MMPR saison 4, épisode 6 : La soumission de Pluton

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    Message par KL44 le Dim 30 Déc - 21:48

    Bonsoir à toutes et à tous.

    Voici les premières lignes du sixième épisode de ma fan-fic, ayant pour thème la première génération de Power Rangers. Suite à un bond dans le temps et un retour en arrière orchestrée par l'invention de Finster, les Rangers sont revenus avant la première destruction du Centre de Commandes et les batailles contre les forces maléfiques ont repris de plus belle. Renforcés par Sariu, prince plutonien et allié de choix, la Terre est malmenée et Angel Grove se retrouve mal en point.

    Ce résumé retrace les péripéties des précédents épisodes. Voici le prologue du sixième.
    Bonne lecture...

    -------------------------------------------------------------------------------------------------------

    LA SOUMISSION DE PLUTON


    PROLOGUE
     
     
       «  Bonjour, je suis Chris Dorniez, et je vais vous présenter les dernières actualités locales d’Angel Grove. Et bien entendu, comme tous les jours depuis pratiquement deux semaines, nous revenons avec cette édition spéciale sur les derniers évènements et la progression des ennemis extra-terrestres se prétendant plutoniens.
    Après une escalade de violence hier dans le parc à proximité du lycée public, et ayant causé la mort de dix militaires et de trois civils dont un jeune homme de dix-neuf ans, l’armée des plutoniens a pris le contrôle total de l’aérodrome local. Tous les vols sont déroutés vers Los Angeles ou San Diego.
    Les forces aériennes des Etats-Unis d’Amérique sont toujours en alerte et nous venons de l’apprendre, elles ont réussi à abattre un appareil ennemi à proximité de la chaîne montagneuse sur la route de Hill Valley. Le président a annoncé que des renforts militaires débarqueraient dans les prochaines heures. D’ici là, nous espérons que nos six héros locaux auront repris du service car nous sommes actuellement sans nouvelles de… »
     
       Puis l’écran de télévision derrière la grande vitrine de la boutique s’éteignit, une nouvelle fois.
    Une énième coupure de courant avait eu raison des appareils électriques et de l’éclairage public vacillant.
     
       Qu’importe. Pas une âme ne suivait les programmes de l’unique téléviseur présenté dans cette supérette spécialisée en petit électro-ménager, et partiellement pillée.
     
       Les rues étaient désertes. Depuis treize jours, la ville d’Angel Grove était sous occupation.
    Pour les habitants, il était évident que l’absence de justiciers avait permis aux monstres de s’accaparer le territoire convoité depuis plusieurs années.
    Pour les habitants, les aliens de tous types qui défilaient en rang par centaines ou qui agissaient en petits comités faisaient peur et instauraient un climat d’insécurité encore jamais connu.
     
       Et pourtant, Angel Grove en avait connu des attaques.
    Les citoyens gardaient en mémoire, la première apparition du grand dragon bipède au métal résistant à l’eau, sortant des abysses et détruisant la zone portuaire et blessant quelques dockers.
    Mais le dragon s’était retourné contre ses alliés lunaires et avait rejoint le parti du bien.
     
       Il y avait aussi eu cette mise en quarantaine dans une dimension parallèle lors d’une grande fête à la maison des jeunes : une expérience traumatisante, mais avortée par les cinq héros de la ville.
     
       Une autre fois, les robots de ces mêmes héros défendant la bonne cause avaient été anéantis et détruits par un immonde mutant au squelette apparent.
     
       La catastrophe irréversible avait été maintes fois frôlée, mais jamais le mal n’avait vaincu le bien.
    Jusqu’à récemment.
    En témoignait ce groupe de soldats à la peau jaune et aux uniformes noirs métalliques, qui, répartis en huit files de huit sbires armés de bâtons, ne ménageaient pas leur concentration pour marcher au rythme de leur leader aux grades postés sur le poitrail recouvert d’un cuir brillant.
     
    Point de chant militaire ni de sourire sur les visages neutres des plutoniens. Ils marchaient sans frémir vers un campement et ils passèrent devant la boutique de télévision.
    Ces défilés étaient devenus le quotidien d’une ville meurtrie et endormie, isolée du reste du monde.
     
       Le groupe poursuivit tout droit et passa devant un fourgon de vente de glaces, stationné à cheval sur le trottoir. L’énergie électrique réalimentait peu à peu le quartier et les feux tricolores firent clignoter la couleur orange. Une demi-douzaine de chiens errants réglait son compte à une poubelle éventrée, délivrant des tranches de bacon au bord de la moisissure.
     
       Le démarrage soudain du fourgon de glace effraya les canidés amaigris par la crise en cours.
    Le vieux Ford dégagea un épais brouillard de fumée et fonça vers les aliens qui, pour une moitié, n’avait pas eu le réflexe de s’écarter du passage de l’engin.
       - Véhicule motorisé droit sur nous ! SORTEZ DE VOS RANGS, GO GO !
    Le fourgon fou zigzagua afin de percuter le plus de plutoniens possibles. Mais l’un d’eux eut un réflexe rare en lançant son puissant bâton dans la jante de la roue arrière, freinant brusquement sa rotation et l’entraînant dans une embardée prenant fin contre une boîte aux lettres.
    La course du fourgon avait décimé quarante ennemis, et cinq étaient blessés. Le lieutenant et leader prit les devants et alla vers le véhicule échoué, au moteur fumant encastré dans le mobilier urbain. Il en ouvrit la portière côté passager qui lui resta entre les mains au vu des dégâts : il la balança derrière lui. Fou de rage, il attrapa le passager par le col mais ce dernier n’avait pas survécu à la collision. Il alla attraper la conductrice qui était encore consciente malgré une arcade sourcilière gonflée. Il la sortit du poste de conduite et la tint au-dessus du sol, les pieds à plus de vingt centimètres des pavés :
       -  Tu sais ce que je brise aux petites sottes dans ton genre ?
       - Fais ce que tu veux de moi maintenant, sale envahisseur. Tu as perdu la majorité de ta troupe et ça reste une victoire… une victoire des habitants d’Angel…
       - TAIS-TOI !!! TAIS-TOI !!!
    Il lui asséna un violent coup de poing dans le thorax. Les soldats les plus proches avaient pu deviner un bruit de craquement d’os.
    Sans connaissance, la conductrice fut laissée sur la chaussée. Le reliquat des plutoniens se rassembla et alla se réfugier dans une bibliothèque saccagée à la porte grande ouverte.
     
       A proximité du fourgon échoué, un joggeur habillé d’un ensemble de sport gris et muni d’une casquette et d’une paire de gants noirs, termina sa course, préférant aller porter secours à la jeune femme sérieusement souffrante.
       - Restez avec-moi, s’il vous plaît… Serrez-moi la main de toutes vos forces !
    Elle s’exécuta mais la poigne était hasardeuse.
       - Je pense que c’est… trop tard… pour moi…
       - Non, non ! Ne dites pas ça ! Vous avez quel âge ?
       - J’ai vingt-et-un ans… je suis Naomi, et ces bâtards ont tué mon petit frère hier. Je voulais me venger… et j’ai réussi… où est mon cousin ? Où… où est Ben ?
       - Vous êtes seule, mademoiselle…
    Le joggeur jeta un œil dans le fourgon et constata que le dénommé Ben avait rejoint le rang de ceux tombés au combat.
       - Il est encore dans le camion… Ben… Ben !!!
       - Naomi… ne criez-pas, gardez vos forces, vous êtes sérieusement blessée… il faut économiser vos forces vives.
       - Ben… est… mort… c’est ça… il est mort…
    Et elle convulsa avant de perdre connaissance.
       - Naomi… NAOMI !!! Je vous en supplie !
    Il aurait voulu régler le compte aux plutoniens qu’il apercevait encore au loin, mais il devait agir avec raison.
       - Vous le paierez, je vous le promets.
    Il remonta sa manche gauche et appuya sur le bouton de sa montre qui ressemblait trait pour trait à un commutateur de liaison.
       - John à Centre de Commandes. John à Centre de Commandes ! Vous me recevez ?
       «  Oui nous te recevons, John. As-tu réussi à trouver la base de l’escouade qui sème la terreur en ville ? »
       - Leur base non, mais j’ai bien failli les croiser. Ils ont laissé une jeune pour morte ou presque morte sur la route. On peut encore la sauver. Il faut la téléporter !
      «  Oui, John. Il le faut. Prépare-toi à la téléportation, je lance le processus dès que nous t’avons localisé précisément. C’est bon. Fin de communication ».
    John Scott coupa l’émission de signal et se rapprocha de Naomi qui n’avait pas repris ses esprits. Transpirant, il murmura :
       - Merci Zordon. Je serai bientôt prêt. Prêt pour sauver Angel Grove.
    Il pensa à son fils Jason, qui lui manquait terriblement.
    Et ils disparurent de cette rue qui, dans un passé proche, grouillait de vie et de commerces.
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    Message par KL44 le Dim 6 Jan - 18:56

    Bonsoir,

    voici le premier chapitre de cet épisode qui se veut plus sombre que les précédents.




    CHAPITRE 1
    Le transfert de troupes
     
     
       Le premier vaisseau quotidien de transport de troupes quitta la vitesse subluminique et amorça sa lente approche vers la Lune. A son bord, rutilait un escadron de forces spéciales plutoniennes composées de quelque deux cents soldats surentraînés et si puissamment armées qu’un millier de patrouilleurs lambda serait annihilé en une fraction de minute.
    Après des milliards de kilomètres parcourus, chacun avait hâte de se dégourdir les jambes et de découvrir la surface lunaire pour la toute première fois.
     
       La phase d’alunissage obligeait un passage en rase-mottes, le long de l’immense serpent d’acier, en phase de démarrage mais sali par les tempêtes de sable, récurrentes ces derniers jours.
    Malgré la toute-puissance des soldats et de leur cuirassé mixte, adapté aussi bien pour le convoi d’unités mais aussi les offensives, Serpentera impressionnait de par son gigantisme. Alors, au moment où les yeux de ce dernier prirent une teinture rouge témoignant de l’allumage des moteurs, tous apprécièrent ce spectacle malgré le bruit assourdissant des turbines de dernière génération, propulsée grâce à un système hybride alliant eau et électricité.
     
       Au pied de la piste, le Seigneur Zedd accompagnait Sariu et ses sbires pour l’accueil des renforts. Le grand leader à la peau jaune se tenait droit, le visage neutre, mais fier de ses hommes.
    Il n’en était pas de même pour Zedd vis-à-vis de ses sous-fifres, dont la maladresse et les défaites cuisantes étaient encore trop fréquentes. Pire, là où il avait échoué depuis tant d’années, Sariu avait réussi avec les honneurs en une poignée de semaines.
     
       Dans l’obscure salle d’entraînement du second étage du palais lunaire, la maléfique Zeo Ranger d’Argent s’adonnait à d’intenses katas, en attendant d’être envoyée au combat. Elle contemplait l’arrivée des soldats de Sariu de sa fenêtre fermée afin de lui préserver une respiration fiable. A son opposée, près de l’entrée de la pièce aux murs en briques spatiales rousses, Goldar ruminait :
       - J’aurai voulu accueillir les plutoniens avec Sariu et le Seigneur Zedd. C’est pas juste ! Je suis déjà prêt ! Je n’ai pas besoin de m’entraîner.
    La Zeo Ranger d’Argent resta silencieuse et poursuivit son enchaînement. Studieuse, elle voulait rester irréprochable pour mener à bien sa lutte contre ses ennemis.
    Elle avait la confiance de ses maîtres…
     
    - Tu as bien travaillé, Ranger. Je suis extrêmement fier de toi. Et même si les gamins de Zordon t’ont causé quelques soucis, cette manche n’était que le prologue à notre victoire.
    - Je… je vous remercie, vraiment, de m’avoir fait confiance. Il n’est pas dans mon optique, ni dans mes projets, de vous décevoir. Je dois éliminer les Power Rangers et je le ferai.
       - Mais je sais que tu vas y arriver. Tu es bien plus puissante qu’eux.
    Telles avaient été les premiers encouragements de Sariu lors de son déploiement sur Terre, aidée du Zeo Megazord et du Dragonzord : sans faire dans la dentelle – à l’inverse de sa lingerie qu’elle rêvait de retirer tant elle aurait aimé se sentir à l’aise et libre de tout vêtement l’espace d’une minute ou deux – elle avait adressé un sérieux revers aux justiciers d’Angel Grove.
    Mais déjà, celle qui dans le civil était connue sous l’identité de Jessica Revlis, avait ressenti le pouvoir du Ranger Blanc :
       - Sauf votre respect, le Ranger Blanc me semble plus fort que ses compagnons d’arme. Il a des techniques dignes d’un grand karateka.
    Elle en avait eu la confirmation : laissé pour mort dans un crash d’avion, Tommy Oliver avait parfait sa légende en survivant à cet accident qu’elle avait provoquée.
       - Je m’ennuie, je m’ennuie ! pesta Goldar.
    La Zeo Ranger d’Argent ne supportait plus les tribulations de son compagnon d’arme.
       - Je devrai être avec Sariu. Je ne devrai pas être ici, enfermé dans ce dojo de l’espace ! Ma place est avec eux !
    Elle lança violemment son boomerang qui vint flirter avec le visage de Goldar, immobile. En une parfaite ellipse, le boomerang revint dans la main du lancer.
       - Tu es complètement folle ! Tu as essayé de me tuer, c’est ça ? Tu es jalouse car Sariu me tient en grande estime ?
    Elle s’approcha de Goldar. Elle retira son casque argenté et colla presque son visage humidifié par la transpiration à celui de l’autre :
       - Ecoute-moi bien, Goldar. Je suis uniquement là pour m’entraîner, afin d’atteindre mon but : retourner sur la Terre, et éliminer notre ennemi commun : Tommy Oliver. Je me fiche de ne pas faire le lèche-bottes auprès de Sariu, ou du Seigneur Zedd, ou de Rita Repulsa. J’obéis aux ordres, c’est tout. On me missionne pour attaquer les Rangers dans un parc, je m’exécute. On me demande de pénétrer dans le Centre de Commandes de Zordon, je le fais. On m’a demandé de faire plonger un avion avec le Ranger Blanc à bord, et j’ai échoué          .
    Elle recula d’un pas, rangea son projectile triangulaire et tendit ses bras en avant pour faire craquer ses doigts.
       - J’ai échoué, Goldar. Toi, tu dois savoir ce que je ressens.
       - Euh, non…
       - Tu en as connu des déroutes. Tu ne te remets jamais en question ?
       - Quoi ? Je ne comprends pas ta question. Je suis assez fort pour battre n’importe qui, et à chaque fois ça ne se joue pas à grand-chose. Les plans de Rita sont foireux. Ceux du Seigneur Zedd un petit moins, mais si je n’y arrive pas, c’est pratiquement jamais de ma faute.
       - Et bien moi je suis désabusée après chaque défaite. C’était déjà le cas avant que je sois une Ranger. Depuis que je suis gamine je refuse l’échec. J’ai beau défendre l’idéologie de mes maîtres, j’ai quelques valeurs !
       - Parce que tu crois que je n’ai pas valeurs ? Je suis Goldar, et si je suis le bras droit du Seigneur Zedd après avoir été celui de Rita, je suis également devenu le bras droit de Sariu !
    Jessica se dirigea vers l’unique fenêtre et regarda au travers : les plutoniens étaient descendus de leur vaisseau et marchaient en cadence derrière Sariu et Zedd, en direction du hall du palais.
       - Le bras droit de Sariu… pourtant, je ne te vois pas en bas avec lui, Goldar.
       - Sariu apprécie mon travail ! Il a une grande confiance en moi ! Il veut sans doute que je jette un œil sur toi.
       - Un œil sur moi ? Tu crois que tu dois me surveiller ? Sariu ne remettrait pas en cause ma loyauté. Mais à ta différence, j’ai conscience de ne pas être sa favorite, ni son petit chouchou. Et alors ? Je m’en moque ! Ce qui m’importe, c’est de réussir les objectifs qui me sont confiés, et les échecs, si regrettables soient-ils, me permettent de progresser, de me surpasser !
    Goldar s’approcha d’elle calmement et lui murmura :
       - Tu ressembles beaucoup à quelqu’un que j’ai connu il y a longtemps. Tu es forte et courageuse, Jessica, et tu me fais penser à celui qui, jadis fut notre allié, et aujourd’hui notre ennemi. Ton ennemi. Il ne rechignait pas au travail et il était pétri de talent. Sa perte, sa trahison, fut un véritable coup de tonnerre.
    Goldar se souvint d’une séance d’entraînement du Ranger Vert dans la dimension noire, après avoir perdu une manche face à Jason Lee Scott, pourtant démuni de ses pouvoirs.
    Jessica Revlis pouvait-elle devenir aussi puissante que Tommy Oliver ? Goldar n’avait pas la réponse, mais au vu de ses talents et de sa progression, la probabilité était permise, d’autant plus qu’elle ne se laissait pas corrompre par ses sentiments.
    Jessica replaça son casque sur sa tête et reprit ses arts martiaux : elle était éreintée, mais elle se reposerait plus tard. Elle était obsédée par la bataille qui serait la sienne, contre le plus puissant des justiciers de la Terre.
    Car ceux qui connaissaient la vérité sur la destinée de Tommy, laissé pour mort, ne l'avaient pas encore révélé, afin d'entretenir la haine chez la Zeo Ranger d'Argent.
     
