MMPR S4, épisode 4 : Double attaque

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    KL44
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    MMPR S4, épisode 4 : Double attaque

    Message par KL44 le Mer 24 Juin - 13:11

    Bonjour,

    voici la 4ème fanfic sur les Mighty Morph'n Power Rangers, revenus dans le temps et toujours prêts à en découdre avec des forces du mal de plus en plus démoniaques.

    Voici donc la suite de "Zeo Zeo Sept" : "Double Attaque". Son premier chapitre est en ligne.
    Bonne lecture...

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    CHAPITRE 1
    Ecalghtoh
     
        L’espace est tellement vaste, que personne n’a vraiment exploré ne serait-ce qu’un demi pourcent de son étendue infinie. Existe-il une limite ? Est-ce qu’il n’existerait pas des civilisations bien plus avancées que celles déjà répertoriées ? Combien de milliers de planètes et de millions d’étoiles reste-il encore à découvrir ?
     
        Certaines parties de l’espace étaient depuis la nuit des temps sans vie. Depuis des milliards d’années pour beaucoup, seulement depuis quelques dizaines de siècles pour d’autres.
    Que dire de ces planètes nées bien avant la création, par un phénomène si mystérieux, de la Terre, et qui n’ont jamais connues la moindre présence vivante ? Ces planètes qui pourtant, sont parfois bien desservis par la végétation, l’oxygène, et même parfois, l’hydrogène.
    Quand on sait que sur Terre, beaucoup de scientifiques, d’hommes politiques, et de chercheurs parfois plus fous que compétents craignent un manque d’eau dans les cent prochaines années, quelles têtes feraient-ils s’ils apprenaient de source sûre que certains astres voient leur surface recouverte d’océans en écrasante majorité ? Surtout que, pour quelques-uns de ces astres, l’eau y est d’une pureté si rare, et encore jamais égalée sur celle que l’on appelle planète bleue sans se douter une seule seconde qu’il y a bien d’autres planètes qui mériteraient ce nom.
     
        Ecalghtoh.
    Un nom très spécial pour une planète bien particulière, qui fait partie de la liste des endroits les plus aquatiques de toutes les galaxies.
    Ecalghtoh n’était pas de l’envergure de la Terre : environ trois fois moins grande. Elle était inhabitée depuis des temps extrêmement lointains. Et, si ce n’est encore les quelques rares débris de vaisseaux par ici, ou les quelques ossements de bipèdes de la taille de dromadaires sans les bosses, qui prouvaient le patrimoine passé, le désert et le silence régnaient de mains de maître. Rien ni personne ne semblaient pouvoir troubler ce havre de paix. Ecalghtoh faisait partie d’un petit ensemble de trois planètes plus petites mais ressemblant fortement à cette dernière.
     
        Ecalghtoh, qui était un astre sans aucune rotation, demeurait une planète à deux visages : le premier présentait la face ensoleillée par une étoile se trouvant à cent millions de kilomètres ; cette face était composée d’eau, d’eau, et d’eau ! Et malgré la superficie incroyable de mers étrangement inhabitées, il subsistait quelques îles, qui ne dépassaient jamais la taille d’un terrain de football américain. Ces îles, qui ne s’élevaient jamais au-dessus de trente-mètres d’altitude, étaient jalonnées de terre ou de quelques parcelles glacées mais en nombre restreint.
    L’autre face d’Ecalghtoh était elle aussi exposée au jour toute l’année, mais moins densément. La lumière provenait cette fois de plusieurs petites étoiles très éloignées. De plus, des nuages stables, et bougeant que de quelques mètres par millénaire à cause de l’absence de vent, empêchaient un peu cette source de lumière de percer jusqu’à la surface de la planète. Et cette surface était glacée : la température restait entre moins quinze et moins sept degrés, inexorablement.
    Une surface blanche à perte de vue : les sols étaient gelés partout, tout comme les nombreuses falaises et autres collines. Ces sols s’avéraient parfois instables, car en nombre étaient les crevasses : quiconque aurait voulu s’aventurer sans étudier le paysage et la géographie se serait fait prendre au piège et aurait senti la glace s’effondrer sous ses membres inférieurs. Enfin, il y avait de très nombreuses grottes magnifiques, renfermant des stalactites et des stalagmites, ainsi que de magnifiques dessins sans doute réalisés par les anciens habitants, des milliers d’années, voire des millions d’années auparavant.
    Ces dessins représentaient des choses allant des formes géométriques les plus simples aux individus ressemblant à des humains et illustrés avec quelques détails saisissants, comme par exemple, des armes, des bijoux, ou des vêtements. Il y avait aussi quelques croquis intriguant, rappelant les fameuses lignes de Nazca, au Perou, ou dans un champ de plusieurs hectares, une civilisation lointaine aurait réalisé ce qui reste aujourd’hui encore l’un des plus grands mystères de la Terre. Nul ne savait si Ecalghtoh avait abrité les réalisateurs de cette intrigue destiné à ne jamais être résolue.
     
        Pourtant, cette planète aux paysages magnifiques, voyait depuis quelques semaines terrestres passer deux individus, qui visiblement n’étaient pas amis, bien au contraire. Ils transitaient furtivement par les deux faces d’Ecalghtoh, mais la ballade n’avait pas l’air de les intéresser.
     
        Le premier individu avait un corps squelettique, un crâne ressemblant davantage à un casque militaire et une spectaculaire épée qui passait aussi pour des ossements. Nul doute : c’était un alien assez vieux.
    Le second personnage était plus imposant, et portait un uniforme de samouraï et un casque bleus, ainsi qu’un sublime sabre doré qu’il rangeait derrière lui. Son apparence n’était pas vraiment humaine : quiconque l’aurait vu pourrait croire à un robot.
     
        Le monstre squelettique, grelottant, venait de sortir d’une grotte, avec une boîte noire sous le bras. Visiblement, il venait de la trouver car elle était en certains endroits recouverte de couches de glace : il avait l’air intrigué. Pensant à son ennemi qui ne devait pas être très loin il regarda autour de lui pour voir si personne ne l’épiait. Puis il vérifia la solidité du sol : la couche blanche était dure, aucun risque de mouvance. Alors, il posa la boîte à terre et s’abaissa pour l’ouvrir.
        - Cette grotte était une véritable mine d’or. Au moins, j’en sais un peu plus maintenant sur les rapports que devait entretenir cette ancienne civilisation avec les forces du mal. Je ne sais pas s’ils étaient de notre côté, mais leurs convictions semblaient être aussi les nôtres au vu de leurs dessins et leurs croquis. Bon, passons à cette chose, que cette civilisation a laissé. Je vais délivrer tous les secrets que tu renfermes, petite boîte.
    Il tenta tout d’abord de l’ouvrir par la force de ses doigts. Mais, il ne réussit pas à soulever le couvercle qui resta dans sa position initiale.
        - Zut ! Ca a l’air gelé là-dedans, comme mes doigts. Pourquoi j’ai atterri sur cette fichue planète, alors que je me croyais réduit en miettes après ma mort ? Après tout, peut-être que cette boîte pourrait m’aider…
    Le personnage n’était pas très futé. Il pouvait être très puissant au combat, mais le cerveau ne suivait pas forcément. Alors, il mit la main près de ses yeux qui tirèrent des rayons rougeâtres à destination du verrou de la boîte. Mais une fois de plus cette dernière se s’ouvrit pas et les lasers ricochèrent et virevoltèrent plus loin, ne faisant juste fondre le gel.
        - Ce n’est pas ma veine, ça ! Et dire que cette maudite boîte est le seul objet que j’ai trouvé depuis mon retour… je ne trouve même pas le moyen de l’ouvrir ! Allez, petite boîte, ouvre-toi, juste pour moi, Rito Revolto…
        - Tu te prends peut-être pour Ali Baba ? intercepta une voix derrière, venant du second individu tout vêtu de bleu.
    Rito Revolto se retourna et croisa le regard caché par une visière de son ennemi. Il se leva et prit son épée des deux mains.
        - Ninjor ! Encore toi ! Je croyais m’être débarrassé de toi la dernière fois que l’on s’est vu, c’est-à-dire… c’est-à-dire il n’y a pas longtemps !
        - Ma feinte marche à tous les coups ! Je fais le mort, et tu n’y vois que du feu ! De toute façon, si je ne te suis pas, tu te téléporteras dès que tu pourras.
        - Je ne sais même pas où je suis, comment veux-tu que je quitte cette planète, je ne sais pas par où aller. Et de toute façon, pourquoi je parle de tout ça avec toi ? Je perdrai moins de temps à te couper la tête.
        - Ne mens pas, Rito, je sais que tu veux partir d’ici, comme moi !
        - Admettons… et j’irai où, gros malin ?
        - Ca je ne sais pas mais j’ai mes idées…
    Ninjor baissa les yeux et remarqua la mystérieuse boîte noire à terre.
        - Tiens, tu as fait des courses ?
        - Quoi ? De quoi tu causes encore…
        - De cette boîte, elle ne m’a pas l’air dénuée de tout intérêt. Je dirai même qu’elle est plutôt chouette et en sacré bon état. Tu as dû la trouver quelque part par là.
        - Ah oui, et encore ?
        - Et bien… elle représente des signes bizarres… qui ne sont pas sans rappeler les gravures que j’ai pu voir dans certaines grottes de cette planète glacée.
    Rito se baissa et reprit la boîte en question. Puis il se releva et recula de quelques pas.
        - La conversation a assez duré. Je n’ai plus rien à te dire. J’ai à faire.
    Ninjor avait vu que Rito voulait se téléporter immédiatement. Alors il fonça sur lui et parvint à le faire tomber avant qu’il ne disparaisse. Rito se retrouva le crâne dans la neige. Mais il ne mit pas longtemps à se relever, tout en braquant Ninjor avec son arme.
        - Pauvre fou ! Tu as voulu me tuer !
        - Je voulais surtout empêcher ta téléportation ! Tu as tenté de quitter cette planète pour retrouver ta bande, je le sais !
        - Mais mes amis sont morts, comme les tiens !
    Les paroles qu’il venait de prononcer pour dissuader Rito de tout départ vers la Lune, Ninjor n’en croyait pas un mot. Il sentait ses amis vivants, ses amis qui défendaient une planète bleue qui lui semblait si lointaine. Dans sa tête, si Rito le savait aussi, et s’il partait, c’était pour retourner vers le Palais Lunaire afin de rallier les forces de sa sœur Rita Repulsa et de son horripilant mari, le Seigneur Zedd. Ninjor ne savait pas si sa pensée était vérifiée, mais il préférait laisser la priorité à son instinct.
    La seconde d’inattention de Ninjor profita à Rito qui s’échappa des lieux en s’enfuyant avec la boîte. Il prenait la direction de grandes falaises glacées.
        - Attends ! Où vas-tu comme ça ? Une fois de plus tu veux te barrer ? cria le ninja de couleur bleu.
        - Laisse-moi donc tranquille, espèce de vieille carcasse ! rétorqua Rito. Je vais où bon me semble et je n’ai pas besoin de ton accord !
        - Et… cette boîte ?
        - Mais quand vas-tu te mêler de tes affaires, mon pauvre Ninjor ? J’ai trouvé cette boîte, et je l’emmène avec moi. C’est pas encore clair dans ta petite…
        - Elle fait partie du patrimoine de cette planète ! lança Ninjor, qui n’avait trouvé que cette excuse pour dissuader l’ennemi qui s’équipait peut-être d’une mystérieuse force présente dans un mystérieux objet.
        - Et alors ? Qu’est ce que j’en ai à faire ? Si tu savais ce que je ferai du patrimoine de certaines planètes… tiens, regarde, la Terre. Elle a beau renfermer de très beaux trésors, je n’ai aucun remord quand à lui infliger quelques dégâts par-ci par-là… au contraire, j’y éprouve même du plaisir, et vivement que j’y retourne pour…
        - Que tu y retournes pour… pourquoi faire ?
    Rito, qui était déjà à six ou sept mètres de Ninjor, remarqua sa boulette – une de plus à son actif – qui en disait long sur ses intentions secrètes. Mais il ne répondit pas.
       - Tu es sourd ? Je t’ai posé une question, Rito ! Et je sens que la réponse, je vais la deviner tout seul, enfin, je l’ai déjà deviné…
     
    Tout à coup, Rito sauta en direction de Ninjor, épée à la main. Il atterrit à moins d’un mètre du ninja et lui attribua un puissant coup de pied au niveau de la cuisse gauche. Ninjor n’avait pas eu le temps d’esquiver l’attaque mais il parvint à saisir son sabre juste à temps pour contrer le coup de l’arme adverse. S’en suivit quelques échanges dignes d’escrimeurs essoufflés.
       - Pourquoi m’as-tu attaqué soudainement ? questionna Ninjor, qui trouvait les mouvements de Rito ridicules. Tes coups sont minables. Tu aurais dû t’abstenir pour ton éthique, pour ta fierté.
       - Tais-toi, imbécile ! Profite-en, ce sont les derniers moments de ta vie insignifiante ! Et ce n’est pas la première fois que l’on se bat depuis que nous sommes sur cette planète !
       - Oui, au moins ça nous occupe… et depuis le temps je crois surtout que tu ne sais pas te servir d’une épée, la preuve ! Mais là, je ne comprends toujours pas pourquoi tu as subitement décidé de m’attaquer.
       - Je te trouve un peu trop curieux ! contra verbalement Rito, tout en faisant de même avec son arme, voyant Ninjor qui prenait le dessus.
       - Trop curieux sur quoi ?
       - Tes questions… tes questions sur moi, mes intentions, cette boîte… tu veux toujours tout savoir et je n’aime pas les curieux de ton espèce !
       - Ah !!! On y arrive ! plaça Ninjor, qui cherchait comment faire tomber l’épée de Rito. On y arrive ! Tu ne peux donc plus nier tes intentions ! J’ai compris depuis le début que tu veux quitter cette planète. Et je dois t’en empêcher coûte que coûte, même si je dois lutter pendant des heures, pendant des jours !
       - Tu ne m’empêcheras rien du tout, je partirai quand je voudrai !
     
       Ninjor sentait que la boîte pouvait aider son possesseur. Et si elle était magique ? Il avait déjà vu des phénomènes similaires. Mais il devait avant tout se concentrer sur le duel qui était à son avantage. Les échanges s’éternisaient…
    Mais si Ninjor s’acharnait à bien sabrer, Rito avait d’autres projets à court terme. Il guettait le moment propice pour effectuer un pas en arrière de manière à être hors de portée de l’adversaire pendant une poignée de secondes : juste assez de temps pour déclencher de ses yeux une rafale de lasers en direction de Ninjor qui ne put indéfiniment repousser les tirs, malgré son sabre qui faisait obstacle. Puis Rito s’avança et donna un coup de poing dans la tête du ninja qui glissa à la renverse, lâchant son sabre.
       - Tu es trop faible pour me résister, Ninjor ! jubila le frère de Rita Repulsa. Regarde, tu te retrouves avachi comme un pauvre débutant dans cette neige ! Je suis mort de rire…
    Mais Ninjor ne s’voua pas encore vaincu : il se redressa sur ses deux jambes, enfourcha Rito par le col sans que ce dernier n’eut une seconde pour réagir, et le jeta à son tour. Le guerrier squelettique rata sa réception et sentit un des os de sa jambe gauche craquer.
       - Aie ! Qu’est ce que tu m’as fait ? cria Rito tout en auscultant du regard la partie de son corps d’où était venu le craquement d’os.
       - Ca sent la fracture, ça ! Difficile de marcher avec une patte dans le sac, ha ha ha !
    Rito se sentait humilié comme rarement il l’avait été. Alors, il fit abstraction de sa douleur, reprit son épée qui n’était pas loin, et se releva de toute sa force provenant de sa jambe droite, encore en très bon état contrairement à l’autre. Il sautilla une fois puis assaina un puissant coup du manche de son épée à Ninjor, en pleine tête. Mais Rito ne s’arrêta pas là : il donna quatre autres coups et Ninjor tomba de nouveau. Même à terre, il continua de subir la rage du monstre qui distribuait à tout va les coups de pieds. Ninjor cherchait de ses mains son sabre dans la neige, en vain.
       - Tu fais moins le malin, petit crétin ! hurla furieusement Rito. Je vais te mettre tant de coups de pieds que tu vas mourir dans la poudreuse !
     
    Ninjor n’avait plus la force de se relever. Il encaissait les coups sans pouvoir réagir, jusqu’au moment où, à cause de cela, en plus du froid, il perdit peu à peu connaissance.
    Selon Rito, la messe était dite : il était venu à bout de son ennemi.
       - Je l’ai eu ! Je l’ai eu ! Je vais pouvoir me barrer tranquillement et…
    Ninjor ferma les deux yeux. Rito avait gagné le combat.
     
       Mais ce combat n’était pas le dernier pour Ninjor. Il rouvrit les yeux environ dix minutes terrestres plus tard, sans qu’il ne sache combien de temps il avait pu se passer. Il tourna la tête légèrement à gauche et vit Rito sortir d’une grotte. Au vu du paysage, Ninjor remarqua qu’il n’avait pas été déplacé. Mais le comportement de Rito le préoccupait davantage. Il avait l’air de parler dans le vide.
       - … oui… oui, je te dis, j’arrive ! Il y avait une sorte de croquis dans une grotte qui représenterait plusieurs galaxies… oui, comme une carte routière, mais sans les routes et avec des planètes… non… ah, oui Rita, je crois que j’ai trouvé quelque chose d’intéressant… oui, j’arrive, je viens au Palais Lunaire… je me téléporte sur le champ… à très vite…
       - Non… je ne peux pas le laisser faire… souffla Ninjor.
    Mais trop tard. Rito Revolto avait disparu.
    Ninjor se rappela alors des dires du squelette alien : cette carte spatiale, dans cette grotte… au bout de quelques minutes il se releva tant bien que mal, malgré la douleur, et se traîna comme il put jusqu’à la grotte la plus proche, celle de laquelle l’ennemi était sorti.
     
       Il n’eut pas besoin de chercher longtemps pour trouver la carte en question : en effet il s’agissait d’une remarquable fresque où était présentée une grande partie de l’espace. Il réussit alors à se localiser.
       - Ecalghtoh ? Quel nom pour cette planète que j’aurai plutôt baptisé Planète Blanche… et ici, d’autres planètes, et… la Lune là-bas… dis-donc, ça à l’air de faire une sacrés distance. En espérant que cette carte ne soit pas un canular. Sinon, et Rito et moi sommes perdus à tout jamais.
     
       Un détail intercepta le regard de Ninjor : le signe présent sur la boîte noire trouvée par Rito était présent sur plusieurs planètes, dont sur Elcaghtoh.
       - Ce signe Nazca… la boîte… je ne comprends pas tout…
    Ninjor sentait son esprit s’entremêler. D’abord Rito qui trouve cette boîte, puis qui se fait la belle après un combat difficile, puis ces dessins.
       - Rito… il ne parlait pas tout seul… il parlait avec Rita ou Zedd !!! s’exclama Ninjor. Ce qui expliquerait ce retour il y a quelques semaines. Rito veut sans doute passer à l’action, et cette boîte va peut-être l’aider…
    Ninjor sortit de la grotte, ramassa son sabre et le rangea derrière son dos. Il savait où il devait se rendre, désormais.
       - Il n’y a qu’une personne qui va pouvoir m’écouter, si elle existe encore. Cet être pourra sans doute m’aider sur ces mystérieux signes. Direction la Terre.
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    Re: MMPR S4, épisode 4 : Double attaque

    Message par KL44 le Lun 13 Juil - 16:54

    Bonjour !

    Voici le second chapitre...
    Bonnes vacances aux concernés !

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    CHAPITRE 2
    Le retour du frère
     
       Les nombreux étages du Palais Lunaire étaient calmes, très calmes. En fait, la plupart des aliens qui composaient le groupe d’habitants dormaient depuis quelques heures déjà. Même le Seigneur Zedd s’était assoupi, assis sur son trône. Seuls le prince plutonien Sariu, méditant dans sa chambre, et la sorcière Rita Repulsa, se dirigeant vers l’entrée secondaire, faisaient preuve de vie dans ce palais-dortoir.
     
       Rita sortit du grand palais et se retrouva au beau milieu des dunes lunaires. Visiblement, elle cherchait quelque chose, où quelqu’un. Elle regarda un peu partout, puis elle s’avança de quelques mètres, pestant quelques mots à voix basse.
       - Dommage que je n’ai pas de balai, j’irai plus vite…
    Elle poursuivit sa marche quelques secondes, puis elle stoppa. Elle vit au loin, un être bipède qui marchait lentement, et qui avait l’air de se tenir l’une de ses jambes.
       - C’est lui… souffla Rita en levant les deux bras en l’air pour se faire remarquer. Houhou ! Rito ! Je suis là !!!
    Rito s’arrêta, puis leva la tête en direction de sa sœur. Il s’avança de nouveau et mit une minute à rallier cette dernière.
       - Rito, tu as l’air blessé… tu ne m’avais pas dit…
       - Salut, ma sœur ! Oui, c’est cet idiot de Ninjor qui m’avait fait mal, je crois que j’ai l’os qui a souffert, mais je n’ai pas eu le temps de m’attarder sur mon cas.
       - Et bien, je vais préparer une incantation pour te soigner, mais d’abord, regagnons le Palais Lunaire, nous y serons mieux.
     
       Rito boitait toujours un peu. Rita l’aida à se maintenir debout et le guida jusqu’à la salle commune. Puis elle l’installa dans un fauteuil très confortable. C’est à ce moment qu’elle remarqua le petit objet noir que tenait fermement son frère dans sa main droite.
       - Qu’est ce que c’est que ce truc ?
       - Ceci, est une boîte qui m’a paru bon de te montrer. Elle a éveillé ma curiosité. Et Ninjor avait raison en disant qu’elle pouvait renfermer des pouvoirs rares. Hélas je ne suis pas expert dans ce genre de truc mais tu vas peut-être pouvoir m’aider.
       - Ninjor ? questionna Rita, avant que Rito ne lui raconte ses mésaventures avec le guerrier bleu.
       - Mais je crois qu’il est bel et bien mort cette fois. J’ai réussi à le vaincre. Tiens, la voici, cette boîte.
    Rito tendit la boîte à sa sœur qui la prit et l’observa de long en large. Rita se gratta le dessous de son menton tout en essayant de trouver une réponse.
       - Humm… je ne vois pas, mais tu as essayé de l’ouvrir ?
       - Oui, mais elle m’a résisté, c’était incroyable. Il n’y avait rien à faire, elle contrecarrait toutes mes tentatives.
       - Je suis navrée, je ne peux pas t’en dire plus. Je n’ai pas de réponse.
       - Et si tu lui lançais un sort ? Tu es une sorcière après tout…
       - Je ne préfère pas, elle a peut-être un système de défense contre les sorts et je ne préfère pas prendre le moindre risque inconsidéré.
    Le sourire naissant de Rito se volatilisa. Il était déçu de voir que sa sœur n’avait pas les capacités escomptées.
       - Tu ne veux donc pas m’aider, Rita. Ca me vexe.
       - Ce n’est pas que je ne veux pas, je ne peux pas t’aider ! Nuance.
       - Tant pis. Et sinon, ton mari, c’est toujours le Seigneur Edd ? Et avant toute chose, tu pourrais m’expliquer pourquoi je suis vivant, et pourquoi tu es vivante, et pourquoi…
    Le parquet craqua dans le couloir qui menait à la salle commune. Un grand personnage entra dans la pièce : Sariu. Il s’approcha de Rita puis il constata qu’elle n’était pas seule.
       - Bonsoir, fit Sariu tout en observant Rito. Qui êtes-vous ?
    Rito voulut se présenter, mais Rita prit les devants.
       - Sariu, mon ami, je suis heureuse de te présenter mon frère, Rito Revolto.
    - Rito Revolto ? Celui qui a réussi à anéantir les Tonnerre Zords d’antan ? C’est bien toi, grand guerrier de l’ombre ?
    Rito était sidéré : jamais personne n’avait vanté ses actions de telle manière, hormis le jour où, effectivement, il s’était fait remarquer car il était venu à bout des Megazords des Power Rangers.
       - Euh… oui, c’est bien moi, monsieur… comment dois-je vous appeler ?
       - Voyons, Rito, tu ne reconnais pas le grand, l’illustre Sariu, prince de Pluton.
       - Ah, je ne vous connaissais que de nom, monsieur Ariu. Et bien, je suis tout à fait honoré de faire votre connaissance.
       - Rito… c’est Sariu… pas Ariu, Sariu, chuchota Rita.
    Rito s’assied et serra la main que lui avait tendue Sariu, qui arborait une cape blanche, tenue typique des dirigeants plutoniens depuis plusieurs dynasties.
       - Sariu, mon frère Rito est visiblement ému de faire ta connaissance.
       - Oui, je suis très ému, monsieur, et…
       - Il te servira comme il se doit, coupa Rita tout en baissant d’un ton. Mais pour l’instant il est quelque peu blessé. Il a mal à la jambe et je vais m’occuper de sa guérison. Bon, il est parfois désordonné ou maladroit, même les deux, mais il est brave.
    Mais Sariu n’écoutait plus du tout la conversation. Ses yeux ainsi que ses pensées étaient comme envoûtés par la boîte noire qu’avait posée Rita sur une petite table.
       - Rita, je peux regarder la boîte ?
       - Et bien, oui, si tu veux. Je disais donc que mon frère est parfois un peu lent à réagir – tiens, d’ailleurs, il vient de s’endormir – et il faut aussi…
    A son tour le prince de Pluton examina la mystérieuse petite boîte noire. Il jugea qu’elle ne faisait pas plus de quinze centimètres de long, environ huit de large, et huit de haut. Il regarda encore une fois les empreintes qu’il reconnut comme le signe de la civilisation Nazca. Il croyait rêver devant cette vision. Il connaissait cet objet.
       - Qui l’a rapporté ici ?
       - C’est Rito qui l’a rapporté, répondit Rita. Cette boîte te dit quelque chose ? Tu as l’air bien soucieux.
       - Je dois savoir où il l’a trouvé exactement. Réveille-le, s’il te plaît, avant qu’il ne s’endorme complètement.
    Rita se tourna vers Rito et lui mit une légère claque. Comme elle constatait que son frère ne réagissait pas, elle lui en attribua une autre, un peu moins légère qui, cette fois, le fit sursauter.
       - Quoi ! C’est la guerre, général ? Je dois aller au front c’est ça ? cria Rito, qui se rappelait aux vieux souvenirs, ou à ses fantasmes meurtriers les plus fous.
       - Rito, le prince Sariu a des petites questions à te poser sur la boîte que tu as ramenée.
       - Oui, confirma Sariu. Puis-je savoir sur quelle planète tu l’as trouvé ?
       - La planète s’appelait, enfin, elle s’appelle toujours Elact… Elcag… euh… Acelgthot, mince… je ne sais plus exactement… je suis navré…
       - A quoi elle ressemblait, cette planète ? persista le prince de Pluton.
       - De la glace à perte de vue, mais il y fait bien plus chaud que sur cette Lune. A l’inverse, la température y est plus faible que sur la Terre. Mais cela ne concernait qu’une seule face. L’autre face de cette planète – Elogota… Elcacarott… - était recouverte d’un bel océan.
     
    Sariu ne chercha pas bien longtemps pour trouver la prononciation exacte de la planète.
       - Ecalghtoh ! deuxième planète du très petit système de Vhtoh !
       - Oui, Ecalghtoh machin chose, c’est ça…
       - Je n’aurai jamais été chercher là-bas ! Rito, ta découverte est assez incroyable ! Elle est assez inattendue, mais elle arrive à point nommé !
    Rito, tout comme Rita, voulait forcément en savoir davantage sur cette improbable découverte dite incroyable. Mais Sariu ne comptait pas leur cacher bien longtemps le mystère.
       - Une très vieille légende raconte qu’un peuple de l’espace, dénommé civilisation Nazca, avait le don de contrôler toutes les forces et tous les pouvoirs existants. Cette civilisation était maintes fois plus puissante que toutes les forces maléfiques réunies. Ils n’étaient pas plus avancés que nous en matière de hautes technologies, mais leurs connaissances mythologiques et mystiques étaient exceptionnelles.
       - Je te coupe deux secondes, se permit Rita, mais j’ai lu quelques livres sur l’histoire de la Terre et je croyais que les Nazca étaient des terriens.
      - Rita, tu n’es pas sans savoir que les livres terriens sont bourrés de bêtises toutes plus risibles les unes que les autres. Je t’invite à te fier à mes connaissances plutôt qu’à celles d’individus sans intérêts, qui bientôt rallieront notre cause de force.
       - Excuse-moi, bon, je te laisse terminer ton histoire…
    Mais elle coupa net. Une nouvelle personne venait de faire irruption dans la salle commune, non sans indiscrétion. L’être était désormais visible car son corps brillait d’un rouge presque clignotant.
       - Merci pour le boucan, merci de m’avoir réveillé… pesta le personnage.
       - Nous sommes désolés, s’excusa Sariu.
       - Edd !!! C’est Edd !!! Salut, ça va vieux ?
    Le Seigneur Zedd qui s’était rapproché, se disait qu’il devait avoir rêvé, que ses oreilles lui avaient joué un tour.
       - Oh non, pas lui… pas ton crétin de fraternel !
       - Eh, Edd, c’est quoi un fraternel ? questionna bêtement Rito.
       - Silence !!! SILENCE !!! Déjà, je m’appelle Zedd ! Combien de fois il va falloir te le répéter pour que ça rentre dans ton petit crâne dépourvu du moindre neurone !!! Décidément, tu es toujours aussi bête !
       - Euh… oui… oui… pardon, Zedd… bégaya Rito.
       - Du calme, Zedd, c’est mon frère, alors respecte les miens, respecte ma famille, vénère-là où sinon c’est moi qui me vénère !
       - Respecter ce couillon de la Lune… en voilà une bien bonne… pesta Zedd.
       - N’oublie pas qu’il a réussi là où nous avions échoué : il a réussi à détruire le Tonnerre Megazord et le Tigrezord, répliqua Rita.
       - J’aurai parfaitement pu le faire tout seul si je m’étais déplacé…
       - Je vous prie d’arrêter ce petit jeu, dit Sariu, on n’est pas là pour se tirer dans les pattes. Zedd, mon ami, quand tu vas voir ce que Rito nous a rapportés, tu vas être satisfait. Regarde donc cela…
    De nouveau la boîte noire changea de main et passa entre celles du seigneur rouge du mal. Il avait l’air moins réceptif mais elle ne le laissa pas indifférent.
       - C’est une des trois boîtes Nazca, si je ne me trompe pas. Et dire qu’on l’a longtemps cherché. Ne me dis pas qu’elle était cachée au sein-même de ce palais…
       - Non, rassure-toi, fit Sariu. C’est Rito Revolto qui l’a rapporté ici. Il l’a trouvé sur Ecalghtoh, dans le système de Vhtoh.
       - Incroyable… souffla Zedd. Tout simplement incroyable…
       - Oui, je te l’accorde, avoir retrouvé cette boîte est fantastique.
       - Je disais surtout incroyable, pour le fait que Rito ait enfin fait quelque chose d’utile. Mais en effet, cette découverte est incroyable.
    Rita et Rito échangèrent plusieurs regards ; ils ne comprenaient pas encore l’importance de ces boîtes.
       - Vous pouvez nous en dire encore davantage ? demanda la sorcière.
       - Bien sûr, répondit Sariu. Zedd a parlé de trois boîtes Nazca. En effet, il en existe trois. La légende racontait que chacune de ces boîtes représentait un axe du bien ou du mal. L’une, en effet, renfermerait tous les bonheurs et plaisirs que la vie puisse offrir ; l’autre, en revanche, rassemble l’essence même du désarroi et du malheur. Quant à la troisième… je ne sais pas ce qu’elle contient. La légende ne dit pas un mot sur sa contenance mais confirme bel et bien son existence.
       - Je me souviens aussi, continua Zedd, que la légende disait que seul un agent du bien pouvait ouvrir la boîte du bien, et, inversement, seul un envoyé du mal pouvait ouvrir la boîte du mal.
       - Plusieurs hypothèses existent concernant la troisième boîte, reprit Sariu, comme quoi elle enfermerait un pouvoir inconnu. Certains disent aussi qu’elle cacherait tous les secrets des Nazcas. Enfin, pleins de suppositions existent mais je ne vais pas toutes les énoncer.
    Rito, dont la douleur s’était quelque peu estompée, se releva tout en en se faisant discret afin de ne pas se faire remarquer par le Seigneur Zedd.
       - Je n’ai pas réussi à l’ouvrir, dit Rito.
       - Donc, cette boîte n’est pas celle du mal, fit Sariu. Serait-elle celle renfermant le bien, où, pire encore, la troisième…
    Le Seigneur Zedd n’allait pas tarder à confirmer : il venait de poser la boîte au sol et, de son sceptre, il lâcha soudainement des éclairs en direction de l’objet qui ne réagit pas le moins du monde. Les éclairs butèrent et s’éparpillèrent autour de la boîte, puis disparurent.
       - J’avoue que c’est du solide, regretta Zedd.
       - Malgré tout, cette découverte est une très bonne chose, avoua Sariu, et Rito mérite une récompense. Demande-moi de l’or ou des aliens femelles, je t’en trouverai. Demande-moi ce que tu veux.
       - Ouaouh ! Alors ça c’est classe ! s’exclama le frère de Rita. J’hésite, car j’aimerai trop avoir un nouveau gun, ou alors, une cape, ou alors…
    Au bout de deux minutes, Rito trouva son rêve le plus fou.
       - Alors, que veux-tu ? questionna le prince de Pluton.
       - J’aimerais… j’aimerais créer un monstre grâce au sceptre du Seigneur Zedd, et l’envoyer envahir la Terre.
    Le Seigneur Zedd recula d’un pas et renforça la poigne autour de son sceptre argenté. L’idée de Rito ne lui plaisait pas du tout.
       - Impossible, fit Zedd. Personne, non personne, ne touche à mon sceptre. Sauf cas exceptionnel.
    Le seigneur rouge n’oubliait pas qu’il avait cédé son sceptre maléfique à Goldar lors d’un combat passé. Mais il l’avait également prêté à Rito après un défi, et un professeur avait été transformé en monstre.
       - Après tout, il n’a rien à perdre, tu ne crois pas ? tenta Sariu. Il nous a apporté un joli cadeau, tu ne trouves pas ? Nous pouvons faire de même. Ce qu’il demande n’est pas si ridicule. Et ce monstre pourrait peut-être s’occuper de ces Power Rangers…
       - Power Rangers ? Ils sont là eux aussi ? s’exclama Rito. Je les avais oubliés, ceux-là.
       - Bon, c’est bien parce que Sariu me le demande, sinon, je ne prête pas mon sceptre comme ça au premier venu, s’inclina le Seigneur Zedd.
    Zedd passa son bien à Sariu qui le transmit à Rito. Rita prit la boîte et la rangea dans un placard verrouillé grâce à un sort, afin que personne ne vienne fouiller. Puis ils se dirigèrent tous vers le balcon de la salle du trône.
       - Ne rates pas ton coup, Rito, et vise bien ! ordonna Zedd.
       - Ouais ! Je suis le roi du monde ! cria Rito qui tendait les deux bras tel Jésus crucifié sur la croix. Allez, je vais commencer.
    Rito prit le sceptre de ses deux mains et pointa la Terre. Il se concentra et fit apparaître des rayons lumineux qui s’élancèrent vers la planète bleue à une vitesse ahurissante.
    Pendant-ce temps, Rita observait la progression des éclairs dans le ciel obscur.
       - Oups… gloussa la sorcière.
       - Quoi, oups ? questionna Zedd. Que se passe-t-il ?
       - Et bien, je crois que Rito n’a pas bien visé. Son monstre est à quelques centaines de kilomètres d’Angel Grove. Vers… vers la cité appelée San Francisco, au nord… par contre il est très réussi, puisqu’il est issu d’une mite !
       - Comment ça, il n’a pas bien visé ? s’interloqua Zedd. Explique-toi Rita, avant que je ne l’étripe.
       - Son monstre se trouve à San Francisco, non pas à Angel Grove ! Il est précisément au port d’Oakland, près de l’embarcadère d’un grand paquebot.
    Zedd quitta le balcon, rouge de colère. Sariu n’avait toujours pas réagi à cette étourderie de Rito.
       - Je n’y crois pas, on a recruté le dernier des loosers de la galaxie… ce monstre va se faire pulvériser, car il ne sera pas sous l’emprise de la plantation des anges, à San Francisco.
    Zedd était resté étonnamment calme dans ses derniers propos. Avant la tempête…
       - Cela confirme le fait que tu es un idiot, un incapable, un bon à rien, un nul ; tu es bien le frère de ta sœur !!! Quel gachis !
       - Mais… stressa Rito, je…
       - Je t’interdis de nous parler comme ça, beugla Rita tout en écrasant volontairement le pied du seigneur rouge avec son talon de chaussure, tu m’entends ! Mari ou pas, tu n’as pas le droit !
       - Oh, et depuis quand les femmes lèvent la voix devant leurs maris seigneurs ?
       - Balivernes… nous ne sommes plus à l’époque où les femmes étaient des servantes, et seulement des servantes ! Ni bête, ni soumise, d’accord ?
    Sariu sortit de sa bulle silencieuse : il nuançait avec le rouge de Zedd, car son corps s’éclairait de jaune.
       - Vous n’en avez pas assez de vous chamailler, vous deux ? intervint le prince de Pluton. Je ne comprends pas comment vous avez fait pour vous marier d’ailleurs ; à la belle époque, lors de nos épopées, vous n’étiez pas les meilleurs amis du monde. Enfin bref, pour revenir à ce monstre, je trouve l’erreur pas si malvenue que cela.
       - Ah bon ? Argumente, alors, invita Zedd.
      - Les Power Rangers, en groupe entier ou en nombre restreint, vont se rendre à San Francisco pour défendre la ville. Et pendant ce temps-là, nous aurons le champ libre pour attaquer Angel Grove ! Parallèlement, je mènerai des investigations vis-à-vis des boîtes Nazca. Un beau programme pour ces prochaines heures.
    Zedd devait admettre que l’idée de son ami plutonien, une fois encore, tenait la route. Il se disait qu’il avait quand même de bons éléments dans son camp, mais pas beaucoup.
       - Mmmhhh… ça peut le faire, Sariu. Mais je pense qu’il va falloir procéder à petits pas, et ne pas user toutes nos forces d’un coup.
       - J’allais te le dire, répondit Sariu.
    Rito, qui s’était éloigné quelque peu de Zedd, craignant les représailles, n’osait plus dire un mot, mais il ne put s’empêcher d’ouvrir de nouveau la bouche.
       - Edd, ai-je du boulot pour ma part ?
    Zedd cria une fois de plus et épela une énième fois son nom. Pendant ce temps-là, Sariu invita Rita à regarder dans le télescope afin de voir quand les Rangers allaient remarquer sa présence, à quelques centaines de kilomètres de leur petite bourgade d’Angel Grove.
     
    ***
     
       Il était à peine quatre heures du matin sur Terre.
    Au port d’Oakland, dans la baie de San Francisco, tout était calme. Quelques équipes de dockers terminaient leur travail nocturne en chargeant des navires de fret. Des grutiers déplaçaient des conteneurs qui allaient et venaient de tous les continents, avec en charge, diverses marchandises. Et, du côté du terminal voyageur, vide, un grand paquebot était à quai. Le bateau de luxe Ocean Gold, adapté pour les croisières de longue durée, attendait son départ en fin de matinée. Ses deux cent douze mètres de longueur devaient accueillir mille huit cent passagers dans des équipements très réussis ; il faut dire que le prix des places était relativement élevé, mais en contrepartie, l’offre était exceptionnelle.
     
       Si l’Ocean Gold était encore sans passagers, il y avait pourtant un être vivant à proximité de la passerelle d’accès, qui demeurait inaccessible pour tout individu se trouvant en dehors de la zone d’embarquement fermée à cette heure-ci. Le monstre crée par Rito trainait dans les parages.
     
       Sariu communiquait avec lui à distance. Il lui ordonnait de monter à bord du bateau et de se cacher en attendant le départ. Puis il avait attribué un nom au monstre : ce sera le Ter-Mitator. En dernier lieu, le Ter-Mitator avait été prévenu : il risquait de se faire surprendre par les Power Rangers un moment ou un autre. Mais il fallait que cela se fasse une fois à bord de l’Ocean Gold.
     
       Une fois de plus, Sariu avait des idées bien précises. Mais toujours le même objectif, la même soif de nuire à ces Rangers, envoyés de Zordon pour protéger la planète Terre des assauts maléfiques et des agressions venant de l’espace.
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    Re: MMPR S4, épisode 4 : Double attaque

    Message par KL44 le Lun 24 Aoû - 17:34

    Bonjour,
    voici les troisième et quatrième chapitres.

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    CHAPITRE 3
    De San Francisco à Angel Grove
     
       Le soleil était toujours présent au-dessus des têtes des habitants d’Angel Grove. Il faisait vingt degrés, mais il n’était que huit heures. Malgré tout, les fortes chaleurs des semaines passées s’étaient estompées et, bien que toujours supérieures aux normales de saisons, les températures restaient estivales pour un mois de mai qui révélait son vingtième jour.
     
       La fin des cours approchait à grands pas et les premiers examens commençaient la semaine suivante. Chez les Rangers, seul Zack était concerné mais il avait encore quatre semaines à attendre avant de démontrer, une nouvelle fois, qu’il était l’un des plus doués en danse hip-hop : en effet, le jeune homme poursuivrait une année de plus à Angel Grove en préparation pour devenir professeur de musique en tous genres, puisque sa passion regroupait tous les styles, malgré ses préférences. Quant aux autres, les prochains tests seraient pour la fin du printemps 1998, avec les examens de fin de scolarité en lycée.
     
    En ce mardi 20 mai, une journée spéciale était organisée en collaboration avec le lycée.
    En effet, une chaîne de télévision française enregistrait une émission de jeunesse à Angel Grove, en plein air. De nombreuses animations étaient prévues, avec une dizaine de stands, des chapiteaux, et même des structures gonflables pour petits et grands, et le parc, qui avait récemment subi de sérieux dégâts, avait vu se multiplier les bulldozers et les jardiniers, afin de lui rendre une allure plus accueillante. Et c’était très réussi : hormis quelques branchages qui traînaient toujours ça et là, le plus gros des dommages causés étaient supprimé.
     
       Malgré tout, tous avaient insisté pour rendre hommage au jeune garçon tué dans ce parc, pendant le duel qui avait livré le Zeo Megazord et le Singe ninjazord à un combat difficile qui avait engendré ce drame. Un petit mémorial avec une pierre gravée avait été inauguré deux jours auparavant, en présence du maire de la ville et de nombreux habitants, attristés et plus que jamais en alerte constante. Le sentiment d’insécurité était renforcé par la présence maintenue du Zeo Megazord au beau milieu du quartier d’affaires : le maire n’avait pas osé entreprendre quoi que ce soit et il préférait attendre les consignes du Président des Etats-Unis quant aux démarches à prendre.
     
       Les derniers préparatifs se passaient bien pour cette émission de télévision en provenance de France. Beaucoup de lycéens et de bénévoles s’étaient mobilisés « pour faire de ce jour le plus beau jour de leur vie », dixit le slogan écrit sur une banderole prête à surplomber l’entrée du parc. Tommy, Zack et Billy étaient occupés à monter une pergola destiné à abriter un stand contenant des appareils électriques ; Trini et Kimberly se trouvaient avec l’animatrice vedette pour l’aider à régler les derniers détails concernant l’éclairage ; enfin, Jason était parti chercher de la main d’œuvre pour descendre des tables des salles de classe du lycée, réquisitionnées pour quelques animations.
       - Je crois que ça va aller, mesdemoiselles, pour ce spot. Merci du fond du cœur, fit la présentatrice vedette à Trini et Kimberly.
       - Mais de rien, cela nous a fait très plaisir, répondit Trini.
     
       L’animatrice en question avait des cheveux blonds, mi-longs, et elle portait un jean et un tee-shirt blanc avec la mention « I love USA ». Elle terminait ses réglages de micro.
       - On va vous laisser, madame, dit Kimberly. On ne sera pas très loin car on va suivre le tournage. Bon courage !
       - Attendez, ne partez-pas tout de suite, répondit l’animatrice. Et puis appelez-moi Dorothée, puisque c’est comme ça que je m’appelle. Vous m’avez bien aidée. Restez-donc encore un peu. Racontez-moi un peu ce que vous faites dans la vie.
    Les deux filles parlèrent donc de leur scolarité à Angel Grove, de la petite vie paisible qui finalement, ne l’était pas tant que ça. Elles en vinrent aux dangers qui menaçaient cette ville, après que Kimberly ait, pensait-elle après coup, maladroitement prononcé le mot alien.
       - Vous avez du courage de venir enregistrer votre émission ici, reconnut Trini. Avec tout ce qui se passe…
       - C’était programmé depuis longtemps, répondit Dorothée, et je n’ai pas l’habitude de me défiler. Alors, oui je sais qu’il y a des risques, mais je crois que cette ville est dotée de sauveurs. Six justiciers veilleraient sur les habitants. Vous les connaissez ?
       - Vous voulez sans doute parler des fameux Power Rangers ? devina Trini sans trop de mal.
       - Oui, voilà, ce sont aux Power Rangers que je pensais. J’aimerai les rencontrer, parler avec eux. Ce serait d’une part une expérience unique, mais aussi d’autre part, un scoop d’enfer pour notre émission qu’il faut relancer.
       - Pourquoi relancer ? interrogea Kimberly.
      - Et bien l’émission que je présente avec mes amis doit s’arrêter à la fin de l’été. Ca m’attriste, mais c’est comme ça. Nos supérieurs ne sont plus impressionnés par nos gags et nos programmations de dessins animés ou de séries pour enfants. Ils attendent de l’improbable. Malheureusement, nous ne sommes pas en mesure de leur en offrir tous les jours.
       - Nous sommes désolées pour vous, consola Trini.
       - Merci. Dix ans d’émissions pour les petits et grands, une aventure extraordinaire qui va s’arrêter.
    Billy et Zack arrivèrent près des deux filles.
       - Nous avons pratiquement terminé le montage de la pergola, dit Zack. Ce ne fut pas une mince affaire.
       - C’était compliqué à monter ? demanda Kimberly.
       - Un peu, admit Billy, mais c’est surtout de travailler avec le barbu au chapeau, il n’arrête pas de bavarder, c’est incroyable…
       - Il est cool, mais essayes de te concentrer avec lui, ajouta Zack.
       - Ah oui, je vois, fit Dorothée en rigolant. C’est mon ami Corbier, qui présente les émissions avec moi. Je vais lui rapporter ce que vous m’avez dit et il ne va pas être très content. Il va appeler ces Power Rangers qui vont venir vous donner une bonne leçon.
    Tous rirent de bon cœur.
       - Les gars, vous laissez Tommy bosser tout seul sans vous ? pesta gentiment Kimberly.
       - Il a presque fini je crois, répondit Zack. Et puis, au moins, le barbu a un interlocuteur.
       - Au fait, vous avez vu la coiffure de Tommy ? questionna Billy. On se croirait revenu trois ans en arrière.
       - Oui, j’ai vu ça, répondit Trini. Ca fait bizarre, il a perdu au moins dix ans.
    Les rires reprirent de plus belle. Après quelques minutes de parlotte, Tommy retourna près de ses amis.
       - Et bien, ce ne fut pas une mince affaire, mais on en a vu le bout, fit le jeune garçon. Mais je suis content d’avoir mené à bien ce travail.
       - Il cause pas mal, le gars barbu, n’est-ce pas ? se marra Zack.
       - Oui, mais sympa quand même.
       - C’est ce que je voulais entendre, ajouta Dorothée. Mon jeune ami, tu es convié tout comme tes amis qui m’ont bien aidé, à venir manger au buffet froid à la pause de midi. Tous les bénévoles sont invités, alors, passez le message ! Au Club Dorothée, plus on est de fous, et plus on rit ! Allez, mes amis, je vous laisse, il faut que j’aille dans ma loge me préparer. L’enregistrement commence dans à peine une heure. Il faut que je sois prête. Merci encore et à plus tard !
    Les cinq jeunes quittèrent la zone d’enregistrement et allèrent retrouver Jason qui descendait une table, aidé d’un autre garçon et d’une autre jeune fille brune au teint légèrement métissé.
       - Merci, vous deux, dit Jason.
       - De rien, c’est normal. L’entraide est primordiale, répondit Jessica.
       - Eh, salut Jessica, salua Zack, d’une courtoisie inhabituelle. Au fait, comme tu as aidé la mise en place de l’émission, tu es invitée au buffet froid de midi. On te gardera une place.
       - Merci c’est gentil, je viendrai alors. Il reste encore deux chaises à prendre. A tout à l’heure !
    La belle et jeune femme fit demi-tour et retourna dans le lycée.
       - Et moi Zack, tu m’invites aussi ? ironisa Jason.
       - Oui, mais tu iras à côté de Billy. Je serai entre Trini et Jessica !
       - En tout cas, elle est vraiment sympathique Jessica, remarqua Jason. J’ai pas mal parlé avec elle et elle connaît plein de trucs. Vraiment très sympa…
       - Mais aussi, coupa Zack, elle est…
       - Très jolie, oui, c’est vrai, je te l’accorde, admit Jason tout sourire. Sacré Zack, va…
       - Je suis d’accord avec Jason, fit Tommy, qui attendait d’une seconde à l’autre des réactions et des représailles en provenance de sa droite.
       - On dira que je n’ai rien entendu pour cette fois, monsieur Oliver, dit Kimberly. Par contre, ta nouvelle coiffure te redonne une seconde jeunesse.
       - Oui, c’était une fantaisie, une nostalgie, que j’ai eu en revoyant des images de moi avant, avoua Tommy. De toute façon, je garde toujours les cheveux un peu longs. Jamais vous ne me verrez avec les cheveux courts, ni d’ailleurs avec la moindre barbichette.
    Mais Tommy eut une sensation étrange, comme des visions ou il se regardait dans une glace, dans laquelle il avait les cheveux courts. Il en fit abstraction et suivit ses amis qui allèrent à leur tour vers le lycée. Mais, à mi-chemin, Billy entendit les communicateurs sonner. Les Rangers se déportèrent vers un endroit isolé.
       - Ici Billy, que se passe-t-il ?
       - Rien de vraiment grave pour l’instant, répondit Zordon. Au contraire. Venez au Centre de Commandes, ce ne sera pas long. Je n’en ai que pour une quinzaine de minutes, vingt tout au plus.
       - Très bien, on arrive, termina Billy.
       - Personne dans les parages. Téléportation, fit Tommy.
     
