ? questionna Zedd.
       - Cela n’arrivera pas. Mes plus grands tacticiens ont réussi à tracer une trajectoire évitant les radars. Elle a été minutieusement calculée et elle fonctionne à la dizaine de secondes près. C’est pour cela qu’il ne faut accuser d’aucun retard, mais ne pas non plus partir trop en avance. Le départ est prévu dans… ben, douze minutes précisément. Ca laisse encore le temps à mes sbires en bas de disperser les Rangers.
    Sariu voulut dire autre chose mais il pensa bon de se tenir au courant de la situation sur Terre. Il activa son comlink personnel et appela un de ses officiers.
       - Ici Sariu sur fréquence cryptée, j’appelle l’officier Polenrimatiu. M’entends-tu, mon ami ?
    Sariu attendit le retour suite à son appel. Il n’allait pas attendre si longtemps.
     
    ***
     
       Les Rangers étaient occupés de part et d’autre. Vérifiant la présence de ses collègues combattants à gauche et à droite, l’officier Polenrimatiu se retira et activa son communicateur. L’appel était de la plus haute importance.
       - Ici l’officier Polenrimatiu, code cinquante, sept, quinze, A, quarante trente, je vous écoute mon prince.
       - Officier, comment se passe les hostilités à Angel Grove ? parla, quelque peu brouillée par des interférences, la voix de Sariu.
       - Tout se passe comme prévu mon maître, nous arrivons à repousser sans mal les Rangers qui semblent s’affaiblir au fil des minutes. Nous avons encore du pain sur la planche.
       - Patience, encore vingt minutes et je vous rentrez, mais amusez-vous… y-a-t-il eu des pertes parmi nos troupes ?
       - Quelques tengas, quelques patrouilleurs, mais aucun plutonien, maître.
       - Veillez à contenir les six Rangers, mon ami, fit Sariu.
    L’officier Polenrimatiu craignait avoir mal compris. Six Rangers ?
       - Maître, pouvez-vous répéter votre dernière phrase s’il vous plaît ? Je crains ne pas l’avoir compris, ou mal interprété…
       - Et bien, je disais que vous deviez contenir les six Power Rangers afin de réussir la diversion du début à la fin.
    L’officier avait compris le chiffre six. Mais, il y avait un souci : il n’avait vu que cinq Power Rangers : le Ranger Rouge, occupé avec Rito Revolto, puis les autres jeunes qui étaient au nombre de sept. Mais aucun d’eux ne correspondait à la description du Ranger manquant. Le sixième était-il resté en réserve ? Où pouvait-il être…
       - Maître, je suis désolé, navré de vous dire cela, mais les Rangers ne sont…
       - Je n’entends plus… appela Sariu. Officier ? Officier Polenrimatiu !
    L’officier venait d’être chargé par un nouvel arrivant : Ninjor avait enfin débarqué et non sans faire parler de lui ! Il venait de pousser l’officier dans des ronces.
       - Officier ! Vous m’entendez ! Y a quelqu’un ? Allo !!! poursuivit la voix du prince de Pluton.
    Ninjor alla assommer d’officier et brisa le bracelet de communication qui s’éteignit pour ne plus jamais se rallumer.
       - Et un plutonien de moins à nous embêter, fit Ninjor.
       - Ca, je ne crois pas, je ne suis pas encore à enterrer !!! rétorqua l’officier Polenrimatiu qui, bien qu’il n’était pas encore debout de nouveau, avait l’air très remonté contre Ninjor : sa peau jaune se mit à briller de plus en plus fortement.
       - Il n’a pas l’air content, la maous costaud de la neuvième planète ! ricana Ninjor tout en prenant son épée ninja.
       - Tu ne t’en tireras pas comme ça ! cria le plutonien. Je vais te massacrer !
    Ninjor recula lorsqu’il vit l’ennemi se relever et bondir aussitôt vers lui. Le ninja bleu réussit à l’éviter et à le repousser avec la lame dorée de son épée. Puis il contra du bras gauche un coup de pied, avant d’être déséquilibré sans pouvoir éviter la chute.
       - Je préfère quand tu es dans cette posture, ricana sèchement l’officier Polenrimatiu.
       - Ne t’en fais pas pour moi !!! Mes pouvoirs ninjas surpassent les tiens !
       - Ha ha ha… c’est ce qu’on va voir… je déclare le set gagnant pour moi, l’officier Polenrimatiu. Le match va l’être aussi…
       - Jamais le bien ne perd ! cria une voix féminine.
       - Kimberly ! Tu tombes bien ! se réjouit Ninjor.
       - Quoi !!! s’inquiéta l’officier.
    La Ranger Rose, qui avait réussi à s’éclipser quelque peu des autres combats pour aider Ninjor, dégaina plusieurs flèches de son arc-laser dans le dos de l’officier qui tomba à son tour.
       - Ce ne sont pas… tes petits pics qui vont me blesser…
       - Kim, vise-le à bout portant ! cria Ninjor.
       - Mais ça va être dégoutant… je ne peux pas…
       - Pas d’état d’âme, sinon il continuera à nous attaquer, et la menace restera grande… supplia le gardien des pouvoirs ninjettis.
       - Elle n’osera pas… rigola le plutonien.
    Ninjor bloqua les bras de l’officier et la Ranger Rose s’avança, arma son arc et plaça la pointe de la flèche contre la joue droite de l’officier Polenrimatiu. Elle ferma les yeux et tira : la flèche laser transperça la bouche du plutonien qui ne put résister à une telle manœuvre. Il ne prononça plus un mot et la vie le quitta pour toujours. Aucune goutte de sang ne gicla, mais seulement un liquide jaune qui coula le long des joues blessées de l’ancien officier qui n’avait pas eu le temps de souffrir.
       - Jeu, set et match. Victoire, Kimberly ! s’inclina Ninjor devant la Ranger Rose. Tu as réussi et tu as eu le cran pour le faire.
       - Oui, ça fait bizarre… je n’ai jamais eu à tuer un monstre de cette manière. Beurk ! Ce liquide jaunâtre… me donne la chair de poule.
       - Ce n’est pas le premier pourtant que tu élimines…
       - Non.
       - Ni le dernier… la preuve, voilà des tengas ! Attention Kim, derrière-toi !
    Kimberly se retourna et anticipa les premiers coups, bien aidée par Ninjor et son arme en or. Le travail n’était pas encore terminé pour eux.
     
