MMPR S4, épisode 3 : Zeo Zeo Sept

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    KL44
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    MMPR S4, épisode 3 : Zeo Zeo Sept

    Message par KL44 le Lun 16 Fév - 12:31

    Bonjour à tous !

    Voici le troisième épisode de la saison 4 fictive des Power Rangers.
    Plus long que les deux premiers réunis, je vais publier les chapitres dans lesquels les fautes auront été corrigées au mieux, et l'histoire complétée par quelques éléments qui ne changeront malgré tout pas la trame du récit rédigé il y a plus de sept ans.

    Voici donc "Zeo Zeo Sept". Bonne lecture.

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    CHAPITRE 1
    A destination de Londres
     
    «  Nous sommes aujourd’hui le dimanche 4 mai, bienvenue sur West-Canal, votre chaîne locale d’Angel Grove ! Dans quinze minutes, la météo, mais tout de suite, un nouveau point sur l’actualité à la mi-journée. Cette édition vous est présentée par Karen Walles, votre présentatrice favorite ».
    Exceptionnellement, et au vu du soleil magnifique qui subsistait dehors, la Maison des Jeunes, au cœur du pôle étudiant de la ville d’Angel Grove, était ouverte et accueillait pas mal de clients. La proximité d’un parc avec un grand lac, où la baignade était autorisée et surveillée, était aussi un argument à cette ouverture dominicale qui, selon le propriétaire de la Maison des Jeunes, nommé Ernie, devrait se répéter à l’avenir. Cela fidéliserait d’autant plus les consommateurs.
     
    Ernie venait de troquer sa petite télévision en lieu et place d’un écran un peu plus grand, avec sortie audio stéréo. Cela s’imposait, car l’équipe universitaire de base-ball d’Angel Grove venait d’accéder à la division supérieure, la Régionale 2 ; et une grande partie des matches allait être diffusée sur West-Canal. Et si l’équipe se qualifiait pour la phase finale, à la fin de l’année, c’est la BBC qui retransmettrait l’évènement.
    Le gérant du bar avait donc tout prévu, d’autant plus que d’autres festivités sportives étaient programmées, notamment du football américain. Enfin, Angel Grove accueillera les Nationaux de Gymnastique dans quelques mois. Pour Ernie, l’investissement dans sa nouvelle télévision Sony serait vite rentabilisé par l’augmentation tant attendue des consommations servies dans les jours qui vont venir, et lors des jours de match.
     
    Pour les nombreux clients adeptes de la Maison des Jeunes, la nouvelle télévision était une très bonne chose. Ils suivaient les actualités de Karen Wales, à l’abri de la chaleur qui devenait de plus en plus étouffante au fil des jours…
    « Ici Karen Walles. Voici les titres de cette édition : quatrième disparition aux alentours d’Angel Grove : une jeune touriste d’environ vingt ans n’a pas répondu présent lors de l’appel de ce matin, dans son auberge de jeunesse. Cela est d’autant plus troublant que ses quatre collègues de chambres, qui se sont couchées en même temps qu’elle, assurent que la porte était verrouillée et que la jeune femme n’a pas quitté la pièce. Les amies de la jeune femme sont actuellement interrogées par les forces de police. Il faut rappeler qu’il s’agit tout de même du quatrième enlèvement en une semaine, les trois derniers disparus n’ayant malheureusement toujours pas été retrouvés. La police n’exclut pour le moment aucune thèse mais celle d’un enlèvement en lien avec les précédentes affaires resterait prioritaire. Dans le reste des titres, notons aussi… ».
    - C’est quand même un monde d’enlever des gamines si jeunes, déplora Ernie, tout en essuyant des verres. Même le premierà  avoir été enlevé, le jeune garçon, n’a pas été retrouvé. Et dire qu’il venait souvent ici après les cours… ça me rend malade. Ah oui, j’arrive tout de suite les enfants, ajouta-t-il à l’attention d’un groupe de neufs jeunes assis non loin du comptoir.
    - Ne t’inquiètes-pas, dit l’un des jeunes, il fait peut-être très chaud dehors, mais on n’est pas encore en train de se dessécher. Finis ce que tu as à faire avant, il nous reste encore une grosse demi-heure avant de partir. Merci quand même !
    Le jeune qui venait de parler, c’était Billy. Il était accompagné de ses fidèles amis Jason, Trini, Kimberly, Tommy, Zack, Adam, Aisha, et Rocky. Ils venaient de manger leurs sandwichs après une matinée de baignade au lac, sauf pour Adam, Aisha et Rocky qui avaient fait leurs derniers préparatifs en vue d’un voyage scolaire. Les six autres jeunes, qui formaient, lors de menaces extra-terrestres ennemies sur Terre, les Power Rangers, changeaient quelque peu de look au fur et à mesure : en civil, chacun n’arborait plus en priorité des vêtements de la même couleur que la tenue de Ranger.
    - A cette heure-ci, demain, nous aurons atterri à Londres. On découvrira l’Europe, dit Adam, impatient de prendre le chemin des vacances. J’espère qu’il fait beau là-bas, mais un peu moins chaud, parce que là, c’est insupportable. Heureusement que nous avons toute une artillerie de bouteilles d’eau pour le voyage.
    - Vous verrez, c’est vraiment sympa l’Angleterre, remarqua Jason. Quand nous étions allés en Suisse aux conférences, nous avions fait un saut à Londres. C’est vraiment une ville magnifique. On était aussi allé visiter la France d’ailleurs. Tu te rappelles Trini, Zack n’en pouvait plus d’attendre sous la Tour Eiffel…
    - Normal, répondit le concerné, on a du patienter trois heures avant de monter dans ces foutus ascenseurs. Heureusement que c’était offert, pour nous…
    - Vous avez un temps d’attente à l’aéroport de Philadelphie pour la correspondance ? demanda Tommy.
    - Non, pas tellement, répondit Aisha, seulement quarante-cinq minutes. Ce qui n’est pas si long. Mais on a près de sept heures d’avion. J’espère que l’on aura de quoi s’occuper. J’ai emmené quelques magazines et mon walkman : ça me sera utile, si j’arrive à me servir du walkman. Ca fait si longtemps que je ne m’en suis pas servi ! C’est là qu’on se dit que, tout le modernisme que nous avons connu dans l’avenir, et bien… il va falloir attendre plusieurs années avant d’y revenir.
    - Et moi qui n’ai jamais aimé l’avion, fit Rocky, j’ai pris des pastilles contre le mal de l’air au cas où je tombe malade.
    - Ma mère m’a encore demandé ce matin si j’étais sûre de vouloir partir, après le scandale que j’avais fait il y a quelques temps, enfin, il y a longtemps, mais bon, vous me comprenez… à l’époque où je ne pouvais pas partir.
    - Tenez, coupa Ernie, voilà vos boissons. Laissez, c’est la maison qui régale.
    - Tu es trop bon Ernie, merci ! s’enchanta Kimberly, qui s’empressa de saisir son diabolo menthe plein de glaçons.
    - J’espère qu’il n’y aura pas trop de… soucis, pendant nos trois semaines d’absence, dit Adam. Car sans mentir, j’aimerai bien passer trois semaines tranquilles loin de tous les petits soucis.
    -          Je l’espère aussi, confirma Trini en parlant moins fort, si nous pouvions un peu rester tranquilles, ça ne nous ferait pas de mal. Car ça fait certes quatre jours que l’on a rien eu à faire, mais cette soirée au Square du Souvenir contre les plutoniens a laissé des traces. J’ai l’impression de ne pas encore avoir complètement  récupéré.
    Zack regarda sa montre. L’heure de se rendre à l’aérodrome approchait.
    -          Il va falloir y aller, dit-il. Vos parents viennent vous dire au revoir là-bas ?
    -          Oui, ils devraient déjà y être d’ailleurs, pensa Adam.
    Chacun termina sa boisson. Le groupe salua Ernie et quitta la Maison des Jeunes. Ils devaient se rendre à l’aérodrome d’Angel Grove par leurs propres moyens car l’école n’avait pas été capable d’organiser un départ groupé des classes concernées par l’excursion. Tommy et Trini avaient pris leurs voitures respectives afin d’acheminer tout le monde. Tommy, accompagné bien évidemment de Kimberly, emmenait Rocky et Aisha, alors que Trini, qui avait emprunté le nouveau monospace Chrysler Voyager de ses parents, chargea le reste de la troupe ainsi que les bagages les plus volumineux. Billy s’était bien proposé de piloter la Cox-Copter, mais il avait peur de passer pour un appareil ennemi aux yeux de la tour de contrôle.
    - Ca me fait bizarre de conduire le Chrysler, souffla Trini à Billy. C’est avec cette même voiture que dans le futur, mes parents avaient eu leur accident. Et dire que je l’ai vu complètement désintégrée sur les photos, cette pauvre voiture, et que là, elle n’a même pas mille kilomètres au compteur…
    - En voiture ? Je croyais que tu avais dit qu’ils avaient été victimes de maladies graves ? questionna Kimberly.
    - Oui, une… mince, mon cerveau me joue des tours… non, c’est mon oncle qui est mort d’un cancer, mes parents… c’était bien dans un accident de voiture…
    - N’y penses plus, répondit Billy, dis-toi en quelque sorte que c’est du passé, maintenant.
    Chacun prit sa place dans son taxi respectif et les deux automobiles partirent en direction de l’aérodrome.
     
                Trini resta perplexe : elle perdait déjà les souvenirs du futur.
    Allait-elle oublier tout son avenir ?
     
    Dans le même temps, Skull, tout inquiet, essayait sans cesse à partir d’une cabine téléphonique, localisée à proximité de la Maison des Jeunes, d’appeler son ami Bulk. Mais, à chaque fois, il tombait sur la messagerie du récepteur.
    - Bulk, c’est moi Skull. Je ne sais pas ce que tu fais mais l’avion décolle dans moins d’une heure, et je t’attends toujours ! Je suis à la Maison des Jeunes, alors dépêche-toi, le bus ne nous attendra pas. Vite ! Ca m’embêterait de partir sans toi. Je compte sur toi, à tout de suite. J’espère que tu n’as pas oublié de de te réveiller, ou que tu n’es pas mort. Allez, à tout de suite. Et n’oublie pas nos bagages ! Allez, à tout de suite !
    Il raccrocha, tout en stressant davantage. Skull imaginait le pire pour son ami.
    Bulk et Skull, qui avaient finalement été exclus de la police de la ville après une suspension causée par des pillages de commerces, avaient malgré leur manque de motivation repris le cursus scolaire, et ils s’étaient même inscrits pour le voyage en Angleterre. Pour rien au monde les deux compères n’auraient loupé le voyage.
    Mais Skull commençait sérieusement à s’inquiéter. Il tenta une nouvelle fois de joindre son ami mais sa tentative fut vaine. Il se fixa un délai d’une demi-heure. Ensuite, Bulk ou pas, Skull se rendra à l’aérodrome. Depuis le temps qu’il attendait ce voyage, il ne l’aurait vraiment raté en aucun cas.
     
    ***
     
    Les deux chauffeurs, Trini et Tommy, avaient trouvé par miracle deux places de parking, mais à cinquante mètres l’une de l’autre. En effet, le stationnement aux abords de l’aérodrome était difficile en raison de l’absence d’un parking dédié aux voyageurs car, seules des liaisons aériennes intérieures de courte distance partaient d’Angel Grove. Pendant que Billy et Zack allaient chercher des chariots pour le transport des bagages, les autres sortirent les valises et les sacs des coffres des du monospace de Trini. Puis, tous se dirigèrent vers le hall numéro un afin d’effectuer l’enregistrement précédant l’embarquement. Pendant que les trois vacanciers rejoignirent leurs camarades de classe dans la file d’attente pour enregistrer les bagages, Kimberly et Trini furent chargées par Aisha d’aller acheter quelques magasines people ainsi que des chewing-gum. Tommy, Jason, Zack et Billy allèrent patienter en s’asseyant sur les sièges en cuir mis à la disposition des clients, quand une voix les interpella.
    - Eh, vous autres, vous n’auriez pas croisé Skull par hasard ?
    Les quatre jeunes hommes se retournèrent et virent Bulk, trainant quatre énormes sacs de voyage.
    - Bulk, mais qu’est ce qui t’arrive encore ? demanda Billy d’un ton moqueur.
    - Et bien, Skull n’est toujours pas ici. Je lui avais dit de me rejoindre directement à l’aérodrome s’il ne me voyait pas à la Maison des Jeunes. Cet abruti n’a pas dû m’écouter et il va encore arriver au dernier moment !
    - Ah, vous deux, vous faites bien la paire… ria Zack.
    - Tais-toi, si tu ne veux pas que je te casse l’une de tes deux chevilles !
    - Oh, calme-toi, rétorqua Zack, en se levant.
    - Arrêtez, dit Tommy, ce n’est ni l’endroit ni le moment. Bulk, tu ferais mieux d’aller enregistrer tes bagages si tu ne veux pas louper ton vol.
    - D’ailleurs, demanda Jason tout en quittant son siège pour accompagner Bulk, comment se fait-il que tu aies autant de bagages ? Tu ne comptes pas laver ton linge en Angleterre ?
    - Ce n’est pas ça le problème, répondit Bulk qui rallia la file d’attente. C’est qu’hier soir, afin d’éviter les oublis, Skull m’avait donné ses deux sacs. Il est encore plus tête en l’air que moi et il avait peur de les oublier. Alors que moi, je suis intelligent et je n’oublie jamais rien. Jamais rien !
    - Bulk, tu as laissé un sac auprès des sièges ! rigola Zack.
    - Va me le chercher alors, qu’est ce que tu attends ?
    Zack ne voulait pas discuter et lui prit son sac… ou plutôt essaya de le tirer.
    - Mais qu’est ce que c’est lourd !
    - C’est l’un des deux sacs de Skull. Je crois qu’il a vidé ses armoires et qu’il a tout emporté. J’espère qu’il va se dépêcher, car ni l’avion, ni moi, ne l’attendront.
    Jason avait envie d’éclater de rire. Décidément, les deux « grosses têtes du centre », comme Bulk et Skull étaient surnommés avant leur entrée dans la police, avaient toujours une tradition sans fin : se retrouver dans des situations très embarrassantes. Ils en avaient connu des galères. Jason se remémora toutes leurs gamelles, où leurs corps se retrouvaient autant par terre que leurs têtes dans de la nourriture. Il se rappela aussi de la journée mémorable ou les deux clowns avaient connus la honte de leur vie lors de la fête dédiée aux Power Rangers où, déguisés en super héros, ils avaient tenté d’effectuer des enchaînements d’arts martiaux sur le devant de la scène. Ce jour-là, tout le monde avait ri…
    - Ils ne s’arrêteront jamais, ces deux énergumènes, conclut Jason.
     
    L’avion voyait son départ décalé de dix minutes. L’accès à la piste était imminent et les jeunes en partance disaient au revoir à leurs familles. Adam, Rocky et Aisha embrassèrent leurs parents et saluèrent leurs amis. Bulk, quelque peu désemparé, suivit la troupe.
    - Bon voyage, souhaita Kimberly qui parla un peu pour tout le monde.
    - Bon courage à vous, répondit Adam qui voyait sa patience récompensée.
    A l’ouverture des portes coulissantes menant à la piste de décollage, le groupe d’étudiants quitta le hall et se dirigea vers la première étape du voyage en Angleterre.
    - Ils en ont de la chance… souffla Trini. Vivement les vacances !
    Les six jeunes firent demi-tour et retournèrent vers leurs voitures.
    - Vous croyez qu’en leur absence, on sera tranquilles vis-à-vis des attaques su Seigneur Zedd ? demanda Billy.
    - A mon avis, il ne faut pas se faire d’illusions, avoua Tommy. Les forces du mal vont profiter de cette occasion.
    - Sans combattre, Adam, Rocky et Aisha nous aident beaucoup, et ils nous soutiennent moralement, ajouta Zack.
    - Tiens, proposa Jason, et si on allait faire un petit bowling, histoire que je vous montre qui est le roi de la boule ?
    - Moi je dis oui tout de suite ! répondit Tommy illico. Je peux même vous emmener.
    - Je suis partant, ajouta Zack. Billy ?
    - Oui, aussi, je viens avec vous. Et vous, les filles, vous venez aussi ?
    Trini et Kimberly avaient déjà prévu quelque chose.
    - Négatif, dit Trini, il faut que l’on termine notre thèse sur les actions néfastes des gaz à effet de serre. Il faut boucler ce projet pour mardi. Et on est très en retard…
    - Ce sera pour une prochaine fois. Mais amusez-vous bien ! compléta Kimberly.
    - Bon boulot alors, répondit Tommy. On se retrouve demain alors ?
    - Ca marche, répondirent les deux filles en chœur. Bonne fin d’après-midi et faites plein de strike.
    - Vous savez, le seul doute c’est de ne pas savoir si je vais réaliser de strikes, mais combien je vais en faire, se vanta Jason, aussi modestement et ironiquement que possible.
    Les jeunes se scindèrent en deux groupes et allèrent vaquer vers leurs loisirs pour l’équipe masculine et aux études pour les filles. Kimberly prit place à côté de Trini dans la voiture et, bizarrement, elle s’attendait à être questionnée.
    - Ils vont nous manquer, ces trois-là partis en Angleterre… dit Kimberly.
    - Heureusement que ton petit Tommy Oliver n’est pas parti non plus, sinon, tu n’aurais pas supporté la séparation, rigola Trini.
    - Et bien, si Tommy était parti, je serais partie aussi ! Remarque dénuée de tout intérêt, ma petite Ranger Jaune, plaisanta Kimberly.
    - Bon, je vais la faire autrement alors. C’est quand que vous vous mettez officiellement en couple ?
    Kimberly leva les yeux vers le ciel, priant secrètement pour que ce soit le plus rapidement qu’il soit.
    - Et bien, je crois qu’il ne manque plus qu’un déclic. Nous nous sommes beaucoup confiés l’un envers l’autre depuis nos retrouvailles mais, hormis après le premier combat, nous n’avons pas beaucoup reparlé. Si l’autre jour, Sariu et Goldar n’étaient pas intervenu dans le square, la situation aurait peut-être évolué.
    - En tout cas, je te le souhaite très franchement, encouragea Trini. Vous êtes faits l’un pour l’autre. Depuis ce fameux tournoi de karaté, je le sens. Tu te souviens comme tu le dévorais des yeux ?
    - Je ne le dévorai pas des yeux non plus… mentit Kimberly avant de rougir.
    - Oh la menteuse, elle est amoureuse ! se marra Trini. Allez, on en reparlera chez moi. On trouvera bien le temps pendant la rédaction de la thèse. N’oublie-pas ta ceinture de sécurité.
    Kimberly s’exécuta. Trini démarra le Chrysler Voyager, quitta le parking et se dirigea chez sa maison. Sur la route, les deux jeunes femmes pensèrent chacun de leur côté aux dernières attaques subies.
    Elles espéraient vraiment être un peu tranquilles prochainement, et de ne pas avoir à utiliser leurs médaillons.
     
    Seulement, les forces du mal ne l’entendaient certainement pas de cette oreille.




    CHAPITRE 2
    Moments de quiétudes
     
    Il ne faisait pas aussi chaud sur la Lune que sur la Terre, mais il régnait au sein du Palais Lunaire une température d’environ trente degrés, ce qui était tout à fait inhabituel en ces lieux. Elle était émise du laboratoire du Palais Lunaire où l’unité de production tournait à plein régime.
    Les machines étaient très anciennes et produisaient des émissions de gaz et autres vapeurs qui rendaient le climat et l’atmosphère irrespirables. Malgré tout, cela n’empêchait pas Finster de travailler, et Sariu de le superviser. Et si le grand prince de Pluton, l’un des plus fervents alliés du Seigneur Zedd, observait attentivement le scientifique de l’impératrice et sorcière démoniaque et déjantée Rita Repulsa, c’est parce que le projet en cours de réalisation demeurait de la plus grande importance.
    Un phénomène étonnant était provoqué par un mélange jaunâtre dont seul Finster détenait le secret parmi ses acolytes. Ensuite, il distilla le mélange et le transvasa dans un tube contenant des blocs de fruits. Enfin, il plaça le tube parmi beaucoup d’autres sur une étagère et répéta l’opération deux autres fois.
    - Alors Finster, demanda Sariu, penses-tu avoir terminé ?
    - Oui, monsieur, les mélanges sont terminés, il suffit maintenant de goûter et de constater la parfaite réalisation du concentré.
    - Je vais me prêter au jeu du cobaye, de toute façon, il n’y a absolument aucun risque d’empoisonnement.
    - Non, vous ne risquez absolument rien.
    Finster versa le contenu d’un tube dans une petite tasse en argile. Sariu s’en saisit et but d’une traite le liquide jaune qui avait quelques nuances orangées. Sariu reposa le verre, attendit quelques secondes et sourit.
    - Je crois que c’est une bonne nouvelle. Je peux boire du jus d’orange pur. Le plutonien peut boire du jus d’orange sans la moindre goutte d’eau.
    - J’en suis tout à fait ravi, répondit Finster, sans aucune fierté comme à l’accoutumée.
    - Finster, je te remercie d’avoir eu cette idée fantastique. Je vais prescrire à tous mes alliés ce jus d’orange. Cela va nous permettre de tenir sur la Terre tout en buvant un liquide potable pour notre organisme vital. Il faudra aussi que j’envoie des troupes en cueillir en masse sur la Terre, puisque ces fruits ne poussent que sur cette planète, et nulle part ailleurs.
     
    Le souci soulevé par Sariu auprès de ses alliés avait été celui de la survie en dehors de Pluton. En effet, et cela, Zordon ne le savait pas, les plutoniens ne pouvaient pas entrer en contact avec l’eau. Ou plutôt, ils devaient éviter. Sariu ne savait pas pourquoi sa civilisation était allergique à cette énergie, vitale pour les humains mais si redoutée par son espèce. Il en avait fait la douloureuse découverte très jeune lors de vieilles histoires racontées par ses parents lui racontant autant de légendes que de faits réels, puis il avait eu la preuve formelle lors d’une très ancienne attaque sur Terre, contre les défenseurs du bien, près de l’océan. Certaines de ses escouades plutoniennes avaient été poussées su haut d’une falaise et les soldats avaient fini leur chute une trentaine de mètres plus bas, désintégrés au simple contact de l’océan, au grand dam de Sariu. Alors, ce dernier comprit réellement pourquoi il n’avait jamais bu d’eau telle qu’elle existait sur Mars autrefois, ou sur Terre actuellement. Sur de nombreuses planètes et sur Pluton, les indigènes buvaient d’autres liquides différents et mangeaient quelques fruits locaux. Les fruits redonnaient quelques forces aux plutoniens. Il avait été médicalement prouvé que la majorité des fruits acides renforçait les muscles des individus de la même espèce que Sariu.
    Hélas, les nombreuses guerres avaient eu raison de la faune et la de flore sur Pluton, et les mets naturels avaient peu à peu cessé d’exister.
    Il n’était donc pas étonnant de voir le grand soulagement de Sariu après le succès de l’expérience de Finster. Pourtant, la solution existait car le jus d’orange n’était pas une invention de la dernière heure, mais Sariu n’avait jamais testé le moindre jus de fruits de peur de boire malgré tout quelques gouttes d’eau. Heureusement, le monstre laborantin du Palais Lunaire avait réussi à le convaincre grâce à quelques arguments réellement logiques sur les bonnes vertus de cette trouvaille.
    - Encore toutes mes félicitations, mon cher Finster, remercia Sariu. Grâce à toi, mes troupes pourront survivre bien plus longtemps sur Terre par de fortes chaleurs. Et en plus, c’est plutôt succulent.
    - Excusez mon ignorance, osa Finster, mais sur Pluton, le climat n’était-il pas plus chaud ? N’y avait-il pas quelques centaines de degrés supplémentaires par rapport à la température terrestre ?
    - Ta connaissance est très évoluée, mon ami, répondit Sariu, surpris de cette question, mais heureux de voir que certains avaient des notions sur la planète Pluton. Oui, c’est vrai, ma planète était soumise à un climat intenable où n’importe quel humain serait mort sur le champ. Mais, et cela, personne ne te l’a peut-être dit, pendant que je moisissais dans ma capsule spatiale après mon terrible combat contre ce moucheron de Zordon, mes troupes ont dû évacuer Pluton car, diminuées et limitées en nombre, elles ont été prises par défaut par quelques soldats terriens qui étaient plus nombreux. Ils ont repoussé mes armées hors de la planète. Les plutoniens ont dû s’installer sur d’autres planètes ou astres, plus ou moins éloignés d’ici. Et ils ont dû s’adapter. Souvent, très souvent même, le climat était beaucoup plus froid que sur Pluton. L’un de mes généraux, encore en vie et officiant actuellement au sein d’une autre mission, m’a rapporté que nos troupes ont souvent été terrassés mortellement par la différence de température. Mais, plusieurs ont survécu malgré la fraîcheur et se sont reproduits. L’espèce plutonienne n’était pas morte.
    Finster avait écouté très attentivement et Sariu l’avait remarqué. Mais, une question le tarauda.
    - Maître, j’ai une question bête à vous poser.
    - Il n’y a pas de question bête, je t’écoute.
    Le scientifique hésita encore avant de se lancer.
    - Ne t’inquiètes-pas, rassura le prince plutonien, je suis prêt à répondre à toutes tes interrogations.
    - Vous avez bien dit que des terriens étaient venus sur Pluton.
    - Oui, c’est tout à fait l’exactitude de mes propos.
    - Mais, comment ont-ils pu survivre sur Pluton avec le climat ? Ils ne sont pas morts, malgré les chaleurs et l’absence d’oxygène ?
    - Ah, oui, j’aurai dû préciser que Zordon a toujours eu le chic pour la conception de tenues qui protègent les humains contre vraiment tout et n’importe quoi. A titre d’exemple, je crois que les Power Rangers peuvent sans problème se rendre dans l’espace avec leurs combinaisons aussi moulantes que grotesques.
    Finster acquiesça de la tête. Malheureusement pour les forces du mal, les Power Rangers pouvaient voyager sur les planètes sans soucis, leurs tenues étant extrêmement protectrices.
    Sariu se dirigea alors vers la sortie du laboratoire, suivi de Finster qui le raccompagna jusqu’à la sortie.
    - Je viendrai chercher quelques échantillons de jus d’orange plus tard, d’ici peu de temps, disons, dix-neuf heures.
    Finster ne connaissait pas les notions horaires. Il ne se fiait pratiquement qu’aux positions astrales, sauf exceptions.
    - Maître, dix-neuf heures c’est quand ?
    - Euh… quand le troisième soleil de Géadis sera aux trois quart masqué par l’éclipse partielle engrangée par la Lune de Colbarson.
    - Ah, merci, Maître, j’y vois plus clair. En attendant, est-ce que je continue les travaux sur votre grand projet d’envergure ?
    - Tu veux parler du plan ZZ-7 ?
    - Tout à fait, Maître.
    - Oui, poursuis le plan ZZ-7. Je pense que tu as tous les éléments nécessaires en ta possession. Le cas échéant, n’hésites-pas à venir me voir. Je serai à la salle du trône. Le Seigneur Zedd décidera ou non de lancer notre plan. Tu pourras venir nous déranger en cas de nécessité.
    - Tout sera prêt très bientôt. Il ne me reste plus qu’à m’occuper des cellules des cristaux. Je pense avoir terminé avant l’éclipse partielle de Colbarson.
    - Parfait, parfait. Alors, bon courage, mon ami, salua Sariu. Et que personne ne te dérange. Ferme ton laboratoire à double tour si tu le souhaites, afin de mieux te concentrer. Le Seigneur Zedd est d’accord pour cette démarche, notamment pour éviter de voir Baboo et Squatt entrer à l’improviste et provoquer une catastrophe.
    - Merci Maître, je vais faire cela. A tout à l’heure.
    Sariu sortit et prit la direction de la salle du trône du Seigneur Zedd. Finster referma la porte à clé. Auparavant il avait eu le temps de mettre la pancarte « défense d’entrer ». Et même si, d’habitude, Finster n’était nullement gêné par quelconque dérangement, il reconnaissait que la tranquillité était parfois la bienvenue. Surtout pour les opérations délicates qu’il allait conclure.
     