    ***
     
       Au port d’Oakland, les premiers passagers commençaient à pénétrer dans l’Ocean Gold, qui devait partir complet, avec à son bord près de mille huit cent vacanciers heureux. Mais la première personne a avoir pris place dans le grand paquebot était un alien : le Ter-Mitator s’était pour l’instant caché dans les cuisines d’un restaurant chic du bateau, ou les spécialités étaient asiatiques.
       - Je vais attendre les ordres ici, chuchota le monstre, dont la couleur unique était le marron.
    Le Ter-Mitator n’avait pas d’armes mais il avait la possibilité de manger le bois : c’était son côté mite. Aussi, ses deux yeux rouges étaient couverts par une paire de lunettes de soleil un peu spéciale qui pouvait dégainer des lasers et des sorts.
    Il attendait patiemment, et il avait raison. Le départ n’avait lieu que dans environ trois heures.
     
    ***
     
       L’arrivée des six jeunes Rangers en civil ne fut pas dénuée de surprises. Un invité de marque était déjà présent.
       - Ninjor ! C’est incroyable ! s’exclama Kimberly.
       - Quelle bonne surprise de te voir ici, parmi nous ! ajouta Tommy. Comment vas-tu ?
       - Et bien, ça va les amis, je suis aussi très heureux de vous retrouver. J’ai appris que Rocky, Adam et Aisha étaient en voyage, je les verrai à leur retour.
       - Jason, Trini et Zack, je vous présente Ninjor, annonça Zordon. Je vous ai déjà vaguement parlé de lui, mais Ninjor était le protecteur des pouvoirs ninja dont vous bénéficiez aujourd’hui encore.
       - Et bien, enchanté Ninjor, moi c’est Zack.
       - Moi, je suis Trini.
       - Et je m’appelle Jason.
       - Enchanté aussi, répondit Ninjor.
       - Tiens, c’est bizarre, je pensais que seuls les Rangers dotés de médaillons pouvaient entrer dans le Centre de Commandes, remarqua Jason. Loin de moi l’idée de te chasser, Ninjor, mais c’est juste une question.
       - Ninjor est une exception, intervint Alpha. Il est le seul être sans médaillon, hormis moi-même, ainsi que vos trois amis, à pouvoir accéder au Centre de Commandes.
       - Et oui, je suis une exception ! Cool ! rigola Ninjor, qui serrait la main de Billy un peu fort.
    Après quelques empoignades, Zordon demanda aux Rangers d’écouter Ninjor : il avait des choses à dire.
       - Zordon m’a parlé de votre retour inexpliqué dans ce passé. J’ai eu le même retour, mais avec Rito, sur une planète de glace.
       - Rito ? Rito Revolto ? interrogea Kimberly.
       - Oui, je parle bien de Rito Revolto, le frère de Rita Repulsa.
       - Encore un nom que je ne connaissais pas, remarqua Zack.
       - Rito et moi sommes restés sur cette planète jusqu’à aujourd’hui, ou hier. J’avais jusqu’à présent empêché Rito de quitter cette planète car je savais qu’il voulait retourner sur la Lune, pour voir si les forces maléfiques du Seigneur Zedd et de sa sœur avaient bien repris place. Mais lors de notre dernière confrontation il a pris le dessus et il m’a mis au tapis assez de temps pour qu’il s’en aille. Mais son retour n’est pas le plus inquiétant. Il a embarqué avec lui une petite boîte noire avec une insigne Nazca.
    - Les Nazcas ? questionna Tommy. Ce ne sont pas les peuples qui ont tracé des dessins dans des champs péruviens ?
       - Si, mais selon la version terrestre, admit Zordon. Il semblerait que les Nazcas soient des êtres vivants sur une autre planète.
       - Et la boîte Nazca ne me dit rien de bon, continua Ninjor. Je ne sais pas ce qu’elle représente, et Zordon non plus. Je pense qu’il faut se renseigner, où, je ne sais pas, car vos archives sur Terre ne parlent que des historiques sur Terre.
       - Ce genre d’objet peut être sans danger, fit Zordon. Mais, l’exemple de la plantation des anges nous amène à penser que cette boîte n’a peut-être pas intéressé Rito par hasard. Il va falloir rechercher.
       - Qu’est-ce que nous allons faire, nous ? demanda Jason.
       - Ninjor et moi allons réfléchir à votre mission, et notamment, son déroulement. Alpha est en train de parcourir les données de nos ordinateurs pour essayer de trouver une réponse.
       - Rien pour le moment, regretta Alpha.
       - Rangers, je vous libère pour l’instant, déclara Zordon. Retournez à vos activités et je vous tiendrai informés ce soir.
       - Ok, merci, fit Trini. A plus tard.
       - Retour au parc, alors, parla Tommy. Ca fait plusieurs jours que l’on a rien eu à faire en tant que Rangers, j’aimerais bien que ça continue aujourd’hui.
       - Tout est calme à Angel Grove, pas d’inquiétude, annonça Alpha.
    Les six jeunes quittèrent le Centre de Commandes et retournèrent près du lycée, sans se douter qu’à San Francisco, au port d’Oakland, il y allait bientôt avoir d’autres animations.


    CHAPITRE 4
    Hostilités un peu partout
     
       Sariu avait invité Rito sur le balcon de la salle du trône pour qu’il puisse observer et diriger le Ter-Mitator en sa compagnie. Mais, le paquebot n’avait toujours pas quitté le port d’Oakland, et les deux monstres s’impatientaient.
       - Les Power Rangers seront alertés rapidement, pensa à haute voix Sariu. J’ai donné l’ordre au Ter-Mitator de se montrer environ quinze minutes après le départ. Ca ne sert à rien d’attendre que le paquebot soit en pleine mer sinon nous perdrons du temps pour la suite.
       - Et quelle est la suite ? demanda Rito.
       - Pendant que les Power Rangers seront occupés sur le bateau, un deuxième allié ira attaquer Angel Grove. Et s’il reste des Rangers à Angel Grove, tu partiras en renfort sur Terre. Nous aurons des soldats de réserve, comme Goldar ou Scorpina.
       - Et d’ici, là, nous ne faisons rien ?
       - Négatif. Je vais leur concocter une petite mise en bouche.
    Le Seigneur Zedd débarqua sur le balcon, un serpent marron autour du cou, sifflotant quelques airs que personne sur l’instant présent ne pouvait comprendre.
       - Alors, les nouvelles ? questionna le seigneur rouge.
       - Tout se passe bien. Le monstre attend paisiblement dans le navire, les Rangers ne sont pas encore au courant et vont traîner leur petite vie miséreuse dans le parc d’Angel Grove ou quelques animations sans intérêt vont tenter d’égayer leurs pensées. Mais cela ne va pas durer longtemps. Comme je le disais à Rito il y a quelques secondes, je leur ai préparé une mise en bouche. Histoire de débuter lentement leur agonie, et celle de leur ville pourrie.
       - Et pendant ce temps-là, si j’ai bien compris ta théorie, devina Zedd, nous avons le champ libre pour rechercher des indices sur les boîtes Nazca.
       - Oui, mon ami. Si les Nazca sont connus sur Terre, peut-être qu’il y a des recherches à faire du côté de ce pays appelé Pérou. Cette zone ne m’est pas inconnue : j’ai déjà dû y mettre les pieds il y a des dizaines de milliers d’année.
       - Je te fais confiance, Sariu, fit Zedd.
       - Et moi ? questionna Rito. Si tu as besoin de mon aide, Zedd, je suis là !
       - Justement, c’est en ne faisant rien que tu nous aides, Rito, souffla Zedd.
    Puis ce dernier quitta le balcon et se dirigea vers l’un des grands corridors du Palais Lunaire. Rito resta auprès de Sariu pour suivre l’avancée de la stratégie, qu’ils espéraient une fois de plus infaillible.
       - Finalement, pourquoi ne pas leur envoyer d’intenses obstacles, nuanca le prince plutonien.
       - Que voulez-vous dire ? questionna Rito.
       - Tu vas le savoir très bientôt. Mais je vais finalement multiplier les attaques, mais à des points différents. Pour les fatiguer.
     
    ***
     
       L’enregistrement de l’émission intitulée « Club Dorothée » venait de commencer. De nombreux gradins avaient été aménagés un peu partout de façon à ce que les curieux suivent l’évènement. Zack, Trini, Kimberly, Tommy, Jason et Billy avaient pris place et ils étaient au plus près de la scène ou une parodie bien spéciale prenait vie. Un groupe de cinq acteurs nommés Musclés avaient revêtus des costumes de justiciers ressemblant fortement aux Power Rangers. Si les costumes n’étaient pas très fidèles, Tommy trouva drôle de voir un Ranger Vert si petit. Les autres Rangers représentés avaient les couleurs noire, bleue, rose et jaune.
     
       - Pas de Ranger Rouge. Ils m’ont oublié, c’est bête, pourtant c’est moi le plus important, plaisanta Jason à voix très basse en direction de Kimberly qui éclata de rire.
       - Les combinaisons sont moches, mais c’est plutôt rigolo, fit Trini, tu ne trouves pas, Zack ? Zack ?
    Zack avait le regard ailleurs : il parcourait du regard toutes les tribunes.
       - Jessica… elle n’est pas venue. Je pensais qu’elle allait venir à côté de moi.
       - Et pas non plus sur tes genoux ? ironisa Billy.
       - J’aurai été d’accord, fit Zack.
       - Chut ! On n’entend rien, râla un spectateur derrière Zack, qui s’excusa.
    Les faux Rangers se battaient contre des faux patrouilleurs qui eux, ressemblaient beaucoup aux réels. Mais les patrouilleurs réels ne se firent pas désirer. Un groupe d’êtres gris avec un Z cerclé au niveau de la poitrine apparut soudainement un peu partout. Les spectateurs poussèrent divers cris et se mirent à évacuer les gradins plus vite qu’ils ne s’y étaient installés quelques minutes auparavant.
       - Quittez la zone, il y a danger ! cria une voix dans un haut-parleur installé au-dessus d’un chapiteau orange.
    Les vrais patrouilleurs allèrent s’attaquer aux Musclés déguisés en Rangers. Ils étaient si bêtes qu’ils n’avaient pas remarqué la parodie. Tommy et ses amis se levèrent aussi mais allèrent au secours des acteurs.
       - Allez sous les chapiteaux ! lança Jason. On va essayer de les contenir.
       - Très bien, on… on y va, répondit celui qui était habillé en Ranger Bleu. Eh, Minet, suis-moi, c’est par là !
       - Oui, je te suis, balbutia l’homme déguisé en Ranger Vert.
     
       Billy comptabilisa treize patrouilleurs et il espérait que la superstition liée à ce nombre ne sera pas en sa défaveur.
       - Pas question de se transmuter maintenant devant les acteurs et les caméras, décréta Tommy avant que les six jeunes ne se dispersent. On se démerde comme on peut, comme à l’ancienne.
       - Mais vous êtes fous ! Vous allez vous faire tuer ! cria l’un des acteurs, celui qui avait le costume jaune.
       - Ne vous occupez pas de nous et pensez à déguerpir ! répondit rapidement Trini.
    Les six Rangers en tenue civile allèrent à la rencontre des sbires du mal ; Jason entama quelques manœuvres d’un très grand art qui n’allait pas plaire à l’un des patrouilleurs qui ne s’attendait pas à telle parade, ni à être décomposé si vite.
    Zack préféra les bonnes vieilles techniques tirées du hip-hop et écarta deux ennemis directs sans grand problème, tout en ajoutant sa touche personnelle aux mouvements.
    Kimberly quant à elle jouait de la ruse pour piéger deux patrouilleurs qui firent une chute du haut des gradins, c’est-à-dire cinq mètres : aucun d’eux ne se releva.
    Trini faisait ce qu’elle pouvait et elle y arrivait plutôt bien.
    Enfin, Tommy et Billy se retrouvaient dans un petit périmètre d’action, mais l’intelligence mêlée à la maîtrise totale du karaté proposait une alliance de force à laquelle aucun patrouilleur ne pouvait résister.
     
       Il ne fallut que trois minutes pour que les treize patrouilleurs peu compétents et toujours aussi maladroits aient complètement disparu de la surface terrestre. Les Rangers surveillèrent tout de même autour d’eux si une autre vague ennemie n’était pas dissimulée quelque part.
       - Tout le monde va bien ? Rien de cassé ? demanda Zack.
       - Non, ça n’a pas été trop difficile, répondit Kimberly.
       - C’est vrai que dernièrement, on a connu meilleure résistance, ajouta Billy. Tant mieux pour nous.
       Les jeunes allèrent en direction des stands voir les quelque dégâts, mais une voix féminine les intercepta derrière eux.
       - Fuyez ! Il y a des monstres absolument hideux dans le lycée ! criait Jessica Revlis.
    Tommy s’arrêta net et invita d’un signe de la main ses amis à aller vers le lycée.
       - Mais que faites-vous ? questionna Jessica. Vous allez vers les monstres par là !!! Ils sont au moins une dizaine, peut-être plus !
       - On va quand même voir, fit Tommy.
    Les six jeunes coururent vers l’entrée de l’établissement scolaire. Jessica, les voyant partir, prit son communicateur et activa la fréquence pour communiquer avec Sariu.
       - Maître, les Rangers vont vers le lycée.
       - Très bien, répondit la voix cassée du prince plutonien. Ils vont être si fatigués avant le combat suivant. Un vrai parcours du combattant que je leur propose !
       - Et moi, qu’est ce que je fais ? demanda la jeune femme.
       - Rien.
       - Rien ?
       - Rien… pour le moment. Si, une chose, juste une chose : supervise la scène de combat entre mes sbires et les Power Rangers.
       - D’accord, ça marche, maître. Je vous informe de l’avancée du combat.
       - Merci ma Ranger. Fin de communication.
    Et Jessica retourna vers le lycée, après avoir jeté un œil glorieux vers les quelques dommages occasionnés par les patrouilleurs vaincus.
     
       Les six Rangers en civils, Tommy en tête, arrivèrent dans le hall du lycée vidée d’étudiants mais rempli de vilains êtres jaunâtres et plutôt musclés.
       - Ce sont les troupes de Sariu, les mêmes du combat pour récupérer le coffre des bulbes, annonça Billy.
       - Cette fois, sans nos pouvoirs de Rangers, nous ne pourrons rien faire, fit Jason.
       - Dans ce cas, suivez-moi, dit Tommy. On va se mettre dans le coin là-bas, le coin peu éclairé.
       - De toute façon il n’y a personne, remarqua Trini.
       - On ne sait jamais… répondit Tommy.
    Ils allèrent dans la légère pénombre tout en se pressant afin de ne pas se faire remarquer par les monstres.
       - C’est parti ! Transmutation sans attendre !!! cria Tommy.
       - Par la force du Ranger Noir !
       - Par la force du Ranger Rose !
       - Par la force du Ranger Bleu !
       - Par la force du Ranger Jaune !
       - Par la force du Ranger Rouge !
       - Par la force du Ranger Blanc !
    Les six Rangers s’élancèrent vers les escouades de Pluton en tourbillonnant entre le sol et le plafond des grands couloirs du lycée.
     
    ***
     
       La sorcière Rita Repulsa suivait de près la scène dans son téléscope, dans la salle annexe du trône.
       - Magnifique ! se réjouissait-elle en voyant les soldats plutoniens.
       - Ma reine, je dois reconnaître que Sariu est très entreprenant, parla Finster. Et il m’a sauvé la vie.
       - Oui, il est vraiment très fort, peut-être même plus fort que moi.
       - Oui, sans aucun doute, murmura un troisième individu.
       - Pardon Finster ?
       - Ce n’est pas moi qui ai parlé, ma reine, je n’aurai jamais osé…
    Rita se retourna complètement et aperçut Goldar.
       - Pardon, ma reine, cela m’a échappé.
       - Tu mériterais que je te retire de nouveau tes ailes pour ton insolence. Tu n’as pas à prétendre qu’il est plus fort que moi, même si c’est sans doute la vérité.
       - Ma reine, pensez-vous que…
    Un énorme tremblement secoua le Palais Lunaire, comme si la Lune venait de subir une attaque de grande envergure. Finster tomba et Goldar dût se tenir aux barrières du balcon qu’il avait rallié. Rita se retrouva sur les fesses.
       - Qu’est ce que c’était que ça ? hurla Rita.
    Sariu et Zedd débarquèrent en courant dans la salle annexe du trône.
       - On est attaqué ! On est attaqué !!! s’affola Zedd.
       - Je ne sais pas ce que ça peut-être mais c’est assez impressionnant, ça tremble de tous les côtés ! pesta à très haute voix Sariu, qui venait relever Goldar.
       - Vite, courrons vers la sortie qui donne sur les dunes ! lança Rita. On pourra voir ce que c’est !
       - Si l’on y arrive ! répondit Finster.
    Le Palais bougea une seconde fois avec encore plus d’intensité. Des bruits provenant du ciel semblaient percer les tympans des occupants du palais.
       - Accrochez-vous ! Ca va secouer !!! prévint Sariu.
     
    Tant bien que mal ils arrivèrent à sortir de la pièce puis à arborer un long couloir qui tremblait un peu. Quelques autres secousses précipitèrent Zedd et Finster au sol. Baboo, Squatt, Scorpina, Rito et quelques tengas avaient rejoints le cortège qui se dirigeait vers l’accès à la surface lunaire par derrière.
    Une fois arrivé devant la porte, la même par laquelle Rita était sortie pour retrouver son frère, Zedd enclencha le système d’ouverture et là, le spectacle de terreur se montra.
    Plusieurs plates-formes volantes en forme de courroie dentées dominaient le ciel obscur. Plusieurs chasseurs lançaient des rayons laser ronds en direction de la Lune. Un vaisseau-mère se tenait immobile un peu plus loin.
       - On se croirait revenu longtemps en arrière… chuchota Rita.
       - Je n’y crois pas… hallucina Zedd.
       - Salaud de Roi Mondo ! cria Sariu. Il va me le payer !
       - Tu… tu comptes faire quoi contre sa puissance… bégaya Zedd.
       - J’ai des ressources. Il faut que je rappelle toutes mes troupes disponibles. On a une Lune à défendre.
       - Et les Power Rangers ? Et la Terre ? questionna Rita.
       - Ca attendra, il y a bien plus urgent.
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    Re: MMPR S4, épisode 4 : Double attaque

    Message par KL44 le Jeu 24 Sep - 12:57

    La suite...

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    CHAPITRE 5
    Succession d’évènements
     
       Les Power Rangers étaient toujours en train d’en découdre avec les envoyés de Sariu qui étaient bien plus entraînés que les précédents patrouilleurs. Malgré tout, les six héros s’en sortaient avec les honneurs même si sur l’instant présent la situation était difficile.
    Les Rangers Rouge et Bleu exécutaient des attaques en duo afin de se concentrer sur les plutoniens les plus costauds au cas par cas, dont notamment, un puissant méchant avec une sorte d’enseigne : peut-être un gradé pensa Jason lorsqu’il lut les inscriptions « PR2 » sur l’objet brillant greffé au veston du plutonien. L’épée-laser était un argument bien aiguisé pour repousser les ennemis, mais ces derniers se débrouillaient très bien en matière d’esquive et de ruse.
       - Ils ne sont pas drôles ces extraterrestres, franchement pas drôles… désespéra Billy en voyant tous ces coups partir dans le vide.
       - A croire qu’ils ne ressentent pas la douleur, ajouta Jason.
       - Aie, aidez-moi s’il vous plaît ! appela une voix féminine.
    Kimberly voyait chacun de ses bras retenu par des plutoniens, pendant qu’un troisième lui infligeait des coups dans le bassin. L’intervention du Ranger Noir ne servit à rien, mais l’arrivée du chevalier blanc muni de son sabre fut davantage couronnée de succès. Il écarta de deux coups de lame les plutoniens et libéra la Ranger Rose de son entrave.
       - Merci Tommy…
       - Rien de cassé ?
       - Non, ça va. Je suis prête à y retourner.
       - Attention à toi quand même…
       - Attention Tommy, derrière toi ! cria Billy par prévention.
    Le Ranger Blanc se retourna mais pas assez vite : il fut mis à terre par l’ennemi. Jason et Trini arrivèrent pour repousser une nouvelle charge plutonienne qui ne vint pas. Les soldats jaunes s’arrêtèrent puis se rassemblèrent, avant apparemment de se concentrer.
       - Mais qu’est ce qu’ils font ? questionna Billy à haute voix.
       - C’est le moment de les attaquer ! lança Zack.
       - Non ! Peut-être qu’ils ont décidé de partir et de nous laisser tranquille, intervint Trini.
       - Elle à raison, pas la peine de les provoquer avant qu’ils ne changent d’avis, dit Tommy. Ca pourrait aussi être un piège !
    Et le départ ne se fit pas attendre : les assaillants quittèrent les lieux rapidement. Sans que les Rangers ne comprennent la raison.
       - C’est bizarre, ils partent sans s’occuper de notre sort, se demanda Jason. On ne va pas s’en plaindre, mais ça reste bizarre.
       - Oui, très surprenant… soupira Billy. Mais nous allons pouvoir souffler un peu. Le rythme des interventions des forces du mal sur Terre s’avère soutenu depuis ce matin. Des patrouilleurs puis ces plutoniens… à qui le tour…
     
       Les Rangers constatèrent le désordre occasionné, remirent quelques éléments en place comme des bancs et des poubelles dans les couloirs, puis quittèrent l’enceinte. Zack repéra de nouveau un endroit isolé où ils pourraient regagner l’aspect civil sans être aperçus. Les cinq autres le suivirent.
       - Rétromutation ! firent les Rangers en chœur.
     
       Une fois les costumes colorés retirés, les six amis coururent vers la zone de tournage. Quelques pompiers aidaient les bénévoles à redresser les stands. Apparemment, au vu de l’absence d’ambulance, on pouvait en déduire qu’il n’y avait pas eu de blessé.
    Par contre, de nombreuses personnes avaient les yeux rivés vers le ciel, dans lequel quelques traînés lumineuses apparaissaient puis disparaissaient.
       - Encore un phénomène étrange… fit Kimberly.
       - Je suppose que le Seigneur Zedd et Sariu n’y sont pas étrangers, pensa Trini. A chaque phénomène infondé, est liée de près ou de loin l’une des figures emblématiques des forces du mal…
       - Je propose que l’on demande des explications à Zordon, dit Zack. Il a peut-être des réponses.
    Tommy et les autres allumèrent leur communicateur, puis allèrent derrière une haie assez haute pour ne pas être remarqué. Le leader des Rangers entama la conversation.
       - Zordon, c’est Tommy. Est-ce que tu as connaissance des trucs qui se passe au-dessus de nos têtes ?
       - En effet, nos senseurs viennent à l’instant de nous indiquer des perturbations dans le ciel. Alpha est en train de rechercher la source de ces troubles.
       - Faut-il que nous rejoignons la base sur le champ ? questionna Tommy.
       - Je ne pense pas. Je ne vais pas mobiliser tout votre temps libre non plus. Nous vous recontactons dès que nous avons des éléments de réponse plus concrets à vous apporter.
       - D’accord, merci Zordon, conclut Tommy avant de couper la communication.
       - Cool, on va pouvoir continuer cette journée sans savoir ce qui se passe, regretta Kimberly.
       - Je sais, ce n’est pas évident, mais Zordon nous tiendra au courant, répondit Tommy calmement.
       - En attendant, il ne nous reste plus qu’à aller aider les autres pour remonter le mini-studio de plein air, dit Jason.
       - Je n’aime pas faire mine d’aller bien alors qu’il y a ces choses qui se passent au-dessus des nuages, confirma aussi Zack.
       - Mais nous n’avons rien d’autre à faire. Alors, on va s’occuper comme on peut, conclut Tommy. Et puis Zack, qui sait, peut-être que tu retrouveras ta Jessica tant adulée là-bas…
       - Finalement, tu as raison : on va bosser et plus vite que ça, rigola Zack.
     
    ***
     
       Dans le Palais Lunaire, ça courait de tous les côtés et dans tous les sens. Des tengas, des patrouilleurs, quelques monstres par-ci par-là, paniquaient et se précipitaient vers les étages inférieurs.
    Les tremblements s’étaient quelque peu estompés, mais c’était toujours le brouhaha général. Mais extra-muros du Palais Lunaire, les giboulées de lasers étaient impressionnantes à défaut d’être toujours précises. Au contact du sable lunaire, de nombreux nuages de fumée ou de poussière se formaient, piquant les yeux des aliens qui se trouvaient à proximité.
     
       Le Seigneur Zedd se trouvait au beau milieu de la scène, jonglant entre les missiles tout en essayant de garder son calme même si cela ne lui était pas facile, au vu de son impulsivité connue de tous. Rita et Finster couraient eux aussi. Baboo et Squatt criaient et imploraient les cieux de bien vouloir les épargner d’une mort qu’ils pensaient si proche.
    Mais Sariu avait rassemblé toutes ses troupes disponibles. Il avait même fait revenir le bataillon censé distraire les Power Rangers à Angel Grove. Sariu était supplée de Goldar, Rito, et une troisième invitée de marque, habillée dans une tunique argentée.
       - Bon, écoutez-moi tous ! discourut Sariu. Vous allez chacun partir dans des chasseurs spatiaux afin de repousser cette attaque menée par les affreuses machines du Roi Mondo. Généraux PR1, PR2 et PR3, vous participerez au combat aérien mais chacun dans un vaisseau de type mitrailleur de Pluton. Pour ma part, je suivrai l’attaque avec mon vaisseau personnel, le Stratagem.
       - Mon maître, dit le général PR1, qui était le plus petit des plutoniens dans l’instant présent, sauf votre respect, le Stratagem est toujours sur Pluton. A moins que vous ne comptiez aller le chercher avant, mais cela me semble un peu court au niveau des délais et notamment pour une attaque imminente.
       - Très bonne remarque, mon ami, répondit Sariu, mais je compte sur vous pour une association mystique afin de téléporter le Stratagem sur la Lune. Je vous invite à faire un cercle autour de moi, comme à l’accoutumée pour ce genre de pratique.
    Ni Goldar, ni Rito, ni la Zeo Ranger d’Argent, n’avaient connaissance de cette pratique. Après quelques échanges du regard, le guerrier ailé décida de poser la question.
       - Maître Sariu, qu’est ce que l’association mystique dont vous parlez ?
       - Goldar, l’association mystique est la réunion d’un groupe de plutonien dans un courant unique de volonté. Tous les plutoniens pratiquants une association mystique doivent tous simultanément penser à la chose qu’ils veulent voir apparaître, tout en prononçant l’une des formules adaptés. Tu vas pouvoir constater par toi-même d’ici quelques secondes.
       - Attention, Maître, ça tire vers nous ! cria l’un des soldats jaunes.
       - Oui ! Couchez-vous !!!
    Une pluie de lasers déferla sur le groupe. L’un des plutoniens fut touchée et vit son ventre transpercé. Sariu alla immédiatement vers lui, s’agenouilla, mais constata avec effroi que son soldat ne pourrait revenir à la vie, malgré la magie qu’il pouvait mettre en œuvre.
       - Jikiu… ils ont eu Jikiu… nous te vengerons, fils.
    Sariu leva les deux mains vers le ciel puis se releva. Il vit que Rito le dévisageait.
       - Ce n’est pas vraiment mon fils, fit Sariu, mais je considère toutes mes jeunes recrues comme tel. Tous les plutoniens sont mes amis.
     
       Les plutoniens se rapprochèrent de nouveau de leur leader et levèrent tous les mains vers le ciel. Sariu commença le discours évocateur dans une langue inconnue de ceux qui n’étaient pas de son espèce. Goldar reconnut juste le nom du vaisseau, « Stratagem », prononcé deux fois.
    Puis un léger vent se leva. Tous les plutoniens baissèrent les bras et reculèrent de plusieurs mètres, suivis comme un réflexe de Goldar, Rito et la Zeo Ranger d’Argent. Un magnifique navire intergalactique apparut comme par enchantement. C’était un puissant vaisseau d’environ quinze mètres de long et trois mètres de large, avec de chaque côté une petite aile cachant des canons. La couleur principale du Stratagem était le noir, mais quelques bandes jaunes encadraient les vitres ou parcouraient ça et là des parties de l’engin.
       - Nous avons réussi, merci les amis, félicita Sariu tout en observant s’incliner ses soldats. Maintenant, à vos postes, vos chasseurs sont là.
    Les plutoniens se précipitèrent vers leurs chasseurs. Sariu salua ses sbires de la main puis se retourna vers les trois membres restants des forces maléfiques.
       - Je suppose que vous voulez m’aider.
       - Maître, je serai ravie de mener à bien cette opération de lutte contre ces envahisseurs, s’avança la Zeo Ranger d’Argent.
       - Idem pour moi, je suis là pour vous servir, toujours fidèle, ajouta Goldar.
       - Et pareil pour moi ! termina Rito.
       - Très bien, très bien ! Alors, suivez-moi, je dois aller donner les instructions au restant de mes troupes.
     
       Sariu prit la tête du petit groupe et se rendit quelques mètres plus bas, où d’autres petits bataillons l’attendaient. Deux généraux étaient présents dans ce groupe : leurs insignes étaient PR4 et PR6.
       - Avant tout ordre au combat, nous allons de nouveau faire une association mystique. Soldats, regroupez-vous autour de moi ; je vais vous expliquer de quoi il s’agit. Il va falloir rester très concentré car là, la masse à faire apparaître est extrêmement volumineuse.
       - Je me demande de quoi il s’agit, demanda Rito à Goldar.
       - Nous allons bientôt le savoir, je crois, répondit Goldar, les yeux rivés sur les plutoniens qui commençaient à fermer les yeux puis à se concentrer, à faire un bloc comme un seul homme.
    Un tenga débarqua à l’improviste derrière Goldar et tapota l’épaule de ce dernier.
       - Le Seigneur Zedd demande votre aide, des troupes de l’Empire des Machines ont atterri sur le sol lunaire, il faut venir tout de suite !
       - D’accord, j’arrive. Tu fais quoi toi, Rito ?
       - Je viens aussi.
       - Moi je reste ici, sortit la Zeo Ranger maléfique. Je crois que je vais bientôt agir.
       - Bon, et bien, c’est comme tu voudras, répondit Goldar.
    Goldar et Rito avaient donc suivi le tenga jusqu’au beau milieu d’un cirque lunaire en forme de cratère géant. Des sbires de l’Empire des Machines étaient en train d’affronter des patrouilleurs et d’autres volatiles tengas. Quelques dizaines de mètres au-dessus des combats terrestres, les chasseurs plutoniens commençaient leurs opérations.
    Le Seigneur Zedd, accompagné de Rita et de Scorpina, regardait l’hécatombe qui se profilait pour ses troupes.
       - Mon seigneur, je vais me joindre à nos armées, dit Goldar.
       - Oui, vas-y sur le champ, valida Zedd. Toi aussi, Rito. Et vite !
       - Merci, Edd ! J’y vais aussi !
    Zedd ne jugea pas indispensable de pousser une énième gueulante contre la mauvaise prononciation de son nom par le frère de sa femme : il était déjà occupé à superviser ses troupes qui étaient dominés.
       - Il faut que je créé des monstres, sinon, on va se faire bouffer tout cru par ces machines, admit le seigneur rouge.
       - A ta guise, répondit Rita. On va avoir besoin de renfort.
    Zedd prit son sceptre et le leva haut en l’air. Il largua des lasers à la recherche d’un élément qui pourrait faire un guerrier digne de ce nom mais, sur la Lune, aucun insecte ne traînait. Les éclairs ne donnèrent rien…
       - C’est pas vrai, ça ! Je vais devoir utiliser ma créativité, comme si j’avais que ça à faire…
    Zedd redoubla d’efforts et fit apparaître de la foudre plus intense. Il en jaillit un monstre d’environ deux mètres cinquante de haut, ne ressemblant à rien de vraiment connu dans l’univers.
       - Je ne sais pas ce que tu es mais je vais t’appeler le Demonlisseur et tu vas détruire les soldats de l’Empire des Machines !
       - Très bien, maître, acquiesça le Demonlisseur, dont la couleur dominante était le gris anthracite.
       - Il en faut d’autres, chéri !!! cria Rita. Nos patrouilleurs se font descendre comme des mouches !
       - Mouche, mouche… il n’y en a pas ici. Mais je vais faire apparaître un serpent, ou quelque chose comme ça. Oui, je sais ! Rita, prends ta baguette géante et associons-nous !
       - Attention à toi !!! hurla Rita, en poussant son mari qui venait de faire venir un python, afin qu’ils évitent le laser s’abattant à quelques centimètres de leurs pieds. Zedd se releva et remercia rapidement la sorcière avant de lui montrer une bestiole terrestre.
       - J’ai pris ça à Squatt tout à l’heure : c’est une pieuvre aquatique terrestre rétrécie après des expériences. On va la jumeler à un serpent !
       - Ca peut être une très bonne idée, mon Zeddy. Alors, on y va tout de suite !
     
    Le sceptre de Zedd croisa la baguette de Rita et plusieurs éclairs allèrent viser la pieuvre et le python. Le résultat fut sans appel : une énorme pieuvre rouge avec une tête de serpent beige venait de faire son apparition. Munie de six tentacules amovibles tachetées comme le python, elle possédait une envergure impressionnante. Deux orifices sortant de son crâne étaient aptes à lancer du venin et des maléfices.
       - Voilà le Serpenpieuvre ! Une belle réussite ! se félicita Zedd.
       - Bonsoir, tsssssss, maître, siffla le Serpenpieuvre, quelles sont vos désirs ?
       - Tu vas nous aider à tuer les sbires du Roi Mondo, et donc repousser son Empire des Machines.
       - Je vais m’y coller… tsssss.
    Et le Serpenpieuvre se dirigea vers la zone des conflits et ne mit pas longtemps à dévoiler l’impressionnante palette de talents destructeurs qu’il pouvait proposer.
     
    ***
     
       L’alarme sonna au Centre de Commandes. Ninjor se précipita vers le vista-globe.
    -          Alpha, qu’est ce qui se passe ? Mais… quel est ce Megazord que je vois à l’écran ?
    L’image était fixée sur le Zeo Megazord, debout et immobile au milieu du quartier des affaires d’Angel Grove. Mais il avait l’air de disparaître peu à peu.
       - Aie aie aie aie aie aie aie ! Le Zeo Megazord est en train d’être téléportée par une source de pouvoir émanant d’un plutonien !
       - Sariu doit être en train de rappeler le Zeo Megazord via une association mystique, pensa Zordon à voix haute.
       - Plutôt bizarre comme démarche, non ? remarqua Ninjor, intrigué.
       - Cela a peut-être un rapport avec ce qui se passe dans le ciel. Alpha, as-tu des informations à ce sujet ?
       - Je n’ai pas plus d’éléments pour l’instant, Zordon, mais les ordinateurs continuent les recherches. J’espère avoir une réponse dans les prochaines minutes. Aie aie aie, que de boulot !
       - Le Megazord en question a complètement quitté l’image du vista-globe ! alerta Ninjor.
       - Donc il a quitté la Terre, et j’espère que cela peut nous rassurer. Mais j’en doute, s’inquiéta ouvertement Zordon.
       - Zordon, faut-il prévenir les Rangers ? interrogea le droïde.
    L’être dimensionnel resta silencieux une bonne dizaine de secondes, hésitant. Puis il fit un signe négatif de la tête.
       - Pas encore. La situation n’est pas critique. Enfin, pas encore.
    L’alarme et la lumière rouge s’arrêta. Alpha continuait de tapoter sans cesse sur quelques claviers. Mais trois minutes passèrent seulement et l’alarme retentit de nouveau.
       - Qu’est ce qui se passe, cette fois ? demanda Ninjor.
       - Il semblerait qu’un monstre ait été détecté, répondit Zordon. Alpha, plus de précisions s’il te plaît.
       - Aie aie aie aie aie ! Je ne peux pas être partout !
    Alpha s’approcha du vista-globe suivi du combattant bleu et vit un alien dans un restaurant.
       - Il y a un monstre quelque part…
       - Alors envoyons les Rangers ! coupa Zordon.
       - … mais il n’est pas à Angel Grove.
       - Où est-il alors ? demanda Zordon.
       - Il semblerait qu’il soit à bord d’un bateau au large du port d’Oakland, à près d’un mille marin du terminal.
       - Donc ce bateau est en mer, compléta Zordon d’une voix plus grave.
       - Il y a du monde apparemment dans ce bateau… remarqua Ninjor.
       - Ce bateau est l’Ocean Gold, un paquebot pouvant emporter près de mille huit cent passagers. Il faut faire intervenir les Power Rangers ! Aie aie aie aie aie aie aie aie aie aie aie aie aie aie !
       - Alpha, appelle immédiatement les Power Rangers. J’ai peur qu’il s’agisse d’une diversion, mais il faut agir.
       - Une diversion ? questionna Ninjor.
       - Peut-être que Sariu va attaquer Angel Grove en parallèle à cette menace.
     
    ***
     
       Les six jeunes amis avaient bien contribué à la remise en place des éléments et s’étaient investis au maximum malgré une petite fatigue chez certains. Ils espéraient maintenant pouvoir suivre sereinement le tournage du Club Dorothée.
    Mais un petit bip mit fin aux espérances…
     
       - Ici Tommy, nous écoutons.
       - Une nouvelle attaque est orchestrée dans un paquebot nommé Ocean Gold au large du port d’Oakland, prononça la voix de Zordon. Un monstre terrorise les passagers et il faut aller l’éliminer.
       - Bon, et bien, allons-y, fit Jason.
       - Non, seuls Billy, Kimberly et Tommy sont concernés par cette mission.
       - Pourquoi nous n’y allons pas tous ensemble ? questionna Zack.
       - Je crains une attaque à Angel Grove pendant ce temps aussi. Sariu a vraisemblablement manigancé un plan diabolique.
       - Bon, très bien, on va se préparer, termina Tommy. Fin de communication.
    Les six jeunes se précipitèrent de nouveau vers une cachette, cette fois au beau milieu d’arbres touffus.
       - Bonne chance ! souhaita Trini. Ce sera votre première expérience en haute mer !
       - Merci, et bonne chance à vous ! Transmutation demandée ! Par la force du Ranger Rose !
       - Par la force du Ranger Bleu !
       - Par la force du Ranger Blanc ! Téléportation, direction l’Ocean Gold.
       - Que le pouvoir vous protège… souhaita Jason.
    Les trois Rangers transmutés furent recouverts d’un nuage de chacune de leur couleur et s’envolèrent vers la destination maritime.
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    Re: MMPR S4, épisode 4 : Double attaque

    Message par KL44 le Mar 6 Oct - 15:52

    Bonjour,
    voici le chapitre n°6.

    -----



    CHAPITRE 6
    La croisière s’amuse
     
       Les Rangers Blanc, Rose et Bleu débarquèrent à bord de l’Ocean Gold, non loin du restaurant asiatique dans lequel le Ter-Mitator épouvantait les clients qui quittaient leurs tables et se ruaient vers les sorties. Le monstre était dans une posture des plus étranges, accroupi derrière une chaise, rongeant les pieds en bois tout en émettant des gloussements des plus bruyants.
       - Il est là ! alerta la Ranger Rose.
       - Les Power Rangers ! intercepta un passager. Il y a une bête horrible dans le bateau ! Vous ne pouvez pas tomber mieux ! Sauvez-nous !!!
       - Oui, nous allons intervenir, répondit le Ranger Bleu tout en suivant les deux autres vers l’entrée du restaurant.
       Le Ter-Mitator avait entendu les mots Power et Rangers prononcées non loin. Il se releva et les aperçut en face de lui, pénétrant dans le commerce entre les tables et les banquettes en cuir.
       - Bonjour à vous, Power Rangers ! Mais je croyais que vous étiez six, les trois autres seraient-ils déjà morts ?
       - Ne t’occupe pas d’eux, par contre, nous, on va bien s’occuper de toi, rétorqua Tommy.
       - Ah oui, et bien j’attends ça avec impatience !
    Kimberly et Billy pressaient l’évacuation du restaurant. Un membre du personnel de bord arriva à leur hauteur.
       - Qu’est ce que l’on doit faire ? Je dois ordonner le retour du paquebot au port ?
       - Et bien… je ne sais pas, nous ne sommes pas capitaines de ce bateau, hésita le Ranger Bleu. Pour l’instant, emmenez les passagers le plus loin possible d’ici. On va essayer de faire sortir le monstre du restaurant et de l’immobiliser ensuite. Enfin… on va se démerder comme on va pouvoir.
       - Euh… d’accord, je vais faire ça… balbutia l’autre.
       - On vous tient au courant, mais faites-vite, ajouta Billy.
       L’agent de bord se retourna et suivit les derniers individus qui cherchaient à fuir la zone. Billy alla rejoindre Tommy et Kimberly qui tournaient déjà autour du monstre qui restait sur ses gardes.
       - Vous comptez me faire du mal ? Ce n’est la peine, je suis supérieur en tout point à la race humaine, ricana le Ter-Mitator.
       - Tu n’as encore rien prouvé pour l’instant, répliqua le Ranger Blanc, tu as juste effrayé celles et ceux qui mangeaient tranquillement dans ce restaurant.
       - Vous aussi vous me dérangez alors que j’étais en train de me nourrir en rongeant du bois ! Qu’est ce que je devrais dire…
       - Rien, justement, tu n’as rien à dire ! intervint la Ranger Rose.
       - On va tout faire pour te réexpédier d’où tu viens ! ajouta Billy.
       - Et on ne va pas perdre notre temps. Passons aux choses sérieuses ! lança Tommy.
       - Enfin de l’animation ! ironisa le Ter-Mitator.
    Le Ranger Blanc s’élança le premier, de manière plutôt inconsciente. Il n’avait pas encore atteint le Ter-Mitator que celui-ci tendit la main et envoya une boule d’énergie noire qui vint contrer l’assaillant qui la reçut en pleine cage thoracique. Tommy fut expédié aussi vite qu’il était arrivé à proximité de l’alien. Les deux autres Rangers firent un détour imprévu pour s’assurer qu’il n’avait rien de cassé.
       - Je crois que ça peut aller, fit-il en se relevant.
       - Faisons attention, il cache bien son jeu, murmura Billy.
       - On y va tous ensemble, ce sera peut-être mieux, non ? supposa Kimberly.
       - Tu as raison, Kim, on l’attaque ensemble, remarqua Tommy. On y retourne !
        - Et bien, vous êtes plus courageux que je l’imaginais, ricana de nouveau le Ter-Mitator. Cependant, votre montée d’adrénaline sera inutile, je ne suis pas comme les autres monstres, moi, je suis infaillible.
       - N’oubliez-pas, parla Tommy à voix basse, ce monstre ne bénéficie pas du pouvoir accru engendré par la plantation des anges. Il ne doit pas être si difficile à éliminer.
    Les trois Rangers se concertèrent encore quelques secondes puis retournèrent vers le Ter-Mitator. Cette fois, les assauts étaient synchronisés mais ce n’était pas pour autant que l’alien montrait un autre visage : sa performance était toujours au-dessus de celles des Rangers qui ne trouvaient pas la faille.
       - Alors, vous pensiez m’étaler en deux ou trois coups de pieds ? Vous n’êtes pas aussi bons que j’aurais supposé. Mes maîtres me déçoivent au niveau de la camelote.
       - Dis-leur en face alors ! cria Kimberly afin d’attirer l’attention du monstre pendant que Billy et Tommy préparaient un double assaut sauté, pieds en avant.
       - Cela ne me gênerait pas, petite gamine ! Je n’ai pas ma langue dans ma poche, moi ! Je suis le Ter-Mitator, dernière création des forces maléfiques ! Je ne suis certainement pas là pour faire de la figuration !
       - Ca, on va le voir tout de suite, fit Kimberly voyant ses deux amis entamer la parade.
       - Si tu crois que je n’ai pas anticipé… sortit l’alien.
    Mais les paroles n’étaient pas si justifiées : le Ter-Mitator ne parvint pas à parer la double-attaque des Rangers Blanc et Bleu. Le vilain bipède s’écroula lamentablement après avoir effectué quelques roulades arrières involontaires, allant même jusqu’à s’encastrer le dos dans le bas du comptoir.
       - Ouais ! Bien joué les gars ! félicita la Ranger Rose. Juste ce qu’il lui fallait.
      - Non, ça n’a pas été suffisant, regretta Billy tout en montrant du doigt l’ennemi qui se relevait sans trop de lacunes.
       - Je n’ai quasiment rien senti, lança le Ter-Mitator.
       - Cette fois peut-être, mais on ne va pas s’arrêter là, provoqua Tommy, tout en sortant Saba de son rangement.
       - Mais vous êtes joueurs, dites-moi ! ironisa le Ter-Mitator. Alors, on va jouer.
       - Tu veux jouer à quoi ? Billard, babyfoot, cache-cache ? proposa Kimberly en se moquant.
       - Je préfère jouer au tir de précision. Et devinez quelles sont mes cibles…
    Le Ter-Mitator fit apparaître de nouveau des boules d’énergies de couleur noire puis il en lança une sur chaque Ranger. Ces derniers ne purent les éviter et se retrouvèrent à leur tour à terre, sur le parquet recouvrant le sol du restaurant asiatique. Le Ter-Mitator, après ce coup utile, se tordit de rire.
       - Ha ha ha ! Bande de nazes ! Je vous avais pourtant prévenu : je suis plus puissant que vous trois réunis !
    Tommy assista Kimberly à se relever tandis que Billy retournait déjà vers le monstre, armé de ses lances laser.
       - Billy, attention ! alerta Tommy, voyant le Ter-Mitator tenter une attaque de front.
    Le Ranger Bleu fut fortement chargé et tomba une nouvelle fois, lâchant ses armes. Kimberly et Tommy allèrent vers lui.
       - Ca va aller Billy ? demanda la Ranger Rose.
       - Affirmatif… ça va… ça va le faire… mais diable qu’il est fort !
       - Et il n’a pas la plantation des anges, souffla le Ranger Blanc, soucieux. Vite, il ne faut pas le lâcher ! Mais où va-t-il comme ça ?
    Ils constatèrent que le Ter-Mitator venait de sortir du restaurant et il se dirigeait vers le pont supérieur, ou se trouvait notamment des cabines ainsi qu’un casino.
       - Allez, attrapez-moi si vous le pouvez, bande de moins que rien ! A moins que vous n’abandonniez la joute ? Dommage, ça devenait très drôle.
       - Ne crois pas que tu vas t’en tirer comme ça, saleté de monstre, répliqua la Ranger Rose. Où que tu ailles nous te suivrons et nous te traquerons.
       - Attrape-moi si tu peux, petite fillette ! provoqua de nouveau l’ennemi.
       - Allez, suivons-le au pas de course, fit Tommy. On ne doit pas le lâcher. La sécurité du paquebot dépend de nous.
     