       En parallèle d’une arrivée de troupe, une autre quittait au même moment la Lune, mais cette fois-ci sans engin : la téléportation suffisait amplement tant la distance vers la planète bleue était courte.
     
    ***
     
       - C’est la troisième personne que nous prenons en charge depuis le début du conflit. Le Centre de Commandes est en train de devenir un hôpital.
    Rescapée miraculeuse de l’attaque qu’elle avait orchestrée à l’encontre du régiment de plutoniens, Naomi Tails demeurait dans un état stable, mais toujours inconsciente. Alpha 5 avait limité l’irréversibilité des blessures en intervenant de manière méthodique, et grâce à l’aide de John, aux bons conseils de Zordon et de ses banques de données internes. Une plaie avait été suturée afin d’éviter l’évacuation de sang. En revanche, il n’avait pu réparer le coude fracturé.
       - Il est bien plus sain pour elle de rester sans connaissance, certifia Zordon. Elle souffre moins.
     
       Dans la large civière de fortune, Naomi avait succédé à deux jeunes retraités, recueillis le mardi précédent : leur séjour avait été de si courte durée qu’ils ne se souviendraient pas de leur passage dans ce mystérieux endroit.
       Le vista-globe était resté en alerte constante depuis bien des journées, et son alarme résonnait à tue-tête.
    Transpirant, John avait retiré son haut de jogging et avait changé de t-shirt. Il contemplait l’écran sphérique qui suivait la présence d’aliens : pour le moment, aucune offensive n’était en cours mais la trêve serait, comme chaque jour, mise à mal.
       - Zordon, où en sommes-nous concernant la…
       - C’est toujours en progression. C’est une tâche relativement complexe qui suit son cours, et nous ne pouvons pas prendre le risque de la squeezer et d’en payer les conséquences. Rappelle-toi, cette erreur d’avoir voulu aller trop vite…
       - Oui, je m’en souviens, et ça nous a retardés à l’époque, et on aurait pu y rester.
       - Aie aie aie, je m’en souviens aussi, ajouta Alpha.
       - Ce n’est plus qu’une question de jours. Trois, quatre tout au plus.
    John revint vers le vista-globe, et pensa à sa famille, et surtout à son fils.
       - Mais où es-tu Jason… où êtes-vous, les Power Rangers ! Vous manquez à Angel Grove.
    Il ne put s’empêcher de retenir une larme.
    Au-dessus du globe, une boîte ressemblant à un réveil digital était suspendue : elle indiquait un nombre représentant un pourcentage : quatre-vingt six.
    Ce nombre obsédait John : il grimpait bien trop lentement à son goût. Et il manquait de temps.
       - Mon fils, où que tu sois retenu, je te sauverai, je te le promets. Avec ou sans pouvoir.
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    Message par KL44 le Sam 12 Jan - 8:00

    Bonjour,

    voici le second chapitre.

    --------------------------------------------------------------------------------------------------
    CHAPITRE 2
    Occupations
     
     
       A l’hôpital local, la situation devenait de plus en plus critique : la place manquait, et l’accueil de plaignants se faisait au compte-gouttes.
    Mais une chambre se libéra, faisant le plaisir de deux personnes en attente depuis plusieurs heures : par manque de surface disponible, des lits étaient ajoutés et la capacité était peu à peu doublée. Il fallait ensuite dépêcher des moyens humains supplémentaires, et des volontaires qui n’étaient pourtant pas membres du staff médical s’étaient manifestés spontanément pour un simple coup de main et pour soutenir les victimes et leurs familles.
       - Je suis soulagé de sortir de l’hosto, avoua Adam, qui boitillait à peine, et qui ne ressentait plus de grandes douleurs.
       - Nous sommes contents de te voir sur pieds, Rocky et moi, se réjouit Aisha en plaçant les bagages du convalescent dans le coffre de la petite citadine Mazda.
       - C’est gentil à vous, mais quel choc de sortir pour la première fois dehors, et de voir tout… ce chaos. Ce monde sans les Power Rangers fait froid dans le dos. Vous n’avez aucune nouvelle ?
    Cette impression était illustrée par l’épave d’une moto posée à-même le bitume, et qui brûlait à proximité de containers à verre vandalisés.
    Rocky répondit d’un mouvement de tête par la négation, avant de parler :
       - Toujours aucune nouvelle de nos amis.
       - Zordon est catégorique : aucun radar du centre n’est capable de les localiser.
       - Tant que les Power Rangers restent introuvables, le monde est à la merci des forces maléfiques.
    Adam n’avait pas imaginé un tableau aussi noir.
       - Vous êtes en train de me dire qu’il n’y a aucun espoir ? Sariu, Rita, le Seigneur Zedd… ils sont en passe de gagner ?
    Le visage fermé, Aisha et Rocky baissèrent la tête.
       - Ne me dites pas qu’ils ont déjà gagné…
    Adam perdit le si peu de positif qu’il lui restait : le bien avait-il vraiment échoué ?
    Tous les combats menés, aux côtés des Rangers ou en tant que l’un d’entre eux, n’avaient-ils finalement été qu’un amas de victoires pour déboucher sur la défaite finale lors de l’ultime confrontation ?
    Avec sa machine à faire remonter le temps, le si inoffensif Finster avait-il porté l’estocade finale ?
     
       Dans un silence de cathédrale, les trois amis désemparés prirent place dans la voiture qu’Aisha s’apprêtait à démarrer non sans difficultés, le moteur accusant un âge déjà avancé.
       - Adam, il y a peut-être, je dis bien peut-être, encore un infime espoir. Zordon et Alpha planchent sur une offensive légère mais réelle.
       - Ah bon, une offensive ?
       - Oui, commença Rocky, avant de se taire devant le spectacle qui se présenta subitement à eux.
     
       Sur le parvis de l’hôpital, dix individus gris venaient d’apparaître : neuf patrouilleurs et la Zeo Ranger d’Argent, munie de son puissant boomerang.
    Les rares passants prirent la fuite, laissant la Mazda seule victime potentielle.
       - Allez démarre, titine ! Démarre !!! déchanta Aisha.
    La Zeo Ranger avait entendu le moteur souffrir, signifiant qu’un ou plusieurs humains se trouvaient à bord de l’automobile.
       - Patrouilleurs, suivez-moi ! On va les intimider, puisque c’est ce qu’on me demande de faire.
    Dans le capricieux véhicule, la tension montait crescendo.
       - Non titine, pas ça titine, pas après tout ce que tu as fait, pas maintenant titine !
    A force de persister, le mécanisme se mit enfin à faire son travail :
       - OUI ! s’exclamèrent en cœur les trois amis.
    Au même moment, la Zeo Ranger d’Argent débarqua sur le capot avant de la voiture, froissant la carrosserie suite au contact avec ses pieds. Le moteur s’enraya et cala.
       - NON !!!
    Rocky savait que pour survivre, ils allaient devoir quitter le véhicule pris d’assaut.
       - On sort, et on court vers… vers là-bas, au niveau du jardin avec le bassin pour enfants. Et après, à gauche, puis on court tout droit !
       - D’accord ! valida Aisha.
       - C’est compris ! acquiesça, derrière, Adam.
       - Go !!!
    Aisha et Rocky s’extirpèrent chacun de leur côté. Ce dernier tenta de baisser rapidement son siège afin de laisser sortir l’ancien Turbo Ranger Vert – la Mazda était une version non équipée de portes arrières – mais il ne put aider son ami, attrapé au niveau du cou par deux patrouilleurs bien décidés à en découdre.
       - Lâchez-le ! cria Aisha, prête à en découdre malgré son absence de pouvoirs.
    Adam se détacha et voulut s’extraire en pliant le siège, mais le mécanisme était grippé.
     
    ***
     
       Les démoniaques projets qui avaient le vent en poupe, des soldats en renfort : Rita Repulsa se sentait bien, décontractée, et sa migraine disparaissait au fil des nuits.
       - Et ma migraine disparait au fil des nuits.
       - Et je n’ai toujours pas envie de faire des galipettes avec toi, avec ou sans migraine.
       - Moi non plus, quadruple buse ! J’ai mieux à faire, avec mon télescope.
       - Comment ça ?
       - J’admire le spectacle plus bas, sur cette planète bleue. La Zeo Ranger d’Argent a retrouvé la trace de deux copains des Power Rangers : Aisha Campbell et Rocky DeSantos.
       - Bonne nouvelle !
       - Oui ! On élimine peu à peu les ultimes personnes liées aux Rangers, afin d’isoler le monde.
       - La Zeo Ranger n’a pas l’ordre de les éliminer. Sariu leur a réservé un tout autre sort, du moins pour le moment.
     
    ***
     
       - Tiens tiens, je crois qu’on connaît du monde en commun ! ricana la Zeo Ranger d’Argent, faisant face à Aisha, pendant que Rocky avait réussi sans mal à s’extirper de l’emprise de patrouilleurs pas franchement revigorés : quelques semaines plus tôt, le coffre de la plantation des anges, enfoui à proximité, aurait décuplé les pouvoirs des aliens.
       - Sale Ranger, je peux te dire que ça me fait mal de te voir porter un costume de Ranger pour servir des types qui ne veulent que la guerre et la désolation !
    La Zeo Ranger, qui avait vu que quelqu’un se débattait pour sortir de l’arrière de la voiture, laissa les patrouilleurs agir.
       - Patrouilleurs, affaiblissez-moi cette vermine.
    Les sbires aux déambulations grotesques tentèrent de s’exécuter mais, même sans la moindre force mystique, les deux jeunes n’eurent que peu de peine à les désintégrer.
    Mais, venant d’une téléportation, trois soldats plutoniens intervinrent et les attrapèrent, et les immobilisèrent au sol sur le trottoir. La Zeo Ranger d’Argent, intrigué par le troisième individu, ne détecta pas cette arrivée surprise.
       - Lâchez-nous, sales vermines !
       Adam réussit enfin à s’extraire du véhicule. Il s’arma d’une barre de fer abandonné à proximité d’un candélabre, sans passer inaperçu aux yeux de Jessica.
    Elle reconnut celui qui l’avait sauvée d’une attaque de son propre rang dans la Maison des Jeunes.        - Eh toi, la Ranger de Rita !
    Elle se tourna et découvrit la présence des trois alliés sous les ordres du prince de Pluton.
       - Que puis-je faire pour vous ?
    Adam avait eu le temps de se cacher derrière la voiture : les plutoniens ne pouvaient pas le voir, et il profiterait d’un moment d’inattention de la Zeo Ranger d’Argent pour tenter de sauver ses amis.
    Mais il n’en aurait pas l’occasion.
       - On téléporte ces deux humains sur la Lune, ordre de notre prince.
       - Ce ne sont pas les ordres que j’avais reçues… c’était à moi de les emmener devant Sariu et le Seigneur Zedd…
       - Notre prince a dû estimer que cette mission nous revenait davantage, répondit le second agent à la peau jaune.
       - Les humains restent moins fiables que les plutoniens, ajouta le troisième.
       - Donc plus faibles, enchérit le second.
    La Zeo Ranger d’Argent ne ressentait aucune haine envers les plutoniens, mais les propos l’agaçaient crescendo. Elle était dans le même rang, alors elle estimait mériter le respect, même en étant une femme née sur Terre.
    Cependant, elle se rallia aux injonctions sans broncher à voix haute.
       - C’est bien compris, je ferai selon la volonté de votre prince.
       - Très bien. Nous y allons. Téléportation !
       - Non, lâchez-nous !!! cria Rocky en tentant vainement de se débattre.
    En seule guise de réponse, les trois aliens ricanèrent avant de disparaître avec leurs otages.
     
       Enervée, Jessica se retourna vers Adam mais ce dernier ne s’était pas attardé et avait profité de la situation pour s’éclipser.
       «  Et voilà. Non seulement on me vole mon butin, mais en plus, je n’ai aucune miette à offrir ».
    Si elle avait agi seule, elle aurait transféré trois prisonniers.
    Si Adam s’était échappé, c’était à cause des plutoniens. Ce n’était nullement de sa faute à elle.
       «  Bien joué, Adam Park, tu t’en es bien sorti cette fois-ci, alors que tu ne jouais pas à armes égales. Nous nous retrouverons une prochaine fois ».
    Elle avait une dette envers Adam.
    Sans l’ex-Ranger Noir, elle serait déjà morte.
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    Message par Alpha 5 le Mar 22 Jan - 18:33

    J'ai lu les chapitres 5 et 6 et jadore! Ce monde apocalyptique change les choses et c'est sympa à lire, mais je me demande où sont passés les rangers :/ sont-ils morts? Capturés ? Autre?

    Vivement la suite je suis friand.
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    Message par KL44 le Dim 27 Jan - 22:11

    Merci beaucoup, c'est gentil ! Heureux que cela te plaise.

    Voici la suite.

    -----------------------------------------------------------


    CHAPITRE 3
    Un entraînement pour une mission suicide
     
     
       Le lendemain matin, un coureur en jogging bleu marine et encagoulé trottait pour se remettre en forme.
    John Scott avait confié Naomi à Alpha pour honorer son entraînement quotidien dans les corridors montagneux bordant la base à la couleur virant à l’ocre.
    Il savait que le jour de son retour au combat approchait, plus d’une dizaine d’années après ses précédentes actions aux côtés de son guide d’Eltar tuyauté.
     
       Sa condition physique n’était plus celle d’il y a une quinzaine d’années. La carrure de boxeur ayant la fleur de l’âge avait laissé place à un ventre légèrement bedonnant et des muscles partiellement flasques.
     
       Au programme du jour : de la course à pied, un peu d’escalade et plusieurs dizaines de pompes disséminées entre les épreuves qu’il s’imposait.
    Il savait que cela n’aidait pas à garder un rythme de course optimal, mais John aimait parler pendant ses enjambées :
       - Tu dois… regagner… une morphologie… digne de ce nom… pour affronter… les ennemis.
    Il arriva devant une falaise grisonnante, rendue humide par une récente pluie fine : il en profita pour extraire une bouteille d’eau presque pleine et boire une petite gorgée.
       - Cet endroit…
    Sur la roche, un impact de lasers rappelait qu’en ces lieux, il y avait eu des combats. John s’arrêta quelques instants :
       - Cette trace ! Je m’en souviens… comme si c’était hier.
    Il resta un long moment à se remémorer ces souvenirs d’une bataille brillamment menée, jadis, et d’une victoire capitale.
    De sa victoire capitale.
     
    ***
     
       Sariu et le Seigneur Zedd venaient d’accueillir un nouveau groupe de soldats plutoniens surentraînés et motivés à l’idée d’aller mater du terrien. Leurs pas lourds sur le parquet en bois spatial résonnaient dans le long couloir menant à la salle principale du palais Lunaire.
       - Avec ces nouveaux renforts, nous devenons chaque jour plus puissant, déclara Sariu.
       - Nous serons bientôt invincibles.
       - Oui, mon ami, notre victoire finale se dessine progressivement. Nos plans fonctionnent très bien. Mes armées prennent peu à peu possession des rues d’Angel Grove. Une fois que le terrain sera bien quadrillé, nos meilleurs éléments passeront à l’offensive : Scorpina, Goldar…
       - Tu es sûr que tu veux envoyer Scorpina et Goldar mener des attaques ? Ils sont tellement idiots, qu’ils ne trouveraient pas leurs cerveaux même s’ils étaient assis dessus !
       - Tout le monde sera utile, mon ami. Je pense pouvoir leur faire confiance.
    Le Seigneur Zedd ne  l’avouerait pas franchement, mais il n’était pas d’accord avec le prince de Pluton.
       - Il nous reste des combattants de talent dans nos rangs. La Zeo Ranger d’Argent, par exemple.
       - La Zeo Ranger d’Argent a certifié qu’elle avait éliminé le Ranger Blanc. Elle a échoué, car il est toujours en vie quelque part sur cette planète bleue. Je ne remets pas en cause ses talents, mais elle m’a menti. Cette humaine m’a menti.
       - Comme tu veux.
       - Et, plus récemment, sans l’intervention de mes soldats, elle aurait été incapable de transférer deux des trois anciens Rangers : Rocky et Aisha.
    Le duo arriva à hauteur de Finster, visiblement ravi de présenter deux de ses dernières monstruosités, encore sous forme d’argile, mais qui n’attendaient qu’une cuisson al dente.
       - Finster, mon ami ! Tu as terminé les guerriers ?
       - Oui, mon prince ! Et ils vont vous étonner ! Le premier d’entre eux est le Bullzer ! C’est une vieille connaissance que les humains et nos lecteurs avisés connaissent bien et qu’il n’est plus utile de présenter, si ce n’est qu’il fait partie des aliens les plus agressifs que j’ai pu créer.
    Le Bullzer ressemblait à un kaiju bien connu, auquel avait été ajouté une armure.
       - Bien ! Et le second ?
       - Le second alien est inédit. J’ai testé quelque chose de complètement nouveau, une sorte de mix de deux têtes d’affiches : le Tengatrouilleur ! Un savant mélange de la souplesse des patrouilleurs, mêlé à l’agressivité du tenga.
    Le modèle encore miniature alliait déjà quelques éléments, tels que les ailes collées sur un corps d’apparence humanoïde.
    Le Seigneur Zedd ne cacha pas sa perplexité :
       - Tu crois que ces deux trucs vont réussir ne serait-ce qu’une seule chose de bien ?
       - Je le crois vraiment, d’autant plus que l’acier recouvrant le Bullzer le rendra quasiment indestructible ! Quant au Tengatrouilleur, plus il sera frappé, plus il produira de cellules créant des patrouilleurs et des œufs à volonté, décuplant ainsi le nombre d’assaillants !
       - Il puise sa force dans les coups qu’il reçoit… intéressant, félicita Sariu. Il nous faudra au moins ça lorsque nous retrouverons Tommy Oliver. Il est si puissant que si sa force peut se retourner contre lui d’une manière ou d’une autre, je suis preneur.
    Finster annonça qu’il allait finaliser les deux monstres et s’inclina, avant de se retirer vers son laboratoire de fortune.
     