    ***
     
    Le complexe aux loisirs multiples « Crazy-Area », implanté depuis quelques mois près des universités, était bondé de monde. La faute à un soleil persistant qui poussait les gens à se réfugier dans les espaces climatisés. Et parmi les activités du « Crazy-Area », la piscine était en tête concernant la fréquentation. Le temps d’attente pour payer l’entrée aux vestiaires était de près de vingt minutes. Heureusement, il y avait nettement moins de monde au bowling même si les trois quarts des vingt-huit pistes disponibles étaient pris. Il était dix-huit heures trente et l’affluence connaissait un léger creux en ce début de soirée.
    Jason, Tommy, Zack et Billy s’étaient vu attribuer la piste numéro treize, et ils en étaient à leur troisième partie. Jason avait remporté les deux premières, mais, à celle-ci, la tendance s’inversait quelque peu…
    - Les premiers seront les derniers ! chantait Zack, qui, au bout de trois lancers, distançait déjà ses adversaires d’une vingtaine de points. Cette fois Jason, je crois que tu vas pleurer quand tu verras le score que je vais faire !
    Zack était donc leader, suivi de Billy ; Jason les suivait en troisième place comme Tommy qui fermait la marche malgré de belles performances pendant les deux précédentes confrontations.
    - Je vois que ton mal de cheville est définitivement révolu, remarqua Tommy. Tu vas pouvoir danser à cloche-pied maintenant.
    - Ne parles pas trop vite, rétorqua Zack tout sourire, puisque c’est à Jason de jouer. Avec un peu de chance il va réussir à lancer la boule, mais elle risque de tomber sur mon pied. En plus il prend des boules de quinze kilos alors je ne pourrai pas survivre à un tel choc…
    - Ca y est, monsieur à fait tomber trois quilles dans sa vie et il se prend pour un cador, rigola Jason. Tu ne te rappelles pas tout à l’heure le magnifique raté lors de ton premier lancer à la première partie ?
    - Ah oui, se marra Billy, la boule est partie tellement haut qu’on croyait qu’elle allait atterrir sur la Lune.
    - Et avec un peu de chance, ajouta Tommy en plein délire, la boule aurait percuté la tête du Seigneur Zedd.
    - Mais ça aurait pu être pire, imaginez que la boule croise l’avion d’Adam, Aisha et Rocky ? La boulette… enchaîna Jason.
    - C’est le numéro de la piste qui veut ça, dit Billy, puisqu’on est à la numéro treize, je vous rappelle. Si Zack touche des quilles, ce n’est pas un hasard. C’est le nombre treize qui veut ça. Sans ça, ne croyez pas qu’il serait aussi doué.
    - Par contre, il n’y est pour rien dans le magnifique strike que je viens de réaliser brillamment, rapporta Jason qui avait bien vu que ses amis n’avaient rien suivi de son lancer.
    - Fais gaffe Zack, encore deux coups et il te rattrape, plaisanta Tommy.
    - Merci. Mais le temps que toi tu me doubles… ironisa Zack.
    - Tiens donc, remarqua Billy tout en prenant une boule de couleur bleue, regardez qui vient nous supporter.
    Les trois autres jeunes se retournèrent et virent Kimberly et Trini qui arrivaient et se dirigeaient vers les tables juste derrière les pistes.
    - Alors, les champions du bowling, ça va ? salua Kimberly.
    - Je ne sais pas pour qui tu parles, mais j’espère que tu vas porter bonheur à Tommy qui est en queue de peloton et qui a bien besoin d’un fan-club, rigola Zack, toujours très content de ses remarques moqueuses vers ses camarades. Même un patrouilleur jouerait mieux que lui !
    - Merci pour ton humour, chuchota Tommy qui n’était pas mauvais perdant. Les filles, pourquoi vous ne faites pas le tour ?
    - L’accès à la piste de bowling est forcément payant, répondit Trini, et on ne va pas payer juste pour vous regarder et enfiler des chaussures grotesques. Et si on est venu, c’est aussi parce qu’on a terminé nos devoirs, enfin !
    - Et bien, venez jouer ! Venez-vous frotter au maître ! s’exclama Jason, qui admirait le beau lancer de Billy directement dans la tranchée gauche de la piste.
    - Les filles, prenez l’option des barrières sur le côté, vous en aurez sans doute besoin ! se moqua Zack.
    - Espèce de macho, fais gaffe à toi ! rétorqua Kimberly. Tu viens Trini, on va jouer, puisque monsieur la star du hip-hop et seulement du hip-hop veut nous défier ! En plus, il est vraiment ridicule avec ses chaussures roses. Tu n’as pas été gâté…
    - Euh… souffla Zack. Ce n’est pas de ma faute… c’est à cause de l’autre folle de la caisse. Une folle…
    - Ce n’est pas du tout comme ça que tu l’appelais tout à l’heure, ria Tommy, la boule à la main.
    - Ah oui, c’était très drôle tout à l’heure, se souvint Billy, pendant que Tommy réalisait à son tour un strike qui lui permettait de gagner dix points précieux. Zack a voulu se la jouer loveur auprès de la jolie caissière qui nous a équipé en matériel. Et, à force de draguer, elle l’a bien équipé !
    - Oui, il a dit qu’il voyait la vie en rose ou un truc comme ça, ajouta Tommy.
    - Il a dit « quand je croise votre regard, je vois la vie en rose, d’ailleurs, à mes yeux vous êtes une rose, si belle, que je voudrais vous cueillir et m’offrir à vous », compléta Jason. C’était à mourir de rire. Et, en contrepartie, elle lui a remis une très belle paire de sabots. Très chic, très classe.
    - Bon, ça va, ça va, se lamenta Zack qui venait de louper radicalement son quatrième lancer, pendant que tous les autres étaient pliés en quatre, ne pouvant plus s’arrêter de rire. Vous m’avez déconcentré et je n’ai fait tomber que deux quilles. Vous êtes de mauvais perdants c’est tout.
    - Et toi un mauvais joueur, aussi susceptible que chanceux, répondit Tommy gentiment.
    - Comme quoi, la vie n’est pas rose tout le temps, fit Trini… sauf pour Kimberly.
    - Et oui, répondit Kimberly entre deux franches rigolades. Bon, trêve de plaisanteries, tu viens ma chère Trini, on a un défi à relever. On doit aller voir celle qui, aux yeux de Zack, est une rose.
    Pendant que les deux jeunes filles se dirigèrent vers la caisse où une petite file d’attente s’était formée, Jason, Zack, Tommy et Billy progressèrent dans leur partie. Ou plutôt, ils continuaient leur partie, car le mot progresser n’était pas vraiment adapté pour tous les joueurs quand on voyait le niveau réel de certains.
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    Re: MMPR S4, épisode 3 : Zeo Zeo Sept

    Message par Redwolf le Lun 16 Fév - 18:28

    je lis le topic que tu a mit du second épisode et je lis celui ci après promit Smile
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    Re: MMPR S4, épisode 3 : Zeo Zeo Sept

    Message par KL44 le Mer 18 Fév - 9:42

    Bonjour,


    Redwolf a écrit:je lis le topic que tu a mit du second épisode et je lis celui ci après promit

    Pas de souci Wink?
    Voici la suite avec les chapitres 3 et 4.

    -----


    CHAPITRE 3
    Le calme avant la tempête
     
    La grande salle du trône du Palais Lunaire offrait une vue imprenable sur la Terre de son balcon.
    C’est d’ailleurs sur ce balcon que s’étaient installés le Seigneur Zedd, sa femme, l’impératrice Rita Repulsa, et le prince Sariu. Les trois grandes personnalités maléfiques étaient assises autour d’une table de taille moyenne. Le plutonien était venu pour dialoguer sur le plan ZZ-7, mais la conversation était plutôt tournée sur la guerre contre les humains en général. Entre temps Sariu avait quand même pu parler de l’expérience positive de Finster et le jus d’orange. Mais le Seigneur Zedd était plus que jamais obsédé par l’envahissement de la planète vue du balcon.
    - Notre lutte sans pitié contre ces imbéciles de terriens passe forcément par une guerre continue, des assauts multipliés, et l’optimisation de la masse musculaire de nos monstres. Nous n’avons pas le choix.
    Zedd venait de répéter plus ou moins la même phrase pour la énième fois.
    - Nous y arriverons un jour, espéra Rita à voix haute.
    - Je serai là, présent à vos côtés, à chaque action, assura Sariu. D’ailleurs, je voudrais que l’on revienne à…
    - Il faut les tuer, coupa Zedd, tous, à commencer, comme j’ai déjà dû le dire à de maintes reprises, par les Power Rangers. Une fois cet obstacle à terre, la Terre sera en notre possession à jamais. Et nous pourrons y établir notre loi, notre ordre.
    - Ce ne sera qu’un juste retour des choses, ajouta Rita, puisqu’il y a des millénaires, la Terre était l’un de nos bastions, bien avant ton avènement, chéri.
    - Tu as raison, chère épouse, il est d’une logique imparable que nous nous occupons du cas de cette planète bleue.
    - D’ailleurs, reprit Sariu, je pense que j’ai une solution pour vaincre les Power Rangers dans les prochaines heures et je suis venu pour en…
    - Et en plus, coupa de nouveau le seigneur rouge, cette planète Terre regorge de ressources d’une rareté inestimable. Le pétrole, par exemple, pourrait devenir une énergie nouvelle, qui nous promettrait de belles avancées. Et je ne parle pas de ses milliards d’habitants qui pourraient pour les plus courageux venir remplir nos bataillons. Oui, cette guerre va exister, et le plus rapidement possible j’espère.
    Sariu commençait sérieusement à s’impatienter, et voire même à s’agacer. La parole ne lui était pas laissée et il comptait bien la reprendre, même si cela pourrait passer aux yeux de ses interlocuteurs pour une impolitesse. Une impolitesse dont ne se souciait pas le Seigneur Zedd lorsque c’était lui qui coupait la conversation.
                - Est-ce que je peux placer au moins une phrase ?
                - Euh… oui, excuse-moi mon cher Sariu, mais si tu ne demandes pas, comment veux-tu que je sache que tu souhaites parler.
                - Il a bien essayé mais tu n’as pas prêté attention à ses interventions, contra Rita.
                - Merci chère amie, dit Sariu. Si je suis venu c’est aussi pour reparler du plan codé ZZ-7. Du côté de Finster, tous les préparatifs sont achevés ou en cours d’achèvement. Il ne lui reste plus qu’à extraire les cellules des cristaux Zeo que nous lui avons confié.
                - Enfin, ils vont nous servir, murmura Rita, heureuse d’imaginer enfin un plan d’action contre les Power Rangers.
                - Oui, confirma le prince de Pluton. Je crois que la solution de contrer les humains grâce à un humain est une idée excellente, mais n’a-t-elle pas déjà été utilisée ?
                - Hélas, elle l’a été, répondit Rita. Je dis hélas, car nous étions à deux doigts de gagner. J’avais converti au mal un jeune humain scolarisé à Angel Grove, qui était courageux, déterminé, et vraiment très doué en arts martiaux. Je l’ai kidnappé et je lui ai remis le médaillon du Dragonzord volé Zordon des milliers d’années auparavant. Puis, ce garçon est devenu le Power Ranger Vert, et il a brillement débuté sa carrière de Ranger du mal. Il avait anéanti les Zords d’alors, semé la pagaille à Angel Grove et au sein des jeunes Rangers. Mais, à cause de ce Zordon de malheur, les Power Rangers s’en sont sortis et ils ont repris le dessus, malgré l’aide du Dragonzord, le Zord attitré du Ranger Vert.
                - Malgré la défaite, cette étape que tu viens de me raconter m’est riche en enseignements, remarqua Sariu. Mais, ce jeune Ranger Vert, qu’est-il devenu ensuite ? Est-il mort ?
                - Malheureusement, non… se lamenta le Seigneur Zedd. Et c’est toujours un Ranger.
                - Pardon ? s’arrêta Sariu, surpris.
                - Après la défaite, le sort entourant le Ranger Vert a été rompu tout comme son affiliation au mal. Il a rejoint l’équipe de Zordon avec le médaillon du Dragonzord et ses pouvoirs de Ranger Vert.
                - Mais je n’ai pas vu de Ranger Vert… s’étonna le prince de Pluton.
                - Ce Ranger Vert est aujourd’hui le Ranger Blanc, chef de l’équipe des pantins de Zordon. C’est le plus puissant d’entre eux.
    Sariu n’y croyait pas. Il restait bouche bée. Il venait de comprendre que le Ranger qu’il détestait sans doute le plus, au vu de l’importance qu’il a eu lors de la dernière confrontation, avait été formé par Rita Repulsa.
                - Ce Tommy était donc des nôtres… si seulement il avait pu le rester…
                - Nous n’en saurions pas là aujourd’hui, se plaignit Zedd.
                - Mais que s’est-il passé pour le médaillon du Ranger Vert, si aujourd’hui Tommy est le Ranger Blanc ?
                - Le médaillon du Ranger Vert a perdu ses pouvoirs, grâce à nous, signala Rita.
                - Dommage que ce médaillon n’ait plus la moindre utilité, se lamenta Sariu, qui avait une idée inédite derrière la tête.
                - Mais nous avons ce médaillon en notre possession et il est comme neuf ! dit Zedd.
                - Vraiment ? s’étonna Sariu. Mais comment se fait-ce ?
    Rita et Zedd expliquèrent la mission de Scorpina suite à leur réapparition dans le passé, il y avait de cela quelques semaines. Scorpina avait été réexpédiée dans une époque antérieure pour récupérer le médaillon du Dragonzord et, par la même occasion, les cristaux Zeo que Master Vile avait autrefois malencontreusement laissé aux mains des Power Rangers.
    Sariu eut alors une lueur d’espoir de plus en plus optimiste dans les yeux. Il venait de penser à une variante du plan ZZ-7.
                - Merci pour ces informations si précieuses. Vraiment, merci. Cela me permet de croire plus que jamais au succès du ZZ-7. Mais ne me posez pas de questions, je vous prie tout d’abord de m’écouter.
                - Nous sommes tout ouïe, signala Zedd.
                - Et bien voilà. J’ai trouvé l’humain que nous recherchions depuis quelques jours pour endosser la combinaison de notre nouveau Ranger particulier. J’attends juste le feu vert pour vous présenter notre nouveau Ranger.
                - D’accord je suis. Le feu vert, tu as, signala Zedd.
                - Arrêtes de parler comme cela, chéri, tu me rappelles une race que l’on a tenté d’exterminer il y a longtemps, si longtemps, très loin… on avait perdu d’ailleurs. On s’était pris une bonne volée…
                - Merci pour les mauvais souvenirs, femme.
                - Très bien ! Je vais donc vous présenter notre nouvelle personnalité.
    Le prince de Pluton quitta le balcon et se rendit vers la chambre froide du Palais Lunaire. Elle servait très peu, trop peu au goût de Sariu, mais son état de fonctionnement était irréprochable. De leur côté, Rita et Zedd, qui n’avaient pas bougé, restèrent sur le même sujet de débat.
                - Tu penses qu’il a trouvé la recette miracle ? questionna Rita.
                - Je lui fais tout à fait confiance, rappela Zedd. J’ai vraiment le sentiment que Sariu peut nous apporter le déclic qui faisait que nos victoires ne se concrétisaient que trop peu car, tactiquement et techniquement, il y avait des soucis. Dominer n’est pas gagner. Et le problème…
                - C’est que non seulement on ne domine pas, mais on ne gagne pas non plus, devina la sorcière.
                - Voilà. C’est pour cela que l’apport des plutoniens ne peut nous être que bénéfique. Sariu fera de grandes choses avec nous, comme naguère. C’est juste une question de temps.
     
    ***
     
                Le soleil persistait encore malgré l’approche de la vingtième heure de cette belle journée dominicale qui allait déboucher sur une nouvelle semaine de cours pour les six jeunes amis quittant le complexe « Crazy-Area ». Kimberly et Trini souriaient, les garçons un peu moins, et Zack n’avait pas l’air très heureux…
                - Alors, Zackounet, tes commentaires sur ta formidable prestation de fin de cinquième manche ? provoqua Kimberly.
                - Mademoiselle a gagné avec cent quatre-vingt huit points et se la joue championne de l’univers ? répondit Zack, d’un ton mauvais joueur.
                - Elle t’a quand même distancé de cent deux points, ce qui est énorme… rajouta Jason.
                - Ca vient peut-être des chaussures, qui sait ? s’esclaffa Billy.
                - Bande d’imbéciles heureux… moquez-vous, vous verrez la prochaine fois.
    Ils continuèrent de marcher vers leurs voitures lorsque Tommy remarqua un camion de retransmission de la chaîne West-Canal ainsi qu’un reporter, des caméramans et même un hélicoptère de pompiers, et, tout autour, un petit attroupement de curieux surpris de cette scène. Les six jeunes firent un détour pour voir ce qui se passait. En arrivant, Tommy demanda des informations à l’une des personnes déjà présentes.
                - Ces trois jeunes gens avaient disparu récemment. Ils viennent d’être aperçus ici il y a quelques minutes par des promeneurs.
                - Quel soulagement, dit Trini. Ecoutons-donc la journaliste.
    Le silence refit peu à peu surface et la reportrice, une grande femme blonde d’une trentaine d’années, connue à Angel Grove, poursuivit son intervention.
                - … nous ne savons pas encore si ce jeune garçon et ces deux jeunes filles ont subi quelconque violence mais selon toute vraisemblance, ils ne se souviendraient absolument pas de leur enlèvement. C’est comme s’ils avaient subi un lavage de cerveau entre le moment de leur disparition et aujourd’hui. Selon la police, aucune thèse n’est écartée pour le moment. Nous vous tiendrons au courant dans les prochaines éditions du soir. Angel Grove, c’était Monica Bart pour West…
                - Attendez, attendez, intercepta une voix venant de la foule.
    Un étudiant de petite taille sortit du groupe et vint à la rencontre de la journaliste sans laisser le temps à quiconque de l’en empêcher.
                - Mais… mais qui êtes vous ? demanda la reportrice Monica Bart. Pour les autographes ce n’est pas du tout le moment…
    Tommy et ses amis reconnurent Skull qui avait l’ait complètement paniqué. Ils ne l’avaient jamais vu comme ça.
                - Je m’appelle Eugene Skullovitch et je viens annoncer la disparition de mon meilleur ami d’enfance.
                - Hein ? Mais qu’est ce que… interrogea Monica Bart, complètement dépassée par les évènements.
                - Il s’appelle Farkas Bulkmeier, mais tout le monde l’appelle Bulk, mais il répond aussi au nom de Bulky, ou grosse tête du centre. Il a une carrure de sumotori et il a disparu depuis hier soir. Je le sais car nous devions partir en voyage scolaire cet après-midi et il n’est pas venu avec moi à l’aérodrome. Je suis inquiet, avec toutes ces récentes disparitions…
    Tommy regarda Zack, et ils ne purent s’empêcher de pouffer.
                - C’est à la police qu’il faut signaler cette… disparition, signala la reportrice, qui voyait les deux jeunes rire et qui se demandait s’il ne s’agissait pas d’un petit plaisantin.
                - Je vais aller au commissariat, répondit Skull, stressé, mais je voulais vraiment passer cette annonce. Si quelqu’un l’a vu, ramenez-le à la Maison des Jeunes d’Angel Grove. Je compte sur vous.
                - Euh… Skull ? appela Zack.
                - Quoi, qu’est ce qu’il y a ?
                - Nous, on sait où est Bulk.
                - Hein ? Où est-il alors ? Dis-moi quelque chose ? Où est-il ?
                - Et bien, fit Tommy, il est assez loin, il est dans l’avion vers l’Angleterre.
    Skull était abasourdi par la révélation de Tommy, et complètement effondré. Son ami n’avait peut-être pas disparu, mais il était parti sans lui.
                - Non, c’est pas possible… vous mentez, vous me faites marcher.
                - Même pas, intervint Billy. Pour preuve, on l’a vu avec une tonne de bagages dont quelques sacs contenant tes affaires et tes vêtements.
                - Et ils avaient l’air très lourd ! s’exclama Zack.
    Skull devint pâle. Un autre coup dur venait de lui tomber dessus.
    Pendant ce temps-là, Monica Bart avait remballé son matériel et s’empressait de quitter les lieux, lassée par la crise du jeune Skull.
                - Il est parti avec mes sacs ! Et mes vêtements ? Mais, comment je vais faire pour aller en cours si je n’ai pas de quoi m’habiller.
                - Ah, oui, en effet… explosa Tommy.
                - Tu va faire un peu de naturisme, mon pauvre Skull, se moqua Trini.
    Le pauvre Skull ferma les yeux et se sentit honteux. Et pourtant, il savait que le pire était à venir quand le lendemain, il n’aurait rien à se mettre. Il savait qu’il avait des séances d’oraux blancs dans les prochains jours. Il savait qu’il n’avait une fois de plus pas beaucoup d’argent de côté, puisque tous les salaires qu’il avait accumulés en étant fonctionnaire de police étaient passés dans les fêtes foraines, les machines à sous et autres farces et attrapes.
                - Je suis fichu, se résigna Skull. Je…
    Il s’arrêta net. Des secousses se firent sentir sous les pieds des gens qui commencèrent à paniquer.
                - Mince, un tremblement de terre ! Il faut…
    Mais au grand étonnement de tous, le séisme ne dura que trois secondes. Tommy fit signe à ses amis de le suivre. Ils se retrouvèrent derrière un bâtiment.
                - Cela n’est pas normal, dit Jason. D’habitude, ce genre de truc dure plus longtemps.
                - Demandons conseil à Zordon, répondit Billy. Zordon, ici Billy, tu nous reçois ?
                - Oui Billy. J’allais justement vous joindre. Téléportez-vous immédiatement au Centre de Commandes.
                - D’accord, on arrive, confirma Tommy.
    Les six jeunes se réunirent et activèrent la procédure de téléportation vers leur base située dans les petites montagnes d’Angel Grove.
     
    ***
     
                La première question posée lors de leur arrivée était bien évidemment de savoir ce qui avait bien pu se passer lorsque la Terre avait tremblé.
                - Je n’ai pas de réponses précises, mais ces perturbations viennent de la Lune, cela ne fait pas doute.
                - Qu’est-ce qu’ils préparent encore… souffla Kimberly.
                - Des ondes très puissantes et incroyablement rapides ont effectué un aller-retour furtif vers la Terre juste avant le court séisme. Elles ont transité de la Lune jusqu’à un endroit non éloigné. Ce qui a eu le désavantage de brouiller nos fréquences.
                - A quoi doit-on s’attendre dans les prochains jours ? demanda Jason.
                - Ou dans les prochaines heures tu veux dire, coupa Alpha 5, le droïde à tout faire du Centre de Commandes.
                - Je ne sais pas vraiment, avoua Zordon. Mais, comme bien souvent, restez très prudents. Je pense que l’on ne devrait pas tarder à savoir ce que le Seigneur Zedd nous prépare.




    CHAPITRE 4
    La mise en place du plan secret
     
                C’est avec une émotion visible que Finster voyait ses travaux aboutir : ils étaient sur le point de s’achever. Sariu avait maintes fois exprimé son soutien moral et cela l’avait richement motivé. Finster avait souvent eu l’occasion des sarcasmes de Rita Repulsa, des colères du Seigneur Zedd ou même des moqueries répétées de Goldar. La confiance du prince de Pluton décuplait sa motivation, et la qualité de sa mission en devenait meilleure. Il était rare que Finster soit totalement satisfait de ses expériences et créations d’aliens, mais, ce coup-ci, il était presque sûr de lui.
                - Et bien, l’heure de vérité arrive, dit Finster à Sariu.
    Finster sortit d’une étrange machine un transmutateur qui ne ressemblait à aucun autre. Enfin, il n’était pas du tout similaire à ceux des Power Rangers actuels. Pourtant, la couleur dominante était bien le gris d’Argent, mais le transmutateur ressemblait plutôt à une montre avec communicateur intégré, hormis quelques surfaces dorées mais en minorité. Sariu s’en saisit tout en remerciant le scientifique.
                - Bonne chance, Maître Sariu, souhaita Finster qui se dirigeait vers la sortie du laboratoire où la source de chaleur s’était complètement éteinte.
                - Mais viens avec moi, Finster. Tu ne vas pas rester ici alors que tu es le principal artisan de ce plan ZZ-7. Tu es convenu à l’assemblée, bien évidemment.
                - Et bien, j’arrive alors.
                - Oui, suis-moi.
    Sariu et Finster arpentèrent un très long couloir et montèrent deux étages via l’escalier. Le rendez-vous était fixé dans une vaste pièce située juste à côté de la chambre froide. Entre temps, ils croisèrent Baboo et Squatt qui, dans une pièce, jouaient à un jeu d’échecs aux règles spécifiques avec des prototypes miniatures de monstres en argile en tant que pièces. Finster savait donc où ses créations disparues récemment se trouvaient…
     
                Le Seigneur Zedd, Rita Repulsa, Scorpina et Goldar étaient déjà présents mais depuis peu de temps seulement. Il y avait eu un petit imprévu…
                - Et quand reviendra-t-il ? demanda Scorpina à sa cousine.
                - Assez rapidement. De Jupiter à ici, il n’y a pas non plus cent mille millards de kilomètres. Ce n’est pas très loin.
                - Il va encore traîner dans nos pattes, cet incapable… râla Zedd.
                - Comment tu parles de mon frère… rétorqua Rita.
    Sariu était curieux de savoir de qui ils parlaient.
                - Qui est ton frère, Rita ? Je ne le connais pas. Tu ne m’en as jamais parlé.
                - Euh… ah oui, c’est possible. Et bien, c’est Rito Revolto, et il a donné signe de vie. Tu feras très prochainement sa connaissance.
                - Un allié de plus, cela ne peut nous être que bénéfique.
                - Oui, surtout que ce sac d’os sur pattes est le champion dans sa catégorie d’alien le plus gaffeur et le plus maladroit.
                - Vilain mari ! pesta Rita. Il avait quand même vaincu les Tonnerre zords !
                - Revenons donc au sujet de cette réunion, imposa Zedd. Notre ami Sariu va vous expliquer le nouveau plan d’attaque infaillible. Je vous ordonne de l’écouter.
    Chacun prit place sur ce qui ressemblait davantage à des tabourets rouillés, sauf Sariu qui se dirigea vers la petite estrade.
                - Je viens vous parler du plan codé ZZ-7. Il s’agit d’une offensive répondant à l’humiliation qu’on tenté de nous adresser les Power Rangers dernièrement, dans ce square. De plus, le vol de la plantation des anges nous a tous assommés mais il ne faut pas baisser les bras pour autant. Le plan n’est finalement pas un plan, puisque nous misons tout sur une seule et unique personne, à savoir, un nouvel allié. Cet allié vous ne savez pas encore qui il est, et je vais vous le présenter d’ici quelques secondes. Je vous prie de m’excuser.
    Sariu descendit de l’estrade et ouvrit une porte permettant un accès direct à la chambre froide. Il en ressortit quelques secondes plus tard, suivi d’un individu en combinaison, de taille plus que moyenne et de carrure peu imposante.
                - Je suis heureux de vous présenter notre Power Ranger : le Zeo Ranger d’Argent. Ce Zeo Ranger d’Argent est prêt à en découdre avec la troupe de Zordon et son orchestre de pauvres nabots. C’est Finster qui est le garant de ce succès : grâce aux cristaux Zeo rapportés, il a pu créer ce Ranger. Il a prélevé des cellules extraites des cinq cristaux qu’il a mélangés. Après, je ne vais pas dévoiler le secret de sa préparation et de ses expériences. Je ne les connais même pas tous.
                - Il n’est pas très costaud, ce Ranger, confia à voix basse Goldar à Scorpina, assise à sa droite.
    Le Zeo Ranger d’Argent arborait une combinaison égale en tout point à la tenue classique des Power Rangers Zeo ayant sévi dans le futur révolu, si ce n’est que la couleur dominante était l’argent et que le motif de la visière était tout simplement un losange.aux côtés très légèrement arrondis vers l’intérieur de la forme. Un pistolet d’assaut se trouvait dans un rangement à droite de sa ceinture, complété par ce qui ressemblait à un boomerang.
                - Zedd, mon ami, je suppose que tu veux voir ce Ranger au combat le plus rapidement possible. Je lui ordonne de se rendre sur Terre ?
    Zedd estimait que le Ranger devait montrer ses preuves avant de passer à l’offensive. Il voulait vérifier les talents de son nouveau pion.
                - Attends une minute. J’aimerai d’abord que notre Zeo Ranger d’Argent montre ce qu’il sait faire. Je lui propose de mettre à terre douze patrouilleurs. Son succès le propulsera au devant de la scène, c’est-à-dire, à Angel Grove. Mais avant, passage au test contre mes patrouilleurs.
                - Très bonne idée, dit Rita.
                - Je suis d’accord, accepta Sariu.
                - Zeo Ranger d’Argent, es-tu prêt ? demanda Zedd.
    Le Ranger fit un signe affirmatif de la tête.
    Alors, le Seigneur Zedd se leva, tendit son sceptre, le Z pointant vers le haut et, de plusieurs éclairs, fit jaillir douze patrouilleurs, qui se rangèrent en rang trois par trois entre les places assises et l’estrade.
    Le Zeo Ranger d’Argent n’hésita pas et sauta en avant pour se frotter à son premier défi. Il ne lui fallut pas longtemps pour venir à bout de la première moitié de combattants qu’il mit hors d’état de nuire avec une facilité et une technique que le Seigneur Zedd appréciait, comme tout l’auditoire.
    Ce Ranger avait quelque chose de rare, hors du commun ; de plus, il était si souple qu’il pouvait aussi bien balayer ses ennemis avec les mains qu’avec les jambes. Puis, il se dirigea vers un groupe de trois et les élimina grâce à une magnifique pirouette de tout le corps qui propulsa les patrouilleurs à quelques mètres.
    Enfin, pour les trois derniers, le Zeo Ranger d’Argent se saisit de son boomerang et le lança. Il toucha les trois patrouilleurs et revint dans les mains du lanceur.
     
                Il ne restait donc plus qu’une seule silhouette grise debout, et c’était bien le Ranger. Il avait gagné le défi. Finster était sous le charme, et, à son grand soulagement, il n’était pas le seul. Rita et Goldar applaudirent, pendant que Zedd fit un geste de la main pour féliciter son nouveau combattant. En revanche, Scorpina était déjà jalouse de ne pas être la vedette de ce plan, mais elle ne le montrait pas. Elle pensait être la meilleure placée pour vaincre les humains.
                - Impressionnant… tout bonnement impressionnant, reconnut Rita, émerveillée par le spectacle.
                - Très bien, très très bien, acclama le seigneur rouge, que notre Zeo Ranger d’Argent se rende sur la Terre, à Angel Grove. Il partira avec une troupe de combattants en soutien.
                - Merci mes amis, s’inclina Sariu, suivi du Ranger qui fit de même sans parler.
    Tous se levèrent et souhaitèrent succès et victoire au Zeo Ranger d’Argent. Sariu serra Finster d’une poignée de main sincère qui voulait tout dire de l’estime que portait le prince de Pluton à ses compatriotes. Ensuite le Seigneur Zedd resta avec Sariu afin de donner les directives à la nouvelle coqueluche des forces maléfiques qui allait très bientôt montrer l’étendue de ses talents au combat.
     