       Les trois protecteurs actuels de l’Ocean Gold s’empressèrent de suivre l’ennemi qui n’était pas un dieu de l’endurance.
     
    ***
     
       Un atout de taille venait renforcer l’armement des forces du mal sur la Lune. L’association mystique récemment menée par Sariu et les siens avait permis la téléportation rapide du Zeo Megazord sur le sol sableux lunaire.
    Lors de son précédent combat contre le Singe ninjazord du Ranger Rouge, le robot Zeo avait pris pas mal de coups blessant la carcasse et les systèmes. Pourtant, Sariu misait sur lui pour repousser une probable attaque au sol.
    C’est bel et bien la Zeo Ranger d’Argent qui était aux commandes du Zeo Megazord. Pour l’instant elle n’avait rien à faire, si ce n’était surveiller qu’il n’y ait pas d’envahissement massif de la part des sbires de l’Empire des Machines, à l’aide d’engins importants ou de tripodes spatiaux.
       - Je ne vois rien pour le moment, maître, informa-t-elle via les communicateurs embarqués du Zeo Megazord.
       - Bien reçu, réceptionna Sariu, qui avait regagné la Lune et laissé trois autres de ses généraux voler avec le vaisseau Stratagem. Poursuis ta surveillance. Merci.
     
       Le Zeo Megazord poursuivit sa ronde. Le prince de Pluton alla vers le Seigneur Zedd qui supervisait ses deux créatures. Si le Démonlisseur faisait correctement son travail sans pour autant épater la galerie, le Serpenpieuvre, lui, faisait preuve d’une méthode de combat assez extraordinaire. Grâce à ses nombreuses tentacules il pouvait rapidement balayer tout ennemi dans un rayon de sept voire dix mètres. De plus il prouvait que l’apport de ses deux tireurs sur son crâne était bienvenu.
     
       Goldar, Rito, Scorpina, suivis de quelques patrouilleurs et tengas, vinrent apporter des nouvelles rassurantes à propos du Palais Lunaire.
       - Finster a réussi à retourner au laboratoire créer des monstres, dit Goldar, pendant que Scorpina se rendit suppléer le Démonlisseur.
       - Il est fou d’être retourné là-bas ! s’égosilla Sariu. Il faut que j’aille le secourir sinon il va perdre la vie. Les assaillants vont peut-être pénétrer dans l’édifice et Finster est sans défense.
       - Ne croyez pas cela, maître, répondit Goldar, la fabrique est à plein régime et quelques alliés supplémentaires sont déjà en état de fonctionnement. Ils ne devraient pas tarder à faire leur apparition.
       - Je préfère quand même aller voir cela, je ne veux pas qu’il lui arrive le moindre pépin.
       - Il ne risque pas d’avoir des pépins, Finster n’a pas mangé de pomme ni de poire aujourd’hui ! fit Rito tout en riant en solitaire de sa blague qui ne fit sourire personne d’autre.
       - Rito, sur ce coup, c’est toi, la poire… murmura Rita à l’encontre de son frère.
       - Maître, je vous accompagne si vous le souhaitez, proposa Goldar.
       - Oui, j’accepte, viens avec moi, invita Sariu. On revient. Zedd, je te laisse le soin de diriger mes troupes pendant mon absence. Ils ont reçu cet ordre et savent que si je ne suis pas là, c’est toi ou Rita qui avez les pleins pouvoirs vis-à-vis de mes compatriotes.
      
       - Ca marche, mon ami, répondit Zedd, davantage mobilisé dans le suivi du Serpenpieuvre que pour les consignes de Sariu qui, accompagné de Goldar, prit le chemin du Palais Lunaire.
     
       Dans les airs, la situation des plutoniens était plus chaotique, voire même dramatique.
    Les pertes étaient nombreuses et peu de sbires du Roi Mondo n’étaient tombés. De plus, certains vaisseaux larguaient des charges soniques qui, au contact du moindre obstacle, lâchaient une vague déferlante d’énergie pouvant faire sauter des météorites à cent mètres à la ronde. Le vaisseau de commandement Stratagem, qui transportait les généraux, était toujours entier car il avait miraculeusement été épargné, du moins pour le moment. Car les tirs, venant et fusant de tous les côtés, quadrillaient la zone spatiale et venaient parfois à bouts d’aéronefs qui prenaient ensuite l’allure de carcasses folles ou enflammées.
     
       Le Zeo Megazord poursuivait sa ronde quant sa pilote toute de grise argentée vêtue remarqua la présence anormale de vaisseaux à terre au loin.
       - Maître Sariu, il y a des vaisseaux transporteurs qui déposent des troupes ennemies. D’ici, j’ai l’impression que ça ressemble à des patrouilleurs… mais ils ont l’air d’être un peu différents.
       - Je pense qu’il s’agit des Cogs, les sbires du Roi Mondo, répondit Sariu. Tu as le champ libre pour aller les écraser comme des scarabées avant qu’ils ne s’approchent davantage. N’hésite-pas à les massacrer.
       - Oui maître, ils ne feront pas le poids, et c’est bien le moment pour le dire. Je fonce immédiatement vers eux. Tant que je serai dans leurs parages, ils n’approcheront pas de notre palais, je vous le jure.
       - Très bien, ma Ranger, alors, bonne chance. De mon côté je vais secourir Finster.
    Jessica Revlis coupa la communication et ordonna au Zeo Megazord de se diriger à vitesse moyenne vers le groupe de Cogs qui effectuait une grande file descendant de petits croiseurs assez anciens.
       - Vous n’aurez aucune chance mes loulous.
    Mais la Zeo Ranger d’Argent fut contrainte de stopper prématurément la marche de son robot : le Stratagem venait d’être touché et se dirigeait en pic vers la surface lunaire. Sa trajectoire d’écrasement était toute proche de celle du grand ensemble d’acier Zeo. Elle réactiva la communication car elle préférait alerter les autres au cas où ils n’avaient pas remarqué l’accident qui se profilait.
       - Maître Sariu ! Votre vaisseau de commandement est mal en point et va venir s’encastrer près des pieds de mon Zeo Megazord… ça y est, il touche le sol !!!
       - Mince ! Je n’y crois pas… reste sur ta cible initiale. Je charge Goldar et Rito d’aller secourir les généraux qui étaient à l’intérieur.
       - J’ai l’impression que votre vaisseau n’a pas explosé, indiqua Jessica tout en observant via son écran de contrôle.
       - Goldar et Rito vont aller voir ; fin de communication, termina Sariu après avoir prononcé quelques grossièretés en langage plutonien.
    Le Zeo Megazord reprit sa course, évita le Stratagem de ses pieds volumineux, et se dirigea donc vers son objectif : annihiler les bataillons de l’Empire des Machines.
     
       Goldar et Rito se dépêchèrent d’aller à la rencontre du Stratagem, qui, dépourvu de certains pans métalliques ça et là, avait le nez dans le sable. La porte s’ouvrit et un général à l’enseigne « PR9 » en sortit indemne.
       - Les deux autres sont blessés. Veuillez m’aider à les sortir de ce vaisseau avant qu’il n’explose ou qu’il ne se passe autre chose, imposa le général PR9 à Goldar et Rito.
       - Oui général, nous y allons immédiatement, répondit Goldar en tirant Rito par le haut du bras à l’intérieur du Stratagem.
    Les deux allèrent secourir les généraux PR8 et PR10 qui étaient inconscients. PR9 les remercia et demanda de l’aide pour les porter jusqu’à la zone où se regroupaient les blessés, et qui avait été installé près de l’entrée du Palais Lunaire. Puis le frère de Rita alla avec le monstre ailé à la carapace dorée rejoindre le Seigneur Zedd qui motivait tant bien que mal son Démonlisseur qui n’était pas aussi productif que le redoutable Serpenpieuvre.
     
       Sariu était presque arrivé au laboratoire de Finster. Il devait jouer des mains pour se guider car il n’y avait plus aucune lumière qui fonctionnait à l’intérieur du Palais Lunaire, tout au moins dans le secteur parcouru. Il savait que le laboratoire n’était pas loin, sans doute à sa droite. Mais il se retrouva nez-à-nez avec quelqu’un, avant qu’un éclairage ne soit activé. Il était en face d’un Cogs de l’Empire des Machines.
       - Alors toi, tu vas te pousser sinon je te pulvérise l’abdomen.
    Le Cogs ricana et ne bougea point. Sariu recula, prépara son poing gauche afin de le repousser. Mais un autre monstre tout de plumes noires vêtu débarqua derrière le Cogs et attrapa ce dernier, avant de le faire tourner puis de le projeter contre un mur d’une façon assez féroce.
       - Merci, monstre dont je ne connais même pas le nom ni la provenance.
       - Je suis, commença le monstre…
       - Maître Sariu, c’est vous ! Je crois que mon travail se termine juste à temps, émit la petite voix de Finster.
       - Par tous les dieux galactiques, Finster, mon ami, tu es toujours vivant ! J’ai eu très peur. Tu aurais pu te faire tuer…
       - Maître Sariu, rapidement, je vous présente le Corbeau Spatial. Son bec peut trancher la roche. Et voici derrière moi…
    Finster s’écarta et laissa entrevoir toute une file d’aliens. Sariu ouvrit la bouche en grand, écarquilla les yeux et se rendit compte qu’il y avait au moins dix individus hideux mais à l’allure surmotivée. L’être scientifique mit quelques secondes à énumérer les noms de ses réalisations.
       - Finster, tu as crée plein de monstres ! Fantastique ! Ils vont pouvoir compléter nos troupes et ce n’est pas un mal !
       - J’espère qu’ils vont vous plaire, maître.
       - Je le pense. Merci encore pour ton courage.
    Mais Finster n’avait pas encore tout annoncé et Sariu fut d’autant plus comblé de voir qu’une longue file de patrouilleurs de première génération suivait le groupe de monstres. Certains d’entre eux arboraient même des lames à la place de leurs mains gauches.
       - Maintenant, il faut retourner au combat. Suivez-moi tous ! ordonna le prince de Pluton.
       - Moi aussi, maître ? demanda Finster. Je peux encore fabriquer d’autres monstres.
       - Je peux en effet laisser quelques-uns des monstres que tu as conçus pour te fournir une garde rapprochée. Vous quatre, restez ici.
    Sariu venait de désigner le Hache-Machoire, le Corbeau Spatial, la Reine Limace et le Cocogneur : ils allaient protéger le laboratoire d’où Finster comptait bien faire sortir d’autres combattants.
    Puis Sariu, accompagné des autres monstres ainsi que des patrouilleurs de première génération, salua Finster, le remercia une fois de plus, et prit la direction de la sortie.
     
       Sariu et son équipe venaient de rejoindre Rita et Zedd, qui s’occupaient des généraux PR8, PR9 et PR10 qui étaient tous revenus à eux. PR8 s’avança vers Sariu : il avait une information importante à communiquer à son prince.
       - Maître Sariu, des vaisseaux ennemis ont réussi à passer notre barrage, mais ils ont pris une direction inattendue.
       - Ah bon ? Et quelle est donc cette direction ? demanda Sariu juste après avoir fait signe aux monstres qui le suivaient d’aller se joindre aux autres des soldats des forces maléfiques contre l’Empire des Machines.
       - Des vaisseaux de Cogs sont partis vers la planète Terre. Je dirais qu’il s’agit d’une vingtaine de chasseurs accompagnés d’un destroyer, peut-être un navire de commandement.
    Sariu était étonné par les dires de son général. Il ne savait pas qui penser car cette attaque vers la Terre pouvait être une bonne chose dans sa lutte contre les Power Rangers. Mais d’un autre côté, il aimait rendre personnel le conflit qui l’opposait aux terriens, à Zordon, et à ses jeunes défenseurs.
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    Re: MMPR S4, épisode 4 : Double attaque

    Message par KL44 le Mar 10 Nov - 14:55

    Bonjour,

    voici les 7ème et 8ème chapitres.

    -----



    CHAPITRE 7
    Les Cogs
     
       Zordon avait rappelé Jason, Trini et Zack au Centre de Commandes. Les recherches menées par Alpha sur les turbulences lunaires avançaient dans le bon sens. Avec Ninjor, ils découvraient peu à peu ce qu’il se passait réellement autour du satellite de la Terre : la zone spatiale entourant la Lune voyait s’affronter des vingtaines de vaisseaux qui apparaissaient sur les écrans sous forme de petits points.
     
       En parallèle, Alpha tentait de trouver une fréquence pour suivre l’Ocean Gold et les trois Rangers qui étaient à son bord, afin d’éliminer un monstre qui pouvait commettre des actes dangereux. Malheureusement, aucune image n’était disponible, et les communications vers Tommy, Kimberly ou Billy restaient vaines : aucune réponse n’était faite, sans doute à cause de l’intensité du combat.
       - Bon sang ! Ca m’énerve de ne pas pouvoir aider qui que ce soit, pesta Zack. Ca doit barder sur le bateau et nous on reste ici, même si je sais que c’est voulu.
       - Nous ne devons pas mobiliser tous nos moyens sur une seule et unique et menace, relativisa Zordon. Avec toutes ces nouvelles, nous ne sommes pas à l’abri d’une attaque de la part de l’Empire des Machines puisque visiblement, c’est de cela qu’il s’agit.
       - Zordon a raison, apporta Ninjor, car même si les armées du Seigneur Zedd et de Sariu sont occupées à défendre leur territoire, rien ne dit qu’ils n’ont pas d’autres idées derrière la tête.
       - Preuve en est avec ce monstre à bord du paquebot, compléta Trini.
       - Je suis d’accord, mais qu’est ce que l’on peut faire en attendant ? questionna Zack.
       - Je préfère vous avoir à côté de moi pour réagir rapidement si besoin, justifia Zordon.
       - Zordon, est-ce que tu penses que tout ce rififi peut avoir un lien avec l’histoire des boîtes Nazca ? demanda à son tour Ninjor.
       - Je ne sais pas mais aucune thèse n’est à exclure. Nul ne sait ce que le Roi Mondo a derrière la tête.
       - Le Roi Mondo… je me serais bien passé d’entendre ce nom… regretta Jason, se rappelant de quelques péripéties avec Pyramidas.
       - Rita, Zedd, Sariu, le Roi Mondo… y en a encore beaucoup comme ça ? se demanda ironiquement Zack.
    Alpha venait de détecter davantage d’éléments en provenance de la Lune. Il revint vers les Rangers et Ninjor.
       - Il semblerait que des vaisseaux soient en direction de la Terre. Des chasseurs et un croiseur de l’Empire des Machines.
       - De mieux en mieux… gloussa Zack.
       - Quant au Zeo Megazord, je ne sais toujours pas où Sariu a pu le dissimuler, fit Alpha.
    Jason, qui commençait à avoir faim, ne savait pas s’il pouvait demander à Zordon l’autorisation de s’absenter quelques minutes afin d’aller acheter de quoi se contenter.
       - Je veux bien Jason, accepta Zordon après que le jeune Ranger ait finalement posé la question. Mais ne tarde pas trop.
       - Prends-moi un complet aussi, fit Trini. Et pareil pour Zack visiblement.
       - D’accord. Je reviens tout de suite.
    Jason se téléporta vers la boulangerie où il avait l’habitude de se rendre.
     
       Sept minutes suffirent à Jason pour acheter les sandwichs. Il avait compris que la situation pouvait évoluer à n’importe quel moment, et pour preuve, l’alarme indiquant la proximité d’une menace se fit entendre à l’instant-même où il était réapparu dans la base. Tous, Ninjor en tête, se dirigèrent vers le vista-globe pour en savoir davantage.
       - Aie aie aie, des vaisseaux de l’Empire des Machines pénètrent ou sont déjà dans l’atmosphère ! alerta Alpha. L’invasion approche !
       - Alpha, essaye de localiser la trajectoire de ces vaisseaux, ordonna Zordon.
       - On a bien fait de rester ici, admit Zack pendant qu’Alpha cherchait des coordonnées sur l’un des ordinateurs.
      - Ils vont atterrir à Angel Grove, non loin du Centre de Commandes. Si l’on s’en réfère aux sondages de nos radars, ils vont se poser là où la chaîne montagneuse commence. Aie aie aie aie aie…
       - Dans ce cas, il va falloir les cueillir dès leur arrivée… pensa Jason.
       - Attendez, coupa Alpha. Le groupe de vaisseaux détecté n’est que le premier ! Il semblerait qu’un autre groupe entre à son tour dans la zone atmosphérique terrestre. Ca n’arrête pas, zut ! pesta le droïde.
       - Il y a quelque chose d’étrange quand même, dit Ninjor. Quel intérêt aurait l’Empire des Machines à attaquer près des montagnes sachant qu’il y a moins de choses que dans le centre de la ville ?
       - Il y a quand même le Centre de Commandes, fit Zack.
       - Je ne suis pas certain que leur but est de nous attaquer directement ici. Le Roi Mondo sait que la base est très protégée. Je pense qu’il va prendre le cœur d’Angel Grove comme cible prioritaire.
       - C’est ce qu’il faisait avant, c’est vrai, rapporta Jason. Enfin, dans le futur, quoi…
       - Quoi qu’il en soit, nous n’avons plus de temps à perdre, s’alarma Zack.
       - Oui, répondit Alpha, d’autant plus que les vaisseaux des soldats du Roi Mondo, nommés les Cogs, viennent en partie d’atterrir. Vous pouvez voir ça sur le vista-globe.
       - Oui, on voit bien ce qui se passe, déplora Trini.
       - Regardez, ils se téléportent avant même de quitter leurs vaisseaux ! s’exclama Jason.
       - Ils doivent aller en ville… répondit Ninjor.
    Le vista-globe confirma l’avis du détenteur des pouvoirs ninjettis : les Cogs étaient près du lycée d’Angel Grove, non loin de l’émission de télévision française qui avait bel et bien repris son cours devant des centaines de curieux.
       - Angel Grove, toujours le théâtre des situations les plus rocambolesques, fit Jason… le Roi Mondo sait-il pour la plantation des anges, et est-ce pour cela qu’il privilégie toujours notre ville ?
       - Je ne sais pas mais c’est tout à fait possible, répondit Zordon. Le Roi Mondo n’a jamais vraiment attaqué la Terre, en tout cas moins que les forces de Zedd et Sariu.
       - Je crois que l’on devrait se dépêcher, décréta Ninjor. Les Cogs ont été vu par des humains qui se mettent à courir dans tous les sens.
       - Ninjor a raison, dit Zordon, allez-y tous.
       - Aie aie aie, soyez forts, les amis ! souhaita Alpha.
    Jason devança ses amis et mit le premier la main à son transmutateur.
       - Transmutation demandée !!!
       - Par la force du Ranger Noir !
       - Par la force du Ranger Jaune !
       - Par la force du Ranger Rouge !
       - Par la force de Ninjor ! Oui, ça ne me sert à rien, mais je trouve que ça sonne bien, donc je le dis…
       - Que la force vous protège contre cette nouvelle menace, souhaita Zordon avant que le groupe des quatre défenseurs de la Terre ne parte via la téléportation.
     
       Les Rangers Rouge, Jaune et Noir, accompagnés de Ninjor, arrivèrent au beau milieu des Cogs qui avaient effrayé des spectateurs qui n’avaient décidément pas la possibilité de suivre tranquillement le tournage de l’émission du Club Dorothée. Les Cogs changèrent immédiatement d’objectif et allèrent à la rencontre des nouveaux venus, laissant les gens fuir.
    Trini constata qu’ils étaient au moins cinq fois plus nombreux qu’eux. Et, selon les informations d’Alpha, il ne s’agissait que d’une première fournée !
       - Attention, il y en a beaucoup ! prévint Ninjor.
    L’un des Cogs fit un léger pas en avant puis s’arrêta. Il prononça quelques sons étranges et stridents puis il se décida à prononcer quelque chose de compréhensible.
       - Adaptation. Langage OK. Ne vous inquiétez-pas, nous sommes vos ennemis !
       - Et en plus ils parlent… fulmina le Ranger Noir.
       - Et je crois qu’ils ne nous veulent pas du bien… ajouta Ninjor.
       - A l’attaque ! poussa un Cogs à l’attention de ses alliés.
    Les Cogs passèrent à l’assaut et les Rangers firent un pas en arrière. Ninjor prépara sur le champ une sphère d’énergie entre ses deux mains dans le but de la lancer vers les ennemis.
       - Voilà, déjà ça pour commencer ! Ca vous apprendra à attaquer cette planète !
    Mais les assaillants esquivèrent le tir de Ninjor qui pensait pourtant réussir à les atteindre.
       - Je crois que j’ai joué de malchance, ou alors j’ai complètement tiré à côté… regretta Ninjor.
       - Ne t’inquiète-pas, on est là pour t’aider, fit Trini, soucieuse de ne pas voir Ninjor se déboussoler pour si peu.
    Les Cogs profitèrent de ces quelques secondes de latence pour avancer vers les Rangers et de ce fait les attaquer. Mais les héros étaient lucides et avaient vu l’entreprise des ennemis.
       - Ils veulent la bagarre, et ils ont trouvé à qui parler ! provoqua Zack.
       - En effet, on ne les laissera pas piller ce parc, pas plus que la ville ! ajouta Jason.
    Les Cogs, à l’écoute des dires des Rangers Noir et Rouge, esquissèrent des grincements qui s’apparentaient à des rires. Puis ils pressèrent le pas jusqu’à courir vers les jeunes défenseurs de la Terre.
       - A l’attaque ! A l’attaque ! crièrent différents Cogs.
       - Hache-laser ! appela le Ranger Noir en signe de riposte.
    Et Zack, une fois armé de son arme spécifique, alla aussi à la rencontre du Cogs le plus proche, pendant que les deux autres Rangers partirent couvrir un autre secteur. Il lui administra un joli coup de hache dans l’abdomen puis un second dans la cuisse droite. Il avait vu qu’un autre Cogs s’approchait pour soutenir son compagnon de combat, alors, Zack acheva sa première cible qui s’agenouilla inerte, et sauta par-dessus ce dernier afin de se retrouver à proximité du second.
       - Hache-laser, à qui le tour ? fit le Ranger Noir.
       - Ta petite arme de pacotille ne me fera rien, j’ai une charpente assez solide pour repousser sans crainte tes coups ! rétorqua le Cogs, qui visiblement n’avait pas pris en considération la déchéance de son compagnon d’arme quelques secondes auparavant.
       - Rien ne sert de sortir les grands mots, pauvre bêta, répondit Zack qui avait vu qu’un détail allait jouer en sa faveur. Un détail bleu avec un sabre doré…
    L’assaillant se propulsa vers le Ranger mais, avant qu’il ne puisse ne serait-ce l’effleurer, Ninjor réalisa un superbe coup d’estoc qui ne laissa absolument aucune opportunité de vie au Cogs qui s’était cru plus malin sur ce coup-là.
       - C’est ce qui s’appelle être pris par surprise, ça ! ricana Ninjor.
       - Magnifique coup d’escrimeur ! félicita Zack.
       - Je dirai plutôt un coup de kendo, mais c’est surtout histoire de chipoter. Maintenant, retournons aider les autres. Tous les autres Cogs semblent se concentrer sur eux.
       - Tu as raison, allons-y très vite !
    Zack et Ninjor allèrent à la rescousse de Trini et Jason qui devaient en découdre avec une quinzaine de sbires de l’Empire des Machines.
       - Inutile de résister, scandait à répétition l’un des Cogs pendant qu’il parait les contres défensifs du Ranger Rouge, vous serez terrassés comme tous les habitants de cette planète ! L’Empire des Machines combat à la gloire de l’altesse grandissime, le Roi Mondo !
       - Peu importe ce que tu pourras me dire, je resterai pour lutter. La Terre n’est pas prête de changer de camp, crois-moi ! répondit Jason.
       - Les Power Rangers existent pour repousser les monstres de votre sorte ! ajouta Trini qui n’était pas loin, et qui avait sorti son épée-blaster.
       - Pour l’instant vous existez encore, mais bientôt l’univers parlera de vous au passé, répondit un Cogs. Et puis d’ailleurs l’univers ne parlera même plus de vous !!!
     
       Jason se souvenait avoir déjà eu affaire aux Cogs lorsqu’il avait revêtu la combinaison et acquis les pouvoirs du Zeo Ranger Doré. Mais il lui était impossible de se remémorer quelconque point faible chez ces ennemis. Et comme il n’avait pas vraiment le temps de ressasser les duels passés, il devait improviser. Il hésita à prendre son épée-laser mais il préférait utiliser ses connaissances en arts martiaux, moins prévisibles pour l’adversaire. Il débuta par deux coups de pieds sautés en direction du Cogs qui lui avait paru un peu trop bavard et trop sûr de lui. Ensuite il se retourna et empêcha un Cogs de frapper la Ranger Jaune à la tête.
       - Pas touche à mon amie, toi ! contra Jason.
       - Depuis quand un humain, qui plus est un Power Rangers, me donne des ordres ?
       - Ca, c’est la phrase de trop.
    Le Ranger Rouge, qui avait bien vu que le Cogs avait refermé son poing gauche dans le but de l’abattre quelque part sur son corps, esquissa une jolie feinte et attrapa le bras élancé de l’ennemi qu’il tordit sans casser, avant de faire un croche-pattes. Deux autres arrivèrent en secours mais Jason n’eut aucun mal à les mettre à terre. Un dernier sbire se présenta dans les airs et il eut davantage de succès : ses deux pieds mirent Jason à terre au milieu des Cogs précédemment liquidés. Mais il n’eut pas besoin de se relever car Zack arriva à la rescousse, faisant tourbillonner sa hache-laser.
       - Ca va aller, tu vas pouvoir te relever, vieux ? questionna Zack, tout en tendant la main.
       - Ne t’inquiètes-pas, mais merci beaucoup. Comment s’en sortent les autres ?
       - Ninjor est parti seconder Trini qui était en difficulté.
       - C’est dingue, j’étais à combattre à ses côtés il y a de ça quelques minutes… les Cogs ont su nous disperser.
     
       Jason s’était relevé et ils allaient maintenant concentrer leurs forces avec celles de Ninjor ainsi que de la Ranger Jaune. Où elle était, des civils étaient parfois confrontés aux Cogs, et leur protection était une priorité.
       - Trini, je ne savais plus où tu étais passée ! Désolé, nous avions des Cogs à mettre à terre aussi, s’excusa Jason.
       - Ne t’en fais pas, on a tous le même but !
       - Où est Ninjor ? demanda Zack.
       - Ah oui, il est parti protéger des civils, car des Cogs dévalisent les stands qui décidément, subissent beaucoup de tourments aujourd’hui. Il est là-bas, et il me semble qu’il a besoin d’aide.
       - J’y vais ! fit Zack.
       - Ok, alors bon courage ! dit Jason qui se retourna sur le vif afin de contrer le Cogs qu’il avait entendu s’approcher.
     
       Trini assura la déchéance d’un énième Cogs qui avait dû être blessé auparavant, puis, d’un tir précis de blaster, repoussa un autre ennemi qui tentait de saisir des piquets tenant les chapiteaux. Jason acheva ce dernier au corps-à-corps avant de se retrouver de nouveau en difficulté, pris à parti par trois individus plus virulents.
       - Trini ! Viens s’il te plaît, j’ai besoin d’aide ! appela Jason tout en ayant vérifié auparavant qu’aucune oreille étrangère n’aurait pu entendre le prénom de la Ranger Jaune, l’identité des Power Rangers devant rester secrète.
       - Je vais essayer, mais il y a du monde autour de moi. C’est à croire qu’ils se reproduisent. Deux secondes et j’arrive.
    La Ranger Jaune devait d’abord se débarrasser de Cogs qui la collaient d’un peu trop près. Ils étaient quatre, et elle commençait à ressentir quelques crampes dans les pieds. Elle recula de quelques pas, laissant les Cogs se rapprocher d’elle, sans voir que son but était d’attraper un couvercle métallique de poubelle afin de l’utiliser : elle se rappelait que Tommy lui avait dit qu’il avait déjà pris ce genre d’objet pour se libérer de l’emprise de patrouilleurs et que ça avait plus ou moins fonctionné.
    L’objet était maintenant à ses pieds. D’un mouvement bien huilé elle passa sa botte droite sous le couvercle, le releva, et l’attrapa avec ses mains. Les Cogs, qui n’avaient pas cessé d’avancer, stoppèrent net, mais la Ranger Jaune les assomma d’un coup d’un seul.
    Elle se retourna dans la direction du Ranger Rouge, qui était à genoux, entouré par trois Cogs.
       - Attrape-le, je te rejoins dans la foulée, cria-t-elle tout en lançant le couvercle.
       - Merci ma grande ! Si tu pouvais aussi me lancer de la nourriture, je commence à avoir faim.
    Jason ne parvint pas à rattraper le couvercle, mais, l’un des Cogs ne parvint pas non plus à l’éviter, et le reçut en plein dans la nuque. Il avait été lancé d’une telle force que la tête se décrocha du menton et tomba quelques mètres plus loin, pendant que le corps démembré de sa partie haute, inerte, se recroquevillait lamentablement.
       - Heureusement que je ne me suis pas relevé, sinon tu m’aurais décapité ! rigola Jason. Ne t’inscris jamais à un concours d’ultimate.
       - Sauf si je joue avec une assiette en plastique au lieu d’un frisbee, répondit Trini en s’approchant. Ca va aller ?
       - Je crois, oui, mais attention, ça vient encore, derrière toi : ils sont à six mètres je dirais.
       - Ok alors je vais…
       - Non, attends, dit Jason. J’ai une idée. Je sors mon épée-blaster, et dès que tu t’écartes, je les canarde.
    Aussitôt dit, aussitôt fait. Des trois Cogs visés, il n’en restait qu’un seul qui se présenta à hauteur de Trini et qui la poussa vers le sol. Jason s’était relevé et il lui infligea un puissant coup du pied gauche à hauteur de l’une de ses épaules. Le Cogs poussa un cri de douleur mais ne tomba pas. Trini s’était relevé, armée du fameux couvercle, et, tenant ce dernier de chacune des mains, le lui tapa contre le haut de la tête. L’alien se retrouva sonné, et les deux Rangers en profitèrent pour le rendre hors-service.
        - Bien joué, félicita Jason. Et maintenant, nous allons enfin pouvoir rejoindre Ninjor et Zack.
       - Regarde, ils sont là-bas, à l’entrée du lycée, indiqua Trini. Il reste apparemment quelques Cogs.
    Les Rangers Rouge et Jaune arrivèrent à hauteur des autres. Ninjor se débattait avec un ennemi et Zack venait de se remettre debout après avoir été volontairement poussé.
        - Rien de cassé ? questionna Trini à son encontre.
        - Non, ça va pour moi, et pour Ninjor aussi visiblement.
        - Des blessés au niveau des civils ? demanda Jason tout en vérifiant l’état d’un Cogs gisant dans la pelouse.
        - Pas dehors en tout cas.
     
    Soudain, les trois Rangers furent interpellés par des cris provenant d’un étage du lycée. Ils allèrent vers cette direction, rejoints de près par Ninjor. Ils entrèrent dans le hall, là-même où, plus tôt dans la journée, ils avaient dû en découdre avec les escouades envoyées par le prince Sariu.
        - Des monstres au premier étage ! hurlait une jeune fille que Jason avait vu tout à l’heure sur la zone de tournage.
        - Très bien, on s’en charge, répondit Trini. Vite, les escaliers !
    Les quatre héros montèrent et, une fois sur la plate-forme qui faisait office de mezzanine, virent en effet qu’il restait une dizaine de Cogs à l’intérieur du bâtiment. Ninjor commença à balancer des coups de poings vers les premiers assaillants pendant que Zack montrait aux civils le chemin à suivre pour évacuer au plus vite. Trini et Jason, qui avaient ramassé leurs armes - tirer dans le tas alors que ce tas, le mot étant peu adapté, contenait aussi bien des Cogs que des humains - se postaient devant un autre groupe ennemi.
       - Adaptation. Langage OK, parla un Cogs. Détection de quatre individus indésirables. Quelles sont les consignes ?
       - Les éliminer, répondit un autre Cogs. Et sur le champ !
       - Ca ne risque pas d’arriver ! rétorqua Ninjor. Les Power Rangers et moi-même, sommes ici pour vous repousser, nullement pour vous laisser faire !
    Les groupes de Cogs se réunirent. Jason, Trini et Ninjor réunirent leurs efforts mais, au cours des minutes qui passaient lentement, le soutien de Zack fut bienvenu. Aucun Cogs n’avait encore succombé et ils étaient plus expérimentés que les précédentes fournées qui avaient été arrêtées à l’extérieur du lycée. Ils plaçaient des coups qui, à défaut d’être puissants, étaient futés et recherchés.
       - Vous voyez, humains, même avec vos collants moulants, vous ne pouvez pas résister à la force des troupes du sérénissime Roi Mondo, provoqua un Cogs.
       - Bien sûr que l’on peut vous résister ! réfuta Trini.
       - Vous, les humains, vous avez trop d’espoirs.
    Le Cogs ne termina pas sa phrase : Ninjor venait de lui installer de manière inconfortable son genou dans le bas du ventre. Les autres Cogs se jetèrent sur le samouraï bleu mais le Ranger Noir parvint à les écarter.
    S’en suivit une fois de plus des échanges rapides de claques et de coups de poings pas toujours précis. Le Ranger Rouge parvint tout de même à tirer un ennemi vers le rebord de la mezzanine et, après avoir vérifié si c’était envisageable, le fit passer par-dessus la barrière de sécurité.
       - Ou comment descendre d’un étage lorsque l’ascenseur est en panne… lança Jason à l’encontre du Cogs qui chuta lourdement en bas.
       - Au secours ! Au secours ! appela la voix d’une femme à l’étage du dessus.
        - Je vais voir ce que c’est, décida Zack.
       - Fais attention, il risque d’y avoir d’autres patrouilles là-haut.
    Le Ranger Noir poussa un Cogs, se dirigea vers l’escalier du haut et redoubla sa vitesse lorsqu’il entendit de nouveau la voix appeler.
       - Vite, au secours ! Ils vont me jeter dans le vide !
       - Tenez-bon, j’arrive ! soutint Zack.
    Le Ranger Noir arriva à la mezzanine du second étage. Devant lui se présentaient deux Cogs, qui tenaient chaque extrémité du corps d’une jeune demoiselle métisse qui n’était pas inconnue de Zack…
       - Mais… Angela !!! souffla-t-il à mi-voix.
       - Au secours, Power Ranger, ils vont me jeter !
       - Oui, on va la jeter plus bas !!!
       - Non, hurla Zack, ne faites-pas ça !!!
       - A la une, à la deux… compta un des Cogs.
       - Non !!! Ne lui faites-pas ça !!!
    Zack savait qu’il devait agir intelligemment, et très vite : en effet, il devait lui rester à peine deux secondes pour tenter quelque chose.


    CHAPITRE 8
    Situations critiques
     
       Les Cogs allaient jeter Angela deux étages plus bas.
    Ni une ni deux, le Ranger Noir appela tout son courage et se rua vers eux mais le mal était fait : la jeune femme sentit les bras la retenant se dérober. A son tour Zack entraîna son corps par-dessus la rambarde de sécurité afin de sauver celle avec qui il rêvait de sortir de nouveau, eux qui n’avaient eu que quelques moments ensemble.
       - Je vais tout faire pour te sauver… lança Zack en même temps de plonger vers le vide.
    Mais ce dernier plongea plus bas qu’Angela qui avait arrêtée sa chute au premier étage : Ninjor, alerté par les bruits, avait réagi. Zack heurta assez grossièrement le sol du rez-de-chaussée, sur le ventre. Il se retourna rapidement et vit Angela le regarder de l’étage supérieur : elle était sauve.
       - Bon, j’ai raté complètement mon coup, mais je suis un Ranger à ses yeux, alors ça pardonne. Enfin, j’espère…
    Il se frotta la cuisse victime de douleurs suite à la chute. Au lieu de passer par les escaliers pour regagner le duel, il préféra prendre un raccourci, qui était à vrai dire davantage pensé pour épater Angela. Il effectua un super-saut et se retrouva en deux secondes sur la mezzanine du premier niveau. Mais une fois arrivé, pas le moindre signe de vie d’Angela…
       - C’est pas vrai, se plaint Zack, où est-elle passée ?
       - Et bien je lui ai demandé de prendre la fuite pour éviter tout contact avec les monstres ! répondit Ninjor.
       - Oh non… moi qui voulais lui dire ne serait-ce que quelques mots…
       - Nous n’avons pas vraiment le temps de jouer au jeu des amourettes. Ne t’inquiètes-pas, tu la reverras ta belle !
       - Bon, tu as raison. Où sont Jason et Trini ?
       - Un peu plus loin dans ce couloir. D’ailleurs, allons vite les rejoindre puisqu’ici, il n’y a plus de Cogs à tuer.
       - Tu as parlé un peu vite, regarde ceux-là qui débarquent d’en haut par l’escalier. Je m’en charge.
    Zack avait bien reconnu les deux Cogs qui avaient jeté Angela dans le vide, et il avait un compte tout à fait personnel à régler avec eux. Il n’attendit pas qu’ils s’approchent pour les repousser vers l’escalier. Il bouscula le premier qui s’écroula mais le second réagit très vite en administrant un puissant uppercut au Ranger vengeur.
       - Alors, petit Ranger Noir, je te trouve suicidaire, tout d’abord tu te jettes dans le vide comme une merde de Bantha, et ensuite, tu viens te frotter à nous, envoyés du Roi Mondo, sans le moindre muscle ?
       - Aie… tais-toi, machine stupide, répondit sèchement Zack qui se relevait lentement.
    Le second Cogs s’était relevé et s’approchait à son tour de Zack. Mais Ninjor avait suivi et surgit subitement, sabre à la main. Il embrocha le second Cogs puis le fit valdinguer dans le vide. Le Cogs restant, qui était toujours posté auprès de Zack, tourna la tête, et ce pour la dernière fois : le Ranger Noir avait eu le temps de prendre son épée-blaster et de tirer en rafale à bout portant, sans aucun risque de louper la cible. L’ennemi s’effondra sur le parquet, inerte.
       - C’est bon pour lui ; maintenant suis-moi, Zack ! ordonna Ninjor.
       - Tout de suite, j’arrive.
    Les deux combattants pour le bien allèrent soutenir les Rangers Rouge et Jaune qui étaient aux prises avec une dizaine d’autres unités rivales.
     
    ***
     
       Il y avait toujours autant d’agitation sur le sable et au-dessus de la Lune. Mais si l’intensité des combats au sol était plus forte de minute en minute, les chasses aériennes avaient baissé d’un ton, la faute à des vaisseaux en état de vol moins nombreux qu’au démarrage de l’attaque.
     
       Du pont principal de son croiseur en orbite, le Roi Mondo supervisait ses troupes et admirait le bon déroulement des opérations pour son compte. La réussite était en effet de son côté et il en était très satisfait : son plan, et plus précisément sa diversion, avait parfaitement fonctionné.
    En effet, cette fois-ci, le but premier n’avait jamais été de dévaliser le Palais Lunaire ni d’éliminer les troupes du Seigneur Zedd en place. La diversion  avait servi à occuper ces dernières en vue d’avoir le champ libre vers la Terre qui était l’objectif de conquête de l’Empire des Machines.
     
       Mais, au fur et à mesure que le Roi Mondo réfléchissait aux futures étapes de sa stratégie, il se disait que la tournure des évènements avait vraiment été intéressante. Maintenant, il n’excluait plus une tentative de prise de la Lune. Après tout, il avait déjà, par le passé, réussi avec une certaine facilité à faire fuir le Seigneur Zedd et ses acolytes du Palais Lunaire. Il se rappelait tout de même, avoir déployé les très grands moyens pour l’occasion, la puissante artillerie, avec des centaines de vaisseaux de combat et de commandement. Amusé, il l’avait été à cette époque, et en y repensant il l’était tout autant.
     
       Le Roi Mondo se retourna vers sa femme, la Reine Machina, et entama la conversation.
       - Je me demande comment j’ai pu parfois collaborer avec ces guerriers de seconde zone.
       - C’était pour mieux les tromper, et souvent, ça fonctionnait, répondit Machina.
       - Je me demande aussi si je ne devrais pas de nouveau les repousser de la Lune afin d’en prendre possession, définitivement. Un aussi grand palais, nul doute que ça te plairait.
       - Cela pourrait être une idée excellentissime !
       - Et je viens de penser que ça nous ferait une base à proximité de la Terre, qui reste notre objectif prioritaire.
       - D’ailleurs, ça se passe comment sur la Terre ? questionna la Reine Machina.
       - Aux dernières nouvelles, nos premières fournées de Cogs sèment la pagaille à Angel Grove comme cela était prévu. Cela nous a permis de jauger la capacité de nos élites contre les Power Rangers en place.
       - Et ?
       - Et bien, il faudra entraîner davantage les Cogs. Il n’y a que trois ou quatre Power Rangers actuellement en faction contre nos armées, et ils s’en sortent malheureusement assez bien.
       - Dans ce cas, nous pourrions leur concocter un monstre, qu’en penses-tu ?
       - J’y pense aussi, mais je ne sais pas encore lequel leur envoyer. Je pensais créer un nouveau modèle.
       - Et bien je te laisse réfléchir à cela. Mais je pense qu’il ne faut pas trop tarder pour leur envoyer un monstre : la troisième vague de Cogs ne devrait pas tarder à entrer dans l’atmosphère terrestre.
     
       La Reine Machina retourna auprès de son fils, le Prince Sprocket, qui jouait avec deux écrous vivants. Elle espérait que son mari ne perdrait pas trop de temps à réfléchir quel chose il allait créer pour semer la pagaille sur la Terre. Fort heureusement pour elle le Roi Mondo annonça très rapidement son intention de faire appel à un nouvel alien. Il le voyait alors grand et costaud, capable d’arracher des arbres à la seule force de ses bras. Il le voyait comme un monstre sportif, surentraîné et prêt à affronter n’importe quelle destinée.
     
       - Je vais l’appeler l’Olympien, car c’est un mot qui veut dire de belles choses sur cette Terre, sortit le Roi Mondo. Il aura une charpente, ou plutôt un squelette d’acier, et des muscles redoutablement… musclés.
       - Je suppose qu’il sera surpuissant comme toi, papa ! intervint le jeune Prince Sprocket. Il va ratatiner les terriens ?
       - Je l’espère de tout mon cœur, fils. Et donne-moi ces deux écrous, ils pourraient me servir.
    Et le Roi Mondo se prépara à créer son nouveau monstre : l’Olympien.
     
    ***
     
       Une sorte de réunion extraordinaire avait été réclamée par Sariu à l’attention de tous ses alliés proches, donc, à l’attention d’une bonne partie des commandeurs du mal : Zedd, Rita, les généraux et soldats plutoniens, ainsi que Goldar et quelques autres monstres. Exception faite pour Finster qui était resté à la création de bataillons aliens dans son laboratoire, bien gardé par les quatre monstres précédemment désignés par Sariu. Exception faite également pour la Zeo Ranger d’Argent, toujours aux commandes du Zeo Megazord qui s’en sortait très bien.
       - Notre système défensif agit bien mais il y a encore trop de passage sur les ailes de nos ennemis. Il faut les contrer avant qu’ils ne rentrent dans la surface de vérité, avant qu’ils n’atteignent leur but ! Il faut les repousser à la racine de leurs offensives, c’est-à-dire, à la sortie de leurs vaisseaux, dès qu’ils se posent sur le sol lunaire.
       - Le Démonlisseur est presque à bout de forces, et je ne donne plus très cher de sa peau, regretta Rita. Il va falloir aller chercher des monstres au labo de Finster.
       - J’allais envoyer Goldar en chercher justement, répondit Sariu. Goldar, si tu veux bien…
       - Très bien maître, je file tout de suite en chercher. Mais j’en prends combien ?
       - Trois, quatre même, demanda Sariu. Merci.
    Goldar quitta le regroupement et préféra utiliser la téléportation pour aller directement au laboratoire sans obstacle.
       - A l’inverse du Démonlisseur, le Serpenpieuvre arrive à repousser sans problème les Cogs, constata Zedd. Il va falloir garder cet alien car il est très surprenant.
       - Je l’ai remarqué aussi, mon ami, répondit Sariu, et il faut le laisser à nos côtés. C’est un atout de taille et de poids face aux machines imbéciles de Mondo.
       - Et s’il survit après ce combat, je l’enverrai se frotter aux Power Rangers sur Terre, pensa Zedd à haute voix.
       - D’ailleurs, est-on maintenant sûr que des vaisseaux de l’Empire des Machines aient réussi à se rendre sur Terre ? questionna Rita.
       - Oui Majesté, répondit le général PR8. J’ai pu vérifier les données à bord du Stratagem après notre évacuation, car je suis retourné à l’intérieur chercher nos armes.
       - Et les données que j’ai pu traiter sont formelles, ajouta le général PR21, spécialisé en logistique aérienne : plusieurs bandes de vaisseaux et chasseurs de l’Empire des Machines ont pris la direction de la planète Terre.
       - Bon, on va s’occuper de nous pour l’instant, on ne va pas aller défendre la Terre, après tout, elle n’est pas encore à nous, osa placer le Seigneur Zedd sans trop réfléchir à ce qu’il venait de dire.
       - Rito avait déjà envoyé un monstre sur le bateau, et je ne sais pas ce qu’il devient, pensa Sariu. Tant pis, ça occupe peut-être les Rangers. Maintenant, reprenons nos places et continuons de défendre notre Lune !
     
        Chacun reprit sa place soit au combat, soit à la supervision. Goldar venait de réapparaître avec deux monstres dont l’un déjà connu : le Rhino-Féroce, et le Ventrilocked, dernière création de Finster, qui avait l’allure proche de celle d’un être humain lambda, mais dont la couleur de peau était intégralement bleue pâle. Quant à Sariu, il espérait maintenant que le Ter-Mitator préoccupait des Rangers qui devaient être pris entre plusieurs dilemmes. Mais il se dit que bientôt, ce sont ses attaques qui feront des dégâts aux Rangers, et non pas celles du Roi Mondo.
     
    ***
     
      Sur l’Ocean Gold, le Ter-Mitator avait disparu du champ de vision des trois Rangers depuis près de quinze minutes. Les voyageurs ayant auparavant déserté le restaurant étaient pour la plupart cloîtrés dans leur chambre, pendant que le capitaine de bord avait préféré, à tort peut-être, ne rien dire aux autres passagers qui vivaient sans la connaissance qu’un extra-terrestre hideux faisait aussi la croisière.
     