       Les soldats plutoniens furent invités à prendre la direction des sous-sols pour rallier les campements provisoires avant le départ vers la Terre. Sariu alla observer sa nouvelle planète tant désirée du balcon. Rita, obnubilée par son télescope, observait également.
       - Planète Terre, tu es nôtre, chaque jour un peu plus, ricana Rita.
    Zedd était préoccupé : un détail lui échappait.
       - Sariu, j’ai une question à te poser. Pourquoi n’as-tu pas avoué à la Zeo Ranger d’Argent que Tommy était toujours en vie ?
       - Et bien, je ne lui ai rien dit car lorsque nous retrouverons Tommy Oliver, j’utiliserai notre Zeo Ranger et je ferai en sorte qu’elle tombe face à lui, et qu’elle ressente de la haine mais aussi une certaine honte de ne pas avoir réussi à l’éliminer. Elle croit avoir réussi, et elle tombera de haut. Cela éveillera ainsi sa soif de vengeance, et elle deviendra encore plus puissante. Les humains sont si sûrs d’eux… ça me donnerait presque envie de vomir dans le tube de Zordon.
       - Bientôt, mon ami ! s’exclama Zedd, en brandissant son sceptre au-dessus de sa tête.
    Rita confirma :
       - Oui, très bientôt, sans doute dans la prochaine nuit terrestre si l’on se réfère au fuseau horaire d’Angel Grove.
       - Nos censeurs indiquent que le bouclier du centre de commandement de Zordon est pratiquement opérationnel. Plus il sera rechargé, plus nous pourrons puiser de l’énergie et il deviendra notre station-service locale, approvisionnant nos vaisseaux et le Dragonzord.
    Rita poursuivit les explications :
       - Nous savons que chaque nuit vers une heure du matin, heure terrestre, la génération du bouclier est stoppée, sans doute pour laisser reposer les machines. Cela dure moins d’une dizaine de minutes, mais ça nous laisse une bonne fenêtre pour accéder au centre.
       - Une fenêtre ? Je préfère passer par une vraie porte.
       - Baboo, tais-toi s’il te plaît !
    Le bipède bleuté au monocle quitta les lieux et alla rejoindre Squatt au second plan.
     
       Rita Repulsa resta de longues minutes à espionner le centre de commandes. Comme chaque jour depuis le début de l’envahissement, elle ne découvrit rien de particulier, et observa non sans dégout le vol de corbeaux ou les rares passages de rats ou autres rongeurs.
    Mais à cet instant, point d’oiseaux ni le moindre animal ne l’interpella.
       - Tiens, c’est qui, celui-là ?
    Le Seigneur Zedd se retourna vers sa femme, sans vraiment exprimer de curiosité pour le moment, jusqu’à ce que…
       - Il a l’air louche. Il s’est arrêté devant un rocher abîmé, et il s’entraîne. Il fait des mouvements de ninja, comme des arts martiaux, mais tout seul.
       - Au moins, ce n’est pas un Power Ranger, balança Zedd.
       - Non, et ce n’est pas Tommy non plus. Ce gars est un peu plus gros.
    Rita régla le zoom et la netteté du télescope.
       - Je n’arrive pas à voir son visage car il porte une cagoule. Qu’est-ce qu’il veut cacher, cet idiot ?
     
       Au bout d’une demi-heure, ne le voyant pas quitter l’endroit observé, Rita, qui n’avait cessé de pester, perdit patience.
       - Il n’a pas d’autre endroit pour s’entraîner, franchement ? Il commence à m’agacer, ce pauvre type !
    Zedd perdit patience, tendit le Z de son sceptre au-dessus de la barrière du balcon et lança des éclairs vers la Terre.
       - Il t’agace, et tu m’agaces, Rita. Je lui envoie de quoi le faire fuir !
     
    ***
     
       La pluie avait fait son apparition, plus discrètement que la douzaine de patrouilleurs qui encerclèrent John, qui s’était félicité de ne pas être atteint de troubles cardiaques.
       - Tiens… on dirait que l’un de mes vieux ennemis m’envoie de la compagnie.
    Les patrouilleurs déambulaient : l’attaque était imminente.
       - C’est le moment de vérité : nous allons voir si je suis rouillé, ou si je sais encore me défendre !
    Il plaça une jambe en appui en arrière, et l’autre en avant, le genou plié à trente degrés. Il mit ses mains en position et serra les poings.
       - C’est parti.
    Le premier coup de poing expédia un patrouilleur dans le monde des démembrés. Un second succomba, victime d’un pied sauté peu élégant, qui rappela à John qu’il n’avait plus vingt ans, ni trente, et que même ses quarante printemps se faisaient loin.
    Deux patrouilleurs attrapèrent chacun de ses bras, mais il réussit à effectuer une pirouette vers l’avant : il catapulta celui de gauche dans la caillasse, tandis que l’autre alla embrasser le sol après avoir reçu une belle béquille.
       - Mais vous êtes… toujours… aussi pathétique !
    John avait si chaud qu’il transpirait du crâne à grosses gouttes. Il retira sa cagoule et reprit ses mouvements.
       - Venez mes petits amis, venez prendre la raclée de votre vie et rejoindre le royaume de tous vos compagnons, lamentablement morts au combat. Les Scott n’ont pas fini de vous faire mordre la poussière.
     
    ***
     
       - Enfin ! Le combattant mystérieux a retiré sa cagoule et nous dévoile son visage. Et il m’est inconnu.
    Suite à cette déclaration de Rita, le Seigneur Zedd activa sa vue de longue distance et émit un halo rougeâtre vers le lieu des hostilités.
       - Il ressemble à Jason. Le même style et la même sale gueule. Sariu, je t’invite à venir voir. Ce qui se passe en bas… ça pourrait t’intéresser.
    Sariu posa son écran interactif tactile de mise en place stratégique, et se déplaça vers le télescope, une coupe de boisson sans eau à la main.
       - Un individu qui élimine des patrouilleurs sans difficulté… oui, il faudrait penser à mieux les entraîner. Mes plus féroces soldats pourraient s’en charger.
       - Concentre-toi davantage sur l’homme !
    Blasé du niveau des sbires gris de son homologue, il passa à un tout autre état lorsqu’il le reconnut sans le moindre doute permis.
       - Non…
    Des souvenirs lointains refirent surface. Peu de bons souvenirs : des combats acharnées, une bataille vaine, et un chantage qui n’avait pas fonctionné pour retrouver la fameuse plantation des anges.
       - John Scott… JOHN… SCOTT !!!
    Sariu passa du jaune vif au jaune orangé, synonyme de colère intense. Il brisa la coupe en verre, libérant son contenu.
       - Cet imbécile est encore en vie, comment est-ce possible !!! Mes sbires m’avaient garanti qu’il avait été tué lors de notre dernier départ de Hill Valley ! Comment mes soldats ont-ils pu me mentir !!! Comment, et pourquoi !!! POURQUOI !!!
       - Je ne comprends pas ce que tu racontes, balbutia Rita. 
       - C’est normal ma chérie, tu faisais du tourisme dans une poubelle à cette époque, répondit calmement Zedd.
    Même s’il n’avait clairement pas participé aux recherches de 1983, Zedd avait pu échanger avec Sariu à cette époque : il connaissait les péripéties de cet hiver rugueux et tragique pour les effectifs d’une armée plutonienne bien trop sûre d’elle.
       - J’avais envoyé un vaisseau de recherche pour les boîtes Nazca. L’un d’eux a été anéanti mais quatre plutoniens ont survécu. Parmi eux, le général PR13, deux sous-officiers et un androïde Plutonator sont ensuite allés rendre une visite à John Scott. L’un des sous-officiers a réussi à revenir sur Pluton et à son retour, il m’a certifié que John avait été éliminé après avoir assassiné de sang-froid les trois autres.
    Sariu asséna un puissant coup de poing sur la rambarde du balcon qui s’en retrouva partiellement tordue.
       - Comment a-t-il pu me mentir…
    Il se retourna, toujours aussi furieux, vers l’un de ses agents :        
       - Officier, allez me chercher le général PR33. J’ai une dernière mission très importante pour lui.
    Rita était curieuse :
       - Quelle mission vas-tu lui confier ?
       - Ce n’est pas qu’une mission : je lui offre le droit de réparer son erreur. Il va pouvoir liquider John Scott, une bonne fois pour toutes. Et cette fois-ci, je l’observerai : il ne pourra pas me mentir, comme lorsqu’il était le seul survivant de cette mission à Hill Valley et qu’il n’était qu’un misérable sous-officier.
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    Message par KL44 le Ven 1 Fév - 14:56

    La suite ! Et ça ne s'arrange pas pour les forces vives du bien...

    ----------------------------------------------------------------------


    CHAPITRE 4
    Un entraînement pour une mission suicide
     
     
       A des kilomètres du centre de commandes, Adam avait eu le temps de fuir suffisamment loin et de se réfugier dans un café encore ouvert malgré les évènements.
    Hasard heureux, Jessica Revlis était également à l’intérieur du commerce, à siroter un thé vert. A sa vue, elle lui avait payé la boisson de son choix, estimant qu’elle avait, en tant que citoyenne lambda, une dette envers lui. Une dette qu’elle pensait soldée quelques dizaines de minutes plus tôt, lorsqu’elle l’avait un peu volontairement laissé fuir de la menace alien.
       - Cette situation de siège est insupportable, déclara Adam, qui avait expliqué ses péripéties récentes sans savoir que Jessica les avait également vécus, mais dans l’autre camp.
       - Je pense que d’une façon ou d’une autre, tout cela sera bientôt terminé.
       - Je l’espère… ça ne peut plus durer. Il y a de plus en plus de morts, et des blessés. Parmi eux, des femmes, des hommes, mais aussi des enfants. Tu te rends compte, Jessica, des enfants ! Ces gens là-haut… et cette sorcière, ils s’en prennent aux plus jeunes !
    Jessica découvrit un Adam dépité, souffrant, et triste, loin de l’image du héros courageux qu’il avait récemment dégagé. Et cette sensibilité, venant pourtant d’un ancien Ranger et de fait de l’un de ses ennemis déclarés, ne la laissait pas indifférente.
       - Le combat n’est pas équitable, poursuivit Adam. Ces forces maléfiques attaquaient déjà à cent contre six lorsque les Power Rangers étaient encore présents. Sans eux, le rapport de force est passé à mille contre rien, ou si peu. Toutes les armées du monde ne seraient pas suffisantes pour lutter à armes égales. Non, ce n’est pas équitable.
    Jessica touilla son thé de plus en plus vite, et se perdit dans quelques pensées lointaines…
     
       « - Bonjour jeune demoiselle, où vas-tu ainsi ?
       - Mon papa m’a toujours dit de ne pas parler aux inconnus.
       - Et ton papa a raison. Mais je ne suis pas menaçante, Jessica.
       - Comment connaissez-vous mon prénom ?
       - Je suis comme qui dirait, un parent éloigné. Une tante qui ne te veut que du bien.
       - Je ne connais pas de tante qui… »
      
       - Jessica, tout va bien ? s’inquiéta Adam.
       - Oui, pourquoi ?
       - Tu avais l’air d’être perdue dans tes pensées.
    Jessica chassa ses souvenirs et reprit toute son attention et son naturel.
       - Oui, je pensais… à tout ce que tu as dit. Cette situation est insoutenable.
       « Insoutenable pour ma reine, pour mon seigneur, pour… Pluton », pensa-t-elle.
    Jessica termina sa boisson chaude.
      
       Adam prenait davantage de temps : stressé, nerveux, il était au bord des larmes à la simple idée que les plutoniens puissent torturer ses amis, que ce soit les six Rangers disparus, ou Rocky et Aisha.
     
       Adam savait qu’il existait des solutions de défense sur lesquelles Zordon et Alpha travaillaient corps et âme, mais il n’était pas dans la confidence la plus totale. Chaque moment passé au sein de la base le rassurait un tantinet, mais chaque retour à la réalité dans cette ville d’Angel Grove en perdition l’attristait, avec en guise de summum de la colère et du manque, la disparition de tous ses amis.
    Mais il retrouvait, en Jessica, un peu de réconfort malgré les tourments. Cette jolie brune au teint hispanique était à son écoute, et en ces moments de turpitudes, il se sentait rassuré.
       - J’ai vraiment cru que mon heure était passée, mais la Zeo Ranger n’a pas eu le temps de m’attraper, ni ses amis jaunes d’ailleurs. On aurait presque pu croire qu’elle avait fait exprès de me laisser fuir.
       - Tu… tu crois ?
    Jessica n’arrivait pas à statuer sur cette option : avait-elle laissé fuir Adam délibérément ? Elle savait au plus profond d’elle que c’était possible, et que cette alternative était plus digne que celle où elle aurait échouée en voulant le retenir.
       - Je ne sais pas, Jessica, mais elle n’a pas cherché à me retrouver. Pourtant, je n’étais pas caché très loin. J’étais monté dans un autobus abandonné.
    Adam avait regretté que la téléportation fût ponctuellement inactive en raison de l’utilisation à d’autres fins de l’énergie du centre de commandes.
       - Heureusement, tu t’en es sorti, murmura Jessica, épatée par le calme de son interlocuteur malgré les évènements, et réellement sincère, elle qui ne voulait pas voir les plutoniens réussir leur mission à cent pour cent.
     
       Elle avait l’opportunité de transférer Adam au palais lunaire.
    Mais elle appréciait Adam malgré l’adversité, et le rapport de force n’était pas équitable, et contraire aux quelques valeurs qui rythmaient encore son quotidien.
    Et elle n’oubliait pas qu’il lui avait sauvé la vie.
       « Rejoins-nous, rejoins notre cause. Nous lutterons à armes égales contre les Rangers et leur philosophie de défense de ce qu’ils considèrent comme leur monde ».
    Elle fut coupée dans ses pensées par la vibration brève de son communicateur : elle recevait une émission provenant de la Lune.
       - J’avais oublié… je dois y aller, je dois m’assurer… que ma mère va bien. Elle est seule, et je dois m’assurer que tout se passe bien.
       - Je comprends. Va auprès des tiens.
    La phrase d’Adam la troubla au plus haut point.
       - Merci… j’aurai vraiment aimé rester à cette table un peu plus longtemps… mais j’ai des obligations, je suis vraiment désolée…
       - Ne t’en fais pas Jessica, on va forcément se revoir très vite.
    Le communicateur de la jeune femme au double jeu vibra de nouveau, l’intensité allant crescendo.
       - Au revoir Adam.
       - Au revoir.
    Timide, et perturbé, Adam la regarda s’éloigner et franchir la porte vitrée du café. Il aurait adoré l’embrasser.
    C’est elle qui fit le premier pas, après être revenue dans le café. Elle lui adressa un baiser sincère et fit demi-tour sans ajouter le moindre mot, et laissant Adam groggy.
     
       Une fois dehors, Jessica mit de côté ses émotions et ses sentiments et parla dans son communicateur :
       - Je vous écoute.
       «  Tu en as mis du temps à répondre », répondit la voix de Sariu.
       - Que puis-je faire pour vous ?
       «  Le temps est venu pour toi de revenir dans la partie, montrer l’étendue de tes talents. Rends-toi aux abords du centre de commandes, approche-toi de la zone montagneuse au sud-ouest, et transmute-toi. Nous avons un nouvel obstacle à écarter ».
     