       Billy, qui aidait Zack depuis quelques minutes, avait décidé de passer du costume de ninja à celui de Power Ranger Bleu, afin de lui garantir l’énergie la plus stable possible et surtout la plus à même de lutter contre les « tornades » venues de Pluton. Il devait aussi prendre en compte la faiblesse alarmante du Ranger Noir à cause de toutes les attaques que Goldar lui avait fait subir.
     
       Goldar. Le serviteur des forces du mal était toujours près de Zack et désormais de Billy, et il continuait à leur expédier des coups de poings puissants, quand ce n’était pas de son glaive qu’il frappait.
       - Ha ha ha ! Rangers, à deux, quatre, six, ou trente, vous ne pouvez plus rien ! rigolait Goldar. Je suis trop fort !
       - Sûrement pas ! rétorqua Billy. Nous, les Rangers, avons plus d’un tour dans nos sacs. Je demande… l’armure métallique !
       - Oui, bonne idée ça ! fit Zack, qui se sentit idiot d’avoir oublié une telle protection. Armure métallique !
    Les deux Rangers virent leurs combinaisons briller comme si des milliers de paillettes venaient de les recouvrir : ils étaient désormais plus puissants, plus vifs, avec des capacités décuplées. Goldar changea de mine et sembla plus soucieux.
       - Alors Goldar, que dis-tu de notre collection été 1997 ? lança Billy. Fashion, non ? Cela te plaît ?
       - Arrêtez de vous foutre de ma tronche, minables…
    Mais Goldar savait que maintenant, le combat allait être légèrement plus compliqué. Pourtant il avait toujours confiance en lui.
       - Armure ou pas, je n’ai pas d’autre choix : ma mission est de vous envoyer rejoindre le royaume des morts.
       - Il n’existe pas encore pour nous ! contra Zack.
       - Et bien c’est ce qu’on va voir…
    Goldar fit mine d’aller vers Zack pour finalement se ruer sur Billy. Il lui donna deux coups de poings qui firent chuter le Ranger Bleu. Le Ranger Noir tira sur l’aile gauche du monstre mais il n’était pas assez fort. Il glissa et laissa Goldar attaquer Billy, mais pas pour longtemps : il prit son épée-blaster pour un combat au corps-à-corps : Goldar ressentit les légers coups de lame et se retourna pour provoquer le Ranger qui, selon lui, l’agressait.
     
       Goldar savait, tout en repoussant les deux Rangers, qu’il serait bientôt rentré sur la Lune et que la diversion ordonnée par Sariu aura fonctionnée. La seule chose qui le gênait était de, parfois, se prendre des coups douloureux. Aussi, il savait qu’il ne devait justement pas blesser les Rangers : Sariu voulait juste des Rangers mentalement affaiblis, et fatigués.
       - Alors Goldar, tu ne te bats plus ? Tu penses à quoi ? Au futur ornement de ta tombe au cimetière des épaves lunaires ? se moqua le Ranger Bleu alors que le Ranger Noir, de nouveau armé de sa hache-laser, donna un sérieux coup dans la nuque de l’alien sans que celui-ci ne l’anticipe.
       - Tu vois bien qu’il est en mauvaise posture, ricana Zack. La force de ma hache lui rappelle qu’il n’est pas le bienvenu chez nous, et que ses petits copains l’attendent sur la Lune.
       - Taisez-vous, non d’un chien !!! hurla Goldar. Je vais vous envoyer des patrouilleurs, vous allez voir…
       - Ben ils sont où tes patrouilleurs ? Je ne les vois nulle part, fit remarquer Billy.
       - J’ai juste à les faire apparaître ! Venez, mes nombreux sbires !
    Goldar, accroupi, se releva et tendit son épée des deux bras vers le ciel. De celle-ci des flammes apparurent, flammes qui se transformèrent en patrouilleurs… mais seulement quatre apparurent.
       - Oula, ils sont trop nombreux ! se marra Zack. On ne peut rien faire, ils sont au moins quatre !
       - Non, trois, je viens déjà d’en dissoudre un ! s’enchanta Billy, qui avait repoussé le patrouilleur avec un joli coup de pied sauté dans le cerclage de destruction. Goldar, tu n’es plus sérieux…
       - Mais non, j’en veux plus ! A moins que… zut, j’ai dû user mon effectif, celui qui m’était dédié…
       - Quelle belle gestion des stocks de Goldar… souffla Billy.
       - Et prends ça, tête molle ! s’élança Zack, les deux pieds en avant dans le ventre de Goldar qui se retrouva contre une murette d’un mètre cinquante de haut qui résista.
       - Droit dans le mur… s’exclama Billy. Cinquante points ! Et merci l’armure métallique…
    Goldar plus faible, s’était remis sur pieds, mais les Rangers avaient eu le temps de faire disparaître les trois patrouilleurs restants.
       - Crétins, souffla-t-il.
       - Zack ! Adam n’est pas revenu ? questionna Billy soudainement inquiet.
       - Et bien il a dû rester avec les autres… je lui ai dit que sans la combinaison de Ranger, il ne pouvait rien.
       - Puisse votre ami déjà être mort, ce serait le pied ! ricana Goldar.
    Et les trois protagonistes reprirent leur mêlée qui, à cause de la fatigue des Rangers, allait choisir le camp du mal.
     