    ***
     
                Le lundi d’une nouvelle semaine ensoleillée proposait aux six jeunes Rangers de passer un peu de temps ensemble entre douze et quinze heures, créneau horaire pendant lequel des réunions pédagogiques de l’encadrement scolaire et universitaire se tenaient.
    Billy avait soumis l’idée d’un pique-nique dans le parc, mais plutôt dans ses lieux inhabituels où ils n’allaient que trop rarement. Ils avaient choisi de se rendre de l’autre côté du lac, ou quelques collines de verdures moins entretenues se retrouvaient encore jonchées de troncs d’arbres victimes du retour des forces du mal il y a quelques semaines, alors que les Rangers venaient eux aussi de repasser à l’action. Il y avait tout de même deux tractopelles et un camion-benne sans doute présents pour enlever les troncs et branchages qui trainaient.
    Jason portait la glacière pleine de bons sandwichs achetés chez Ernie, tout comme le journal local que Kimberly était pressée de lire : en effet, elle attendait des résultats de concours de gymnastiques de grandes stars qu’elle admirait.
                - Et si on se mettait là, sous cet arbre ? proposa Tommy.
                - Bonne idée, on sera à l’abri du soleil, affirma Zack. En parlant de soleil, Adam m’a dit tout à l’heure lorsqu’ils nous ont appelé qu’il pleuvait averse à Londres. En tout cas, heureux qu’ils soient bien arrivés là-bas.
                - C’est vrai que la chaleur devient de plus en plus étouffante, constata Trini. Il n’y a même pas de vent. Au moins, à Londres, ils ne bronzeront pas, mais ils seront humides.
    Les jeunes gens s’installèrent après avoir déplié leurs serviettes sur la pelouse qui avait plutôt l’air de mauvaise herbe avec des pissenlits en surnombre.
                - J’ai tellement faim que je ne peux pas attendre une minute de plus avant de manger mes sandwichs, dit Jason.
                - Tes sandwichs ? s’étonna Kimberly. Tu en as pris combien ?
                - J’en ai pris trois, et que des sandwichs bien garnis. J’ai pris la spécialité de la Maison des Jeunes : pain, bacon, tomates, gruyères, œufs durs, poivrons, et mayonnaise.
                - Et bien, avec ça… rigola Zack. C’est pour te remettre de tes émotions d’hier.
                - Il me faut au moins ça après les cours, répondit Jason. Je n’ai pas eu le temps de manger ce matin, et j’ai l’estomac qui réclame de la nourriture et…
                - Jason, au lieu de bavasser, laisse-nous prendre nos déjeuners, s’impatienta Trini. On a tous très faim.
                - Allez-y, servez-vous.
                - Le problème, fit Trini, c’est que tu parles, tu parles, et tu ne t’aperçois même pas que tu es assis sur la glacière !
                - Oups, pardon… s’excusa le jeune gourmand en allant s’asseoir ailleurs, entre Billy et Kimberly. Allez, je me tais, et je vous dis juste bon appétit. Servez-vous, enfin… servons-nous.
    Tommy s’apprêtait à ouvrir la glacière lorsqu’ils virent des hommes courir à toute allure dans leur direction en provenance des engins de chantier. Plus ils s’approchaient d’eux, plus ils avaient l’air paniqués. Ils étaient quatre à courir.
                - Vite, fuyez, dit l’un d’eux, barrez-vous, il y a des monstres derrière nos tractopelles ! Fuyez !
    Les quatre ouvriers n’attendirent pas les jeunes pour s’échapper et partir vers l’opposé du lac. Tommy regarda ses amis et se leva.
                - Allons voir ce qu’il se passe là-bas. N’oublions-pas la glacière.
                - Ne t’inquiète-pas, répondit Jason qui l’avait déjà pris en charge, je l’emmène. Je ne vais sûrement pas la laisser ici.
    Le groupe se précipita aux environs des engins de chantier et tomba sur des ennemis bien connus.
                - Des tengas… fit Kimberly. Ils ne peuvent pas aller manger pendant que nous, nous faisons pareil ?
                - Tengas ou pas tengas, je ne laisserai pas des oiseaux d’un mètre soixante-dix marchant comme des humains compromettre mon repas du midi, dit Jason. Il faut passer à l’attaque. Allons-y.
                - Oui, viens, inconscient, sortit un des ennemis volatiles.
    Jason voulut s’avancer mais Billy le retint par le bras.
                - Jason, non ! Ce sont des tengas, pas de simples patrouilleurs ! Ils sont plus puissants ! Nous ne pouvons pas les attaquer en civils.
                - Ah bon ? Et bien, il faut se transmuter.
                - Faisons appel aux pouvoirs ninjas, ordonna Tommy.
                - Tu peux me la refaire ? demanda Jason.
                - Ah oui, c’est vrai, se rappela Tommy en désignant Zack, Trini et Jason, vous ne connaissez pas les pouvoirs ninjettis. Vous étiez partis et vous ne les aviez pas connus. Ce serait trop long à raconter mais suivez le mouvement et faites comme Kim, Billy et moi.
                - Ok, ça marche, acquiesça Jason.
                - Vous êtes prêts ? interrogea Tommy.
                - Prêts ! reprirent les autres en chœur.
                - Alors, c’est parti ! Force ninjetti, à nous le pouvoir ! Ninja power !
    Tommy, qui avait pris le temps de vérifier que personne ne pouvait les voir se transformer, entreprit des mouvements rapides du bras gauche, et il fut imité par les autres Rangers. Zack, Trini et Jason suivirent sans savoir à quoi ils devaient s’attendre. Ils se posèrent toujours cette question lorsque la transformation se termina. Trini regarda ses amis puis se scruta à son tour et ouvrit la bouche pour dire une bêtise.
                - Nom de nom ! J’ai l’impression d’être en pyjama !
                - Je confirme ! Qu’est-ce qu’on est obligé de faire pour espérer déjeuner tranquille !
    Les six jeunes étaient en ninjettis. Chacun partit dans son coin à la rencontre des tengas qui étaient au nombre de dix-huit. Zack entama quelques pas de côté comme il avait l’habitude de faire contre les patrouilleurs dans le but de les distraire pour mettre quelques coups.
                - Et bien, cette tenue me plaît ! Je me sens fort avec ! Si seulement je pouvais me battre en même temps de danser comme Mickaël Jackson…
    Tout à coup, ses jambes s’emballèrent et se mirent à exécuter une chorégraphie de maître. Il n’avait plus vraiment le contrôle de la partie basse de son corps mais l’énergie de ses membres supérieurs était optimisée.
                - C’est géant ! Je fais un malheur ! Quels pouvoirs sensationnels !!!
                - Mais qu’est ce qu’il fout ! s’agaça un tenga qui ne tarda pas à prendre un bel uppercut du ninja danseur.
                - Regarde Trini comment je suis bon ! Je suis Mickaël Jackson ! Cool !
                - Mais Ranger noir, tu n’es pas Billy, et tu n’es pas en jean ? demanda bêtement un oiseau.
                - Bravo Ranger Noir, ou plutôt, ninjetti Noir. Pour ma part, je te fais de ces feintes ! Incroyable !
    En effet, la ninjetti Jaune pouvait faire de superbes feintes qui étourdissaient les volatiles. Elle s’amusait tellement qu’elle riait en même temps de progresser. Elle adorait ses pouvoirs malgré le costume qu’elle trouvait ridicule en tous points.
                - Vous voyez, dans le film « Les Oiseaux », c’est votre espèce qui gagne au début, mais qui perd à la fin. Et là, c’est votre fin à vous ! provoqua Trini tout en envoyant un tenga dans les airs.
                - Bien joué, félicita Jason. Ils ne sont pas au bout de leurs surprises.
                - Oui, regarde, dit Tommy, fais comme moi, pense très fort au fait que tu veuilles te retrouver sous terre.
                - C’est pas risqué ? demanda Jason.
                - Mais non, fais-le. Tu vas voir.
    Jason s’exécuta et Tommy fit de même. C’est alors qu’ils se retrouvèrent sous les tengas, dans un trou parfaitement adapté ou leur corps était certes à l’étroit, mais duquel ils pouvaient sortir les bras et même évacuer à tout moment.
                - Super, on peut leur attraper les jambes ! s’exclama Jason tout en réalisant ses dirs.
                - Tu vois je t’avais dit que c’était sympa, et c’est sans risques, répondit Tommy. Et si tu veux, on peut même bondir par surprise. Tu n’as juste à penser à te propulser vers le haut.
    C’est comme cela que les deux ninjettis tapèrent des tengas par en-dessous à grande vitesse. Arrivés à la surface ils constatèrent qu’il ne restait qu’un tenga à la lutte avec Billy et Kimberly.
                - Laissez-moi, s’il vous plaît, pitié ! supplia le volatile, seul contre six. De toute façon, j’ai juste à m’envoler pour m’échapper !
                - Je ne te laisserai pas ce plaisir, lança Billy pendant qu’il attrapa l’ennemi et le porta d’une seule main. Il le lança vers Kimberly qui le renvoya au ninjetti Bleu via une superbe manchette digne de volleyeurs expérimentés. Après quelques échanges, les deux joueurs d’un instant arrêtèrent et laissèrent le pauvre tenga heurter le sol, inerte. Lui et les dix-sept autres disparurent. Les ninjettis se regroupèrent et se félicitèrent.
                - Encore des pauvres piafs morts au combat, plaisanta Billy.
                - Et bien, ces pouvoirs sont fantastiques, admit Jason. Super. Maintenant, à table.
    Ils se tournèrent pour guetter que personne ne puisse voir la manœuvre de retour en tenue civile mais une voix féminine les interpella quelques mètres plus haut sur la colline.      
                            - Je suis enchanté de faire la connaissance de mes six proies.
    Les jeunes, Zack en tête, dirigèrent leur regard vers où provenait la voix et virent ce qu’il semblait être un Power Ranger.
                - Ca par exemple… un Zeo Ranger ! dit Tommy.
                - Je me présente, je suis la Zeo Ranger d’Argent, la septième et ultime Zeo Ranger. Si je suis ici, c’est pour vous tuer, vous et les autres humains qui se présenteront sur mon chemin.
                - Quoi ? Tu es envoyée par le Seigneur Zedd ? questionna virulemment Trini.
                - Je prépare le terrain de sa future conquête et je traque les vauriens qui ne sont pas d’accord.
                - Tu es un Ranger, rejoins-nous pour lutter le mal, au lieu de t’empêtrer dans des situations désastreuses, dit Zack qui savait que ses paroles seraient vaines.
                - Pauvre idiot. Je suis la Zeo Ranger d’Argent, créée par les forces du mal. J’obéis à mes maîtres. Ma mission est d’éliminer les Power Rangers. Je vais donc vous éliminer le plus vite possible.
    Jason regarda attentivement cette nouvelle Ranger ennemie. Il voulait savoir si elle était puissante.
                - Si tu es la Zeo Ranger d’Argent, es-tu plus puissante que le Zeo Ranger Doré ?
                - Certainement, quelle question. Je suis le fruit des cristaux Zeo. Je suis invulnérable.
                - Il n’y a que cinq cristaux pour six couleurs, contra Jason. Si tes pouvoirs sont issus de ces cristaux, il te manque les pouvoirs du Zeo Ranger Doré que j’ai été. Et même en rouge, je vais te montrer de quel bois je me chauffe lorsque l’on me dérange pendant mon déjeuner.
                - Jason, non ! crièrent Billy et Trini.
    Jason sauta en l’air pour tenter d’atterrir devant la Zeo Ranger d’Argent. Mais cette dernière avait vu le coup venir et saute les deux pieds en direction de l’assaillant. Le ninjetti Rouge se retrouva propulsé et retomba au pied des autres ninjas.
                - Tes copains t’avaient dit non, se moqua la Ranger maléfique. De plus, on ne tape pas les femmes, ce n’est pas bien.
                - C’est ça, c’est ça… attends de voir… répondit Jason, très remonté.
                - On n’a plus le choix, décréta Tommy. Il faut passer en mode Power Rangers. Transmutation sans délai !
    Les Ninjettis saisirent leurs médaillons respectifs, Jason compris, même à moitié allongé.
    -          Par le pouvoir du Ranger Noir !
    -          Par le pouvoir du Ranger Rose !
    -          Par le pouvoir du Ranger Bleu!
    -          Par le pouvoir du Ranger Jaune !
    -          Par le pouvoir du Ranger Blanc !
    Jason se releva pour conclure la transmutation.
                - Et par le pouvoir du Ranger Rouge ! Prêt pour le combat !
    L’équipe des Power Rangers était au grand complet, et intégralement debout, prête à défendre ses couleurs et bien plus.
                - Enfin, cela va avoir un peu plus de gueule… lança la Zeo Ranger d’Argent. Zeo Ranger contre Rangers, qui va gagner ? Qui sera supérieur ? Qui est venu sans ses muscles ? Qui seront les Rangers faibles ?
                - Prépare-toi à retourner d’où tu viens, même si tu es une fille, attaqua Jason.
               - Si ça se trouve, tu es mignonne, ça serait dommage que je sois contraint de te mettre quelques coups de pied, prévint Zack.
                - Ma beauté corporelle n’a rien à faire dans cette conversation. Je préfère la beauté de mon art martial, enfin, de toutes les techniques que je maîtrise.
                - On va voir ce que tu vaux, dit le Ranger Blanc.
                - A l’action ! cria la Zeo Ranger.
    Les six Rangers, le Ranger Blanc en tête, se dirigèrent vers l’ennemi pour une lutte qui, dans l’esprit de Jason, paraissait démesurée tant il croyait à la victoire facile.
    Mais, comme les autres Rangers du bien, il n’était pas au bout de ses surprises.
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    Re: MMPR S4, épisode 3 : Zeo Zeo Sept

    Message par KL44 le Sam 21 Fév - 11:14

    La suite...

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    CHAPITRE 5
    Zeo Ranger sept
     
                Les Power Rangers étaient prêts à se défendre, mais l’ennemie était aussi prête à attaquer. Son infériorité numérique n’avait pas l’air de lui faire peur.
               - Rangers, vous savez ce qu’il vous reste à faire, lança le Ranger Blanc. On va d’abord tenter de l’immobiliser. Alors, c’est parti !
                - Je n’ai même pas un frisson… rétorqua la Zeo Ranger d’Argent, qui tendit le bras droit en avant et plia le bras gauche tout en serrant les poings.
    Trini, Kimberly et Jason furent les premiers à se ruer sur la Ranger du mal. La riposte de celle-ci ne se fit pas attendre et elle fonça sur la Ranger Jaune, qu’elle chargea de la tête dans le bas ventre. En guise de réponse, le Ranger Noir lui fit un croche-pattes qui l’abaissa à terre.
                - Bien joué, souffla Trini, qui avait eu plus de peur que de mal. Elle va payer, cette garce !
                - C’est moi que tu traites de garce ! Tu ne t’es pas regardé ! répliqua la Zeo Ranger d’Argent, qui attribua un coup de coude dans le casque du Ranger Noir qui recula puis tomba en arrière suite à un deuxième choc. La Ranger d’Argent avait vu que les cinq autres Power Rangers s’apprêtaient à se ruer sur elle mais elle décida d’effectuer une pirouette vers le Ranger le plus proche, à savoir, la Ranger Rose qui eut le malheur de se trouver sur son chemin. La pauvre Kimberly se vit projetée sur Jason, ce qui tels des dominos, provoqua une chute en série.
                - Vous n’avez rien de cassé ? demanda Tommy tout en tendant la main à Kimberly pour qu’elle puisse se relever.
                - Je ne crois pas, dit Jason.
                - Non, moi, ça va aussi, assura Kimberly.
                - Cette Ranger grise est coriace ! admit Jason. Mais il faut trouver un moyen de la faire cesser. Il faut que l’on y aille tous ensemble !
                - Bonne idée ! Tous sur elle ! cria Tommy.
    Le Ranger Rouge se releva et tous coururent vers la Ranger d’Argent. Billy sauta en sa direction mais elle esquiva assez facilement la parade du Ranger Bleu qui s’écrasa assez lamentablement parmi des branchages. Zack fit de même mais cette fois il visa bien et chargea l’ennemie qui s’écroula.
                - Ca, c’est pour le coup de tout à l’heure, dit le Ranger Noir.
    Mais Zack ne s’attendait pas à une contre-attaque de la Zeo Ranger d’Argent et pourtant, elle plaça un coup de genou assez mal placé…
                - Aie !!! Aie !!! Quelle garce en effet, celle-là !
                - Bien fait, rigola la Zeo Ranger d’Argent.
                - Zack, mon pauvre Zack, paniqua Kimberly… j’espère que tu n’as rien de cassé ou… d’entorsé.
                - J’espère pas non plus, mais ça fait vachement pas du bien…
    La Ranger d’Argent était une nouvelle fois debout et heureuse de son coup. Mais, tous les Rangers n’étaient pas autour de Zack. Le plus puissant des Power Rangers se tint devant elle.
                - Tu n’as pas idée de la vengeance que Zack aimerait t’affliger, fille ou pas fille, s’énerva Tommy d’une voix grave. On ne touche pas à mes amis comme ça, et surtout, surtout pas de cette façon.
                - Ah, parce que tu sais te battre ? Tu sais pratiquer les arts martiaux ? Alors, je veux bien voir ce dont…
    Elle fut coupée dans sa phrase par un puissant mawashi gerri de la jambe droite du Ranger Blanc. La Zeo Ranger d’Argent fut littéralement balayée et elle se retrouva trois bons mètres derrière, allongée sur le dos et visiblement secouée.
                - Ouais, bien joué Tommy, elle le méritait ! s’enchanta Zack, qui avait toujours un peu mal.
                - Grâce au Ranger Blanc, tu as passé ton baptême de l’air, lança Trini.
                - Et si tu veux recommencer, demande-lui, ce sera avec plaisir, poursuivit Kimberly.
    La Zeo Ranger d’Argent ne se relevait pas. Mieux encore, elle n’avait pas l’air de bouger. Elle gisait par terre, et elle demeurait telle une personne inerte.
                - Venez, allons voir son état de plus près, décida le Ranger Blanc.
                - D’accord, mais restons prudents, conseilla Billy.
    Et ils avaient raison de vouloir redoubler de prudence, car la Zeo Ranger d’Argent, sentant approcher les six justiciers de Zordon, se mit en position assise, saisit son boomerang et le lança en leur direction.
                - Cadeau ! fit-elle gaiement, en se tenant la jambe droite qui lui offrait encore quelques douleurs peu rassurantes.
    Aucun Ranger ne vit le coup venir. Le boomerang toucha tous les Rangers sans exception, commençant son périple par le Ranger Bleu et le terminant par le Ranger Rouge. Le boomerang revint automatiquement dans la main de la Ranger d’Argent qui s’émerveillait quant à l’idée de voir ses proies le nez à terre.
     
     
    Du balcon du Palais Lunaire, Rita Repulsa regardait attentivement le duel via le télescope. Elle s’enchantait devant les talents de sa nouvelle protégée mais elle se demandait combien de temps elle pourrait tenir, car le récent coup du Ranger Blanc avait été puissant, et sous-estimée de la part de sa réceptrice. Elle pensait que l’apport de renforts serait plus avantageux.
    Alors, elle quitta le balcon en direction du Seigneur Zedd qui, assis sur son trône, discutait avec Sariu. Le Seigneur Zedd, qui aimait les serpents, s’en était même approprié un qui se baladait sur tout son corps. Il s’agissait d’un python marron avec quelques tâches orangées. Il avait découvert les serpents sur Terre il y a très longtemps, et, sous le charme de ce reptile qui pouvait tuer l’humain de sa simple morsure, il en avait rapporté quelques exemplaires sur la Lune. Ces serpents avaient, pour une raison qui lui était inconnue, survécus, et ils s’étaient même reproduits.
                - Mon chéri, je pense qu’il faut envoyer des patrouilleurs pour suppléer notre Zeo Ranger d’Argent. Malgré le fait qu’elle se bat très bien, elle connaît parfois quelques lacunes, notamment contre le Ranger Blanc. Autant mettre toutes les cartes de notre côté. Il faut laisser aucune chance à ces jeunes Rangers.
                - Ah, ce Tommy, si seulement nous pouvions le récupérer, rêva Zedd. Ca serait le bonheur assuré.
                - C’est vrai que, selon vos dires, il serait un excellent élément, admit Sariu.
                - Alors, peux-tu envoyer des patrouilleurs à Angel Grove ? réitéra la sorcière et impératrice du mal.
                - Je pense que c’est une bonne idée, répondit le seigneur rouge. Je suis sûr que sept patrouilleurs suffiront pour le moment. Je préfère garder des sbires de réserve pour une prochaine attaque de grande envergure dont je parlais à l’instant avec notre ami Sariu. Et puis, si les Rangers ne sont pas tués tout de suite, leur heure viendra ultérieurement. Notre nouvelle guerrière a le droit de s’amuser un peu avec ses nouveaux jouets, avant qu’elle ne les casse.
                - J’approuve cette idée d’envoyer des renforts, ajouta le prince de Pluton. Cependant mes soldats personnels ne sont pas disponibles non plus pour le moment. Je préfère aussi les garder pour un futur projet.
    Zedd quitta son trône, se débarrassa du python qui s’était entourée autour de son cou, saisit son sceptre argenté et se dirigea vers le balcon. Il jeta tout de même un coup d’œil dans le télescope. La Zeo Ranger d’Argent était toujours la seule à être debout et visiblement, elle voulait abréger rapidement le combat et la vie des Power Rangers : en effet elle s’apprêtait à lancer de nouveau son boomerang.
    Ce qui faisait plaisir à Zedd, c’était de voir les Power Rangers de Zordon à terre, voyant même la Zeo Ranger d’Argent en rajouter une couche avec ce nouveau jet de boomerang. Alors, le seigneur du mal s’avança vers les barrières du balcon et fit jaillir de nombreux éclairs qu’il expédia vers la Terre.
     
    ***
     
                - Nouvelle surprise pour vous ! clama la Zeo Ranger d’Argent qui venait de lancer de nouveau son boomerang vers les Rangers. Mais cette fois-ci, les Rangers Rouge et Rose évitèrent le projectile, sans pour autant empêcher l’atteinte des quatre autres défenseurs du bien.
    Le Ranger Rouge s’empressa d’aller à la rencontre de l’ennemie, tout comme la Ranger Rose qui, par surprise, jaillit par les airs. Les jambes de Kimberly vinrent entourer la tête de la Zeo Ranger d’Argent qui se vit mettre au sol avec Kimberly qui rata sa réception, malgré le fait qu’elle soit en temps normal une excellente gymnaste. Jason la retint quelque peu mais évita le retour de la Zeo Ranger d’Argent qui n’eut pas le temps de se relever complètement : Jason lui mit une jolie béquille juste au-dessus du genou droite, là où elle avait déjà ressenti une douleur contraignante suite au contre du Ranger Blanc.
    Cette fois, la combattante avait vraiment souffert de la béquille et ce dernier l’attrapa et la releva en mettant ses deux bras sous ses épaules. Pendant ce temps-là les autres Rangers étaient revenus et s’approchaient. Mais ils furent repoussés par l’apparition soudaine d’éclairs qui libérèrent une bien mauvaise surprise pour les Power Rangers…
                - Zut ! râla le Ranger Blanc. Des patrouilleurs ! Quatre à gauche, un en face et deux à notre droite ! Restez sur vos gardes.
                - Je me charge de celui en face, choisit la Ranger Rose. Attention Tommy, les trois se ruent sur toi !
                - Oui je les vois, merci…
    Pendant que Kimberly tentait à tout prix de viser le Z cerclé, synonyme de mise à mort du patrouilleur qu’elle prenait en charge, Tommy entama une petite séance de grands écarts en rotation de cent quatre-vingt degrés, et ce à plusieurs reprises. Deux patrouilleurs sur trois n’avaient pu résister à la puissance physique du chef de l’équipe des Power Rangers. Le dernier sbire restant réussit tout de même à taper Tommy dans le dos ; ce dernier tomba par terre avant de voir que Billy et Zack étaient en très grande difficulté contre un patrouilleur et la Zeo Ranger d’Argent.
    Tommy se releva, entoura avec le bras la tête du patrouilleur, et, de son autre bras, tapa en plein dans le système de destruction du combattant de Zedd. Débarrassé de son assaillant, Tommy courut vers la Ranger à la tenue argentée, suivi des autres Rangers qui avaient repoussé ou tué les autres patrouilleurs. Les Rangers Bleu et Noir étaient à terre, et la Zeo Ranger d’Argent s’empara de nouveau de son arme fatale.
                - Attention au boomerang ! alerta Tommy en criant. Couchez-vous !
    Tommy entama l’esquive en pirouettant sur sa gauche, mais le boomerang parvint à toucher Jason, Trini, et Kimberly avant qu’ils ne puissent éviter le choc. Billy et Zack, déjà au sol, ne d’étaient toujours pas relevés. Tommy se releva et se dirigea vers ses collègues, sans voir le retour du boomerang…
                - Ahhhhhh… hurla de douleur le Ranger Blanc.
                - Bien fait pour toi, ricana la Zeo Ranger d’Argent, avant de s’adresser aux deux patrouilleurs restants. Soldats, allez me chercher le Ranger Blanc. Pendant ce temps-là, je vais continuer de lancer mon boomerang sur les Power Rangers jusqu’à leur mort. Je vais me charger de leur capitaine personnellement.
    Les deux patrouilleurs acquiéscèrent et allèrent vers Tommy afin de l’amener à ses pieds. Le Ranger Blanc ne sentait plus ses jambes et se sentait quelque peu paralysé. Il n’esquissa pas la moindre résistance, même lorsque les patrouilleurs se mirent à le traîner jusqu’à la Zeo Ranger d’Argent qui venait de relancer son boomerang qui faisait le tour des Rangers blessés. Tommy avait beau entendre les cris et les souffrances de ses amis, il n’avait sur le moment pas la force de lutter.
    Tommy fut jeté devant la Zeo Ranger d’Argent qui posa son pied gauche sur la tête de ce dernier, comme pour montrer sa supériorité. Les deux patrouilleurs restèrent juste derrière.
                - Bien, très bien, jubila la Ranger du mal, qui était revenue un peu plus haut sur la petite colline. Maintenant, passons aux choses sérieuses. Ranger Blanc, ou Tommy, puisque c’est comme ça que tes parents ont décidé de t’appeler, tu as échoué. Je vais te dire ce qui va se passer maintenant. Tout d’abord, mes deux patrouilleurs vont s’amuser un peu avec toi en te donnant une petite correction. Puis ensuite, lorsque tu seras complètement crevé, tu assisteras à la mort de tes amis. Beau programme, n’est-ce-pas ?
                - Tu es indigne d’une Ranger… lâcha Tommy, très affaibli.
                - Et tu me provoques en plus ? C’en est trop. Tout est fini pour toi.
                - Non, rien n’est fini.
                - Vraiment ? Très bien. Patrouilleurs, je vous le laisse. Jouez avec Tommy c’est jamais fini. Je vais continuer à faire du mal à ses cinq copains et copines pour me marrer un peu, et pour lui faire comprendre à quel point sa défaite lui sera humiliante. Les forces du mal sont en passe d’éliminer les Power Rangers.
    Les patrouilleurs n’avaient pas attendu le discours de la Ranger d’Argent pour relever le Ranger Blanc et s’en servir comme punching-ball. Tommy, ne résistant pas aux charges, ne pouvait que constater que ses amis se cambraient de douleur. Alors, il eut une idée malgré les poings qui pleuvaient dans son bas ventre. Il guetta la trajectoire du boomerang qui passait non loin de lui à chaque lancer. La prochaine rotation de l’arme allait avoir lieu. Alors, il respira un grand coup en espérant que sa démarche n’allait pas être vaine.
    -          Saba, lève-toi et élimine le boomerang et les patrouilleurs si possible !!!
    Saba, le redoutable sabre magique à tête de tigre, sortit de la ceinture du Ranger Blanc et fonça à vive allure vers le boomerang qui se retrouva en deux parties suite au choc avec la lame. Simultanément, Saba lança de ses yeux des rayons laser rouges sur le dos d’un des deux patrouilleurs qui se retrouva quelque peu brûlé. Il lâcha Tommy qui tomba à terre, toujours à court de souffle après les coups reçus dans l’estomac et dans les côtes. Saba réussit même à achever le patrouilleur en allant se frotter au Z cerclé. Le sbire explosa, et il ne restait plus qu’un patrouilleur à proximité du Ranger Blanc.
                - Excellent, Saba, excellent, remercia Tommy en suffoquant. Occupe-toi du dernier !
                - Ce sera fait selon tes désirs, répondit l’épée qui savait parler, au grand étonnement de la Zeo Ranger d’Argent.
                - Ton épée n’aurait jamais dû faire ce qu’elle a fait, répondit la femme en tenue argentée. A moi de te donner une bonne leçon.
    Elle s’approcha de Tommy qui s’était mis à genoux pour retrouver un souffle normal mais la Zeo Ranger d’Argent lui mit un puissant coup de pied en plein casque. Tommy s’effondra à terre.
                - Non ! cria Kimberly, allongée au loin.
                - Saleté ! ajouta Zack. Tu vas voir, toi…
                - Oh… ce n’est pas d’où vous êtes que vous me faites peur.
                - Tu verras… tes agissements ne resteront pas impunis, fais-nous confiance… dit Jason, qui tentait de se relever.
                - Regardez comme vous êtes pitoyables, ria la Ranger d’Argent en parlant aux blessés au loin, que ce soit toi, toi, toi, toi, ou encore… mais, il est passé où le bleu ?
                - Derrière toi ! clama Billy, qui utilisa des pouvoirs spéciaux de Ranger à valider en cas d’urgence seulement : en effet, c’est à l’horizontal que le Ranger se plaça, les pieds effectuant chacun leur tour des va-et-vient dans le dos de la Zeo Ranger d’Argent qui se retrouva complètement dépassé par l’action soudaine et malvenue.
    La Zeo Ranger d’Argent atterrit tout en bas de la colline, plus près des autres Rangers qui se relevaient peu à peu. Seul Tommy était encore en train de reprendre ses esprits, soutenu par Trini, Zack et, bien évidemment, Kimberly. Jason avait décidé de garantir un peu plus de sécurité en éliminant le dernier patrouilleur restant, qui tenta tout de même de manifester quelques esquives. Billy bloquait la Zeo Ranger d’Argent qui gémissait, allongée dans l’herbe.
                - Merci, les amis, félicita le Ranger Blanc. Et, bravo Billy… pour cette remarquable adresse.
                - Je t’en remercie, grand chef, répondit le Ranger Bleu qui venait de se surpasser. Tu peux aussi t’en remettre à Saba qui a fait un bon boulot.
                - Ca me touche beaucoup, s’émoustilla Saba. Moi aussi, j’ai l’âme d’une guerrière, ou plutôt, la lame d’une guerrière…
                - Venez m’aider à la retenir, ça n’est pas facile, appela Billy.
                - Pauvre crétin, provoqua la Zeo Ranger d’Argent, tout en saisissant son pistolet laser et en le braquant sur Billy.
                - Mais…
                - Billy, éloigne-toi ! alerta Jason. Vite !
    Billy évita un puissant laser de justesse. Le rayon alla tout droit vers la feuille d’un chêne qui se retrouva trouée. Les Rangers comprirent l’intensité foudroyante du laser et reculèrent de quelques pas, Billy de même. Mais Tommy avait eu la bonne idée de lancer Saba vers le pistolet qui échappa des mains de la tireuse.
                - Mon arme de poing !!! Salopard !!!
                - Garde tes insultes, ça ira, répondit le Ranger Blanc, qui fit signe de la main à Saba de revenir.
                - Vous ne croyez tout de même pas que je vais me laisser faire ? Vous ne me croyiez pas vaincue ? pesta la Zeo Ranger d’Argent.
                - Tu as déjà perdu en choisissant l’axe maléfique, dit Zack.
                - Il a raison, fit Trini, pendant que les Rangers encerclaient la Zeo Ranger d’Argent. Un Power Ranger défend le bien, exclusivement le bien.
                - Je m’en fous, j’ai une mission, rappela la Zeo Ranger d’Argent, qui s’était relevée. Je dois vous éliminer, c’est clair ?
                - Tu n’as plus d’armes ! Comment veux-tu te défendre ? demanda Kimberly.
                - Et en plus, tu ne fais pas le poids face à une épée parlante, c’est tout dire ! ajouta Billy, vexé de n’avoir pu retenir la Ranger prisonnière un peu plus longtemps.
                - Je n’ai pas encore montré toute l’étendue de mes pouvoirs !
                - Relativise un peu, on est à six contre toi, remarqua Zack. Tu n’iras plus très loin maintenant. Ta seule chance est d’abandonner ta mission et de nous rejoindre.
                - Nous pouvons t’aider, plaça Tommy.
                - Je vais avoir besoin d’aide, en effet. Mais pas du vôtre.
                - Pardon ? s’interloqua Billy.
                - Je vais vous montrer à quel point je suis rusée. Mon créateur, Fnster, m’a équipé de quelques subtilités que m’ont conseillé d’utiliser le Seigneur Zedd et Maître Sariu. C’est une opportunité à ne pas négliger, alors, je compte la saisir immédiatement. Vous n’allez pas en croire vos yeux quand vous verrez l’étendue de ma divine puissance, ha, ha, ha !!!
                - Mais qu’est ce qu’elle nous prépare, demanda Trini à Jason.
                - Je ne sais pas, mais je commence à vraiment avoir la dalle. J’en ai ma claque de bouffer du patrouilleur !
                - Restez sur vos gardes, une fois de plus, conseilla le Ranger Blanc, qui ne savait pas ce qui allait se passer.
                - Admirez le spectacle ! scanda la Zeo Ranger d’Argent.
    Et pendant que les Power Rangers scrutaient ses moindres faits et gestes, la Zeo Ranger d’Argent leva la main droite vers le ciel, comme si elle invoquait quelque chose, ou quelqu’un. Elle prononça une phrase, mais aucun Ranger ne la comprit.
     
                C’est alors que, sous leurs pieds, la Terre se mit à trembler.