    ***
     
       John devait encore en découdre avec quatre patrouilleurs, résistants malgré quelques glissades causées par la pluie d’intensifiant.
       - Bientôt, vous ne serez plus que la poussière !
    Mais un débarquement inattendu attira son attention : encadré par Baboo et Squatt, une vieille connaissance apparut.
       - Pincez-moi… officier P33…
       - John Scott… tu es encore présent sur ce maudit caillou bleu… et maintenant c’est général PR33.
       - Sariu t’a monté en grade malgré ta maladresse et ton manque criant de charisme ? Tu étais une vraie poule mouillée.
       - La ferme ! Je n’étais certainement pas une poule mouillée !
       - A l’époque, tu n’étais pas mouillé, mais là, tu vas l’être, vu l’averse qu’on va se prendre sur la tronche !
    Le général PR33 avait bien senti quelques picotements sur les parties découvertes de son bras, mais il ne pleuvait pas encore suffisamment pour provoquer des dégâts irréversibles.
    Il lança une communication avec son prince :
       - Maître Sariu… je ne peux pas attaquer… les conditions météorologiques ne le permettent pas vraiment.
       « Redouterais-tu la pluie ? » répondit Sariu via un communicateur au volume sonore si puissant que la voix démoniaque du leader plutonien semblait venir des façades rocheuses.
    John se souvint : les plutoniens ne peuvent pas entrer en contact avec l’eau, sous peine de perdre la vie !
       - Maître, bien entendu que je redoute l’hydrogène… les gouttes me brûlent… et l’ancien agent de Zordon, cette enflure de John Scott, me regarde…
       «  JOHN SCOTT ? C’est impossible, général, je pensais qu’il était mort ? »
       - Salut Sariu, non, je ne suis pas mort, en tout cas pas encore. Par contre tous les patrouilleurs que tu m’as envoyés le sont !
       «  Ce ne sont pas MES patrouilleurs ! John Scott, ton compte viendra bientôt !!! Quant à toi, général PR33, je suis extrêmement déçu. Tu m’as menti il y a quatorze ans. Tu m’avais assuré que John Scott était mort. Vous n’avez pas éliminé John Scott ».
    Le général PR33 se sentait de plus en plus faible au rythme des gouttes s’incrustant entre sa combinaison et sa peau. Il s’apprêta à quitter la zone et se téléporter vers la Lune mais…
       « PR33, je t’interdis FORMELLEMENT de revenir ! »
       - Mais, mon prince, je vais mourir si je reste là…
       « Si c’est ton destin, c’est tout simplement la conséquence de ton mensonge. On ne me MENT pas, on ne me TRAHIT pas. Sinon, on en accepte les conséquences ».
    John Scott n’avait jamais connu Sariu aussi ferme et tyrannique avec ses soldats.
       - Oh dis donc, ça chauffe pour son matricule, s’inquiéta Squatt.
       - Tu veux plutôt dire que ça mouille pour son matricule, corrigea naïvement Baboo. Le feu ça brûle, et l’eau ça mouille.
     
       Une dizaine de mètres en contrebas, Jessica apparut après une téléportation des plus abouties et se cacha derrière un parapet rocheux et se transmuta :
       - Zeo Ranger Sept, à moi le pouvoir !
    Sans ressentir la moindre peur, elle activa son morpher et revêtit la tenue argentée lui procurant les pouvoirs démoniaques.
       - Allons voir de quel obstacle il s’agit. Si j’ai été appelé, c’est qu’il doit y avoir des ennemis à anéantir, et que l’armée plutonienne ne suffit pas.
     
       Quelle ne fut pas sa surprise de voir un seul individu encerclé par les deux trublions de Rita et un général en bien mauvaise posture.
       - Je ne comprends pas… il faut être quatre pour bousiller cet homme ?
    Une certaine perplexité l’envahit, lorsque Sariu communica via les appareils destinés à cet effet :
       «  Zeo Ranger, laisse-moi te présenter John Scott. C’est un ancien combattant de Zordon, mais c’est également le père de Jason, le Ranger Rouge. John a été un vaillant combattant, mais sans armure de combattant, il n’est rien ».
       - Je suis enchantée de te rencontrer quelques minutes avant ton décès, John Scott.
       - Tout le plaisir est pour moi, répondit sèchement John qui resta sur ses gardes, prêt à bondir ou à s’enfuir, suivant la réponse qu’il allait obtenir de Zordon dès qu’il aurait l’occasion de lui poser la question cruciale.
    Sariu reprit la parole :
       «  Zeo Ranger, laisse-moi également te présenter le général PR33, l’un de mes plus prestigieux serviteurs. Il a mené de belles attaques, mais il m’a aussi trahi. Jadis, il avait pour mission d’éliminer John Scott. En rentrant sur Pluton, ce général qui n’était encore s’un sous-officier, était le seul rescapé. Rentré en héros, il mentit et certifia que John Scott avait été éliminé. Et sans aucun remord, il a réussi à vivre avec ce mensonge. Alors aujourd’hui, il va payer de sa personne. PR33 ne supporte pas l’eau. Il pleut, il doit éliminer John Scott. Tant que John Scott sera en vie, PR33 restera sur Terre, sous cette pluie.
    Le général souffrant se sentit faible, mais il avait reçu le message : il devait attaquer coûte que coûte pour espérer survivre.
       - Mais, mon prince…
       «  Il n’y a pas de « mais mon prince ». »
    John profita de ce moment pour tenter d’entrer en contact avec Zordon, mais le signal ne fonctionnait pas.
     
    ***
     
       - Alpha, as-tu réussi à localiser la cause de cette panne ?
    Zordon était très embarrassé : le système de surveillance de la base était inopérant depuis de trop longues minutes.
       - Aie aie aie aie aie, Zordon ! J’ai localisé le problème : nous avons été piratés !
       - Nul doute qu’il s’agisse d’un coup de Sariu. Alpha, téléporte John et Adam immédiatement.
    Alpha tapota sur quelques gros boutons colorés :
       - J’ai localisé John et Adam, mais impossible de les téléporter. La régénération de notre projet d’armement est trop gourmande en puissance.
    Alpha se tourna vers la boîte digitale : quatre-vingt-quinze pour cents.
       - Zordon, si nous forçons la téléportation, la régénération va arrêter de progresser, au risque de repartir de zéro. Aie aie aie aie aie !
    Zordon savait qu’il devait prendre une décision, et les conséquences étaient multiples.
    S’il téléportait John et Adam immédiatement, le péril serait immensément probable car la régénération serait stoppée, amoindrissant l’espoir d’un sauveur pour la planète.
    Mais il sauverait ses deux alliés.
     
    ***
     
       John n’arrivait pas à contacter Zordon, ni Alpha.
       - Répondez, je vous en supplie, tenta-t-il de nouveau, profitant de la dissertation de Sariu envers la mystérieuse Zeo Ranger.
       « Zeo Ranger d’Argent, voici le châtiment réservé à celles et ceux qui me trahissent, sans distinction d’espèce ou de sexe. J’accorde ma confiance tant qu’elle est justifiée ».
    Elle ne comprit pas le message : elle n’avait pas rapporté la plantation des anges lors de son intrusion au centre de commandes, mais elle n’avait commis aucune autre erreur. Elle avait même éliminé Tommy, chose que personne avant elle n’avait réussi à accomplir malgré la centaine de tentatives !
       - Oui, je l’entends bien !
    Elle comptait bien lui prouver qu’elle était digne de faire partie de l’élite des forces du mal.
       «  Très bien. Assez parlé, éliminez-le. John, ta fin n’a jamais été aussi proche. »
       - Merci Sariu, tu es trop aimable.
       «  Ne fais pas le malin. Sans tes pouvoirs, tu n’es rien. »
       - C’est vrai. Mais à quatre contre un, je ne suis pas grand-chose non plus. Quel est le mérite d’un tel rapport de force démesuré ?
       Le ton de Sariu devint plus grave.
       « Le même mérite de voir six Power Rangers contre un alien. Le même mérite, jadis, de voir trois jeunes effrontés nous tenir tête. »
       - Quelle rancune…
       « Faites-le taire, à jamais ! Terminé. »
    John ne pouvait fuir : il était encerclé, et la Zeo Ranger d’Argent se rapprochait lentement mais sûrement, boomerang à la main.
    Il tenta une ultime fois d’établir un contact avec la base :
       - Zordon… Alpha… si vous m’entendez, c’est le moment ou jamais de me téléporter… sinon, je ne vais pas avoir le choix de…
    Il fut coupé par la Ranger ennemie.
       - Je ne sais pas ce que tu baragouines, mais nous avons reçu l’ordre de te tuer.
       - Oui… et nous… allons… le faire… balbutia le général PR33, qui sentait le bout de ses doigts se dissoudre non sans une douleur irritante, pendant que la main encore intacte s’armait d’un blaster à cadence rapide.
    John réfléchit et eut une idée, en un éclair.
    Il se précipita pour attraper la bouteille d’eau derrière lui, en fit sauter le bouchon et aspergea le soldat plutonien d’eau au niveau de la tête.
       - AHHHHHHHHH !!! hurla le général, dans une ultime souffrance qui le conduirait inéluctablement vers la mort.
       - Oh, il a arrosé le plutonien, et ça a l’air de piquer ! commenta Squatt.
    Déconcentrée, la Zeo Ranger recula d’un cran, laissant John se précipiter vers l’issue proposée malgré lui par le désormais mutilé PR33.
     
       Mais John n’était pas tiré d’affaire. La Zeo Ranger d’Argent courut vers lui, et prépara son lancer de boomerang qui pourrait, avec un maximum de précision, faire mouche.
       - Tu ne m’échapperas pas ! Boomerang laser !
    Et elle lança l’objet qui prit la direction de John, telle une tête chercheuse.
     
       John Scott n’avait plus d’autre choix.
    Mais les propos de Zordon résonnaient l’espace de quelques secondes, à propos de ce qu’il pourrait entreprendre pour échapper à la mort, à très court terme.
       C’est une tâche relativement complexe qui suit son cours, et nous ne pouvons pas prendre le risque de la squeezer et d’en payer les conséquences.
    Malgré la vingtaine de mètres qui le séparait de la Zeo Ranger d’Argent, il entendit le souffle strident du boomerang qui arrivait à vive allure.
       - Je n’ai plus le choix. On ne doit pas être à cent pour cent, mais je n’ai pas le choix.
    John sortit un objet rectangle gris et rouge de la poche arrière de son sac. De l’envergure d’une calculatrice scientifique, l’objet disposait d’un réceptacle à pile, d’une antenne escamotable qu’il déplia, et surtout, d’un médaillon doré représentant une tête de tyrannosaurus rex.
    John appuya au centre du médaillon et orienta le rectangle électronique vers l’avant.
       - J’en appelle à la transmutation !
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    Message par KL44 le Mar 19 Fév - 11:56

    La suite !

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    CHAPITRE 5
    Le retour du prototype
     
     
       - John, les citoyens d’Angel Grove comptent sur toi pour que l’année 1982 s’achève sans drame. Tu vas sauver cette ville et la Terre. Et lorsque les autres médaillons seront prêts, vous pourriez être cinq à défendre la paix.
       - Mais Zordon, tu es sûr que ça ne fait pas mal ? Ce que tu appelles… transmutation, ce n’est pas risqué ?
       - Non, John. La transmutation est indolore. La combinaison va recouvrir l’intégralité de ton corps, et le casque va apparaître sur le gant de ta main droite. L’équipement te rendra invulnérable contre les attaques ennemies. Tu ressentiras très peu de douleurs.
       - Merci Zordon, merci Alpha 5. Maintenant, il faut que j’active ce petit boîtier.
       - Il faut appuyer sur le médaillon et invoquer la transmutation grâce au tyrannosaure. Aie aie aie, tout cela est si excitant !
       - Que la force du zord tyrannozord te protège, John.
       - J’appuie sur le bouton, et… transmutation ! Tyrannozord !
     
       - TYRANNOZORD !
    Les images avaient défilé, mais la sensation était intacte : celle d’une renaissance sous une combinaison de guerrier, lui qui naguère avait grandi avec les comics de Flash, Batman ou d’autres justiciers, avant de devenir malgré lui un héros local.
    Point de rouge flashy, ni de costume de chauve-souris : sa combinaison se composait d’un pantalon adapté de couleur grise avec deux liserés rouges au-dessus des bottes blanches similaires à celles du Ranger Rouge, à l’instar des gants. Le haut voyait se côtoyer le gris, à droite, et un éclair rouge, majoritaire du thorax à la ceinture.
     
       John enfila le casque manuellement : la technologie d’antan, non retravaillée, ne permettait pas la mise en place directement sur la tête.
       - Et me voilà maintenant complètement équipé.
    Il clipsa les attaches du casque qui ressemblait trait pour trait à celui qu’avait l’habitude de revêtir son fils, sauf que là-encore, un gris grossier dominait par rapport au rouge. Mais l’évocation esthétique du dinosaure était bel et bien là.
       - Maintenant, les choses sérieuses commencent. Viens, Ranger du mal, viens, je t’attends !
     
       Sous son casque Zeo, Jessica sourit d’un air ravi : elle venait enfin de trouver un adversaire à sa mesure. Le général plutonien agonisant à-même le sol, Squatt et Baboo demeurant inoffensifs, un combat en un-contre-un se profilait.
     
    ***
     
       Dans le centre de commandes, une alarme plus grave sonna, apportant une bonne nouvelle aux occupants.
       - Aie aie aie ! C’est un miracle !
       - Alpha, peux-tu me confirmer que…
       - Oui Zordon ! La téléportation d’urgence est de nouveau fonctionnelle !
       - Active-là immédiatement !
    Alpha se tut et appuya sur le bouton forçant la manœuvre.
     
       Il ne fallut pas plus de deux secondes pour qu’apparaisse John et cinq pour qu’Adam en fasse de même malgré lui, au centre de la salle.
       - Alpha, Zordon ! Que se passe-t-il ? Et qui est ce Ranger ?
       - Ce Ranger n’est autre que…
    La réponse ne se fit pas attendre : John retira son casque.
       - John ! Un Power Ranger ? C’est une sacrée surprise !
       - Techniquement je ne suis pas un Power Ranger. A l’époque, nous n’avions pas de nom. Nous étions des justiciers colorés, comme titraient les journaux. Bref, je ne suis pas mécontent d’être ici. J’ai fait le coq devant cette Zeo Ranger, mais je ne suis pas certain que je l’aurai si facilement envoyé au tapis.
    Zordon était pensif, mais il les accueillit tout de même avec un soulagement certain.
       - Adam, John, bienvenue à vous deux. Adam, sais-tu où sont Rocky et Aisha ? Nous n’avons pas réussi à les localiser.
     
       Adam raconta les derniers rebondissements vécus, et laissa ses interlocuteurs outrés et décontenancés. Il fit en revanche l’impasse sur l’aspect un peu moins négatif avec le baiser offert par Jessica : ils n’avaient pas besoin de savoir.
       - C’est dramatique… souffla John.
       - Aie aie aie aie aie aie aie... murmura Alpha.
       - Avec tant de faits en notre défaveur, je ne vois pas comment nous pouvons nous en sortir, regretta Adam, dépité.
    Zordon n’était pas vraiment rassuré, mais il ne devait pas montrer la moindre résignation : il n’aimait pas le terme, mais il se savait en quelque sorte le guide des Rangers. Mais, comme tout meneur, il avait encore de l’espoir.
       - La situation est critique. Mais rien n’est perdu pour autant. L’enlèvement de Rocky et Aisha est tragique, mais nous avons retrouvé un protecteur : John.
       - Je suis prêt, Zordon. Je me sens bien, comme si cet uniforme m’offrait une seconde jeunesse.
     
    ***
     
       Au retour de la Zeo Ranger d’Argent au palais lunaire, Sariu était paré d’une colère noire et contagieuse qui faisait frémir les murs.
       - Je ne peux concevoir un tel échec alors que John Scott était largement à portée de crime !
       - Je ne pouvais pas savoir qu’il avait le don de se transmuter !
       - Et moi, comment je pouvais savoir qu’il était encore en vie ! Maintenant, il va pouvoir dévoiler notre faiblesse vis-à-vis de l’eau au monde entier ! On n’avait pas besoin de ça !
    Au milieu de cette tension et voyant sa protégée se faire vilipender par un allié de longue date, Rita ne savait plus trop sur quel pied danser.
       - J’ai une Ranger à mes services, j’attends d’elle qu’elle soit irréprochable et qu’elle réussisse ses missions !
    Jessica aurait tellement voulu l’inviter à effectuer les opérations sur le terrain lui-même, mais elle n’osa pas, et le laissa poursuivre son courroux.
       - Alors écoute-moi bien, Jessica Revlis. Après une punition à hauteur de ton échec, je vais t’attribuer une dernière mission que tu devras absolument accomplir. Une mission deux-en-un : apporte-moi John Scott mort ou vif, puis élimine Adam Park ! Ce garçon a réussi à se cacher jusqu’à présent, mais il ne nous est d’aucune utilité. Utilise autant d’aliens ou de patrouilles que tu voudras. Agis avec mes sous-fifres si tu le souhaites.
       - Et après ?
       - Effectue cette mission, et on verra ce que je déciderai pour toi, selon ta réussite ou ton échec. J’ai bien d’autres choses à faire que de discuter de ton avenir. J’ai des attaques à gagner, moi.
    Sariu avait failli oublier un détail :
       - Pour ta punition, tu es condamné à errer dans la dimension noire jusqu’au prochain lever de jour terrien sur Angel Grove.
     
       Malgré son casque, Jessica ne lâcha pas le regard et fixa Sariu jusqu’à ce qu’il rebrousse chemin.
    Elle regretta la passivité de Rita, qui préféra contempler les cristaux Zeo enfermés dans un champ de force, et trônant tel un bibelot sur une cheminée.
     
       « - Je suis comme qui dirait, un parent éloigné. Une tante qui ne te veut que du bien.
       - Je ne connais pas de tante qui vous ressemble.
       - C’est parce que tu ne m’as jamais vu, Jessica. Mais moi, je veille sur toi depuis très longtemps. Et crois-moi, dans ces temps difficiles pour toi, je continuerai de veiller sur toi.
       - Mais je ne vous connais pas. Et en plus, vous êtes habillée bizarrement. Vous ressemblez à une sorcière.
       - Tu apprendras à me connaître. »
     
       Jessica retournerait sur Terre accomplir sa mission, et sans aide.
    Pour un combat équitable.
     