       Trini et Jason étaient occupés avec une horde de plutoniens : ce sont ces deux Rangers qui souffraient le plus du combat. Rincés, fatigués, les jambes très lourdes, les sens incertains, ils subissaient sans savoir quand la fin de ce combat allait arriver et surtout, à l’avantage de quel camp.
    Les deux Rangers, encerclés par les plutoniens et quelques tengas, étaient étendus à même le sol. Ils ne parvenaient plus à se relever.
       - Il faut y arriver ! se plaint Trini.
       - C’est tellement dur !!! répondit Jason en soufflant très fort.
       - Alors les Power Rangers, lança un soldat de Pluton, on dirait que vous ne voulez plus vous battre ? On dirait que vous n’avez plus la motivation d’antan pour protéger votre planète ? Vous voulez nous faciliter le travail, c’est tout à votre honneur. Mais ce n’est pour cela que nous aurons pitié de vous et que nous vous laisserons partir sans vous éliminer.
    Le soldat regarda son chronomètre, dans sa main gauche : il fallait encore les contenir treize minutes. Comme si le nombre treize ne portait pas chance, Ninjor et Kimberly décidèrent de débarquer au même instant par surprise pour libérer les Rangers Jaune et Rouge : Ninjor, d’un coup d’épée puissant, coupa la tête du soldat qui venait de parler, avant de trancher les mains d’un autre soldat qui hurla de douleur avant de se mettre à couvert derrière l’un de ses collègues de guerre.
       - Alerte ! Alerte ! cria un plutonien dans un communicateur ! Aie !!!
       - Voilà ce qui arrive lorsqu’on essaie de demander du renfort sans demander la permission à Ninjor ! scanda le défenseur des pouvoirs ninja qui venait d’enfoncer son épée dans le dos de l’ennemi.
    Les Rangers étaient maintenant au nombre de trois, avec Ninjor en supplément. Ils étaient toujours en infériorité par rapport aux plutoniens, mais la résistance s’organisait peu à peu.
     
    ***
     
       Sur la Lune, Sariu fit un dernier discours auprès des vingt-trois soldats qu’il avait choisi, lorsqu’il fut interrompu par l’un de ses gradés.
       - Oui, colonel PH5 ? demanda Sariu.
       - Mon maître, nous avons de mauvaises nouvelles en provenance du sol terrestre.
       - Des morts à recenser dans nos rangs ? s’inquiéta le prince.
       - Hélas, nous avons perdu cinq soldats.
       - Cinq… Cinq ??? s’étonna Sariu. Mais par tous les anges, comment est-ce possible…
       - Et ce n’est pas tout…
       - Quoi, tu vas me dire aussi que les Rangers nous dominent ?
       - Non, pas encore…
       - Bon, la diversion peut continuer.
       - Et bien c’est là que je me dois d’intervenir, mon maître, fit le colonel PH5. Il se pourrait que la diversion ne soit pas une réussite à cent pour cent.
       - Comment ça, pas une réussite à cent pour cent ? Explique-toi, veux-tu ?
       - Maître, la diversion concernait bien les six Power Rangers ?
       - Forcément, puisque les Rangers sont au nombre de six : le Rouge, le Jaune, le Blanc, le Bleu, le Noir et le Rose. Ca fait bien six couleurs différentes, donc six Rangers.
       - Et bien, il en manque un à l’appel.
       - Comment ça il en manque un à l’appel ? Je voulais qu’ils soient tous impliqués dans mon plan…
       - Le Ranger Blanc n’est pas avec les autres près de l’aéroport.
    Sariu failli crier de rage, mais il se retint. Comme pour Zedd, l’évocation simple du plus puissant des Rangers lui donnait l’urticaire spatiale.
       - Tommy Oliver… Mais… où est-il alors ???
       - Nous ne savons pas, mon maître.
       - Il est à Angel Grove au moins ?
       - Et bien, nous ne le savons pas encore. Mais nous avons lancé via le réseau informatique crypté terrien, des recherches, et nous avons eu un résultat alarmant en provenance de l’aéroport d’Angel Grove.
       - Explique s’il te plaît, je ne te suis pas, mon ami.
       - Mon maître, un individu a pris un avion en direction de l’Australie, et au départ de l’aéroport d’Angel Grove.
    Sariu ne dût pas chercher longtemps pour trouver où le colonel PH5 voulait en venir.
       - Si tu me signales cela, c’est qu’il ne s’agit pas d’un simple hasard.
       - Je le crains : le nom de ce passager… est… Oliver. Son arrivée est prévue dans quelques heures en Australie.
     