    CHAPITRE 6
    Loin d’être le retour attendu
     
                Les Power Rangers essayèrent de ne pas perdre l’équilibre malgré la violence du séisme qui ne dura pas plus de cinq secondes. Tommy porta son poignet droit à sa bouche et activa son communicateur dissimulé sous sa tenue.
                - Zordon, Alpha, ici Tommy, que se passe-t-il ?
                - Tommy, ici Zordon, il y a une nouvelle menace. Sur nos cartes, le point représentant les Zeo Zords avait disparu avant le premier séisme, hier. Mais il vient de réapparaître à quelques centaines de mètres du parc.
                - Ce qui veut dire que… OH NON !
    Tommy comprit. La Zeo Ranger d’Argent avait pris possession des Zeo Zords. Et elle venait de les appeler.
                - Rangers, ordonna Zordon dans tous les communicateurs, préparez-vous à lutter contre les Zeo Zords. Ils sont sous le contrôle de la Zeo Ranger d’Argent. Faites-vous aider des Ninjazords.
                - Même si devons anéantir les Zeo Zords ? questionna Jason.
                - Oui, même si vous devez les anéantir. Ils sont une menace.
                - Oh non ! balbutia Billy. Je n’arrive pas à croire cela. Mais comment a-t-on fait pour ne pas les voir bouger auparavant ? C’est impossible !
                - Mon maître, le grand Sariu, est un expert en piratage informatique, m’a-t-on rapporté, annonça la Ranger du mal. Il n’a pas mis beaucoup de temps à entrer dans les programmes et à court-circuiter les données des Zeo Zords ! On est quand même très fort chez les forces maléfiques ! A moins que ce soit vos programmes informatiques qui satent peut-être, comme vos précédents zords, de l’ère préhistorique !
                - Tu as entendu Zordon ? demanda Tommy, paniqué.
                - Oui, et nous allons devoir retrouver comment Sariu a pu faire. J’ai ma petite idée mais je vous laisse, que la force des Ninja Zords vous soient bénéfiques.
                - Je suis blasée de voir ça, se désola Trini.
                - Et oui, petite fille, ils sont à moi, et ils arrivent, répondit la Ranger maléfique. D’ailleurs, regardez là-bas, ils commencent à pointer le bout de leur nez. Ca va être un jour de fête !
    Les six Rangers du bien suivirent la direction du doigt de la Zeo Ranger d’Argent pointé vers le nord du parc. Derrière des petits arbres, on pouvait deviner la silhouette des grands robots transformables.
                - Regardez mes zords, lança la Zeo Ranger d’Argent. A gauche, le taureau, ancien Zeo Zord du Ranger Vert, suivi de ce que je qualifierai de tour de combat anciennement sous la tutelle de la Zeo Ranger Jaune. A droite, le sphinx qui appartenait au Zeo Ranger Bleu, suivi de la tour de combat de la Zeo Ranger Rose. Et, semblant crever le ciel, et venant de nulle part, surgit un aigle rouge : dans les airs, le magnifique aigle qui était au Zeo Ranger Rouge. Et dire que ces zords sont en mon pouvoir désormais. Même l’aigle rouge…
                - Tu n’arriveras jamais à te servir des cinq zords en même temps, rétorqua le Ranger Blanc.
               - Quelle mauvaise foi. Quelle jalousie ! Tu es jaloux parce que possède ton aigle rouge ! Mais assez de parlotte. Il va être temps de réunifier mes nouveaux jouets afin de former le Zeo Megazord.
                - On ne te laissera pas faire ! cria Jason.
                - Tu as raison, ajouta Tommy. Appelons les Ninjazords sans plus attendre !
                - Cela ne servira à rien, pesta la Ranger d’Argent, très confiante. Zeo Zords, réunissez-vous !!!
    Les Rangers se mirent en ligne et appelèrent chacun leur tout leur zord respectif. Le Ranger Noir débuta l’appel.
                - Crapaud, Ninja Zord power up !
                - Grue, Ninja Zord, power up ! dit la Ranger Rose.
                - Loup, Ninja Zord, power up ! annonça le Ranger Bleu.
                - Ours, Ninja Zord, power up ! appela la Ranger Jaune.
                - Singe, Ninja Zord, power up ! poursuivit le Ranger Rouge, avant que ne conclue le Ranger Blanc.
                - Faucon, Ninja Zord, power up !
    Les six Ninja Zords apparurent ensemble de l’autre côté du parc, complètement à l’opposée des Zeo Zords, le Singe du Ranger Rouge en tête. Et pendant ce temps-là, à l’opposée justement, la phase de réunification des Zeo Zords était bien entamée. Le taureau vert avait déjà rétracté sa partie arrière alors que le sphinx bleu, qui allait se positionner au-dessus du précédent Zeo Zord pour faire en grande partie office de partie ventrale, dépliait ses pattes avant pour qu’elle forme les bras du Megazord dont l’assemblage progressait rapidement. Les deux tours de combat jaune et rose en seraient les jambes, et l’aigle rouge, qui avait rangé ses ailes, était en train de positionner tout en haut afin d’équiper le robot d’une tête.
                - Il est temps de rejoindre mon Zeo Megazord, fit la Ranger d’Argent, qui ne tarda pas à se téléporter vers son robot.
                - Ne tardons pas pour en faire de même, suggéra le Ranger Blanc. Rendons-nous à bord de nos véhicules.
    Le Ninja Megazord était, lui aussi, quasiment formé. Le Singe Rouge y prêtait ses jambes et son bras gauche, le Loup Bleu le bras droit, la Grue Rose la tête, et l’Ours, qui était le point central de rassemblement des Zords, le ventre. Une fois formé, les Rangers se téléportèrent à bord du poste de contrôle à l’exception du Ranger Blanc qui se rendit vers son Fauconzord. Le Ninja Megazord était terminé, mais la phase finale de fusion n’avait pas encore montré tous ses secrets.
                - Qui peut me dire ce que l’on fait maintenant, demanda Jason, car je suis peut-être assis au centre mais je n’ai jamais effectué de procédure avec ce Ninja Megazord !
                - Je vais t’aider, aida Kimberly. Tommy doit être prêt. Ninja Megafalconzord, processus de réunification, maintenant ! Et oui, tu peux même le faire vocalement !
                - C’est pas beau, ça ! ajouta Zack. A la pointe de la technologie !
    Le Ninja Megazord se propulsa dans les airs à la rencontre du Falconzord du Ranger Blanc. La fusion eut lieu rapidement. Le Fauconzord vint s’accrocher dans le dos du Megazord, toutes ailes déployées, afin de maintenir le vol de l’ensemble pour reposer l’engin en délicatesse les deux pieds au sol, mais aussi pour se rapprocher de l’ennemi qui était prêt.
                - Bon, ça ne va pas être de la tarte, cette affaire… dit Tommy, qui venait de rejoindre les cinq autres Rangers dans le poste de contrôles du Ninja Megafalconzord. Aucun civil en vue ?
                - Ils ont fui vers la sortie ouest du parc, répondit Billy qui tapotait sur le clavier d’un tout petit ordinateur raccordé au système du robot.
               - Bon, il va falloir quand même éviter de saccager tout le parc. Il en a déjà subi assez, des dégâts, réalisa Zack.
                - Apparemment, le Zeo Megazord en face n’est pas de cet avis, constata Trini. Il est en train de détruire des arbres !!! Il faut l’en empêcher tout de suite !
    Aussitôt dit, aussitôt fait : le Ninja Megafalconzord alla à la rencontre du robot ennemi qui changea de cible. Le Megazord ennemi arma son poing et donna une belle droite qui eut un effet néfaste pour les Rangers.
                - On est secoués ! Il faut réagir ! lança Jason.
                - Il faut mettre toute la gomme ! suggéra Billy en tapotant sur quelques touches d’un tableau de commandes.
    Le robot du bien ne tomba pas, mais ne tarda pas à riposter de la même manière, avec le bras droit, dont la main alla se porter directement dans la partie ventrale du Zeo Megazord.
                - Qu’ils ne recommencent pas ce genre de truc, râla la Zeo Ranger d’Argent, qui s’était parfaitement adapté aux commandes de son robot malgré le faible espace d’un cockpit étroit. A moi de jouer. J’actionne un coup de pied droite, puis un du gauche. Ca devrait marcher.
    Le Zeo Megazord exécuta les désirs de la Ranger d’Argent.
    Mais en face, le Ninja Megazord n’avait pas dit son dernier mot…
    Après quelques échanges de coups au corps-à-corps, le constat était le suivant : il était difficile de pronostiquer sur un vainqueur tant les deux Megazords se neutralisaient. Aucun d’entre eux n’était encore tombé, mais les coups de pieds et de poings infligés de part et d’autre provoquaient la panique à bord du poste de commandes du Ninja Megafalconzord, et l’excitation pour la pilote du Zeo Megazord qui était déterminée et sûre de son succès à court terme. A très court terme.
     
    ***
     
                Au Centre de Commandes, Zordon, tout autant qu’Alpha, craignaient pour leur Power Rangers, et pour la sécurité d’Angel Grove, surtout dans le périmètre de la bataille des géants. Alpha avait tenté de communiquer avec les Zeo Zords mais en vain : ils étaient totalement sous le contrôle des forces du mal. Alpha suivait à distance et à la trace l’évolution de l’état de marche du Ninja Megafalconzord. Et, malgré la présence de quelques impacts, l’état n’était pas encore alarmant, mais tout de même préoccupant.
                - Aie aie aie ! Si ça continue comme ça, d’ici quinze minutes, nous serons cuits !
                - Et le Zeo Megazord de même, relativisa Zordon. J’ai l’impression en regardant le vista-globe que les deux Megazords sont de niveau égal. A cette allure-ci, les deux tomberont en même temps et les dégâts seront importants. Malheureusement, je ne vois pas comment éviter cela.
                - Moi non plus, aie aie aie aie aie ! Si seulement nous avions pu trouver le moyen d’éviter cette situation…
    Alpha stoppa net. L’ordinateur détectait une intrusion venant du Palais Lunaire. En même temps, l’alarme annonça cette violation d’accès. L’image du parc d’Angel Grove quitta le vista-globe et la tête d’un personnage qui n’était pas inconnu mais sûrement pas le bienvenu apparut, tout sourire. Sariu.
                - Bonjour, les enfants ! Comment ça va ? ria Sariu.
                - Qu’est ce que tu veux ? répondit Zordon sèchement.
                - Je viens t’annoncer une bonne nouvelle. Il y a un septième Ranger en ville. Malheureusement, il ne semblerait pas qu’il n’ait, ou plutôt, qu’elle n’ait les mêmes intentions que tes six gamins. Il faut dire qu’elle a réussi à chopper un magnifique joujou.
                - Vous nous avez volé les Zeo Zords, ce n’est pas pareil.
                - On s’est servi, c’est tout.
                - Et comment vous avez pu faire ? intervint Alpha.
                - Alpha 5 ! Tu ne connais pas nos compétences infaillibles en informatique ? Tu me déçois beaucoup. Sache que si j’entrais dans tes données, je te montrerai de quoi je suis capable. Mais ça, c’est pas possible, dommage, car je me serai fait un plaisir de t’éliminer et de griller tes circuits.
                - Aie aie aie ! s’indigna le droïde.
                - Comment tu as procédé, Sariu ? relança Zordon.
                - C’est très facile. Je suis entré en communication avec les Zeo Zords très récemment sans que vous puissiez le remarquer.
                - Mais il faut être en liaison directe avec nous pour faire cela… oh, non… tu as fait ça la dernière fois. Les lignes de codes par milliers, c’était de toi !!!
                - Bien, ton petit cerveau n’a pas mis si longtemps à comprendre. En effet, je suis à l’image des plutoniens : expert en langage informatique de toutes sortes. Mais je dois avouer que ton système de défense est plutôt robuste pour un système terrien. Plus robuste en tout cas que le système d’exploitation familial terrien par défaut. J’ai réussi à pirater la prochaine version à paraître dans le commerce et qui n’en est encore qu’au stade de la finalisation. Un jeu d’enfant. Pourtant le produit semblait au point mais cette soi-disant quatre-vingt dix-huitième version ne vaut plus rien. A cause de moi, ce système ne marchera jamais et plantera fréquemment : en effet, j’y ai ajouté ma touche personnelle. Mais revenons à nos affaires actuelles, car je dois t’embêter avec mes histoires. N’est-ce pas Zordon ?
                - Oui, je veux bien, s’impatienta l’être interdimensionnel. Comment cela se fait-il que les Zeo Zords se sont dirigés vers la ville sans que personne ne s’en aperçoive ? Il y avait près de cinq cent kilomètres entre leur cachette et Angel Grove ? Comment as-tu pu faire ?
                - Très facile, je les ai téléporté en ville. Au passage, le séisme d’hier, c’était de ma faute, la réactivation des Zeo Zords a provoqué quelques mouvements de plaques tectoniques. Ce sont les ondes très puissantes envoyées de la Lune qui ont provoqué ce genre de désagrément dont j’assume l’entière responsabilité, et dont je ne m’excuse pas.
                - Je vois que ta maîtrise des éléments tels que la téléportation a grandement évolué… ne se rassura pas Zordon à voix haute.
                - Pour conclure, une dernière chose : vous n’êtes pas au bout de vos surprises. La Zeo Ranger d’Argent est si puissante qu’elle dominera sans souci tes Rangers. Je vous laisse et vous passe le bonjour du Seigneur Zedd, et de Rita Repulsa. A très bientôt pour votre déchéance !
    Sariu quitta l’écran du vista-globe, laissant des interrogations et des doutes dans la tête de Zordon.
                - Je ne sais pas ce que Sariu nous prépare d’autre mais concentrons-nous sur ce qu’il se passe actuellement. Alpha, rebranche les écrans sur le parc si tu veux bien.
    Le vista-globe fut réactivée. Les deux Megazord étaient toujours debout, échangeant des volées plus ou moins efficaces.
     
    ***
     
                Cela faisait précisément seize minutes que les deux Megazords se livraient à un duel peu technique, mais intense. Au sein du cockpit du Ninja Megafalconzord, Jason cherchait un terrain vierge où il serait envisageable de mettre l’ennemi à terre sans abîmer quoi que ce soit.
                - Ici non, là non plus… regardez, par ici, il y aurait la place d’allonger au moins un Megazord. C’est ici qu’il faut le faire chuter ! trouva le Ranger Rouge. Et puis qu’est ce que j’ai faim…
                - Oui, ça s’entend, répondit la Ranger Jaune, ça fait dix fois que tu le répètes, et ton ventre n’arrête pas de gargouiller.
                - Très bien, remercia le Ranger Blanc, alors il faut que la Zeo Ranger d’Argent morde à l’hameçon et nous suive bien gentiment. En espérant que son but n’est pas aussi de nous faire tomber au même endroit. Dès qu’on sera dans la zone, notre Megazord se munira de l’épée pour nous aider.
    Le Ninja Megafalconzord se dirigea à reculons vers la zone supervisée, qui se trouvait encore plus au sud. Pour la Zeo Ranger d’Argent, cette manœuvre ne semblait à aucun moment être une diversion et elle s’empressa de demander à son Zeo Megazord de le suivre.
                - Ils voient bien que je suis supérieure à eux avec mon superbe Megazord. Je m’amuse trop ! C’est génial d’être une Ranger !
    Le Zeo Megazord suivit l’autre robot tout en essayant de donner quelques claques par-ci par-là.
                - Laissons-nous faire, dit Tommy, il ne reste plus que quelques secondes et on pourra faire tomber le Zeo Megazord. J’espère qu’en bas, les secousses ne seront pas trop fortes. Continuons d’encaisser les torgnoles. On y est presque…
    Le Ninja Megafalconzord se contentait de reculer et de recevoir les baffes ennemies. Tommy avait un plan en tête : l’épée Megazord allait l’aider à faire perdre l’équilibre au Zeo Megazord. Ensuite ce dernier tombera entre les petits arbustes de la zone qui réceptionnera la chute du géant métallique.
                - Ca y est, je crois que ça va être le moment, dit Jason.
                - Oui, confirma Tommy. Ninja Megafalconzord, épée ninja !
    Le Ninja Megafalconzord se saisit alors de son puissant sabre ninja doré, qui avait jusqu’alors été très peu utilisé depuis l’obtention des pouvoirs ninjettis et des Zords qui allaient avec. Le sabre alla tout de suite porter un coup dans la tête du Zeo Megazord, non sans dommages. La Zeo Ranger d’Argent, surprise de cette manœuvre, commençait à paniquer.
                - Mince, qu’est ce que je dois faire ? Est-ce qu’il y a une fonction épée sur ce truc ?
    Les enceintes internes du cockpit du Zeo Megazord laissèrent entrevoir la voix de Sariu.
                - Ma chère Zeo Ranger d’Argent, tu as une arme du même calibre. Il faut que tu demandes verbalement l’épée Zeo.
                - Merci. Mais je suis quand même en mauvaise posture. Mon Megazord a été touché à la tête.
                - Si ça se passe mal, alors on place au plan B.
                - Vous êtes sûr, Maître Sariu ?
                - Oui, sûr.
                - Très bien, je ferai cela si j’ai un souci. Mais j’espère reprendre le dessus. Epée Zeo, maintenant !
    Le Zeo Megazord se munit de l’épée Zeo qui arriva à temps pour contrer un nouveau coup adverse. S’en suivit de très longs échanges pendant lesquels le métal des deux armes tranchantes se neutralisa et provoqua même de nombreuses étincelles virevoltantes dans tous les sens. Le duel était vraiment équilibré et les deux Megazord avaient à peu de choses près la même courbe de régression mécanique : en effet les coups de lame abîmaient les carlingues et ce qui se trouvaient derrière. Mais toujours pas de Zeo Megazord à terre…
                - Il est plus coriace que nous le pensions, admit la Ranger Jaune. Tommy, qu’est ce qu’on fait ? On continue ?
                - Je ne suis pas sûr que l’on va aboutir à quelque chose à cette allure-là, dit le Ranger Bleu.
                - Il faut persister ! suggéra le Ranger Blanc, de plus en plus crispé. Nous n’avons pas le choix ! Il y a bien un moment, un laps de temps où nos efforts paieront !
                - Mais si l’on tombe avec ? questionna la Ranger Rose.
                - J’espère que cela n’arrivera pas, répondit le Ranger Rouge, sinon, on est mal.
                - Il faut encore se rapprocher de l’ennemi, c’est tout. Il faut le charger au niveau de ce que l’on pourrait appeler les mollets du Megazord afin qu’il se déséquilibre, et… aie ! Ca secoue !
                - On vient encore de prendre un coup d’épée, paniqua le Ranger Noir.
                - Ca devient critique ! avoua le Ranger Bleu. Encore quelques coups comme celui-ci et nous serons au sol avant l’ennemi !
    Tommy réfléchit mais, le temps imparti ne lui permettait pas vraiment de réfléchir…
                - Vous avez une idée ? Moi je sèche…
                - Je verrai bien la possibilité de tomber avec le Zeo Megazord, quitte à lui tomber dessus. Ca parait risqué, mais ça amortira notre chute, à condition qu’il n’esquive pas notre cascade, pensa Billy à haute voix.
    -          Ca risque de bien nous secouer… dit Jason.
    -          Alors, il faut abandonner le cockpit avant la chute, répondit Billy.
          - Vous êtes partants ? demanda Tommy, qui était d’accord pour cette alternative très risquée.
                - Oui ! dirent les Rangers Jaune, Noir, Rose et Rouge.
                - Avant, j’active le pilotage automatique du Ninja Megafalconzord, au cas où la Zeo Ranger d’Argent en fait de même avec son robot, dit Billy.
                - Très bonne idée Billy, félicita Tommy. Ne tardons pas. Ninja Megafalconzord, charge le Zeo Megazord pour le faire tomber ! Et surtout, attachez vos ceintures !
    Le Ninja Megafalconzord, même affaibli, obéit et accéléra le pas en direction du Zeo Megazord d’où commençait à sortir de la fumée grisée. Le Megazord du bien donna intelligemment un coup de sabre dans les bas-jambes du Zeo Megazord qui sembla quelque peu tanguer. Le Ranger Blanc trouva le moment opportun d’ordonner la charge juste après.
                - Je vais tomber ! s’inquiéta la Zeo Ranger d’Argent. Il faut que je quitte le Megazord. Flûte !
    Sans penser à se téléporter, la Zeo Ranger d’Argent ouvrit la porte arrière du poste de contrôle et, malgré la quinzaine de mètres de hauteur, ne se reprit pas à deux fois avant de sauter. Par miracle, elle atterrit à terre sans aucune blessure. Elle se releva presque immédiatement après sa chute, qui n’était pas passé inaperçue au sein des Rangers.
                - Regardez, elle a évacué son Zeo Megazord. A nous de faire de même ! ordonna Tommy. Téléportation en bas !
    Les Power Rangers se téléportèrent et se retrouvèrent quelques mètres derrière la Zeo Ranger d’Argent, qui ne les avait pas vu ni entendu revenir. Mais ils pouvaient l’entendre parler, visiblement dans un communicateur.
                - …oui Maître Sariu, je passe au plan B, tout de suite.
    Les Rangers se regardèrent, surpris et inquiets.
                - Qu’est ce que ce plan B ? On n’a pas déjà assez morflé comme ça ? se lamenta Zack. A quoi s’attendre maintenant…
                - Chut ! Regardez ce qu’elle fait… dit Jason.
    La Zeo Ranger d’Argent leva son bras droit vers les cieux, et souffla quelques mots. Un objet luisant au soleil apparut dans sa main. Il faisait penser à une grosse pièce de monnaie. Puis, elle ferma la main et une flamme multicolore l’entoura. Soudain, une épaisse fumée se propagea autour d’elle.
                - Elle a disparu ! sortit Kimberly.
                - Non, regarde, elle est là, derrière la fumée, répondit Trini.
    La Zeo Ranger d’Argent ne fit pas dos aux Power Rangers infiniment : elle se retourna et s’avança vers eux. Mais ce n’était pas son mouvement qui l’inquiétaient, mais ce qu’elle portait en plus et ce qu’elle tenait maintenant dans sa main gauche.
                - Oh non ! s’écria Billy, avant d’être suivi par deux ou trois autres Rangers.
                - Ca vous glace le sang, n’est-ce-pas ! lança la Zeo Ranger d’Argent, tout auréolée d’un magnifique bouclier doré et les bracelets aux bras qui allaient avec. Dans la main gauche elle tenait une petite épée.
    La Zeo Ranger d’Argent s’arrêta à mi-chemin et porta cette petite épée à sa bouche comme un harmonica.
     
                S’en suivit une mélodie non méconnue des Rangers et encore moins pour Tommy.
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    Re: MMPR S4, épisode 3 : Zeo Zeo Sept

    Message par KL44 le Lun 23 Fév - 18:02

    Bonsoir,

    voici les trois chapitres suivants : les n°7, 8 et 9.
    Je ne sais pas si j'aurai l'occasion d'en poster d'autres d'ici dimanche car je suis en vacances.

    -----



    CHAPITRE 7
    La mélodie de la dague
     
                Le chant mélodieux provoqué par le souffle de la Zeo Ranger d’Argent par le biais de la dague provoqua la panique générale des Power Rangers qui entendirent au loin le cri strident de ce qu’ils redoutaient désormais.
    Au loin, un nouveau géant de métal n’allait plus tarder à apparaître…
                - Elle a sifflé les notes à la perfection, et cela va s’avérer dramatique ! pesta Tommy.
                - Le Dragonzord est réveillé ! Il faut trouver une solution d’urgence ! cria Trini.
                - Vous avez les boules ? lança la Zeo Ranger d’Argent. J’ai deux grosses armes contre vous maintenant. Vous ne ferez pas le poids avec votre pitoyable boîte de conserves !
    Tommy ne savait plus où donner de la tête, mais il savait qu’il devrait retourner dans le Ninja Megafalconzord avec les cinq autres Rangers.
                - Reprenons place à bord de notre soi-disant pitoyable Megazord ! ordonna le Ranger Blanc qui pressentait un rude combat contre son premier robot, alors qu’il n’était encore que le Ranger Vert.
                - Très bien, on va pouvoir s’amuser de nouveau, s’enchanta l’ennemie. Je vais reprendre place dans mon Zeo Megazord et commander mon Dragonzord à distance. Génial comme scénario !
               - Parle pour toi ! rétorqua Kimberly qui préparait sa téléportation vers le cockpit du Ninja Megafalconzord qui, à l’instar du Zeo Megazord, s’était remis debout.
    Tous les Rangers avaient regagné les robots. Le Dragonzord pointait le bout de sa tête et de sa queue puissante. Entre temps il avait déjà causé quelques dégâts sur son chemin, écrasant des automobiles et des camionnettes stationnées, et couchant quelques chênes centenaires qui avaient pourtant résisté à de très grosses tempêtes, et même à des ouragans. Il approchait de plus en plus vite, sa carcasse grise métallisée paraissant aussi neuve qu’antan le faisant paraître toujours plus effrayant.
                - Prenons garde au Dragonzord qui arrive par la droite, suggéra Zack, installé comme les autres Rangers à bord du Megazord du bien.
                - Oui, je vois ça, paniqua quelque peu Jason, complètement perdu et dépassé par les évènements, ce qui était rare. Tommy, j’espère que tu as une idée car là…
                - A un contre deux, ça va être difficile, relativisa le Ranger Blanc. Qu’est ce que je ne donnerai pas pour avoir de l’aide supplémentaire.
                - Comme dirait Alpha, Dragonzord en vue, ironisa Zack sans penser à l’impact de l’intervention de ce robot.
                - Attention ! s’exclama Billy, le Dragonzord arme déjà ses missiles !
    Le Dragonzord pointait ses doigts-canons vers le Ninja Megafalconzord. Il ne tarda pas à dégainer. Les missiles allèrent directement se loger dans la carlingue des jambes du Ninja Megafalconzord qui se retrouva pied à terre. Ses six occupants furent bien secoués, sans subir de blessure.
                - Il commence très fort ! constata, énervé, le Ranger Rouge.
                - Et il s’approche ! rajouta le Ranger Noir. Avec le Zeo Megazord !
                - C’est bon, dit le Ranger Blanc tout en appuyant sur un bouton, le Megazord est stabilisé. Utilisons le sabre Megazord !
    Le robot s’empara de son épée mais le Dragonzord était déjà à proximité. Il fit un tour sur lui-même, donnant de puissants coups de queue une fois, puis deux, qui atteignirent leur cible sans problèmes, pour le plus grand embarras des Power Rangers. Le Zeo Megazord vint aussi à la charge pour s’en mêler, arme dans la main droite. Il donna de nombreux coups touchant très souvent le Ninja Megafalconzord en des points sensibles, sans pour autant trancher quelque morceau de tôle que ce soit.
    Tommy avait beau donner des instructions à son robot, rien n’y faisait. Et le Ninja Megafalconzord ne tarda plus à se retrouver de nouveau allongé parmi les arbres et la pelouse où, il y a près d’une heure maintenant, les Rangers avaient lutté contre les tengas.
                - C’est impossible, on ne peut pas lutter ! On n’y arrivera pas ! se résigna Trini.
                - Bien sûr que l’on va gagner ! se rebella Zack. Tommy, si on faisait appel à la grosse artillerie utilisée pour la formation de l’Ultrazord ?
                - Excellente idée ! Enfin ! remercia Billy.
               - Je suis d’accord, accepta Tommy. En espérant que Titanus soit bien revenu dans le passé lors de notre retour, et que la bête soit en état de fonctionnement, sinon on peut dire adieu à cette idée…
                - Je ne voudrais pas vous vexer, coupa Kimberly, mais quoi qu’il en soit, c’est impossible. Je ne pense pas que Titanus puisse passer inaperçu dans le parc. Ca risque de causer davantage de dommages au niveau de la population, de la faune et de la flore. Et après, on dit que je suis un peu blonde…
                - Tu as raison Kim, acquiesça Tommy.
                - Raison sur le fait que je sois blonde ? Je te remercie…
                - Non, pas sur ça, rassures-toi. Et puis j’aime bien les blondes, enfin bref. En effet, Titanus ne passera pas ici. Il faut alors tenter d’attirer les deux ennemis le plus loin possible, mais où, je ne sais pas trop. Non, trouvons autre chose… eh ! Mais qu’est ce que…
    Le Ranger Blanc fut coupé net par la secousse dont ils furent victime, suite à un coup de pied du Dragonzord dans la carcasse du Ninja Megafalconzord.
                - Il faut que le Megazord se relève ! dit Jason.
                - Il y a une solution toute trouvée, proposa Billy, il faut utiliser les ailes du Faucon Blanc pour voler.
                            - Oui, c’est pas mal ça, répondit Tommy. Je m’en charge. Faucon, envole-toi avec le Megazord, maintenant !
                - Je peux même leur réserver une petite surprise, murmura Billy, sans qu’il ne sâche s’il avait été entendu.
    Non sans mal, le Ninja Megafalconzord, aidé par le Faucon, ne quitta pas sa position horizontale mais prit son envol, esquivant par la même occasion un coup d’épée du Zeo Megazord revenu à la hauteur du Dragonzord. L’assemblage des Power Rangers du bien se stabilisa à une trentaine de mètres du sol, au-dessus des têtes des robots ennemis ; il entama ensuite un changement de posture puisqu’il s’inclina suivant un angle à quarante-cinq degrés, la tête en avant, les deux poings chargés. Le Zeo Megazord leva automatiquement la tête vers cette direction. La Zeo Ranger d’Argent, qui n’avait pas senti la fuite arriver, s’en voulait de ne pas avoir achevé plus tôt le Ninja Megafalconzord.
                - Comment j’ai pu me faire duper de cette sorte ! Je n’arrive pas à le croire. Et maintenant, qu’est-ce qu’ils me baragouinent ? Je vais leur mettre un bon petit coup avec l’épée de mon Zeo Megazord, et ils vont voir de quel bois je me chauffe lorsque l’on se moque de moi ! Zeo Megazord, à toi de jouer !
    Mais pendant le petit discours de la Zeo Ranger d’Argent, le Ninja Megafalconzord s’était dangereusement rapproché, son poing gauche s’apprêtant à frapper la tête du robot ennemi, laissant décupler toute la puissance du Loup Ninja Zord qui formait le bras gauche. C’est ensuite le poing droit issu d’une partie du Singe Ninja Zord qui assomma le Zeo Megazord, qui, tel un vieil arbre abattu d’un coup par la tempête, s’étala dans la verdure de toute sa masse et sa longueur. Ce fut au tour de la Zeo Ranger d’Argent de s’envoler de long en large dans son cockpit.
                - Aie ! Attention à l’atterrissage ! se plaignit l’occupante du Zeo Megazord qui chuta lourdement. Il ne me reste qu’à redresser cet engin.
    Mais les Rangers de Zordon ne le voyaient pas vraiment de cet œil. Au contraire, le but de Tommy était d’immobiliser le Zeo Megazord tout en gardant le virulent Dragonzord à bonne distance. Tommy qui, juste après avoir stabilisé le Ninja Megafalconzord à trente-trois mètres d’altitude et dans l’optique d’attaquer le Dragonzord, avait entamé une communication avec le Centre de Commandes.
                - Alpha, peux-tu demander à Zordon si l’on peut anéantir le Zeo Megazord, ou si l’on doit le laisser en état de fonctionnement ?
                - Non Tommy, répondit rapidement le droïde, Zordon vous laisse le feu vert pour infliger s’il le faut des dommages sur le Zeo Megazord. Votre vie et votre survie sont bien plus importantes que la préservation de ce tas de ferraille qui vous fait tourner en bourrique depuis tout à l’heure ! Aie aie aie !
                - Très bien, je te remercie, termina Tommy. Fin de la communication. Alors, vous avez entendu, ajouta-t-il en se retournant vers ses cinq amis, on peut amocher le Zeo Megazord. Mais avant, on s’occupe du Dragonzord, et ce, de la même manière. Ca vous convient ?
                - Je pense que tu as tout bon, vanta Kimberly.
                - Les poings sont rechargés, Tommy, dit Billy. On peut y aller.
                - Attention, le Dragonzord a l’air plus coriace, craint Jason. Il nous a repérés.
                - Alors dépêchons-nous ! lança le Ranger Blanc.
    Le Ninja Megafalconzord entama une charge vers le Dragonzord, qui fut touché par le poing gauche dans la partie comparée au ventre. Mais la Zeo Ranger d’Argent suivait minutieusement la parade et ne tarda pas à trouver une contre-attaque. Elle sortit la petite épée-flûte et souffla une mélodie différente qui commandait la queue du Dragonzord.
                - Dragonzord, utilise ta queue pour contrer le Ninja Megafalconzord ! ordonna la Ranger du mal.
    La puissante bête robotique obéit sans hésitation aucune et fit dos au Ninja Megafalconzord. Il tendit sa queue vers l’assaillant et la fit tourner sur elle-même.
                - C’est bien ! Plus fort encore ! s’extasia la Zeo Ranger d’Argent.
    Le Ninja Megafalconzord se retrouva attaqué par la queue du Dragonzord, ce qui provoqua moult étincelles. Mais il ne chuta pas, et il réussit à se repositionner à quelques mètres de l’ennemi, sur ses pattes.
                - Il nous a bien eus, mais on est encore debout ! On peut y arriver ! encouragea Tommy.
                - Par contre, le Zeo Megazord ne devrait pas tarder à se relever, regardez ! interpella Jason tout en montrant ce qu’il disait.
                - Tu as raison, répondit Tommy, mais le seul problème c’est qu’il y a un obstacle de taille qui nous empêche de mettre hors de nuire le Zeo Megazord.
                - Le Dragonzord n’attend qu’une chose, pensa Trini à haute voix : que l’on aille vers lui.
                - Tu dois avoir raison, car ses missiles sont prêts à être tirés, remarqua le Ranger Blanc, bénéficiant d’un peu plus de connaissances que les autres sur ce zord.
                - Le Ninja Megafalconzord est à cinquante pour cent de puissance, remarqua Billy. L’énergie baisse de plus en plus à cause des gros dégâts reçus.
    Les Rangers ne savaient pas vraiment quelle était la meilleure solution pour venir à bout d’un, voire des deux ennemis. Mais il fallait entreprendre une nouvelle stratégie.
     