    ***
     
       Zordon et John avaient tout expliqué à Adam.
    Au début des années quatre-vingt, plusieurs tentatives de récupération de la fameuse plantation des anges avait été diligentée par la principauté plutonienne. Devant une telle menace, Zordon et Alpha avaient quitté leur veille active et activé les médaillons encore en préparation, et divulguant des pouvoirs à celui qui s’en servirait. Puis il avait missionné des jeunes courageux et forts.
     
       Le premier individu sélectionné avait été John Scott : grand espoir local de multiples sports de combat, Zordon l’avait suivi depuis son plus jeune âge. Et il avait rudement bien fait.
    Avide de défis et de loyauté, John accepta sans hésiter la mission de défenseur de la Terre, et il mena avec brio ses premières missions.
    Mais très vite, trop vite, les vagues déferlantes de plutoniens prirent de l’ampleur, et au fil de la finalisation des médaillons suivants, Zordon sélectionna un jeune homme prénommé Walter, expert en krav maga, puis une jeune maman légèrement plus âgée que ses futurs compères d’armes, Roxane.
    Ainsi, après le médaillon rouge du Tyrannozord, les médaillons noirs et jaunes, respectivement liés au Mastozord et au Smilozord, étaient attribués.
     
       Quelques semaines suffirent pour porter des coups fatals aux projets du prince Sariu, et l’estocade finale fut donnée à l’aube de l’hiver 1983, grâce à John qui, seul face aux hordes en raison de la blessure de Walter et de l’indisponibilité soudaine de Roxane, avait achevé la mission en solo et provoqué la retraite ennemie.
     
       - Et ainsi, les deux derniers médaillons, le rose et le bleu, n’ont jamais été utilisés, et ne pourront plus jamais l’être, car les transmutateurs n’ont jamais été achevés.
       - Et le médaillon noir ? Ou le jaune ? Peuvent-ils être utilisés ?
       - Malheureusement ils sont restés entre les mains de Walter et Roxane qui sont partis avec à l’issue de nos missions, regretta John.
       - Alors, il faut les contacter. Pour qu’ils reprennent le combat à vos côtés, John !
       - Nous avons tenté de les retrouver, en vain, indiqua Alpha.
       - Notre signal de téléportation automatique n’a rapatrié que vous, ajouta Zordon. Cela signifie deux choses : soit Walter et Roxane sont hors de portée, soit ils ont désactivé ou détruit leurs transmutateurs.
       - Et il n’a pas rapatrié Tommy non plus… déplora Adam.
       - L’émission du signal est toujours en cours. Prions pour le retour d’un autre Ranger.
       John savait ce que cela signifiait : il devrait défendre seul.
    Mais Adam avait d’autres interrogations.
       - Et Ninjor ? Nous n’avons plus de nouvelles ?
       - Ninjor a disparu de nos radars, lui aussi. Aie aie aie !
      
       Adam avait envie de trouver un infime moyen de se rassurer, mais la vision du vista-globe en veille ne le rassura pas, tant il était persuadé que cette trêve ne durerait pas.
    Et il avait raison : l’alarme le confirma.
    John, Adam et Alpha s’avancèrent vers l’écran de vision qui présenta deux nouveaux monstres, en taille XXL.
       - Il ne manquait plus que ça.
       - Une sorte de tenga géant, et un truc qui ressemble à une horreur que l’on trouve dans les vieux films japonais.
     
       John savait exactement ce qu’il devait faire, mais il n’était pas sûr d’avoir l’armement requis.
       - Zordon, je retourne en ville pour contrer ces deux ignobles créatures géantes. Mais, est-ce que mon zord est prêt, et surtout, n’est-il pas trop rouillé, depuis le temps ?
       - Tu peux invoquer son aide, car visiblement, il est resté exactement là où vous l’aviez laissé en 1982 : dans la mine de Memphis.
    Adam vint serrer la main gantée de John qui venait de remettre son casque.
       - Que la force de protège, John.
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    Message par KL44 le Ven 22 Fév - 15:03

    Le sixième chapitre :

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    CHAPITRE 6
    Inégal
     
     
       - Bonjour jeune demoiselle, où vas-tu ainsi ?
       - Mon papa m’a toujours dit de ne pas parler aux inconnus.
       - Et ton papa a raison. Mais je ne suis pas menaçante, Jessica.
       - Comment connaissez-vous mon prénom ?
       - Je suis comme qui dirait, un parent éloigné. Une tante qui ne te veut que du bien.
       - Je ne connais pas de tante qui vous ressemble.
       - C’est parce que tu ne m’as jamais vu, Jessica. Mais moi, je veille sur toi depuis très longtemps. Et crois-moi, dans ces temps difficiles pour toi, je continuerai de veiller sur toi.
       - Mais je ne vous connais pas. Et en plus, vous êtes habillée bizarrement. Vous ressemblez à une sorcière.
       - Tu apprendras à me connaître. Je suis un peu comme ton ange gardien, ou une sorte de génie de la lampe, qui va pouvoir exaucer tous tes vœux.
       - N’importe quoi, vous racontez n’importe quoi. Un génie…
       - Oui Jessica, un génie.
       - Je rigole déjà… génie, je veux plein d’argent d’un coup d’un seul ! Donne-moi deux mille dollars dans une valise !
       - C’est la seule chose que tu demandes à une sorcière de renommée telle que Rita Repulsa ? Soit, si c’est ton vœu… abracadabra, ousmeflouz et pognonim ! Les voilà tes deux mille billets.
       - Attendez, c’est une caméra cachée de Totally Hidden Video ?Comment vous avez fait ça ?
       - Je te l’ai dit, ma chère Jessica Revlis : je suis Rita Repulsa, une sorcière venue de la Lune pour te recruter ! J’ai besoin de toi à mes côtés pour anéantir les Power Rangers et conquérir ta si jolie planète !
       - Vous êtes malade ! Pourquoi vous voulez conquérir la Terre ?
       - Parce que conquérir des planètes, c’est ma mission, ma passion même ! Et en récupérant la Terre, je lui rendrai sa splendeur originelle, loin de la pollution, du trafic routier, et du crime.
       - Les Power Rangers défendent notre planète, mise à mal depuis plusieurs jours par une horde de monstres inconnus. Ce sont… ce sont vos monstres ?
       - Ce sont mes monstres oui. Si j’envoie des monstres, c’est pour envoyer un avertissement aux terriens : je récupérerai la Terre tôt ou tard ! Cependant, les combats ne sont pas équitables : ils sont cinq contre un à chaque fois. Il me faut plus de combattants et surtout, il me faut des combattants de qualité.
       - Pour éliminer les Power Rangers ?
       - Pour éliminer les Rangers. Bientôt, tu connaîtras la vérité sur ces cinq jeunes manipulés par Zordon pour sa propre cause. La défense de la Terre n’est qu’un prétexte pour Zordon. Je connais toute la vérité, et si tu acceptes de l’entendre, je te conterai cette vérité.
       - Vos histoires, je m’en moque. Laissez-moi, sinon je crie à l’aide.
       - Tu prendrais la sorcière qui peut résoudre tous tes problèmes pour une menace ?
       - Je n’ai pas de problèmes, et maintenant, laissez-moi !
       - Toi tu es encore jeune pour avoir des problèmes. Mais ta mère, et sa maladie rare, ça, c’en est un.
       - Comment… comment vous savez ?
       - Je t’observe depuis longtemps, Jessica, et si la médecine de ta planète ne pourra rien pour sauver ta maman, une simple incantation la remettrait sur pieds au bout de quatre semaines.
    Mais si tu refuses, tu sais que…
     
       Un bruit de craquement transdimensionnel coupa Jessica dans ses plus profonds souvenirs : Goldar apparut.
       - On me demande de t’indiquer que le lever du jour sur Terre aura lieu d’ici onze heures et cinquante minutes. Tiens-toi prête à accomplie ton destin.
    En guise de réponse, elle hocha simplement la tête. Goldar quitta la dimension noire.
     
      Jessica resta assise et contempla de nouveau ce qu’elle n’avait cessé de regarder avant de plonger dans ses pensées : le champ de force évasé contenant la puissance Zeo et ses puissants cristaux.
    Leur pouvoir était si dense qu’ils alimentaient eux-mêmes le champ de force qui les protégeait contre toute intrusion.
    Seule une personne détentrice d’un pouvoir émanant d’un cristal Zeo pouvait les toucher.
     
       Elle attrapa les cristaux de son gant : le champ de force cessa afin qu’elle puisse les sortir de leur emplacement de protection.
    Elle les regarda, ces cristaux qui réunis ne composaient qu’un bloc aux cinq teintes : le cercle rose, les bandes jaunes, le triangle bleu, l’étoile rouge et le carré vert.
    Réunis, les couleurs se mélangeaient et viraient à l’argenté.
       - Mes pouvoirs proviennent de ces cinq magnifiques cristaux réunis. C’est quand même incroyable.
       Incroyable tout ce qu’il m’arrive en si peu de temps. Autant de pouvoir de glané aussi vite.
     
       Rita lui avait vaguement raconté que ces cristaux avaient été utilisés par les Power Rangers dans l’autre temps, le futur révolu et rembobiné par la grande invention de Finster.
     
       Rita lui avait également révélé une autre vertu des cristaux : celle de traverser les âges, vers l’avant ou vers l’arrière, et de conserver les pouvoirs tout en augmentant sans cesse.
       - Je suis plus puissante que n’importe quel Zeo Ranger du futur révolu.
    Elle laissa le champ de force et ses cristaux dans un coin de la salle sombre de la dimension noire, ornée de têtes dorées représentant des tigres maléfiques.
    Puis elle reprit ses enchaînements aux poings précis, avant de vouloir relever un autre défi.
       - Goldar ? Goldar !
    Le guerrier apparut de nouveau.
       - Oui, quoi encore ?
       - Peux-tu m’envoyer quelques patrouilleurs ? J’ai besoin de parfaire mes techniques de défense.
       - Quelques patrouilleurs, ça veut dire combien ? Six, douze, vingt ?
       - Tu m’en envoies quatre-vingt-dix-neuf. Ça va être une royale bataille.
    Qui ne durera que soixante-quinze secondes.
     
    ***
     
       A vol d’oiseau, la mine de Memphis se situaient à proximité du centre de commandes. Mais quiconque aurait voulu y accéder par les sentiers aurait au moins mis une journée de marche intense.
     
       Fermé puis abandonné depuis des lustres, le grand complexe minier de Memphis n’abritait plus d’or ou de ressources consommables, mais il abritait un autre grand secret qui ne s’était plus dévoilé au monde depuis près de quinze ans.
     
       Alors que le soleil s’apprêtait à se coucher derrière les roches bordant la partie ouest de la carrière d’accès à la mine, un bruit d’essieu rouillé parcourant des rails perça le silence.
    Puis la bande rocailleuse surplombant l’entrée bloquée par des planches de bois explosa, occasionnant un très épais brouillard ocre.
    Lorsque l’épaisse couche de poussière se dissipa, il apparut.
     
       Un zord principalement composé de bois et d’acier gris et à l’équilibre douteux se présenta au milieu de la carrière.
    Ressemblant fortement au zord Tyrannosaure premièrement utilisé par son fils, John se retrouvait de nouveau aux commandes – dans le ventre de l’engin mécanique – du grinçant Tyrannozord.
    Au jeu des différences avec son descendant, le Tyrannozord de John disposait de bras plus petits et d’une queue aux attaques beaucoup plus lentes. De plus, hormis sur les parties boisées, la couleur rouge se faisait rare et le gris était criard, brut, aux teintes différentes selon les membres.
    L’exécution des mouvements était également saccadée, mais en revanche, le zord possédait non pas une mais deux épées capables de lancer des lasers alimentés par des panneaux photovoltaïques placés dans la paume.
       - Incroyable ! Il tremble de partout, mais quelle émotion de te retrouver, mon Tyrannozord amélioré !
    John parlait de monture améliorée, car le Tyrannozord était resté dans son ultime configuration de combat, c’est-à-dire, muni de deux jambières : celle de droite, noire, et celle de gauche, jaune, qui n’étaient autre que les Mastozord et Smilozord en configuration Megazord.
    L’avantage de cet assemblage permettait une meilleure stabilité au sol du robot, même au pas de course. Les brassières étaient absentes car elles auraient dû être alimentées par les médaillons rose et bleu, jamais utilisés.
     
       Dans le cockpit qui aurait pu rappeler le poste de conduite de la célèbre voiture parlante de Michael Knight, John enclencha un levier et le zord prit de la vitesse non sans faire trembler les parois et la vitre de protection :
       - C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes… prouve-le moi, mon cher zord, pour Jason, pour ses amis, et pour la sécurité de notre vieille planète !
     
       Le Tyrannozord amélioré bondissait sans trop de soucis par-dessus les montagnes, mais le retour sur le plancher des vaches était maintes fois plus aléatoire, parfois en dérapage plus ou moins contrôlé.
       - Tu as envie de me provoquer des sueurs froides, mon cher Tyrannozord ! Tiens le coup jusqu’à Angel Grove !
     
       Le chevalier et sa monture n’eurent pas besoin d’atteindre le centre de la ville pour croiser de l’alien : le Bullzer et le Tengatrouilleur piétinaient un stade de base-ball déjà démuni de ses tribunes grossièrement pulvérisées.
       - Ces salopards, ils foutent le bazar et détruisent tout ! Je dois vite les arrêter. Tyrannozord, saisis-toi de tes épées !
    Ni une ni deux, le bipède s’arma et alla contrer le Tengatrouilleur, surpris et bousculé.
       - Qu’est-ce que c’est que ce dinosaure ?
       - On ne m’a pas vendu cette mission comme ça ! pesta le Bullzer d’une voix rauque. Je croyais que les Power Rangers n’étaient pas de la partie ! Que nous aurions le champ libre pour tout péter !
       - Tu as raison, vaurien, car je ne suis pas un Power Ranger ! s’exclama John sans pouvoir être entendu.
    Le premier coup de lame alla blesser le Tengatrouilleur à l’aile gauche. Le second repoussa le Bullzer sans le toucher.
     
       Mais ce dernier, plutôt coriace, infligea un sérieux coup de pied sauté dans la tête du Tyrannozord qui tomba sur le carré vert de base-ball, fort heureusement désert.
       - Non non non, pas ça ! Comment on active les inverseurs, si chers à Alpha 5 ?
    Ce système alors révolutionnaire reposait sur un déplacement du centre de gravité permettant au zord de se relever bien plus vite.
       - C’est peut-être ce bouton.
    Il appuya sur un bouton vert, mais celui-ci ouvrait une trappe à l’arrière, laissant le vent s’engouffrer dans un cockpit déjà mal isolé.
       - Ce n’est pas ça… alors, on va essayer le bouton blanc ? Oui, on essaie. C’est parti !
    Le second choix fut plus judicieux : le tyrannozord retrouva instantanément la position debout, au grand dam de ses deux adversaires.
       - Oh non ! Il n’a pas dit son dernier mot ! râla le Bullzer.
       - Il m’a énervé ! Pour me venger, je vais lâcher toute une armée de tengas et de patrouilleurs dans les rues de ce quartier !
    Sous ses grandes ailes, de nombreux humanoïdes, volatiles ou non, sautèrent et rejoignirent le niveau zéro et son bitume fissuré. Plusieurs dizaines de sbires allèrent semer la terreur.
       - Je serai toi, je n’aurai pas fait ça, prévint John, qui se décida d’enclencher un module qui l’avait oublié : la tête du Mastozord en guise de bouclier de défense et d’attaque.
    Il chercha l’activateur de cette option :
       - Je crois que c’est… oui, ce bouton noir, sur ma droite ! C’est parti pour l’arme ultime !
    Il appuya sur le bouton poussoir noir mais, à aucun moment, un bouclier n’apparut.
    Mais une musique vintage vint titiller ses tympans… 
    « Can't stop now, don't you know I ain't never gonna let you go, don't go ! »
    Pour la première fois depuis des jours, John Scott esquissa un sourire.
                - Un bon vieux Yazoo ! Oui ! J’avais oublié ! Ce cher Tyrannozord est équipé d’un radiocassette et d’un ampli !
    Des souvenirs pleins la tête, John se rappela du jour où il avait bricolé le système audio du zord, avec un amplificateur artisanal délivrant un son très correct.
    Il augmenta le son à son maximum, jusqu’à couvrir les grincements mécaniques du robot.
                - C’est comme si je n’avais jamais cessé d’être pilote de ce machin ! C’est génial !
    L’ergonomie douteuse du poste de pilotage n’empêcha pas les beaux enchaînements et autres prises mettant à mal le duo d’abominables méchants : tandis que le Tengatrouilleur souffrait de maux de têtes, le Bullzer, lui, se tenait au toit d’un immeuble pour garder son équilibre.
    Ce dernier asséna un puissant coup de crâne dans le Tyrannozord qui trébucha en arrière, fort heureusement sur le terrain sportif, provoquant un cratère.
                - Bien joué, pourriture, mais je n’ai pas dit mon dernier mot, relativisa John, tout en redressant son destrier.
    Et le zord reprit une légère avance sur ses concurrents.
    ***
     
                A cinq centaines de mètres de la bataille des géants, Adam s’était téléporté pour tenter de repousser les patrouilleurs et les tengas crées par le Tengatrouilleur.
    Les patrouilleurs étaient très faibles, et les tengas n’étaient pas beaucoup plus forts, mais surtout plus maladroits : sans pouvoir, l’ancien Ranger noir s’en sortait admirablement bien.
                - Arrêtez de terroriser la foule ! s’agaça-t-il, tout en mettant un sbire gris au tapis d’un poing décisif.
    Adam luttait encore à vingt contre un. Et il avait déjà le respect d’une police qui intervenait tout juste sur zone.
                - Monsieur, éloignez-vous, on prend le relais !
    Adam, qui avait grandement besoin de souffler, laissa la main tout en délivrant un indice crucial :
                - Les volatiles sont coriaces, mais les individus en gris peuvent être éliminés en visant le rond avec un Z au milieu de leur poitrine !
    Adam resta à proximité pour intervenir si la police se retrouvait en mauvaise posture.
    Mais vu leur effectif pléthorique, la résistance ennemie n’avait plus aucune chance.
     