       Dès lors, Sariu savait que le temps était plus que jamais compté : Zordon avait déjà retrouvé sa trace. Mais comment cela était-ce possible, lui qui n’était même pas encore parti ? Il trouverait une réponse plus tard. Il avait autre chose à préparer.
       - Colonel, je veux que vous prépariez un comité d’accueil au Ranger Blanc à son arrivée en Australie. Merci de m’avoir informé, et de me tenir informé une fois sur place.


    CHAPITRE 4
    Retrait ennemi anticipé
     
     
       Sariu était rapidement remonté à la salle du trône pour signaler l’information au Seigneur Zedd : le Ranger Blanc était parti en Australie. Rita était aussi présente, revenue de la Terre.
       - Mais comment pouvait-il être au courant ? s’inquiéta, en monologuant, le prince plutonien, voyant que la réponse lui échappait. Je n’y comprends rien, mais alors, rien du tout… cet idiot de Zordon n’est pourtant pas voyant…
    Sariu avait déjà entendu des légendes concernant des dimensions parallèles représentant le futur. Il savait également qu’un puissant leader du mal savait observer les dimensions. Zordon avait-il pu pénétrer dans l’une d’elles ? Cela lui semblait impossible sinon il l’aurait déjà utilisé.
       - Je n’ai aucune explication rationnelle… encore un nouvel élément que je n’ai pas. Je vais devoir éclaircir cette énigme qui me torture l’esprit.
    Sariu retrouva Zedd qui se tenait tel un dictateur sur son balcon, les yeux masqués par sa visière rivés vers la Terre.
       - Sariu, je sens la victoire se rapprocher. Tout fonctionne si bien pour le moment que je suis même étonné de ne pas avoir quelques problèmes…
       - Et bien, mon ami, problème il y a… déclara Sariu.
       - Quel problème ?
    Sariu expliqua la découverte de l’un de ses colonels : Zordon avait envoyé le Ranger Blanc en Australie, et cela pouvait à moyen terme, non pas compromettre l’opération, mais la rendre moins efficace. Sariu avait beau détester Tommy, il savait que ce Ranger était sans doute le plus puissant, voire le plus rusé.
       - Les Rangers ne sont pas prêts de nous laisser agir comme bon nous semble, visiblement, s’énerva la Seigneur Zedd. Si seulement, lorsque je détenais Kimberly et son médaillon, j’avais pu la tuer elle et son petit compagnon blanchâtre, nous en serions pas là aujourd’hui !
       - Pensons au présent. Je vais être contraint de mobiliser mes troupes plus tôt que prévu. Je vais retirer mes soldats du combat actuel sur Terre. Cela ne te disconvient pas ?
       - Bien sûr que non, de toute façon, la diversion ne devait pas durer. Il faut arrêter le Power Ranger Blanc dès son arrivée en Australie. Il faut l’empêcher d’agir.
       - Oui mon ami, c’est exactement ce que j’ai signalé à mon colonel. Je vais ordonner le retour de mes sbires. Libre à toi de passer à la deuxième phase quand bon te le semblera. Merci.
       - Cela ne saurait tarder. Je ne veux accorder aucun répit aux Power Rangers.
    Sariu râla une énième fois, ferma les yeux quelques secondes, puis se dirigea vers sa chambre : quelques minutes de repos ne lui feraient pas de mal, bien au contraire. Il donnerait les ordres par télépathie.
    Zedd se retourna vers Rita : il était en rogne après sa femme.
       - Rita, explique-moi maintenant pourquoi tu es déjà revenue…
    La sorcière n’avait pas la tête des meilleurs jours.
       - Et puis peu importe… ta réponse risquerait de gâcher mon plaisir.
     
    ***
     
       Les Rangers, qui s’étaient tous retrouvés au même endroit, sur le parking de l’aérodrome, étaient épuisés, rincés, et seul Ninjor semblait encore en marge de pouvoir inverser la mauvaise tendance. Adam était plus loin, retenu par deux autres ennemis. Les plutoniens pensaient bien voir leur mission réussir.
       - Nous avons plus qu’à les achever, annonça l’un des plutoniens qui savait très bien que le but n’était pas celui-ci, et qu’il ne s’agissait que de faire peur aux Power Rangers.
       - Essaie, essaie, contra verbalement Ninjor. Je ne te laisserai même pas faire quoi que ce soit.
       - Ah ah, et c’est avec tes petites armes d’œuf surprise que tu comptes me…
     