    ***
     
                C’est en repensant aux nombreux duels entre les forces maléfiques et les Power Rangers que Rita Repulsa, qui revenait d’une séance de manucure exercée par Finster et ses produits mystérieux, eut une idée qu’elle trouvait remarquable en tous points. Mais elle ne savait pas si elle devait en parler avec son mari, qui, à coup sûr, refuserait de l’écouter et d’admettre la qualité de ses projets. Alors, elle pensa que proposer le plan à Sariu serait plus bénéfique. Mais, avant de parler, elle remarqua que Sariu, qui se trouvait sur le balcon de la salle du trône, avait l’air très pensif.
                - Quelque chose ne va pas, Sariu ? demanda-t-elle calmement.
                - Tout va bien, ne t’inquiètes-pas, répondit le prince de Pluton, j’étais juste en train de me dire que les Power Rangers sont des faibles. Tous, sauf un.
                - Je suppose qu’en disant cela, tu vises le Power Ranger Blanc, Tommy.
                - Tu as trouvé. Je ne peux rien te cacher.
                - C’est drôle que tu me parles de Tommy, dit Rita. Je pensais justement à un plan qui nous permettrait de le rendre plus faible, voire inoffensif. Et peut-être même de le récupérer au sein de nos armées, afin qu’il puisse se retrouver aux côtés de notre Zeo Ranger d’Argent…
                - Tant que ça ? coupa net Sariu. Tu es bien sûre de ce que tu me dis ? Récupérer le Power Ranger Blanc ? Et l’associer à notre nouvelle combattante ? Tu veux me faire marcher…
                - Sariu, tu n’ignores pas que le Ranger Blanc est le puissant d’entre eux. C’est pour cela d’ailleurs, jadis, que je l’avais choisi pour devenir le Ranger Vert. Extrêmement doué, courageux, aventurier, meneur, rapide, et très fort physiquement et mentalement. Il a des qualités exceptionnelles, celle aussi d’être quelqu’un de sensible. J’ai pu le constater à de nombreuses reprises lorsque l’on s’est frotté à sa petite copine, la Ranger Rose. Tommy est sensible. Et cela peut nous aider.
                - Explique-moi clairement la chose. Je ne vois pas trop où tu veux en venir.
                - Je vais même faire mieux. Je vais te le montrer. Je ne pense pas que tu seras déçu.
    Rita appela Goldar et Scorpina, qui ne se trouvaient pas très loin d’eux.
                - Je vais avoir une mission pour vous. Allez à Angel Grove, je vous donne les coordonnées. Personne ne vous trouvera pas là-bas. Une fois sur place je vous expliquerai ce qu’il y aura à faire.
    Goldar et Scorpina acquiescèrent sans broncher. Ils se téléportèrent immédiatement vers le point d’arrivée donné. Sariu reprit la conversation, qui portait cette fois sur un autre sujet.
                - Que penses-tu de ma Zeo Ranger d’Argent ?
                - L’idée d’intégrer la force du Ranger Vert est brillante. Vraiment, je n’y aurai jamais pensé. C’est une excellente initiative que je salue haut la main, et j’espère que ses talents nous prouveront que tu avais raison de prendre cette initiative.
                - Elle va gagner. Elle est si puissante. Elle ne peut pas faillir. J’ai déjà échoué une première fois contre ses idiots, je ne pourrai pas tolérer un second revers. Zordon ne peut me battre deux fois.
    Sariu jeta un œil dans le télescope, et jubila lorsqu’il vit se relever le Zeo Megazord, pendant que le Dragonzord se rapprochait lentement d’un Ninja Megafalconzord hésitant.
                - Pour revenir à Tommy, compléta Rita, je vais te donner un indice : on va jouer avec ses sentiments, et avec ses nerfs.




    CHAPITRE 8
    Un combat étrange
     
                Cette fois, le Ninja Megafalconzord se retrouvait en bien mauvaise posture.
    Il était encerclé par les deux robots ennemis qui resserraient l’étau. Il ne pouvait s’envoler car la puissance requise n’était plus disponible.
    Le Dragonzord lâcha ses missiles pendant que le Zeo Megazord ruait de coups de poings et de pieds le pauvre assemblage zord qui commençait à ressembler à de la tôle froissée.
    Une odeur de brûlé se faisait même ressentir au sein même du cockpit de commandes. C’est Billy qui remarqua cette anomalie le premier.
                - Il y a quelque chose qui est en train de brûler ! Ce n’est pas bon signe !
                - Je sens aussi l’odeur de cramé ! dit Zack.
                - Il faut évacuer, non ? paniqua Kimberly. Je n’ai vraiment pas envie de rôtir, et ça me fait peur !
    Tommy regarda le tableau de bord et le petit écran des incidents. En effet, ce qui était comparable au bassin du robot, composé par le Crapaud Ninja Zord du Ranger Noir se voyait peu à peu recouvert de flammes, victime des missiles d’un Dragonzord en furie.
                - Système anti-incendie hors-service ! cria Trini.
                - Puissance restante : trente pour cent ! ajouta Billy. Le Megazord va se désassembler ! Il n’y a plus rien à faire.
                - Au moins cela permettra à ma grenouille d’aller dans l’eau pour éteindre le feu ! prit le temps de dire Zack. Mais je croyais que mon zord pouvait supporter le feu puisqu’il peut en produire lui-même !
                - Apparement, il peut juste le produire… constata Trini avec désarroi.
                - Il faut évacuer le Megazord ! ordonna Tommy. Vite, téléportation en bas !
    Tout s’était passé en un laps de temps. Entre le moment où l’incendie avait été détecté, et celui ou les six Rangers se retrouvèrent vingt mètres plus bas, se réceptionnant comme ils pouvaient malgré le téléport, il s’était écoulé près de dix secondes seulement.
                - On est tous là ? questionna Jason.
                - Affirmatif, c’est bon, on est bien six, confirma Billy.
    Et les Rangers regardèrent, impuissants, leurs zords respectifs reprendre le chemin inverse vers leur cachette, hormis le crapaud Ninja Zord qui passa d’abord par le lac afin de limiter les dégâts causés par le feu. En voyant ressortir son zord, Zack eut une idée : s’il s’en servait pour infliger quelques dommages au Dragonzord et au Zeo Megazord ?
                - Crapaud Ninja Zord, à l’attaque ! Mets-leur… à non, mince ! Stop ! Stop ! Je n’avais pas pensé aux arbres, se ravisa Zack lorsqu’il vit Billy et Trini lui faire de grands signes de la main.
                - On a échappé à la catastrophe, souffla le Ranger Bleu.
                - On n’en est pourtant pas loin ! ne rassura pas la Ranger Jaune. Nous sommes si petits face aux deux Megazords ennemis… il faut fuir !
                - Mais on ne peut pas partir comme ça, nuança Tommy. Nous somme des Rangers, nous devons faire quelque chose.
                - Attendez ! coupa Jason. Nous avons du répit, le Dragonzord et le Zeo Megazord se sont immobilisés.
                - Ah oui, en effet… constata Tommy.
    Les deux Megazords ennemis étaient en effet à l’arrêt, et ce  sur ordre de la Zeo Ranger d’Argent, mais elle n’avait pas pris l’initiative se son propre chef. Sariu et Rita étaient en communication avec elle.
                - Ma chère Ranger, dit Sariu, les instructions changent. Ta priorité n’est plus d’éliminer les Power Rangers dans l’immédiat.
                - Ah bon ? s’étonna la concernée, interloquée. Mais alors, que dois-je faire ?
                - Ta mission est de les contenir, mais pas seulement. Ne t’occupe pas du Power Ranger Blanc. Essaie même de l’ignorer, et de réserver tes pulsions dévastatrices à ses copains et copines. Nous t’enverrons ensuite du renfort : environ quinze patrouilleurs. Goldar et Scorpina devraient te rejoindre. Laisse tes deux zords sur place, on ne sait jamais, tu pourrais quand même en avoir besoin.
                - Si je résume, je dois attaquer les Power Rangers sauf le Ranger Blanc. Mais pourquoi donc ?
                - Parce que nous avons une nouvelle idée, plaça Rita.
                - En effet, reprit Sariu, tu ne t’occupes pas du Ranger Blanc. Nous avons d’autres surprises à lui réserver.
                - Mais s’il m’attaque quand même ?
                - Tu peux le repousser, mais gentiment, accorda le prince de Pluton. Mais évite de le blesser. La mort n’est pas sa destinée première. Laisse aussi les patrouilleurs lui donner des coups. Ca ne lui fera pas grand-chose, si ce n’est l’affaiblir, mais rien de plus.
                - Très bien, je vais exécuter vos ordres et les cinq autres Rangers.
                - Fin de la communication.
     
                La Zeo Ranger d’Argent se leva rapidement de son siège et lança la téléportation vers le parc, sans oublier de prendre l’épée qui commandait à distance le Dragonzord. Elle mit moins de deux secondes à se retrouver au milieu des Power Rangers qui venaient d’apercevoir des patrouilleurs derrière des buissons.
                - Surprise ! Me revoilà ! provoqua-elle, tout en ricanant d’un air démoniaque.
                - Oh non, pas elle ! cria Trini. Tant pis, on va devoir faire avec toi…
                - Alors je vous dis merde ! répondit la Ranger du mal, qui se prépara à parer une possible attaque.
                - Préparez-vous à défendre votre peau et cette ville ! prévint le Ranger Blanc, qui n’avait pas encore idée du traitement de faveur qui allait lui être imposé.
    Et la Zeo Ranger d’Argent, aidée de sa quinzaine de sbires, ne se fit pas prier pour lancer l’assaut sur les Rangers. Elle commença par se frotter aux deux Ranger qui étaient à proximité à savoir Billy et Jason, qui s’occupaient déjà de patrouilleurs. Les deux Megazords du mal restaient immobiles.
                - Vous deux, vous allez bientôt ressentir de terribles douleurs ! lança la Zeo Ranger d’Argent.
                - Vraiment ? Viens te frotter à moi alors, je n’attends que ça ! défia le Ranger Rouge.
                - Et je serai là pour l’aider à te mettre hors combat ! ajouta le Ranger Bleu.
                - Petits rigolos… avec mon épée je peux vous faire très mal ! se vanta la Zeo Ranger d’Argent tout en tendant l’arme devant elle. Alors, qu’en dites-vous ?
                - Et bien… je suis impressionné, ironisa Jason. Epée laser, maintenant !
    L’épée apparut dans la main droite de Jason, assez rapidement pour contrer le premier coup adverse. Billy avait dans le même temps demandé l’apport de sa lance laser amovible, pouvant se séparer en deux petits tridents. C’est sous cette forme qu’il préféra s’en servir.
                - Tu ne t’attendais sûrement pas à cela ! dit Billy, voyant Jason repousser merveilleusement bien la Zeo Ranger d’Argent qui ne pouvait lutter contre la puissance de l’épée laser du Ranger Rouge, et qui fut contrainte de céder à la force de Jason.
                - Ce n’est pas grave, je n’ai rien senti ! mentit l’ennemie, qui avait éprouvé une petite pointe dans le bras en essayant de résister. Vous et vos copains, vous ne serez bientôt que de l’histoire ancienne ! On parlera des Power Rangers au passé !
    Pendant ce temps, Zack, Trini, Kimberly et Tommy officiaient chacun de leur côté. Mais très vite, le Ranger Noir remarqua que son chef d’équipe se retrouvait à l’écart, comme si les patrouilleurs faisaient barrage.
                - Tommy ! Tout va bien ? demanda Zack à distance.
               - Pas vraiment, répondit-il, armé de Saba, ils ne me laissent pas passer. Pourtant ils ne me font pas trop de mal. Je fais de mon mieux pour vous rejoindre !
    Mais le Ranger Blanc, qui était encerclé par rien moins que cinq patrouilleurs, ne trouvait pas de faille pour les mettre à terre, ni même pour leur fuir. Il avait maintenant l’impression que quelque chose lui était réservé, mais il ne savait pas trop quoi. Vu ce qu’il avait déjà subi dans le passé, il pouvait s’attendre au pire…
                - Venez m’aider si vous pouvez ! alerta le Ranger Blanc.
    Zack, Trini et Kimberly avaient entendu l’appel.
                - Les filles, allez l’aider, je me charge de ceux-là, ordonna le Ranger Noir. Ca devrait le faire, j’espère…
                - Pas de problème, on file, tu viens Kim, Kim ?
    La Ranger Rose était déjà partie secourir son protégé. La Ranger Jaune prit la même destination et revint à sa hauteur. Les deux jeunes femmes s’élancèrent en salto avant pour arriver au mieux au milieu des cinq patrouilleurs. Objectif plutôt réussi même si la pauvre Trini, quelque peu maladroite sur le coup, rata sa réception : un grand ménage fut réalisé et la moitié des agresseurs du Ranger Blanc se disloquèrent.
                - Tommy, tu vas bien ? Rien de cassé ? s’inquiéta Kimberly.
                - Non, merci Kim. J’étais vraiment en difficulté.
    Tommy tendit la main et aida Trini à se relever pendant que Kimberly s’interposait entre deux patrouilleurs qui voulaient la repousser. La Zeo Ranger d’Argent, qui devait faire face au Ranger Rouge, puisque Billy était occupé à casser du patrouilleur plus loin, vit la scène et décida d’intervenir, non pas pour mettre le Ranger Blanc à terre, mais juste pour le plaisir de duels purement féminins. Elle courut vers elles et s’élança, les deux pieds en avant. Kimberly fut projetée à trois mètres, près de la zone couverte par Billy qui éliminait l’un des trois derniers patrouilleurs encore en lisse.
                - Et bien, elle t’a bien envoyé valser, cette peste !
                - Il faut absolument l’arrêter… Heureusement qu’il ne reste plus que deux patrouilleurs.
    Jason et Zack étaient opposés à ces deux derniers sbires. Ils réussirent à les éliminer en très peu de temps.
                - C’est bon Jason, dit Zack, soulagé, on va maintenant pouvoir s’expliquer avec la Ranger d’Argent.
    Mais soudain, une apparition soudaine et malvenue survint : Goldar et Scorpina, armés de pelles, venaient d’arriver.
                - Oh non ! Pas eux ! pesta Jason, qui, à l’instar de Zack, avait rejoint ses amis.
                - Quand est-ce que vous vous arrêterez de nous embêter ! demanda Trini.
                - Justement, on arrêtera à votre fin, Rangers, répondit Goldar. Mais nous ne sommes pas venus pour vous taper, et c’est bien dommage.
                - Zeo Ranger d’Argent, il faut retourner sur la Lune, dit Scorpina, toujours aussi jalouse et vexée de ne pas avoir été placée en tête de liste pour cette mission. Elle se serait bien vue avec un médaillon de Ranger.
                - Très bien, je vous suis. On se retrouvera plus tard, les Rangers. Ce n’était que la première manche.
                - Première manche d’une série qui mènera à la victoire du Seigneur Zedd ! conclut Goldar avant de disparaître, accompagné de Scorpina puis de la Zeo Ranger d’Argent, laissant les Power Rangers interloqués, indécis, et pleins de questions.
                - Je n’ai pas compris le pourquoi du comment, avoua le Ranger Noir, tout en rangeant son blaster laser qui lui avait quelque peu servi.
                - Non, moi non plus, répondit le Ranger Blanc. Je suis confus…
                - Je suis sûre que c’est un piège, dit la Ranger Jaune. Restons méfiants, ils peuvent revenir et de n’importe quel côté.
                - Et le Dragonzord n’a toujours pas bougé, remarqua le Ranger Bleu. Le Zeo Megazord non plus. C’est quand même étrange. Je crois que Trini a raison. Restions sur nos gardes.
    Tommy, à l’instar de tous les Rangers, avait beau retourner les données dans sa tête, il ne comprenait pas la subtilité du départ soudain de la Zeo Ranger d’Argent. Pire, il se demandait pourquoi ni Goldar ni Scorpina n’étaient venus les attaquer, surtout qu’ils étaient équipés de pelles.
    Enfin, il ne savait pas quoi décider : devaient-ils cesser la surveillance et retourner à l’état de civil, où devaient-ils maintenir cette surveillance dans le parc ? Finalement, Tommy suggéra une troisième solution.
                - Je pense qu’il faut rentrer à la base. Zordon a peut-être de nouveaux éléments à nous apporter.
                - On en aurait bien besoin, répondit Jason, dont le ventre n’avait jamais gargouillé aussi fortement.
                - Alors téléportation immédiate !
    Les Power Rangers désertèrent par les airs le parc, où le Dragonzord et le Zeo Megazord stationnaient encore.
     
    ***
     
                La Zeo Ranger d’Argent espérait avoir satisfait les désirs de ses mentors.
    Précédant Goldar et Scorpina elle entra dans la salle du trône, où elle était attendue par Rita Repulsa et le prince Sariu. Squatt, Baboo et Finster étaient aussi présents, tout comme une petite escouade de patrouilleurs gris foncés de Rita, qui venaient juste d’être conçus. La sorcière aimait être entourée de ses bataillons personnels et, comme les absences du Seigneur Zedd étaient rares, elle avait profité de celle-ci pour se rappeler du bon vieux temps.
    La Zeo Ranger d’Argent s’inclina devant Sariu et Rita.
                - Tu as bien travaillé, Ranger, félicita le prince de Pluton. Je suis extrêmement fier de toi. Et même si les gamins de Zordon t’ont causé quelques soucis, cette manche n’était que le prologue à notre victoire.
                - Je… je vous remercie, vraiment, de m’avoir fait confiance, répondit la Zeo Ranger d’Argent, sans le moindre excès de jubilation. Il n’est pas dans mon optique, ni dans mes projets, de vous décevoir. Je dois éliminer les Power Rangers et je le ferai.
                - Mais je sais que tu vas y arriver. Tu es bien plus puissante qu’eux.
                - Maître, sauf votre respect, le Ranger Blanc me semble plus fort que ses compagnons d’arme. Il a des techniques dignes d’un grand karateka.
                - Mais il l’est, confirma Rita. C’est d’ailleurs dans un autre but que de le tuer que nous t’avons demandé de ne pas trop te frotter à lui.
                - Mais que va-t-il se passer pour ce Tommy alors ? s’interrogea ouvertement la Zeo Ranger d’Argent.
                - Suis-nous, dit Rita, Sariu et moi allons te le montrer.
    Sariu se leva, suivi de Rita, Finster, Goldar, et la Zeo Ranger d’Argent. Les autres, qui n’étaient pas conviés, avaient bien compris qu’ils devaient quitter la salle des trônes mais pas pour les suivre. Une fois que le groupe des quatre privilégiés s’était éloigné, Scorpina râla devant Baboo et Squatt.
                - J’en ai ma claque ! On ne me dit jamais rien à moi !
                - Et bien, à nous non plus, si cela peut te rassurer, répondit Baboo.
                - Si ça continue, je passerai à l’action toute seule ! Avec où sans l’accord de ce Sariu. Je peux vous le jurer. Je n’ai pas dit mon dernier mot.
    Mais Baboo et Squatt n’écoutaient plus. Ils étaient déjà partis, dans le but de finir une partie d’échecs qui s’éternisait et qui ne trouvait pas de vainqueur. C’est en jouant qu’ils tuaient l’ennui, et qu’ils évitaient de faire des bêtises.
     
    ***
     
                Au Centre de Commandes, les questions fusaient, et elles ne concernaient que les éléments liés à la Zeo Ranger d’Argent. Mais les Power Rangers, emportés dans leurs interrogations, ne laissaient même pas le temps à Zordon de parler et de s’informer. Pour une fois, l’être inter-dimensionnel haussa le ton.
                - Ecoutez-moi s’il vous plaît ! N’oubliez-pas que je suis coincé dans mon tube et que je me pose plein de questions moi aussi car je n’étais pas avec vous sur le terrain !
                - Ah, oui, pardon Zordon, excuse-nous, répondit Zack, surpris par la voix de Zordon.
                - Il faut nous comprendre, relativisa Trini, une Ranger débarque de nulle part et nous attaque.
                - Je comprends bien mais nous ne sommes pas dans une cour de récréation, répondit sèchement Zordon. Vous parliez tous en même temps. Reprenez-vous Rangers. La situation est certes très préoccupante, mais il faut ensemble réfléchir à la solution qui nous permettra de lutter et de défendre la paix sur la Terre. Tommy, rapporte-moi les faits s’il te plaît. Et Tommy seulement.
    Tommy posa son casque près du vista-globe et s’approcha du tube de Zordon, les autres Rangers et Alpha s’écartant en silence pour le laisser passer.
               - Et bien, la Zeo Ranger d’Argent a débarqué avec des patrouilleurs juste après une vague de chasseurs tengas. Nous avons eu beaucoup de mal à lutter contre elle et ses troupes. Elle nous a attaqués avec ses armes, puis elle a ensuite appelé le Zeo Megazord. Enfin, elle s’est attribué les pouvoirs du Dragonzord et elle a reçu le bouclier doré et l’épée-flûte que j’avais lorsque j’étais le Ranger Vert. Le Dragonzord est venu en renfort et, à deux contre un, elle a eu plus de chance que nous.
                - En effet… réfléchit Zordon à voix haute, si elle a réussi à combiner deux médaillons, celui Zeo et celui Dragonzord, elle doit posséder des pouvoirs redoutables.
                - Pour conclure, reprit le Ranger Blanc, nous avons dû quitter notre Ninja Megafalconzord en perte de puissance et victime d’un début d’incendie. Nous avons quelque peu continué le combat plus bas contre la Zeo Ranger d’Argent et de nouveaux patrouilleurs. Puis Goldar et Scorpina sont arrivés sans nous attaquer et la Ranger a disparu avec eux deux. Mais son Zeo Megazord et son Dragonzord sont restés plantés au beau milieu du parc, près du lac.
                - Je me permets d’ajouter que cette Ranger dispose de capacités confirmées en arts martiaux, se permit d’intervenir Jason. Elle devient parfois imparable, avec ou sans armes. J’ai pu faire les frais de certains coups extrêmement bien calculés, et je ne dois pas être le seul à avoir subi sa loi.
    Zordon avait l’air bien soucieux. Il avait plus ou moins suivi la scène, puisque les Rangers avaient communiqué avec lui pendant les hostilités. Mais il voyait dans les yeux de ses justiciers une certaine inquiétude mêlée à une crainte rarement constatée.
                - Alpha, demanda Billy, on ne sait pas qui est véritablement la Zeo Ranger d’Argent ?
                - Négatif Billy, répondit le droïde. Mais attends deux secondes, j’ai une fois de plus une intrusion dans nos ordinateurs, aie aie aie aie aie !!!
                - Oh non ! Ca vient de la Lune ? demanda Kimberly, inquiète.
                - Oui, c’est exact, confirma Alpha. Je ne peux rien faire contre ça.
                - Tant pis, Alpha, se résigna Zordon, peut-être que nous apprendrons quelques informations primordiales, même si j’en doute.
    Comme la précédente fois, c’est par le vista-globe que l’image de l’ennemi apparut. Mais cette fois, ce n’était pas un mais une ennemie.
                - Rita Repulsa… souffla Zack. Qu’est ce qu’elle nous veut cette vieille peau ?
                - Ferme ton clapet de danseur raté, pauvre pouilleux, rétorqua la sorcière qui n’avait pas du tout apprécié l’insulte.
                - Bon, qu’est ce que tu nous veux ? demanda Zordon.
                - Je veux vous féliciter pour votre belle prestation, se moqua Rita, mais c’était l’une des dernières dans le monde des vivants.
                - Ne crois pas que nous nous arrêterons ici, Rita, rétorqua Jason, qui ne s’avouait pas vaincu.
                - Pourtant, vous serez bientôt si déstabilisés que vous n’arriverez même plus à combattre, intervint Sariu, qui pointa sa silhouette à gauche de la tête de Rita.
                - Mon ami Sariu a raison. Mais passons aux choses plus sérieuses et qui vont vous plaire. Nous allons vous révéler la vraie identité de la Zeo Ranger d’Argent.
    Les Rangers parurent très étonnés, Zordon de même, méfiant de ce coup de main inattendu de Rita. Ce n’était pas dans ses habitudes d’ailleurs.
                - Dis toujours, accepta Zordon, mais je doute de ta sincérité.
                - C’est comme tu veux, monsieur le Commandeur du Bien. Tiens, ça fait longtemps que l’on ne t’avait pas appelé comme tel, ria Rita. Bientôt on ne parlera même plus de toi.
                - Dis-nous, vite ! s’agaça Zack.
    Rita fit exprès de laisser un silence de quelques secondes avant d’avouer l’identité tant attendue de la Zeo Ranger d’Argent.
                - Vous pourrez vous-même vérifier la véracité de ma révélation, mais notre Zeo Ranger d’Argent n’est autre que Katherine Hillard !
    Trini faillit nerveusement éclater de rire, et Zack faillit tomber par terre.
                - Tu te moques de nous, ce n’est pas drôle du tout ! s’énerva Billy. Tu es infecte !
                - C’est vrai, on ne plaisante pas avec ça ! rétorqua Jason.
                - Allez vérifier par vous-même si vous ne me croyez pas, et vous verrez que j’ai raison. J’ai la force de faire ce genre de choses. Je suis une sorcière quand même ! Vous m’avez pris pour une moldue ou quoi ?
                - Une quoi ? demanda Zack.
                - Là n’est pas la question. Ma Ranger est Katherine, votre amie bien-aimée, c’est tout.
     
                Tommy devint pâle. Il pensait bien que cette révélation était absurde, complètement loufoque, insensée, impossible.
    Mais si seulement…




    CHAPITRE 9
    Révélation sordide
     
                - C’est impossible, je ne te crois pas du tout, Rita, s’agaça Zordon qui haussait toujours un peu plus sa voix.
                - Mais allez vérifier, c’est tout ! conseilla en souriant l’impitoyable sorcière. Bon, ce n’est pas que je m’ennuie, mais je dois vous laisser. J’ai une planète bleue à conquérir. On se revoit très bientôt. De toute façon je viendrai pour votre enterrement même si je ne suis pas invitée !
                - Quelle pourriture, celle-là, grogna Jason. J’en ai ma claque de cette Rita et toutes ses cloches de monstres pourris !
                - Oui, moi aussi, dit Trini. Elle raconte vraiment n’importe quoi.
                - Aie aie aie ! Cette Rita est incorrigible ! toussota Alpha, victime d’une surchauffe de ses circuits.
                - Que fait-on ? demanda Zack. On vérifie quand même ce que Rita dit même si ce sont des gros mensonges ? Que fait-on, Tommy ?
    Mais Tommy avait la tête ailleurs.
                - Tommy, tu me reçois ? réitéra le Ranger Noir.
                - Euh, oui, excuse-moi Zack, je pensais à autre chose… je…
                - Attends, ne me dis pas que tu as gobé ce que cette nunuche a raconté, dit Zack.
                - Je ne sais pas trop, bafoua Tommy, à vrai dire, je ne sais pas quoi penser. Tout ça me trouble et je me pose des questions. Rita est capable de faire ce genre de choses.
                - Même de ramener une personne décédée à la vie ? questionna Billy.
                - Peut-être, crut Tommy, nous savons tous que Rita et Katherine avaient un lien télépathique puisqu’elle était sous son envoûtement. Il est possible que ce lien ne se soit jamais rompu.
                - Je ne veux pas paraître cru, Tommy, intervint Jason, mais lors de l’autopsie de son corps, ils ont bien constaté qu’elle était bien morte… enfin, je ne sais pas trop comment te dire cela, moi…
    Jusque là, Kimberly était restée bien silencieuse. Elle voyait bien que Tommy était soucieux, mais elle se disait qu’il se faisait du souci pour rien. Ce genre de résurrection était impossible selon elle.
                - Tommy, intervient-elle finalement, si tu veux, nous allons ensemble au cimetière et tu pourras constater que rien n’a changé là-bas. Si cela peut te rassurer...
                - Oui, après tout, tu as sans doute raison, Kim. Je me fais du souci pour rien. Mais allons-y quand même.
                - Faites comme vous voulez, mais je ne pense pas que vous apprendrez grand-chose au cimetière, prévint Zordon pendant que Tommy et Kimberly se détransmutaient.
                - Ma décision d’y aller est maintenue, répondit Tommy. A plus tard, les amis. Prête pour la téléportation, Kim ?
                - Oui, allons-y.
    Les deux amis quittèrent le Centre de Commandes. Zack ne rigolait plus du tout.
                - Cette Rita de malheur a réussi une chose : à faire douter Tommy ! Je n’aime pas ça du tout.
                - Forcément, répondit Billy. Les sentiments de Tommy envers Katherine sont très forts, et désormais, cette soi-disant résurrection le trouble énormément. J’espère qu’il comprendra rapidement que la vérité n’est pas celle de Rita.
                - Je n’avais jamais vu Tommy aussi pâle… se soucia Trini. Il était plus blanc que sa combinaison.
                - Quoi qu’il en soit, Rangers, restez très méfiants, décreta Zordon. Attendez-vous au pire et à de nouvelles offensives contre la Terre, et contre vous. Je vous laisse retourner à vos occupations personnelles et professionnelles.
    Chacun des quatre Rangers restants regagna son look civil.
                - Je vais rester avec Alpha pour vérifier ses circuits, dit Trini, car je n’ai pas cours cet après-midi. Mon module de soutien en mathématiques est annulé. Et puis, après l’exposé de ce matin avec Kim, et avec cette petite bagarre, j’en ai un peu par-dessus la tête des cours.
                - Ca s’est bien passé d’ailleurs ? demanda Billy.
                - Oui, ça a été… tiens, qu’est ce que c’est que ce bruit ?
                - Euh… c’est mon ventre. J’ai trop faim, se lamenta Jason. Allons donc manger.
                - Mais il est quatorze heures quinze, constata Billy en regardant sa montre.
               - Cela n’empêche pas que la glacière, j’y ai pensé, déclara Alpha. Je l’ai fait téléporter ici, bien au chaud, enfin, bien au frais !
                - Tu es un dieu, Alpha, loua Jason qui se jeta sur la glacière afin de retrouver ses trois sandwichs. Les gars, on prend la glacière, et on va manger à la Maison des Jeunes.
                - Et les cours ? questionna Billy.
                - J’ai pas trop la tête à ça non plus, et puis, on a déjà loupé le début de la séance… dit Jason.
                - Je marche ! suivit Zack.
                - Moi de même, malgré le fait que selon moi les cours sont importants même s’ils ne sont pas intégralement suivis, déblatéra Billy. Bon courage, ma scientifique adorée !
                - Merci et bon appétit. A plus tard, souhaita Trini. Viens Alpha, que je te répare tes petits circuits…
    Et les trois garçons se téléportèrent à leur tour vers la Maison des Jeunes. Trini suivit Alpha qui alla chercher des fusibles de rechange. Et Zordon resta aussi pensif que soucieux dans son tube.
     