       Tommy, Kimberly et Billy, qui cherchaient en vain le monstre, ne pensaient pas que même à quelques centaines de kilomètres d’Angel Grove, l’engouement pour les Power Rangers était aussi fort : de nombreuses fois ils furent interpellés par des personnes qui voulaient des autographes ou des photos. Certaines, plus réalistes, savaient que si ces trois personnages étaient à bord du paquebot, c’est que tout n’allait pas si bien.
       - Que se passe-t-il ? questionna une dame qui portait un bébé dans les bras.
       - Personne ne vous a prévenu ? s’interloqua la Ranger Rose. Il y a un… un monstre à bord…
       - Mais nous sommes justement là pour assurer votre sécurité, madame, termina le Ranger Blanc pour la rassurer.
       - Que dois-je faire ? Je dois sans doute remonter jusqu’à ma chambre… mais toute seule, j’ai peur de me faire agresser par ce monstre…
       - Je vais vous y emmener, proposa le Ranger Bleu.
       - Très bien, accompagne la dame, on va jeter un coup d’œil vers la salle du cabaret, fit Tommy.
       - Et bien je vous remercie. Je pourrai raconter à mon jeune fils Tony Yann qu’il a vu les Power Rangers en vrai… si l’on s’en sort…
       - Ne vous inquiétez-pas, tout va très bien se passer, répondit Billy, le monstre ici présent n’est pas des plus dangereux. Si ça peut vous rassurer, on a vu bien pire.
       - Cela n’empêchera pas que je verrouillerai ma porte de chambre, conclut la jeune mère de famille, avant que Billy ne l’invite à rejoindre cette chambre justement.
    Kimberly se rapprocha de Tommy qui lui montra la direction de la salle du cabaret.
       - Nous ne sommes pas allés voir là-bas, fit Tommy. Allons-y.
       - Tommy, tu es sûr que la situation est aussi bonne pour nous ? Tu m’as l’air bien optimiste.
       - Je sais que ce que j’ai dit, je l’ai juste dit pour la rassurer, mais je ne pouvais rien dire de négatif sinon ça risque de devenir la cohue totale. Pour l’instant le paquebot est encore calme et ce n’est pas plus mal.
       - Oui, c’est vrai, tu as sans doute raison, admit Kimberly. J’ajouterai que c’est quand même bizarre de ne pas croiser le personnel de bord.
       - Je suis d’accord avec toi, on se demande où est passé l’équipage.
       - Ils doivent être avec les passagers.
    Ils se turent mais le Ranger Blanc eut le temps de soumettre une question :
       - Tony Yann, c’est moche comme prénom pour un bébé ou un humain en général, non ?
       - Un nom composé de la sorte, c’est vrai que ce n’est pas commun. Tony Yann… ça reviendrait à s’appeler Jeanne Louisette.
       - Oui, ou encore Jason David. Quelle faute de goût !
     
       Les deux Rangers avançaient rapidement vers la salle du cabaret. Pendant leur progression, Kimberly admira la beauté des matériaux des équipements de l’Ocean Gold : des barres de maintien aussi brillantes que de l’argent, des zones recouvertes de parquet, maintenaient l’impression de bateau grand luxe.
       - Il est quand même magnifique, ce bateau, constata la Ranger Rose.
       - Si on avait des vacances, on partirait tous en croisière, pensa le Ranger Blanc à haute voix. Ce serait génial non ?
       - On pourrait aussi se faire ça à deux, un jour, et…
    Un cri humain venant de l’étage supérieur coupa les rêves de Kimberly.
       - Le monstre est dans le casino !!!
    Tommy se tourna vers Kimberly et tous deux partirent à l’étage via les escaliers. Rapidement ils arrivèrent à l’entrée du casino. La personne qui venait de crier était l’un des vigiles de l’établissement où les machines à sous avaient dû être abandonnées de leurs joueurs.
       - Il est à l’intérieur, le monstre… c’est lui…
       - Très bien, on s’en occupe, répondit Tommy. Faites évacuer le casino.
    Le vigile alla procéder à l’évacuation et les deux Rangers entrèrent dans le casino. Tommy prit le temps de prévenir Billy de la tournure des événements et ce dernier se téléporta directement dans le casino, à quelques mètres du Ter-Mitator. Il fut très rapidement rejoint par les deux autres.
       - Tiens, vous revoilà, vous m’avez enfin retrouvé ! Vous êtes lents à cache-cache !
       - On n’est pas là pour jouer nous ! rétorqua Billy.
       - Et bien, en théorie, moi non plus, fit le Ter-Mitator. Mais quand je vois tous ces fabuleux joujoux avec autant de pièces et de jetons, je ne peux pas résister ! Si le triple six correspond au chiffre du diable, le triple sept sera synonyme de victoire pour moi, au jeu, et contre vous, bande de rats sans cervelle !
       - Tu n’es pas obligé d’être insultant, regretta ironiquement Kimberly.
       - Peu importe comment il parle, de toute façon nous sommes là pour l’empêcher de progresser, dit Tommy. Alors tous sur lui !
       - Ha ha ha, je vous attends ! provoqua le Ter-Mitator.
    Les Rangers s’approchèrent du monstre qui prépara des boules noires d’énergie. Il les lança mais ils évitèrent les cibles. Billy sauta en l’air et attira l’attention du Ter-Mitator qui ignora l’arrivée de Tommy, qui comme il l’avait déjà pu le faire contre Goldar et des patrouilleurs dans le passé, débarqua en distribuant les coups de pieds tout en survolant le sol à basse altitude pendant quelques secondes. L’alien se retrouva par terre dans une posture qui ne le glorifiait guère. Il n’eut pas le temps de se relever dans l’immédiat : Kimberly lui sauta dessus, l’immobilisant de nouveau. Mais la domination des Rangers, selon le monstre allait se renverser subitement…
       - Eh, vous n’avez pas encore vu toutes mes armes, lança le Ter-Mitator. Bouclier de bois !
    Une imposante boule de bois entoura le monstre et repoussa la Ranger Rose. Puis la protection disparut aussi soudainement qu’elle était apparue. Et Tommy remarqua le premier que le Ter-Mitator était maintenant équipé d’un canon en guise de main droite.
       - Attention à son bras droit, c’est une arme ! alerta le Ranger Blanc.
       - Bien vu Ranger, mais même en prévenant, tu ne pourras sauver tes petits copains. Feu !
    Le tir était pointé tout droit sur Tommy. Mais il esquiva de justesse la grosse balle furtive qui alla détruire partiellement une table de billard.
       - Loupé, mais pas pour très longtemps… râla le Ter-Mitator.
       - Ouf, j’ai eu chaud… murmura Tommy qui en tremblait encore.
       - A moi de m’en occuper ! lança Kimberly.
       - Kim, attention ! prévint Tommy.
    La Ranger Rose, décidée, réalisa deux fois la roue avant d’attribuer un coup de genou si bien placé que si le Ter-Mitator avait été un humain de sexe masculin, il ne se serait pas relevé immédiatement. Mais ce dernier étant un alien, il avait juste ressenti une très légère douleur qu’il chercha à cacher.
       - Bien essayé, mais ce n’est pas assez pour m’anéantir, Ranger ! ricana le Ter-Mitator.
       - Dans ce cas, on va utiliser les grands moyens. Arc-laser ! cria Kimberly.
       - Ce n’est pas ton arc en plastique qui va me faire peur ! Et s’il avait été en bois ça ferait déjà longtemps que je l’aurai mangé…
       - Le problème, c’est que mon arc en plastique, comme tu dis, va causer beaucoup de dégâts.
       - Ha ha ha, laisse-moi rire… éclata le Ter-Mitator, pendant que la Ranger Rose armait sa première flèche.
       - Tu m’en diras des nouvelles, ajouta t-elle en détendant la corde afin de tirer.
    Le Ter-Mitator sentit la flèche entrer dans le canon de son bras droit. Il ressentit un mal insupportable en lui.
       - Aie ! Ca pique tellement… ça… ça me fait mal… hurla le monstre.
       - Tu vois que mon arc est utile, sale mutant ! nargua Kimberly.
       - Ca c’est bien joué Kimberly, bravo, félicita Tommy.
       - Je suis tout à fait d’accord avec Tommy, ton idée fut très bonne, ajouta Billy.
       - Des fois, je vous épate, non ? demanda Kimberly qui savourait ces quelques secondes de répit qui n’allaient certainement pas durer, puisque le monstre était déjà en train de se redresser sur ses deux jambes.
    Billy se dirigea de nouveau vers le Ter-Mitator en pas rapides. L’alien utilisa son pied gauche pour repousser le Ranger Bleu qui tomba en arrière. Une nouvelle sphère sombre d’énergie fut dégainée et cette fois elle toucha la Ranger Rose dans la cuisse droite : elle se retrouva sous la table de billard.
       - Il ne reste plus que toi, Ranger Blanc ! rigola le Ter-Mitator.
       - Mes amis vont se relever, ne t’inquiètes-pas pour eux. En attendant, à moi de jouer !
       - Encore jouer ? Mais je croyais que vous n’étiez pas là pour ça, ironisa le Ter-Mitator.
       - Quitte à être dans un casino, autant jouer, non ?
    Le Ranger Blanc empoigna Saba et la fit tournoyer tout en s’approchant du monstre. De nouveau l’alien se protégea avec le bouclier fait de bois et, lorsque ce dernier se volatilisa, le canon du Ter-Mitator avait été remplacé par un magnifique katana marron. Pendant ce temps Billy et Kimberly avaient repris place aux côtés de Tommy.
       - Saba, lance-lui des lasers avec tes yeux ! ordonna Tommy à l’attention de son arme parlante.
       - A vos ordres, m’sieur le chef !
    Le double laser rouge toucha le Ter-Mitator aux deux jambes. Il tomba puis se releva aussitôt, tout en tendant en avant le bras équipé du katana.
       - Ca ne va pas se passer comme ça ! Je ne vais faire qu’une bouchée de vous, Rangers !
    L’alien fit un pas vers Tommy qui avait déjà senti l’attaque.
    De nombreux échanges de lames suivirent, sans que Kimberly ni Billy ne puissent intervenir. Mais ils durent persister lorsque Tommy se retrouva en difficulté, coincé contre une machine à sous, bloqué par le Ter-Mitator qui décuplait sa force.
       - Alors, on rigole moins, maintenant ! s’exclama le Ter-Mitator.
       - J’ai plus d’un tour dans mon sac, répondit Tommy qui, réellement, se savait bien mal embarqué.
       - N’oublie-pas que nous sommes là, la Ranger Rose et moi-même, lança Billy à l’attention du monstre.
       - N’essayez-pas de me distraire, de toute façon, votre compte viendra après. Je m’occupe du Ranger Blanc avant, et, une fois que je l’aurai tué, je passe à votre cas. Votre existence n’est plus très longue…
     
    Mais pendant qu’il parlait, les deux autres Rangers avaient saisi des queues de billard. Ils arrivèrent, tels des cavaliers pendant les croisades, et tapèrent le monstre dans la nuque. La canne utilisée par Kimberly cassa même lors du choc.
    Le monstre, abasourdi, se retrouva à genoux. Tommy en profita pour lui administrer un puissant coup de genou dans la tête, suivi d’un brillant uppercut du droit. Enfin, le Ranger Blanc effectua un tour de trois cent-soixante degrés sur lui-même en guise d’élan afin de porter un coup de pied dévastateur, toujours dans la tête de l’ennemi. Le coup ne fut pas vain : le Ter-Mitator se retrouva inerte, allongé à terre, dans le casino qu’il n’aura finalement pas eu le temps de dévaliser complètement.
    Billy vérifia tout de même l’état de santé du monstre sans trop savoir quoi penser. Puis il retourna vers ses deux amis qui faisaient dos au Ter-Mitator, à trois mètres de lui.
       - Il aurait dû disparaître, puisque nous l’avons tué, douta le Ranger Bleu.
       - J’espère qu’il est vraiment mort… souffla la Ranger Rose.
       - Je vais quand même joindre Zordon pour leur indiquer l’avancement de nos opérations, et de savoir si tout va bien en ville, dit le Ranger Blanc.
    A force de parler, les trois Rangers avaient négligé le monstre pendant quelques secondes. Ils n’avaient pas remarqué que le Ter-Mitator avait réussi à saisir discrètement les morceaux de la queue de billard cassé, qui était faite de bois. Il allait en faire une collation : en tant que monstre issu d’une mite, le bois allait le requinquer, et il espérait pouvoir prendre les trois Power Rangers par surprise.
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    Re: MMPR S4, épisode 4 : Double attaque

    Message par KL44 le Dim 10 Jan - 16:16

    Bonjour,

    meilleurs vœux à toutes et à tous pour cette nouvelle année !

    Et voici la suite de l'histoire...

    ----------



    CHAPITRE 9
    Des aliens et du bois
     
     
       Une fois de plus, c’est dans l’immense parc d’Angel Grove qu’apparut un énième monstre destiné à déstabiliser la vie des terriens. Mais la zone de tournage n’était cette fois-ci pas visée : le Roi Mondo avait expédié par erreur son Olympien à l’est du lac, près des étendues rocailleuses, alors qu’il visait le lycée.
       - Mais qu’est ce que je fais là, je devrais être de l’autre côté dans l’école, s’inquiéta l’Olympien, d’une voix très snob tout en restant grave. Tant pis, je vais m’y rendre en sprintant, tel un vrai athlète.
    L’Olympien, à pas de courses, rejoint rapidement l’autre rive du lac, plus proche de l’entrée du lycée. Pensant davantage à ses performances qu’à son chemin, le monstre entra en collision avec un individu.
       - Eh, mais tu peux pas regarder où tu vas crétin ! s’énerva le jeune qui ne s’était pas encore retourné et qui n’était personne d’autre que Skull.
    L’Olympien n’apprécia pas la façon de parler du jeune homme et le prit par le col de son tee-shirt.
       - Lâche-moi !
       - Tu me parles sur un ton que je n’apprécie guère. D’ailleurs je vais t’envoyer faire un peu de natation !
       - Ahhhhhhh ! s’écria Skull en se retournant vers l’alien.
       - Tu me diras si le bassin est à la bonne température. Bonne baignade !
       - Non, s’il vous plaît… je n’ai pas mon maillot de bain…
    L’Olympien n’écouta pas les plaintes de Skull et le balança dans l’eau la tête la première.
       - Dis bonjour aux poissons aussi, ah ah ah ! explosa de rire le monstre.
    Le monstre reprit son chemin vers l’établissement scolaire et ne remarqua même pas la progression laborieuse de Skull pour sortir du lac, par un chemin qui ne fut pas le plus court.
     
    ***
     
       Dans le lycée, les trois Rangers et Ninjor faisaient front contre une nouvelle vague de Cogs, fraîchement débarqués sur Terre.
       - C’est à croire qu’ils passent leur temps à se reproduire ces zozos ! pesta Zack.
       - Je ne sais pas, mais ils sont coriaces ceux-là… fulmina Trini.
       - Il y en a partout ! cria Ninjor.
       - Venez m’aider, ils me coincent dans l’ascenseur ! appela Jason.
    Ninjor le premier se retourna et s’aperçut avec effroi que le Ranger Rouge était bloqué dans l’ascenseur par au moins cinq Cogs. Il se précipita vers l’accès mais les portes se refermèrent, l’empêchant de pénétrer à son tour dans l’élévateur. Mais le samouraï bleu mit la main juste avant la fermeture totale et força de tout son possible pour l’ouvrir. Il réussit à la repousser assez pour entrer dans le monte-charge et il vit Jason, étendu sur le sol de l’engin, piétiné par les Cogs.
       - Sortez d’ici tout de suite, ou sinon… c’est moi qui vous sors !!! prévint agressivement Ninjor.
       - Adaptation, OK, grésilla l’un des Cogs. Intrus à bord de cet ascenseur. Il faut l’éliminer.
       - Alors ça, n’y comptez-pas ! C’est moi qui vais vous éliminer !!! rétorqua Ninjor. Allez ouste, tout le monde descend !
    Ninjor attrapa deux Cogs par la tête et les poussa vers la sortie. La porte de l’ascenseur s’étant refermée, ils ne furent pas évacués mais violemment jetés contre la porte en acier, ce qui les fit perdre connaissance. Ninjor voulut appuyer sur le bouton d’ouverture mais le mouvement d’un Cogs plus rapide présenta comme destination le deuxième sous-sol.
       - Petit abruti ! Oui, c’est bien de toi que je parle ! tempêta Ninjor. Attends que cet ascenseur nous laisse sortir et je te fais la peau…
       - Tu ne peux pas m’arrêter, je suis une machine, je suis programmé pour servir le Roi Mondo. Vive l’Empire des Machines.
    L’ascenseur démarra sa descente. Ninjor réussit à relever Jason malgré la présence de cinq ennemis dont trois encore debout.
       - Merci Ninjor, ça va aller maintenant que tu m’as remis sur pieds. Vivement que l’ascenseur s’arrête.
       - Ils nous ont envoyé au niveau moins deux, fit Ninjor tout en cognant un Cogs d’un puissant coup de poing.
       - Alors on les met hors d’usage, puis on se téléporte au deuxième retrouver Zack et Trini.
       - Je suis on ne peut plus d’accord ! valida Ninjor.
     
       Les deux défenseurs du bien se mirent au travail et bousculèrent les Cogs. Malgré l’espace restreint, Jason et Ninjor réussirent à anéantir les ennemis. Lorsque l’ascenseur exposa ses hôtes sur le parking du deuxième sous-sol, les Cogs étaient tous hors-service. Ninjor, qui auparavant avait vérifié que les Cogs ne se réveilleraient pas, les poussa vers la sortie en se disant qu’il viendrait les rechercher plus tard afin de ne pas effrayer d’éventuels civils qui passeraient par ce parking.
       - On retourne au deuxième niveau ! déclara Jason.
    Ils disparurent de l’élévateur pour rejoindre les Rangers Jaune et Noir.
     
       Lorsque le Ranger Rouge et Ninjor réapparurent aux côtés de leurs deux alliés, ils avaient l’impression que le nombre de Cogs en action avait encore doublé ; aussi, Zack et Trini semblaient de plus en plus débordés.
       - Vous tombez bien car à nous deux, c’est déjà pas une sinécure, souffla Trini.
       - Si ce roi Mondo sur son trône arrêtait de nous envoyer ses troupes aussi… râla Jason.
       - Roi Mondo, notre maître vénéré, intervint un Cogs. Nous devons servir l’Empire des Machines et éliminer tous ses ennemis.
       - C’est ça, c’est ça… murmura Zack qui para un coup vicieux.
     
       La Ranger Jaune fut entraînée dans les escaliers par une dizaine de Cogs. Elle évita la chute une première fois mais elle se sentit déséquilibrée, cherchant la rambarde de maintien. Jason se précipita à son tour pour la secourir : armé de son épée-laser il balaya rapidement les ennemis qui s’écartèrent de la Ranger Jaune qui se retrouva assise sur une marche.
       - Ca va aller ? demanda Jason tout en assistant Trini pour se relever.
       - Oui, je te remercie, mais il y a quelqu’un qui vient du niveau inférieur.
       - Allons voir, peut-être que ce sont des civils.
    Trini et Jason descendirent au premier étage et tombèrent nez-à-nez avec un monstre qui leur était inconnu.
       - Je suis l’Olympien, et je déclare le tournoi de lutte ouvert !
       - Décidément, il y a des mutants partout… fit Jason.
       - Nous, nous sommes les Power Rangers, et nous sommes là pour repousser les monstres, lança Trini. Pas pour un tournoi de lutte !
       - Le Roi Mondo me fait confiance pour vous exterminer, et je ne vais pas attendre trop longtemps.
     
       L’Olympien réalisa une charge simultanément sur les deux Rangers qui ne purent l’éviter. Ils se relevèrent après être tombés, puis remontèrent vers le deuxième étage. L’Olympien les suivit et les rattrapa. Il prit Jason par le casque et voulut balancer le Ranger dans les escaliers, mais seul le casque vint entre ses mains.
       - Merde, il m’a enlevé mon casque, je vais le chercher !
       - Il l’a lancé dans l’escalier ! signala Trini.
       - Pas si vite, Ranger ! Je vais te ceinturer avant même que tu ne puisses retourner dans les escaliers, ricana l’Olympien.
    Jason s’élança à l’horizontale par-dessus le monstre et se redressa après une bonne réception dans les escaliers. Il rattrapa son casque et le réenfila, puis il remonta en haut et évita un coup de poing de l’Olympien.
       - Raté cette fois ! se moqua Jason.
       - Pas grave, je t’aurai très prochainement, misérable petit amateur.
       - Tu es un grand athlète, c’est ça ? questionna Ninjor.
       - Oui, je suis l’Olympien, machine sportive créée par le Roi Mondo. Toute activité en lien avec le sport me réussit. Mais pour le moment, je me concentre sur la lutte, la boxe, le catch, et les arts martiaux. Et vous êtes mes adversaires !
       - Et à l’escrime, tu te débrouilles ? questionna Ninjor.
       - Je prends cela pour une offense. Si j’avais une épée, je te montrerai de quoi je suis capable.
       - Et bien épée ou pas, je vais peut-être passer pour un lâche, mais je dois limiter la casse, annonça Ninjor tout en prenant son sabre.
    Ninjor sabra quelques coups dans le vide avant de pouvoir toucher l’Olympien au milieu du ventre. Ce dernier ressentit un léger dommage et répondit à Ninjor grâce à un vicieux balayage du pied gauche. Ninjor, de ses cent soixante kilos, tomba de tout son poids sur un sol qui vit quelques dalles se fissurer. Puis le monstre se dirigea ensuite vers le Ranger Noir qui venait de propulser un Cogs blessé dans une salle de classe. Il vit l’arrivée de l’Olympien et il appela sa hache-laser.
       - Ton arme ne me fait pas peur du tout. Lorsque l’on est un compétiteur comme moi, on est prêt à affronter n’importe qui, et n’importe quelle arme.
       - Mon coup de hache va te montrer que je peux quand même te faire mal.
    Zack prit sa hache et attribua un coup dans la tête de l’Olympien qui rugit de douleur. Mais il resta debout et esquiva facilement la seconde tentative du Ranger Noir. A l’inverse, l’alien poussa ce dernier et l’obligea à se retrouver par terre. Mais il ne détecta pas la rescousse de la Ranger Jaune.
      - Lâche le Ranger Noir, tas de détritus sur pattes ! Tu vas avoir affaire à moi ! J’appelle le pouvoir des dagues-laser !
       - Des menaces ? Je vais m’occuper de ton cas, petite insolente…
    Trini reçut ses deux armes coupantes et tenta de provoquer des dégâts sur l’Olympien, mais il fut plus rapide et s’extirpa du champ d’action de la Ranger. Jason arriva pour la suppléer mais, même seul contre deux, l’Olympien s’en sortait.
       - C’est pas croyable, je n’arrive pas à lui infliger ne serait-ce qu’une petite coupure ! se lamenta Trini, voyant que ses essais contre l’alien étaient inutiles.
       - Si seulement les autres étaient là pour nous aider, ce serait plus facile… pensa Zack à haute voix.
       - Même si vous étiez quinze ou même cent, l’Empire des Machines vous dominerait. Et l’Empire des Machines vous dominera !
       - Mais bien sûr… rétorqua Ninjor.
       - Cogs, redoublez d’efforts ! ordonna l’Olympien. Ce lycée sera votre tombeau ! Bande de chacals, vous allez crever comme des chacals ! Tiens, ça sonne bien ça…
       - Attention, ça va bouger ! prévint Jason. Préparez-vous à contrattaquer !
    Les Rangers se préparèrent à encaisser et redonner des coups à leurs nombreux ennemis.
     
    ***
     
       Sur l’Ocean Gold, le Ranger Blanc communiquait avec le Centre de Commandes d’Angel Grove : il annonçait les nouvelles tout en écoutant les informations de Zordon.
       - Je crois que le monstre du bateau a rendu l’âme, annonça Tommy. Mais, à l’inverse des précédents monstres, celui-là n’a pas disparu.
       - Alors c’est qu’il n’est pas mort, répondit Zordon. Achevez-le jusqu’à ce qu’il disparaisse, puis revenez à la base. Jason, Zack, Trini et Ninjor semblent en difficulté.
    Tommy vit Billy faire de grands signes.
       - Le Ter-Mitator s’est relevé et il s’en prend à Kim !!!
       - Zordon, tu avais raison, je retourne aider les autres, le monstre s’est relevé.
       - Que le pouvoir vous protège une fois de plus, Rangers, souhaita Zordon, qui mit fin à la communication.
    Le Ranger Blanc bondit par-dessus une table de poker et se présenta près du Ter-Mitator qui baffait la Ranger Rose sans retenue.
       - Tiens, voilà le sauveur de l’humanité ! ria le Ter-Mitator en le voyant intervenir.
       - Tommy, aide-moi, il me fait super mal !!!
       - Ne t’inquiète-pas, je vais te tirer de là, Kim !
    Tommy prit Saba et la lança dans la tête du monstre qui se laissa surprendre. Kimberly réussit à s’extirper des bras de ce dernier et redonna le sabre à Tommy.
       - Merci, mon sauveur de l’humanité, félicita la jeune femme. Tu es toujours là où il faut et c’est appréciable.
       - De rien, mais le travail est encore long. Le monstre revient à la charge.
       - C’est quand même bizarre, pas de plantation des anges à l’horizon et il est si puissant… se demanda la Ranger Rose.
       - Vous parlez de moi ? questionna le Ter-Mitator. En bien, j’espère… car je n’ai aucun défaut. Et j’ai une surprise pour vous !
    L’alien prépara des boules noires d’énergie et les expédia vers les deux Rangers. Billy, armée de ses lances-laser, voulut le surprendre par derrière mais il fut repoussé. Pendant ce temps Kimberly et Tommy s’étaient retrouvés à terre, touchés par les boules noires.
       - Si tu crois que je ne t’avais pas vu, Ranger Bleu, se marra le Ter-Mitator. Je n’ai que deux yeux, mais je sens les menaces environnantes, c’est comme ça que j’ai pu te repousser.
       - Zut, zut et zut ! grogna le Ranger Bleu, déconcerté.
       - Ha ha ha ha ha !!! J’adore te voir râler de désespoir ! Enfin, tu te rends compte que je suis bien plus puissant que toi !
       - Ne nous oublie pas trop vite ! prévint Tommy, qui sauta en direction du monstre, Saba au poing.
    Le Ranger Blanc parvint à pousser des pieds l’ennemi qui se cogna le dos contre une machine à sous qui se mit à sonner.
       - Alors, tu as gagné le gros lot ! charria le Ranger Blanc, qui anticipa le retour du monstre en lui infligeant de nombreux coups d’épée, de poings et de pieds.
       - Non ! Vous ne m’aurez pas comme ça ! s’énerva le Ter-Mitator, allongé une nouvelle fois par terre, entre des chaises.
    Le monstre activa son bouclier et écarta les trois Rangers, mais Billy et Kimberly revinrent rapidement à la charge. Le monstre se releva et désactiva son bouclier, laissant apparaître non pas une arme à la place de l’un de ses membres, mais… un tonneau, greffé à son ventre, d’où sortait un tuyau.
       - Ce n’est ni de l’eau, ni du vin, ni toute autre boisson, mais un liquide qui s’apparente davantage à un produit paralysant, parla le Ter-Mitator. Et il est pour vous ! C’est cadeau ! Et les cadeaux, ça ne se refuse pas.
       - Attention à son produit ! alerta Billy alors que Tommy était revenu près des deux autres Rangers.
    Le monstre eut un moment de flottement. Comme les Rangers qui avaient tourné la tête, il remarqua qu’un groupe de civils les regardait de l’entrée du casino.
       - Ne restez pas là, c’est trop dangereux ! cria la Power Ranger Rose.
    Mais le petit groupe composé de huit personnes ne bougea pas. Tommy s’attarda sur le regard d’une petite fille qui tenait une peluche de lapin et qui regardait la scène : il aurait préféré agir sans public, et encore moins devant des enfants. Cela ne l’empêcha pas d’aller soutenir ses amis qui tapaient déjà le monstre. Ce dernier activa le jet de liquide paralysant mais les Rangers esquivèrent sans mal, le Ranger Bleu réussissant même dans son mouvement à pousser le Ter-Mitator contre une autre machine dont l’alarme s’activa à son tour.
       - Je vais aller me venger sur les gens qui nous regardent, suffoqua le Ter-Mitator tout en se relevant. Ca vous apprendra à vouloir me ridiculiser en public !!!
       - Pas question ! Allons vite protéger la foule ! suggéra Kimberly.
       - J’allais proposer la même chose, répondit Billy ; mais j’ai l’impression que Tommy avait déjà tout prévu.
       - Oui, en effet, il est déjà près de la foule, compléta la Ranger Rose.
       - Assez bavardé. Vous gênez mon passage ! lança le monstre. Du balai !
    Le monstre arma deux boules d’énergies noires que Billy et Kimberly purent éviter en s’accroupissant. Mais ils n’avaient pas calculé la trajectoire de ces projectiles qui fonçaient vers la foule et vers Tommy, qui ne prêtait sur l’instant aucune attention au monstre, davantage occupé à calmer le groupe de spectateurs.
       - Attention, Power Ranger ! prévint quelqu’un dans la foule.
    Tommy se retourna mais les boules arrivaient vite : il ne pouvait rien faire. Il se prépara à encaisser le coup mais il entendit le cri provenant d’une mère de famille.
       - Lily, non !!! Reviens !!!
     
       La petite fille que Tommy avait scruté quelques minutes auparavant avait attrapé une chaise et l’avait balancé comme elle l’avait pu dans les boules d’énergie. Le meuble explosa en vol, évitant à Tommy de possibles blessures. La petite fille retourna vers sa mère en courant malgré le fait qu’elle pensait à coup sûr se faire remonter les bretelles.
       - Mon Dieu ! Lily ! Tu aurais pu te faire tuer, tu te rends compte de ce que je dis !
    Tommy n’avait pas rêvé. Il avait bien entendu le prénom de Lily. Un prénom qui lui évoqua des souvenirs très lointains, mais sur le coup, il n’arriva pas à localiser l’année de ses pensées. Il se releva et se dirigea vers la petite Lily.
       - Merci toi, je te dois une fière chandelle.
       - Mais de rien, Ranger Blanc, répondit Lily.
       - Embrassez votre fille pour moi, dit Tommy à la mère. Je repasserai la voir après le combat, mais éloignez-vous un peu s’il vous plaît. On ne connaît pas la réaction du monstre et si… si cette petite n’avait pas réagi, vous et moi aurions été gravement touchés par ces boules d’énergie.
    Cette fois le groupe de huit personnes recula et alla s’installer un peu plus en retrait. Tommy observa une dernière fois la jeune fille et ses yeux qui lui rappelèrent plein de choses, pleins d’évènements. Des évènements qui se sont réellement passés dans le futur désormais révolu.
       - Viens vite, je crois qu’on le tient cette fois ! cria la Ranger Rose.
       - D’accord, j’arrive ! répondit le Ranger Blanc.
    Kimberly et Billy plaquaient le Ter-Mitator contre une des tables de billard. Tommy arriva et prit Saba pour la énième fois.
       - Tu sais comment on peut l’achever, Saba ? demanda Tommy à son arme.
       - Humm… je pourrai le transpercer ! N’oublie pas que je suis une épée à la base. Un sabre pour être précis !
       - Très bonne idée Saba ! Ter-Mitator, c’est ton dernier souffle !
       - Non, vous ne m’aurez pas comme ça ! Lâchez-moi je vous en prie !!!
       - Ah, je crois que cette fois, on te tient vraiment, se réjouit Billy.
       - Non, pitié !!! cria le monstre.
    Tommy se prépara à effectuer un coup qui devait tuer le monstre en une seule fois. Il recula son bras tenant Saba à l’horizontale puis changea soudainement de direction pour aller vers le dos du Ter-Mitator. Saba entra dans le corps du monstre qui émit un hurlement strident de douleur.
       - On va l’avoir !!! Cette fois c’est bon ! rigola Kimberly.
       - Oui, enfin, on y arrive… ajouta Tommy.
       - Non, pas encore… murmura le monstre.
       - Pardon ? questionna Billy.
       - Bouclier de bois !!! s’exclama le Ter-Mitator.
    Le bouclier entoura le monstre et engloba le bras de Tommy tenant Saba. Désormais, le membre du Ranger Blanc était coincé et il était lié au Ter-Mitator.
       - Alors, comme ça tu es mon nouveau frère siamois, Ranger Blanc ! Tu vois, j’ai plus d’un tour dans mon sac… se moqua le Ter-Mitator.
       - Oh non, c’est pas vrai, je suis bloqué ! Mon bras est coincé dans le monstre et Saba aussi ! Aidez-moi !!!
       - C’est horrible, répondit Kimberly. On va tout faire pour t’aider !
       - Ha ha ha ! Vous êtes dans le pétrin, et pourtant, vous n’êtes pas boulangers. Ma victoire approche !!!
       - Tirez-moi de là s’il vous plaît ! réclama Tommy, paniqué.
       - On n’y arrive pas ! stressa Billy.
       - Il va falloir appeler Zordon ! dit Tommy.
       - Je vais m’en charger ! relaya Kimberly.
    Le Ter-Mitator se redressa et se mit à courir vers la sortie du casino. Tommy se retrouva à traîner derrière le monstre auquel il se retrouvait soudé.
    Le monstre ne prêtait même pas attention à son poursuivant et il s’en fichait : il avait maintenant une idée bien en tête pour éliminer le Ranger Blanc.
    Kimberly et Billy suivaient de près, et devaient absolument rattraper le monstre.


    CHAPITRE 10
    La chasse à la mite
     
       - Il faut absolument sauver Tommy ! cria Kimberly. Je ne sais pas où va ce mutant pourri mais s’il continue, Tommy va se blesser !
       - Il a déjà failli se payer l’espèce de mur juste devant, dépêchons-nous ! fit Billy.
       - Mince, se souvint la Ranger Rose, je n’ai même pas appelé Zordon ! Je l’appelle tout de suite. Zordon, Alpha, vous me recevez ? On est mal !
       - Que se passe-t-il Kimberly ? réceptionna Zordon.
       - Tommy est coincé ! Son bras est coincé dans la coque du monstre ! Enfin, c’est pas facile à expliquer…
    Kimberly trouva les mots pour exposer le problème clairement et simplement, et continuait de courir afin de ne pas se retrouver distancée.
       - Si Saba est à l’intérieur de la coquille, c’est à elle d’agir, pensa Zordon à haute voix. Ses rayons lasers pourraient peut-être détruire la carapace. Il faut dire ça à Tommy.
       - Mais il est trop loin ! Le monstre se dirige vers l’extérieur, sur le pont principal du paquebot !
     
       Le Ter-Mitator et Tommy déboulèrent au beau milieu de gens qui bronzaient encore sur des transats malgré le danger permanent. Ils se mirent à crier et à cavaler dans tous les sens.
       - Dis-moi, Ranger Blanc, tu sais nager ?
       - Pourquoi tu me demandes ça… oh, non ! NON !!!
    Tommy comprit. Le Ter-Mitator sauta par-dessus la barrière en direction de l’océan.
       - Ma coquille est flottante, fit le monstre tout en sautant. En revanche, toi, vu ta posture et ta combinaison, je ne pense pas que tu puisses éviter la noyade, ha ha ha !!! Ta mort est proche, Ranger Blanc !
    Billy et Kimberly observèrent avec effroi la scène.
       - Non ! hurla Billy, qui lança par réflexe une bouée de sauvetage à la mer.
       - Zordon !!! Contacte Tommy sur son communicateur, vite !
       - Il ne pourra pas répondre si le communicateur est sur le bras coincé, et…
       - Saba pourra répondre !
       - Très bonne idée, Kimberly. Alpha, contacte immédiatement Saba via le communicateur de Tommy.
       - Merci Zordon, seul cela peut le sauver.
    Kimberly rejoignit Billy près de la barrière de sécurité empêchant la chute par-dessus bord. Ils observaient, vingt mètres plus bas, la situation de Tommy dans l’eau, accroché au Ter-Mitator.
       - Il faut que ça marche, faites que ça marche… pria la Ranger Rose.
    La réaction fut rapide : le Ter-Mitator se mit à gigoter dans tous les sens, subissant les tirs de laser de Saba. Le bouclier de bois explosa et le Ranger Blanc sortit son épée du corps de l’alien et s’éloigna de ce dernier à la nage. Il se dirigea vers le paquebot et utilisa une force spéciale pour bondir et sauter assez haut pour regagner l’Ocean Gold.
    Trempé, le Ranger Blanc serra fort Kimberly dans ses bras et tapota le dos de Billy en guise de remerciement.
       - Je croyais que j’allais y passer, cette fois-ci, souffla Tommy.
       - Nous étions si inquiets, ça fait du bien de te revoir parmi nous, répondit Kimberly.
       - Une fois de plus, les Power Rangers s’en sortent, dit Billy. On n’a rarement été aussi près de la défaite, mais on s’en sort encore !
       - Regardez ! Le monstre explose !
     
    Les trois Rangers regardèrent en direction de l’eau et virent un halo de lumière, puis, la dissolution du Ter-Mitator. Billy tapa dans les mains de ses amis et poussa un ouf de soulagement.
       - On l’a eu, cette fois, c’est officiel ! annonça Billy.
       - Ouais, on va pouvoir prévenir Zordon, fit Tommy.
       - Et l’équipage de ce paquebot, ajouta Kimberly.
       - Allez-y, répondit Tommy, pour ma part, je dois aller voir quelqu’un rapidement. Ne me posez pas de questions je vous en parlerai après.
       - D’accord, mais ne sois pas trop long, exigea Kimberly.
       - Je vais prévenir Zordon. On se retrouve où ? questionna Billy.
       - Retrouvez-moi près du casino, j’y serai, proposa Tommy. A tout de suite.
    Kimberly et Billy se dirigèrent vers la capitainerie de l’Ocean Gold.
    Pendant ce temps, Tommy alla retrouver la jeune fille qui l’avait sauvé lorsque le Ter-Mitator avait lancé les boules noires. Il se dirigea vers la zone où il l’avait vu pour la dernière fois mais il se sentit observé, suivi. Il ne tarda pas à remarquer que la jeune Lily le cherchait aussi. Elle s’approcha de lui, émue.
       - Tommy ? demanda-t-elle.
    Il ne se trompait pas de personnage : elle connaissait sa véritable identité !
       - Lui-même, répondit le Ranger Blanc sans hésiter.
       - J’étais sûre que c’était toi. Le Ranger Blanc de première génération. Ca ne fait pas longtemps que l’on s’est vu la dernière fois et pourtant, nos combats communs se passeront en théorie dans une quinzaine d’années, plus tard encore peut-être... Tu te souviens de moi ?
       - Bien sûr Lily que je me souviens de toi. C’est une sensation très étrange de te voir en face de moi. Mais ça me fait tellement plaisir. Et puis, tu m’as sauvé la vie, une nouvelle fois.
       - Ne me remercie pas trop, je te rends juste la monnaie de ta pièce. Souviens-toi, ton arrivée pour sauver Adam, avec le costume du Ranger Noir Dino Tonnerre et nous, avec notre fameuse Fureur de la Jungle… et aujourd’hui… je suis une toute petite fille… c’est tellement triste…
       - Je… je ne me souviens pas vraiment… juste des images… j’ai la mémoire qui flanche…
    Lily laissa échapper des larmes de tristesse qui affectèrent Tommy. Alors, il lui expliqua pourquoi ils étaient revenus dans le passé, avec cette expérience créée par Finster puis le retour des six premiers Power Rangers. Tommy parla aussi des troubles de mémoire dont il avait été victime, et Lily lui fit part des mêmes phénomènes qu’elle subissait.
       - Moi aussi, parfois, j’ai des trous de mémoire, avoua Lily, et c’est très gênant.
       - J’aimerai tellement parler avec toi pendant des heures, fit Tommy en voyant les deux autres Rangers débarquer. Malheureusement le temps m’est compté, et d’autres évènements secouent Angel Grove.
       - Je comprends Tommy. Si tu croises Adam, passe-lui le bonjour de ma part. Même chose si, par le même hasard qui a fait que nos chemins se sont croisés, tu vois Casey et les autres, dis-leur que je pense bien à eux, et que… et qu’un jour on remontra notre petite pizzeria.
       - Je le ferai, si je les vois, je te le promets, répondit Tommy qui se permit d’enlever son casque quelques secondes.
    Il serra Lily très fort dans ses bras. Il présenta ses amis puis il la remercia une dernière fois. Il rejoignit les deux autres Rangers qui préparaient la téléportation.
       - A bientôt Tommy, sanglota Lily, j’espère combattre de nouveau à tes côtés, un jour…
       - J’espère que d’ici là, la paix aura pris les devants sur la guerre, répondit Tommy.
       - Et si tu passes à San Francisco, viens me voir, même si je suis encore à l’école.
       - Je n’y manquerai pas. Au revoir, Lily.
       - Zordon, ici Billy, nous arrivons dans quelques secondes. Nous nous préparons à nous téléporter et ainsi quitter l’Ocean Gold.
     
    Les trois Rangers entamèrent la téléportation. Lily observa le départ, émotionnellement très secouée, mais heureuse.
       - Lily, intervint sa mère, je te cherchais. Décidément, tu as pu beaucoup leur parler, aux Power Rangers. On peut être fiers d’eux, ils nous ont sauvés la vie. Et tu les as même aidé ma chérie. Je suis très fière de toi.
       - Merci maman.
     
    ***
     
       Les Rangers Blanc, Rose et Bleu arrivèrent au Centre de Commandes près de trente secondes après leur départ de l’Ocean Gold. Ils étaient soulagés de revenir à Angel Grove, mais ce soulagement se retrouva vite estompé.
       - Bienvenue chez vous, Rangers, mais malheureusement, la situation est embarrassante, fit Zordon. Regardez par vous-même sur le vista-globe, et ne tardez pas à aller aider vos amis.
       - Oh non, nous n’avons même pas le temps de souffler, pesta Billy.
       - Il y a un moyen de sécher ma combinaison ? questionna Tommy.
       - Il faut activer l’option de séchage sur le transmutateur, répondit Alpha.
       - Ah bon, ça existe ça ? s’étonna le Ranger Blanc.
       - Oui, appuie sur le petit bouton gris à gauche, dit Zordon.
    Tommy suivit les consignes et constata que sa tenue quitta en un éclair l’aspect humide.
       - Génial, merci. Allez, on y retourne.
       - Soyez très prudents Rangers. L’Olympien, le monstre envoyé par le Roi Mondo, est résistant et doté d’une force impressionnante.
       - C’est noté, répondit Tommy. Prêts pour le combat !
    Les Rangers se téléportèrent vers le lycée d’Angel Grove.
     
    ***
     
       L’Olympien n’en finissait pas de dominer les Rangers et Ninjor. Les Cogs étaient toujours aussi nombreux mais aucun arrivage supplémentaire n’avait été ressenti. Trini était en train d’aider Zack à se relever et Jason et Ninjor, armés de leurs épées, brettaient contre l’Olympien qui n’avait pas le moindre outil de combat.
       - Vous n’êtes vraiment pas sportifs les gars… se moqua l’Olympien.
       - On n’écoute pas tes pics, répliqua Ninjor, concentré sur ses gestes.
       - Je vais vous écarter en peu de temps. Trois, deux, un, partez !
    L’Olympien se baissa et administra un coup de poing de chaque main à chaque assaillant. Ninjor recula et le Ranger Rouge lâcha son épée pour se tenir la cage thoracique qui venait d’encaisser un sale coup.
       - Apparemment tu as mal, s’émerveilla le monstre. Tu n’es qu’un sportif amateur !
       - Trois nouveaux Rangers, annonça un Cogs. Trois nouveaux Rangers viennent d’arriver. Détection OK.
       - Oui, nous voilà en renfort, annonça le Ranger Bleu.
       - Je vois que l’effectif augmente. Tant pis, cela me fait un challenge plus grand, relativisa l’Olympien. Sept terriens à anéantir.
    Tommy observa le lycée, les Cogs, puis le monstre. Il cherchait une solution rapide pour repousser ce dernier, mais il ne trouva pas d’idée sur l’instant.
       - On doit le repousser vers l’extérieur, dit Tommy. Nous aurons plus de place dehors.
       - Oui, tu as raison, et on limitera la casse, ajouta Zack. Guidons-le vers la sortie !
       - En effet, fit Trini, il y a déjà eu pas mal de casse. Les Cogs ont cassé et lancé des tables et des chaises.
       - Mais je ne veux pas aller dehors, je me plais bien dans ce lycée, moi ! contra l’Olympien.
       - On ne va pas te laisser le choix ! répondit Trini.
     
      Chaque Ranger prit son arme attitrée : Tommy, Jason et Ninjor se chargèrent de l’Olympien, pendant que Kimberly, Billy, Trini et Zack s’occupèrent des Cogs : la Ranger Rose commença par tirer quelques flèches dans les sbires gris qui se trouvaient devant elle. Le Ranger Bleu jouait de ses lances-laser et la Ranger Jaune de ses dagues-laser pour donner quelques frayeurs aux Cogs, et le Ranger Noir donnait de grands coups de hache qui le plus souvent faisaient mouche.
       - C’est plus facile quand on est plus nombreux, avoua Zack. J’espère que de votre côté ça n’a pas été trop fatigant.
       - Assez fatigant, répondit Billy, le monstre était très fort et très enquiquinant, mais je te raconterai nos aventures plus tard.
    Zack vit un Cogs se ruer vers Billy et, d’un coup de poing maître, l’écarta un peu plus loin. Trini vint soutenir Kimberly qui se retrouva en difficulté entre deux Cogs et un placard. Elle réussit à éviter un coup mais pas le suivant. La Ranger Rose fit tomber son arc mais la Ranger Jaune surgit à temps et planta ses dagues dans les Cogs.
       - Merci Trini, je ne pouvais rien faire sur ce coup, ils m’avaient piégé, félicita Kimberly en ramassant son arc-laser.
       - J’espère que cette zizanie va bientôt se terminer, je te jure que je n’en peux plus ! répondit Trini.
       - J’espère aussi car je serais bien mieux sous la douche, ou plutôt dans un bon bain chaud.
       - Tu parles, je m’endormirais dans ma baignoire…
    De son côté, l’Olympien, accompagné de cinq Cogs, tenait le coup contre Tommy, Jason et Ninjor. Saba virevoltait vainement, sans vraiment toucher l’ennemi. Pire encore, l’Olympien profita d’un moment d’inattention du Ranger Rouge pour l’empoigner par le col et le pousser dans les escaliers ; Ninjor avait suivi et poussa à son tour le monstre qui tomba et roula jusqu’à mi-chemin des escaliers menant du second au premier étage. Tommy se débarrassa de trois Cogs et sauta à son tour sur le monstre afin de l’immobiliser mais ce dernier esquiva mais tomba de nouveau en arrière. Le cafouillage se poursuivit lorsque toute une ribambelle de Cogs se jeta au secours de l’Olympien dans les escaliers qui se remplissaient.
       - Il y a un peu de monde tout d’un coup, remarqua Ninjor. Il va falloir faire un peu de ménage sinon, ça va mal finir.
       - Si t’es pas content, tu peux partir, rétorqua l’Olympien. Moi, j’adore les mêlées de la sorte.
       - Et le karaté, tu aimes ça ? questionna Tommy. Prends ça !!!
    Le Ranger Blanc effectua un magnifique mawashi geri qui fit valdinguer l’Olympien vers le premier niveau. Il roula de nombreuses fois au sol avant de s’arrêter et de se relever. Le Ranger Blanc était déjà prêt à le pousser de nouveau mais l’alien se servit de ses pieds pour le déséquilibrer. Le pauvre Ranger lui tomba dessus. Ninjor arriva à la rescousse et donna un coup de pied à l’Olympien qui venait de se relever et qui commençait à s’énerver. Puis ce fut au tour de deux Cogs d’attraper Ninjor par les bras mais le samouraï bleu parvint sans problème à les repousser. Jason apparut enfin et constata que la situation leur souriait un peu plus qu’il y a une dizaine de minutes.
       - Ca se présente mieux, non ? questionna Jason.
       - Oui, j’ai l’impression que l’Olympien réclame un temps mort, répondit Ninjor.
    Tommy activa son communicateur et appela les autres Rangers.
       - Kim, ici Tommy, nous sommes au premier étage. Avez-vous besoin d’aide ?
       - Non, ça va mieux pour nous, on vous rejoint tout de suite. Il nous reste trois Cogs à éliminer, ça ne devrait pas causer de soucis.
       - D’accord, nous, on continue notre descente vers le rez-de-chaussée. Faites attention quand même.
     