       Le sbire plutonien s’arrêta soudainement de parler. Ses terminaisons télépathiques détectaient un signal arrivant de la Lune. Le codage était facilement reconnaissable : il était plutonien, et il ne venait pas de n’importe lequel : Sariu entrait en contact. Mais le sbire n’était pas le seul : ses compagnons d’armes s’étaient tous arrêtés pour recevoir le message imminent, que seuls eux pourraient entendre.
       - Mais… que font-ils ? demanda Kimberly à ses amis.
       - Ils ne bougent plus, c’est étrange… s’inquiéta Jason.
    Les plutoniens, en effet, restèrent figés. Même Goldar ainsi que les troupes plus communes des forces du mal avaient du mal à savoir ce qu’il se passait.
       « Plutoniens, c’est Sariu qui vous parle. Je suis fier du déroulement de vos opérations, et regrette nos pertes. Cependant, la mission est avortée car il y a un nouvel objectif qui vous attend. Je vous attends au Palais Lunaire pour davantage d’informations et pour vos nouveaux ordres. Le colonel PH15 vous dirigera et vous expliquera pendant mon absence, car quand vous reviendrez je serai déjà parti. Merci d’effectuer un retour immédiat. »
       - Mais bon sang, qu’est-ce que vous faites ? Vous n’attaquez plus ces morveux ? demanda Goldar, incrédule.
       - Nous avons un ordre du maître. Nous partons. Mais nous reviendrons.
    L’un des sbires avait annoncé la couleur : ils retournaient sur la Lune alors que les Rangers ne savouraient pas encore ce cadeau du ciel. Les plutoniens restants disparurent de la surface d’Angel Grove, provoquant le soulagement des garants de la paix. Adam fut liberé de leur emprise par la même occasion. Mais Goldar ne savait pas ce qu’il devait faire.
       - Il ne me reste pas beaucoup de tengas… et aucun patrouilleur…
       - Oui, Goldar, tu ferais mieux… tu ferais mieux de rentrer toi aussi, conseilla Ninjor.
       - Je reviendrai moi aussi, je vous le promets. Mais avant, je vous offre petit cadeau d’au-revoir !
    Goldar dégaina de ses yeux moult lasers en direction de Ninjor et des Rangers, avant de partir à son tour via la téléportation qu’il aimait enflammée. Les pauvres Rangers durent se retrouver une ultime fois à terre, sauf Adam qui rejoignit tout juste les autres.
       - Je n’en reviens pas malgré tout… lâcha Trini.
       - Je suis désolé, regretta Adam, si j’avais su qu’il dégainerait, je l’aurai poussé.
       - Pas grave, vieux, fit Billy, l’essentiel c’est qu’ils nous aient lâchés la grappe. Pour une raison qui m’échappe…
       - Oui, et qui nous échappe tous, ajouta Rocky. Tant pis ou plutôt, tant mieux. Rentrons à la base, on y sera mieux.
    Chaque Ranger se releva, avec plus ou moins de difficultés.
       - Pas de blessés j’espère ? questionna Jason.
       - Non, fit Zack, mais je suis presque aussi fatigué que lorsque nous étions dans cette dimension horrible et que nous étions coursés par le Tyrannosaure.
       - Je ne pensais pas gagner, relativisa la Ranger Rose. En tout cas, merci à tous et à toi Ninjor. Sans ton aide…
       - Ne me remercie pas, mon aide fut la plus logique des démarches, déclara le créateur des forces ninjas.
    Tous s’étaient relevés : ils constatèrent quelques dégâts mais policiers et pompiers arrivaient. L’un d’eux alla voir les Rangers.
       - Encore merci à vous, fit le pompier. Il n’y a plus d’alien dans le secteur ?
       - Non, plus aucun, rassurez-vous, répondit le Ranger Bleu.
       - Des blessés ?
       - A priori non, fit le Ranger Rouge. Nous… nous ramenons ces trois jeunes gens chez eux, ajouta-t-il en montrant Rocky, Aisha et Adam. Nous étions déjà… en charge de leur sécurité…
       - Ce serait trop long de vous expliquer, enchaîna la Ranger Jaune, craignant que Jason se perde dans son mensonge. Mais croyez-nous, ils n’ont rien.
       - Et bien… d’accord. Encore merci.
    Les Rangers saluèrent policiers et pompiers et allèrent derrière des haies pour se téléporter vers le Centre de Commandes.
     
    ***
     
       Sariu avait donné les consignes au colonel PH15 à qui avait le contrôle des troupes revenant de la Terre. Leur prochaine mission serait d’enlever Tommy à son arrivée en Australie : visiblement, l’heure d’atterrissage de l’avion effectuant la liaison entre Philadelphie et Sydney serait nocturne : prévision une heure et trente-cinq minutes en local en Australie.
    Le colonel PH15 avait juste expliqué le but de la mission, mais il n’avait pas donné les détails qu’il n’avait pas encore lui-même planifié. Il s’était enfermé dans l’une des chambres désertées du grand palais de la Lune et il travaillait durement.
    Sariu appréciait le colonel PH15, l’un des six fils de l’ancienne colonel PF5, réputée comme une tacticienne hors-pair, mais décédée à la suite d’une mission pourtant peu difficile sur une planète inconnue des terriens il y a de ça une demi-douzaine d’années. PH15 restait dans la tradition de sa mère et de sa famille : un acharné de travail et de perfection dans la réalisation de ce travail.
     