    ***
     
                En ce lundi, aussi ensoleillé que la veille, le cimetière principal de la ville d’Angel Grove restait ouvert jusqu’à dix-huit heures, mais il n’y avait pas grand monde à l’intérieur. Tommy et Kimberly s’apprêtaient à pénétrer dans l’édifice.
                - Tu m’inquiètes Tommy, tu me parais complètement ailleurs, s’étonna la jeune femme.
                - Je suis désolé Kim d’être comme ça, s’excusa Tommy. Toutes ces révélations, qui sont peut-être fausses, me troublent. Je devais vérifier de mes propres yeux pour être sûr.
                - Et c’est pour cela que nous sommes ici, mais tu verras, nous avons fait le déplacement pour rien. Que cherches-tu au juste ? A savoir si Katherine est la Zeo Ranger d’Argent ?
                - Je ne sais pas. Rita a dit que nous pouvons vérifier alors je viens voir ce qu’il en est ici, si quelque chose a changé, et... tiens, il y a du monde autour de la tombe de Kat. Bizarre.
                - Ca c’est bizarre en effet.
    Kimberly parut moins inquiète qu’elle ne l’était, mais la surprise fut de taille lorsque les deux amis approchèrent de la tombe, parmi quelques personnes, dégoûtés par ce qu’ils constataient.
                - C’est immonde de déterrer un cercueil et de l’ouvrir, accusa une vieille dame très furieuse.
                - Je n’ai rien vu venir, répondit un jeune homme qui devait être le gardien du cimetière. Je ne sais exactement quand cela s’est passé mais ça s’est passé aujourd’hui. J’étais présent hier et même ce matin pour l’entretien des tombes, et tout était parfaitement normal.
    Tommy ne pouvait pas le croire. La terre avait été déblayée, creusée, et gerbée sur un tas de graviers. La tombe était cassée, et les quelques chrysanthèmes jetées à côté comme de vieilles fleurs. Le cercueil, à quatre mètres de profondeur, avait le couvercle retiré. Il était vide.
                - Je n’y comprends rien… pensa Kimberly.
                - Alors, Rita disait vrai, accepta Tommy. Katherine est encore en vie. Elle est revenue à la vie. Elle est cette Ranger qui nous combat.
                - Tommy, non, je suis sûre que c’est un coup monté, certifia Kimberly.
    Mais Tommy n’écoutait plus vraiment, absorbé par ses pensées, et ses sentiments forts envers celle qu’il pensait être la Zeo Ranger d’Argent.
    ***
     
                Rita Repulsa avait rarement été aussi heureuse depuis qu’elle avait pour mission de s’emparer de la planète bleue. Cela n’était pas dû à grand-chose. Si sa passion pour la sorcellerie et la création de monstres était son fer de lance, elle adorait aussi la psychologie, et notamment la manipulation des pauvres âmes humaines, avec ou sans le recours aux sorts magiques. Et le fait de provoquer chez le Power Ranger Blanc une grande confusion dans ses pensées la rendait de plus en plus folle et chaleureuse.
                - Je sens que Tommy est troublé par toute cette aventure ! Il perd le contrôle de ses sentiments !
                - Ta tentative de déstabilisation fonctionne à merveille, avoua Sariu, tout en tenant dans sa main droite un nouveau boomerang qu’il devait attribuer à la Zeo Ranger d’Argent, qui se tenait juste devant lui.
                - Oui ! Oui ! Ca marche ! C’est génial ! s’exclama joyeusement la sorcière. Mon plan fonctionne !
                - Et maintenant, nous passons à ton idée numéro deux. Zeo Ranger, nous allons avoir besoin de toi, dit Sariu.
                - En quoi puis-je vous être utile ? demanda poliment la Zeo Ranger d’Argent.
                - Attends juste deux secondes, je regarde si la voie est libre… Tommy et Kimberly sont au cimetière. Et là, tiens ! Je vois Jason, Zack et Billy se dirigeant vers le pôle universitaire. Je ne vois pas Trini… bon ça ne fait rien, on peut lancer les opérations suivantes !
                - Je vous écoute, ma reine.
    Et Rita, aidée de Sariu, expliqua le déroulement de sa stratégie censée être infaillible.
     
    ***
     
                Au Centre de Commandes, Trini avait été contrainte d’effectuer une petite pause dans les réparations qu’elle avait engagées sur le mécanisme électronique d’Alpha.
    Le Centre de Commandes, parmi ses ordinateurs ultramodernes et ses gadgets les plus fous, était aussi équipé d’un téléphone fixe sans fil, à numérotation manuelle. Et la jeune femme était justement en communication avec Aisha.
                - … tant mieux si vous avez fait bon voyage. Et quel temps il fait à Londres ?
                - Et bien, finalement, il ne fait pas du tout le même temps qu’en Californie, répondit Aisha. Il pleut averse et nous avons même été obligés de nous acheter des parapluies !
                - Profitez-en quand même malgré la flotte !
                - J’espère que toute cette histoire de Zeo Ranger d’Argent va bien se terminer. Embrasse de notre part tous les autres. Arrête Bulk de me marcher sur les pieds, zut à la fin !
                - Quel gamin celui-là ! ria Trini qui imaginait le supplice.
                - Allez, à la prochaine ! Bye ! glissa Aisha avant de raccrocher.
                - A bientôt Aisha, conclut Trini.
    Trini raccrocha à son tour et se redirigea vers Alpha qui était resté debout, mais qui avait la partie arrière de son corps ouverte, laissant pendre quelques fils électriques dénudés de diverses couleurs.
                - Alors, reprit Trini tout en prenant un fer à souder, on a dit, le fil bleu avec le fil bleu, et le fil rouge avec le fil rouge. Et bien, ça me semble être un jeu d’enfant tout ça ! Tu seras vite remis d’aplomb, mon petit Alpha !
                - Merci Trini, fit Alpha. Aie aie aie, ça va me faire du bien cette petite manucure !
                - Bravo Trini, félicita à son tour Zordon. Bon, je vais un peu entâcher cette joie passagère, mais le Dragonzord et le Zeo Megazord n’ont toujours pas évacué le parc. En revanche, les forces de police ont organisé l’évacuation civile. Un périmètre de sécurité entoure tout le parc, qui est donc entièrement fermé et contrôlé. J’espère juste que les deux Megazord ne vont pas se réactiver dans l’immédiat. Je ne sens pas Tommy prêt à reprendre le combat.
                - Ah oui ? s’étonna Trini. Comment était-il à la sortie du cimetière ? Qu’a-t-il vu là-bas ?
                - Je n’ai pas eu d’échos, regretta Zordon, mais en l’absence de nouvelles, je ne sais pas trop quoi penser.
                - Kimberly va sans doute te prévenir rapidement, supposa la jeune femme. Bon, je me remets au boulot. Alpha, pas la peine de t’enfuir, car je n’en ai pas terminé avec toi. Encore quelques minutes de patience à me replonger dans tes circuits.
    Le droïde ne s’était pas enfui. Au contraire, il aimait bien que Trini, ou Billy d’ailleurs, lui administrait quelques soins bienvenus. D’ailleurs, malgré l’impossibilité de produire quelconque sentiment, la délicatesse féminine le rassurait davantage.
    Trini allait chercher une petite caisse à outils contenant du fil de fer, des pinces et des tournevis quand une lueur grisâtre apparut au beau milieu du Centre de Commandes.
                - J’ai réussi !
    La Zeo Ranger d’Argent venait de remplacer la masse grise qui se dissipa rapidement.
                - Aie aie aie ! Alerte, alerte ! Intrusion ! Intrusion ! cria à tue-tête le pauvre Alpha.
                - Toi, la ferme ! rétorqua virulemment l’ennemie, sinon je t’expédie illico à la casse pour robots !
                - Comment t’as fait pour rentrer dans le Centre de Commandes ? demanda Trini, qui venait de mettre sa main droite dans son dos afin de chercher le contact avec son transmutateur.
                - J’ai un médaillon de Ranger : celui du Dragonzord. Libre à moi d’aller et venir dans votre dôme qui, je l’avoue, est assez sympa. On dirait une salle d’arcade, avec un tube, un robot et une cruche comme toi !
                - Tu vas me le payer, saleté ! s’énerva Trini.
                - Ah oui ? En liquide, par chèque, ou en coups de pieds ?
                - Transmutation demandée ! Ranger Jaune Power !
    Trini quitta sa tenue civile pour se retrouver dans celle du Power Ranger Jaune.
                - Attention Trini ! prévint Zordon. Limite la casse dans le Centre de Commandes.
                - Oui Zordon. Mais je ne vais pas la laisser foutre sa merde ici à celle-là.
    La Zeo Ranger d’Argent prit ça comme une insulte et sentit monter la colère en elle.
                - Tu as intérêt à la fermer sinon je te casse la mâchoire.
                - J’attends cela, provoqua Trini. Viens, je t’attends. Viens te la mettre !
                - Aie aie aie aie aie ! Il faut que je prévienne les autres immédiatement ! s’alarma Alpha.
                - Je ne te laisserai pas ce plaisir, répondit la Zeo Ranger d’Argent qui fit un pas vers Alpha et qui lui attribua un croche-pattes. Le pauvre droïde n’anticipa pas l’agression et tomba en avant. La Zeo Ranger d’Argent commença à le punir de coups de pieds assez violents. Trini ne pouvait pas la laisser faire et se précipita vers l’ennemie.
                - Tu veux résoudre ça par la bagarre, tu vois comprendre de quel bois je peux me chauffer. Ne touches plus jamais à Alpha.
    Le pauvre Alpha ne se releva pas. Il gisait par terre, la carcasse bien cabossée. Pendant ce temps un duel exclusivement féminin allait commencer.
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    Re: MMPR S4, épisode 3 : Zeo Zeo Sept

    Message par KL44 le Dim 1 Mar - 12:43

    Bonjour,
    voici la suite avec les deux chapitres suivants.

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    CHAPITRE 10
    Duel féminin en plein centre de commandes
     
                Trini savait qu’elle ne devait pas entreprendre de cabrioles titanesques à l’intérieur du Centre de Commandes bien qu’elle savait que la Zeo Ranger d’ Argent ne se gênerait pas pour tout dévaster. Au début, tous les coups provenaient des poings de chacune des combattantes. Ces coups étaient pour la majorité d’entre eux très précis et redoutablement vifs. La Ranger Jaune repéra une faille dans la défense de son ennemie et en profita pour se baisser et mettre deux coups de coude dans chacun des genoux adverses. L’effet fut radical : la Zeo Ranger d’Argent s’agenouilla, prise d’une douleur prononcée.
                - Aie ! Nom de nom… ne recommence jamais ça, sinon…
                - Sinon, quoi ? rétorqua Trini qui se servit cette fois de son genou droit pour toucher la tête de la pauvre Zeo Ranger d’Argent qui se retrouva allongée, le dos à terre.
    Trini en profita pour aller à la rescousse d’Alpha qui réagissait, même endommagé.
                - Aie aie aie… erreur système... le programme a rencontré une erreur et est obligé de fermer… serveur introuvable… débogage impossible… aie aie aie…
                - Non, Alpha, réponds-moi !
                - Trini, attention, alerta Zordon, derrière toi, elle revient !
    La Zeo Ranger d’Argent toucha Trini du pied avant que cette dernière ne puisse prévoir tel geste. Elle sentit à son tour un mal l’envahir dans le haut du dos, juste entre les omoplates, là où avait tapée la Ranger ennemie.
                - Regarde ce que j’en fais de ton robot, ricana la Zeo Ranger d’Argent tout en saisissant son boomerang laser.
                - Qu’est ce que… non ! cria Zordon. Arrête !
                - Non, ne fais pas ça ! hurla Trini qui s’était retournée.
    La Zeo Ranger d’Argent lança puissamment le boomerang laser en direction d’Alpha toujours allongé sur le ventre. L’arme eut un effet salvateur puisque le pauvre droïde fut très grièvement dissous en plusieurs parties, parmi une ribambelle d’étincelles orangées.
    Trini se glissa jusqu’à Alpha, enfin, ce qu’il restait de sa tête en forme de coupole.
                - Alpha ! Réponds-moi ! Réponds-moi Alpha, je t’en prie !
                - Trini, appelle les autres Rangers, il te faut leur aide.
                - Oui, je les appelle… mais Alpha …
                - Je crains que les réparations soient très longues, admit Zordon, dépité de voir son assistant et ami dans un tel état. Billy et toi vous en chargerez lorsque la situation le permettra.
                - Oh non, Alpha…
                - Trini ! La Zeo Ranger d’Argent s’est rendue au sous-sol, dans le blockhaus spécial. Il faut absolument l’en empêcher. Je me charge moi-même de prévenir les autres. Dépêche-toi s’il te plaît !!!
                - Je m’y rends tout de suite, Zordon.
    La Ranger Jaune regarda une dernière fois l’aspect démembré d’Alpha, puis fonça à toute vitesse quelques mètres sous terre au sous-sol qui avait servi, dans le futur passé, de centre de commandes de la génération Zeo de l’équipe de Zordon. Pendant ce temps, Zordon suivait sur les écrans de contrôle la progression de la Ranger du mal et, il découvrit rapidement ses intentions.
                - Trini, ordonna Zordon, la Zeo Ranger d’Argent se trouve à proximité du coffre de la plantation des anges. Elle est sans doute venue pour le récupérer. Il faut éviter une telle catastrophe.
                - Ok, j’y vais, je ne la laisserai pas s’envoler avec ce coffre de malheur. Je m’équipe. Dagues laser, à moi !
                - J’appelle les autres Rangers ! dit Zordon.
    Pendant que Trini filait au sous-sol, Zordon lança un appel d’urgence vers les cinq autres communicateurs existants. Alpha, qui ressemblait davantage à un puzzle métallique aux pièces dispersées, qu’à un robot, n’avait pas bougé.
     
    ***
     
                Jason, Billy et Zack étaient assis autour d’une table, dévorant leurs sandwichs comme des affamés. Jason, la bouche entourée de mayonnaise, en était déjà à son dernier et il fouillait dans la poche de son jean pour voir si quelques pièces trainaient afin d’acheter un hamburger ou un autre plat chaud préparé par Ernie, voire même une confiserie vendue dans le distributeur près de la salle audiovisuelle.
                - Zack, Billy, vous n’auriez pas quelques cents à me prêter ? Je n’ai pas assez pour me payer autre chose.
                - Tu as encore faim ? s’étonna Zack. Mais ce que tu manges, tu le mets où ?
                - Je dirais dans mes muscles, plaisanta Jason.
                - De toute façon, fit remarquer Billy, vu comment nous sommes obligés de nous dépenser avec toutes nos mésaventures, on ne garde pas beaucoup ce que l’on mange…
    Les communicateurs se firent entendre. Jason bondit de sa chaise suivi de ses deux camarades. Ils s’éloignèrent du bar et sortirent de la maison des jeunes furtivement.
                - Oui, que se passe-t-il ? demanda Jason.
                - Venez immédiatement ! alerta Zordon. La Zeo Ranger d’Argent est dans le Centre de Commandes. Trini ne peut pas la contrer à elle seule.
                - On se téléporte tout de suite !
    Les trois jeunes hommes regardèrent autour d’eux qu’il n’y ait personne. Il y avait bien une jeune fille qui leur faisait dos, et que Zack ne se gênait pas de parcourir de haut en bas du regard, mais Jason fit quand même signe de se téléporter sur le champ, coûte que coûte.
     
    ***
     
    Jason, Billy et Zack apparurent au milieu du Centre de Commandes. Ils se saisirent immédiatement de leurs transmutateurs respectifs.
    -          Transmutation ! Par le pouvoir du Ranger Noir !
    -          Par le pouvoir du Ranger Bleu !
    -          Par le pouvoir du Ranger Rouge !
    Billy se baissa auprès de ce qu’il restait d’Alpha.
                - Allez aider Trini, je reste là auprès d’Alpha… enfin, auprès de ces morceaux… c’est terrible…
                - La Zeo Ranger d’Argent est au sous-sol, dans la salle de secours qui a servi à la génération de Rangers Zeo, signala Zordon. Elle s’apprête à ouvrir le coffre contenant la plantation des anges.
                - On s’y rend tout de suite, dit Jason. Vite, Zack !
                - Et surtout, protégez-là ! Cette salle est très importante.
    Pendant que le Ranger Bleu restait à rassembler le corps émietté du pauvre Alpha, les deux autres coururent vers leur destination, quelques mètres plus bas. Ils passèrent derrière les ordinateurs où se trouvait l’escalier sombre et dépourvu de lumière conduisant au sous-sol. Ils n’étaient pas à la moitié de l’escalier droit lorsqu’ils entendirent un choc brutal, juste avant de voir la pauvre Ranger Jaune propulsée contre un pan de mur en bas, et qui au passage avait activé sur son casque l’éclairage provenant des deux yeux de la représentation du Smilodon. Trini n’eut pas de mal à se relever mais elle semblait avoir mal au dos.
                - Trini, on arrive ! marmonna Zack. Fais comme si nous n’étions pas là.
                - Bonne idée Zack, dit Jason, je n’y aurai pas pensé.
    Trini acquiesça en hochant la tête discrètement, puis elle retourna vers la droite de l’escalier, d’où elle venait d’être projetée.
                - Vite, descendons, se pressa le Ranger Rouge, suivi du Ranger Noir.
    Lorsqu’ils arrivèrent en bas, ils n’eurent pas le temps d’admirer la salle que Zack ne connaissait pas vraiment, mais que Jason avait déjà côtoyé. Ils virent un combat au corps-à-corps entre la Ranger Jaune et la Zeo Ranger d’Argent, durant lequel les coups de poings pleuvaient comme des trompes d’eau lors d’une averse tropicale.
                - Tant pis pour l’effet de surprise, chuchota Jason, il faut aider Trini, protéger la salle, et sauvegarder le coffre de la plantation des anges.
    Les deux Rangers foncèrent vers l’action à toute vitesse, mais ils furent gênés par le lancer de boomerang de l’ennemie qui avait anticipé.
                - Jason, fais gaffe ! prévint Zack, qui se roula à terre, suivi de son ami.
                - Bienvenue à mon tournoi d’art martial ! lança la Zeo Ranger d’Argent. Cependant je n’ai pas trop le temps de bavarder, j’ai quelques emplettes à faire, ils font des soldes sur les fleurs ces temps-ci ! D’ailleurs, oserez-vous frapper l’une de vos anciennes collègues ?
                - Tu n’es pas Katherine, j’en suis sûr ! contra Jason.
                - Tu ne partiras d’ici avec rien, si ce n’est ta cruauté et ta haine ! répondit violemment Zack, énervé en voyant Trini chuter suite à un puissant coup de genou qui venait de lui être administré dans le bas du ventre. De ce fait, il leva la main droite vers le haut.
                - Hache laser, à l’action !
                - N’importe quoi… même pas peur ! provoqua la Zeo Ranger d’Argent.
                - Epée-laser ! implora à son tour le Ranger Rouge.
    Trini étant déjà armée de son épée-blaster, elle décida de ne plus utiliser ses dagues laser pour le moment. Elle avait réussi à se remettre debout.
                - De toute façon, je ne suis pas là pour traîner, comme je viens de vous le dire ! ajouta la Zeo Ranger d’Argent. Voici le dernier coup, le meilleur pour la fin. Feu d’artifice à volonté !
    Elle prit l’épée du dragon et entama une mélodie bien particulière…
                - Attention ! Ecartez-vous ! cria Jason.
    Mais c’était trop tard. Le losange du bouclier ne cessait plus de créer de puissants rayons bleuâtres dévastateurs.
                - Vous avez échoué, Rangers ! Je vous tue, et par la même occasion, je dévaste votre jolie salle. C’est dommage, elle avait un style bien à part, et elle était historiquement liée aux pouvoirs des Power Rangers Zeo. Mais bon, quand on n’a pas le choix. Je n’ai pas le choix. Il faut que je vous élimine. Ce sont les ordres !
    Pendant qu’elle parlait, elle avait continué de décharger ses lasers et, par la même occasion, sa redoutable puissance. Elle ne visait pas que les trois Rangers ; elle prenait aussi le temps de détruire les ordinateurs en veille. Puis elle s’attarda sur six vitrines illuminées, dont quatre vides. Les deux autres comportaient des costumes de Power Rangers.
       - Mais ça aussi c’est sympa ! rigola machiavéliquement  la Zeo Ranger d’Argent. J’aime bien la tenue du Ranger Blanc en vitrine. Mais par contre, celle de la Ranger Rose. beurk. Immonde !
    Aussitôt dit, aussitôt fait : un puissant rayon bleu traversa le verre de la vitrine qui se fissura puis se disloqua, tombant ensuite sur le sol déjà bien recouvert de débris. La combinaison rose se mit alors à brûler, mais les flammes ne parvinrent pas à faire fondre cette dernière, mais juste à lui attribuer quelques trous. Mais les systèmes de sécurité se mirent en route, et de puissants jets d’eau se dirigèrent vers l’embrasement. Une brume épaisse, provoquée par la fumée, se répandit ; la Zeo Ranger d’Argent profita de la situation pour s’avancer vers le fameux coffre tant convoité qu’elle avait trouvé.
       - Je te tiens, enfin ! Mes maîtres vont être ravis !
    La Zeo Ranger d’Argent se pencha et posa une main, puis l’autre pour le coffre, comme pour vérifier qu’il ne s’agissait pas d’une vision. Le coffre était bien là.
       - La plantation des anges va retourner sur la Lune, jubila l’envoyée de Sariu. Je n’ai plus qu’à entamer la téléportation pour le coffre et pour moi.
       - Négatif, ce n’est pas demain la veille, fit une voix masculine qu’elle n’avait pas encore entendue depuis qu’elle était au sein du Centre de Commandes.
       - Quoi ?
       - Champ magnétique de retenue, maintenant ! dit Billy.
    La Zeo Ranger d’Argent se retrouva bloquée dans un piège magnétique, le même type de piège qui, quelques années plus tôt, avait empêché le Ranger Vert, alors sous l’emprise de Rita Repulsa, dévaster la base de Zordon.
       - Voilà comment ça se passe lorsqu’un ennemi, ou une ennemie, reste trop longtemps au sein de notre camp de retranchement ! ironisa Billy.
       - Traitre ! Pouilleux ! Espèce de Ranger à la noix ! ne cessa de pester la Zeo Ranger d’Argent, grise de rage d’échouer si près du but, et si lamentablement.
       - Bien joué mon petit Billy ! s’exclama joyeusement Zack derrière lui. Elle est coincée. On la tient !
       - Non, non, pas encore ! contra la concernée. Je vais me téléporter hors de votre base et revenir de suite !
       - Impossible ! répondit le Ranger Bleu. J’ai renforcé le système d’accès au Centre de Commandes. Tu ne pourras pas revenir ! Seuls les médaillons des six Power Rangers actuels sont autorisés à entrer dans notre antre. Le médaillon du Dragonzord est exclu de ce cercle très privé. Tu repasseras une autre fois…
       - Vous m’avez eu cette fois-ci, mais sachez que vous paierez cette humiliation. Bientôt, votre sang ne coulera plus dans vos veines mais sur la lame de ma dague du dragon !
       - Mais oui bien sûr ! dit Trini. Allez, va t-en, vilaine.
       - Imbéciles… vous verrez…
    Et la Zeo Ranger d’Argent lança la procédure de téléport sans le coffre et disparut du champ magnétique. Ce qui provoqua le grand soulagement des quatre Rangers, mais celui-ci fut de courte durée lorsqu’ils mesurèrent l’importance des dégâts causés dans la salle Zeo.
       - C’est pas vrai ! Regardez-moi ça… déplora Zack.
    Le communicateur de Jason sonna. C’était Zordon.
       - Remontez immédiatement.
     
       Les Rangers obéirent, les traits marqués sur le visage toujours couvert de leurs casques. Trini désactiva les lumières du sien et chacun remonta l’escalier.
    Tommy et Kimberly se trouvaient désormais dans le Centre de Commandes : ils venaient juste d’arriver.
       - Tout est fichu en bas, dit Billy, transpirant, qui, à l’instar des autres Rangers en combinaison, venait de retirer son masque.
       - La salle est dévastée, en effet, ajouta Trini, épuisée par le combat qu’elle venait de mener.
       - J’ai constaté cela, répondit Zordon, très calmement. L’essentiel est que vous soyez sains et saufs, et que le coffre n’a pas bougé. Mais il y a un problème, et Kimberly est concernée.
       - Euh… pardon ? Je ne comprends pas… Je n’étais même pas là quand cela s’est passé…
       - Exact, mais la Zeo Ranger d’Argent, dans son élan destructif, a provoqué des dommages importants sur ton générateur de force.
       - Un générateur de force ? s’exclamèrent Kimberly, Trini et Zack simultanément.
       - Oui, ce sont dans ces générateurs que sont sauvegardés les pouvoirs des Rangers, ainsi que la tenue de Ranger.
       - Ah, je comprends pourquoi il ne restait que celles de Kim et Tommy, réfléchit Jason.
       - Et cela engendre quoi pour Kim ? questionna Billy.
       - L’impossibilité d’utiliser ses pouvoirs et de se transmuter en Ranger Rose.
       - Oh non ! Ce n’est pas vrai… se plaignit Kimberly.
       - Et ce n’est pas la seule mauvaise nouvelle. Il y en a deux autres, poursuivit Zordon. La première est l’état d’Alpha 5. Il est réparable mais cela sera très long. Il nous manquera pendant cette bataille.
       - C’est sûr, dit Billy, abasourdi.
       - Et l’autre mauvaise nouvelle ? s’impatientait Trini. Il y en a trois je crois.
       - Oui, répondit Zordon. La troisième et dernière est le message que nous a envoyé la Zeo Ranger d’Argent juste après son départ de la base.
       - Qu’est ce qu’elle dit dans ce message ? demanda Jason.
    Zordon, voyant Tommy complètement déconcerté et moralement en petite forme, hésita avant de poursuivre, mais parla quand même.
       - Elle tient vraiment à récupérer la plantation des anges, fit Zordon.
       - Ca ne m’étonne pas, répondit Trini. Pourquoi ne pas déplacer le coffre, ou en mettre un faux à la place, afin de limiter les risques de vol au cas où elle arriverait à revenir malgré les protections mises en place par Billy ?
       - Non, ce n’est pas la peine, fit Zordon. Je ne crois pas qu’elle veuille revenir. Au contraire, elle aimerait procéder à un échange de bons procédés.
       - Tant que ça… suffoqua Jason, les poumons encore irrités par le récent début d’incendie.
       - Voilà son marché : elle espère qu’on lui cède le coffre avec la plantation  des anges, et en échange, elle cesse les attaques. Le cas échéant… le Dragonzord et le Zeo Megazord seront réactivés et poursuivront leur mission de dévastation d’Angel Grove.
       - Mais on ne peut pas faire ça ! On ne peut pas lui céder le coffre ! C’est impossible ! s’emporta Zack.
       - Je sais, répondit l’être interdimensionnel. Je dois réfléchir à une solution. En attendant, restez très prudents et sur le qui-vive.
    Les Rangers se concertèrent.
    Tous, non : Tommy, resté transparent et inexistant lors des consignes de Zordon, n’avait écouté que d’une oreille. Ses pensées étaient ailleurs.
    De plus en plus il se demandait vraiment qui croire. Ses sentiments le trahissaient. Il le savait, mais il n’arrivait pas à lutter contre ça.
    Tantôt, il se disait que cela était ridicule : la Zeo Ranger d’Argent ne pouvait pas être Katherine.
    Mais la vision macabre au cimetière le rendait fou, et lui instaurait de nombreux doutes. Il était vraiment perdu. Il n’osait pas en parler, mais il se sentait complètement perdu.




    CHAPITRE 11
    Doutes
     
       Les Rangers, après avoir quelque peu débattu sur la situation, furent étonnés de ne pas entendre l’avis de leur chef d’équipe.
       - Et toi Tommy, tu penses avoir une solution ? demanda Jason.
       - Oui c’est vrai, on ne t’a pas entendu, signala Zack.
       - Ah, pardon, s’excusa Tommy qui semblait revenir de très loin. Je… Je n’ai pas de solution pour l’instant. Je vais… je vais rester avec Zordon afin de réfléchir à tout cela.
       - Très bien, Tommy. Juste un dernier mot pour Kimberly : tu n’auras pas de conséquences physiques engendrées à cause des dommages causées à ton générateur d’énergie, si ce n’est l’impossibilité d’utiliser tes pouvoirs ni ton transmutateur.
       - Et nous, on doit forcément rester ici aussi ? demanda Trini qui espérait prendre l’air rapidement.
       - Non, décréta Zordon. Malgré la menace qui pèse sur nous tous, je vous libère pour reprendre vos activités normales, même si je sais que ce sera difficile. A ciao bon lundi, les amis.
       - N’hésite-pas à nous appeler en cas de pépin, dit Jason.
       - Pour ma part je vais emmener ce qu’il reste d’Alpha au laboratoire. Trini, tu viens avec moi ? Ton aide me sera précieuse.
       - Oui, bien entendu, mais avant je fais une douche, et je fais un tour à pied. Et je veux quitter ma combinaison. Transmutation terminée !
    La Ranger Jaune retrouva son aspect physique ; les Rangers Bleu, Noir et Rouge firent de même quelques secondes après.
       - J’ai rétabli la sécurité complète du Centre de Commandes, déclara Zordon, mais comme nous ne sommes pas à l’abri malgré la protection que le médaillon du Dragonzord, j’ai renforcé nos radars. Et je vous en prie, restez joignables !
       - Sous la douche, ça va être difficile… prononça Trini.
       - Les communicateurs sont étanches, ma belle, répondit Billy.
       - Bon, d’accord, je le garderai sur moi, mon communicateur. Mais Zordon, je t’en conjure, ne tente pas une téléportation forcée… où attends que je sois sortie de la douche, et que je sois habillée…
    Les autres, rirent, sauf Tommy qui esquissa un léger sourire, enfin, malgré la situation. Et Zack avait de la suite dans les idées afin de se détendre avec Jason et Kimberly qui n’avaient pas encore fait part de leurs projets à très court terme.
       - Si nous allions au nouveau centre commercial près du Crazy Area ? Angela m’a dit qu’il y avait là-bas de superbes boutiques en tous genres. Et puis, on pourra aller voir cette brasserie, je ne connais pas trop les produits qu’ils vendent, mais…
       - Ce n’est que de la bière là-dedans, dit Billy.
       - Ca tombe bien, remarqua Zack, j’ai vu à la télé qu’il y avait une nouvelle marque de bière, la… Buckler, mince, la… ah oui, la Dino-Buckler !
       - Tiens, c’est drôle ça comme nom… hoqueta Trini.
       - Alors, ça vous tente ?
      - Oui, je veux bien, accepta Jason, pendant que Kimberly, qui de la tête avait approuvée la sortie proposée par Zack, s’approcha de Tommy.
       - Ca va aller, tu es sûr ? lui demanda la jaune femme.
       - Ne t’inquiètes-pas pour moi, répondit Tommy, qui avait toujours l’esprit perturbé. Je vais rester là pour voir avec Zordon comment on va faire. Et toi, malgré ta nouvelle perte de pouvoirs, tu vas tenir le coup ?
       - Zordon a dit que je ne devrais pas ressentir les conséquences sur mon organisme. Bon, tu es sûr, tu ne viens pas ?
       - Non, je reste ici, je suis désolé.
       - Bon, et bien, c’est comme tu veux, conclut Kimberly, visiblement déçue de voir Tommy rester au Centre de Commandes plutôt que de l’accompagner.
    Elle relativisa ensuite en se disant qu’après tout, si Tommy prenait conscience du danger, c’est qu’il ne devait plus croire que Katherine avait été ressuscitée par Rita afin de devenir la maléfique Zeo Ranger d’Argent.
     