    Ninjor avait déjà entraîné l’Olympien vers le dernier escalier, et Jason avait suivi le mouvement. Les quatre autres Rangers arrivèrent aux côtés de Tommy et suivirent les autres.
     
    ***
     
       Dans son croiseur, le Roi Mondo suivait, via un écran de retransmission encore plus moderne que celui du Palais Lunaire, les aventures de son Olympien. Et il n’était pas très satisfait.
       - Bon sang, c’est pas croyable, tout à l’heure ma création menait largement contre les Power Rangers !
       - Oui, mais ils sont plus nombreux maintenant, remarqua la Reine Machina.
       - Je suis d’accord avec toi, mais il y a eu en tout et pour tout plus de cinquante soldats Cogs en soutien et il en reste moins de cinq en état de marche. Ils se sont purement et simplement fait laminer.
       - Il va peut-être falloir envoyer d’autres Cogs. A force de créer le surnombre, on va bien finir par reprendre le dessus sur ces idiots.
       - Plusieurs opportunités s’offrent à moi. Et je pense que je vais faire plusieurs choses. Dans un premier temps, je vais en effet envoyer des Cogs supplémentaires, mais comme nous n’avons plus de vaisseaux disponibles, ils se rendront sur Terre via la téléportation. Certes, cela diminuera leurs pouvoirs, mais je vais jouer mes atouts.
       - Et ensuite ?
       - Ensuite, je vais faire un agrandissement.
       - J’ai pas compris… un agrandissement de quoi ? intervint le Prince Sprocket.
       - Je vais rendre l’Olympien un peu plus… musclé. Il va devenir un immense sportif. Si grand qu’il pourra décrocher les étoiles. Enfin, façon de parler.
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    Re: MMPR S4, épisode 4 : Double attaque

    Message par KL44 le Lun 29 Fév - 8:06

    Bonjour !

    Voici la suite : chapitres 11 et 12.

    ----------



    CHAPITRE 11
    Décollages et atterrisages vers l’inconnu
     
       Les six Power Rangers, bien aidés par Ninjor, avaient réussi à repousser l’Olympien vers la sortie du lycée. Ils étaient maintenant dehors, mais certains Cogs traînaient encore à l’intérieur de l’établissement.
       - On va avoir plus de place pour te liquider, adressa Ninjor au monstre.
       - Négatif les amateurs, car mon maître le Roi Mondo me demande de grandir !
       - Mince, il fallait s’y attendre, souffla Billy.
       - Et comme je suis un être tout à fait spécial, j’ai la capacité de grandir tout seul sans l’apport de quoi que ce soit, ajouta l’Olympien. C’est le moment de pousser !
       - Préparez-vous à appeler les ninjazords ! prévint Tommy.
    De nombreux bruits étranges se firent entendre, et de la fumée apparut et entoura le monstre. Lorsqu’elle se dissipa, l’Olympien avait atteint la grandeur de vingt mètres. Les Rangers et Ninjor reculèrent. Jason appela Zordon.
       - Zordon, nous nous occupons du monstre qui a grandi.
       - Jason, demande à Ninjor de s’occuper des derniers Cogs qui occupent les lieux. Il devrait s’en débarrasser sans trop de lacunes.
       - D’accord, je lui transmets tout de suite.
    Le Ranger Rouge coupa la communication et passa les instructions à Ninjor qui souhaita bonne chance aux défenseurs du bien et qui retourna vers le lycée. Les Rangers levèrent la main droite vers les cieux.
       - Maintenant à nous de jouer ! dit Tommy.
       - Très bien ! Crapaud ninjazord, entre en action ! entama Zack.
       - Grue ninjazord, maintenant ! dit Kimberly.
       - Loup ninjazord, montre-toi ! continua Billy.
    -          Ours ninjazord, à toi de jouer ! poursuivit Trini.
    -          Singe ninjazord, maintenant ! fit Jason.
    -          Faucon ninjazord, à moi le pouvoir ! conclut Tommy.
    Quelques secondes plus tard, les six robots des Power Rangers firent irruption dans le paysage environnant.
       - Phase d’assemblage, immédiatement ! ordonna le Ranger Blanc aux Ninja Zords.
       - Cela ne servira absolument à rien, pauvres petits minables ! ricana fortement l’Olympien.
       - Rejoignons nos zords respectifs ! dit Tommy. Le temps presse.
       - Très bien, on y va tous ! répondit Zack. Allez, je saute dans mon crapaud…
       - Ben non, réfléchis, ils sont en train de s’assembler… contra amicalement Kimberly.
    Chaque Ranger se retrouva dans la petite salle de commandement du Ninja Megafalconzord. L’alien se tenait juste devant et venait d’arracher un vieux chêne qu’il s’apprêtait à lancer en direction du robot.
       - Ce n’est pas aussi bien qu’un javelot, mais ça me permettra d’améliorer mon lancer ! criailla l’Olympien.
       - Ninja megafauconzord, aide-toi du sabre ninja ! commanda le Ranger Blanc.
    Le grand robot d’acier obéit et prit son épée dorée qui permit de repousser le tronc qui heureusement en tombant ne fit pas de victime, la population ayant préférée déserter la zone dans un souci de vivre et surtout, survivre.
    Mais l’Olympien, dont les pieds se trouvaient non loin de l’entrée du lycée, ne s’arrêta pas là et chargea son vis-à-vis qui dût esquiver par la gauche. Billy augmenta la puissance des stabilisateurs d’équilibre qui servaient à maintenir le robot debout grâce à une parfaite répartition des poids selon sa position. Et le Ranger Bleu avait bien fait car, à la manière d’un footballeur, l’alien tenta un tacle glissé qui ne fit pas mouche : il buta sur les parties inférieures du Megazord.
       - Carton jaune ! ironisa Trini sans que le monstre ne puisse l’entendre.
       - Il va se relever de toute façon, ce chenapan… prédit Zack.
       - J’ai peur pour le parc, il va encore subir de gros dégâts à cause de cette saleté, regretta Tommy.
       - Je ne connaissais pas ton côté vert, fit Zack.
       - Zack et ses jeux de mots… rigola Kimberly.
       - Reprenons-nous, le monstre revient à la charge, annonça Billy.
    Le Ranger Bleu avait bien fait de prévenir les cinq autres Rangers : l’Olympien poussa le Ninja Megafauconzord qui faillit se retrouver étendu à terre. Mais malgré la charge virulente le robot était resté debout et avait juste légèrement tremblé. Ce dernier réagit rapidement et donna un coup de sabre à l’Olympien qui ne put s’empêcher de râler de douleur.
       - Aie, ça fait mal ça ! Je vous le répète, je n’ai pas d’arme, moi ! Ce n’est pas loyal !
    En guise de vengeance, l’Olympien donna un grand coup de patte dans le lycée, au niveau du quatrième étage. Un pan de mur tout entier s’écroula et des armoires chutèrent, suivies de chaises, de tables, et de quelques ordinateurs.
       - Non ! cria Trini. Il est en train de tout dévaliser !
       - Il a cassé un bout du lycée ! pesta Kimberly. De notre lycée !
       - Ne vous inquiétez-pas, on va l’empêcher de faire pire, assura Jason.
       - D’accord, mais dépêchons-nous ! ajouta Trini. Je ne supporterai pas de voir le lycée en poussière.
       - En plus Ninjor est à l’intérieur, et j’espère qu’il va s’en sortir, dit Zack.
    Le monstre réitéra une nouvelle fois mais il visa cette fois une rangée d’arbres qui ne put résister au coup. Il remarqua ensuite qu’un camping-car était garé non loin de ses pieds. Billy sembla remarquer le comportement louche de l’Olympien.
       - Je crois qu’il a vu le camping-car ! alerta Billy.
       - Il faut absolument l’empêcher de lui faire quoi que ce soit, s’alarma Trini, imaginez qu’il y a des gens à bord du véhicule !!!
    Elle se rappela d’une lointaine mission semblable durant laquelle il avait fallu sauver un véhicule de type autobus dans lequel s’étaient réfugiés Skull et Bulk.
       - Chargeons-le maintenant, tant qu’il est ici ! parla Tommy. Vu le sens dans lequel il est, il va tomber à terre et pas sur le lycée ni sur aucun bâtiment.
       - Très bien, faisons vite ! répondit Jason.
       - Ninja Megafauconzord, puissance maximum ! lança le Ranger Blanc. Repousse ce monstre de sorte à ce qu’il se retrouve à terre !
    Le Ninja Megafalconzord répondit positivement aux instructions du leader des Rangers et s’avança vers l’Olympien avant de l’attraper. Mais l’ennemi ne se laissa pas faire et riposta grâce à un coup de poing dans la tête du robot.
       - Laissez-moi donc interagir avec l’environnement qui m’entoure ! protesta l’Olympien. Je veux jouer aux petites voitures ! Et je préfère jouer tout seul !
    Le Ninja Megafauconzord revint à la charge mais l’Olympien le repoussa de nouveau. Le robot resta debout et activa ses super coups de poing, à base de puissance du Loup ninjazord à gauche et du Singe ninjazord à droite. L’Olympien ne parvint pas à esquiver l’offensive et se retrouva déstabilisé, mais il ne chuta pas : Tommy avait ordonné au Megazord de retenir le monstre afin de le maintenir debout et ainsi éviter une chute qui causerait quelques désagréments supplémentaires.
       - Si j’étais sympa, je vous remercierais, mais je n’oublie pas que si j’ai failli tomber, c’est bien de votre faute ! s’énerva l’Olympien.
       - Quel manque de politesse, ne put s’empêcher de réagir Zack à bord du Megazord.
     
    Le Megafauconzord resta en éveil. L’Olympien scruta le robot mais ne savait pas vraiment quoi faire. Le combat s’annonçait peut-être encore long, et parsemé d’autant de surprises que d’embûches.
     
    ***
     
       Dans les couloirs tremblants du lycée, Ninjor luttait désespérément contre les derniers Cogs restants. Il ne s’en sortait pas trop mal mais le surnombre ennemi se faisait grandement ressentir par moments. Armé de son sabre, le samouraï bleu avait encore une dizaine de sbires de l’Empire des Machines à éliminer.
       - Ennemi en vue, OK, grinça un Cogs. Assassinat programmé.
       - Sûrement pas, contra Ninjor. En revanche, pour vous, l’avenir est moins glorieux. Vous n’êtes pas plus forts que des tengas, et les tengas, j’en fais de la chair à saucisses. C’est le même sort qui vous attend !
       - Nous sommes des machines à tuer envoyées par son altesse le Roi Mondo, et nous ne faillirons pas à notre mission.
       - Et moi, je vous répète que je ne vais pas vous laisser dévaliser ces lieux ! Votre optimisme est incroyable…
    Ninjor anticipa la charge simultanée de deux Cogs qui, dans leur élan, allèrent se cogner dans un mur. Il en repoussa un troisième dans les escaliers et de son sabre, en transperça un quatrième qui n’eut même pas le temps d’hurler de douleur. Le samouraï bleu se servit ensuite de ce Cogs embroché comme un bouclier contre les assauts ennemis mais cela ne marcha pas très longtemps : les sbires gris de l’Empire des Machines étaient encore nombreux même si la dizaine qui composait le groupe adverse avait vu son nombre divisé par deux.
       - Et bien, vous n’êtes plus que cinq. Vous ne tenez pas la cadence, les Cogs, hein ! se moqua Ninjor qui voyait ses efforts récompensés.
       - Le combat n’est pas terminé. Le Roi Mondo doit être fier de nous et… aie ! Replions-nous !
    Le Cogs avait changé de ton car, pendant qu’il parlait, Ninjor l’avait frappé d’un joli coup du poing droit suivi d’un coup de pied gauche. Et les soldats du Roi Mondo, qui étaient en ligne les uns derrière les autres, tombèrent en cascade telle une suite de domino placés debout. Quatre se relevèrent et se jetèrent sur Ninjor qui se retrouva sous l’entrave de ses ennemis, alors que le bâtiment trembla de nouveau. Par une fenêtre il put voir que l’Olympien, géant, avait donné un coup de la main dans l’établissement, mais il vit aussi une faille dans l’entrave des Cogs qu’il exploita sans attendre. Une fois de plus les Cogs se retrouvèrent à terre et Ninjor en élimina un de plus, ne se laissant plus que trois adversaires affaiblis. Selon lui, la fin des hostilités dans le lycée n’était plus qu’une question de minutes.
     
    ***
     
       Sur la Lune, la fin des hostilités n’était justement pas d’actualité au vu du renforcement des attaques de l’Empire des Machines, au sol ou dans les airs, car les vaisseaux s’étaient multipliés.
     
       Le Seigneur Zedd, qui se tenait debout aux côtés de Rita Repulsa et Sariu, était pensif. Il n’avait pas le choix de reconnaître que ses armées ne faisaient pas jeu égal avec celles du Roi Mondo. Son esprit était emmêlé car il avait beaucoup d’idées pour renforcer ses actions défensives et offensives à très court terme mais, selon lui aucune n’était vraiment intéressante et fiable.
    Pourtant, l’une d’entre elles, et pas des moindres, revenait assez souvent. Et lorsqu’il vit une nouvelle escouade de soldats plutoniens battre en retraite, ainsi qu’une armée de patrouilleurs tomber sous la pluie de bombes lâchées par un chasseur rapide, son idée ressurgit et il se dit qu’il n’avait pas d’autre choix.
       - Rita, Sariu, il faut retourner au Palais Lunaire, notamment dans la salle de programmation des armes.
       - Tu n’es pas fou de vouloir retourner au palais ! s’interloqua Rita.
       - Pourquoi ce projet ? demanda Sariu.
       - Je vous expliquerai tout cela à l’intérieur mais je pense que mon idée est valable. Il faut juste convoquer Goldar, je vais avoir besoin de lui et très rapidement.
       - Je ne comprends pas trop mais… plaça Rita.
       - Sois confiante, ma chérie d’amour de sorcière bien-aimée, coupa Zedd. En plus, je suis sûr que ça va vous plaire.
       - Je vais chercher Goldar, dit Sariu.
       - Très bien, nous t’attendons. Ne tarde pas trop, s’il te plaît, répondit Zedd, car je suis très pressé de vous montrer mon plan de grande envergure.
       - C’est-à-dire ? questionna Rita. Cela m’inquiète…
       - Patience, ma chère épouse. Le Roi Mondo ne s’attend certainement pas à une telle surprise, ou plutôt, à un tel cadeau… un cadeau empoisonné de plus de trois cent mètres de long, ha ha ha !!!
       - Tu déconnes ? Zeddy, tu es tombé sur la tête !
       - Non madame, je ne déconne pas, comme tu dis, mais tu m’excuseras, voilà Sariu qui revient avec Goldar. Suivez-moi tous jusqu’au palais.
     
       Le groupe suivit le Seigneur Zedd jusqu’à l’une des entrées secrètes du palais qui s’avéra, à la grande déception de Rita, pas si secrète car ouverte : un Cogs se tenait juste devant, et ce dernier ne put rien face au glaive de Goldar.
    L’accès menait ensuite sur un couloir obscur intégralement insonorisé grâce à l’épaisseur des briques qui composaient les murs de chaque côté.
       - C’est encore long ? demanda Goldar.
       - Non, encore deux cent mètres, répondit Zedd.
       - J’ai mal aux pieds et je suis fatigué après tous ces duels, ajouta Goldar.
       - Cesse donc de te plaindre et accélère le pas, grogna le seigneur rouge. Attention il y a une marche.
    Mais un bruit de chute se fit entendre. Zedd se retourna et vit malgré la pénombre une masse allongée au sol.
       - Je n’avais pas anticipé, et tu m’as prévenu un peu tard, mon ami, fit Sariu sans aucune intonation qui pouvait indiquer l’ironie, la colère ou la remarque sans pensées dissimulées.
       - Permettez-moi de vous aider à vous relever, proposa Goldar, avec un air de lèche-bottes qui était remarquablement flagrant.
       - Oui, merci mon ami, accepta Sariu.
       - Je suis désolé, la prochaine fois je préviendrai plus tôt.
     
       Le couloir semblait interminable, mais au bout d’une minute l’obscurité se fit moins imposante. Désormais, une légère brume prenait le relais, et cette brume paraissait s’intensifier au fur et à mesure des pas ; aussi, le couloir rétrécissait et devenait de ce fait plus étroit, même si le groupe avait encore la place de passer sans rester coincé.
       - C’est encore loin ? pesta Rita.
       - Non ma belle. Mais dis donc, c’est quand même étonnant que tu ne connaisses pas tous les passages secrets d’un palais qui fut jadis ta résidence principale !
       - J’étais occupée à envoyer mes monstres combattre les Power Rangers, si tu parles de cette époque-là. Et quand je ne les combattais pas…
       - Oui, je sais, tu avais mal à la tête ! Tu as toujours eu des migraines, remarqua Zedd.
       - Pas toujours, c’est depuis que l’un des alliés de Zordon, l’envoyé de Neptune qui s’appelait Ralgan m’a envoûté avec ses pouvoirs étranges.
       - Oui, je me souviens de celui-là, intervint Sariu. Qui l’avait tué d’ailleurs ?
       - C’était Scorpina qui l’avait liquidé, prince Sariu, répondit Goldar.
       - Et à cause de ce neptunien, j’ai des maux de tête trop fréquemment, râla Rita. L’effet de son sort fut dévastateur pour mon organisme. Merci l’effet Ral…
       - Regardez, on arrive presque, interrompit Zedd. On arrive bientôt !
    Le couloir débouchait sur une immense zone découverte et ignorée pour l’instant par l’Empire des Machines et ses attaques. Le cirque lunaire qui s’offrait aux yeux du groupe était immense et déserté de tout, ou presque ; en effet, un très long assemblage de tôle était étendu sur le sable. Tous, Sariu le premier emais Zedd excepté, restèrent ébahis par leur vue et ce mystérieux bâtiment de guerre.
       - Par tous les cieux et dieux plutoniens ! Que les anges acceptent nos remerciements ! implora Sariu. Le magnifique…
       - Il est donc là… souffla Rita.
       - Serpentera ! s’exclama Goldar.
      - Serpentera, en effet, acquiesça le Seigneur Zedd, en chair en os, ou plutôt, devrais-je dire, en acier et en blindage !
       - Et je suppose… je suppose que tu vas le réactiver pour repousser le Roi Mondo et son Empire des Machines ? pensa Sariu à haute voix.
       - Et tu penses très bien mon ami ! Goldar, va activer le chargement en énergie de Serpentera. En fait je ne suis pas sûr qu’il soit performant à cent pour cent mais j’espère qu’il aura assez de potentiel pour cette opération.
       - Ca va être leur fête ! cria de joie Rita. Je pourrai piloter ?
       - Depuis quand les femmes prennent les commandes d’un vaisseau comme Serpentera ? Tu as encore manqué une occasion de te taire, ma chérie d’amour !
       - Mais je peux le conduire sans problème…
       - Et moi je prends l’initiative de te rappeler que la dernière fois que tu as piloté Serpentera tu nous avais envoyé dans un trou noir !
       - Arrêtons de nous chamailler les amis, intervint Sariu. Nous ferions mieux de nous approcher du magnifique Serpentera.
    Zedd fit un signe affirmatif de la tête et alla vers la partie avant de Serpentera qui allait bientôt surprendre l’Empire des Machines grâce à son extraordinaire force de frappe.
     
    ***
     
       Dans le parc d’Angel Grove, le duel des titans était toujours aussi serré : l’Olympien menait la dragée haute au Ninja Megafauconzord et se permettait même de le mettre parfois en difficulté. En revanche, et pour le plus grand soulagement des Power Rangers mais aussi celui des citoyens qui suivaient inquiets le combat de loin, le monstre avait cessé de donner des coups au lycée.
       - Et bien, les Rangers, vous en êtes toujours à l’échauffement ? Vous êtes pitoyables, bandes d’amateurs ! Pourtant je suis sûr que vous pensez toujours avoir une chance de me battre ! Parfois c’est beau de rêver…
       - Il est gonflé celui-là, dit Kimberly à ses amis à bord du cockpit du robot, sans que l’Olympien ne puisse l’entendre.
       - Billy, tu as contacté Alpha pour le renforcement de la puissance auxiliaire ? questionna Tommy.
       - Affirmatif Tommy, répondit le Ranger Bleu, et Alpha commençait à programmer les données pour augmenter notre potentiel énergétique. On ne devrait pas tarder à ressentir le surplus de puissance.
    Le Ninja Megafauconzord parut au fur et à mesure des minutes suivantes plus vif et bien plus combattif. Ce regain de forme permit aux Rangers de voir leur Megazord prendre le dessus sur l’Olympien qui se retrouva rué de coups de poings plus dévastateurs les uns après les autres. Mais une dizaine de coups encaissés plus tard, l’Olympien réussit à repousser le Ninja Megafalconzord.
       - On va en profiter pour recharger nos batteries, parla le Ranger Blanc.
       - D’accord, je lance la procédure, répondit Zack. Voilà, c’est parti.
       - En espérant que cela va porter ses fruits, souhaita Jason.
    L’Olympien ne bougeait plus et il avait l’air pensif. Puis il se décida à parler de nouveau.
       - Je vous ai parlé de rêve tout à l’heure, vous vous souvenez ?
       - Mais qu’est ce qu’il raconte… s’étonna la Ranger Jaune.
       - Et bien, les grands sportifs comme moi sont là pour donner du rêve aux supporters. Mais comme vous n’êtes pas mes supporters, je vais vous donner du cauchemar.
       - Je ne pige rien à son monologue, glissa Tommy à Kimberly.
    L’Olympien se mit alors à applaudir fortement. Un nuage de fumée multicolore apparut alors entre lui et le Ninja Megafalconzord, et ce nuage gagna rapidement en intensité.
       - Je me demande qu’est ce que c’est ! s’inquiéta Trini.
       - On devrait reculer, suggéra Billy. Cela ne me dit rien qui vaille.
    L’Olympien semblait sourire.
       - Rangers, je vous prépare l’apothéose ! Ma botte secrète ! Ce n’est pas du dopage mais mon arme inter-dimensionnelle ! Je vais vous envoyer dans une autre dimension mêlant rêve, fantasme, souvenirs et cauchemars ! Vous allez vous retrouver confrontés à des défis incroyables mais vous risquez de perdre ! N’oubliez-pas, l’essentiel c’est de participer !
    Le nuage coloré alla entourer le Ninja Megafalconzord. Les Rangers ne voyaient désormais plus rien à travers les vitres du cockpit de pilotage. Pire encore, ils commençaient à se sentir engourdis.
       - Mais qu’est ce qui nous arrive ! stressa Zack.
       - Je me sens tout bizarre, balbutia Tommy.
       - Nous sommes en train de changer de dimension, cria Billy, accrochez-vous !!!
    Soudainement, le Ninja Megafauconzord disparut d’Angel Grove. Les Ranger sentirent alors leur robot entamer une chute vertigineuse vers l’inconnu.
       - C’est… c’est comme si le sol s’était volatilisé ! hurla Kimberly.
       - Oui, on a l’impression de tomber ! répondit Jason d’une voix grave.
     
       Le Ninja Megafalconzord poursuivait une chute dans un vide qui allait bientôt se terminer. Et lorsque le robot composé des zords de chaque Ranger aura touché une surface dure, il sera arrivé sur une planète d’une autre dimension, une zone ou rien ne paraît irréel, même les pires horreurs que ses occupants sont susceptibles de subir.


    CHAPITRE 12
    La dimension de tous les dangers
     
       Pour les six Rangers, la chute vers l’inconnu parut interminable ; elle avait été en effet longue puisqu’elle avait duré près d’une minute. Mais l’impact entre le Ninja Megafauconzord et la surface solide ne fut pas si violent que Billy avait pu le craindre ; au contraire, le choc aurait pu être qualifié de doux.
     
      Allongé sur le dos, et sur un sol instable, le Ninja Megafalconzord n’avait miraculeusement pas reçu de gros dégâts. Les Rangers soufflèrent et vérifièrent qu’ils étaient dépourvus de blessures.
       - Tout le monde va bien ? demanda Zack.
       - Moi ça va, Trini aussi visiblement, répondit Billy.
       - Personne n’est blessé ? questionna Tommy à son tour.
       - Non, je ne crois pas, observa Jason. J’ai juste un peu mal au dos mais rien de grave. Le pire nous attend peut-être.
       - On va le savoir très bientôt… souffla Tommy. Je dirai bien à tout le monde de se téléporter mais je ne suis pas sûr que l’air soit respirable à l’extérieur.
       - Avec nos casques on ne craint rien, informa Billy ; de plus, les radars indiquent qu’il y a bel et bien de l’oxygène.
       - Si on pouvait déjà voir à quoi ressemble l’extérieur, fit Trini, le pare-brise est plein de buée.
       - J’ai peur de découvrir cela, mais nous n’avons pas le choix, murmura Kimberly. Activons la fonction de désembuage.
       - On a ça au moins sur ce Megazord ? demanda Zack.
       - Affirmatif, je viens de l’activer, répondit le Ranger Bleu.
       - Plus que quelques secondes à attendre avant de découvrir cette dimension, et son paysage, fit le Ranger Rouge.
     
       La buée se dissipa lentement de la vitre panoramique et le flou qu’elle provoquait laissa place à une masse orangée, puis le paysage devint plus visible, peut-être même plus familier : la planète dimensionnelle sur laquelle les Rangers avaient atterri leurs rappelaient quelques souvenirs lointains. Ce sentiment était conforté par les grands buildings, les gratte-ciels et les pyramides qui flottaient dans le ciel rouge. Le sol était fait de sable et un léger vent balayait quelques débris. Au premier aperçu, aucune présence humaine n’était visible dans les environs.
       - J’ai… j’ai l’impression d’être sur la planète où nous étions venus prendre l’épée de lumière, avant mon départ en Suisse avec Zack et Jason, fit Trini.
       - En effet, la planète desertée… compléta Billy.
       - Non, c’est impossible, souvenez-vous, Serpentera l’avait détruit juste avant que nous la quittions, contra Tommy.
       - Nous sommes dans une autre dimension, n’oubliez-pas, parla Billy. Nous allons naviguer entre le vrai et le faux.
    Le Ranger Blanc tapotait sur le clavier devant son écran de contrôle et remarqua que l’oxygène à bord du Ninja Megafauconzord était à un niveau faible. Il se dit qu’ils n’avaient plus vraiment le choix : ils devaient quitter le robot.
       - Téléportons-nous à l’extérieur, sinon, nous allons manquer d’air ici, ordonna Tommy. Mais restez bien sur vos gardes.
       - Oui, attendons-nous à avoir des surprises… fit Billy.
       - Prêts ? Alors on y va, ajouta le Ranger Blanc. Retrouvons-nous près de ce vieux chêne, juste devant.
    Les Rangers enclenchèrent chacun leur tour leur téléportation vers le lieu convenu. Chacun observa les alentours et s’attarda sur le sol qui paraissait étrange.
       - J’ai l’impression de marcher sur du flan, compara Zack.
       - Tu as raison, le sol est très bizarre, confirma Kimberly.
       - Ce n’est pas de la roche, ni de la terre, fit Trini. J’ai touché avec la main et c’est… très très bizarre. C’est mou.
       - J’espère que ce ne sont pas des sables mouvants, s’apeura le Ranger Noir. Je ne veux pas me retrouver les jambes coincées.
    Un très gros fracas se fit entendre derrière le Ninja Megafauconzord. Les Rangers se retournèrent et virent l’Olympien qui rigolait.
       - Oh non, il est là lui aussi ! s’exclama Zack.
       - Mince, je n’avais pas prévu tout ça ! ajouta Jason.
       - Tiens, vous êtes là, Power Rangers ! Et bien, vous avez l’air d’être interloqués ! Hi hi hi, c’est très drôle de vous voir ici, dans cette dimension du cauchemar !!!
       - Laisse-nous sortir d’ici ! cria Tommy.
       - Mais je ne peux plus rien pour vous ! ricana l’Olympien. Je ne suis pas dans votre dimension, moi. Je suis toujours sur Terre, tout seul avec mes petits Cogs ! Il n’y a plus aucun défenseur de la paix sur cette planète bleue !!!
       - Détrompes-toi, pauvre andouille, il y… commença Trini.
       - Non, ne dis rien, chuchota Tommy.
       - Ha ha ha ha ha, continua de rire le monstre, pauvres incrédules, si vous croyez que j’ai oublié la présence de votre ami le soldat bleu, vous vous fourrez le doigt dans le nez jusqu’aux amygdales ! Je tuerai sans problème ce Ninjor, et personne ne sera là pour l’aider ! Et si ça se trouve, à cette heure-ci, il est peut être déjà mort, son corps gisant dans ce bâtiment que j’ai commencé à détruire.
       - Non, jamais tu ne pourras venir à bout de Ninjor, jamais ! contra la Ranger Rose.
       - Petite Ranger Rose, tu me fais rire. Si je pouvais interagir dans ta dimension, je jouerai un peu avec ton petit corps ! Mais si moi je ne peux rien faire, peut-être que la dimension du cauchemar vous proposera des aventures inédites et horribles ! Bon courage à vous, petits Rangers !
    L’Olympien disparut derrière une fumée rouge. Les Rangers restèrent immobiles pendant quelques secondes, puis se regroupèrent.
       - Je ne sais pas à quoi m’attendre… confia Jason à ses amis.
       - Non, moi non plus… ajouta Billy.
       - Moi je vais vous le dire !!! cria une voix derrière eux qui ressemblait beaucoup à celle de Tommy mais déformée.
    Les six Rangers se retrouvèrent… pour en découvrir un septième, accompagné d’une armée de patrouilleurs de première génération.
       - Alors ça ! Un Ranger Vert ! s’alarma Trini.
       - Et pleins de patrouilleurs qui grouillent autour de lui ! compléta Zack. On va avoir du boulot…
       - Ha ha ha, surpris de me revoir ! se réjouit l’invité vêtu de vert. Surtout toi, Tommy, non ? Nous allons voir lequel de nous deux est le plus puissant, Ranger Blanc !
       - Vraiment ! Et bien, si tu veux ! répondit Tommy. Vous en pensez quoi ?
       - Et bien, occupes-toi de lui, et nous, on prend les patrouilleurs, choisit Jason. Venez Rangers, on a du pain sur la planche.
       - Mais si tu as besoin d’aide, appelle-nous, ne nous oublie-pas, confia Kimberly à Tommy.
       - Ne t’inquiète-pas, je fais appel à toi et aux autres en cas de besoin. Sois prudente !
       - Bon, au lieu de papoter, tu ne peux pas te dépêcher, ma patience à des limites, s’agaça le Ranger Vert.
       - Avec plaisir, j’arrive !
    Tommy bondit en salto avant vers le Ranger Vert qui esquiva un premier coup de poing avant de tenter sa chance de la même manière, en vain. Puis Tommy tenta des attaques basses en fléchissant les genoux et en donnant de nouveau des coups de poing mais à hauteur du bas-ventre. Les deux Rangers en vinrent ensuite à des attaques rapides des poings mais les coups de chacun d’entre eux se ressemblaient et se contraient. Après quelques échanges plus ou moins agressifs le Ranger maléfique recula et donna un coup de pied haut dans la tête du Ranger Blanc qui ne put l’éviter.
       - Tu me déçois beaucoup, Ranger Blanc, je t’imaginais plus combattif et plus résistant ! Mais je crois que je me suis trompé.
       - Je vais… je… je vais te montrer que c’est toi, toi qui es mauvais… bégaya Tommy qui reprenait ses esprits.
       - Ah bon, vraiment ? Essaie d’éviter ça alors !
    Le Ranger Vert donna un nouveau coup de pied mais Tommy se roula sur le côté et se releva. Mais l’ennemi plaça au bon moment un uppercut que le Ranger Blanc encaissa très mal : il se retrouva allongé sur le ventre, mais la douleur se dissipa rapidement.
       - Tu es lamentable, Ranger Blanc. Et dire que tu es le meneur des Power Rangers de ce pitoyable Zordon !
    Le Ranger Vert se plaça devant la tête de Tommy à deux mètres de distance. Le Ranger à terre sur le sol instable ne se posa pas de question et tenta une roulade avant, suivi d’une extension : une fois la roulade terminée il poussa sur ses chevilles et ses pieds, tendit les deux poings en avant, et se propulsa dans le Ranger Vert qu’il projeta loin devant.
      - Alors, les rôles sont vite changés ! Toi à terre, moi sur mes jambes, debout. Qui est lamentable ? se moqua Tommy, tout heureux de voir que son vis-à-vis n’avait pas anticipé sa technique qui avait mieux fonctionné que prévu.
       - C’est vrai, tu m’as bien eu sur ce coup, mais ce n’est pas ça qui va me faire abandonner. Je suis un combattant… et je vais combattre jusqu’à ta déchéance !!!
       - Ah oui ? C’est ce qu’on va voir !
    Le Ranger Vert se releva mais Tommy avait pris de l’avance et l’obligea de nouveau à se retrouver à terre. Le Ranger maléfique sortit alors la dague du dragon et commença à ruer de coups de lame le Ranger Blanc qui à son tour, bénéficia de l’aide de Saba. Suivirent de nombreux échanges dans lesquels les étincelles jaillissaient à chaque choc entre les lames.
    La maîtrise des armes étaient comparables entre les deux bretteurs qui n’arrivaient plus à toucher autre chose que l’épée de l’adversaire. Le Ranger Vert savait que la solution ne viendrait finalement pas par sa dague du dragon mais bien par les feintes et les coups de ses membres. Il entreprit alors de donner un coup de pied mais Tommy avait pensé la même chose et avait tenté exactement la même manœuvre ; mais le Ranger Vert avait été un dixième de seconde plus vif et son coup fut plus utile. Le Ranger Blanc se retrouva un genou à terre mais il put réagir à temps lorsqu’un second coup du même acabit se présenta devant ses yeux. Il se déplaça vers le gauche, se releva, sauta par-dessus le Ranger Vert via un nouveau salto et, une fois les deux pieds au sol, fit demi-tour.
    Le Ranger Vert lui faisait dos et n’avait pas eu le temps de se retourner : Tommy lui donna un puissant coup de pied dans le haut des fesses et le combattant du mal tomba au sol, inerte, après avoir lâché sa dague du dragon.
       - Il doit faire mine d’être blessé, pensa Tommy à voix basse. Tant pis, je vais en profiter pour aller aider les autres.
    Mais Tommy resta le regard fixé sur le Ranger Vert car il se mit à disparaître.
       - Je me suis trompé, il était bien fichu, enfin, j’espère que ce n’est pas une feinte. Allez, je passe aux patrouilleurs. J’ai l’impression que les autres ne s’en sont pas trop mal sortis.
    Le Ranger Blanc alla instinctivement vers la Ranger Rose qui venait de mettre à terre un sbire gris foncé.
       - Tommy, tu as déjà fini de ton côté, quelle bonne nouvelle…
       - Ca a été plus facile que prévu, et donc je viens vous donner un coup de main. Ca va de ton côté ? J’ai l’impression qu’il ne reste plus beaucoup de patrouilleurs.
       - On s’est bien débrouillés, n’est-ce-pas ?
       - Tu n’es pas contre mon coup de main ?
       - Bien sûr que non, au contraire, viens m’aider.
    Les Rangers R            ose et Blanc s’associèrent contre les quelques patrouilleurs qui les entouraient et qui s’approchaient.
     
       Pendant ce temps, les quatre autres Rangers parvinrent également à dominer les patrouilleurs. Jason venait d’éliminer ses opposants directs et Trini parvenait, armée de ses deux dagues laser, à faire le ménage autour d’elle. Enfin, Billy suppléait Zack et le travail était efficace.
     
       Quelques minutes suffirent pour voir les Rangers se débarrasser définitivement de leurs ennemis qui n’avaient pesé bien lourd dans la bataille, à l’exception du Ranger Vert contre lequel Tommy s’était battu.
       - Tout va bien pour tout le monde ? questionna Tommy.
       - Oui, je crois, rassura Jason. Ces patrouilleurs, je ne les ai pas trouvés trop menaçant.
       - C’est normal, ce n’était que le prélude à votre descente aux enfers ! lança la voix de l’Olympien qui résonnait dans les cieux.
       - Où es-tu, saleté de monstre ? s’énerva Zack.
       - Toujours au même endroit, à côté de votre Megazord de pacotille qui se croit à la mi-temps. Il fait sa sieste ou quoi, hi hi hi !!!
       - Tu vois, on a réussi à venir à bout de tes envoyés du mal, fit Billy.
       - Mais ce n’est pas moi qui décide, c’est la dimension du cauchemar qui s’en charge en jouant avec les sentiments, les pensées, et les craintes de ses occupants, en l’occurrence, les vôtres ! Mais je vous laisse, je ne veux pas gâcher votre spectacle. De belles surprises vous attendent… je reste pour vous regarder quand même. Je sens qu’il va y avoir du sport.
    La voix de l’Olympien stoppa. Aussitôt après, un léger tremblement se fit ressentir. La secousse mit à terre les Rangers Rouge, Jaune et Bleu. Puis le ciel se retrouva masqué par de nombreux nuages blancs qui ne restèrent pas longtemps. Lorsqu’ils disparurent, le paysage avait complètement changé, il ne leur était une fois de plus pas méconnu : tout laissait penser aux montagnes se trouvant à Angel Grove avec, dans les hauteurs, le Centre de Commandes de Zordon.
    Mais, dans les collines, les six Rangers ne se sentaient pas seuls : en effet, ils pouvaient apercevoir à quelques mètres d’eux, un peu plus bas, six autres individus.
       - Tu vois ce que je vois ? demanda Billy à Tommy.
       - Oui Billy, je vois,… je te vois, et je me vois… je vois Tanya, Rocky, Adam, et… et Katherine.
       - A quoi correspond cette scène ? demanda Trini.
       Les Rangers Blanc et Bleu n’eurent pas le temps de répondre : le Centre de Commandes explosa violemment et la déflagration projeta les Rangers actuels et les six autres au sol.
       - Pourquoi… pourquoi nous voyons cette scène… s’interrogea Tommy, impuissant, à l’instar de son double dimensionnel qui allait prochainement mettre la main sur les cristaux Zeo.
       - Sans doute pour nous rappeler des mauvais souvenirs, répondit Jason. L’Olympien a bien dit que cette dimension jouait avec nos pensées. Cette vision vous a traumatisés, Billy et toi.
       - Cela explique donc tout, compléta Kimberly. Il faut… penser positif.
    Le soleil s’estompa. Une nouvelle fois, le ciel fut recouvert de nuages mais celui-ci se fit plus sombre, bien plus obscur.
       - A quoi va-t-on avoir droit cette fois… souffla Trini.
       - Euh… je ne sais pas, mais… ce que… ce que je vois ne me rappelle absolument rien, balbutia Zack.
       - Mais c’est ignoble ! cria Trini.
    Des centaines d’araignées aussi grandes que des crabes sortaient des entrailles de la terre et se baladaient désormais entre les jambes des Rangers.
       - Zack, c’est ta phobie des insectes qui a dû faire apparaître ces maudites bestioles, fit Billy, qui sautillait sur place. Zack ?
       - C’est possible, mais je ne peux rien y faire… je ne pensais même pas aux araignées ! Elles me traumatisent !!!
       - Ca devient du grand n’importe quoi cette dimension, regretta Jason.
    Soudain, au beau milieu des Rangers, un monstre fit son apparition : c’était Madame Woe, la déesse du temps et des conditions atmosphériques, qui venait de faire irruption dans la dimension des cauchemars.
       - Bonjour à vous, Power Rangers ! Ca me fait tout drôle de vous revoir ! Surtout toi, Ranger Bleu, qui avait réussi à m’affaiblir la première fois !
       - C’est pas vrai ! Madame Woe, comme si on avait besoin d’elle !!! pesta Billy.
       - Attention à elle, elle peut agir à tout moment ! prévint Zack.
       - De toute façon, vous ne pouvez plus rien contre mes prouesses. Je contrôle les tempêtes et en clin d’œil, je fais en sorte que vous vous envoliez ! rétorqua le monstre féminin.
       - Nous t’avons battu une fois, et nous n’avons pas peur de toi ! prévint Jason.
       - Vraiment ? C’est ce que tu dis pour l’instant, Ranger Rouge. Mais je crois que d’anciennes connaissances viennent te dire bonjour…
    Un second monstre apparut : il s’agissait du Roi Sphinx, mais il ne tenait pas d’épée, mais un objet qui rappelait de mauvais souvenirs au Ranger Rouge : la chandelle verte.
       - Salut Ranger Rouge, heureux de te revoir ! ironisa le Roi Sphinx.
       - Le plaisir n’est pas le même pour moi, bien au contraire.
       - Ne t’en fais pas, cette fois on est tous là pour t’aider ! Au fait, cet objet ne te rappelle rien ?
    L’alien tendit la main qui tenait la chandelle verte dépourvue de flamme, pour bien l’exhiber devant le Ranger Rouge.
       - Si, mais je préfère ne pas l’observer, et ne pas y penser.
       - Pourtant, cet objet caractérise l’un de tes plus importants échecs ! Une déconvenue suite à une mission que tu n’as pas pu mener à bien.
       - Il n’y a pas eu d’échec, et puis regarde, je suis là mais en tant que Ranger Blanc. Ce fut un mal pour un bien, relativisa Tommy.
       - Vert ou blanc, tu vas mourir ! répondit violemment le Roi Sphinx.
       - Je ne pense pas, nous allons lutter contre cette dimension et contre vous, sales monstres, pesta Trini.
       - Je serais toi, Ranger Jaune, je ne dirai pas ça, contredit le Roi Sphinx. Regarde plutôt derrière toi.
    Trini se retourna et vit quelque chose qu’elle n’avait pas envie de voir, même si cela reflétait désormais d’un futur inexistant. Devant elle, une tombe, celle de ses parents, mais la tombe était abîmée et des patrouilleurs marchaient dessus et renversaient les couronnes, les vases et autres décorations fleuries.
       - Quelle tristesse, rigola le Roi Sphinx.
       - Ne prends ça pour argent comptant, Trini, c’est du passé, tes parents sont vivants, et seul ça compte, rassura le Ranger Noir.
       - C’est… c’est quand même… cette vision est difficile à supporter.
       - Je t’en prie, pense à autre chose, dit Kimberly. Cette dimension est faite pour nous donner le tournis, comme l’Ile des Illusions. Tu te souviens ? Nous avions presque perdu nos moyens mais nous nous en étions sortis !
       - Oui résiste, je t’en supplie, ajouta Billy.
       - Ne tombe pas dans le piège, termina la Ranger Rose.
       - Ha ha ha… tu peux donner des leçons, Ranger Rose, mais ton tour va venir, se marra Madame Woe.
       - Oui, et je dois avouer que le cauchemar que tu vas vivre est difficilement supportable, enchérit le Roi Sphinx.
    Trini avait déjà affaire à des souvenirs traumatisants, mais ceux de Kimberly allaient être tout aussi pénibles, mais dans un registre différent. Lorsque cette dernière se retourna, elle eut l’impression de revivre l’une des périodes les plus insupportables de toute sa vie, une période qu’elle aurait aimé oublier, et surtout, une situation dont elle n’aurait jamais voulu parler.
       - Non, pas ça… sanglota la Ranger Rose, qui en avait presque les larmes aux yeux.
       - Je savais que ça ne te ferait pas plaisir, osa ajouter Madame Woe.
    La scène que Kimberly et les autres Rangers voyaient était regrettable : elle mettait en scène un homme, visiblement ivre, qui s’approcha d’elle, tenant par le goulot une bouteille vide de whisky, et qui tenta de la frapper.
       - Kim, attention ! hurla Jason.
    Mais la Ranger Rose avait déjà reculé et le Ranger Blanc avait déjà sauté vers l’agresseur qu’il n’eut aucun mal à repousser et à immobiliser. L’homme bégaya quelques mots incompréhensibles puis émit quelques râles assez désagréables à entendre.
       - Kimberly, je… je t’aime… mais je ne veux que toi… et… surtout ne sors pas sinon je te fous une de ces tartes que… une de ses tartes que… euh Kim, ramène-moi une bouteille tout de suite ! Arrêtons cette mascarade et allons dans la chambre… je…
       - Cet homme est un alcoolo, fit Zack, mais qui c’est ?
    Kimberly, complètement déboussolée, resta silencieuse. Elle n’avait nullement envie de parler de son futur douloureux avec les autres, en tout cas, pas avec tous. Elle n’était même pas certaine de vouloir se confier sur ce sujet à Tommy.
       - Allo, Kim, tu me reçois ? insista maladroitement le Ranger Noir.
       - Arrête Zack, lui chuchota Billy, peut-être que ce sont des choses très dures à expliquer. Il s’agit sans doute d’un de ses proches… très proche d’ailleurs.
    Tommy lâcha son emprise de l’homme ivre qui s’était endormi. Il se dirigea tout droit vers Madame Woe, puis il accéléra le pas et prit Saba.
       - Cela suffit ! J’en ai marre de tout ça et je vais vous rayer de la carte ! Vous faites perdre la tête à mes amis et je ne supporte pas ça !
    Il tenta d’attribuer un coup d’épée à Madame Woe mais elle s’envola dans les airs. Le Roi Sphinx alla vers Tommy et lui donna un léger coup de genou. Le jeune homme se retrouva à terre mais se releva vivement.
       - Ranger Blanc, telle une cerise moisie sur un gâteau, tu es le dernier sur la liste, mais je crois que c’est ton tour, enfin ! ricana le Roi Sphinx.
       - J’espère que ça va te convenir ! ajouta gaiemment Madame Woe.
       - Laissez-nous à la fin ! pesta Jason, qui avait saisi son épée-laser par mesure de sécurité.
    Tommy entendit des pas sur sa droite, alors que les autres Rangers et les monstres se tenaient à sa gauche. Il pivota et vit Adam en costume de Ranger Noir, tenant son casque sous son bras droit.
       - Adam ? Non, je sais que ce n’est pas toi.
       - Ranger Blanc, j’ai une mission, et je vais devoir t’éliminer. J’ai des ordres et je dois obéir à mes maîtres.
       - Quoi ? Je ne… ah, oui, je vois… fit Tommy, qui savait maintenant à quelle époque il devait s’attendre.
       - J’avais trouvé ma vraie voie, répondit Adam. J’étais peut-être possédé, mais je comprends maintenant que c’est la voie que j’aurai dû choisir… définitivement.
       - Je ne sais pas ce que ça représente pour lui, mais cela est sans doute une vision du futur, fit Kimberly encore marquée, lorsqu’il avait dû ramener Adam du bon côté avec la génération des Rangers de la Jungle.
       - Tommy, tiens le coup ! lança Zack.
    Le faux Adam tourna lentement autour de Tommy, le regardant de haut en bas. Les autres Rangers le guettaient tout comme ils surveillaient les autres ennemis qui s’étaient immobilisés. Trini et Kimberly avaient du mal à récupérer et elles avaient la tête ailleurs.
       - Je sais que tu n’es pas le vrai et, malgré ton visage familier, je n’hésiterai pas à te mettre hors d’état de nuire, annonça le Ranger Blanc.
       - Certes, répondit-il, mais les coups que je vais te porter seront de vrais coups, des coups qui font mal. J’ai des pouvoirs que tu ne possèdes pas, et que tu ne posséderas jamais.
       - Ah oui, vraiment ?
       - Rinken, Mauken, ces mots te sont sans doute familiers. Mais trêve de bavardage, il est temps que chacun d’entre nous passe à l’attaque pour éliminer les Power Rangers !
       - Restez tous sur vos gardes et bonne chance ! lança Tommy qui voyait déjà Adam se précipiter sur lui.
    Les individus se rassemblèrent, et la bataille allait commencer, sous l’œil très discret de l’Olympien qui, concentré sur ce qu’il voyait, n’avait ni vu ni entendu le combattant de couleur bleu qui venait de grandir derrière son dos.
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    Re: MMPR S4, épisode 4 : Double attaque

    Message par KL44 le Sam 16 Avr - 14:12

    Voici les chapitres n°13 et 14.