       PF, PH, PR… Ce n’est pas Sariu qui avait instauré de nombreuses classes mais l’un de ses ancêtres il y avait fort longtemps : PH pour les colonels, PR pour les généraux, et P pour le simple soldat. Le sexisme ayant été de mise, le grade PF concerne les rares femmes intronisées. Il y avait d’autres catégories comme PLG pour les tacticiens logistiques ou PPL pour les pilotes de vaisseaux princiers. Mais malgré ce titre les plutoniens gardaient leur vrai identité, mais celle-ci était gardé secrète lors des conflits. Le vrai prénom de PH15 était Jedifaziu.
    Le prince actuel avait juste décidé de radier le code PH32 qui avait été le sien lors de guerres très importantes.
     
       La réflexion était menée : le colonel PH15 savait maintenant comment il allait procéder. Il croyait au succès de son opération : il n’avait jamais été pris en défaut depuis plusieurs mois lors de ses entreprises personnelles.
     
    ***
     
       Les discussions allaient bon train mais n’étaient concentrés que sur une chose au Centre de Commandes : la récente et éprouvante attaque des forces armées composées en majorité de soldats plutoniens. Les cinq Power Rangers s’étaient tous rétromutés : les pouvoirs de leurs tenues étaient puissants et la protection rassurante, mais ils ne pouvaient rien contre la transpiration naturelle des humains.
       - Je ne comprends pas moi non plus, mes amis, pourquoi Sariu a retiré ses troupes subitement, admit Zordon. C’est une fois de plus une question qui je le crains va rester sans réponse. Il s’agit peut-être d’une stratégie destinée à juste vous affaiblir.
       - Cela n’est pas logique, fit Jason, perplexe. Nous étions trop faibles, nous étions à sa merci.
       - C’est vrai, confirma Zack, ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient de nous ! Sans Ninjor d’ailleurs, nous serions vraiment mal en point à cette heure-ci.
       - Tommy nous manque déjà, mais je crois que là, il nous manquait vraiment beaucoup… ajouta Aisha, voyant que Kimberly confirmait ses propos d’un signe affirmatif de tête.
       - Rangers, et vous autres, déclara Zordon, vous vous êtes vaillamment battus avec courage et volonté de défendre les autres. Une fois de plus je vous félicite. Et c’est dans ces moments que je regrette qu’il n’y ait pas davantage de médaillons disponibles.
       - Nous n’allons pas revenir sur le sujet Zordon, préféra Rocky. Nous avons été Rangers, mais Aisha, Adam et moi-même ne le sommes plus et nous aidons nos amis, avec ou sans costumes, avec ou sans pouvoirs.
       - Et puis, Trini, Zack et Jason ont retrouvé leur place car ce sont eux les premiers Rangers, ajouta Aisha.
       - Vous êtes gentils, merci, dit Trini.
    Alpha revint vers les Rangers après avoir vérifié la situation au-dehors afin de vérifier la non-présence ennemie.
       - Alors Alpha ? questionna Zordon.
      - C’est calme comme avant l’attaque, répondit Alpha. Absolument aucune anomalie dans le secteur d’Angel Grove.
       - C’est toujours trop calme justement, s’inquiéta Ninjor. Plus c’est calme et plus on se demande combien de temps ça va le rester.
       - Sariu et le Seigneur Zedd aiment nous faire stresser, fit Kimberly.
       - Tout à fait, acquiesça Zordon. Et c’est peut-être la réponse à cette attaque près de l’aéroport : ils veulent vous déstabiliser. Et ce, peut-être avant une attaque de plus grande envergure.
       - Et bien, nous ne sommes pas au bout de nos surprises… craint Billy.
       - Ah… si nos parents savaient tout ce que l’on risque… pensa Zack à haute voix.
       - D’ailleurs, en parlant de parents… commença Aisha.
    Avec cette attaque, les jeunes avaient oublié qu’un grand repas avec les élèves et leurs parents était organisé à la cafétéria d’Ernie : les festivités devaient commencer vers midi.
       - Mince ! On a oublié un truc ! Il ne nous reste plus beaucoup de temps, allons vite les rejoindre ! paniqua légèrement Kimberly.
       - Zut ! Tous nos sacs sont restés sur le parking dans la panique… alerta Billy.
       - Non Billy, nous les avons téléportés ici, répondit Alpha, ils sont derrière les ordinateurs.
       - Bonne nouvelle ! répondit Billy.
       - Rangers, j’espère que cette matinée est un cas isolé. Je vous souhaite une très bonne journée, et une bonne réadaptation à vous trois qui revenez d’Angleterre. Par contre, Adam, je souhaiterai que tu restes avec moi quelques secondes de plus.
    Adam parut surpris.
       - Moi… mais pourquoi ?
       - Tu le sauras assez vite, rien de grave. Tu rejoindras tes amis d’ici quelques minutes.
       - Tu nous rejoins tout de suite alors, fit Rocky. A tout à l’heure mon pote !
     