       Trini et Billy avaient rassemblé les parties d’Alpha dans un carton de taille moyenne et quelque peu détérioré, et ils furent les premiers à quitter la base vers le laboratoire. Suivirent, à une minute près, Jason, Zack et Kimberly. Il ne restait plus que Tommy et Zordon.
       - Tommy, commença Zordon, je suis content que tu sois resté ici. J’ai plusieurs choses à te dire. Tout d’abord, ne te laisse pas influencer par la rumeur lancée par Rita. Elle savait qu’elle te déstabiliserait et…
       - Ne t’inquiète-pas, coupa sèchement Tommy, je préfère ne plus en parler. Je préfère me concentrer sur notre mission : arrêter la Zeo Ranger d’Argent.
       - Oui, c’est comme tu veux, répondit Zordon. Je suis heureux de voir que tu as pris conscience que cela n’était effectivement qu’une rumeur. Avant toute chose, je t’invite à te rendre plus bas, dans la Chambre des Pouvoirs Souterraine, qui a été dévastée tout à l’heure. Pour ma part, je vais… moi aussi descendre d’un étage et descendre plus bas dans mon tube.
    -          D’accord, je te rejoins tout de suite.
    Tommy vit alors la représentation de la tête de Zordon descendre rapidement, dans un élan de lumière qui remplit le tube. Lorsque la lumière disparût, Zordon n’était plus dans cette partie du tube. Tommy, quelque peu fasciné par le spectacle qu’il venait d’observer, prit la direction de l’escalier quand son communicateur sonna étrangement. Dans un premier temps, il hésita à répondre. Mais peut-être était-ce juste Zordon qui lui demandait de se presser, ou Billy qui avait modifié les sonneries d’alerte des appareils. Alors il appuya le bouton d’appel de son communicateur.
                - Oui ?
                - Salut Tommy, parla une voix féminine lointaine. C’est moi… Katherine.
    La surprise fut de taille. Tommy, qui peu à peu, essayait de consacrer ses pensées à autre chose malgré ce qu’il avait vu au cimetière, replongea dans le doute.
                - Tommy, tu m’entends ?
    Il essaya de cerner la voix, de la reconnaître. Même si la voix ressemblait à celle son ancienne amie, il ne pouvait être sûr que ce soit bel et bien la sienne.
                - C’est vraiment… c’est vraiment toi ? bégaya t-il. Non, c’est impossible… tu es… morte… ce n’est pas réel.
                - Ma mort, en effet, ne fut pas réelle, mais une illusion, marmonna la voix féminine. Viens à ma rencontre, je te prouverai que sous la tenue de Zeo Ranger d’Argent, c’est bien moi.
                - Oui, je le veux, mais où puis-je te retrouver ?
                - Je vais te le dire mais avant, tu dois me rendre un petit service. Il me faut un bulbe de la plantation des anges.
    Tommy s’attendait un peu à ce genre de requête. Mais il n’avait nullement envie de trahir Zordon.
                - Je… Katherine, je ne peux pas te donner un bulbe. C’est impossible.
                - Vraiment ? répliqua la Zeo Ranger d’Argent. Pourtant, Rita m’a indiqué qu’en échange d’un bulbe de la plantation des anges, ne serait-ce qu’un seul et unique bulbe, elle me libérerait de son emprise et me laisserait même la vie sauve. Je t’en prie, aide-moi.
                - Mais, reprit Tommy, abasourdi, comment est-ce que tu peux faire confiance à Rita ? Et comment… comment je peux te faire confiance… ce que tu dis…
                - Tu n’as plus confiance en moi, Tommy ? Tu as alors beaucoup changé.
                - Toi aussi, puisque tu n’es pas de notre côté.
                - Je ne peux pas lutter, Rita contrôle mes faits et gestes quand elle veut. Mais là, j’ai partiellement réussi à me libérer de son emprise et… mince, la revoilà qui rentre dans mon esprit… je… je… aide-moi s’il te plaît…
                - Je… je ne sais pas quoi faire, murmura Tommy plus à lui-même qu’à la Zeo Ranger d’Argent via son communicateur.
                - Ecoute-moi, dit cette dernière, avec un ton de voix qui avait radicalement changé et repris celui des récentes confrontations. Si tu ne m’apportes-pas le bulbe demandé, je réactive le Dragonzord ainsi que le Zeo Megazord. Tu n’as pas vraiment le choix. Tu n’es pas en position de force. Je t’attendrai dans la grotte habituelle près de la plage de Cornead Beach, celle historiquement liée aux forces du mal.
                - Mais…
                - Tu as une heure. Après, ce sera trop tard. Mes zords seront réactivés et recevront des ordres destructeurs. Et Angel Grove sera rayé de la carte. Puis ce sera ensuite au tour du reste du monde de subir la fureur de mes maîtres !
    Tommy n’eut pas le temps d’esquisser le moindre mot supplémentaire : la communication venait d’être coupée par son interlocutrice qui le mettait dans une situation bien plus embarrassante qu’il n’aurait pu imaginer. Il n’eut pas le temps de réfléchir car son communicateur sonna de nouveau, mais cette fois-ci d’une façon plus habituelle.
                - Tommy, je t’attends en bas, dit Zordon.
                - Euh… oui, désolé, j’arrive, répondit Tommy.
    Tommy descendit par l’escalier et découvrit l’état catastrophique et préoccupant de la Chambre des Pouvoirs Souterraine. En effet, il comprenait maintenant pourquoi, lorsqu’il avait été Zeo Ranger, les combinaisons des six Rangers de la génération antérieure était restée dans les générateurs, même si leurs pouvoirs étaient devenus inexistants ou presque. Il se souvint alors des moments passés dans cette salle, avec les autres, et avec Katherine notamment.
    Puis il vit le coffre, le fameux coffre de la plantation des anges. Mais il vit aussi Zordon, dans le tube. Il s’approcha, essayant d’éviter les bouts de verre et les débris.
                - Tommy, cette salle doit être reprise en profondeur. Elle a subi beaucoup de dégâts. Mais les ordinateurs présents ici ne nous servent pas. Il faut se concentrer davantage sur le générateur de force de Kimberly.
                - Comment faire pour le réparer ?
                - Il y a un moyen très simple, répondit Zordon. Je vais pendant quelques temps quitter cette dimension. La retransmission de mon image à travers les dimensions prend beaucoup d’énergie. Pendant mon absence, qui ne sera pas très longue, enfin je l’espère, cette énergie sera consacrée à la restructuration énergétique du pouvoir du médaillon de la grue.
                - Mais cela n’est pas risqué ? s’inquiéta Tommy. Le Centre de Commandes ne sera plus vraiment protégé…
                - Je ne pense pas partir très longtemps. Cela doit durer environ une demi-heure, trois quart d’heure au plus.
                - Mais il peut se passer des trucs en si peu de temps, tu le sais bien…
                - Justement. J’aimerais que tu restes ici pendant mon absence, Tommy. Tu me remplaceras. Alpha n’étant pas disponible, tu alerteras les autres Rangers en cas d’attaque ennemie.
                - Et bien… oui, si tu veux… acquiesça Tommy, je vais rester ici. Il n’y aura donc aucun moyen de communiquer avec toi pendant ce court moment ?
                - Non, aucun, assura Zordon. Je n’ai pas le choix. Cette énergie permettra à Kimberly de retrouver ses pouvoirs de Power Ranger.
                - D’accord. Alors, bonne chance, Zordon.
                - C’est à vous que je souhaite bonne chance. Je reviens très vite.
    Tommy salua Zordon, et vice-versa. L’être interdimensionnel quitta peu à peu la vision du jeune homme, dans un nouveau spectacle de lumière qui cette fois ne dura que trois secondes. Lorsque cette lumière quitta à son tour le tube, le générateur du Ranger Rose, où se trouvait la combinaison quelque peu endommagée, se retrouva enfumé.
                - Cela doit être le début du processus causé par l’énergie libérée, pensa Tommy à voix haute.
    Tommy ne savait maintenant pas vraiment quoi faire. Il repensa aux paroles prononcées par celle qui était peut-être Katherine.
                « Rita m’a indiqué qu’en échange d’un bulbe de la plantation des anges, ne serait-ce qu’un seul et unique bulbe, elle me libérerait de son emprise et me laisserait même la vie sauve ».
    Non, il devait résister. Tout cela n’était que mensonges et manipulation. Zordon le lui avait dit aussi.
                « Je t’en prie, aide-moi ».
    Kimberly et les autres avaient raison, Rita a essayé de les berner avec son histoire ridicule.
                « Ma mort, en effet, ne fut pas réelle, mais une illusion ».
    La scène du cimetière lui revint à l’esprit. La tombe avait été violée. Le cercueil avait été ouvert…
                « Tu n’as plus confiance en moi, Tommy ? Tu as alors beaucoup changé ».
    Et si Kimberly et les autres avaient tort ? Si Rita ne les avait pas bernés ? Elle avait bien eu le pouvoir à distance de provoquer la mort à Katherine, ou l’illusion de sa mort. Rita est une sorcière capable de faire n’importe quoi, mais aussi de réaliser les pires choses et de posséder l’âme humaine, de jouer avec les pensées, et de contrôler les êtres. Il en avait déjà fait les frais lui-même…
                « Et… mince, la revoilà qui rentre dans mon esprit… je… je… aide-moi s’il te plaît… ».
    Katherine était vivante. Selon lui, c’était bien elle.
                « …ne serait-ce qu’un seul et unique bulbe ».
    Tommy se retourna, regarda le coffre qui se trouvait seulement à quelques pas de lui. Il savait qu’il ne devait pas faire ça, que si Zordon et les autres l’apprenaient, il serait sans doute radié de l’équipe des Power Rangers, malgré son important statut au sein de l’équipe.
    Lui qui avait toujours tout fait pour rester digne, droit, il allait tout risquer pour sauver la vie de quelqu’un. Une belle preuve d’amitié, ou même d’amour, se dit-il, mais, il mettrait la vie des autres en danger. La vie de plus de trois-cent cinquante mille habitants d’Angel Grove, de plus de six milliards d’êtres humains. Car la plantation des anges était la porte ouverte aux pouvoirs infinis pour son détenteur, ou pour sa détentrice. En dépendait la vie de ses amis, de Jason, Billy, Trini, Zack, mais aussi Adam, Rocky, Aisha, Ernie, et même celles de Bulk et Skull. Celles de leurs familles.
    Et celle de Kimberly.
    Et si Tommy donnait un faux bulbe à Rita ? L’idée fut vite abandonnée car la sorcière et impératrice du mal saurait reconnaître un vrai bulbe d’une imposture. Peut-être aussi qu’il pourrait y aller avec un bulbe, mais sans le donner, avec une stratégie bien précise. Mais il se dit que cela ne ferait que conforter la haine de Rita et perdre tout espoir de retrouver Katherine du bon côté, et surtout, vivante.
    Finalement, le plan d’action retenu était le plus mauvais, celui dont il était le moins fier. Il allait bel et bien prendre un bulbe. Un unique bulbe ne pouvait pas faire grand-chose, selon lui. Déjà qu’avec un coffre, dans le Centre de Commandes basé près d’Angel Grove, ils avaient toujours réussi à vaincre l’ennemi, même si parfois il fut coriace.
    Tommy s’avança vers le coffre. Il se baissa pour l’ouvrir, mais il s’arrêta juste avant. Il avait omis un point de détail.
                - J’avais oublié, ces plantes sont dangereuses, et il y a un risque d’intoxication. Vite, mon morpher.
    Tommy se releva et tendit son transmutateur en avant.
                - Transmutation demandée : par le pouvoir du Ranger Blanc !
    Tommy se retrouva protégé de sa tenue et de son bouclier de Power Ranger Blanc. Il saisit son épée Saba, car il voyait que des cadenas et des chaînes nouaient le butin. Et visiblement, l’arme parlante avait envie de débattre…
                - Tommy, je ne crois pas que tu aies le droit de faire cela. Ce coffre ne doit pas être ouvert !
                - Saba, je fais ça pour la bonne cause… répondit Tommy qui tentait de couper la chaîne avec la lame de son arme.
                - Oui, mais c’est aussi pour la bonne cause que je te mets en garde, rétorqua l’épée.
               - Cela suffit, s’énerva le Ranger Blanc. Je fais ce que j’ai à faire. Et puis, de toute façon, je crois que c’est bon.
    La chaîne brisée en deux, Tommy rangea Saba et retira les cadenas. Il ouvrit le couvercle et contempla les nombreuses fleurs qui avaient poussé.
                - Même dans ce coffre, sans lumière, les bulbes se sont développés depuis toutes ces années… c’est incroyable.
    Il plongea sa main droite dans le coffre et piocha un bulbe au hasard. Il l’examina pour voir qu’il était un peu plus volumineux que d’autres qui se trouvaient encore dans le coffre.
                - Celui-là fera l’affaire. J’espère ne pas faire la connerie de ma vie…
    Le Ranger Blanc doutait encore du bien-fondé de sa démarche. Mais il ne pouvait plus faire marche arrière. Son choix avait été fait : sauver Katherine, et prendre le risque d’attribuer le bulbe à Rita. Une vie humaine très chère en dépendait.
    Maintenant, il devait se téléporter au point de rendez-vous fixé par la Zeo Ranger d’Argent : Cornead Beach.
                - Et pardonnez-moi si je me commets la plus grande erreur de toute ma putain de vie.
    Mais s’il subsistait une chance, une seule, il devait la saisir. Sinon il le regretterait.
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    Re: MMPR S4, épisode 3 : Zeo Zeo Sept

    Message par KL44 le Jeu 5 Mar - 20:23

    It's publicatin' time Wink
    Avec les chapitres 12 et 13.

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    CHAPITRE 12
    Les emplettes aliens
     
                La Zeo Ranger d’Argent s’apprêtait à se rendre elle aussi dans la grotte retrouver le Ranger Blanc. Rita lui donnait les dernières consignes.
                - Surtout, dès qu’il te donne le bulbe, tu reviens ici sans attendre.
                - Je ferai comme cela puisque ce sont vos désirs, ma reine.
                - Et bonne chance, ajouta Sariu.  Comme quoi, la défaite a parfois du bon.
                - Que veux-tu dire par là ? questionna Rita, pendant que la Zeo Ranger d’Argent se téléportait vers la planète bleue.
                - Je veux dire, reprit Sariu, que même si elle a loupé le vol du coffre tout à l’heure dans la base de ces crétins de terriens bornés par leur soif de paix, on n’a pas peut-être pas tout perdu. Ce Ranger Blanc va peut-être céder à la tentation et nous apporter notre dû.
                - Hmmm… je le souhaite, espéra Rita. Tommy est sensible, mais l’est-il assez pour satisfaire notre requête ? Je pense que oui.
                - Croisons les doigts. Tiens, qu’est ce que c’est calme actuellement dans ce palais. Il y a plus de… plus de brouhaha d’habitude.
                - Oui, c’est vrai, remarqua Rita. Où diable nos monstres sont-ils tous passés ? Il manque même des patrouilleurs, mes troupes comprises…
                - Finster est dans son laboratoire, je l’ai vu.
                - En revanche, Scorpina, Baboo et Squatt… ça fait quelques heures que je ne les ai pas croisés. Et Goldar…
                - Me voilà ma reine, Maître, dit le géant ailé qui revenait d’un étage et qui se dirigeait de l’entrée secondaire du Palais Lunaire.
                - Où étais-tu ? demanda la sorcière, tenant son sceptre de sa main droite.
    Goldar ignora la question, car il avait plus important à dire.
                - Le Seigneur Zedd est sur le chemin du retour. Il a mené sa mission à bien. La planète Kataka a rallié notre cause. Sa dirigeante a été très compréhensive et a approuvé nos plans.
                - Une nouvelle bonne nouvelle, s’égaya Rita. Allons l’accueillir. Quand il va voir la manière dont nous nous sommes débrouillés pendant son absence, il sera satisfait.
    Rita et Sariu suivirent Goldar vers la piste d’arrivée des navettes spatiales. En effet, Zedd ne procédait pas, pout tous ses voyages d’affaires, à la bonne vieille technique du téléport.
     
    ***
     
                Le Ranger Blanc arriva à Cornead Beach par téléportation.
    La grotte était à environ deux cent mètres, et il fut surpris d’atterrir aussi loin : il avait mal calculé son coup, ce qui provoqua une arrivée en fanfare au milieu d’une foule qui profite du soleil et de la mer, en jouant aux raquettes ou en bronzant.
                - Regardez ! s’exclama une petite fille blonde. Regardez ! C’est le Power Ranger Blanc ! Celui qui sauve le monde des attaques d’aliens.
                - Ouais ! C’est le Power Ranger Blanc ! Mais où sont les autres ! s’écria un autre garçon, un peu plus vieux.
                - Ecoutez, répondit Tommy sans inspiration, plus habitué à combattre le mal qu’à gérer un fan-club, je n’ai pas trop le temps… à la prochaine…
    Il ne tarda pas trop longtemps au milieu des gens et quitta la zone ensablée pour rejoindre la fameuse grotte. Tommy avait une bonne demi-heure d’avance sur les délais impartis. Il entra dans la grotte et alla jusqu’au bout, là où quelques duels avaient été livrés par le passé, notamment entre Billy et l’horrible Frankenstein, mais aussi d’autres péripéties diverses et variées. Tommy remarqua qu’il était le premier arrivé.
                - Tant pis, je vais l’attendre.
    Il sentit l’impatience monter en lui. Il allait enfin revoir Katherine, et il allait la sauver des sorts de Rita.
     
    ***
     
                Les caisses du Wal-Mart étaient toutes bondées car la soirée approchait, et que la majorité des travailleurs se rendait faire leurs courses après avoir débauché. En voyant le monde à payer, Jason, Zack et Kimberly se résignèrent à faire des achats dans l’hypermarché. Cependant, ils flânaient dans les rayons de vêtements.
                - Sympa, cet ensemble, dommage que Trini ne soit pas venue, regretta Kimberly.
                - Tout te va très bien de toute façon, vanta Zack. De toute façon, vu toute la panoplie d’habits que tu as dans tes placards…
                - Comment tu sais cela ? questionna Kimberly surprise.
                - Et bien… tu es une fille, et les filles… ben oui, Trini aussi elle fait la collection de vêtements, tu le sais bien.
                - Oui, je ne sais pas combien de paires de chaussures elle a, mais c’est de la folie, ajouta Jason.
                - Au moins une vingtaine, je crois qu’avec Billy on avait compté, se souvint Zack.
    Soudain, un tremblement léger secoua les rayons et les clients. Une seconde secousse se fit ressentir. Puis s’en suivit un appel via les haut-parleurs.
                - Evacuez le magasin ! Des extra-terrestres envahissent le magasin ! Des extra-terrestres entrent dans le magasin !
                - Qu’est ce que c’est que ça encore ? La Zeo Ranger d’Argent serait-elle de retour ? interrogea Jason.
                - Allons-voir à l’entrée, suggéra Jason.
                - Ce n’est pas la peine ! cria Kimberly. Regardez, des patrouilleurs ici !
                - Oui, en effet ! Et de plusieurs générations différentes… constata Zack.
    Dans le lot de patrouilleurs, il y avait aussi bien des soldats du Seigneur Zedd que des sbires du temps où Rita contrôlait les attaques vers la Terre ; il y avait aussi des super patrouilleurs sans doute fabriqués avec l’argile de type hyper-magma.
                - Kimberly, attention, derrière toi !
    Zack avait vu l’arrivée en fanfare de Scorpina, Baboo et Squatt. Kimberly anticipa juste à temps et se baissa, tout en attribuant un croche-pattes à Baboo qui se rétama assez vulgairement.
                - Mais qu’est ce que vous foutez là ? demanda Jason qui mettait sa main droite dans le dos.
                - On vient compléter le travail de cette nullasse de Zeo Ranger. On vient prouver que nous aussi nous sommes de grandes personnalités maléfiques !
                - Kim, occupe-toi comme tu peux des patrouilleurs, et appelle les autres. Zack et moi, on se charge de Scorpina et des deux zozos. Zack, viens te cacher dans les rayons des habits pour la transmutation.
    Il y avait encore du monde qui courait dans tous les sens, cherchant les accès vers les sorties. Mais Zack et Jason se dissimulèrent parmi des costumes tenus sur cintres. On ne pouvait pas les voir.
                - Ca ne va pas être si évident que ça de se transmuter, remarqua Zack.
                - Pas grave, on a vu pire, répondit Jason. Transmutation demandée. Tyranno… euh… Par le pouvoir du Ranger Rouge !
    -          Mauvais réflexe ! Par le pouvoir du Ranger Noir ! Sans le Mastodon !
    Les deux Rangers s’élancèrent par-dessus de petits bacs à vêtements soldés et allèrent taper Scorpina, les pieds en avant. La guerrière se retrouva projetée dans l’un des bacs derrière elle.Le Ranger Rouge continua sur sa lancée en s’occupant de Squatt, et le Ranger Noir alla se frotter à Baboo qui venait tout juste de se relever du croche-pattes de Kimberly ; cette dernière tentait de se rapprocher de ses amis tout en repoussant les patrouilleurs.
                - J’ai… j’ai appelé Trini et Billy, ils arrivent d’une minute à l’autre. Par contre – tiens prends-ça ! – je n’ai pas réussi à joindre Tommy.
                - Bonne nouvelle ! s’émerveilla Scorpina, ça fera un Ranger de moins dans la lutte.
    Zack vit que les autres Rangers n’avaient pas traîné. Déjà transmutés, Trini et Billy foncèrent à la rescousse pour soutenir Kimberly qui, sans ses pouvoirs, était grandement affaiblie.
                - Vous débarquez à temps ! remercia Kimberly. Ca va me soulager…
                - Que vous soyez cinq, six, soixante ou mille, cela ne change rien ! provoqua Scorpina. Je vous anéantirai tous un par un ! Hi hi hi !!!
    Scorpina prit un cintre et le balança sur les Rangers. Ensuite, ce fut la course-poursuite parmi les rayons, jusqu’à l’apothéose au rayon des fruits et légumes, où un potage grandeur nature était à la une d’un atelier cuisine un peu spécial.
                - Attrapez-moi ça ! hurla Squatt en balançant un potiron sur Trini.
                - Et ça aussi ! déclara Baboo tout en larguant des oranges et des melons au hasard sur les autres Rangers.
                - Faisons-les cesser, et vite ! ordonna le Ranger Rouge. Ils vont tout saccager !
    Mais une autre voix au volume élevé fit son apparition.
                - Mais diable que faites-vous ! grogna la voix de Rita, visiblement très en colère. Je ne vous ai pas demandé d’attaquer ! En tout cas pas tout de suite !
                - Non ! Pas maintenant ! sortit Scorpina.
                - Non, il me reste encore quelques courgettes à lancer ! rigola Baboo.
               - Je ne veux pas le savoir ! Je n’ai jamais demandé à ce que vous alliez à Angel Grove ! Vous m’avez désobéi ! Et… c’est pas bien ! Rentrez maintenant et je serai indulgente.
                - Allez, écoutez maman, se moqua le Ranger Bleu.
                - Sinon, c’est la fessée assurée, enfonça Ranger Jaune.
    Scorpina faisait la grimace. Elle n’avait pas envie d’abandonner.
     
    ***
     
                Le Centre de Commandes était silencieux depuis maintenant quarante-deux minutes, délai après lequel Zordon refit surface.
                - Et bien, ce fut un peu plus long que prévu. Il faut encore attendre un peu avant que le générateur soit complètement stabilisé. L’utilisation directe de ses pouvoirs pourrait provoquer un phénomène inconnu et dangereux. Tommy ? Où es-tu, Tommy ?
    Au bout de cinq appels, Zordon, inquiet, décida de vérifier les caméras de surveillance pour voir quand Tommy avait quitté la base. Mais, celles du bas étant désactivées, celles du haut n’apportaient rien de nouveau non plus. Tommy était peut-être encore dans la Chambre des Pouvoirs Souterraine. Alors Zordon descendit à l’étage inférieur.
    Une fois arrivé, il constata que le Ranger Blanc était toujours absent. Mais un détail plus alarmant attira son regard.
                - Le coffre ! Il faut que j’appelle les autres Rangers, absolument.
    Zordon décida aussi de consulter les enregistrements de toutes les ondes existantes susceptibles d’avoir transité par le Centre de Commandes pendant l’heure passée.
     
    ***
     
                Baboo et Squatt n’étaient pas contents du tout : ils s’amusaient beaucoup, et c’était si rare. Mais il n’en était rien comparé à la fureur de Scorpina, qui était très remontée contre ses supérieurs.
                - On se retrouvera très bientôt, que Rita soit d’accord ou pas ! râla la déesse des scorpions, avant de se téléporter avec ses deux acolytes et le peu de patrouilleurs encore debout.
    Les Rangers se rassemblèrent autour de Kimberly.
                - Ca va, tu n’as rien de cassé ? demanda Jason.
                - Non, merci, ça va, je n’ai rien.
    Les communicateurs sonnèrent simultanément.
                - Oui Zordon, ici Jason, nous t’écoutons.
                - C’est très urgent. Tommy est en très grand danger. Rendez-vous sur les plages de Cornead Beach, près de la grotte. Kimberly, reviens à la base, tes pouvoirs ne sont encore opérationnels à cent pour cent.
                - Non, il faut que je les accompagne pour les aider, contra Kimberly.
                - Je ne suis pas d’accord. La Zeo Ranger d’Argent est très puissante…
                - Elle est là-bas aussi ? s’étouffa Billy. Oh, non…
                - Il faut aller aider Tommy, dit Jason. On y va. Kim, on te tient au courant.
                - J’aimerai vous accompagner. Bonne chance. Et revenez avec Tommy… ramenez-le moi en bon état.
                - On y va tout de suite. Téléportation !
    Les quatre Rangers quittèrent Wal-Mart. Kimberly attendit quelques secondes, puis disparut du magasin à son tour.




    CHAPITRE 13
    Cornead Beach
     
                L’attente du Ranger Blanc allait être récompensée.
    La Zeo Ranger d’Argent entra à son tour dans la grotte. Elle marchait lentement, toujours en possession du bouclier brillant du Dragonzord. Afin d’avoir une luminosité correcte, elle s’arrêta à mi-chemin de Tommy et de l’entrée du refuge de roche. Ce dernier s’avança vers elle assez rapidement.
    Sous la combinaison argentée, il imaginait Katherine.
                - Tu es donc venu, constata avec plaisir la Zeo Ranger d’Argent. Je ne savais pas si tu m’aurais enfin cru. J’ai réussi à me sortir quelque peu de l’entrave psychique de Rita mais je ne sais pas combien de temps cela va durer, alors, dépêchons-nous. Le temps presse.
                - Mais pourquoi veux-tu te presser puisque Rita sait ce que tu fais, et qu’elle doit te libérer une fois l’échange effectué ?
                - C’est parce que… je veux que ça se passe bien d’ici là. Je ne veux pas te paraître agressive.
                - Ah oui, je comprends… Katherine. Bon, et bien, j’ai tellement de choses à te dire, mais, comme le temps presse… voilà le bulbe. Je te le donnerai mais je voudrais que tu retires ton casque avant. Pour être sûr.
                - Non, c’est trop risqué. Le bulbe peut être toxique.
                - Oui, c’est vrai…
    Le Ranger Blanc tendit sa main gauche contenant le bulbe. La Zeo Ranger d’Argent regarda quelques instants la main de Tommy, mais elle venait d’entendre des bruits de pas qui approchaient, derrière elle. Elle pivota sur elle-même et vit quatre Rangers.
                - Attends, Tommy, c’était un piège ? questionna la Zeo Ranger d’Argent. Tu as tout manigancé pour me piéger, avec les autres ?
                - Mais non… ce n’était pas prévu… je te le jure.
                - Tu en es vraiment sûr, Tommy ?
                - Je t’ai fais confiance. J’ai pris le risque d’apporter un bulbe, tu crois que j’aurai fait tout ça si je voulais manigancer un piège ? Fais-moi confiance, Katherine, je ne veux que ton bien. Et eux, ils sont persuadés que je me trompe à ton sujet, ils pensent que je me suis laissé berner.
     