    ***
     
                - Rétromutation !
    Pour l’occupante isolée dans la dimension noire, l’ennui était tel qu’elle avait trouvé une activité originale : parfaire sa transmutation.
                - Transmutation ! Zeo Ranger sept, argent !
    Elle activa son morpher puis elle décroisa les bras pour les mettre le long du corps. La combinaison argentée recouvrit son débardeur noir et son jean bleu troué au-dessous du genou droit.
                - Rétromutation.
    La combinaison disparut et laissa de nouveau place à une tenue civile.
    - Transmutation ! Zeo Ranger sept, argent !
     
    Elle répéta la rengaine plusieurs fois, jusqu’à l’arrivée d’une personne tierce dans la dimension noire : Sariu.
    Jessica, sans sa tenue de guerrière, le salua sans esquisser le moindre autre geste amical, encore marquée par leur dernier entretien.
    - Que puis-je faire pour vous, prince ?
    - Ta sanction est levée. La situation sur Terre ne tourne pas à notre avantage. Il me faut des guerriers dignes de ce nom, et surtout, surtout, du renfort. Goldar est déjà en route, je t’envoie le rejoindre sur le champ.
                - Attendez, avez-vous plus d’infos sur ma mission et…
    Grâce à ses pouvoirs mystiques, Sariu la téléporta avant qu’elle ne puisse terminer sa phrase, puis il entama un petit monologue que le destinataire ne saurait entendre :
                - Adam Park, je t’envoie les ultimes combattants de ta pitoyable petite vie. Et après ta mort, nous nous occuperons de tes deux autres amis, prisonniers des murs du palais.
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    Message par KL44 le Mer 27 Fév - 19:55

    Un chapitre électrique qui voit le bien et le mal se confronter !

    -------------------------------------------------------------------------



    CHAPITRE 7
    Une révélation
     
     
       Depuis l’arrivée de Goldar, les policiers avaient toutes les peines du monde à éliminer les derniers oiseaux tengas et les trois patrouilleurs encore vivants. Les forces de l’ordre étaient balayées par le lieutenant du Seigneur Zedd, tel un balai repoussant les poussières.
       - C’est pas avec vos petites matraques et vos fusils d’assaut que vous allez me terrasser !
    Si Goldar avait du mal à résister à des Power Rangers et leurs outils, il ne redoutait pas les balles des armes à feu créées de la main de l’Homme.
    Et Adam le savait.
    Il sortit de sa planque et courut vers Goldar, sans se poser de questions, malgré le déficit de chances de l’emporter.
    Barré par un cordon de sécurité puis les volatiles, le monstre se trouvait droit devant lui.
     
       Mais il fut arrêté ou plutôt déconcentré dans son élan en voyant une masse grise de téléport se poser et délivrer une femme qui ne lui était pas étrangère.
       - Jessica ? Jessica ! Goldar, qu’as-tu fait à Jessica !!!
    Goldar entendit à peine la voix d’Adam, et il ne se déconcentra pas et alla assommer un tireur d’élite.
    Soucieux pour la sécurité de celle avec qui il espérait vaincre sa timidité suite à ce court baiser échangé, il sprinta vers elle de peur à ce qu’il lui arrive quelque chose de dramatique, tant les tengas semblaient se rapprocher d’elle.
       - Jessica, ATTENTION !
     
       Mais Jessica ne l’entendit pas non plus.
                - Des tengas, des patrouilleurs et Goldar qui couvrent la vue des flics. Personne ne peut me voir, et puis de toute façon, qu’importe.
    Elle fit apparaître les deux parties du morpher ses poignets, puis elle croisa les bras de façon à les joindre.
       - Bon… puisque visiblement, deux monstres géants, Goldar et d’autres troufions de base ne font pas l’affaire face à un petit groupe d’ennemis sans grande défense… Transmutation immédiate ! Zeo Ranger sept, argent !
       - NOOOOOOON !!!
    Le cri déchirant d’Adam perfora les autres bruits environnants, même celui du pied du Tyrannozord qui, derrière les résidences du dix-neuvième siècle, venait de taper dans le genou droit du Tengatrouilleur.
     
       Il ne pouvait croire en cette vérité, en ce retournement de situation qui mettait à néant les fondamentaux de ses certitudes, come Kimberly et les autres jadis, lorsque le maléfique Ranger Vert avait malgré lui révélé son identité.
       - C’est pas possible !
    Il avait lui-même vécu un revers similaire, lorsqu’une jeune fille très mignonne l’avait séduite à son arrivée à Angel Grove, et que cette personne premièrement dénommée comme étant Sabrina, n’avait été autre que la malfaisante Scorpina.
     
       La Zeo Ranger d’Argent se retourna, prête à se défendre contre ce crieur au ton inquiétant, mais elle se ravisa et se mit à trembler.
       - Adam…
    Il était encore trop loin pour l’entendre murmurer, mais elle se retrouva déstabilisée devant le garçon qu’elle aurait préféré transférer au palais lunaire sans être démasquée.
       Adam s’approchait lentement, les jambes tremblantes, encore plus tremblantes que lors de son tout premier combat en tant que Ranger Noir. Il avait l’impression que le ciel lui tombait sur la tête.
    Il se retrouva à dix mètres d’elle, immobile.
       - Jessica, dis-moi que je rêve, que c’est une mauvaise blague, je ne sais pas…
       - Tu n’aurais pas dû le découvrir…
    Adam perdit son ton calme et laissa évacuer une colère aussi soudaine que violente :
       - Tu sais où sont les Power Rangers ! Et tu as aussi kidnappé Rocky et Aisha ! OU SONT MES AMIS ?
       - Adam, ne me juge pas…
       - Ne pas te juger ? Tu as massacré des gens dans un marché aux puces, agressé et tué des civils innocents qui n’avaient rien demandé d’autre que de vivre, et je ne devrai pas te juger ? Tu as contré toutes les tentatives des Rangers pour conserver la paix sur la Terre, et tu as organisé des kidnappings, et je ne devrai pas te juger ?
       - Adam, écoute-moi, je n’ai pas le choix, je…
       - On a toujours le choix de préférer la loyauté et la sécurité, plutôt que le crime… sauf si tu as été envoûtée, comme l’avait été Tommy ou Katherine. Arrête tes actions maintenant, et je pourrai t’aider.
       - Je ne… je ne peux pas et…
    Une communication provenant du satellite naturel de la Terre les coupa :
       - Zeo Ranger, tu dois aider Goldar, mais aussi user de tes pouvoirs du dragon pour renforcer les frappes lourdes des monstres de grande envergure, maintenant !
       Comme si les deux monstres ne suffisaient pas à mettre un vieux zord à terre. Serais-je si indispensable ?
       - Oui, c’est bien reçu.
       - Et n’oublie-pas tes missions principales. Elles sont largement à ta portée. Ne me déçois pas, cette fois-ci.
       - Non, Jessica… tu ne peux pas faire ça.
       - Je dois exécuter les ordres, je suis désolée.
    Adam fut bloqué par une nouvelle horde de patrouilleurs déployés par Goldar : l’emprise était trop forte pour s’échapper.
    Et la Zeo Ranger d’Argent invoqua une force beaucoup plus grande : elle leva le bras droit vers le ciel.
       - J’invoque la dague du dragon !
    La petite épée-flûte ne faillit pas à l’appel et se présenta dans la main gantée de Jessica. Le bouclier doré au losange et quelques petits bracelets vint compléter l’équipement décuplé de la Ranger maléfique.
    Elle porta la dague auprès de sa bouche et siffla la mélodie qui réveillerait le Dragonzord, en veille au fond des abysses.
       - Dragonzord, viens défier le zord.
     
       Le port à proximité souffrit encore de l’arrivée du Dragonzord qui, une énième fois, envoya valser des containers avec ses pieds, éventra de sa queue le mur d’un grand entrepôt de stockage de truites et autres poissons, et croqua une cheminée rouge et blanche.
    Un tsunami de petite envergure vint inonder les axes de la zone portuaire et anéantir les stocks de toutes marchandises destinées à la vente.
     
    ***
     
       - Qu’est-ce que c’est que ce machin tout trempé ?
    John découvrit qu’il devrait dès lors faire face à trois ennemis de grande envergure.
    Le Dragonzord arma ses missiles et les expulsa de ses doigts : ils vinrent toucher le Tyrannozord en pleine tête. Le malheureux zord s’écroula sur un parking de voitures de location à peine réceptionnées.
       - Ce doit sûrement être le fameux Dragonzord dont Zordon m’a tant parlé ! Il est vraiment impressionnant !
    Satisfait, le Dragonzord poussa ses cris aigus et fit tournoyer sa queue dévastatrice sur ordre de la dague minutieusement manipulée.
    Puis il pivota sur lui-même, envoyant son appendice métallique abîmer le Tyrannozord.
       - Ca ne se présente pas bien du tout ! s’alarma John. D’autant plus que nous sommes si prêts de ceci…
    Le ceci désigné par John était l’un des plus vieux centres hospitaliers de l’ouest des Etats-Unis d’Amérique, mais aussi l’un des plus peuplés, surtout en ces temps de crise.
     
    ***
     
      Aussi terrifié que chamboulé, Adam fut envahi d’une colère inhabituelle, aussi noire que son ancienne combinaison.
    Si Jessica Revlis avait effectivement subi un sortilège d’allégeance, elle n’était pas complètement responsable de ses actes malgré leur extrême gravité.
    S’il devait attaquer, il pourrait l’épargner, à l’inverse de Goldar vers lequel il se précipita à grandes enjambées.
       - Les coups dans le dos, ce n’est pas mon truc, mais tant pis, je n’ai pas le choix.
    Adam s’élança, les poings serrés, et réalisa un coup de pied sauté absolument parfait, qui envoya Goldar sur le bitume refroidi par le coucher du soleil et quelques gouttes de pluie. Le glaive faillit glisser dans un caniveau mais Adam le rattrapa juste-à-temps et se servit de ses deux mains pour le soulever.
       - Repose ça tout de suite, jeune effronté !
    Goldar se releva et tenta de s’imposer, mais Adam esquiva les premiers gestes, malgré la lourdeur et l’envergure du glaive.
       - Je sais que ce glaive dispose de pouvoirs. Il pourrait peut-être me téléporter auprès des Power Rangers !
       - Pauvre fou ! Sans combinaison tu ne tiendras pas longtemps sur le sol lunaire et…
       - Sur le sol lunaire ?
       - Quoi ? Non, j’ai pas dit sol lunaire.
       - Si tu l’as dit !
       - J’ai peut-être voulu t’induire en erreur !
    Adam leva l’épée vers le ciel avant de la planter vers le sol : Tommy et Jason lui avaient déjà raconté la combine : s’il la plantait vers le sol, il pourrait se téléporter vers le point de départ de Goldar avant son arrivée sur Terre.
    Mais Goldar empêcha la manœuvre et balaya les jambes d’Adam qui tomba à la renverse et lâcha l’arme, sous les yeux de Jessica.
    La Zeo Ranger d’Argent resta impuissante, complètement perdue, la dague tenue à bout de main, laissant le Dragonzord sans consigne, livré à lui-même.
       - Je ne vais pas te tuer, Adam. C’est une mission qui a été confiée à notre Zeo Ranger, et Sariu a toute sa confiance en la bonne exécution de cette mission, donc, la bonne exécution de toi.
     
       Jessica était troublée comme jamais.
    Malgré le mal qui dominait son âme, elle se retrouva complètement perdue.
    Et la vision du centre hospitalier éventré par un Tyrannozord perdant l’équilibre après un coup de Bullzer la terrifia…
       Jessica, depuis que tu es si jeune, tu es toujours irréprochable et aux petits soins pour moi. Tu es si attentionnée. A chaque fois, à chaque instant où mon mal était au plus fort, tu as été là, tu as toujours été là. Tu es la fille idéale, tout simplement, et je bénis chaque minute qu’il m’est offert de passer avec toi.
       - Je ne… je dois m’absenter… cinq minutes !
       - Quoi ? Tu veux déserter ? s’exclama Goldar, furieux.
    Mais Jessica avait déjà disparu dans le mystère le plus total.
     
    ***
     
       Dans les hauteurs, John comprit que quelque chose ne tournait pas rond dans l’autre camp, et qu’il avait une opportunité inespérée.
       - Le Dragonzord ne bouge plus, et les deux autres monstres ont l’air aussi surpris que moi. Punaise, c’est ma chance !
    Il enclencha toutes les armes disponibles et les dirigea vers le Tengatrouilleur.
       - Puissance maximum !
    Les deux épées du Tyrannozord brillèrent de mille feux et anéantirent le Tengatrouilleur qui explosa.
       - Oui, bien joué mon cher zord ! Il ne reste plus qu’un monstre et le robot.
       - Tu as eu mon allié, mais tu ne m’auras pas ! ricana le Bullzer, sûr de ses talents.
       - Ca, c’est ce qu’on va voir !
     
    ***
     
       Assise sur le fameux trône brun laissé par le Seigneur Zedd parti en entrevue avec Sariu et des hauts conseillers plutoniens, Rita Repulsa souffrait d’une puissante migraine, et d’un sérieux trouble.
     
       Le contact avec sa protégée n’était pas rompu, mais il y avait de la friture sur la ligne mentale. Et sa Ranger souffrait.
     
       Inquiète, Rita avança jusqu’à la terrasse et observa en direction de la planète bleue avec sa longue vue.
    Elle avait beau régler la mire, elle ne voyait pas Jessica.
       - Goldar et des tengas avec Adam… le Bullzer confrontés au zord de John Scott… et le Dragonzord, qui semble inactif. Et le Tengatrouilleur, envolé, sans doute liquidé. J’ai mal à la tête !
     
       Rita savait qu’elle devait agir vite pour le Dragonzord.
    Et pour Jessica, son sortilège vieux de plusieurs années lui rendrait la raison et sa foi envers le mal et l’obscurité.
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    Message par KL44 le Lun 18 Mar - 17:26

    Bonsoir, voici le 8ème chapitre.

    -------------------------------------------------------------------------



    CHAPITRE 8
    La retraite
     
     
       - Zordon, je t’assure que j’ai retrouvé les sensations d’antan avec mon zord. Mais après la mort du premier monstre, le second a battu en retraite et le Dragonzord est reparti vers la mer.  Alors j’en ai profité pour menacer Goldar de l’écraser s’il ne déguerpissait pas sur le champ avec ses pantins.
       - Et c’est comme ça que John m’a sauvé la vie ! ajouta Adam, soulagé mais toujours tourmenté, et qui n’allait pas tarder à révéler une terrible vérité.
    Alpha sautillait entre les moniteurs, heureux de voir enfin une fin heureuse à une journée de siège, ou presque :
       - Selon les dernières informations que le gouvernement a dévoilées à la télévision ou le service Internet, on dénombre sept blessés aujourd’hui : une patiente de l’hôpital en partie dévasté,  et six policiers qui ont tenté de repousser Goldar.
       - Ce sont des nouvelles un peu plus rassurantes que les jours qui ont précédé. Mais la fin du combat est intrigante. Le surprenant départ de la Zeo Ranger d’Argent nous a rendu service.
    Zordon ne trouvait aucune logique à cette désertion. Et il allait apprendre une autre surprise de la bouche d’Adam :
       - Je sais qui est la Zeo Ranger d’Argent. Elle s’appelle Jessica. C’est une jeune femme adorable qui a dû être envoutée contre son gré par l’un des sorts de Rita Repulsa.
    Zordon n’avait jamais entendu parler de cette Jessica, mais le fait que Rita ait une nouvelle fois usé d’un agent forcé à prôner le mal et le vice ne lui plaisait pas.
       - Donc, après Tommy puis la regrettée Katherine, une nouvelle personne de notre planète agit sous les ordres des forces du mal.
       - Adam, est-ce qu’elle sait que… tu sais qui elle est ? demanda John.
       - Oui, elle a vu que j’étais là. Je n’ai pas ou retenir ma colère, j’ai crié, mais cela ne l’a pas empêché d’invoquer les pouvoirs du Dragonzord.
       - Je confirme ! Une sacrée bestiole ! Heureusement que la petite Ranger a quitté les lieux. C’est devenu beaucoup plus facile pour moi !
       - Oui John. Espérons maintenant que la nuit soit calme, et que vous puissiez en profiter pour vous ressourcer, rassura Zordon.
     