    CHAPITRE 13
    Clash dimensionnel
     
       L’Olympien dériva son regard de la dimension du cauchemar que lui seul voyait lorsqu’il sentit une main sur son épaule gauche. La surprise fut très grande, et ce sont les yeux grands ouverts qu’il se retourna.
       - Salut, je m’appelle Ninjor, et je vais te mettre une grosse baffe sur ta joue. Et toi comment tu t’appelles ?
       - Mais...
    Ninjor ne laissa pas la créature parler et lui donna comme annoncé une puissante claque qui lui fit perdre l’équilibre et par la suite, se retrouver sur les genoux.
       - Fallait parler plus vite, se moqua Ninjor, maintenant que je t’ai déplacé la mâchoire d’au moins un mètre tu vas avoir un peu plus de mal à articuler lorsque tu vas vouloir bavarder !
       - Tu… tu m’as bien eu sur ce coup, je dois le reconnaître, pesta l’Olympien, mais dans le sport, il y a toujours des rebondissements !
       - S’il y avait dans le coin un trampoline, il y aurait des rebondissements, mais je vais essayer d’être bref et de t’éliminer le plus vite possible !
       - Le plus vite possible… c’est ce qu’on verra ! Je n’ai pas dit mon dernier mot !!! Et d’ailleurs, qu’as-tu fais des Cogs qui devaient te tuer ?
       - Tu parles de ces pantins qui ne savent pas aligner deux coups de coude sans se faire une fracture ? Et bien, ils ne sont plus de ce monde.
    L’Olympien se remit debout et commença à pousser Ninjor ; ce dernier se baissa et tenta un coup de tête mais le monstre contra sans problème la tentative, et il enchaîna furtivement par un croc-en-jambe que le samouraï bleu ne put éviter. Ninjor, après sa légère chute qui provoqua un entassement de troncs d’arbres, décida de passer à la vitesse supérieure en révélant ses super-pouvoirs à son adversaire.
       - Alors, ça n’a pas l’air d’aller aussi bien que prévu, mon pauvre vieux ! se marra l’Olympien.
       - Ne sois pas si optimiste, contredit Ninjor, tu n’as encore rien vu.
       - Pourquoi, qu’est ce que tu prépares ?
       - Deux choses, et d’ailleurs, voici la première !
    Ninjor donna un joli coup de pied dans le ventre de l’Olympien qui perdit son souffle et recula. Il suffoqua et porta sa main au ventre tout en grimaçant.
       - Ca c’était la première partie, et maintenant, on passe à la seconde partie ! parla Ninjor.
       - Aie… hum… et c’est quoi ?
    Ninjor serra les poings, plia les bras vers l’avant, et fit apparaître une lueur rouge autour de lui.
       - Par le pouvoir des ninjas, maintenant !
    Certaines parties du corps de Ninjor se transformèrent : l’armure de ses bras se souleva et celles de ses jambes se baissèrent jusqu’aux pieds. La tête du samouraï coulissa et laissa apparaître un tout autre visage, plus robotisé : il était gris argenté, avec des yeux bleus, et il paraissait dès lors plus puissant et paré contre toute menace.
       - Que dis-tu de ça, Olympien de division inférieure ? Tu aimes mon nouveau maillot ?
       - J’en dis… j’en dis que tu n’as pas à m’insulter de la sorte ! J’ai été créé dans le but d’être un alien athlétique et je vais te prouver que je demeure un sportif de très haut niveau !
       - Et bien, puisque tu le dis, viens me le prouver, je n’attends que ça !
    L’Olympien, qui se sentait de nouveau d’attaque, revint à la charge mais Ninjor parvint sans mal à l’éviter. Le monstre tenta de nouveau une attaque basse mais il n’arriva pas à effectuer la stratégie qu’il voulait : son vis-à-vis était bien plus fort.
       - Tu as de la chance que je ne te puisse pas t’envoyer dans une autre dimension, toi aussi ! Je n’ai plus assez de force pour le faire.
       - Une autre dimension… moi aussi ?
       - Oui, enfin, dans un… un autre endroit !
       - C’est là-bas que tu as envoyé les Power Rangers, c’est ça ! Tu vas me le payer…
       - Tu penses ce que tu veux, mais il leur est impossible d’en sortir désormais !!!
       - Je pense que je vais t’infliger une correction que tu ne seras pas près d’oublier, crois-moi !
    Ninjor s’empressa d’assaillir l’Olympien de poings dans le ventre et dans la tête ; le monstre n’avait pas enclenché sa garde et les coups furent efficaces puisqu’il se retrouva de nouveau sonné.
       - Je continuerai tant que tu ne libéreras pas les Rangers ! Et plus tu me feras attendre, plus je taperai fort !
       - Tu peux toujours, je t’ai dit qu’ils sont coincés à jamais dans la dimension dite du cauchemar, celle où leur âme ne fait pas le poids face à leurs pensées les plus ignobles…
       - Tu mens, j’en suis sûr… je suis sûr que tu peux les sortir de cette dimension… tiens, tu le vois ?
       - De… de quoi ?
       - Le gros hématome !
       - Hein ??? Où ça ?
       - Dans ta gueule de monstre teigneux qui a le don de m’irriter !
    Et Ninjor passa à l’acte en envoyant son bras dans le front de l’Olympien. Secoué, sonné, et complètement désorienté, l’alien tomba dans l’entrée du parc d’Angel Grove. Ninjor, qui pensait aux dégâts déjà subis par les lieux, prit tout de même l’initiative d’amortir sa chute en l’assistant des mains. Mais cela ne l’empêchait d’espérer profiter de son avantage d’alors pour l’éliminer. La vie de ses amis en dépendait peut-être.
     
    ***
     
       La dimension du cauchemar allait voir de rudes combats auxquels étaient conviés les Power Rangers et leurs pensées véritablement réincarnées, voire même humanisées. Mais les héros d’Angel Grove, perdant peu à peu leur repère, sentaient bien que leurs organismes étaient affaiblis : les nombreux combats de la journée avaient augmenté leur fatigue. Et les hostilités semblaient loin d’être clôturées : pour preuve, les ennemis étaient très en forme et semblaient prêts à affronter n’importe quel obstacle.
     
       Premier exemple, le Ranger Noir qui revêtait un Adam tout droit sorti des pensées du Ranger Blanc. Un Ranger Noir en tout point malhonnête, issu de souvenirs futurs.
       - Tommy, ne sois pas ridicule, ne tente pas quoi que ce soit contre moi, sinon, j’appelle du renfort. Kaldeag, par exemple.
       - Préviens qui tu veux, je sais que tu n’es pas vrai, alors, attention à toi !
    Adam ne mit pas son casque, mais le jeta vers le Ranger Blanc qui le repoussa des deux mains. Il para un premier coup de poing d’Adam qui tenta ensuite un coup de pied qui n’eut aucune efficacité. Puis Tommy effectua un coup de pied sauté avec un tour sur lui-même qui repoussa le faux Ranger Noir qui parvint à se relever rapidement pour attribuer deux parades des coudes dans la poitrine de son vis-à-vis. Mais Tommy avait encore des ressources et entreprit un très joli mawashi geri qui ressemblait à tout ce qu’il se faisait de plus beau dans les arts martiaux.
       - Le vrai Adam m’aurait donné bien plus de fil à retordre. Mon pauvre ami… tu ne fais pas le poids. Même tes pouvoirs sont faux.
       - Pas la peine de se vanter, Tommy, je n’en ai pas encore terminé avec toi. Et puis, tes amis sont dans la même merde que toi.
       - Reste poli, même s’il ne te reste que la grossièreté pour me blesser, et même ça ne me fera rien.
    Adam bondit subitement sur Tommy et le duel redémarra de plus belle.
     
       Les autres Rangers luttaient contre Madame Woe et le Roi Sphinx. La tendance était incertaine, et le combat était équilibré, avec un très léger avantage pour Billy et les autres Rangers. Ce dernier justement, était en train de repousser Madame Woe avec ses armes, bien aidé par Trini.
       - Billy, fais attention, elle te tourne autour d’un peu trop près ! prévint la Ranger Jaune qui, dans un craquement immonde de pattes brisées, venait de marcher sur une araignée.
       - Et alors, tu es jalouse qu’une fille autre que toi tourne autour de ton copain bleu ? ricana Madame Woe.
       - Ce n’est pas elle qui n’est pas contente de cette situation, mais moi… ou plutôt nous deux ! cria Billy, tout en faisant tournoyer ses lances-laser.
       - C’est dommage pour vous car je compte rester quelques temps à proximité de vous, rien que pour vous enquiquiner…
    Madame Woe s’envola et dégaina une série de lasers du diamant qu’elle avait entre les deux yeux. Billy n’y échappa pas mais Trini sauta par-dessus ces lasers et toucha le monstre féminin du bout de la lame de son épée-blaster. Madame Woe regagna le sol par la tête, puis cria de douleur.
       - Je vais me venger ! Tu m’as fais très mal ! La dimension du cauchemar va t’imposer une nouvelle vision que tu vas regretter !!!
       - Que j’en finisse avec toi avant ! balança Trini en courant vers Madame Woe.
    Mais, en se dirigeant en petites foulées vers la créature, la Ranger Jaune frôla quelque chose sur sa droite. Elle vit une plaque de carton d’environ un mètre trente ayant la forme d’une jeune fille. Il s’agissait en fait d’un visage connu par Trini, encore un peu troublée par les péripéties visuelles qui l’avaient concernée quelques minutes plus tôt.
       - Je vois… c’est ma cousine Sylvia, lorsqu’elle avait été transformée en deux dimensions… en parlant de dimension, celle-ci commence à me taper sur le système.
       - C’est bien, au moins, tu ne perds pas la mémoire… souffla le Roi Sphinx qui venait se mêler à la joute.
       - Et moi, tu m’as oublié, Sphinx ?
    Jason adressa au monstre à évocation égyptienne un coup de pied qui le fit voler quelques mètres plus loin. Bien aidé de Kimberly et Zack, il lui imposa quelques secondes supplémentaires au sol. Puis Zack alla suppléer Billy que Madame Woe tentait de projeter dans des arbustes étranges qui venaient d’apparaître.
       - Allez, on en a fini pour l’instant, on va passer le relais à d’autres cauchemars, ha ha ha !!! ricana le Roi Sphinx.
       - Vie à cette dimension du cauchemar, mort aux Rangers ! scanda Madame Woe.
       - Qu’est-ce que ça veut dire ? s’interrogea Trini. Ils vont disparaître et nous laisser ?
    La Ranger Jaune allait bientôt avoir la confirmation : les deux monstres venaient de partir subitement, emportant dans cette mystérieuse disparition les araignées, la tombe, et la plaque en carton représentant sa cousine. Mais elle s’aperçut rapidement que le faux Ranger Noir était toujours là à en découdre avec Tommy.
       - Tout va bien les amis ? Il faut aller aider Tommy, dit Jason.
    Les cinq Rangers allèrent soutenir Tommy mais le faux Adam recula de plusieurs pas lorsqu’il vit le surnombre.
       - Ohé, vous êtes trop nombreux ! pesta Adam. Et puis, moi aussi je dois passer le relais. Je vous propose une nouvelle ère de jeux, et de nouveaux combattants ! Allez, au plaisir…
    Le Ranger Noir se fit la belle. Les Rangers, Kimberly en tête, allèrent voir si Tommy allait bien.
       - Je crois que l’on devrait rester groupé, fit Billy. Je le sens très moyen…
    Et le Ranger Bleu avait raison de s’inquiéter…
       - Attention, prévint Zack, une torpille qui fonce droit sur nous !!!
       - ATTENTION !!! cria Tommy.
    Chaque Ranger sauta le plus loin possible de la torpille qui alla poursuivre son chemin vers l’infini sans trouver d’obstacle. Mais ils n’étaient pas au bout de leurs surprises : de légères secousses se firent ressentir.
    Puis soudain, le sol se fissura et de nombreuses et grandes murailles en sortirent, séparant les Rangers en sous-groupes : Tommy se retrouva avec Zack. Billy restat avec Jason, et Trini avec Kimberly.
    Les murailles étaient vraiment immenses et devaient faire plus de quinze mètres de hauteur, mais leur épaisseur ne dépassait pas le mètre et demi : les Rangers ne le savaient pas encore mais un immense labyrinthe venait de prendre forme et ils étaient déjà à l’intérieur. Ses allées étaient tantôt larges, tantôt étroites, et le sol était recouvert de graviers. Pendant ce temps le ciel avait changé de couleur et il était passé au violet pastel : la luminosité était moins forte, et la visibilité dans les longs couloirs du labyrinthe était d’autant plus incertaine.
       - Quelqu’un m’entend ? cria Zack.
       - Kimberly ? Billy ? Les autres, où êtes-vous ? lança à son tour le Ranger Blanc.
       - C’est Billy, tu dois être derrière ce mur au vu de l’intonation de ta voix.
       - Oui, je t’entends bien Billy, répondit Zack. Je suis avec Tommy, tu es tout seul ?
       - Non, je suis avec Jason mais il est aux prises avec des patrouilleurs !
       - Billy, où sont les filles ? questionna Tommy.
       - Je ne sais pas. Je vais aider Jason les patrouilleurs sont nombreux !
    Zack s’approcha de Tommy qui lui avait fait signe de se rapprocher.
       - Bon, écoute, on va rester ensemble, cela ne sert à rien de se séparer. Il faut trouver un accès pour aider les autres.
       - Oui, je te suis, on peut aller… euh… on a de la visite je crois… regarde derrière toi, Tommy…
    Le Ranger Blanc se retourna et vit deux individus sombres : l’un connu de Zack et l’autre que Tommy n’eut pas le moindre mal à identifier.
       - C’est pas croyable, c’est un cauchemar, râle le Ranger Noir, c’est… je ne sais plus comment tu t’appelles sale monstre, mais je me souviens t’avoir affronté le jour de mes vingt ans…
       - Je suis le Chevalier Démoniaque, ancien envoyé de Rita Repulsa, et de retour dans cette dimension. L’opportunité de te détruire m’est de nouveau offerte.
       - Tommy, il va falloir que tu m’aides… trembla Zack.
    Mais le Ranger Blanc resta de marbre, figé devant le second ennemi vêtu de noir une fois de plus.
       - Tommy, tu réponds pas ? Mais, au fait, qui c’est celui-là ?
       - Mais il a dû me reconnaître sans problèmes, répondit l’ennemi avec la même voix que Tommy.
       - Zack, c’est… c’est le Ranger Noir Dino Tonnerre, en l’occurrence, je vais une fois de plus… devoir m’affronter.
       - Ah oui, et bien tu n’as pas de chance mec… et moi non plus…
       - Ha ha ha… les pouvoirs Dino Tonnerre vont te tuer, Tommy.
       - Je ne pense pas. Même si cette tenue de Ranger Noir Dino Tonnerre, je l’ai porté plusieurs fois, je sais que tu n’es qu’une illusion et je vais lutter sans merci.
    Le Ranger Noir Dino Tonnerre simula une transmutation tout en ricanant.
       - Dino Tonnerre, à moi le pouvoir ! Pouvoir Brachio ! Ca te rappelle des souvenirs, ha ha ha…
       - Et moi, le Chevalier Démoniaque, je suis prêt à entrer en action !
       - Puisque c’est comme ça, la force du Ranger Noir va elle aussi se dévoiler !
       - Et celle du Ranger Blanc aussi !
    Les deux Rangers du bien se précipitèrent vers leurs ennemis, enfin, voulurent se précipiter mais le sol trembla une nouvelle fois, mais plus fortement. Puis les secousses se firent plus régulières. La terre de fissura entre les pieds du Ranger Noir Dino Tonnerre et Tommy, suivi de Zack, se mit à courir dans la direction inverse.
       - Suis-moi, vite ! hurla Tommy.
       - Oui, j’arrive, mais ils nous suivent aussi !!!
       - Vous ne nous échapperez pas ! Vous n’échapperez pas à une mort promise ! cria le Chevalier Démoniaque.
     
       Le Ranger Blanc entendit Kimberly appeler de l’aide quelque part, mais il ne trouvait pas de quel côté la voix naissait. En parallèle il devait surveiller ses arrières.
       - C’est bon, on les distance, fit Zack, qui commençait à s’essouffler.
       - Attends, j’entends Kim… quelque part… Kim ! Où es-tu ?
    Pas de réponse.
    Tommy continua sa course dans le couloir qui devenait de plus en plus étroit, et qui laissait l’impression de ne jamais déboucher sur une sortie.
       - Rien ne sert de courir, on vous saignera à point !!! ricana fortement le Chevalier Démoniaque, qui avait perdu quelques mètres de distance.
       - Kim ??? Kimberly ! Où es-tu ???
       - Tommy ! Je suis par là ! toussota la Ranger Rose, qui devait elle aussi se trouver derrière la muraille. Je… Il y a des fissures qui se forment et je suis avec… avec Trini.
       - Tu vas bien ? Réponds-moi vite je t’en prie…
       - Trini aussi ? ajouta Zack.
       - Oui, on court sans s’arrêter… tiens, de la lumière là-bas !!!
       - Oui, je la vois aussi ! Enfin libre… se sentit soulagé le Ranger Noir.
    Les allées étaient désormais peu larges, mais la hauteur des murs baissait sensiblement. Ce changement de décor repoussait enfin l’obscurité du labyrinthe, d’autant plus que les couloirs semblaient enfin arriver à leur terme. Au bout de quelques secondes de course, les murs furent remplacés par des petites haies. Les Rangers se retrouvèrent enfin, très essoufflés, mais sains et saufs.
       - Vos arrières… vérifia Tommy.
    Les poursuivants étaient très loin, tout juste visibles, mais ils continuaient malgré tout à courir en leur direction. Mais un spectacle encore plus dangereux se présenta de l’autre côté, au bout de ce labyrinthe : un bipède métallique rouge de près de vingt mètres de haut approchait à toute vitesse, sa queue glissant sur le sol.
       - Oh non ! Pas ça !!! cria Jason.
       - Par tous les cieux… un Tyrannosaure !!! s’exclama Billy.
       - Et il n’a pas l’air content, siffla Zack. On va devoir rebrousser chemin sinon nous allons tous y passer.
       - J’en peux plus, je suis crevé… pesta Trini, qui aurait fait presque n’importe quel sacrifice pour se retrouver dans un bain à ce moment précis.
       - Et ils se rapprochent, dit Tommy en montrant du doigt le Chevalier Démoniaque et le Ranger Noir Dino Tonnerre se rapprocher.
    Le Tyrannosaure n’était plus très loin et ses pas s’accéléraient. Les Rangers devaient absolument faire quelque chose, et bouger au plus vite, mais inutile d’aller dans la même direction que le zord, sinon, ils risquaient de finir écrasés.
     
    ***
     
       Une diode, puis deux, puis trois, venaient de s’allumer chacune leur tour sur le tableau de bord qui proposait moult options et compteurs : Serpentera n’était rechargé qu’à trente pour cent, mais cela était suffisant pour une offensive de petite envergure, enfin, c’est ce que le Seigneur Zedd pensait.
       - Seigneur Zedd, Serpentera attend votre accord pour quitter son lieu de parking, déclara Goldar.
       - Allons-y, et prenez place, invita Zedd, d’un air plus convivial qu’à l’accoutumée.
       - Que le spectacle commence… murmura Sariu, tout heureux de se trouver à bord d’un vaisseau de guerre aussi prestigieux que Serpentera.
       - Cap sur l’Empire des Machines. Le Roi Mondo va payer pour son assaut ! ricana Rita.
       - Oui ! C’est parti !!! ajouta Zedd.
    Goldar desserra le frein de parc de Serpentera, passa la première d’une boîte de vingt-six vitesses qui n’avaient nullement les mêmes priorités qu’une boîte de vitesses automobile terrestre, et lentement, mais dans un bruit important, il quitta le sable lunaire afin de gagner de l’altitude.


    CHAPITRE 14
    La fausse résurrection du Tyrannosaure
     
       Le Tyrannosaure avait vu les Power Rangers courir de nouveau dans le labyrinthe, mais en sens inverse. Mais les grandes murailles n’avaient pas l’air de l’intimider, puisqu’il commença à en abattre quelques-unes à l’aide de ses bras  métalliques afin de se frayer un chemin assez large pour son envergure. Et la progression avait l’air de s’accélérer tant la facilité pour le robot était déconcertante.
     
       Les six Rangers, qui avaient tous pris - un peu au hasard il faut reconnaître - le couloir par lequel étaient venus Tommy et Zack, couraient et regardaient davantage derrière eux que devant. Et ils avaient trop vite oubliés que s’ils avaient courus de la sorte quelques minutes auparavant, c’était parce qu’ils étaient pris en chasse : Billy, qui menait la troupe, percuta de plein fouet le Ranger Noir Dino Tonnerre qui perdit l’équilibre et fit tomber à son tour le Chevalier Démoniaque. Zack, qui suivait de près Billy, n’eut pas le temps pour quelconque anticipation et se retrouva à son tour allongé sur ce qui pouvait être qualifié de tas de bras et de jambes essayant de se débattre pour se relever.
       - Restez sur vos gardes, on est encerclé ! prévint le Ranger Blanc.
       - Repoussons ces deux-là le plus loin possible, on ne pourra pas se battre si l’on reste dans ce petit corridor, exprima Jason.
       - Je me charge d’eux, suivez-moi ! fit Tommy.
    Le Ranger Blanc, qui était le troisième Ranger après Billy et Zack dans le couloir, contourna non sans mal ses deux amis qui s’étaient relevés et se retrouva nez-à-nez avec son égal du futur.
       - Comme on se retrouve, souffla le Ranger Noir Dino Tonnerre.
       - Saba, j’ai besoin de toi ! dit Tommy tout en prenant l’épée.
       - Ah, tu veux jouer à cela, alors Epée Brachio, à moi ta force légendaire !
    Le Ranger Blanc adressa le premier coup de lame à son ennemi qui recula de quelques centimètres. Il tenta quelques coups vicieux mais les coups étaient bien anticipés par Tommy et la raison était simple : il s’agissait de son soi futur. Mais la connaissance ne faisait pas tout, et le Ranger Noir Dino Tonnerre connaissait aussi les techniques du Ranger Blanc, qu’il parvint, après deux tentatives, à contourner via une faille : il fit une feinte avec son épée et lui adressa un croche-pattes salvateur qui mit Tommy à genoux. Le Ranger Noir Dino Tonnerre s’apprêta à lui donner un coup dans le casque mais c’était sans compter sur Jason qui se trouvait derrière Tommy : d’une pirouette limpide et majestueuse il vola et atterrit sur l’ennemi. Il entraîna par mégarde Billy avec lui qui se retrouva sous la masse des deux Rangers.
       - Aie, vous m’écrasez ! cria le Ranger Bleu.
       - Bien fait pour toi, misérable petite crotte bleutée ! ricana le Ranger Noir Dino Tonnerre.
    Mais Jason s’était relevé et l’ennemi de noir vêtu allait faire de même ; mais Zack, balancé puissamment  par le Chevalier Démoniaque, traversa le couloir par les airs sur plusieurs mètres, et fit tomber Kimberly et Trini. Tommy se remit sur pieds et alla aux nouvelles de tous les Rangers mais il aperçut très vite le Tyrannosaure qui se rapprochait dangereusement d’eux.
       - Il faut que tout le monde se relève, c’est urgent ! cria le Ranger Blanc. A cette allure-là, le Tyrannosaure nous aura rattrapés dans moins de trente secondes !!!
    Tommy aida Trini et Kimberly à se relever, Jason et Billy s’occupèrent de Zack qui reprenait peu à peu ses esprits après un baptême de l’air dont il se serait bien passé. A proximité, les deux adversaires s’étaient eux aussi redressés et, sans aucune peur vis-à-vis du Tyrannosaure approchant, s’élancèrent de nouveau vers les Rangers.
       - On va vous anéantir ! lança le Ranger Noir Dino Tonnerre !
       - Et si ce n’est pas nous, c’est le zord qui s’en chargera !!! poursuivit le Chevalier Démoniaque.
       - Mais nous n’avons pas encore abandonné la partie ! rétorqua Trini.
    Les deux ennemis éclatèrent de rire. Mais pas pour longtemps : les cinq Rangers équipés d’épée-blaster s’en saisirent et ne se firent pas prier pour dégainer des rafales de laser. Les deux trouble-fêtes tombèrent à terre, visiblement mal en point. Mais seul le Chevalier Démoniaque disparut comme les monstres précédemment éliminés.
       - Je crois que notre opération est réussie à cinquante pour cent, regretta le Ranger Bleu qui hésitait à ranger son arme.
       - Nous n’avons plus le temps, fonçons et ne nous soucions pas de lui tant qu’il est à terre, ordonna Tommy.
    Billy en tête exécuta les ordres, suivi respectivement de Zack, Jason, Trini, Tommy et Kimberly. Ils passèrent par-dessus le corps à terre du Ranger Noir Dino Tonnerre qui attrapa soudainement la cheville de la Ranger Rose lors de son passage.
       - Tu es ma prisonnière, beauté ! ricana le Ranger Noir Dino Tonnerre.
       - Lâche-moi !!! Tommy, viens m’aider !!!
    Le Ranger Blanc se retourna et vit Kimberly qui n’arrivait pas à sortir de l’emprise ; de plus, le Tyrannosaure gagnait de précieuses longueurs dans sa course et il n’allait plus tarder à les rattraper. Il courut attraper Kimberly par la main mais l’ennemi ne lâcha pas sa poigne.
       - Lâche-là ! cria Tommy violemment.
       - Jamais de la vie !!!
       - Lâche-là sinon on y passe tous les trois !!!
       - Je m’en fiche, moi !!! Je fais partie de cette dimension comme ce Tyrannosaure !!!
    Kimberly essayait de saisir de sa main libre son épée-blaster qu’elle venait de ranger mais, paniquée, elle n’y parvenait pas. Tommy sortit Saba et lui ordonna de tirer une rafale vers le Ranger Noir Dino Tonnerre, ce que l’épée dit sans discuter : elle le visa au niveau du poignet de la main qui tenait la cheville de la Ranger Rose.
       - C’est bon, il m’a lâché, ouf… fit Kimberly, soulagée. Maintenant, un seul but : courir, courir le plus loin possible…
       - Vous m’avez vaincu… mais ce n’est pas fini pour vous… bonne souffrance… balbutia le Ranger Noir Dino Tonnerre, avant de se taire définitivement.
       - Kim, dépêche-toi, il n’y a plus de temps à perdre ! cria Tommy.
    Les Rangers Blanc et Rose suivirent les autres Rangers qui avaient ralenti la progression pour les attendre. Le sol et les murs tremblaient de plus en plus, et le Tyrannosaure pressait davantage le pas. Dans le peloton de tête, Zack avait tenté de joindre Zordon ou Alpha via son communicateur, mais en vain ; en revanche, Trini avait une autre idée.
       - Est-ce que l’on peut… appeler le Ninja Megafalconzord à la rescousse ?
       - Mais oui ! Ce serait une bonne idée ça ! répondit Jason.
       - Je tente l’appel, fit Billy qui ralentissait la cadence à cause de la fatigue grandissante et son manque d’endurance. Aie, pour l’instant… pour l’instant il ne répond pas.
       - Bon sang, il faut qu’il réponde ! se lorgna le Ranger Rouge. C’est quand même dommage que la téléportation ne fonctionne pas dans les autres dimensions sinon, on serait… on serait déjà sauvés !
       - Ca fait longtemps qu’on court… je n’en peux plus… toussota le Ranger Noir. J’ai l’impression que ça ne va jamais s’arrêter…
       - Il faut faire une pause sinon on va se dessécher sur place !!! criailla la Ranger Jaune.
       - Mais on ne peut pas… répondit Billy.
       - Arrêtons-nous jusqu’à ce que Tommy et Kim nous rejoignent, ou, courrons moins vite… je n’en peux plus du tout… pesta Trini d’une voix de plus en plus faible.
       - Tiens le coup, conjura Jason.
    Mais Trini, prise d’étourdissements, perdit l’équilibre et tomba. Tommy se rapprochait, et il se précipita pour la relever.
       - Non, Trini, ce n’est pas le moment ! s’exclama Tommy.
       - Vite, porte la et échappons-nous ! hurla Kimberly. Le zord se rapproche toujours plus !
       - Oh la la… il arrive… il va tenter de nous piétiner… se désola le Ranger Bleu, qui soufflait très fort.
    Moins de dix mètres séparaient le Tyrannosaure du groupe fuyant. Les Rangers reprirent une cadence folle mais le chemin leur semblait de plus en plus interminable.
     
    ***
     
       Au Centre de Commandes, Zordon ne cachait pas son inquiétude quand au silence radio que lui imposaient les Power Rangers depuis maintenant longtemps. Alpha triturait plusieurs boutons et effectuait sans cesse des allers et retours entre les consoles de contrôle. Mais les censeurs ne détectèrent toujours pas l’équipe.
       - Aie aie aie, Ninjor est toujours seul en ville, aucune trace des Rangers ! Cela devient vraiment inquiétant !
       - En effet je suis aussi préoccupé. Alpha, peux-tu me dire si les ninjazords sont dans leur cachette ?
       - Négatif, Zordon, négatif. Ils sont introuvables eux aussi !
       - Alors, tente d’appeler Ninjor.
       - Il est en plein combat contre un monstre géant !
       - Appelle-le quand même, peut-être qu’il sait où sont les Power Rangers.
       - Oui, tout de suite Zordon, aie aie aie… mes circuits sont dans tous leurs états !
    Alpha enclencha la communication mais Ninjor ne répondit pas immédiatement ; de plus, il y avait de nombreuses interférences. Ninjor ne possédant pas de communicateur, les ondes étaient directement réceptionnées par télépathie.
       - Ici Ninjor, j’écoute, fit enfin le samouraï bleu.
       - Ninjor, quelle joie de t’entendre, ici Alpha 5, sais-tu où sont les Power Rangers ?
       - Dans une dimension parallèle, et…
    La voix de Ninjor grésilla puis s’estompa. Alpha tenta tout de même de lui parler.
       - Ninjor, si tu m’entends, dis-moi comment entrer en contact avec cette dimension, si tu le sais. Je t’en prie, réponds vite !
       - Oui… dimension… le monstre… le tuer…
    Ce sont les seules paroles qu’Alpha réceptionna de Ninjor, et cela ne faisait pas vraiment avancer les perspectives de détection des six Rangers.
       - Alpha, si les Power Rangers sont dans une autre dimension, il faut augmenter la puissance du radar, une fois de plus.
       - Aie aie aie, depuis notre retour, nous n’arrêtons pas d’augmenter l’énergie de nos systèmes de défense et de détection. Nous allons bientôt être en surchauffe !!!
       - Je sais Alpha, mais nous n’avons une fois de plus pas le choix. Jamais je ne prendrai le risque de perdre les Power Rangers. Effectue l’augmentation de puissance, mais ne puise pas dans l’énergie des systèmes de défense de la base.
       - Je ne peux pas prendre l’énergie des Zords, ils sont introuvables, déplora Alpha.
       - Dans ce cas, je ne vois qu’une seule solution, à moi de donner de la puissance, déclara Zordon.
       - Mais Zordon, je risque de te perdre, ton niveau est déjà faible, aie aie aie aie aie, s’inquiéta le droïde.
       - Je ne vais pas donner beaucoup d’énergie, car en contrepartie, tu utiliseras le réseau de réserve d’urgence. Nous n’avons pas le choix.
     
    Alpha faillit chuter : il craignait ce que Zordon venait de suggérer.
       - Aie aie aie aie aie, la dernière fois que nous nous sommes servis de ce système, je croyais que la base allait exploser et je me souviens que…
       - C’était la première fois que nous avions recours à ce procédé. Maintenant, il n’est plus en rodage.
       - J’espère que tu as raison, sinon, je suis en droit de craindre pour ma vie.
       - Prépare le processus. La mise en place est longue.
    Alpha alla lentement vers une console isolée et très sombre. Il appuya six fois sur un bouton vert, sept fois sur un bleu, puis trois fois sur un rouge. C’est alors qu’un portillon dissimulé s’ouvrit, laissant apparaître un écran aux dimensions généreuses. Sur l’écran aux couleurs flashies, il était requis un code d’accès.
       - Zordon, tu es le seul à connaître le code d’accès.
       - Ce code est le suivant : tape le mot Forever, puis espace, puis…
       - … ah, Forever, espace, Shield, espace, Rangers. Je me souviens maintenant.
       - C’est cela en effet.
    Alpha entra le code sans faute et valida. Il dût confirmer l’exécution de la procédure et, après cette confirmation, un clavier ne comportant que douze touches s’activa.
       - Zordon, je vais lancer la génération du réseau de réserve d’urgence, parla Alpha.
       - Tu as le feu vert.
     
       Alpha s’apprêtait à appuyer sur l’un des boutons lorsque le gyrophare et l’alarme se déclenchèrent.
       - Aie aie aie, alerte maximale !!!
       - Oui Alpha, je ressens les mêmes perturbations que toi, et elles ne viennent pas de l’Empire des Machines, cette fois.
       - Oh non, aie aie aie aie aie !!!
       - Et si, il semblerait que le géant Serpentera ait été réactivé, dans quel but je ne le sais guère. Mais, fort heureusement, il semble loin de la Terre, très loin même.
       - Les radars sont déjà à leur maximum, et cela me permet de te confirmer qu’il survole la Lune.
    Zordon était confus : devait-il tout de même poursuivre l’opération d’urgence tout en sachant que Serpentera avait été réactivé et devenait une menace potentielle pour l’humanité ? Devait-il malgré tout continuer la procédure déjà menée ?
       - Zordon, qu’est ce que dois faire ? Est-ce que je continue l’activation du réseau de réserve d’urgence ?
    Zordon ne dit rien et laissa dominer le silence pendant quelques secondes.
       - Oui, car sans les Rangers, nous ne pouvons rien contre Serpentera ou contre toute autre menace. Ninjor n’est pas assez puissant à lui seul pour affronter Serpentera. Poursuis, Alpha.
       - D’accord, Zordon. J’appuie… et c’est lancé. Aie aie aie aie aie aie aie…
       - Ne t’inquiète-pas Alpha, tout va bien se passer. En revanche, je préfère ne pas m’éclipser pour le moment. Je veux rester pour surveiller Ninjor mais surtout, la progression et les intentions de Serpentera.
    Alpha alla vers le vista-globe pour suivre le duel entre Ninjor et l’Olympien : ils avaient quitté la zone du lycée et ils étaient désormais dans une zone bien connue des monstres : le parc d’Angel Grove.
     
    ***
     
       Ninjor était contraint de mettre les pieds dans le lac car l’Olympien l’empêchait de regagner la verdure et il ne cessait de donner des coups de poings.
       - Ah, la boxe… quel sport magnifique… mais là, l’adversaire n’est pas de taille ! ria l’Olympien.
       - Ne parles pas trop vite, gros bêta, il n’y a pas de cordes pour délimiter le ring, ici !
       - Et bien justement, sans cordes, tu n’arrives même pas à sortir du bassin, alors je confirme, tu es vraiment nul !
    Ninjor en avait sa claque : il reprit son épée et frappa fortement : si fortement qu’il trancha le bras gauche de son adversaire qui tomba dans le lac, ce qui provoqua une légère perturbation des eaux et quelques vagues. L’Olympien hurla : le mal qu’il subissait lui était insupportable !
       - Ah !!! Mon bras !!! Le membre qui me permettait… de… ah !!! Aie !
       - Si tu restes dans les parages, je m’occupe du bras qu’il te reste puis de tes jambes !
    L’Olympien, qui tremblait de partout, s’agenouilla pour ramasser le bras démembré. Puis il ne trouva pas d’autre initiative que de s’en servir comme arme.
       - La… la douleur est une étape dans l’ascension d’un sportif. Je… je suis au sommet de ma gloire, alors le mal, je ne le ressens… aie… je ne le ressens plus… ouille… plus du tout.
       - Oui, ça se voit vachement !!! se marra Ninjor qui rata de peu un nouveau découpage de monstre.
       - Je me vois contraint de passer… aie à la vitesse supérieure, Ninjor. Tu vas souffrir davantage.
       - Passer une vitesse ? Heureusement qu’il te reste un bras sinon tu n’aurais passé aucune vitesse, ha ha ha ! se moqua Ninjor.
       - Rigole maintenant, car ça ne va pas durer, prévint l’Olympien.
    La créature de l’Empire des Machines sauta les deux pieds en avant : Ninjor n’ayant à aucun moment anticipé telle agression, il fut propulsé plus loin au milieu du lac.
       - Alors Ninjor, tu as besoin d’une bouée de sauvetage ? Tu m’as l’air d’être comme un poisson dans l’eau, à moins que… mais non, je ne rêve pas ! Tu as le mal de mer ?
    Ninjor mit quelques secondes à reprendre ses esprits : de plus, son genou droit avait dû buter contre une surface solide ou pointue, une roche par exemple, et il avait mal.
       - Attends… attends que je reprenne mes esprits… balbutia Ninjor.
       - Mais prends ton temps, je vais m’entraîner au tir à l’arc pendant ce temps-là ! s’exclama l’Olympien tout en faisant apparaître un arc et des flèches. Tu es ma cible : si je vise la partie bleue c’est dix points, et la partie rouge, cinquante points.
       - Avec un seul bras ? Tu es vraiment idiot ! Il faut vraiment être bête pour penser que quelqu’un peut armer un arc avec une seule main…
       - Laisse-moi parler ! Si je vise le rouge, cinquante points, et cent points de bonus si je vise entre les yeux !
    L’Olympien s’était pendant ce temps-là baissé et il avait ramassé son bras qui flottait. Puis il se remembra lui-même.
       - Tu ne t’attendais pas à ça je suppose. Je suis un alien qui a plus d’un tour dans mon sac !
       - Oui, je vois ça…
       - Et maintenant je vais pouvoir t’éliminer !
       - Je ne vais pas te laisser ce plaisir, répondit le samouraï bleu en tentant de se relever.
    L’Olympien banda son arc et tira non pas une, mais une dizaine de flèches en même temps qui vinrent exploser contre la carapace métallique du pauvre allié des Rangers qui retomba dans l’eau.
       - Ha ha ha ! Tu vois, le sport, c’est aussi fait de rebondissements et de retournements de situation. L’équipe dominée peut se ressaisir, j’en suis l’exemple sur ce coup ! Allez, je change de discipline. Une variante du tir au pigeon, ça devrait me perfectionner : le tir au Ninjor !
     
       L’Olympien saisit cette fois un gros canon qui venait de faire son apparition et dégaina en direction de Ninjor qui n’avait pas bougé d’un mètre. Il fut de nouveau projeté dans les airs avant d’effectuer un plat dans la zone aquatique. Cette fois, il ressentait davantage de maux dans tout son corps, et il n’avait sur le moment plus assez de force pour se remettre debout afin de repousser l’ennemi.
       - Et bien, la fin du duel approche, ricana l’Olympien qui diminuait l’écart entre lui et son adversaire qu’il rejoignait lentement. A dix, je me considère comme vainqueur ! Un, deux, trois…
       - Non… non, il faut que je me relève… murmura douloureusement Ninjor.
       - … quatre, cinq, six…
    Ninjor, qui sentait quelques plantes des profondeurs le chatouiller sans qu’il ne puisse bouger, savait que l’issue à court terme de la ville et peut-être même de l’humanité et des Rangers ne dépendait que de lui. Il lui fallait un peu de temps pour récupérer, il le savait.
       - …sept, huit… continuait de compter l’Olympien.
    Il vérifia que ses membres répondaient, et il fit heureux de se sentir en un seul morceau, sans fracture ni blessure.
       - Neuf, et dix !!! L’Olympien est déclaré vainqueur de cette compétition et il obtient la médaille d’or et le droit de figurer au Panthéon des monstres sportifs !
       - Ne crie pas victoire trop vite !
       - Hein ! Tu t’es relevé ! Mais tu as perdu, tricheur !
    L’Olympien n’espérait pas revoir Ninjor si vite debout et pourtant, il se tenait au milieu du lac, prêt à contre-attaquer.
       - Tu n’as pas le droit, c’est moi qui a gagné !!! pleurnicha le monstre.
       - Considère que c’était la première mi-temps, rétorqua Ninjor, décidé à défendre la planète Terre et son honneur, et ce malgré la douleur encore bien présente.
     
    ***
     
       Dans la dimension du cauchemar, les six Power Rangers étaient toujours coursés par le Tyrannosaure qui ne leur avait laissé aucun répit. L’allure des défenseurs du bien avait inexorablement régressé.
       - Depuis ce matin… nous n’arrêtons, pas depuis ce matin… bailla Billy en jetant quelques regards en arrière pour vérifier que les cinq autres Rangers le suivaient bien.
       - Billy, regarde à gauche, le Ninja Megafalconzord ! meugla Zack, au bord de la rupture.
       - Il est… toujours allongé, et il n’a… pas bougé… cria Tommy.
       - Il faut aller se réfugier dans le cockpit du Megazord, nous y serons plus en sécurité ! suggéra Billy.
       - D’accord, dirent Kimberly et Trini d’un seul souffle.
    Mais, malgré le fait que le Ninja Megafalconzord était bien visible de par son envergure, aucun chemin n’avait l’air d’y permettre l’accès. La situation devint imbuvable pour des Rangers qui flirtaient avec leur robot, qui se trouvait à quelques pas, mais les grandes murailles empêchaient de s’approcher davantage.
       - Oh non ! Ce tournant à gauche ne mène à rien, et il semblerait qu’il n’y ait aucune autre possibilité de rejoindre rapidement le Megazord… pesta le Ranger Bleu.
       - C’est fou, on est… juste à côté, à quelques mètres, et nous ne pouvons pas… nous ne pouvons pas y accéder… bégaya le Ranger Rouge.
       - Et le Tyrannosaure qui continue de s’approcher… trembla Trini.
       - Et de tout casser sur son passage… ajouta Zack qui se permit d’enlever son casque quelques secondes afin d’essuyer correctement sa visière et de s’aérer la tête.
       - Mais justement ! Attendons que le Tyrannosaure passe ! plaça soudainement Kimberly.
       - Je crains ne pas avoir compris… réfléchit Jason.
       - Mais si ! Continuons de courir dans le même sens, poursuivit la Ranger Rose.
       - Encore ? Mais nous sommes tous crevés ! contra Trini.
       - Il faut courir ! Le Tyrannosaure va nous suivre encore un peu et lorsqu’il passera ici, il dévalisera ces grands murs et il créera une brèche, justifia Kimberly.
       - Et nous pourrons accéder au Megazord ! devina Jason. Superbe idée ! Tommy, tu as fait le bon choix en chopant cette minette. Vite, courrons, cela ne va plus durer très longtemps !
       - Kim, tu es vraiment super ! félicita Tommy, qui remercia également Jason avec une légère tape amicale sur l’épaule.
       - J’espère seulement que le Tyrannosaure ne s’attardera pas sur le Megazord… imagina le Ranger Noir qui sentait les crampes arriver.
       - Espérons aussi que Ninjor s’en sorte aussi de son côté… pensa le Ranger Blanc.
     
       Le Tyrannosaure continua de prendre en filature les Rangers. Lorsqu’il passa au niveau du Megazord, il cassa en effet des murs, créant non pas un mais plusieurs franchissements dont Kimberly et ses coéquipiers pourraient profiter. Mais il aperçut le Ninja Megafalconzord et prit sa direction.
       - Oh non, mon plan n’a pas entièrement fonctionné ! constata Kimberly en s’arrêtant de courir, le Tyrannosaure étant arrêté cinquante mètres plus loin.
       - Il s’en prend au Ninja Megafalconzord ! cria Billy.
       - Au moins… on peut au moins souffler un peu… dit Trini.
       - Très bien, on va attendre là pour l’instant, déclara Tommy. Pas la peine de se fatiguer plus, surtout lorsqu’une telle opportunité de récupérer nous est offerte.
       - Oui, mais le Megazord ? questionna Jason. On laisse le Tyrannosaure le détruire ?
       - Avec ou sans nous, il risquait de l’attaquer, répondit Tommy.
       - Il n’était plus doté d’énergie suffisante pour se défendre, relativisa Billy. Et la carcasse de notre Megazord est solide. Elle saura résister pendant de longues minutes.
    Et le Tyrannosaure s’attaqua effectivement au pauvre Ninja Megafalconzord sans défense. Une ribambelle de coups de pieds violents débuta contre le robot à terre, devant les regards médusés des Rangers éreintés.
     
    ***
     
       Les vaisseaux étaient moins nombreux autour de la Lune : les appareils plutoniens étaient pour la plupart tombés ou pulvérisés, et les chasseurs de l’Empire des Machines avaient regagné les croiseurs et autres satellites de transport de masse. Le Zeo Megazord était figé : à son bord la Zeo Ranger d’Argent regardait la progression des nefs ennemis, car son travail à terre était terminé.
     
      Le croiseur du Roi Mondo et de sa femme le Reine Machina s’apprêtait à descendre afin d’atterrir sur le sol lunaire, jonché de cadavres en tous genres. De nombreuses unités des Forces du Mal étaient anéanties ou s’étaient repliées ; malgré tout, l’impressionnant Serpenpieuvre et quelques autres créations de Finster étaient encore vivants, et regardaient venir le vaisseau-mère de commandement de l’envahisseur. A bord de celui-ci, Mondo jubilait.
       - Et une nouvelle planète ! Et dire que les terriens ont inventé un jeu pour poser des maisons et des hôtels sur des rues ou des gares, moi, je pose toute ma flotte de vaisseaux sur ce magnifique satellite nommé Lune ! Quelle belle victoire !!!
       - Je suis extrêmement fière de toi, mon amour, félicita la Reine Machina. Notre fils doit aussi être très satisfait de ce succès !
       - Oui, papa tu es le meilleur ! vint dire le Prince Sprocket. On va fêter ça !
       - Oui ! Regardez ce sol lunaire, tous ces morts, rigola le Roi Mondo. Des espèces de limaces, de crapaud, de singe, de…
       - De serpent !!! hurla Sprocket.
       - Non mon fils, je ne vois pas de serpent sur la Lune, répondit Mondo.
       - De serpent volant ! brailla le jeune héritier de l’Empire des Machines.
       - Mais qu’est ce que tu racontes encore comme sornette, fils… s’agaça la Reine Machina.
       - Ahhhh ! Par tous mes boulons !!! cria de stupeur le Roi Mondo lorsqu’il tourna la tête vers une des grandes vitres du croiseur.
    Un immense et très long appareil avec deux yeux rouges fonçait vers son croiseur. Un immense appareil qui venait déjà de faire exploser un vaisseau de l’Empire des Machines seulement en l’effleurant.
    Un immense appareil contenant à son bord les chefs des Forces du Mal, qui avaient une incroyable soif de revanche.
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    Re: MMPR S4, épisode 4 : Double attaque

    Message par Shag le Sam 16 Avr - 20:59

    Génial !
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    KL44
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    Re: MMPR S4, épisode 4 : Double attaque

    Message par KL44 le Lun 18 Avr - 18:18

    Merci !
    Je ne pensais pas qu'il y avait encore des lecteurs... je te remercie encore !

    De fait je publie la suite.