    Les sept jeunes se téléportèrent non loin de la Maison des Jeunes, et Ninjor trouva bon de retourner dans son désert secret pour se ressourcer en attendant un prochain appel à l’aide de ses amis. Adam n’avait réellement aucune idée de ce que Zordon allait lui dire ou lui annoncer.
       - Adam, est-ce que tout va bien ? demanda Zordon.
       - Et bien, oui ça va merci, répondit le garçon.
       - Je te sens préoccupé. Et je m’inquiète. Je t’ai suivi depuis ton retour et j’ai l’impression que quelque chose ne va pas.
    Adam ne pouvait pas le croire : Zordon avait-il deviné son regret de ne pas être redevenu le Ranger Noir ?  Il n’avait de toute façon rien à cacher.
       - Zordon, je tiens à m’excuser pour ce comportement, mais je suis… jaloux. Oui, jaloux de Zack car il a le médaillon que j’ai porté pendant de longs mois. Pourtant, Zack est mon ami… un très bon ami. Mais c’est plus fort que moi. Pardonne-moi.
       - Ta réaction ne me surprend pas. Elle est tout à fait compréhensible. Sentimentalement et émotionnellement, un médaillon représente beaucoup aux yeux du Power Ranger. Tu as tant œuvré avec ce costume, tes qualités de défenseur du bien ne sont plus à prouver. Mais Zack est revenu et ce fut un concours de circonstances assez draconien.
       - Cela ne s’est pas joué à grand-chose en effet… regretta l’ancien Ranger Noir. Et j’aimerai reprendre un rôle de Ranger, c’est… c’est plus fort que moi.
       - Tu sais que c’est impossible, et j’en suis vraiment navré. Il n’existe plus de médaillon disponible. Si, il en reste un, celui du Ranger Vert. Je ne sais pas s’il est en notre possession. Mais je ne le donnerai jamais plus à un Ranger du bien.
       - Oui, c’est trop risqué, je comprends. Ses pouvoirs sont instables…
    Zordon adopta un ton rassurant et compréhensif :
       - Adam, sache que même si tu n’es pas un Ranger je t’apprécie en tant que tel, et les Rangers seront toujours là pour toi, comme tu seras toujours là pour eux. Je pense que l’expression ne t’es pas inconnue mais…
       - Ranger un jour, Ranger toujours, sourit Adam. Merci Zordon.
       - Va Adam, pars vers tes amis. Passe un agréable moment. Essayez de vous vider la tête.
       - Je te remercie.
    Comme ce pouvoir bien pratique ne lui avait pas été retiré, Adam se téléporta à son tour. Zordon était triste de ne pas pouvoir proposer ce qu’Adam aurait souhaité. Il ne pourrait jamais le satisfaire à ce niveau : aucun médaillon ne pourrait plus être créé.
     
    ***
     
       Les retrouvailles allaient bon train à la Maison des Jeunes où les Rangers et leurs trois amis purent aller accueillir leurs parents. Hormis Kimberly, dont le père n’avait pu faire le déplacement pour des raisons professionnelles, tous les autres pouvaient se réjouir de voir leur famille au grand complet. Cependant, et certains ne savaient pas si cela était lié à l’absence de Tommy, mais les parents de ce dernier n’étaient pas là ; d’ailleurs personne ne les avait jamais vu.
     
       La mère de Trini connaissait très bien les parents de Jason : ils avaient fréquenté cette même université d’Angel Grove aux mêmes périodes. Ils se racontaient les anecdotes passées et rirent de bon cœur.
     
       - Oh oui, je me souviens de cela, rigola Madame Scott, la maman de Jason, nous nous étions ensuite réfugiés dans l’ancienne salle de gym pour éviter d’être surpris par un surveillant et…
       - Et dans cette salle de gym, Monsieur Caplan s’entraînait à la corde à sauter ! explosa Madame Kwan, la mère de Trini.
       - Oui, je me souviens de cela aussi, dit soudain la voix de Monsieur Caplan, le proviseur de l’université, provoquant un silence de courte durée, aussitôt remplacé par des rires de la part aussi du concerné.
       - Excusez-nous monsieur, je ne pensais pas que vous vous souveniez de tout cela, balbutia Monsieur Scott, le père de Jason.
       - Il y a certaines choses qui ne s’oublient pas… cette… cette journée… bégaya Monsieur Caplan. Je m’en souviens comme si c’était hier… tellement de choses bizarres étaient arrivés… j’avais renversé mon plateau repas aussi ! Et toute cette eau… mais passons. Je vous souhaite une agréable journée à tous !
     