       Alpha reprit son travail de régénération du Tyrannozord, revenu dans la mine. Toujours autant tourneboulé, Adam avait une autre information ô combien cruciale à délivrer.
       - Je crois, j’espère ne pas me tromper, mais je crois que Goldar a dévoilé la localisation de Jason, Trini, Billy, Kimberly et Zack.
       - Quoi ? Tu sais où… Jason ! balbutia John.
       - Adam, penses-tu que cette révélation de Goldar soit crédible ?
       - Je le pense. Lorsque j’ai pris son glaive, je lui ai dit qu’il me permettrait de me téléporter vers les Rangers. Goldar m’a alors dit que je ne survivrai pas sans combinaison sur la Lune. Il semblait regretter sa gaffe et il avait très peur.
       - Je pourrai aller sur la Lune retrouver mon fils et ses amis…
       - Malheureusement John, c’est impossible. Ta combinaison n’a pas été prévue pour aller sur la Lune.
       - Et pourtant, il va falloir agir vite.
    Zordon avait déjà une idée, mais il ne pourrait pas en parler dans l’immédiat : John reprit la parole.
       - J’ai moi aussi une bonne nouvelle.
       - Décidément, il pleut des bonnes nouvelles comme il pleut dehors, osa Alpha.
       - nous t’écoutons, déclara Zordon.
    John reprit la parole :
       - Je connais cette information depuis si longtemps, mais je n’avais pas eu l’occasion de la dévoiler, puis j’avais ensuite oublié. Mais je connais la grande faiblesse des plutoniens. Je sais comment les éliminer facilement et rapidement. Et accrochez-vous, c’est extrêmement simple.
     
    ***
     
       Rita Repulsa avait estimé que la situation imposait une entrée en force et sans frapper dans la salle de commandement, où le Seigneur Zedd, Sariu et quelques autres pontifes de celle qui est encore considérée comme la neuvième planète du système solaire, débattaient sur les prochaines stratégies mises en place.
     
       Autour d’une grande table ovale contenant quelques consoles et des écrans monochromes, les discussions allaient bon train. Face à l’entrée de la salle, Zedd se tenait à gauche, et Sariu au centre.
       - Chérie, je suis désolée de te déranger mais…
       - Toi, ici, pendant que les hommes parlent. Que veux-tu encore ?
       -        Nous avons un petit problème avec la Zeo Ranger d’Argent.
       - Oui Rita, elle a désertée et elle sera punie en conséquence. Mais avant, elle va être utilisée pour une ultime mission qui déterminera son avenir.
       - D’accord.
       - Nous avons en effet eu connaissance, il y a de cela quelques minutes, d’une information cruciale dans notre lutte contre les Power Rangers.
     
    ***
     
       La mer agitée venait frapper la digue protégeant la route puis les habitations.
    Dominant les cieux à coups de tours de huit à dix étages aux loyers d’appartements bons marchés, le quartier était déserté.
     
       Devant le hall d’entrée de la quatrième tour, quelques chats errants tentaient vainement d’imposer leur territoire. Mais l’apparition soudaine d’un nuage magnétique argenté les fit fuir instantanément.
    Sans sa combinaison, Jessica portait une femme, endormie et vêtue d’une blouse de patiente d’hôpital, comme elle le pouvait.
       - Ne t’en fais pas maman, on arrive à la maison.
    Jessica était déçue d’avoir mal calculée la téléportation, elle qui aurait voulu directement arriver dans la chambre de sa mère afin de n’éveiller aucun soupçon.
      
       Arrivée dans l’appartement après avoir utilisé le double des clés, Jessica alla déposer sa mère dans le lit déserté par son père, travailleur en déplacement qui ne rentrerait que le surlendemain à l’aube.
    Elle embrassa le front de sa mère, qui ouvrit les yeux :
       - Ma fille, pourquoi je suis rentrée…
       - Maman… il y a eu des attaques… l’hôpital a été ciblée par des monstres.
    Ciblée par des monstres et mon zord.
       La mère posa sa main sur la joue de sa fille, et elle la regarda dans les yeux :
       - Ma fille, tu fais toujours le bien autour de tes proches. Là encore, tu m’as sauvé… je ne sais pas de quelles manières, mais tu m’as sauvé. Tu me surprendras toujours.
       - Maman…
    Jessica sentit une larme couler sur sa joue.
    Sa mère se trompait à son sujet : elle était devenue une jeune femme aux intentions mauvaises et elle avait fait beaucoup de mal, dans un seul but…
     
       « - Alors, Jessica, tu as demandé à me voir. Le lien télépathique fonctionne déjà bien !
      - Vous avez dit, il y a longtemps, que vous aviez la recette, un sort, ou quelque chose du genre pour sauver ma mère.
       - Oui Jessica, je l’ai dit, et c’est la vérité. Les pathologies humaines sont assez simples à soigner.
       - Le cancer de ma mère s’est réveillé. Elle a trop souffert lors du premier traitement. De plus, les médecins sont moins optimistes. Je l’ai senti lorsqu’ils parlaient. Rita, je m’en remets à vous, dites-moi que le marché tient toujours !
       - Et qu’est-ce qui te fait dire que les médecins ne sont pas optimistes ?
       - Je ne sais pas, c’est… une impression générale. C’est comme si… j’avais déjà vécu cette période, comme dans une autre vie, je n’avais pas agi et je l’avais laissé mourir sans rien faire. Je ne peux pas l’expliquer.
       - Jessica Revlis, le marché tient toujours. Je n’ai actuellement plus de terrien sous mes ordres. En contrepartie de ta participation à mes projets, je garantis une guérison certaine de ta maman.
       - Je ne demande que cela. Et une autre chose, que mes parents, mes proches ne sachent pas que je travaille pour vous. S’il vous plaît.
       - Je ne comptais pas le dire, Jessica. Mais sache que le sort qui sauvera ta maman sera intimement lié à tes agissements. Le maléfice de soin est assez pervers : plus tes actions seront mauvaises ou maléfiques, et plus la guérison sera rapide et efficace. En revanche, si tu ne vas pas au bout de tes missions ou même d’un simple sacrifice, la rémission sera mince et peut même cesser.
       - Cela veut dire que je dois me montrer agressive ?
       - Agressive, oui. Et ne pas hésiter si tu dois tuer quelqu’un.
       - Je ne suis pas une criminelle…
       - Mais le cancer est criminel.
       - Je ne peux pas laisser maman mourir. Je n’ai pas le choix.
       - Jessica, on a toujours le choix. Mais dans telle situation, il y a une option qui doit prévaloir sur l’autre. »
     
       - Merci, ma chérie. Je vais… je vais dormir. Laisse un mot à ton père pour lui expliquer… lorsqu’il reviendra, je dormirai, et il ne comprendra pas.
       - Papa ne rentre qu’après-demain, mais d’accord maman, je vais le faire. Je vais rester ici cette nuit. Je vais dormir dans le sofa.
     
       Quelque peu déconcentrée par des bruits de pas lourds dans la cage d’escalier, Jessica prit le temps de s’asseoir à la table de salon pour rédiger les explications destinées à son père, puis elle le plaça bien en vue à côté de l’assiette minutieusement préparée la veille pour son retour de l’usine. Même si elle dormait, il pourrait être informé.
       Alors qu’elle passait ses doigts sur les touches de son transmutateur, une ultime larme se dirigea vers le bas de la feuille.
       - Tout pourrait être tellement plus facile…
     
       Un bruit plus fort vint retentir contre la porte d’entrée. Elle se dirigea vers cette dernière pour l’ouvrir, tout en tapotant par réflexe sur son transmutateur qui émit des petits bips, tel un toc.
    Elle tomba nez-à-nez, stupéfaite, avec trois lieutenants plutoniens :
       - Qu’est-ce que vous faites là ?
       - On a une mission pour toi, dit le plus imposant des trois aliens, muni d’une lourde armure et d’une arme de poing à la ceinture faite de cuir.
       - Sérieusement, vous ne pouvez pas me laisser une soirée, une seule nuit pour dormir et me ressourcer ? Je suis fatiguée, ma mère est malade et je dois veiller sur elle.
       - Ce ne sont pas les souhaits de notre prince.
    Jessica sentit la colère monter en elle et ne put retenir des propos qu’elle regretterait sans doute :
       - Et bien il commence à me gonfler, le prince ! Je veux un peu de répit !
       - Tu n’as pas le choix, Zeo Ranger machin chose !
    Les deux lieutenants du leader en armure identifié sous le nom de code PR58 attrapèrent Jessica par chaque bras et la soulevèrent du sol, d’une poigne ferme.
       - Lâchez-moi ! Vous me faites mal ! Mais lâchez-moi ! On va négocier !
    Les deux soldats de PR58 lâchèrent Jessica dans le sas d’accès sur le palier de l’appartement puis éclatèrent de rire. La jeune femme se retrouva les fesses sur la moquette abîmée, endolorie au niveau du coccyx.
       - Tu n’es en pas en position de négocier, chuchota PR58 à son oreille, tout en faisant signe à l’un de ses troufions d’entrer dans l’appartement.
     
       Se relevant doucement pour retrouver une position debout, Jessica ne voyait qu’une seule solution à son problème : la transmutation.
       - Ne compte pas sur tes pouvoirs de Ranger pour nous échapper. L’un de mes soldats est dans l’appartement. Il ne lui faudrait pas longtemps pour atteindre la chambre de ta mère.
       - NON ! Vous ne feriez pas ça ?
       - On ne le fera pas si tu obéis à nos ordres, et si tu pars en mission maintenant.
    Jessica n’avait pas d’échappatoire. Une fois encore, elle devait protéger sa mère.
       - Vous me promettez de ne pas faire souffrir maman…
       - Si tu n’obéis pas, le sort qui lie ta mère, toi et l’impératrice Repulsa fera ce qu’il faut.
       - Qu’est-ce que je dois faire ? Et où ?
       - Commence par te transmuter et on en reparle après.
    Apercevant le visage non amical du plutonien dans l’appartement, et qui avait rechargé son revolver laser, elle ne discuta pas.
       - Maman, je suis désolée, tout ce que je vais faire, c’est pour toi, chuchota-t-elle tout en approchant ses deux poignets. Transmutation immédiate. Zeo Ranger Sept, argent.
    La combinaison d’un gris brillant vint recouvrir l’intégralité du corps svelte de la jeune Jessica Revlis, démunie comme jamais, au choix douteux d’avoir prêté allégeance à une sorcière, la conduisant vers un train de vie qu’elle ne savait plus correctement contrôler.
       Voilà où tu en es, ma pauvre fille.
     
                Elle attendit de recevoir la suite des évènements ou des coordonnées à atteindre, mais les plutoniens étaient concentrés à d’autres choses : le général PR58 était en communication avec Sariu.
                - Très bien mon prince. Je l’envoie là-bas.
    Il coupa la fréquence.
                - Et c’est où que l’on m’envoie.
                - Tu le sauras une fois sur place, déclara PR58 en lui attrapant le bras, aidé du garde resté à proximité.
    Puis ils disparurent dans un nuage de téléportation parsemé de gris et de jaune.
     
    ***
     
                L’alarme et le vista-globe étaient en alerte : la localisation précise de la Zeo Ranger d’Argent avait été établie, mais il n’y avait qu’un retour très flou et vulgairement pixellisé de l’image.
                - Il semblerait qu’elle soit dans une zone résidentielle avec beaucoup de blocs d’appartements, détecta Adam. Mais j’ai perdu sa trace, à l’instant.
                - Par contre, l’alarme sonne toujours. Elle n’est peut-être pas venue seule.
                - Oui, si elle était venue avec Goldar ou un autre monstre ?
                - Je te propose d’aller jeter un œil, dit John.
    Adam acquiesça sans hésiter : il devait retrouver Jessica.
    Pour la persuader de changer de cause.
    Et s’il n’y parvenait pas, il n’aurait pas d’autre choix que de l’affronter, ou plutôt, de laisser John s’en charger.
     
    ***
     
                - Où envoyez-vous la Zeo Ranger d’Argent ?
    Rita voulait savoir ce qu’il y avait de si important pour concocter une mission si tardive à sa protégée – tardive en se référant au fuseau horaire californien.
                - Ah, ma femme, ma putride femme, la petite Revlis va accomplir son destin.
                - Son destin ?
                - Et bien, reprit Sariu, ta protégée va pouvoir éliminer pour de bon ton ancien protégé. Mes espions ont retrouvé Tommy Oliver.
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    Message par KL44 le Mar 23 Avr - 12:52

    Hello !

    Le chapitre 9 est un gros pavé, car il se passe beaucoup de choses !


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    CHAPITRE 9
    D’un hémisphère à un autre
     
     
       Sydney, aéroport Kingsford Smith.
    Le seul aéroport australien qui proposait des vols commerciaux vers la Californie malgré la menace sur le sol d’Angel Grove : en effet, l’espace aérien américain demeurait restreint en raison de la menace planant sur la côte ouest et dans les terres.
     
       Les zones d’embarquement vers San Francisco étaient bondées, à tel point que la compagnie aérienne avait dû affréter deux appareils supplémentaires pour acheminer les civils coincés depuis plusieurs semaines sur le sol océanien.
    Certains en avaient plus qu’assez d’attendre et s’énervaient dans les longues files :
       - C’est incroyable, ça fait deux heures que j’attends ! C’est inadmissible ! Bravo, vive l’Australie, et sa gestion des aéroports !
       - C’est bientôt mon tour puis votre tour, ne vous inquiétez-pas. Vous n’êtes jamais allé en France et ça se voit. Quand le personnel est en grève, c’est pire !
       - Jamais allé en France ? Je suis de Paris ! Plus précisément de Puteaux !
       - Ca explique pourquoi vous râlez tout le temps ! Dire que l’on va devoir vous supportez d’ici jusqu’à San Francisco… on n’est pas sorti de l’auberge…
       - Comment ça San Francisco ? Je vais à Roissy moi, pas à San Francisco !
       - Alors ça c’est la meilleure ! Vous râlez et vous n’êtes pas au bon endroit. La bonne blague ! La file pour Roissy c’est la vingt-et-une, pas celle-ci qui est la dix-huit.
       - Gna gna gna, c’est bon, ça va…
    Le râleur quitta la mauvaise file vers la bonne, laissant l’autre individu pantois, alors que la queue de la file avança d’un cran suite à ce départ.
       - De rien… croyez-vous qu’il me remercierait pour le conseil. Même pas ! Ah, ces européens…
    L’homme qui vint se positionner derrière et muni d’un simple sac à dos en guise de bagage, portait une casquette noire, un t-shirt rouge et un jean bleu classique. Il n’avait visiblement pas envie de discuter, et ses lunettes de soleil conservaient un certain anonymat. La barbe hirsute témoignait d’un rasage négligé depuis plus d’une dizaine de jours.
       - Il s’était trompé de file, ce con, reprit l’homme patient. Et vous, jeune homme, vous allez bien en Californie ?
       - Oui, soupira-t-il.
     
                De l’autre côté de la toiture en verre, réchauffée par un soleil à rôtir un patrouilleur, quelques envoyés de l’espace aux desseins néfastes observaient silencieusement, dissimulés de l’œil humain.
    Si les quatre espions plutoniens et leur supérieur n’avaient aucun mal à rester discrets, Rito Revolto avait davantage de mal avec ce concept.
                - Je suis sûr que le gars avec la casquette, c’est Tommy, le Ranger Blanc. Et il va nous échapper en prenant l’avion ! Il faut intervenir…
                - Chut ! Tais-toi ! Le plan d’action est minutieusement préparé par notre prince. D’ici une poignée de secondes, le chaos va remplacer le calme dans ce hall.
    L’un des espions se rapprocha de l’oreille de son supérieur et lui parla :
                - Mon général, Scorpina confirme qu’un groupe de cinq militaires accompagnés de chiens se trouve à proximité des files d’embarquement.
                - Bien. Ordonnez-lui d’entreprendre la diversion.
                - Oui mon général. Je lui transmets.
    Rito gratta son crâne squelettique : il s’impatientait.
                - Et moi, je sers à quoi dans cette histoire ?
                - Je cherche encore… affirma le général plutonien, médusé par l’amateurisme du frère de l’impératrice Repulsa.
     
                Dans le hall, Scorpina, vêtue d’une tenue civile des plus classiques – robe noire et bottines grises synthétiques – avait reçu et acquiescé les ordres.
    Elle rallia les cabinets, y déposa une grosse valise et en sortit. Elle se dirigea vers le groupe de militaires.
                - Messieurs, je suis désolée de vous importuner, mais il y a un bagage abandonné dans les toilettes pour femme, et j’ai entendu un minuteur à l’intérieur.
                - Madame, êtes-vous sûre de vos propos ?
                - Je suis sûre qu’il y avait ce bruit de minuteur, mais je ne peux pas vous dire grand-chose de plus, hormis qu’il s’agit d’une grosse valise bleue.
                - Cette valise était complètement fermée ?
                - Oui monsieur.
    Sans un mot de plus, les cinq militaires prirent la direction des cabinets.
    Scorpina resta sur place et leva la tête vers le plafond de verre : elle fit un signe affirmatif vers son correspondant plutonien qui l’observait.
     
                - C’est le moment de lancer les hostilités, déclara le général perché sur le toit et impatient d’assister au désordre qui allait bientôt s’emparer des lieux.
     