    ----------



    CHAPITRE 15
    La vengeance du serpent de fer
     
       Serpentera s’approchait de plus en plus, et le Roi Mondo avait eu beau ordonner aux machinistes de préparer une évacuation d’urgence, les secondes lui étaient précieuses, mais aussi manquantes.
       - Vite, il faut passer en vitesse-lumière le plus vite possible !!! hurla d’une voix grave le Roi Mondo. A son allure, il nous aura percutés dans même pas vingt secondes !!!
       - Papa, il faut s’en aller !!! pleura le Prince Sprocket, qui réalisait bien que l’heure était grave, et ce malgré son jeune âge.
       - J’ai peur, là… plaça la Reine Machina, qui tremblait de la tête aux pieds.
    Mais le Roi Mondo n’avait pris en compte que l’avancée de Serpentera. Ce dernier avait pourtant une arme dévastatrice qui allait régler à distance le compte de l’Empire des Machines sans s’approcher davantage.
     
    ***
     
       Rita Repulsa et le prince Sariu clamèrent leur joie, lorsque le Seigneur Zedd mit son poing sur le gros bouton rouge en forme de champignon, bouton qui allait déclencher l’arme redoutable de Serpentera : le tir à très grande envergure.
       - Serpentera, attaque ultra-laser ! lança Zedd.
    Le puissant laser de Serpentera mit moins de temps à dégainer qu’à charger la puissance maximale qui devait parcourir la triple centaine de mètres de longueur du serpent d’acier.
       - Oui ! Enfin débarrassés de cette vermine ! se réjouit Sariu.
       - Nous n’entendrons plus parler du Roi Mondo, ha ha ha !!! ria Goldar.
    Le rayon bleuâtre alla pulvériser le croiseur de commandement et tous les vaisseaux se trouvant dans ses environs, sans faire de détails. Le grand vaisseau du Roi Mondo se disloqua et se transforma en quelques secondes en une multitude de débris volants provenant d’une couche de gaz et de feu flottante. Une telle violence n’avait pu épargner aucune vie se trouvant dans sa ligne de mire.
       - Oui, on l’a eu !!! cria de joie Rita.
       - Oui, ma pustule d’amour, Serpentera a eu raison de l’Empire des Machines. Le Palais Lunaire reste notre domicile !
       - Oui ! Nos efforts ont payé ! se réjouit Sariu. Maintenant, nous allons pouvoir reprendre nos activités contre les Power Rangers qui ont dû passer des moments plus tranquilles que les nôtres pendant tout ce rififi.
       - Je ne suis pas certain de cela, contra Rita, puisque de nombreux vaisseaux de l’Empire des Machines avaient pris la direction de cette maudite Terre.
       - Ils ont peut-être eu des soucis, mais sans doute moindres par rapport aux nôtres, relativisa le prince de Pluton.
     
       Zedd ordonna à Serpentera de se stabiliser. Son but était désormais d’économiser l’énergie du grand vaisseau qui était peu économe.
       - Nous allons regagner le sol lunaire, dit le seigneur rouge. Ce cirque est trop petit, mais celui-ci me semble plus adapté.
    Serpentera prit une direction verticale et baissa d’altitude, jusqu’à se poser non sans secousses sur le sable. Une fois atterri, Zedd coupa les nombreux moteurs et systèmes électroniques de son arme volante.
     
       - Il ne reste plus que quinze pour cent d’énergie. Serpentera est vraiment un bouffeur de carburant, regretta Goldar.
       -  Le principal pour le moment, c’est notre réussite, fit Sariu. Zedd, mon ami, me laisse-tu le feu vert pour reprendre les actions contre Angel Grove ?
       - Mais bien sûr, Sariu, tu n’as même pas besoin de me demander pour ce genre de chose.
    Le prince plutonien alla vers la sortie de Serpentera et s’éclipsa. Goldar s’approcha du Seigneur Zedd.
       - Et moi mon seigneur, puis-je aller sur Terre aussi avec une armada de patrouilleurs ?
       - Sûrement pas, face de makake dépourvu de neurones, tu restes là pour le moment. Nos armées ont été dévastées et il faut recréer des troupes.
       - Finster avait commencé, déclara Rita, il peut continuer.
       - Je n’ai pas besoin de tête d’oignon pour monter un bataillon ; mon sceptre fera l’affaire.
       - Est-il utile de te rappeler que Finster est celui qui nous a ramené à cette époque et qui…
       - Je sais, je sais, c’est pas le peine de crier dans mes oreilles, femme, râla Zedd. Allez, descendons et retournons au palais.
       - Je vais d’abord aller chercher Rito et Scorpina, décida Rita.
    Le groupe sortit de Serpentera dont de nombreux organes faisaient encore des bruits sourds, et alla en direction du Palais Lunaire, non sans remarquer les nombreux corps d’aliens inertes à terre. Et Goldar s’éclipsa rapidement pour rejoindre Sariu, malgré les restrictions du Seigneur Zedd à son égard.
     
    ***
     
       L’Olympien et Ninjor faisaient de nouveau jeu égal même si le monstre semblait faiblir au fil des minutes.
       - Qu’est ce qui t’arrive l’affreux ? questionna Ninjor. J’ai le sentiment que tu as des soucis…
       - Je ne sais pas ce qui m’arrive, je vois trouble, et… mes pouvoirs… ils disparaissent.
       - A la bonne nouvelle ! Je vais en profiter alors !
    Ninjor n’attendit pas une seconde de plus et chargea l’Olympien qui valsa à plusieurs mètres, sortant même du lac et se cognant contre un grand chêne. Le bras récemment remis en place se tordit à angle droit au niveau du coude et il quitta le corps du monstre pour la deuxième fois.
    Ninjor, qui avait encore quelques soucis physiques, se força à rejoindre l’Olympien pour tenter le coup fatal, pendant que ce dernier était mal en point. Il prit son épée ninja et accéléra le pas au maximum de ses capacités : le monstre ne s’était toujours pas relevé.
       - Ta fin est proche mon gaillard ! adressa Ninjor à l’attention de la créature blessée.
       - Je n’ai pas encore… ouille… dévoilé ma dernière offensive…
    Ninjor arriva à hauteur de l’Olympien à genoux qui lui mit un coup de tête ; le partisan du bien ne l’évita pas et poussa un petit cri de douleur avant de tomber en arrière.
       - Je t’avais dit que je n’avais pas fini… ria l’Olympien. Je donnerai tout jusqu’au bout !!!
       - Et ben… je commençais à avoir pitié de toi, mais ce coup de boule m’a remonté ! Tu ne sais pas ce que c’est de perdre la tête…
       - Pourquoi tu dis ça… oh non, pas ça…
    Ninjor fit virevolter son épée dorée qui prit la direction de la nuque du monstre. Mais le coup fut uniquement et volontairement simulé. L’Olympien souffla et trembla même après la trêve proposée par le détenteur des pouvoirs ninjettis.
       - Tu as eu peur que je te coupe la tête, n’est-ce pas ?
       - De toute façon… je vais mourir… d’une façon ou d’une autre…
       - Pourquoi tu dis ça ?
       - Je suis en train de perdre mes pouvoirs… et tes amis Rangers vont de ce fait rester coincés dans la dimension du cauchemar… à jamais…
       - Non, ce que tu dis est faux !!!
       - Tu aimerais que je mente… et pourtant… aie… ma mort fermera à jamais les verrous de cette dimension parallèle et scellera le sort de tes petits amis. Jeu, set, et match.
    L’Olympien se savait condamné : d’une part, avec un seul bras et de multiples lésions, il ne pouvait plus lutter face à Ninjor ; d’autre part, il sentait que l’Empire des Machines auquel il était mentalement connecté était en difficulté, voire démantelé. Pire encore, la simple idée d’un éventuel décès du Roi Mondo lui était insupportable et lui provoquait une perte de puissance et de solidité mentale.
       - Fin du match. Je crois que mon heure est…
    Ce fut sur ces derniers mots que l’Olympien cessa de vivre et disparut pour rallier l’enfer déjà bien rempli d’anciennes connaissances des Rangers ou de Ninjor. Il avait pourtant été un adversaire honorable pour ce dernier qui doutait quand même suite aux dernières paroles du défunt, des paroles qui disaient que la dimension enfermant les Power Rangers resterait close en cas de mort.
       - Bon, je vais retourner au Centre de Commandes, Zordon et Alpha pourront peut-être m’aider. Ils doivent être très préoccupés, eux aussi. Téléportation !
    Ninjor jeta un dernier coup d’œil autour de lui et se téléporta vers le Centre de Commandes.
     
    ***
     
       - Aie aie aie, Ninjor, félicitations pour ton combat, mais nous avons un autre problème, un très très gros problème… fit Alpha.
       - Oui Alpha, je suis au courant, les Rangers sont dans une dimension parallèle, répondit Ninjor qui avait regagné son allure plus classique. As-tu pu les localiser ?
       - Alpha a lancé une procédure d’urgence pour augmenter la puissance de nos détecteurs, informa Zordon, qui demeurait très inquiet.
       - Mais pour l’instant, je n’ai rien trouvé, regretta Alpha. Nos radars balayent de nombreuses dimensions mais pour l’instant, aucune nouvelle. J’ai vraiment peur, aie air aie.
       - Et sinon, reste-t-il des Cogs ou d’autres monstres en ville ? questionna Ninjor.
       - Il semblerait que non, répondit Zordon. C’est comme si toutes les unités de l’Empire des Machines s’étaient déconnectées en même temps.
       - C’est très bizarre, d’ailleurs, l’Olympien est mort étrangement lui aussi : son état de santé s’est rapidement dégradé.
    Alpha, qui surveillait aussi les ondes en provenance de la Lune, vit que les données avaient changé.
       - Zordon, il semblerait que Serpentera ne soit plus en activité, enfin, pour le moment.
       - Ce qui expliquerait l’hypothèse suivante : le Seigneur Zedd s’est servi de Serpentera pour éliminer la flotte du Roi Mondo, pensa Zordon à haute voix.
       - Ah, je vois, devina Ninjor. L’Olympien était un monstre crée par le Roi Mondo, et la destruction de l’Empire des Machines a provoqué une réaction en chaîne, et l’arrêt de toutes les troupes de cet Empire des Machines.
       - Oui, tout devient logique ! incrusta Alpha.
       - Vous avez tout dit, je pense que cette hypothèse est vérifiable, dit Zordon. Maintenant, concentrons nos forces sur les Rangers.
       - Zordon, si je peux faire quelque chose, n’hésite-pas… proposa Ninjor.
       - Je préfère te voir ici parmi nous, car la base n’est plus protégée : une grande partie de l’énergie est consacrée aux radars pour détecter les Rangers. Ici, nous ne sommes pas à l’abri d’une menace ou d’une incursion ennemie.
       - Oui, je comprends, répondit le samouraï bleu, d’autant plus que si Zedd a terminé sa précédente mission, il va vouloir attaquer la Terre de nouveau.
       - Exactement, conclut Zordon.
    Alpha tapotait toujours des touches, et ce à une vitesse faramineuse.
       - Toujours rien… j’espère que nous allons bientôt les retrouver, et en bonne santé… souhaitait Alpha.
     
    ***
     
       Dans la dimension du cauchemar – un terme qui aurait pu être au pluriel, le Tyrannosaure s’acharnait toujours sur le Ninja Megafalconzord que les Rangers n’avaient toujours pas rallié. Leur robot roulait, se cognait, se détériorait, et cette situation qui dégoûtait Billy, Tommy et les autres Rangers.
    Et ils n’étaient pas au bout de leurs mauvaises surprises : des patrouilleurs par dizaines débarquèrent de tous les côtés, de chaque extrémité des corridors, mais certains tombaient déjà à cause des secousses sismiques occasionnées par les pas du zord ennemi. Et comme si les patrouilleurs ne suffisaient pas, Cogs et tengas vinrent se mêler aux hostilités.
       - Mais c’est pas possible… jusqu’où ça va aller… fulmina Kimberly.
       - Et là, il y en a vraiment partout, remarqua avec effroi Trini.
       - Et ce n’est pas tout, regardez ! cria Billy. La zone se rétrécit !
    En effet, la dimension était en train de rapetisser : les murs se rapprochaient et les couloirs se resserraient, mais de façon très lente. Le ciel devenait de plus en plus sombre et la lumière s’estompait.
       - Je sens qu’on va avoir d’autres soucis… brailla Trini qui n’anticipa pas le coup de poing dans le dos d’un tenga.
       - Ca vient vraiment de partout… paniqua Zack, emmêlé entre les bras de Cogs et de patrouilleurs. Ils ne nous lâcheront jamais.
       - Je n’en ai jamais vu autant ! déplora Jason, désemparé.
       - Prions pour qu’Alpha et Zordon s’inquiètent de notre sort, ce dont je ne doute pas… plaça Kimberly, repoussant des créatures plus agitées les unes que les autres.
       - En attendant, fatigués ou pas, nous devons lutter coûte que coûte, rappela Tommy qui, aidé de Saba, laminait à tour de bras les patrouilleurs les plus proches. Battons-nous, et n’hésitez-pas à vous servir de vos armes ! Billy, essaie de communiquer avec le Ninja Megafalconzord à distance.
       - Négatif Tommy, les ondes sont brouillées par des interférences. Le Megazord ne reçoit pas mes ordres !
       - Dans ce cas, je vais me rendre plus près de lui !
       - Tommy, non !!! C’est trop dangereux !!! cria le Ranger Bleu.
    Mais le Ranger Blanc, qui lorsqu’il était décidé, avait bien du mal à revenir sur sa décision même si celle-ci était superflue, filait vers une des failles donnant accès à la zone où se faisait violenter le Megazord. Il écarta de son chemin deux patrouilleurs, un Cogs et un tenga, puis se faufila. Les Rangers criaient pour que Tommy refuse sa démarche.
       - Tommy, reviens !!! hurla Kimberly à tue-tête.
       - Il est trop loin pour nous entendre… c’est de la folie… balbutia Zack.
       - Je dois aller l’aider, il peut lui arriver de gros ennuis… fit Jason, prenant ses responsabilité de meneur en cas d’absence du Ranger Blanc.
       - Si tu y vas, on y va tous !!! fit la Ranger Rose, éliminant en même temps un patrouilleur grâce à un joli coup dans la zone cerclée avec la lettre Z.
       - Oui, on t’accompagne, valida Billy, hors de question de se séparer et de laisser Tommy courir un grand danger !
     
    Les Rangers se mirent à suivre Tommy tout en accélérant le pas malgré des ressources physiques de plus en plus limitées, et malgré une recrudescence des sbires issus de l’ancien Empire des Machines et des Forces du Mal. Mais Tommy avait déjà passé la faille dans le mur et n’était plus dans le champ de vision des cinq autres Rangers.
       - Pourquoi, dans ces moments importants, la téléportation ne fonctionne pas… râla le Ranger Noir.
       - Et pourquoi il a voulu jouer les héros, comme ça, s’indigna Kimberly en parlant de Tommy.
       - Kim, ne nous torturons pas l’esprit avec… avec des questions inutiles… soucions-nous de retrouver Tommy en un seul morceau, fit Trini qui parlait sans passer par quatre chemins, contrairement à l’épopée des Rangers qui s’était étalé dans le labyrinthe.
     
       Les Rangers arrivèrent au trou étroit dans le mur : derrière, de nombreux fracas se faisaient entendre.
       - On y va un par un, puisqu’on ne peut pas passer à plusieurs, décida le Ranger Rouge. Je passe le premier et ne tardez pas trop à me suivre.
    Les autres acquiescèrent et se dépêchèrent une fois Jason passé. Et à leur grande surprise, le Ninja Megafalconzord, loin d’être dans son meilleur état était en train de se redresser : le Tyrannosaure n’était bien évidemment pas loin et s’apprêtait à ralentir le retour de son jouet avec lequel il s’était déjà trop amusé au goût de son nouveau pilote, qui n’était autre que le Ranger Blanc, récemment embarqué à bord du cockpit.
       - Les amis, je suis à bord du Ninja Megafalconzord. Je vais repousser le Tyrannosaure.
       - Non Tommy, reviens, c’est de la folie pure et simple !!! hurla Jason dans son communicateur.
       - C’est pour notre sécurité que je fais ça, une fois le Tyrannosaure à terre, il…
       - Tommy, je ne t’entends plus ! parla Jason. Attention !!!
       Le Tyrannosaure ennemi venait de se propulser à l’aide sa queue dans le Ninja Megafalconzord qui regagna le sol en position horizontale.
       - Profitons-en pour le rejoindre à bord ! cria le Ranger Rouge.
       - Il va nous tirer dessus !!! s’égosilla la Ranger Jaune.
    De puissants lasers vinrent exploser aux pieds des Rangers qui furent éjectés, provoquant une épaisse fumée sombre qui se transforma en brouillard ; de plus, la température se réchauffait de plus en plus.
       - Relevons-nous et continuons ! fit Jason.
       - Continuer quoi, Jason ? questionna Zack. Nous ne pouvons rien faire face au Tyrannosaure ; regarde, même Tommy ne peut pas l’éloigner…
       - Non de non, ça va faire très mal, baissez-vous !!! criailla Billy.
     
       La fumée à peine dissipée, et voilà que les Rangers virent le Ninja Megafalconzord aller à la catastrophe : le Tyrannosaure l’avait attrapé par la jambe gauche et le faisait tournoyer avant, sans doute, de le propulser tel un poids lancé par un athlète. Le Tyrannosaure lâcha prise et le Megazord des Rangers fut projeté en direction de Jason et les autres défenseurs de la Terre : il passa juste au-dessus d’eux avant d’exploser la grande muraille et de s’immobiliser par la même occasion. Mais le dinosaure mécanique rouge ne s’arrêta pas là et chercha à écraser les Rangers, rejoints par des patrouilleurs, des tengas et des Cogs. Derrière le Ninja Megafalconzord fumant et endommagé, la dimension interdite perdait encore du terrain.
       - Je crains que d’ici quelques minutes, nous ayons l’impression d’être coincés entre deux murs, avoua Billy, tout juste remis des derniers mauvais exploits du Tyrannosaure.
       - Tu veux dire que la dimension continue de rétrécir ? demanda Jason.
       - Et bien… affirmatif, et le processus à l’air de s’accélérer. Cela se resserre autour de nous.
       - En gros, nous allons finir… écrasés ??? s’inquiéta Trini.
       - J’en ai bien peur, si personne n’agit c’est ce qui va se passer… admit le Ranger Bleu qui sentit la peur monter en lui.
    Kimberly était sans doute encore plus démoralisée que les autres : Tommy ne répondait plus aux appels, et le Ninja Megafalconzord ne s’était toujours pas redressé.
       - Tommy doit être en grande difficulté, il ne donne aucun signe… stressa la Ranger Rose.
       - Il faut aussi s’occuper de ces patrouilleurs et de tous ces autres zigotos… pesta le Ranger Noir. Et ils sont au moins cent… voire trois cent…
       - Que fait-on maintenant ? Allons-nous secourir Tommy quand même ? questionna Trini.
       - Si tu veux te retrouver seule face à toute cette tribu d’ennemis… même si l’on devrait aller le sauver… pensa le Ranger Noir.
       - Remarquez, en même temps… ils n’ont pas trop l’air d’avoir envie de se battre… ils ne nous attaquent pas, remarqua le Ranger Bleu.
       - Ils ont aussi peur que nous… fit la Ranger Rose.
    Car effectivement, les créatures de la dimension du cauchemar tremblaient elles aussi et paniquaient au moins autant que les Rangers ; des Rangers qui n’espéraient maintenant qu’un coup du sort, ou une réaction rapide en provenance de la dimension réelle, celle d’où Alpha, espéraient-ils, travaillait pour leur retour.
     
    ***
     
       - Aie aie aie ! Mes ordinateurs détectent quelque chose !
       - Vite Alpha, si tu tiens les Rangers mets toute la gomme pour les téléporter !
       - Je ne peux pas encore, la dimension concernée est difficilement localisable car elle est instable, et elle paraît aussi lointaine que la tienne Zordon.
       - Je t’en supplie, petit radar, retrouve-les vite ! pria Ninjor.
       - Le radar en question est au maximum de ses capacités, mais le processus de téléportation est encore trop faible, il ne veut pas fonctionner !!! s’indigna Alpha.
       - Dans ce cas, il va de nouveau falloir augmenter la puissance. Je ne vois qu’une seule solution : je vais bel et bien devoir donner de l’énergie personnelle.
       - Cela veut dire que tu vas disparaître un moment ? questionna Ninjor, très intrigué.
       - Oui Ninjor, je n’ai pas d’autre choix, ma priorité étant de sauver les six Power Rangers et, si possible, le Ninja Megafalconzord.
    Alpha, qui avait bien entendu Zordon, faisait mine de ne pas écouter et continua de tapoter sur les touches. Une petite sonnerie sortit des enceintes de l’écran moderne : une bonne nouvelle venait d’arriver.
       - Je les ai localisés ! Je vais avoir leurs coordonnées exactes dans une poignée de secondes !!!
       - Super ça, Alpha !!! félicita Ninjor, ravi.
       - Réessaye, et mets toute la puissance, et si ça ne marche pas, j’en viendrai à donner mon énergie…
    Quelque chose coupa Zordon : l’alerte rouge venait de se déclencher. Alpha et Ninjor se présentèrent devant le vista-globe mais, pour une raison encore inconnue, ce dernier ne s’était pas activé.
       - Il doit y avoir quelque chose en ville mais le vista-globe ne retransmet aucune image, s’inquiéta Ninjor.
    Le sol puis les parois du Centre de Commandes se mirent à trembler : la scène était comparable à celle vécue par Alpha lors de la venue du Seigneur Zedd au sein-même de la base, il y a de cela si longtemps et pas si longtemps finalement.
       - Aie aie aie ! Mais que se passe-t-il ???
       - Alpha !!!Verrouille immédiatement la base !!! Vite !!! cria Zordon.
    Mais c’était trop tard. Trois invités clandestins venaient d’apparaître dans le Centre de Commandes : Goldar, la Zeo Ranger d’Argent, ainsi que le grand prince de Pluton, Sariu. Alpha partit se cacher dans l’escalier menant à la chambre souterraine et Ninjor resta figé.
       - Salut Zordon, j’espère que ma venue te fait plaisir. Tu dois être heureux de nous savoir toujours en vie, quoique, je n’en suis pas si sûr, ricana Sariu.
       - En effet, Sariu, je suis doublement surpris. D’une part de te voir, et d’autre part, de voir une Zeo Ranger d’Argent avec toi. As-tu déjà recruté une nouvelle personne ?
       - Non, il s’agit de la même personne depuis le début, espèce d’idiot ! lança Goldar.
       - Qu’est-ce que tu viens faire ici ? questionna Zordon.
    Sariu contempla le Centre de Commandes et admira certaines réalisations comme le vista-globe ou les écrans de contrôle. Mais il n’était pas venu pour cela.
       - Que veux-tu, Sariu ? réitéra Zordon.
       - Tu devines que je ne suis pas uniquement venu pour te parler, ou pour observer la décoration de ton blockaus qui te sert de repaire. Je vais faire de ta base une déchetterie, je vais tout dévaliser.
       - Hors de question, contra Ninjor. Je défendrai ces lieux même contre vous trois, compris ?
    Les trois ennemis se retournèrent et virent le samouraï bleu.
       - Ha ha ha ! Avant cela, il faudra m’éliminer ! fit Goldar.
       - Je suis prête à exécuter les ordres, maître Sariu, déclara la Zeo Ranger.
       - Bien ! Alors par où vais-je commencer…
       - Non, Sariu !!! cria Zordon. Alpha !!! Alpha !!! Verrouille tout ! Alpha où es-tu ???
    Goldar et la Zeo Ranger d’Argent s’apprêtèrent à attaquer Ninjor ; pendant ce temps-là, Sariu s’approcha du vista-globe sans vraiment savoir par quel appareil commencer.
    De toute façon, tout le Centre de Commandes devait passer entre ses mains : il devait tout détruire, mais aussi déconnecter Zordon.


    CHAPITRE 16
    La réserve d’urgence
     
       - Zeo Ranger d’Argent, j’ai une autre idée pour toi, fit Sariu. Va terroriser la ville. Répands l’insécurité à Angel Grove !!! Mets les quartiers à feu et à sang, puisqu’aucun Ranger ne semble pouvoir protéger les environs. Fais de cette ville ton terrain de jeu !
    Sariu était malin, et ses talents et connaissances en informatique lui avaient permis de reconnaître le logiciel et les données qui apparaissaient sur l’écran plat.
       - Alors comme ça, les Rangers sont dans une autre dimension… c’est génial, c’est même plus facile encore que je n’aurai pu l’imaginer.
       - Maître, je me téléporte en ville, dit la Zeo Ranger d’Argent.
       - Va, ma Ranger. Sois sans pitié.
    Elle quitta le Centre de Commandes vers le centre de la ville.
       - Alpha, dépêche-toi, les Rangers doivent revenir immédiatement ! ordonna Zordon.
       - Ha ha ha ! Rien à faire, Zordon, je prends le contrôle de te base !!! ricana Sariu.
       - JAMAIS ! cria Ninjor tout en tentant de donner un coup de poing au prince de Pluton ; mais Goldar veillait et empêcha l’action.
       - Ne touche pas à Sariu, toi !
    Ninjor aurait tout fait pour faire partir les deux ennemis mais il n’imaginait pas que cette présence pouvait être bénéfique à Zordon qui espérait les voir rester quelques secondes de plus : le processus lié au réseau de réserve d’urgence en serait bien plus fiable…
       - Sariu, j’imagine que tu n’es pas venu ici seulement pour détruire ma base. Je sens que tu vas en venir au chantage, puisque c’est l’une de tes habitudes.
       - Et bien Zordon, pour être tout à fait franc, je ne pense pas repartir avec quoi que ce soit d’ici.
       - Je pensais pourtant que tu venais chercher quelque chose…
    Zordon savait qu’en tendant la perche à Sariu, il resterait encore un moment et c’est uniquement ce qui comptait.
       - Maintenant que tu m’en parles, il me semble que quelque chose ici présent nous appartient. Oui… cette chose agit déjà sur ma force. Où est le coffre de la plantation des anges ?
       - Ah, je n’imaginais pas que tu me demanderais cela, mentit Zordon. Mais je ne peux pas te le donner.
       - D’ailleurs, mon cher ennemi, puisque l’on parle d’objets rares et précieux, je sais de source sûre qu’une boîte Nazca traîne quelque part sur cette Terre, non loin d’Angel Grove et peut-être même à Angel Grove.
       - Je n’ai aucune connaissance de ces boîtes, dût encore mentir Zordon, qui s’impatientait quant à voir se mettre en marche le réseau de réserve d’urgence.
       - Il ment, j’en suis sûr et certain ! intervint Goldar. Et d’ailleurs, c’est quoi une boîte Nazca ?
       - Chut, du calme Goldar, interrompit Sariu. Bon, tant pis pour cette boîte, en revanche, je compte bien repartir avec le coffre de la plantation des anges, au moins, je ne serai pas venu pour rien.
       - Je ne peux pas te le laisser, sinon, tu deviendras tout puissant et tu prendras le contrôle de l’univers.
       - Trêve de tes blablas inutiles. Que l’on m’apporte ce coffre sinon je détruis tout !
    Zordon savait qu’il fallait encore un peu de temps à Alpha pour déclencher le processus, mais il préféra ne pas tenter le diable.
       - Tu… tu as gagné. Ninjor, je te demande d’aller chercher le coffre de la plantation des anges, au sous-sol.
       - Je veux l’accompagner pour vérifier que… fit Goldar.
       - Pour vérifier quoi, Goldar ? demanda Zordon.
       - Restons ici, ordonna le prince plutonien, Ninjor ne peut pas aller loin avec le coffre, car il sait qu’il en découle l’avenir du Centre de Commandes.
    Ninjor descendit au sous-sol sans discuter, sans vraiment savoir ce qu’il allait chercher.
       - Demande à Alpha de te montrer le chemin, il a dû partir se cacher par peur, parla Zordon a Ninjor.
       - Alpha 5, mais quel droïde froussard, ha ha ha !!! ricana Goldar.
       - Il est peut-être froussard, mais il n’est pas ravagé du bulbe comme toi, vieux singe ailé ! rétorqua Ninjor en se dirigeant vers l’escalier, ce qui énerva Goldar.
     
       Quelques mètres plus bas, Ninjor retrouva Alpha dans la chambre souterraine des pouvoirs : l’assistant de Zordon se trouvait près d’une machine équipée de deux gros leviers en bois. Un voyant orange clignotait et, sur un écran, une barre de chargement indiquait un processus complété à quatre-vingt sept pour cent.
       - Alpha ! Alpha !!! Mais qu’est ce que ça veut dire tout ça !
       - Ninjor, qu’est ce que tu fais là ?
       - Je dois aller prendre un coffre, avec des plantes.
       - Aie aie aie… la plantation des anges ???
       - Euh… oui c’est exactement ça.
       - Pour Sariu ?
       - Oui, Zordon m’a dit de lui apporter. Qu’est-ce que c’est que cette plantation des anges.
       - Ce serait trop long de t’expliquer maintenant, mais je comprends pourquoi Zordon t’a demandé cela. Je vais chercher ça. Attends-moi ici.
    Ninjor ne discuta point et s’intéressa à l’écran de contrôle précédemment observé : la barre de chargement flirtait avec les cent pour cent. Ne savant absolument pas à quel phénomène s’attendre, il avait hâte de voir à quoi ressemblait le réseau de réserve d’urgence, destiné à ramener les Power Rangers.
     
    ***
     
       L’infatigable Tyrannosaure était vraiment coriace, et Tommy s’en rendait de plus en plus compte. Seul à bord du Ninja Megafalconzord, il s’en voulait un peu d’avoir entrepris une telle mission sans ses amis. Quelles allaient être leurs réactions à son encontre, lui qui avait peut-être fait preuve d’égoïsme, même s’il se disait que s’il avait repris les commandes, c’est pour la sécurité des autres Rangers et de lui-même.
       - Non, Tommy, ne pense pas à ça, se dit-il. Pense à éliminer ce Tyrannosaure même si c’est de plus en plus dur.
    Il avait lui aussi remarqué que la dimension du cauchemar perdait du terrain et que bientôt elle se refermerait sur eux, éclipsant toute chance de survie pour ses occupants.
    Mais Tommy avait une sensation étrange, comme s’il était observé ; il pensait que cette impression était due à cette maudite dimension.
    Le Tyrannosaure revint à la charge, et donna un coup de griffe dans l’aile droite du Faucon Ninja Zord, soudé au dos du Megazord.
       - Le Megazord n’a même plus assez de force pour s’envoler, sinon, ce serait un peu moins compliqué… regretta le Ranger Blanc.
    Le Ninja Megafalconzord était aussi très endommagé : lorsqu’il avait été balancé sauvagement un laps de temps passé, il avait accumulé les dommages et plusieurs fonctions, dont certaines vitales, avaient été touchées, rendant le robot instable.
    Et cette instabilité était profitable à l’ennemi qui s’empara de nouveau de l’un des membres inférieurs du Ninja Megafalconzord qui vola dans les airs sur une quinzaine de mètres de longueur. La chute fut très lourde : Tommy fut fortement secoué et il vint percuter une partie de l’armoire électrique. Il se retrouva allongé, étendu sur le sol du cockpit, sans connaissance : il laissait par la même occasion le Ninja Megafalconzord seul, en mode manuel, contre un Tyrannosaure qui n’avait pas l’air de connaître la fatigue, au contraire.
       - Non…notre Megazord n’a plus l’air de se relever, cria Zack.
       - J’espère qu’il n’est rien arrivé à Tommy, fit Jason. Tant pis, il faut aller le rejoindre, même si la téléportation ne marche toujours pas… quand rien ne va… rien ne va… rien ne va vraiment plus.
    Pendant que le Ranger Rouge parlait, le ciel était passé à la couleur brune, donc de plus en plus sombre, et dans une atmosphère de plus en plus lourde.
       - Je ne vois plus grand-chose… fit Billy.
       - J’active les lumières de mon casque, dit Trini.
       - Nous sommes tous équipés de ce système maintenant, ajouta le Ranger Bleu. Activation des lampes !
    Les lumières provenant des yeux des dinosaures représentés sur chaque casque de Ranger permit d’éclairer quelque peu la zone.
       - On ne voit pas grand-chose… c’est vraiment du brun… constata Kimberly. Comment retrouver Tommy maintenant…
       - J’arrive à distinguer le Tyrannosaure, mais je ne sais pas si c’est la même chose pour tout le monde, fit Trini.
    Les Rangers entendirent de nombreux pas de géant sans trop savoir d’où ils venaient et où ils allaient. La peur prit le dessus.
       - On va finir écrasé… il faut faire quelque chose… s’énerva le Ranger Noir.
       - Ca devient de plus en plus difficile… pesta le Ranger Rouge. Restons groupés.
       - Donnons-nous tous la main pour ne pas se perdre, proposa Kimberly.
       - Bonne idée, approuva Billy.
    Les Rangers se regroupèrent et attendirent, sans trop savoir quoi faire : le manque de visibilité empêchait toute épopée hasardeuse, au risque de finir entre le sol et le pied de l’un des deux géants métalliques.
     
    ***
     
       Et pendant les mésaventures dans une autre dimension, la Zeo Ranger d’Argent profitait de l’absence des défenseurs de la ville pour créer des cataclysmes à Angel Grove : elle avait choisi pour première cible une bibliothèque dans laquelle elle venait de créer un incendie qui se répandait rapidement. Les lecteurs et les gérants tentèrent de s’échapper par les issues de secours que la maléfique Ranger avait pris soin de bloquer afin de rendre la fuite plus complexe, au risque de finir brûlé pour certains.
     
       La bibliothèque s’embrasa totalement : la présence de milliers de livres avait malheureusement accéléré la progression des flammes. Ensuite, la Zeo Ranger d’Argent décida de se diriger vers un marché aux puces organisé par des bénévoles, dont les fonds revenaient intégralement à des associations caritatives, et se trouvant à l’est d’Angel Grove, au beau milieu des cités-dortoirs.
       - Achetez mes bons amis, tout doit disparaître ! criait un vendeur. C’est pour une bonne cause !
      - Oui, intervint la Zeo Ranger d’Argent, tout doit disparaître, pour la cause des Forces du Mal, et à cause de moi !!!
    Elle prit son boomerang et assassina le vendeur sans aucun état d’âme, devant les paires d’yeux de dizaines d’innocents tétanisés.
       - Voilà, ça c’est fait, ce n’est plus à faire ! A qui le tour ?
       - AU SECOURS ! Sauve qui peut ! cria un jeune garçon de douze ans qui venait d’acheter une superbe réplique de Winnie l’Ourson en peluche.
       - C’est ça, dégage, microbe, avant que je ne te tue et que je tue tout le monde ici !!!
       - Au secours, les Power Rangers ! scanda une quinquagénaire.
       - Les Power Rangers sont morts ! Je suis la dernière Ranger, mais je ne suis pas là pour défendre vos intérêts !
    Elle prit son pistolet laser et tira deux coups dans la quinquagénaire, en pleine tête : elle tomba à terre, ôtée de la vie. Elle ne s’arrêta pas là et blessa un passant qui s’écroula à terre, le bras ensanglanté.
       - Aucune limite à ma haine !!! lâcha la Zeo Ranger d’Argent.
    Les mouvements de foule se multipliaient : ça courrait dans toutes les directions.
       - Pas la peine de vous échapper, vous allez mourir un moment ou un autre. Si j’avais mon Zeo Megazord, je vous aurai déjà tous écrasés comme des insectes !!!
     
       Le marché aux puces ressemblait davantage à un champ de bataille : quelques corps inertes gisaient sur le bitume pour le plus grand plaisir de l’envoyée de Sariu, qui ne comptait pas s’arrêter là : elle allait faire d’une tour d’appartements de vingt-six étages son terrain de jeu.
     
    ***
     
       Au Centre de Commandes, Sariu commençait à s’impatienter.
       - Bon, il vient, ce foutu coffre ? Si dans dix secondes il n’est pas entre mes mains, je casse tout !!!
       - C’est bon, le voilà, ton coffre, fit Ninjor en remontant.
       - Ninjor, donne-le à Sariu, et laisse-le savourer son succès, dit sèchement Zordon, qui voulait paraître le plus crédible possible.
    Le samouraï bleu apporta comme souhaité le coffre et le déposa dans les bas tendus du prince plutonien, tout sourire.
       - Enfin… j’attends ce moment depuis quelques temps, déjà… se réjouit Sariu.
       - Maître Sariu, votre joie est aussi la mienne, en rajouta Goldar comme à son habitude.
    Ninjor se retira du milieu de la base et alla se poster près du tube de Zordon.
       - Mais Alpha n’est toujours pas remonté ? cria étrangement Ninjor.
       - Pourquoi veux-tu qu’il revienne, ce n’est qu’un robot de pacotille et il a trop peur… ricana Goldar, avant qu’un phénomène inattendu de la part des envahisseurs débarqua.
     
       Un halo de lumière bleue entoura la base à l’intérieur, et plus particulièrement Goldar et Sariu : cela leur provoqua immédiatement une sensation de faiblesse.
       - Mais, qu’est… ce qui…se passe… balbutia Goldar, qui lâcha son glaive par manque de force dans les bars.
       - C’est… je me sens diminué… stressa Sariu.
       - C’est normal, le petit robot n’est pas si idiot, au contraire, déclara Zordon, puisqu’il a déclenché un système permettant de récupérer les Rangers dans une autre dimension.
       - Je ne… je ne vois pas le rapport… avec nous… fit Sariu, contraint de faire tomber le coffre de la plantation des anges qu’il n’avait même pas eu le temps d’ouvrir afin d’en vérifier son contenu.
     
       Alpha regagna la partie haute du Centre de Commandes : il était pressé d’expliquer la démarche à Goldar, afin de lui montrer à quel point il se trompait au sujet des droïdes.
       - J’ai mis en route une réserve de réseau d’urgence.
       - Oh non, pas ça… déplora Sariu.
       - Comme tu le sais peut-être, une réserve de réseau d’urgence est dédiée à une tâche bien précise, poursuivit Alpha. Pour nous, elle permet de pénétrer dans d’autres dimensions afin d’en récupérer ses occupants.
       - Mais le réseau n’est utilisé qu’en cas d’extrême nécessité, lorsque nous n’avons pas assez de puissance interne à la base, continua Zordon.
       - L’énergie provient donc d’individus ou d’éléments extérieurs, fit Alpha ; en l’occurrence, dans le cas actuel, l’énergie provient… de vous !
       - Il nous a piégé… je ne peux rien… je ne peux rien faire contre ça… regretta amèrement Sariu, remonté comme jamais.
       - Nous aurons bientôt assez de puissance pour ramener les Power Rangers dans la bonne dimension. Le cumul des forces de Goldar et Sariu semblait suffisant, mais avec la puissance de la plantation des anges convertie pour être acceptée par la réserve d’urgence, ça va être un jeu d’enfant !
       - Alpha… Zordon… vous me le paierez très cher… très très… cher.
       - Alpha, lance la téléportation, nous devrions avoir acquis assez d’énergie, ordonna Zordon.
       - Très bien, j’y vais, j’ai hâte de les voir revenir.
       - Téléporte-les dans les montagnes à proximité du Centre de Commandes, car nous devons aussi transférer le Ninja Megafalconzord.
       - De toute façon, vos Rangers seront trop fatigués pour aller protéger la ville que ma Ranger terrorise ! lança Sariu.
    Ninjor réagit et se dit qu’il serait bien plus utile en ville. Zordon pensa la même chose.
       - Ninjor, tu sais ce qu’il te reste à faire ?
       - Oui Zordon, je vais à Angel Grove, mais je ne sais pas où elle se trouve.
       - Et les ordinateurs sont bloqués puisque toute l’énergie est prise pour rapatrier les Rangers.
       - Je la trouverai, assura Ninjor qui ne perdit pas de temps et qui se téléporta hors du Centre de Commandes.
       - Suis les traces de sang, et tu la retrouveras ha ha ! ironisa le plutonien.
    Alpha lança la procédure définitive du réseau d’urgence. Il le savait, et ce n’était plus qu’une question de minutes : les Power Rangers seraient de retour.
     
    ***
     
       Un énième phénomène étrange apparut dans la dimension du cauchemar : le brun fut remplacé par des couleurs multiples et changeantes de seconde en seconde. Les Rangers eurent une sensation de planer alors que la zone n’avait jamais été aussi petite : le champ d’action se rétrécissait sans cesse.
       - Qu’est ce qu’il m’arrive !!! cria Zack.
       - J’ai l’impression de m’envoler, c’est très inconfortable… stressa Jason.
       - Restons groupés ! anticipa Trini, qui craignait d’être séparée de ses amis.
    Des nuages de la couleur de chacune des tenues des Rangers les entourèrent et ils se sentirent téléportés. La sensation fut remplacée par l’action : les Rangers Noir, Rose, Rouge, Bleu et Jaune quittèrent ce maudit terrain de jeu.
     
       A contrario, le Ninja Megafalconzord était toujours dans la dimension du cauchemar. Tommy était toujours inconscient et le Tyrannosaure s’acharnait sans relâche à coups de pieds, de queue et de poing.
    Mais à son tour, le Megazord des Power Rangers fut recouvert d’une fumée multicolore et il décolla du sol, au plus grand étonnement de son ennemi d’acier. Mais il ne disparut pas et retomba au sol, projetant une nouvelle fois le Ranger Blanc contre les parois du cockpit.
     
    ***
     
      Alpha s’inquiétait : les cinq premiers Rangers étaient sur le chemin du retour, mais ils n’étaient toujours pas revenus. Et le Ninja Megafalconzord restait coincé dans la dimension parallèle.
       - Zordon, il faut absolument augmenter la puissance, car le Ninja Megafalconzord reste coincé. Aie aie aie aie aie…
       - Augmente la puissance, il reste encore beaucoup de ressources, et Sariu peut nous les fournir ainsi que la plantation des anges qui sera quelque peu vidée de son aura. Mais le plus important reste les Rangers.
       - Non… vous n’avez pas le droit… souffla Sariu, qui ne pouvait plus bouger et qui s’écroula à terre, juste après Goldar.
     
       Alpha tourna un bouton au maximum et la lumière bleue renfermant les deux ennemis devint de plus en plus éclatante. Sariu poussa un cri de douleur plus prononcé.
       - Dès que… je serai libéré… je rase votre… votre foutue base… vous souffrirez, croyez-moi… je vous tuerai tous…
       - Alpha, ça donne quoi ? demanda Zordon tout en ignorant les menaces du chef plutonien.
       - Je crois que ça va marcher ; ça va prendre du temps mais ça va fonctionner.
    L’ordinateur avec l’écran plat afficha un message signalant l’entrée dans le cursus dimensionnel d’éléments humains ou non en provenance d’une autre dimension.
       - Ils arrivent, sur mon écran !!! s’exclama Alpha. Ils arrivent ! Les Rangers sont de retour !
     
    ***
     
       Les cinq Rangers étaient allongés à terre, dans une petite clairière plate au beau milieu des falaises rocheuses où, quelques jours plus tôt, ils avaient livré un féroce combat contre la Zeo Ranger d’Argent, les Forces du Mal et le puissant Dragonzord. Après l’étonnement, le joie et le soulagement était détectable.
       - Nous sommes revenus ! Oui !!! s’exclama Jason.
       - Billy, pince-moi quand même pour être sûr que je ne rêve pas… aie ! Pas trop fort quand même, Billy, plaisanta Zack, tout heureux comme ses compagnons d’arme.
       - Il y a quand même un problème, s’inquiéta Kimberly. Tommy n’est pas revenu.
       - Je préviens Alpha, fit le Ranger Rouge.
    Il activa son communicateur et vérifia la fréquence. Pendant le même temps Billy alla réveiller Trini qui avait perdu connaissance pendant le voyage.
       - Alpha, ici Jason, nous sommes revenus, mais Tommy manque à l’appel. Où est-il ?
       - Quoi ??? Il n’est pas avec vous ???
       - Non, il était à bord du Ninja Megafalconzord avant notre départ de cette satanée dimension.
       - Nous avons lancé un processus pour vous récupérer, mais il faut que je travaille pour récupérer Tommy.
       - Un grand merci Alpha. Ramène-nous Tommy, je t’en prie.
       - S’il vous plaît Rangers, foncez en ville ! intervint Zordon. Ninjor est déjà sur place et il faut l’aider.
       - Ca ne cessera donc jamais… pesta le Ranger Rouge.
       - Alpha vous indique les coordonnées. Que la force vous protège, Power Rangers.
    Jason coupa son communicateur et alla apprendre la nouvelle aux autres qui se mirent à râler entre quelques baillements.
       - Et… et Tommy ? demanda la Ranger Rose.
       - Ils vont le faire revenir, mais patience Kim… répondit le Ranger Rouge. Bon, allons-y. Je suis désolé.
       - Je n’ai pas la tête à ça, fit Kimberly.
       - Moi non plus, ajouta Zack. Mais tant pis, nous n’avons pas le choix.
    Non sans fatigue, et avec une grande envie de se ressourcer, les Rangers se téléportèrent à l’est de la ville afin d’aider Ninjor.
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    Re: MMPR S4, épisode 4 : Double attaque

    Message par KL44 le Mer 8 Juin - 17:53

    La suite !



    CHAPITRE 17
    Eviter le massacre de grande envergure
     
       Ninjor avait tout de suite repéré la zone où agissait la Zeo Ranger d’Argent : les radios locales et les chaînes de télévision retransmises par des boutiques d’électroménager encore actives ne parlaient que des récents événements.
     
       Après avoir transité par le marché aux puces où les scènes vécues par des passants et des vendeurs souffrants l’avaient écœuré, il avait pris le chemin du quartier d’habitation composé majoritairement de grandes tours d’appartement. Et il ne mit pas longtemps à trouver la bonne tour : l’une d’entre elles avaient quelques fenêtres ouvertes d’où jaillissaient des flammes, surtout dans les étages les plus bas.
       - Je ne peux pas le croire… elle est en train de tout saccager… cette fois, ils sont allés trop loin…
    Ninjor se précipita vers l’entrée du 4, Marklin Tower au pas de course. Mais un soulagement inattendu apparut sur le palier de la grande porte fermée mais dont les carreaux étaient étrangement cassés, et l’interphone d’accès endommagé à coups de laser : les cinq Rangers étaient là.
       - Alors ça par exemple ! Vous tombez bien !
       - Content de te revoir aussi, Ninjor, fit Billy.
       - Essoufflés… mais contents, ajouta Zack, qui avait l’impression de nager dans sa transpiration.
       - Allez, ne perdons pas de temps et entrons dans cet immeuble afin de le vider de son monstre, dit Jason.
       - Ce n’est pas un monstre, c’est… commença Ninjor
    Mais les Rangers n’écoutaient pas vraiment et montaient les marches deux par deux, voire trois par trois. L’horreur leur apparut dès le premier étage : deux corps sans vie dans les escaliers, puis un bout de jambe devant la porte de l’ascenseur.
       - Mais c’est un véritable massacre… nous n’avions jamais vu de telle boucherie auparavant, suffoqua Zack qui avait bien du mal à trouver les bons mots pour exprimer son dégoût et son désarroi.
     
       Des cris se firent entendre à l’étage supérieur. Les Rangers et Ninjor accélérèrent le pas et entrèrent dans l’appartement numéro 204 d’où provenaient les cris. Ils traversèrent le salon de l’appartement et passèrent devant une chambre en feu.
       - Continuez chacun de votre côté dans les pièces de cet appartement, je vais m’assurer qu’il n’y a personne dans cette chambre, fit le Ranger Rouge.
    Après quelques secondes de recherche, Trini alerta les autres Rangers.
       - Dans la cuisine !!! Oh non, je ne peux pas le croire…
    Les autres Rangers et Ninjor arrivèrent et virent la Zeo Ranger d’Argent qui tentait de faire passer une jeune femme par la fenêtre.
       - C’est impossible… tu ne peux pas être réelle… balbutia la Ranger Rose, abasourdie.
       - Tiens, quelle surprise… cinq Rangers et Ninjor… contre moi et mes pouvoirs infaillibles !
       - Au secours, aidez-moi !!! hurla la jeune femme.
       - Mais bon sang, tu vas arrêter de beugler, pissouse ! Tiens, va faire un tour plus bas !!!
       - Noooon !!!
    La Zeo Ranger d’Argent défenestra la jeune femme qui cria et qui chuta sur une dalle de béton quelques mètres plus bas. Le fracas fut aussi assourdissant que terrible.
       - Bouge pas de là !!! cria Trini.
     