       Les parents de Jason et la mère de Trini n’avaient eux pas oublié cette journée durant laquelle les toilettes des filles avaient débordé, provoquant une inondation au rez-de-chaussée.
       - Je me souviens aussi de ce jour parfaitement, n’est-ce-pas ma chérie ? dit Monsieur Scott, nostalgique.
       - Bien sûr…
       - Ah, fit Jason, c’est le jour de votre rencontre si je ne m’abuse… avec les pieds trempés.
       - Tout à fait, mon fils, c’était beau… se rappela sa mère.
       - Oui, hormis cette fuite d’eau dans tout l’établissement… ça a coûté très cher en matériel et nous n’avons jamais su qui avait provoqué cela.
    Chaque jeune discutait avec ses parents ou ceux de leurs amis. Ceux de Bulk et Skull étaient aussi présents et se rappelaient eux aussi du bon vieux temps. Bulk, qui avait surpris la conversation des parents de Jason, voulut en savoir davantage sur la rencontre de ses parents dont il n’avait jamais eu le scénario.
       - Et vous, mes papou-mamounets, vous vous êtes emballés quand pour la première fois ?
       - Oh, c’était une superbe journée ! s’exclama le père de Bulk. Ta mère et moi étions déjà de bons copains lorsque nous avons eu une idée géniale : nous avons séché les cours le matin et nous sommes allés vers les cabinets des filles. C’est alors que ta mère a eu la superbe idée de vouloir les boucher avec du papier hygiénique et…
       - C’est… c’est vous qui aviez bouché les toilettes provoquant des… non ! Je n’y crois pas !!!
       - Nous étions jeunes et insouciants Bulk… nous regrettons… déplora la mère.
       - Mais non, vous êtes des héros ! s’exclama Bulk. Quelle famille, merci…
       - Sont géniaux tes parents ! ricana Skull.
       - Sans doute plus que toi, tête de nœud ! Quand je pense que tu n’es même pas venu avec moi en Angleterre…
       - Et bien j’aurai préféré figure-toi, car à force de mettre des vêtements inadaptés…
       - Oui, c’est ça, on en reparlera plus tard !
    Les Rangers, accompagnés de leurs parents, oublièrent un tant soit peu leurs dernières aventures. Mais certains parents trouvaient étranges de les voir aussi fatigués…
       - Vous êtes si calmes, remarqua la maman de Zack. Les monstres de l’aéroport ne vous ont pas blessés ? Heureusement que les Power Rangers sont venus pour vous secourir.
       - Oui, tu ne peux pas savoir à quel point ils se sont bien battus, souffla Zack.
       - Ce sont vraiment nos héros des temps modernes, fit le père d’Aisha. Heureusement qu’ils existent ces Rangers sinon, nous serions dans un pétrin sans nom. Nos gouvernements ne font vraiment rien, à part dépenser l’argent par les fenêtres, ou faire la guerre dans des pays démunis.
     
    Ernie, aidé d’Angela et de Monsieur Caplan, arriva alors avec de nombreux amuse-gueules, gâteaux et autres verres en plastiques.
    Le pot de l’amitié pouvait commencer.
     
    ***
     
       Le Seigneur Zedd surveillait ce qu’il se passait à la Maison des Jeunes et il ne comptait pas laisser les humains s’amuser ainsi. Rita, Rito et Goldar étaient à ses côtés, silencieux. Soucieux de ne pas laisser les terriens fêter quelque moment de joie ou de retrouvailles, il allait enclencher la suite des opérations, et ce très prochainement.
       - Alors Zeddy, quand allons-nous agir pour le plan B ? demanda Rita, trépignante d’impatience.
       - Patience, l’heure approche, répondit le seigneur rouge. Je prends tant de plaisir à les regarder s’amuser et à me dire que ce sont leurs dernières secondes de complicité et de rires.
       - J’espère que tu vas vraiment leur envoyer quelque chose d’alléchant, s’impatienta Rita.
       - Ne t’inquiète pas pour ça, je leur réserve notre meilleur élément, fit Zedd.
       - Oui, présent, je suis là, Edd ! intervint Rito.
       - J’ai dit le meilleur élément, pas l’âne de service ! contra Zedd. Et puis si j’avais à choisir j’enverrai même Goldar attaquer avant toi. Et n’oublies pas que je m’appelle Zedd ! Zedd ! Seigneur Zedd ! Va plutôt me préparer un bataillon de quinze oiseaux tengas et n’oublies pas de leur donner un peu de nourriture spéciale. Zedd !
       - Ah oui, celle de papa… devina Rito.
       - Oui, c’est ça, et ne me parles pas de ton père sinon je vais devenir rouge de colère.
       - Respecte quand même mon papa tu veux bien ? pesta Rita. Je sais qu’entre vous deux ce n’est pas le grand amour mais je te demande de le respecter.
       - Je n’ai pas le temps de discuter, s’agaça Zedd. Je dois aller voir au laboratoire de Finster si tout est fin prêt.
    Le seigneur rouge se dirigea vers le lieu cité…
     
       Dans le laboratoire, Finster se tenait devant une machine contrôlant une sorte de très gros bocal cubique d’environ quatre mètres sur quatre. Rempli d’eau, il contenait une étrange créature composée d’une demi-douzaine de tentacules reliés à une tête beige comprenant des orifices de tir. Deux câbles étaient d’ailleurs reliés à chaque orifice : le monstre, perfusé, était en cours de rechargement. Et Finster contrôlait le renforcement de pouvoirs du monstre qui semblait volumineux.
       - Serpenpieuvre, tu vas tellement être régénéré que les Power Rangers ne pourront rien contre toi, chuchota Finster. Tu es pratiquement prêt : le Seigneur Zedd sera satisfait de toi. Et  de moi je l’espère aussi, pour une fois.


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    Re: MMPR saison 4, épisode 5 : Nazca ou la quête du pouvoir ultime

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