                Soulagé de pouvoir enfin rentrer pour aider ses alliés, Tommy restait tête baissée, perdue dans des milliers de pensées : Kimberly, ses amis, Katherine, Angel Grove, sa famille, Zordon, Alpha, les forces du mal, Angel Grove qu’il allait bientôt rallier, moyennant une escale à San Francisco avant de monter dans le premier autocar venu.
     
                Mais Tommy était sur la défensive.
    Il n’avait plus aucun pouvoir.
    Il avait essayé de contacter ses amis, mais aucun n’avait répondu.
    La ligne secrète du Centre de Commandes n’était accessible qu’avec le transmutateur ou un communicateur, mais les deux outils avaient été endommagés, et le premier volontairement laissé tel quel – après combat - sur le sol pour faire croire à la fin du Ranger Blanc.
    Une vingtaine de jours coincé en Australie, avait fait vivre à Tommy Oliver pléthore d’aventures, qu’il raconterait en temps voulu.
    Sur le moment, il avait hâte d’embarquer dans l’avion, et priait intérieurement pour ne pas avoir été pisté.
                Ca fait cliché, mais tout paraît trop calme, pensa Tommy, en se préparant à transmettre son billet d’avion, payé grâce aux économies faites durant quinze derniers jours de labeur qui confirmaient qu’il était plutôt aisé de décrocher un job sur le territoire australien.
     
                Il restait deux personnes à embarquer devant Tommy lorsque trois étrangers armés débarquèrent, les pieds sur le tapis à bagages, sortant d’un nuage gris et jaune.
    Plusieurs cris et hurlements retentirent : les files se disloquèrent et chacun courut où il pouvait. Et pour cause : les deux plutoniens braquaient au hasard la foule de leurs blasters.
    Tommy ne put bouger : la vision le pétrifia.
     
                Jessica, sous son casque, ne pouvait croire ce qu’elle voyait : Tommy Oliver était vivant.
                - Non… ce n’est pas possible !
                «  Et si c’est possible ! » annonça Sariu via le communicateur de casque qui accentuait les aigues, et qu’elle seule pouvait entendre.
                - Tommy Oliver est encore en vie !
                «  Si tu avais fait correctement ton travail, il serait déjà mort. Tu as été incapable de le tuer, et tu as menti en m’assurant le contraire. Je ne sais pas si c’est ton incapacité dans les moments importants ou si tes sentiments te trahissent, mais tu n’as pas été à la hauteur, Ranger.
    Jessica ne répondit pas : elle aurait voulu tout envoyer balader, l’insulter, lui dire qu’elle arrêtait tout, mais elle en était incapable.
                «  Elimine Tommy Oliver, et ta mère sera sauve. Si tu échoues, le soldat posté à ton domicile s’occupera de son cas. Et pour te prouver qu’elle sera bien morte, je te montrerai son corps, comme ça tu sauras que je ne mens pas, moi. »
       Je ne peux pas laisser maman mourir. Je n’ai pas le choix.
       - Bonjour, Tommy. Il semblerait qu’un rendez-vous entre toi et moi ait été minutieusement arrangé, et j’ai une mission bien spécifique.
       Et crois-moi, je n’agis pas de gaieté de cœur.
    Tommy savait que malgré ses talents en arts martiaux, sans ses pouvoirs, il ne pourrait pas lutter : l’incident dans l’avion avait failli lui être fatal.
    Mais il n’aurait pas le choix que de se défendre.
       - Zeo Ranger, tu es venue terminer le travail que tu n’as pas su accomplir la dernière fois ?
       - En quelque sorte, oui, mais cette fois-ci, je ne te louperai pas.
       Maman, je vais tout faire pour te mettre à l’abri du danger, pour que tu guérisses définitivement.
     
    ***
     
       Adam et John venaient d’arriver à l’entrée de l’appartement où avait été localisée Jessica.
    Le premier d’entre eux scruta le nom sur la sonnette :
       - Famille Revlis. C’est l’appartement de la famille de Jessica !
       - Elle n’a pas dû venir pour leur faire du mal. Enfin, j’espère.
       - On va le savoir tout de suite.
    Ils activèrent en synchronisation parfaite une téléportation qui les emmena de l’autre côté de la porte close.
    Ils tombèrent nez-à-nez avec le soldat plutonien resté garder l’appartement.
       - Que faites-vous là !
       - Adam, vite, va chercher de l’eau et arrose-le !
       - Certainement pas !
    Le soldat se prépara à attraper Adam mais John allait l’empêcher en invoquant une arme qui jadis l’avait déjà bien aidée :
       - Epée-blaster !
    Ce petit pistolet était en semblable à ceux utilisés par les Rangers contemporains, à la différence qu’il était uniquement gris.
       Le soldat se posta devant l’évier de la cuisine avant l’arrivée d’Adam.
       - Je sais bien ce que vous comptez faire ! Mais il n’y a plus de ce produit incolore dans cette maison. J’ai coupé l’arrivée de l’eau dans toutes les autres pièces par précaution. Et vous n’aurez pas accès à cette zone que je n’ai pas encore neutralisé.
    Il donna un puissant coup de genou dans les côtes de John qui s’écroula.
       - Adam ! Entre le frigo et le four… regarde !
       - Oui, j’ai vu la même chose que toi !
    Adam se précipita et prit d’un pack cartonné, une bouteille de bière, puis une seconde.
       - Que fais-tu, espèce de crétin ! s’alarma le plutonien.
       John se resta au sol : l’angle de tir convoité était largement à sa portée.
       - Adam, balance-les vers lui !
       - Oui, c’est parti !
    Adam projeta les bouteilles de Dino Buckler au-dessus de la tête du plutonien qui tenta d’esquiver mais il était trop tard : d’une féroce et déterminante précision, John avait fusillé le verre et la bière s’échappa sur l’ennemi.
       - La bière, c’est beaucoup, beaucoup d’eau, mon cher ennemi de l’espace ! s’exclama John, qui constata la détresse du plutonien sur son visage dont la décomposition avait lentement commencé.
       - AHHH ! hurla ponctuellement le plutonien avant de ne plus en être capable, tant la bière avait eu l’effet escompté par le père de Jason.
     
       Le jeune soldat, pilote de cargo de marchandises reconverti et âgé d’une cinquantaine d’années, n’était plus. La partie basse de son corps gisait au pied de l’évier, telle une carcasse d’un animal mort et rongé par les parasites.
       - Il n’a pas eu le temps de trop nous secouer, souffla Adam en venant aider son allié à se relever. Et toi, comment vas-tu ?
       - Il m’a fait mal sur le coup, mais ça va mieux. Par contre, pas de Zeo Ranger d’Argent, sinon, elle nous aurait déjà sautés dessus.
       - Sauf si elle nous attend dans une autre pièce.
    Adam ne savait pas encore comment il réagirait devant Jessica, avec ou sans combinaison. Elle représentait un danger réel pour la planète, pour la sécurité, et pour lui.
       «  Adam a une arme secrète : ça s’appelle l’honneur ».
    Cette phrase sembla ressurgir de nulle part. Qui la lui avait soufflée ? Une femme, selon l’intonation de la voix dans son souvenir.
       - Jessica n’a vraiment pas d’honneur. Je suis vraiment déçu.
       - Qu’est-ce que tu dis ? demanda John tout en refermant la chambre de la mère de Jessica, endormie, et ne présentant pas de dommages.
       - Rien… rien d’important, mentit Adam, qui ne pouvait laisser transparaître le moindre signe de faiblesse.
       - Parfait. Allez, ne traînons-pas. Elle n’est pas ici. Téléportons-nous dans le sens inverse, et retournons à la base pour…
    Mais Adam avait remarqué quelque chose.
       - Attends une minute.
    Il s’approcha de la salle de bains, de laquelle un bruit d’écoulement provenait.
       - Tu entends ?
       - Oui. C’est comme s’il y avait une fuite d’eau, ou un robinet d’ouvert.
    Adam s’avança vers la porte mais John le retint :
       - Laisse-moi y entrer. On ne sait jamais.
    Sur ses gardes, le Ranger des années quatre-vingt arma son blaster et ouvrit la porte, mais personne ne se trouvait dans la pièce.
    La baignoire se remplissait doucement d’eau : dans cette eau tombant d’un robinet mal fermé, une bouteille en verre flottait.
    Et dans cette bouteille, un papier plié, sur lequel était indiqué un prénom.
       - Adam…
       - Qu’est-ce que cela signifie… ton prénom marqué là-dedans.
       - Il faut casser cette bouteille.
    John s’exécuta grâce à son arme d’un simple tir. Il transmit le papier plié à Adam.
       - Je crois qu’elle t’a laissé de la lecture.
    Ce dernier le saisit et déplia le mot. Il ne comprit pas bien toute cette mascarade pour un simple mot qu’il allait découvrir.
     
       Il sortit de la salle d’eau vers le salon avant de commencer la lecture, en essayant de rester concentré afin de bien comprendre le sens de chaque phrase.
     
       Cher Adam,
     
    Si tu trouves cette lettre avant l’aube, c’est que mon plan afin de me faire volontairement repérer a fonctionné, mais à l’heure où tu liras ces mots, je serai peut-être en train de commettre des faits irréparables.
     
       Je suis une fille comme une autre, seulement, il y a de cela quelques années, j’ai croisé la route d’une personne qui m’a promis l’impossible moyennant de vils services.
      
       Rita Repulsa m’avait assuré de la survie de ma maman, atteinte d’un cancer du foie.
    Jusqu’à présent, la science humaine n’a fait que repousser l’échéance sans éliminer la menace.
    Rita m’a promis la rémission si j’agissais en tant qu’agent du mal. J’étais dans une telle détresse : j’ai fini par accepter après avoir initialement refusé.
    Et l’état de ma mère s’est peu à peu amélioré.
     
       Mais pour une guérison complète et rapide, j’ai dû multiplier les missions, et Rita m’a confié celle d’anéantir les défenseurs de la planète Terre : les Power Rangers.
    Liée à cette mission, Sariu m’a également demandé de l’aider dans sa quête de la plantation des anges sur Terre.
     
       Adam, à l’heure où tu liras ces mots, si je ne suis pas présente, il est possible que les forces du mal aient découvert mon envie de désertion. Il m’a peut-être été confié une mission que je devrai réaliser contre mon gré.
     
    ***
     
                Malgré une fatigue assommante, Tommy avait engagé le combat contre la Zeo Ranger dans un hall d’embarquement quasiment désert.
    Mais Jessica était plus rapide, plus vive, plus puissante et elle disposait surtout d’une défense redoutable.
                - Boomerang, va chatouiller la carotide de Tommy !
    Elle expédia l’arme vers lui mais il parvint à esquiver en se cachant derrière le comptoir d’une grande compagnie aérienne allemande.
                - Tu sais passer au travers de mes offensives. Tu aurais été si bon de notre côté, Tommy.
                - J’ai déjà pratiqué, et si la couleur verte m’allait bien, l’idéologie prônée par tes supérieurs me donne de l’urticaire !
                - Oui, mais tu as aussi servi Rita !
                - C’était un sort ! Et je n’ai tué aucun être humain !
                Moi aussi c’est un sort. Quant au reste… je n’avais pas le choix… tuer pour protéger…
                - Je serai toi, j’arrêterai de parler et je me mettrai à couvert.
    La Zeo Ranger d’Argent évoqua des pouvoirs supplémentaires.
                - Dague du dragon !
    L’épée apparut en même temps que le bouclier doré, qu’elle s’employa d’utiliser pour envoyer des rayons vers Tommy qui les évita mais, par leur action, fut projeté dans des bagages abandonnés par les voyageurs apeurés.
     
    ***
     
                Adam, quoi que j’aie pu faire, quoi que je fasse dans les minutes ou les jours à venir, je t’exprime mes regrets. Je lutte pour une seule cause : celle de ma maman.
    Elle est dans la chambre. Elle dort, je l’espère. Je ne sais pas comment te demander cela, mais veille sur elle. La menace sur ma famille, je la sens gronder.
     
                Ce n’est pas tout Adam. Je ne peux changer de cap. Si Rita découvre que je flanche, ma mère sera sa prochaine cible. Alors, au lieu de refuser de me battre, je n’ai rien trouvé de mieux que de te procurer quelque chose qui pourrait redonner l’espoir à la planète Terre et aux Power Rangers. Ce quelque chose te permettrait d’arrêter mes éventuels plans machiavéliques.
     
    ***
     
                - Là, maintenant, si un miracle pouvait se produire, ce serait vraiment génial !
    Tommy avait l’impression d’avoir vieilli de vingt ans : ses articulations semblaient rouillées par la chute précipitée par les lasers du bouclier de Jessica, qui la rendait démoniaque.
                Pourquoi ai-je cette volonté de faire du mal, d’un coup ?
    Tommy rampa derrière un comptoir de vente de viennoiseries, sans trop savoir comment il allait s’en sortir.
                - S’il vous plaît, à l’aide… si quelqu’un m’entend…
    Tommy murmurait ses mots sans y croire : il se savait cuit et condamné.
                - Ce n’est pas la peine de te cacher, Ranger Blanc. Oups ! Je te demande pardon, je suis désolée, j’aurai dû dire : ex-Ranger Blanc.
    Jessica s’approcha du comptoir et s’apprêta à sauter par-dessus lorsqu’elle fut projetée par un halo de lumière qui la propulsa dans la vitrine de la papèterie voisine.
    Le verre ne parvint pas à pénétrer entre la tenue et le cœur endolori et transpirant de Jessica.
     
                Du halo de lumière apparut un grand être bleu au torse arborant la quatorzième lettre de l’alphabet dans un cercle doré.
                - Alors, on n’attend pas Ninjor ?
                - Ninjor ! Tu es mon miracle !
    Tommy n’en croyait pas ses yeux : son sauveur était arrivé.
     
    ***
     
                Extrêmement concentré, Adam poursuivit la lecture de la lettre laissée par Jessica : il avait lu la plus longue partie.
     
                Adam, cette chose ne sera accessible qu’à ceux qui résistent à l’hydrogène. Tu la trouveras dans le lave-linge au tambour rempli d’eau.
     
                Je suis désolée de tout ce plan que j’ai concocté à la va-vite, et je ne cherche pas à ce que tu y trouves une certaine logique, mais il s’agit d’une chance que tu ne dois pas louper : celle de sauver tes amis, et de lutter à armes égales contre mes agissements.
     
                J’espère qu’un jour tu comprendras, malgré l’ampleur de mes actes.
    Et je ne te remercierai jamais assez de m’avoir sauvé la vie.
     
                Jessica.
     
                Il plia le papier, le mit dans la poche arrière et se tourna vers John.
                - Le lave-linge…
                - Je l’ai aperçu dans la buanderie.
    John retint Adam par le poignet :
                - Adam, je ne sais pas ce que tu as lu, mais ça ne sentirait pas le piège à plein nez ?
                - Possible, mais je dois en avoir le cœur net. Allons voir la buanderie.
     
                La buanderie était la pièce de l’appartement la plus éloignée de l’entrée : de plus, la bizarrerie de cet espace résidait en sa marche qu’il fallait descendre.
    Adam posa le pied sur le sol brut, sans carrelage ni parquet, et fut surpris de l’humidité :
                - La pièce est inondée !
                - Oui, je l’avais remarqué tout à l’heure, mais fais gaffe ! Il ne faudrait pas que Jessica nous ait piégé la pièce et nous foute en l’air à cause d’un fil dénudé minutieusement positionné dans l’eau.
    Adam tenta d’activer la lumière mais celle-ci resta éteinte.
                - C’est comme si il n’y avait déjà plus de courant dans la buanderie. Regarde, les appareils ménagers sont tous éteints.
                - Je vais trouver le tableau électrique et disjoncter le courant dans la pièce si cela n’a pas déjà été fait… auquel cas, Jessica n’aura pas essayé de nous tuer.
     
                John rallia l’entrée et, après vérification du tableau, indiqua à Adam que l’accès était sûr.
                - La seule chose que tu risques, c’est de te tremper les orteils. Tu peux y aller.
    Dans l’inconnu, Adam pénétra dans la buanderie et tâtonna, ses seules mains comme guide le long des murs partiellement recouvertes de faïence.
                - J’ai trouvé le lave-linge !
    Il ouvrit le hublot et de l’eau s’échappa en abondance.
                - Me voilà trempé des pieds au ventre.
    Il fouilla dans le tambour qui se mit à briller de mille feux et y trouva une boîte transparente contenant quelque chose qu’Adam reconnut au premier coup d’œil, non sans émotion :
                - Je ne peux pas le croire.
     
    ***
     
    Zeo !
    Une syllabe prononcée rapidement et dans les aigues surgit de nulle part, à volume réduit.
    Jessica ne savait pas si elle était la seule à l’avoir entendue, mais cela ne pouvait signifier qu’une seule chose.
    Elle osa un sourire, dissimulé sous son casque.
     
    ***
     
    Adam ouvrit la boîte et toucha l’élément rectangulaire et opaque qui changea de couleur et surbrilla d’un vert intense.
                - Adam, que se passe-t-il ? Tu es en danger ?
                - Non John… ce serait plutôt un miracle. Nom d’un cristal…
    Adam se sentit revivre : si cela se confirmait, le vert serait bien la couleur de l’espoir.

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