    La Ranger Jaune se précipita vers la Ranger maléfique, le pied en avant. L’ennemie passa à son tour par la fenêtre.
       - Ca lui apprendra ! fit Kimberly.
       - Vite, filons d’ici, dit Jason. Kim, Trini, Zack et moi on va en bas secourir la pauvre dame et écarter cette peste que je pensais ne plus croiser ; Ninjor et Billy, poursuivez les opérations de secours dans cet immeuble.
    Les deux groupent se formèrent et allèrent à leur tâche attitrée. Celui du Ranger Rouge descendait par les escaliers mais la Zeo Ranger d’Argent était déjà en train de remonter.
       - Vous ne passerez pas, je vous barre la route !
       - Zack, Kim, téléportez-vous en bas, Trini et moi on s’occupe d’elle.
       - Pfff, encore un combat qui va vite se conclure… se réjouit l’ennemie, sûre d’elle.
       - Saleté, tu n’aurais pas dû faire tant de mal autour de toi, tu devrais avoir honte, l’enguirlanda la Ranger Jaune, emprise d’une once de haine incontrôlée.
       - Le crime paie, c’est ça aussi la vie…
       - Je ne peux pas t’écouter une seconde de plus… parla Trini, qui fonça sur elle les deux poings en avant.
    S’en suivirent quelques échauffourées dans la cage d’escalier : Jason était venu aider Trini et les coups pleuvaient dans tous les sens. La Zeo Ranger d’Argent, contrainte de battre en retraite, remarqua et prit un extincteur qu’elle activa, provoquant un lancer de mousse blanche sur les Rangers.
       - Idiote, ce n’est pas nous qu’il faut asperger mais les appartements que tu as déjà incendiés !
       - Que je suis bête. Vous avez l’air de mieux savoir que moi : tenez, l’extincteur !
    La Zeo Ranger d’Argent balança le cylindre rouge vers les deux Rangers qui durent se jeter pour l’éviter.
       - Maintenant, laissez-moi passer, je n’ai pas fini mon boulot !
    La Zeo Ranger d’Argent passa au milieu de Jason et Trini qui se relevaient : le Ranger Rouge tenta de lui attraper la cheville mais elle avait été trop furtive. Dans son élan pour gagner les étages supérieurs elle fit tomber un vieillard qui s’échappait avec une valise et un yorkshire qui parvint à s’échapper, mais il décida de courser celle qui montait et de lui mordre le mollet.
       - Aie ! Non d’un chien, sale bête ! Attends que je sorte mon boomerang, et que je mette ta tête en décoration au-dessus d’une porte.
    Mais le chien avait déjà fait demi-tour vers la sortie. La Zeo Ranger d’Argent voulut poursuivre son ascension mais elle entendit un bruit derrière elle : quelqu’un venait de sauter à côté d’elle, et c’était le Ranger Rouge.
       - Tu crois m’avoir ? ricana-t-elle.
       - Moi non, mais d’autres oui…
       - Strike !!! cria Ninjor, les deux pieds en avant, tenant son épée d’une main ferme, venant percuter de plein fouet la Ranger du mal qui se retrouva expédiée dans un mur qui, de par la violence du choc, perdit quelques morceaux minimes de plâtres.
       - Bien joué Ninjor ! félicita Jason, alors que Billy revenait à son tour.
       - Nous n’avons trouvé personne dans les appartements des troisièmes et quatrièmes étages, signala Ninjor.
       - Bon, il faut maintenant s’occuper de l’incendie avant qu’il prenne de l’ampleur, fit Jason.
    Les quatre défenseurs des lieux allaient redescendre mais la Zeo Ranger d’Argent s’était relevée.
    Mais elle n’attaquait pas.
    Par contre, elle avait ouvert une armoire regroupant la tuyauterie et les conduits de gaz qu’elle s’empressa d’ouvrir. Puis elle sortit une boîte d’allumettes qu’elle avait auparavant volées dans la cuisine d’un des appartements, après avoir endommagé un groupe de tuyaux.
       - Bon courage pour cet incendie, dit-elle.
     
    Elle craqua une allumette et s’apprêta à la jeter dans l’armoire, mais Billy avait saisi son épée-blaster et il tira un laser dans la main droite de la Zeo Ranger d’Argent. Elle lâcha le petit bâton de bois avant d’être repoussée par Trini. Ninjor vint mettre son pied sur l’allumette afin de limiter les risques de nouveau départ de flamme et surtout, d’explosion à cause du gaz. Enfin, Jason ferma l’armoire à gaz.
       - Ensemble, nous venons d’éviter le pire, plaça le Ranger Bleu.
       - Oui, mais il nous reste les incendies plus bas… répondit la Ranger Jaune.
       - Vous m’avez détruit la main… mais vous aller périr brûlés !!! cria la Zeo Ranger d’Argent., qui se téléporta.
    Ninjor montra aux Rangers que les flammes montaient aussi les escaliers et s’approchaient dangereusement.
       - Jason, il faut récupérer des extincteurs ! cria Trini.
       - Zordon, Alpha, débrouillez-vous mais envoyez les pompiers dans le quartier Marklin, il y a le feu !!! alerta Billy.
       - Billy, les pompiers sont déjà en bas de l’immeuble, Zack et Kimberly les ont vus arriver. Laissez-faire leur travail s’il n’y a pas de blessés à côté de vous.
       - Zordon, tu es sûr que ça va suffire ? questionna le Ranger Bleu.
       - Oui Rangers, d’autant plus que la Zeo Ranger a quitté la Terre. Vous avez mérité un peu de repos après toutes vos mésaventures. Retournez à la vie normale, je vous assure qu’Angel Grove est vidée des aliens. Partout où il y a des blessés, les secours y sont aussi.
       - Bon, et bien, merci à toi Zordon. Vous avez retrouvé Tommy ?
       - Pas encore, cette mission est complexe, il nous faut encore un peu de temps. Nous vous prévenons dès que nous avons des bonnes nouvelles. Il a fallu les convaincre que vous étiez en sécurité vous aussi, mais Zack et Kimberly se sont déjà téléportés vers le campus.
    -          D’accord Zordon, je préviens les autres.
    Le Ranger Bleu alla informer les autres Rangers et ils se téléportèrent ensuite sans discuter vers les universités à leur tour.
     
    ***
     
       La dimension du cauchemar était maintenant pratiquement désertée de ses récents occupants. Le Tyrannosaure s’était volatilisé, et le ciel était de couleur grise : les éclairs étaient nombreux, il pleuvait averse et le sol se recouvrait d’eau. Il ne restait plus que le Ninja Megafalconzord et son occupant, qui était dans une phase de somnolence étrange.
       - Tommy…
    Le Ranger Blanc avait l’impression d’entendre une ou plusieurs voix : ses pensées se bousculaient, tout comme ses souvenirs.
       - Tommy…
    Il ouvrit légèrement les yeux tout en reprenant ses esprits. Il les referma mais il entendit son nom une troisième fois.
       - Tommy, il faut que tu m’aides…
    De nouveau ses yeux clignèrent, mais il les garda ouvert. Il réalisa qu’il était allongé mais il mit quelques secondes à se rappeler qu’il était dans le cockpit du Ninja Megafalconzord. Il ressentait une vive douleur dans le bas du dos mais aussi au pied gauche.
       - Saba… Saba, où es-tu ? appela Tommy à petite voix.
    Mais l’épée ne réagit point. Etait-ce elle qui l’avait appelé trois fois ? Il n’en était pas certain : il n’avait pas reconnu la voix qui lui avait semblé humaine et féminine. Mais il était tout seul à bord du Megazord. Il eut ensuite une sensation d’apesanteur, comme si le Megazord flottait dans les airs. Mais lorsqu’il reprit entièrement ou presque ses esprits, il remarqua que lui aussi commençait à flotter à bord du cockpit. Enfin, la dernière sensation qu’il détecta était la vitesse à laquelle le Megazord avait l’air de s’envoler : où qu’il aille, Tommy espérait que ce voyage n’était pas son dernier.
     
       Il repensa à cette folle journée qui avait débuté par le tournage de l’émission française dans le parc, puis ensuite, son départ pour l’Ocean Gold avec Billy et Kimberly.
    Kimberly. Il pensait à elle plus qu’à une autre personne. Il espérait pouvoir la serrer dans ses bras le plus vite possible. S’en était-elle sortie ? Les autres aussi ? Ces questions le hantaient.
     
       Puis il se souvint de cette fabuleuse rencontre avec la jeune Lily à bord du paquebot, alors que le monstre nommé Ter-Mitator terrorisait les voyageurs et l’équipage. Ses souvenirs le ramenèrent à son futur, dans lequel il combattait les forces maléfiques aux côtés de quelques autres Rangers, dont Lily et Adam.
     
       Adam. Le combat contre le faux Adam avait été physiquement éprouvant même s’il ne s’agissait que d’un imposteur crée par la dimension du cauchemar.
       - Tommy, reviens…
    La voix inconnue avait de nouveau fait irruption.
       - Tommy, j’ai besoin de toi…
    Cette voix, se dit Tommy, n’était pas non plus celle de Kimberly, ni même de Trini. Pourtant, elle lui semblait désormais familière…
     
       La vitesse de pointe, si l’on pouvait dire cela de cette manière, du Ninja Megafalconzord, grimpait vertigineusement et le Ranger Blanc s’en était rendu compte. Il fut de plus en plus secoué et il ressentait plus que jamais le manque d’oxygène, qui lui provoqua un nouvel évanouissement et une perte de connaissance.
     
    ***
     
       Alpha avait enfin de très réjouissantes nouvelles à révéler à Zordon, qui n’allaient pas être prises de la même façon par les actuels prisonniers.
       - Oui ! Zordon, je localise enfin Tommy et le Ninja Megafalconzord à Angel Grove, dans les montagnes. Sa chute risque d’être lourde…
       - C’est dommage que j’en vienne à dire cela, mais je préfère avoir un Ranger blessé plutôt qu’un Ranger disparu à tout jamais, relativisa Zordon.
       - Maintenant que le processus a fonctionné, qu’est ce que l’on fait de Sariu et Goldar ? Malgré le fait qu’ils soient inconscients, je n’imagine pas les relâcher sans rien faire.
       - Nous allons les laisser jusqu’à ce qu’ils se réveillent. Leur manque de force les obligera à retourner sur la Lune afin de se ressourcer. Comme quoi, quand le réseau de réserve d’urgence fonctionne, il peut nous être très utile, surtout lorsque nos ennemis font office de générateur.
       - C’est grâce à eux deux que nous avons récupéré les Power Rangers, quel paradoxe… ironisa Alpha. Par contre, je crains qu’ils ne s’emparent du coffre de la plantation des anges avant leur téléportation.
       - Bien vu, Alpha. Va réduire le champ d’action du réseau d’urgence et concentre-le sur Sariu et sur Goldar. Le coffre doit sortir de ce cercle d’énergie.
     
       Alpha alla effectuer la manipulation sur le clavier relié à l’écran plat dédié à la gestion de ce procédé : la manœuvre avait réussi, et il était peut-être temps : Sariu remuait et reprenait connaissance. Il ne parvint à se relever mais il trouva les ressources nécessaires pour parler.
     
       - Vous… vous… avez gagné… cette manche… mais… assurez-vous de ma vengeance… bientôt…
    Alpha avait déjà quitté l’espace central de la base en traînant le coffre et en allant le disposer dans sa cachette.
       - Le coffre… je le récupérerai… un jour… je le reprendrai… je vous le jure… je te le promets, Goldar…
       - Pas la peine de troquer le peu de force qu’il te reste contre ces quelques menaces inutiles, Sariu, répondit Zordon. Je pensais que tu savais quel effet ce genre de système provoquait puisque certains de tes gardes y ont déjà eu à faire.
       - Zordon… je me vengerai… tu es et tu restes mon pire ennemi… depuis toujours…
       - Tu as choisi le camp du mal, et le mal ne peut vaincre le bien, tu devrais le savoir depuis le temps. Si seulement tu avais choisi le bon camp dès le début.
       - C’est vous… les traitres…
       - Pluton était une planète pacifique et ralliée au bien… mais tu t’en fiches très certainement…
       - Tu ne connais pas… la puissance du mal… de la force.
       - Tout simplement parce que je ne cautionne pas vos actions néfastes à l’univers. Combien de systèmes, combien de planètes vous avez dévastés…
       - Tu… tu ne peux pas comprendre…
       - Je ne peux pas comprendre, non, je ne peux pas comprendre pourquoi de tels agissements, pourquoi tous ces crimes, ces menaces, et cette violence. De toute évidence, vous serez un jour punis.
       - Jamais… toi, tu seras puni… pour ton insolence… Zordon…
    Sariu vit que Goldar revenait à lui à son tour, mais il semblait souffrant.
       - Baissez… arrêtez ce système… implora Sariu.
       - Téléportez-vous en dehors du Centre de Commandes, en dehors de la Terre, et n’y revenez jamais ! ordonna Zordon. C’est la seule possibilité.
    Sariu, diminué comme il ne l’avait jamais été depuis bien longtemps, n’avait qu’une seule idée en tête : dégarpir et retourner sur la Lune. Et Goldar pensait la même chose.
       - Que fait-on… maître Sariu ? demanda Goldar, très marqué par ses récentes péripéties.
       - On… on rentre…
       - Ca vous fait mal de vous résigner ainsi, pour de vaillants combattants comme vous, non ? rigola Alpha qui profitait bien de la situation à son avantage pour se moquer.
    Sariu et Goldar se relevèrent doucement.
       - Tu peux parler, petit robot débile… je reviendrai… prévint Sariu. Et ce jour-là, soit je te débrancherai, soit… soit je t’insérerai un virus.
    Sariu laissa un léger silence et tourna son regard vers le tube.
       - Quand à toi, Zordon, ton sort sera similaire… je te déconnecterai… et tu moisiras dans ta dimension lointaine…
       - Sariu, vas t-en avant que je ne change d’avis et que je…
       - Je dis ce que je veux… espèce de masse blanche flottante… s’énerva Sariu.
       - Il a raison, on ne parle pas à mon maître de telle sorte… ajouta Goldar.
       - Alpha, augmente la puissance du réseau de réserve…
       - Non, non !!! C’est bon, nous partons, Goldar et moi. Mais comme je l’ai dit… nous reviendrons… et bientôt, très bientôt.
    Les deux ennemis affaiblis quittèrent le Centre de Commandes pour le plus grand soulagement de Zordon et Alpha, heureux de constater que la base était restée intacte.
       - Je croyais qu’ils allaient devenir résidents permanents ! souffla Alpha.
       - En tout cas, leur présence nous a été, il faut le reconnaître, très bénéfique. Pour une fois.
    Alpha retourna vers le clavier lié à l’écran plat et mit un terme au réseau de réserve d’urgence.
       - Au moins, ça a fonctionné cette fois-ci, contrairement à notre première tentative, il y a de ça plus d’une vingtaine d’années pour les essais…
       - Oui, mais je n’avais aucun doute quant à son parfait fonctionnement. Maintenant, consacre-toi à Tommy.
     
    ***
     
       Le Seigneur Zedd était fou de rage : Sariu venait de lui raconter ses mésaventures terriennes et le chef du mal sur la Lune voulait agir le plus vite possible. Son courroux était si immense que les murs de la salle du trône tremblaient, tout comme Baboo et Squatt qui étaient partis se cacher dans le laboratoire de Finster.
       - Maintenant, ça va chier !!! Zordon se croit plus malin que nous ! Zordon a osé vous humilier de la sorte !!!
       - Les Rangers sont diminués, il faut en profiter, fit Rita.
       - D’autant plus que… j’ai cru comprendre que leur Ninja… Megafalconzord était lui aussi diminué… ajouta Sariu.
       - Alors, c’est le moment de leur envoyer un monstre et de le faire grandir ! déclara Zedd qui activa sa vue télescopique. Alors, quelle allure aura ma créature… une voiture, non… une chaussure, non plus… tiens, ce petit chien qui traîne dans la cage d’escalier de l’immeuble ravagé par notre Zeo Ranger, il me semble très bien !
       - Ils le méritent, ils l’ont blessé… à la main, dit le prince de Pluton.
       - Edd, pourquoi ne pas leur envoyer le Serpenpieuvre ? demanda Rito.
       - Pauvre crétin, tu ne comprendras donc jamais que je m’appelle Zedd !!! ZEDD !!! Et si je n’envoie pas le Serpenpieuvre maintenant, c’est parce que d’une part il n’est pas à cent pour cent après ses récentes prestations. ZEDD !!! Et d’autre part il interviendra plus tard. ZEDD !!!
    Le seigneur rouge prit son sceptre magique et le pointa en direction de la planète bleue.
       - Je vais même faire un mix : je vais mélanger ce chien avec l’extincteur à terre qu’il est en train de renifler. Et puis on enverra un bataillon de patrouilleurs pour les attaques au sol.
    Le sceptre dégaina moults éclairs blancs qui allèrent vers la Terre, et plus particulièrement vers l’immeuble récemment incendié.
     
    ***
     
       Au pied du 4, Marklin Tower, la dernière équipe de pompiers rangeait le matériel de lutte contre le feu. Un groupe de cameramen de la chaîne locale West-Canal avait filmé l’extinction de l’incendie qui avait pris du temps. Les derniers véhicules ambulanciers partaient eux aussi, et ils avaient malheureusement pris en charge plus de morts que de blessés.
    Une autre équipe de télévision était sur place : il s’agissait de celle emmenée par la présentatrice française Dorothée, cette dernière discutant avec la présentatrice-vedette de West-Canal, Karen Walles.
       - C’est vraiment horrible de voir cela… confia Dorothée.
       - Vous savez, et c’est regrettable, mais nous avons l’habitude de ce genre de drame, répondit Karen Walles. Je préfère largement filmer les scènes ou les Power Rangers nous sauvent face aux extra-terrestres qui veulent envahir Angel Grove.
       - Oui, je vois, nous préférons filmer des scènes plus heureuses pour tous. Heureusement que ces Power Rangers sont parmi vous.
     
       Un vacarme en provenance du ciel qui se couvrait se fit entendre, comme si le tonnerre avait décidé de troubler cette journée météorologiquement mitigée. Puis un éclair passa à travers une vitre d’un des appartements.
     
       - C’était quoi ça ? demanda Dorothée, apeurée tout comme le reste de son équipe.
       - Je ne sais pas trop, mais je crois que c’est mauvais signe, avoua Karen Walles… on ferait mieux de se barrer…
    Un pompier qui était le dernier à sortir de l’immeuble fut projeté contre l’un des camions : un monstre à tête de chien et au corps ressemblant à un extincteur sortit du hall d’entrée.
       - Où sont les Rangers, avec leurs gestes pleins d’horreur, dites-moi où sont les Rangers, Rangers… chantonnait l’hideuse créature.
       - Il faut fuir !!! cria Karen Walles, qui courrait dans tous les sens.
       - Oui mais comment ??? Nous sommes venus à pieds… stressa Dorothée.
       - Venez avec nous, dans la camionnette de West-Canal, invita Karen Walles, il y aura de la place pour tout le monde… il faudra juste se serrer.
    L’équipe de télévision française monta dans le fourgon et son conducteur passa très rapidement la seconde afin de fuir le monstre ; mais ce dernier quitta le paysage de la cité à son tour.
     
    ***
     
       Finster venait apporter les coordonnées du Ninja Megafalconzord qu’il avait réussi à localiser. Le Seigneur Zedd venait de transférer son monstre sur les lieux afin de mettre un terme au robot des Power Rangers.
       - Mon Hotdog Monster doit grandir. Rita, viens m’aider à le faire pousser !
       - Oui, je viens.
    Les deux empereurs du mal croisèrent leurs sceptres.
       - Mega monstre !!! Hotdog Monster, deviens immense ! firent Zedd et Rita en chœur.
    Le croisement des sceptres créa de nouveaux éclairs qui une nouvelle fois prirent la direction de la Terre.
     
    ***
     
       Les cinq Rangers qui avaient eu l’accord de Zordon pour une fin de journée plus reposante et moins mouvementée étaient à la Maison des Jeunes qui n’avait pas subi de désagréments après les attaques. Autour d’une table, ils s’étaient permis un verre de jus d’orange avant de retourner chacun chez soi.
       - Je dois sentir mauvais… se plaint Trini. Vivement la toilette !
       - On a bien mérité des vacances… fit Zack.
       - Mais bon sang, qu’est ce qu’Alpha attend pour nous annoncer la bonne nouvelle, s’impatienta Kimberly, au bord des larmes.
       - Ne t’inquiète-pas, ils vont ramener Tommy, répondit Jason.
    Comme si le destin allait enfin dans le sens des Rangers, le communicateur de Billy sonna.
       - Oui, ici Billy j’écoute.
       - Nous avons retrouvé Tommy ! s’exclama Alpha. Il est de retour dans notre dimension.
       - Chouette !!! cria Kimberly qui bondit de sa chaise et qui se mit à pleurer de joie.
       - Nous pouvons aller le voir ? questionna Jason.
       - Ce n’est même pas une possibilité, vous devez le rejoindre absolument.
       - Mais… pourquoi cela semble si urgent ? interrogea Trini.
       - Tommy est toujours à bord du Ninja Megafalconzord, et un monstre débarque pour l’attaquer… répondit Alpha. Transmutez-vous et allez l’aider. Nous envoyons aussi Ninjor.
       - La vie de Tommy est plus urgente qu’une bonne douche, dit Trini.
       - Venez, on y va, je paie les collations, conclut Jason.
     
    Les cinq jeunes allèrent vers la sortie, surveillèrent les environs et se dirigèrent vers un recoin désert. Ils sortirent leurs transmutateurs.
       - Allez, transmustation demandée et sans bailler s’il vous plaît !
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    Re: MMPR S4, épisode 4 : Double attaque

    Message par KL44 le Mer 21 Sep - 15:55

    CHAPITRE 18
    Tommy en grand danger
     
       Le Ninja Megafalconzord était allongé non loin du Centre de Commandes dans une petite plaine entre les monts. Il laissait évacuer de la fumée blanche : en effet, plusieurs dizaines d’organes étaient endommagés voire hors-service.
     
       A bord, le Ranger Blanc était en position horizontale sur le grand pare-brise panoramique. Reprenant ses esprits, il pensait voir une vision lorsqu’il aperçut un grand pied venant s’abattre dans ce pare-brise. Le robot fut de nouveau secoué, rappelant à Tommy tout ce qu’il avait vécu dans la dimension du cauchemar, et que ce cauchemar l’avait peut-être suivi jusqu’à l’endroit où il se trouvait, sans vraiment avoir la certitude d’être revenu à Angel Grove. Il décida alors de porter son poignet droit à sa bouche et de contacter Zordon, en espérant que ce dernier lui répondrait.
       - Zordon… Zordon tu me reçois ? Alpha ? ALPHA !!!
    A sa grande surprise, une voix aigue lui répondit.
       - Tommy ! Tu réponds enfin ! J’ai essayé de te contacter plusieurs fois car je vois la menace sur le vista-globe.
       - Envoie les autres s’il te plaît… il va me démolir…
       - Ils vont arriver, ce n’est plus qu’une question de centièmes de secondes.
    Les cinq Rangers débarquèrent à une dizaine de mètres derrière le monstre. Tommy demanda à Alpha de se faire téléporter auprès d’eux, ce que le robot fit sans discuter. Et le Ranger Blanc resta allongé, mais cette fois-ci à côté des siens. Au même moment Ninjor fit irruption.
       - Tommy ! Enfin de retour, cria la Ranger Rose. Oh, Tommy, je pensais ne plus te revoir, j’ai eu si peur…
       - Ca va aller, Kim… merci…
       - Ninjor, va lutter contre ce monstre géant ! ordonna Jason.
       - J’allais le faire, mettez-vous à couvert, répondit le samouraï bleu. Je vais être un adversaire à sa taille !
    Ninjor scruta le grand Hotdog Monster, puis vit ses propres muscles et sa grandeur se décupler, à la plus grande surprise de la créature.
       - Tiens, mais on dirait que j’ai un nouvel ennemi ! Mais ce n’est pas un Power Ranger, où sont les Power Rangers ? chercha le Hotdog Monster.
       - Ne t’occupe pas d’eux, répondit Ninjor, c’est à moi que tu dois t’intéresser. Mais je peux brièvement me présenter : je m’appelle Ninjor et je suis un combattant doté des pouvoirs ninjettis !
       - Et bien moi je suis le Hotdog Monster, moitié alien, moitié yorkshire, mais totalement puissant ! Alors soit, puisque tu veux me défier, j’accepte ce défi ! Mais cela risque de te coûter cher.
     
       Le Hotdog Monster donna un premier coup de poing à Ninjor qui dût reculer. Puis ce dernier lui attrapa le bras et le poussa afin de l’éloigner du Ninja Megafalconzord qui n’avait certainement pas besoin d’être davantage dégradé. Ninjor profita ensuite d’un léger moment de flottement pour passer à la phase supérieure.
       - J’invoque les pouvoirs du ninja !
    Ninjor se transforma en guerrier doté des pouvoirs ninjettis renforcés. Il dévoila aussi son artillerie en prenant son épée dorée qui fit de nouveau reculer le Hotdog Monster.
       - Ca fait longtemps que tu n’es pas rentré chez ta mère en pleurant, provoqua Ninjor.
       - Laisse ma mère tranquille tu veux bien ? rétorqua sèchement le Hotdog Monster qui s’arrêta d’aller en arrière. Je dois neutraliser et écrabouiller les Power Rangers qui empestent l’univers depuis trop longtemps, paraît-il.
       - Paraît-il… foutaises, ce sont les monstres du Seigneur Zedd et de Rita Repulsa qui polluent notre existence. Tu fais partie de ces monstres, et les Power Rangers sont mes amis, je suis dans leur camp. Hors de question que tu les écrabouilles comme tu dis !
       - J’exécuterai les demandes de mes supérieurs, et tu ne m’empêcheras pas d’aboutir à leur requête !
    Ninjor para un premier coup de poing puis dût pivoter afin d’éviter un coup de pied sauté. Ensuite, le Hotdog Monster activa le jet de la lance à incendie qu’il avait retiré de son dos : le jet était très puissant et Ninjor se retrouva poussé contre les parois d’une pente montagneuse, provoquant de nombreux éboulements que les Rangers devaient éviter. Fort heureusement Tommy s’était aussi relevé, et malgré la fatigue, réussit à esquiver les roches qui roulaient dans sa direction.
     
       C’est dans cette panique que Zack aperçut la dizaine de patrouilleurs qui débarquait dans leur zone : ils courraient vers eux.
       - Oh non, encore de la compagnie… pesta le Ranger Noir.
       - Il faut s’en occuper, ceux-là ne devraient pas être long à éliminer, fit le Ranger Rouge. Vous êtes tous prêts ?
       - Je ne sais pas si Tommy va pouvoir faire quoi que ce soit, répondit Kimberly, il est si faible…
    Alors que Billy et Zack étaient déjà partis à la rencontre des patrouilleurs, Jason alla vers Tommy afin de s’assurer qu’il pouvait tenir sa place parmi eux.
       - Ca va aller, Tommy ? questionna Jason.
       - Ne vous inquiétez-pas pour moi, je vais bien, je reste pour vous aider…
    Mais Trini remarqua avec stupeur que le courageux Ranger Blanc avait une tâche rouge sur sa combinaison blanche, au niveau de la cuisse droite.
       - Mais Tommy tu saignes !!! Tu es blessé ! s’inquiéta la Ranger Jaune.
       - Il faut que tu retournes à la base, fit la Ranger Rose.
       - Mais je ne ressens pas de douleur… répondit, étonné, le Ranger blessé.
       - Retourne quand même à la base, ce sera mieux pour toi, préféra Jason. Je ne voudrais pas que ta blessure empire.
       - Je… je suis désolé de ne pas pouvoir vous aider, bonne chance.
       - On ne t’en veut pas Tommy, va à la base et demande des soins à Alpha.
    Tommy salua ses amis, serra Kimberly dans ses bras et se téléporta au Centre de Commandes.
       - J’espère que ce n’est pas trop grave, pria intérieurement Kimberly, je n’avais même pas vu qu’il était blessé.
       - Allez, il faut aider Zack et Billy ! lança Jason tout en se précipitant vers un patrouilleur essayant de se relever après avoir été mis à terre par le Ranger Bleu.
       - Je me charge de ces deux-là, désigna Trini en apercevant deux sbires qui couraient vers elle.
     
       Les Rangers entamèrent un combat sans merci contre des patrouilleurs assoiffés de violence et de vengeance, comme leur avait demandé le Seigneur Zedd ; seulement, ils étaient à l’image des patrouilleurs habituels : combattifs mais maladroits, et techniquement très peu évolués. Les Rangers, même à bout de souffle, leurs étaient supérieurs en de très nombreux points.
       - Jason, fais attention, ils sont deux derrière toi ! alerta Billy.
       - Laisse je m’en occupe ! prévint Zack en effectuant des roues pour éviter quelques coups.
     
    Le Ranger Noir parvint à éliminer un patrouilleur pendant l’exécution de l’une de ses roues : il l’avait attrapé au niveau du coup par les jambes et l’avait projeté contre un gros rocher ; remis sur ses deux jambes il avait ensuite balancé le second patrouilleur dans le premier, ce qui provoqua le démembrement des deux ennemis.
       - Joli coup, Zack ! félicita Trini, qui, après avoir été chahutée, sanctionna le coupable du mauvais geste par deux puissants coups de genoux en pleine face.
       - Je te retourne le compliment, très chère amie !
    Jason s’en sortait tout aussi bien mais il venait souvent suppléer Billy qui avait visiblement beaucoup de mal à faire abstraction de sa fatigue. Le pauvre Ranger Bleu se retrouva même à terre, sans trouver la force nécessaire pour lutter contre les crampes dont il était victime. Les patrouilleurs se ruèrent sur lui mais le Ranger Rouge veillait au grain et les repoussa.
       - Billy, tu devrais retourner à la base, toi aussi, je vois que tu es trop faible.
       - Désolé… je suis désolé, je ne voulais pas abandonner de sitôt, regretta Billy.
       - Tu n’as pas à te justifier. Transfers-toi au Centre de Commandes.
       - Merci Jason, et je vous souhaite toute la chance imaginable pour réussir.
    C’est sans se relever que le Ranger Bleu quitta le sol montagneux. Jason reprit ensuite rapidement le combat.
    Quant à Kimberly, même si ses pensées allaient vers Tommy, elle parvenait à s’en sortir avec les honneurs en repoussant les attaques des patrouilleurs l’entourant. Elle jouait de leur maladresse pour esquiver les coups et les anéantir par surprise.
       - Ca vous apprendra, une fois de plus, à vous mêler de nos affaires ! lâcha la Ranger Rose.
    Mais soudain, le sol trembla et elle se retrouva comme les trois autres Rangers secouée : le Hotdog Monster venait de chuter suite à une très bonne manœuvre de Ninjor. Mais l’animal monstrueux se releva aussi vite qu’il était tombé et fonça tête baissé vers le samouraï ninja. Ce dernier ne put éviter le choc et dût reculer laborieusement ; après quelques enjambées à reculons ses chevilles butèrent contre le Ninja Megafalconzord et il tomba sur lui. Le Hotdog Monster fit de même mais volontairement : à la manière d’un catcheur il s’écrasa contre sa cible qui ne put esquisser le moindre geste d’esquive. Mais Ninjor n’aimait pas être collé de trop près et il dégaina de ses deux mains des sphères d’énergie de couleur bleue : le Hotdog Monster décolla et retomba une dizaine de mètres plus loin : fort heureusement les Rangers luttaient contre les patrouilleurs encore plus en retrait.
     
    ***
     
       Et plus en retrait encore, le camion de West-Canal avec à son bord les équipes de télévision locales et celle venant de France, venait d’arriver : le véhicule était assez loin pour ne pas être remarqué. Karen Walles fit signe à Dorothée et ses collègues de sortir.
       - Vous… vous êtes sûre que ce n’est pas risqué ? questionna Dorothée.
       - Nous ne sommes pas à portée du danger. Nous pouvons tourner sans crainte à une seule condition : rester discret, très discret.
       - Aucun problème, conclut la présentatrice blonde française en chuchotant. De toute façon, j’ai tellement crié de peur aujourd’hui que je n’ai pratiquement plus de voix pour parler ou pousser la chansonnette.
    De nouvelles secousses paniquèrent les reporters qui restèrent sur place en attendant l’accalmie.
       - C’était… c’est comme… un tremblement de terre… stressa Dorothée.
       - C’est le grand monstre en face, et le combattant allié des Power Rangers qui provoquent ces tremblements, répondit Karen Walles.
    Les deux équipes sortirent le matériel nécessaire, posèrent les pieds et les caméras et commencèrent à filmer : pour West-Canal, il s’agissait d’un énième reportage sur les héros d’Angel Grove, mais pour les français, cette scène allait être un grand coup de tonnerre, un véritable scoop.
       - On va pouvoir proposer autre chose que des mangas ou autres séries japonaises avec des héros sans taille équivalente à ce que nous voyons à présent… dit Dorothée. Même si ce que nous allons filmer ne devrait jamais l’être. Je ne me réjouis guère de cette situation…
       - Hélas, ce que tu dis est malheureusement juste, répondit Karen, pour nos bulletins d’informations, les exploits des Power Rangers sont en quelque sorte notre gagne pain.
    Le plateau de fortune était installé ; Jacky, l’un des collègues à Dorothée, s’avança vers elle et annonça le début du tournage.
       - Et… action ! Ca tourne.
     
    ***
     
       Au Centre de Commandes, Tommy avait été placé dans civière futuriste aux tons bleus et Alpha l’auscultait avec un détecteur de lésions qui n’avait rien relevé ; de plus, les saignements provenaient seulement d’une petite coupure sans grosse hémorragie qui ne le handicaperait guère à court terme. Quant à Billy, il avait été placé dans une seconde civière mais pour un motif différent : il s’était endormi, en grand manque de sommeil. Les deux Rangers n’étaient plus au combat, pourtant Alpha, après s’être concerté avec Zordon, avait jugé préférable de les laisser en tenue au cas où ils devraient intervenir en renfort même si cette hypothèse s’éloignait au fur et à mesure que les patrouilleurs disparaissaient.
    Alpha coupa le détecteur de lésions et annonça la bonne nouvelle au Ranger Blanc.
       - Tu n’as aucune blessure Tommy.
       - C’est une bonne nouvelle. Merci beaucoup Alpha. Et comment va Billy ?
       - Il s’est endormi, annonça Zordon. Laissons-le reprendre ses ressources. En revanche, Tommy, tu iras quand même consulter un médecin : l’appareil d’Alpha n’est pas infaillible, je préfère que tu subisses un véritable examen comme l’avait fait Zack pour son entorse.
       - Oui, j’irai acquiesça Tommy, mais uniquement lorsque les autres seront revenus. Je veux être prêt à intervenir, d’ailleurs, je pourrai déjà les rejoindre.
       - Il n’y a pas de nécessité absolue, refusa Zordon ; tu n’as pas besoin d’intervenir, même si je félicite ton courage.
    Tommy suivit la restriction de Zordon et alla se rassoir sur la civière, observant Billy qui, agité, parcourait visiblement un sommeil troublé. Puis il se releva afin d’aller voir comment se portaient les autres Rangers ainsi que Ninjor.
       - Ce monstre géant est toujours là. Zordon, les zords sont dans quel état ?
       - Les dégâts sont considérables, reconnut Zordon. Difficile de dire s’ils pourront de nouveau intervenir même si tous les organes principaux n’ont pas été touchés.
       - Donc tout espoir n’est pas révolu ?
       - Non, au contraire, il est probable qu’ils puissent revenir au combat à moyen terme. Mais actuellement, c’est impossible. Le Megazord n’a pas encore dit son dernier mot.
    Le Ranger Blanc regarda la progression de ses amis qui devaient maintenant faire face à une nouvelle vague de patrouilleurs en arrivage de la Lune. Même s’il était au Centre de Commandes et non sur le terrain, il vivait intérieurement le combat de façon intense.
       - Quelle journée de malade… j’espère qu’elle va se terminer sur une satisfaction… courage les amis.
       - Ils vont s’en sortir, j’en suis sûr, fit Alpha. Ils ont déjà réussi à écarter la Zeo Ranger d’Argent et…
       - Oui, mais ça, c’était il y a quelques jours déjà, mon petit Alpha.
       - Non, je te parle de l’attaque d’aujourd’hui… ah, oui… tu n’es pas au courant, toi…
       - Je… je ne saisis pas, n’avait compris Tommy.
       - La Zeo Ranger d’Argent n’était pas… celle que nous croyions, affirma Zordon.
    Tommy ferma les yeux plusieurs secondes puis se retourna vers Zordon. Il avait l’air plus inquiet.
       - Donc, Katherine n’était pas la Zeo Ranger d’Argent, cette fois, nous en avons le cœur net. Mais qui est-elle vraiment alors ?
       - Nous ne le savons pas encore, répondit Alpha.
       - Avant ton retour dans cette dimension, reprit Zordon, les cinq autres Power Rangers et Ninjor ont été envoyés au sein du quartier Marklin car elle saccageait tout sur son passage. Elle a même assassiné des civils et répandu la terreur dans une bonne partie de ce quartier.
       - Je… je ne peux pas le croire… balbutia Tommy. Il… il faut la retrouver.
       - Elle n’est plus sur Terre, répondit Alpha.
       - La prochaine fois que nous la croiserons, nous devrons découvrir sa véritable identité, parla Tommy. Son petit jeu ne peut plus durer.
    Zordon approuva et demanda à Alpha de vérifier le bouclier du Centre de Commandes qui avait été rebooté : la protection de la base était effective, mais loin d’être à son potentiel optimal. La présence d’un Ranger prêt à intervenir pouvait aussi être bénéfique à la protection des lieux.
     
    ***
     
       Dans les montagnes, la seconde armada de patrouilleurs - et la dernière espérait Zack - était aussi médiocre que la précédente, même si elle était composée de plus de sbires que la dernière. Mais les quatre Rangers restants étaient toujours dominateurs et l’affaire allait vite être expédiée.
     
       Pour Ninjor, l’avantage était aussi d’actualité même si le vaillant Hotdog Monster avait véritablement quelques ressources ; son grand handicap par rapport au samouraï était son manque de réactivité et d’endurance.
       - Le précédent monstre que j’ai dû affronter était un sportif, en revanche, toi, tu n’es pas très vif, provoqua Ninjor.
       - Je n’ai pas été conçu pour être vif, rétorqua le Hotdog Monster. Je t’ai déjà expliqué mes motivations…
       - J’ai besoin qu’on me rafraîchisse la mémoire de temps en temps, moi aussi… rigola Ninjor qui allait bientôt se rendre compte qu’il avait parlé de façon maladroite.
       - Tu veux être rafraîchi ? questionna l’alien. Pas de souci, je vais arranger ça tout de suite !
    Le Hotdog Monster tendit son bras gauche équipé d’une lance anti-incendie et activa un geyser glacé si puissant que Ninjor se retrouva littéralement poussé sur plusieurs dizaines de mètres, à une vitesse impressionnante. Il percuta sur son passage le Ninja Megafalconzord qui roula lui aussi sur quelques longueurs, entraîné par son périple fou.
       - Oh non, regardez !!! hurla le Ranger Rouge. Ninjor est dans le pétrin !
       - Et nos zords aussi par la même occasion !!! cria la Ranger Rose.
       - Attention quand même… Kim, Jason, des patrouilleurs autour de vous ! prévint la Ranger Jaune.
       - Bon, on s’en occupe, répondit Jason. Zack, tout va bien ?
       - Ca le fait, pour le plus grand désarroi de ces patrouilleurs de malheur, répondit le Ranger Noir.
       - Moi j’en ai marre, plus que marre… j’ai des crampes, souffrait Trini.
    Zack accourut auprès de la Ranger Jaune qu’un patrouilleur tentait d’attraper. Ce dernier fut écarté sans mal par le Ranger Noir qui vit son amie assise, râlant de douleur.
       - J’ai vraiment super mal ! pesta la Ranger.
       - Tant pis, il faut que tu rentres toi aussi. Je sais que tu es crevée depuis un bon bout de temps. Retourne au Centre de Commandes, je préviens Jason et Kimberly de ton départ.
       - Je suis navrée.
       - Pas grave. Téléporte-toi, et… à tout à l’heure.
    Trini se téléporta vers la base. Zack alla prévenir les autres qui bien évidemment ne firent aucun commentaire.
       - Je suis pressé de les rejoindre. Eliminons ces derniers idiots et espérons que Ninjor puisse se relever rapidement, dit Jason.
       - Il ne s’est toujours pas remis sur pieds, déplora Kimberly. Pire même, le monstre court vers lui…
       - On ne peut pas le laisser comme ça, c’est pas possible… s’alarma Zack.
       - Oui je sais bien, mais il n’y a rien à faire… d’ailleurs, le monstre se retourne… fit Jason.
       - Nous ne sommes pas à sa portée, mais méfions-nous quand même, anticipa le Ranger Noir.
    Le Hotdog Monster, qui se tenait à au moins cent mètres des trois Rangers, activa de nouveau son puissant jet aquatique mais dans leur direction. Pour eux, le jet ressemblait davantage à une vague géante.
       - Euh… on est mal là, très mal !!! alerta la Ranger Rose.
       - Il faut se téléporter au plus vite au Centre de Commandes pour éviter ça ! cria Jason.
       - Oui, mais Ninjor ??? répondit Kimberly.
       - On n’a plus le temps de réfléchir !!!
    Jason attrapa les bras des Rangers Noir et Rose et lança la téléportation cinq secondes assez tôt : s’ils avaient attendus plus longtemps, le torrent qui se profilait, et qui était d’une violence inouïe, les aurait emporté voire même tué.
     
    ***
     
       A tour de rôle, Rita, Goldar, Rito et Sariu s’amusaient à regarder dans le télescope et à voir la superbe attaque du Hotdog Monster qui avait fait fuir les Power Rangers à tour de rôle. Le Seigneur Zedd lui, n’avait pas besoin de longue vue pour observer le spectacle.
       - Très bien ! Très très bien !!! acclamait Baboo, qui se trouvait en retrait avec Squatt, pendant que Finster et Scorpina s’occupait de la blessure de la Zeo Ranger d’Argent dans le laboratoire.
       - J’espère que cette fois, c’est la bonne occasion pour rayer de la carte ces pauvres crétins ! lança Rita.
       - Ninjor et le Megazord ont l’air d’être mal en point aux aussi ha ha ha !!! se marrait Rito.
       - Je pense que le terme de la carrière des Power Rangers pourrait même arriver encore plus vite, pensa Sariu à voix haute à l’attention de Zedd. Mon ami, je souhaite envoyer Rito et Goldar sur le terrain afin de s’assurer que Ninjor ne s’en sorte pas.
       - Et ce serait donc la fin de ce samouraï de pacotille, qui précéderait la destruction finale de Zordon et de ses gamins ! ricana le Seigneur Zedd, rêveur.
       - Alors, je peux lancer cette offensive ?
       - Oui, tu peux, Sariu. Le dernier combat des Rangers sera synonyme de défaite pour eux, et de grande victoire pour les forces du mal que nous représentons !
       - Cette fois c’est bon, nous allons enfin gagner une bataille ! rigola Squatt.
    Sariu alla réunir Goldar et Rito et donna les instructions qui étaient simples : en finir avec ces humains qui défendaient la Terre, ainsi que liquider Ninjor, démanteler le Ninja Megafalconzord et détruire le Centre de Commandes.
       - Vous avez compris ? Votre objectif est largement faisable, prévint Sariu. Un échec serait peu compréhensible.
       - Oui, nous avons bien compris, acquiesça Rito. Et puis, je suis pressé de revoir ce bon vieux Ninjor et d’en finir définitivement avec lui.
       - Et toi Goldar, ça va aller ? Tu as récupéré ton énergie ?
       - Oui maître, je me sens d’attaque, surtout lorsqu’il est question d’écrabouiller ces morpions costumés.
       - Alors, allez-y. Une fois sur Terre, Rita et Zedd entameront votre… agrandissement.
    Goldar et Rito s’inclinèrent puis quittèrent le Palais Lunaire. Destination Angel Grove.
     
    ***
     
       Les six Rangers, Billy compris suite à son réveil brutal à cause du vacarme maladroitement mené par les arrivants, suivaient la déroute de Ninjor en direct du Centre de Commandes. Alpha, dépité, faisait les cent pas, gêné de se sentir aussi inutile malgré le soutien de Kimberly et Trini.
       - Sans le Megazord, nous ne sommes plus rien contre un monstre de cette envergure, déplora Zack.
       - Zack… ne parle plus d’un monstre, mais… de trois, modifia Tommy, le visage grave.
       - Comment ???
    Tous les Rangers se retrouvèrent autour du vista-globe pour voir l’arrivée de renforts ennemis qui n’allaient rien arranger à la situation déjà bancale de Ninjor.
       - Oh non ! Zordon, c’est… Goldar, et puis Rito, qui viennent d’apparaître… s’exclama Kimberly. Et eux aussi en taille maxi !
       - C’est bien ce que je craignais, s’inquiéta Zordon. Le Seigneur Zedd a décidé de redoubler d’efforts pour en finir avec nous. Sariu veut aussi se venger et il pense pouvoir le faire rapidement, mais…
    Zordon ne termina pas sa phrase. Il ferma les yeux comme s’il réfléchissait à ce qu’il allait dire.
       - Mais quoi, Zordon ? questionna Jason, impatient de connaître la suite du discours.
       - Mais nous n’avons pas encore tout perdu, reprit Zordon.
       - Voyons Zordon, contra Zack, sans les Megazord, et avec Ninjor dans une telle déconvenue, nous ne pouvons rien faire.
       - Détrompes-toi Zack, il nous reste encore un véhicule lourd.
    Trini, Billy et Tommy ne mirent pas longtemps à trouver de quel véhicule Zordon voulait parler.
       - Titanus !!! s’exclamèrent en même temps les trois Rangers.
       - Mais oui, je l’avais oublié, Titanus ! se réjouit Alpha.
    Le puissant Titanus était un zord de grande envergure ressemblant à une grande tortue avec un cou de girafe ou de diplodocus. Minutieusement armé, l’engin pouvait également s’allier avec les zords pour former un assemblement très puissant : l’Ultrazord. Lors de certains combats difficiles du passé, Titanus avait su inverser une tendance qui aurait vu, sans son intervention, les forces maléfiques l’emporter sur les Rangers.
       - Titanus est opérationnel. Même sans le mode Ultrazord, il peut livrer bataille et il sera notre ultime rempart. Ceux qui se sentent en forme peuvent retourner sur le terrain afin de contrer les forces maléfiques grâce à Titanus.
       - Je veux y retourner ! s’avança Jason.
       - Moi aussi, firent en même temps Kimberly et Zack.
       - A trois, ça peut le faire, valida Zordon. Pendant ce temps-là, Trini, Billy et Tommy, restez vous reposer et vous n’intrviendrez qu’en cas d’urgence.
       - D’accord, on y retourne tout de suite ! fit Zack.
    Les Rangers Rouge, Noir et Rose s’avancèrent au milieu de la base et scandèrent la phrase habituelle aussi motivante qu’anecdotique :
       - Retour  au combat !!!

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    Re: MMPR S4, épisode 4 : Double attaque

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