                Les autres Rangers arrivèrent dans la grotte. Ils s’arrêtèrent à deux mètres de la Zeo Ranger d’Argent.
                - Ne touche pas à Tommy, mit en garde Jason. Tommy, pourquoi es-tu venu ici ?
                - J’ai trouvé le moyen de faire revenir Katherine du bon côté.
                - Non, Tommy, ce n’est pas Katherine, ce n’est pas elle ! assura Trini.
                - Mais si, c’est moi ! Je suis Katherine. Et je vous le prouverai d’ici quelques secondes. Tommy, donne-moi ce que tu as à me donner.
                - Euh… oui, mais je… fit Tommy à voix basse entendue seulement par la Ranger du mal, qui ne s’attendait pas à voir ses amis débarquer.
                - Donne-moi le bulbe ! s’impatienta quelque peu la Zeo Ranger d’Argent.
                - Le bulbe ? s’interrogea Billy, qui avait peur de la vérité.
                - Un bulbe de la plantation des anges ? Tu déconnes ! gloussa Zack, qui ne voulait pas y croire.
                - Non, Tommy ! C’est de la folie ! Ne fais pas ça ! s’interposa Jason. Elle n’est pas celle que tu crois !
                - Mais Zordon aussi a dit ça, mais vous vous trompez tous ! s’agaça Tommy. Si je lui donne un bulbe, les attaques cessent, et Kat ne sera plus sous l’emprise de Rita. Un bulbe, un seul, ne peut pas faire de mal.
               - Tommy, Rita t’a trompé ! envoya Zack. Cette Zeo Ranger te trompe aussi ! Si elle était réellement Katherine, elle ne t’aurait pas infligé autant de coups lors du dernier combat…
                - Mais elle est sous l’emprise de Rita, je vous dis ! contra le Ranger Blanc. Vous ne pouvez pas comprendre. Quand j’étais le Ranger Vert au service du mal, vous avez essayé de me sauver, et vous l’avez d’autant plus essayé à partir du moment où vous saviez que ce Ranger Vert, c’était moi ! Et bien, avec la Zeo Ranger d’Argent, c’est pareil.
                - Mais tu n’as pas la preuve que c’est bien elle ! répondit Zack.
                - Zack a raison ! ajouta Jason. Pour Rita, tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. Ne cède pas à son chantage qui ne mènera à rien. Je t’en prie !
                - Au moins, le Ranger Blanc est plus intelligent que vous, lança celle qui était au cœur du débat, puisqu’il a su me tendre la main, car il sait qui je suis vraiment. En me donnant le bulbe de la plantation des anges, objet que je dois apporter à Rita, je serai libérée se son envoûtement ; aussi, les zords encore en position dans le parc recevront l’ordre de ne plus attaquer. Mais cet ordre sera inversé si je ne reçois pas le bulbe : les zords seront alors réactivés.
                - Voilà pourquoi je devais agir, conclut Tommy, tout en tendant sa main avec le bulbe à la Zeo Ranger d’Argent. Tiens, le voici.
    La Zeo Ranger d’Argent s’apprêtait à prendre le bulbe quand le Ranger Rouge alla la charger afin qu’elle soit écartée et qu’elle ne prenne pas son butin. Elle chuta à quelques centimètres d’un rocher aux angles tranchants.
                - Pourquoi tu as fait ça, Jason ? s’énerva Tommy. Pourquoi as-tu chargé Kat ?
                - Ecoute-moi Tommy, répondit le Ranger Rouge, on ne va pas se disputer maintenant. Tu nous suis jusqu’au Centre de Commandes, et ça s’arrête là, on n’en parle plus.
                - Tu te moques de moi ! répondit le Ranger Blanc qui s’était abaissé auprès de la Zeo Ranger d’Argent.
                - Je ne te laisse pas le choix, Tommy ! Tu n’es plus vraiment dans ton état normal. Et comme tu es notre ami, nous devons t’aider, même dans ces moments.
    Mais Tommy, au petit soin pour celle dont il était sûr de l’identité malgré cette version réfutée des autres, n’avait écouté qu’à moitié les réprimandes de Jason.
     
                Pendant ce temps-là, Trini, qui s’était faite plutôt discrète malgré tout ce qu’elle aurait voulu cracher à l’encontre de sa proie, communiquait avec Zordon et Kimberly et donnait les nouvelles qui n’étaient pas très rassurantes.
                - … et Tommy est toujours sûr que Katherine soit celle qui se cache derrière la combinaison de la Zeo Ranger d’Argent, malgré nos mises en garde. Il y croit dur comme fer. Et il s’apprête à lui donner un bulbe.
                - Non… ce n’est pas possible, articula Kimberly…
                - Vous devez profiter de cette occasion pour immobiliser la Zeo Ranger d’Argent, sans pour autant l’éliminer. Nous ne savons pas encore qui elle est vraiment, c’est donc pour cela qu’il ne faut pas l’anéantir. Le but serait de la bloquer de la conduire au Centre de Commandes.
                - Ce n’est pas trop risqué ? demanda Trini via le communicateur.
                - Non. Il suffira de l’enfermer dans un champ magnétique. Je parais peut-être un peu entreprenant mais c’est la solution efficace.
                - Le temps est compté, termina Trini. Je vous laisse quelque secondes…
    Kimberly porta sa main droite à son front : elle était dépitée de voir Tommy et ses amis dans une telle situation.
                - Mais pourquoi, pourquoi nous sommes allés au cimetière…
                - Qu’est ce que vous avez vu là-bas ? demanda Zordon, qui n’était pas au courant.
                - Et bien, commenta Kimberly, Tommy et moi sommes allés au cimetière, et nous avons vu un attroupement près de la tombe de Katherine. C’était assez bizarre… et quand nous nous sommes approchés, nous avons vu le cercueil ouvert, et il était vide.
                - Tout cela change beaucoup de choses… nuança Zordon.
    Kimberly savait qu’un détail ne coïncidait pas. Elle chercha quelques secondes et se rappela que le gardien du cimetière avait dit quelque chose de très intéressant.
                - Non Zordon, rien ne change, le gardien du cimetière a dit qu’il n’avait rien vu dans la matinée, ni en début d’après-midi, enfin… je crois qu’il a dit ça. Or la Zeo Ranger d’Argent a débarqué lorsque nous allions manger dans le parc.
                - Alors, trouva Zordon, je vois aussi un second détail qui nous avait échappé, même s’il conforte ce que nous pensons.
                - Lequel ?
                - Et bien, Goldar et Scorpina sont intervenus sans vous attaquer, vous vous souvenez ?
                - Oui, ils sont arrivés et immédiatement après, la Zeo Ranger d’Argent nous a quitté avec eux…
                - Goldar et Scorpina avaient des ustensiles bien étranges, qui n’étaient pas commun à leurs habitudes.
    Kimberly n’eut pas à réfléchir très longtemps. L’énigme avait une solution toute tracée et finalement logique.
                - Ils avaient des pelles… oui, c’étaient des pelles ! Et… tu veux dire Zordon, qu’ils auraient… que ce seraient Goldar et Scorpina qui auraient creusé dans la tombe ??? C’est immonde…
                - Si cette thèse s’avère juste, et elle ne peut que l’être, alors Tommy n’a plus de raison de subvenir aux besoins de cette Zeo Ranger d’Argent. Il doit rapidement être au courant de l’imposture. J’appelle Trini. Trini ? Tu m’entends ?
    -          Trini, réponds ! persista Kimberly.
     
                Trini, qui recevait l’appel, s’écarta de nouveau discrètement. Pendant ce temps-là, la Zeo Ranger d’Argent s’était relevée, et la Ranger Jaune avait transmis les ordres au Ranger Noir qui avait fait suivre. Ils étaient arrivés jusqu’aux oreilles du Ranger Rouge qui allait devoir bloquer l’ennemie tout en contenant Tommy qui avait une idée et une seule bien en tête.
                - Bon, je ne vais pas attendre trop longtemps, le bulbe s’il te plaît, et après, tout sera terminé, réitéra la Zeo Ranger d’Argent.
                - NON !!!
    Jason et Zack allèrent charger de nouveau la Zeo Ranger d’Argent qui avait un peu plus anticipé un possible contre de la part des Rangers. Elle réussit à faire tomber Jason mais l’épaule de Zack se fit ressentir dans da poitrine. Elle émit un gémissement de douleur et tomba de nouveau à la renverse. Jason se releva mais cette fois, ce n’était pas la Zeo Ranger d’Argent qui se présentait devant elle, mais… le Power Ranger Blanc.
                - Ne recommence pas ça ! ordonna violemment Tommy. Ne la tape pas !
                - Tommy ! Pour la dernière fois, c’est une imposture ! répondit Jason.
                - Jason ! Vite, attrape-là ! lança Zack qui avait réussi à attraper l’ennemie par les pieds avant qu’elle ne se remette complètement debout.
    Le Ranger Rouge plongea tel un gardien de but de football voulant provoquer un penalty en déséquilibrant l’attaquant adverse. Technique infaillible qui ne rata pas. Jason se releva et vit un geste inattendu et indigne de la part du Ranger Blanc. Du poing il venait de relever Zack par le col et le plaquer contre le mur.
                - Non, Tommy ! Lâche-le ! hurla Billy.
                - ARRETE ! cria Jason.
                - Tommy, ce n’est pas elle, nous en avons la preuve ! balbutia Trini.
    Tommy ne lâchant pas sa prise, Billy et Trini s’avancèrent à la rescousse du Ranger Noir. Mais Tommy cessa et laissa Zack lorsqu’il vit Jason essayer de bloquer la Zeo Ranger d’Argent.
                - Tommy ! Non !!!
    Tommy était complètement perdu, comme jamais il ne l’avait été auparavant. Ses sentiments lui jouaient tant de tours…
    Trop tard. Il s’était élancé les pieds en avant dans le ventre du Ranger Rouge, sans rancœur, car il n’était concentré que sur une chose : sauver la vie de Katherine. Jason se sentit violemment poussé, le dos tapant la paroi de la grotte.
    Tommy, visiblement transparent malgré ce qu’il venait de faire, en avait profité pour donner le bulbe de la plantation des anges à la Zeo Ranger d’Argent qu’il avait aidé à se relever. Les autres Rangers s’étaient rués autour de Jason, qui ressentait une vive douleur dans le bas du dos. Il sentait une plaie, même s’il n’était pas sûr de saigner.
                - C’est horrible ce que tu as fait ! cria Zack.
    Mais Tommy observait la Zeo Ranger d’Argent qui tâtait et contemplait le bulbe. Tout à coup, la Zeo Ranger d’Argent leva la main contenant le bulbe en l’air, serra le poing. Puis, elle lâcha sa poignet et s’inclina.
                - Merci Tommy. Merci mille fois.
    Tommy était quelque peu heureux. Tout cela allait s’arrêter.
                - J’ai… réussi, tu seras bientôt libre.
                - Maintenant, téléportation du bulbe vers le Palais Lunaire !
    Elle releva en l’air le bulbe qui disparut très rapidement.
                - Maintenant, c’est l’heure de la récompense. Ta récompense.
    La Zeo Ranger d’Argent avait radicalement changé de ton et de forme d’élocution. Elle avait une voix plus colérique, voire même féroce.
                - Espèces d’idiots ! Ma vengeance arrive… elle est proche… imminente !!!
                - Mais… Kat… que dis-tu ?
                - Tu es un crétin ! Et tu m’as obéi comme un mouton ! Sans discuter !
                - Kat…
                - Tu as même traîné tes amis dans la boue, pour fournir les forces du mal d’une possibilité infinie : l’immortalité ! La plantation des anges nous apportera l’immortalité !
                - Kat, qu’est ce que tu racontes ! Tu divagues… balbutia Tommy, qui ne comprenait plus rien.
    Mais la Zeo Ranger d’Argent, dans son élan de fureur, sauta vers le Ranger Blanc et enfonça son genou dans ses côtes. Puis elle enchaîna avec un puissant uppercut qui l’assomma quelque peu. Le Zeo Ranger d’Argent, après sa parade, recula, se préparant à la téléportation.
                - Et je ne m’appelle pas Kat, mais Katherine !
    Elle n’avait pas fait attention à sa bourde. Elle avait parlé sans trop réfléchir, sur ce coup.
                - Mais, Kat, c’est ton surnom… Katherine… tu le sais…
                - Oui, peut-être bien, oui je m’en souviens…
    Tommy sentait qu’il venait de commettre, par deux fois, l’irréparable.
    Il se sentit ridicule et honteux. Il s’était trompé de A à Z.
    Il venait de se mettre à dos ses vrais amis. La Zeo Ranger d’Argent n’était pas Katherine. Pourtant, ce cimetière, ces paroles dans le communicateur…
                - Vous êtes foutus, tous autant que vous êtes ! agressa la Zeo Ranger d’Argent. Les zords vont être réactivés sur le champ !
                - Tommy, c’est aussi de ta faute, tout ça ! lança Zack, pendant que l’ennemie quittait la grotte par téléportation. Tu nous as mis dans le pétrin.
    Tommy ne savait pas ce qu’il devait faire maintenant, ce qu’il devait dire, et s’il devait parler. Sa trahison était horrible et Zordon ne le pardonnerait jamais, ni les autres, ni Kimberly. Un bulbe, peut-être très puissant, était parti du côté des forces du mal. Il ne pourrait jamais faire oublier cette trahison. Alors, il se releva doucement, sans empêcher de provoquer la garde de Billy qui ne savait pas à quoi s’attendre de la part de leur chef qui les avait trahis.
                - Transmutation terminée…
    Tommy regagna sa tenue civile du jour, à savoir un jean noir et une chemise à manches courtes beige. Il avait son transmutateur à la main. Mais, au lieu de le ranger, il le lança aux pieds des autres Rangers.
                - Ce que j’ai fait… est impardonnable. Je vous remets mon médaillon. Je ne le mérite plus. Je suis désolé, c’est indigne…
    Les autres Rangers ne croyaient pas ce qu’ils entendaient. Leur colère envers Tommy était grande sur le coup, mais jamais ils n’espéraient le départ de leur leader.
                - Je ne mérite pas d’être un Power Ranger. Je m’en vais.
    Les quatre autre Rangers ne bougèrent pas. Lorsque Tommy sortit de la grotte, l’air désabusé comme jamais, ils se rendirent compte qu’ils auraient dû réagir avant.
                - Tommy, non ! Reviens ! cria Billy, qui, suivi rapidement des autres, quitta la grotte.
    Mais Tommy n’était déjà plus dans leur champ de vision.
    Jason regarda le transmutateur du Ranger Blanc qu’il avait ramassé.
                - Il faut prévenir Zordon, dit Jason, ému et décontenancé devant tant de péripéties condensées en si peu de minutes. Mais nous… nous avons tellement de choses à lui dire que je vais… je ne vais même pas savoir par où commencer.
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    Re: MMPR S4, épisode 3 : Zeo Zeo Sept

    Message par KL44 le Mar 10 Mar - 9:52

    La suite...

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    CHAPITRE 14
    Réjouissances luno-zeo-plutoniennes
     
                Le Seigneur Zedd venait de descendre de sa petite navette, un modèle assez ancien sorti des puissantes industries d’une planète en orbite à des milliards de kilomètres.
    Visiblement, le voyage avait été éprouvant, mais concluant. Un individu ne connaissant pas l’importance du Seigneur Zedd aurait même pu croire qu’il ne s’agissait que d’un simple agent des forces maléfiques tant la navette était commune ; de plus, aucune escorte renforcée n’accompagnait la personnalité, si ce n’est quatre patrouilleurs.
    Zedd était chaleureusement accueilli par Rita, Sariu, et Goldar. Il trouvait ses alliés plus heureux qu’à l’accoutumée.
                - Ca fait du bien de retrouver sa maison, enfin, son palais, même si sur Kataka, l’accueil a été très satisfaisant, si ce n’est que j’étais logé auprès du deuxième terminal spatio-portuaire de la planète. Des vaisseaux toutes les trente secondes, à longueur de journée ! J’en ai encore les oreilles qui bourdonnent. Mais qu’est ce que vous avez tous à sourire bêtement ? J’ai dit une bêtise ?
                - Non, loin de là, répondit Sariu. Mais nous avons de très très bonnes nouvelles à t’annoncer.
                - C’est pas possible… ça y est, ils sont morts et en train de se faire picorer la peau par des mouches ?
                - Ah non, pas encore… nous…
                - Ils sont morts mais leur viande est avariée, donc les mouches sont aussi mortes ?
                - Non plus, mais…
                - Mince, je croyais enfin que le dératiseur était passé. Ces sales mulots lunaires m’horripilent. Ils envahissent les couloirs et les chambres du sixième étage de la tour est du palais et ils rongent tout. J’espère malgré tout que ce dératiseur n’était pas un escroc comme le précédent et qu’il…
                - Ah, je croyais que tu parlais d’autre chose… fit Sariu.
                - Que veux-tu que j’attende d’autre, à part ce dératiseur… ah, sinon, que deviennent les Power Rangers ? J’espère que vous n’avez rien entrepris sans moi, hormis les agissements de notre Ranger à nous.
                - Nous avons d’excellentes informations à te rapporter, intervint Rita. Nous avons, pour commencer par le meilleur, un bulbe extrait du coffre contenant la fameuse plantation des anges.
    Le Seigneur Zedd avait du mal à croire ce qu’il venait d’entendre ; pourtant, Sariu et Rita étaient si sérieux que l’idée d’une mauvaise blague s’estompa en un éclair.
                - Je ne sais pas quoi dire… bravo !
                - Et ce n’est pas tout, poursuivit la sorcière. La Zeo Ranger d’Argent a éliminé Alpha 5 pour quelques temps. Elle a semé le trouble au sein des Power Rangers et elle a même obligé Tommy à se retourner quelque peu contre ses amis.
                - Tommy est avec nous ? Tu as réussi à le convertir au côté obscur de notre force ?
                - Hélas, non. Mais il a quitté ses fonctions de Ranger Blanc. Et pour longtemps j’espère.
                - De… de son propre gré ?
                - Et bien, rapporta à son tour Sariu, il semblerait que la honte d’avoir tapé ses collègues et ainsi déshonoré son statut ont été plus forts que son courage et sa fierté qui a dû prendre un sacré coup. Donc, nous n’avons pas gagné ses pouvoirs, mais Zordon les a perdus.
    Zedd ralentissait le pas. Cette nouvelle, aussi inattendue soit-elle, le soulageait, et lui faisait énormément du bien.
                - Et bien, une belle semaine couronnée de succès intégralement, s’exclama Zedd. Sariu, tu es revenu parmi nous la semaine passée, et déjà, nous sentons ton soutien. Tout nous sourit. Et même si nous n’avons récolté qu’un bulbe, nous pouvons nous estimer heureux d’en avoir au moins un.
                - Ce n’est pas moi qu’il faut féliciter, répondit Sariu, toujours d’une modestie remarquable, mais ta femme. C’est Rita qui a vraiment eu les meilleures idées, les plans, les stratégies qui ont fonctionné.
                - Et bien, comme quoi, tout peut changer en peu de temps… Rita qui réussit ce qu’elle entreprend… sans conteste, l’influence du mari a du bon.
                - Espèce de vilain ! rétorqua la sorcière, quelque peu vexée par l’ironie de son mari.
    La conversation était close pour quelques secondes, le temps de rentrer dans le Palais Lunaire. Ils ne mirent pas moins de trois minutes à revenir dans la salle du trône, où Rita avait ordonnée à Baboo et Squatt d’allumer toutes les chandelles et de changer la grande nappe de la table d’honneur : ces corvées ménagères n’étaient pas un hasard après la désobéissance des deux aliens ; d’ailleurs, Scorpina était occupée à faire la vaisselle sur ordre de Rita. Le laborantin Finster, qui avait aussi quelques notions culinaires, s’était porté volontaire pour cuisiner une raclette de Jupiter : pommes de terre locales, lard de biche spatiale et fromage volé en Europe : en effet, la Terre n’avait pas que des défauts, et Zedd reconnaissait que les mets terriens étaient parfois exquis. Même s’il rêvait que le prochain plat terrien qu’il mangerait serait américain…
                - Sur Terre, ils bouffent bien, c’est sûr, reconnut le seigneur rouge. Si je pouvais manger un hamburger à la cervelle de Power Ranger ! J’y mettrai une paille pour pomper le sang qu’il resterait dans leur cervelle !
    Baboo esquissa un gémissement de dégoût. Mais Sariu et Goldar avaient beaucoup apprécié la formule employée par Zedd. Rita et Sariu racontèrent toutes les péripéties à Zedd, notamment le passage de Goldar et Scorpina dans le cimetière.
                - D’ailleurs, où est notre Katherine, actuellement ? questionna Zedd.
                - Dans la dimension noire, répondit Sariu.
                - En tout cas, répéta Zedd, je suis plutôt satisfait de vos plans. Tout semble s’être très bien déroulé malgré mon absence. Félicitations renouvelées.
                - Mais ne nous remercie pas trop, formula le prince de Pluton, mais ceci a pu être réalisable grâce aux moyens mis en place, et aussi grâce à tes patrouilles et tes armes à notre disposition.
               - D’ailleurs, dit le Seigneur Zedd, j’aimerai quand même que la Zeo Ranger d’Argent vienne se joindre à nous, nous lui devons une fière chandelle !
                - Et pas une chandelle verte, sortit Squatt, pensant qu’il s’agissait d’une bonne blague, qui ne fit rire que Baboo et lui-même.
                - Tu as tout à fait raison, remarqua Sariu, qui avait bien remarqué son absence, pendant que son arrivée était prévue à plus tard. Goldar, va la chercher dans la dimension noire.
    Goldar se leva et partit vers l’escalier montant à l’étage. L’accès à cette zone du mal s’y trouvait.
     
                Quelques minutes plus tard, Goldar revint avec la Zeo Ranger d’Argent qui marchait lentement et plutôt maladroitement.
                - Tu es directement partie dans la dimension noire sans venir nous voir, questionna Rita.
                - Oui, je voulais aller m’entraîner. Je ne suis pas encore assez performante…
                - Pourquoi tu dis cela, s’étonna Sariu, tu es bien meilleure que les Power Rangers de Zordon ! Et ils le savent.
                - C’est possible. Cependant, je m’excuse de ne pas vous avoir donné le bulbe tout à l’heure. C’est vrai qu’avec le mot mentionnant le fait que j’avais le bulbe j’aurai pu le laisser en même temps… veuillez me pardonner.
    La Zeo Ranger d’Argent tendit le bulbe en question à Sariu qui le prit et le serra très fort.
                - C’est un moment attendu depuis très longtemps et…
    Sariu serra encore plus fort et stoppa net. Les traits de son visage changèrent brusquement.
                - Salauds de Power Rangers…
                - Que se passe t-il, mon ami ? demanda le Seigneur Zedd. Un problème…
                - Les Power Rangers nous ont arnaqués ! Ce n’est pas un bulbe authentique. Ce bulbe n’est pas une racine faisant pousser la plantation des anges ! ILS SE SONT MOQUES DE NOUS !!!
                - Mais… ce… ce n’est pas possible… je n’ai rien vu… bafoua la Zeo Ranger d’Argent, qui se sentait honteuse.
                - Quand on sert fortement un bulbe de plantation des anges, il doit se réchauffer rapidement. Or, celui-là n’a eu aucune réaction. Je suis formel, on s’est fait niaiser !
                - Je m’en veux tellement… pardonnez-moi, maître… s’excusa la Ranger du mal.
                - Non, tu n’y es pour rien, consola Sariu, c’est la faute de ces Power Rangers ! De ce Ranger Blanc en l’occurrence qui t’a trompé, qui nous a tous trompé ! Il va payer, comme les autres ! Je pense d’abord à une attaque en ville. Mais en parallèle, il faut que je planche sur un moyen rapide de retrouver ce crétin de Tommy, pour qu’il souffre comme il me fait souffrir en apprenant cette trahison. IL VA ME LE PAYER !!!
    Malgré l’énorme déception de Sariu et l’échec cuisant dans la récupération des plantes tant adulées, le repas fut maintenu.
    Mais Sariu parla longuement avec Zedd : le plan d’attaque allait quelque peu changer.
     
                Tout le monde, même les punis de la journée, avaient été invités au repas : Zedd, Rita et Sariu, bien évidemment, mais aussi Goldar, Baboo, Squatt, Scorpina, Finster et même deux de ses dernières créations monstrueusement laides, le Cognou, qui, comme son nom le laissait deviner, ressemblait à un gnou mais d’une couleur rose pétante, et l’Aspirfer, davantage similaire à un aspirateur sur deux pattes qu’à autre chose.
                - Je suppose que tu n’es pas contre le fait que le Dragonzord et le Zeo Megazord reprennent le combat ? demanda Rita à Zedd, tout en étant sûr de l’affirmation de son mari.
                - Bien sûr que je ne suis pas contre ! Je ne suis pas venu ici pour attendre, vous m’avez mis l’eau à la bouche. J’espère qu’elle va vite en finir avec Zordon et ses larves. Mais cela va attendre quelque peu. Sariu propose une autre stratégie qui me plaît. Sariu, je t’en prie, je te donne la parole.
    Sariu préféra se lever pour se faire entendre de tous.
                - Je préfère laisser notre Zeo Ranger d’Argent se reposer quelques heures au sein du Palais Lunaire. Tous ici doivent reconnaître le travail remarquable qu’elle a accompli. En revanche, je pense qu’avant l’assaut final, et la réactivation des deux zords, nous avons les moyens d’affaiblir l’ennemi.
                - Je peux alors vous être utile, moi ! s’incrusta Scorpina, assoiffée de combat.
                - Mais tu fais partie du plan, comme Goldar, et, si Finster me le permet, j’aimerai joindre le Cognou et l’Aspirfer à cette attaque.
    Finster affirma le choix du prince de Pluton d’un mouvement de la tête, et d’un pouce levé.
                - En voyant débarquer en ville une horde de monstres, continua Sariu, il y a de fortes chances pour que les Rangers restants, malgré le sang d’encre qu’ils doivent se faire pour le patron blanc, interviennent pour défendre la zone sinistrée. Quoi qu’il en soit, il est prévu que dès que notre Ranger à nous soit de nouveau prête au combat, les zords seront réactivés !
                - Et où aura lieu ce combat, maître ? demanda Goldar, impatient de retourner taper du Power Ranger.
                - Le parc me semble un bon terrain de jeu. Nous restons à la proximité du Dragonzord et du Zeo Megazord.
                - Mais pourquoi ne pas les écraser directement avec les zords ? interrogea Finster.
                - Ce serait en effet plus rapide, mon ami, répondit Sariu. Mais parfois, ça fait du bien de s’amuser… et puis, leurs zords à eux, doivent de nouveau être en état, depuis…
    Sariu se rassit. Le Seigneur Zedd se leva à son tour et prit la parole
                - Je récapitule. Les troupes qui partent immédiatement sur Terre, dans le parc d’Angel Grove, sont Goldar, Scorpina, l’Aspirfer, le Cognou, et ma trentaine de patrouilleurs prête et sur le pied de guette. Ensuite, la Zeo Ranger d’Argent sera relancée pour administrer le coup fatal à l’armée de Zordon.
    Les aliens appelés rejoignèrent le Seigneur Zedd.
                - La voie est libre. C’est à vous, dit Zedd.
    Les monstres sur le pied de guerre se téléportèrent vers le parc d’Angel Grove.
                - Je me permets de dire que cela me plaît, avoua la Zeo Ranger d’Argent.
                - Oui, moi aussi… ajouta Scorpina, heureuse de passer au premier plan, devant sa nouvelle rivale.
    Le Seigneur Zedd regagna sa chaise, pendant que Squatt bricolait afin d’installer une machine qui allait être bien utile…
                - Squatt, dépêche-toi de brancher cet appareil de retransmission d’images, s’impatienta Finster. On est pressé et on ne veut rien rater de la déchéance des Power Rangers. Dommage d’ailleurs que je n’ai pas de cassettes pour enregistrer.
                - Ne t’inquiètes-pas pour ça, espèce d’idiot, on a des cassettes, justement, lança Rita.
    En effet, le gros alien bleu s’empressait de mettre en marche ce qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à une télévision à grand écran et ultra-moderne, avec, en guise d’antenne, une énorme parabole d’où naviguaient plusieurs dizaines de câbles de différents coloris. Mais, au vu de l’épaisse couche de poussière qui la recouvrait, nul doute qu’elle ne servait que très rarement.
    Une fois les branchements terminés, Squatt, aidé de Baboo, réglèrent les fréquences pour tomber sur un programme terrestre. Mais cela n’était qu’un détail comparé à la complexité de programmation de l’appareil, qui était tout de même très en avance sur les téléviseurs classiques sur Terre ; seul le vista-globe du Centre de Commandes pourrait rivaliser avec le modèle de retransmission d’images du Palais Lunaire, puisqu’ils pouvaient suivre n’importe quelle action demandée par son téléspectateur, où suivre une personne en particulier à distance.
    Enfin, après quelques minutes de patience, l’appareil afficha une image du parc d’Angel Grove, avec en premier plan un plan fixe sur le dos du Zeo Megazord.
                - Nous voulons un plan large suivant : Terre, Parc d’Angel Grove, code de coordonnées 1, 1, 3, 4, 0, 7, 1, R, G, 0 ; et la bataille contre les Power Rangers, code de coordonnées 1, 1, 7, 6, 6, 2, 4, E, X, 9.
    Malgré le charabia de Rita, trois secondes seulement suffirent à l’appareil pour afficher un plan plus large du parc. On voyait désormais un bout du lac, er quelques collines supplémentaires, au second plan, et, au premier plan, les deux grands assemblages zords de la Zeo Ranger d’Argent. Puis, l’armée envoyée et menée par Goldar s’invita sur l’image.
    Baboo venait de servir un verre de boisson typique et très pétillante. Chacun leva son verre en l’air.
                - Au plan ZZ-7 ! Et à la fin des Power Rangers, si proche soit-elle !
    Les verres furent rapidement vidés par tous, sauf Sariu, qui ne pouvait boire telle substance, et, pendant que Finster, aidé d’un patrouilleur, allait chercher les différents éléments de la raclette, tous observèrent avec une grande joie l’appareil de retransmission d’images qui, nul n’en doutait, allait proposer un programme très intéressant.
     
     
               
    CHAPITRE 15
    Abattus
     
                Kimberly était moralement abattue après la triste nouvelle faisant part du départ précipité de Tommy après les évènements dans la grotte de Cornead Beach. A l’image des autres, qui étaient toujours en tenues de Rangers, elle était désemparée, mais cela se voyait d’autant plus sur son visage car elle ne pouvait se retenir de pleurer. Trini et les autres tentaient en vain de la consoler, même si chacun d’eux auraient autant eu besoin de réconfort.
                - Tout ça… c’est de ma faute, se lamenta Kimberly, si je l’avais empêché d’aller au cimetière… si je l’avais empêché, il n’aurait pas… il n’aurait pas vu tout ça… il n’aurait pas vu la tombe ouverte… c’était un plan manigancé par Goldar et Scorpina… mais il a cru que c’était la vérité… j’aurai dû lui parler…
                - Tu n’y es pour rien, Kim, consola Trini. C’est Rita, Zedd et Sariu qui ont provoqué cette discorde. Ils voulaient écarter Tommy… et ils ont réussi.
                - Son communicateur ne répond pas, déclara Billy. J’ai essayé trois fois, rien à faire…
                - Au début, je lui en voulais de m’avoir contré, dit Zack, mais finalement, je comprends maintenant ce qu’il devait ressentir.
                - Oui, moi aussi, confirma Jason. Il faut absolument qu’il revienne. Il doit culpabiliser, et croire qu’on le déteste, alors que c’est faux. Le problème vient aussi du bulbe donné à l’ennemi… si seulement j’avais pu récupérer le bulbe tout en résonnant Tommy…
                - J’espère qu’il reviendra… sanglota Kimberly, je ne sais même pas où il peut être… Billy, tu peux arriver à le détecter ?
    Billy, qui se frottait les yeux, très marqué comme tous par la situation, n’avait rien pu entreprendre.
                - Négatif… je suis désolé. Les radars fonctionnent, mais… seul Alpha sait comment faire pour augmenter la portée des détecteurs. Il m’a vaguement expliqué comment il avait fait lors de notre retour du futur, mais je n’ai pas tout compris. Mince ! J’aurai dû me rappeler…
                - Zordon, s’impatienta Kimberly, tu sais le faire fonctionner ?
                - Non Kimberly, je n’ai pas accès à tous les ordinateurs du Centre de Commandes. Et celui-ci fait partie de ceux avec lesquels toute communication m’est impossible. Seul Alpha peut faire quelque chose.
                - Alors il est devenu plus qu’urgent de le réparer, et vite ! dit Billy.
    Tous n’avaient plus envie de rien faire, si ce n’est retrouver Tommy. Mais, en ville, l’agitation revenait déjà et enclencha les sirènes de la base.
                - Comme si on avait que ça à faire… pesta Zack. Qu’est-ce que c’est encore…
                - Et biendéjà, ce n’est pas cette idiote, constata Jason dans le vista-globe, lorsque Goldar apparut dans l’image, accompagné d’autres horribles aliens.
                - On dirait qu’il y a du rififi dans le parc… fit Trini. On devrait quand même y aller, même si je sais que ça va être difficile.
                - Tu as raison, Trini, accepta Zordon. Il faut intervenir, mais faites très attention. Ils possèdent désormais un extrait de plantation des anges et, même s’il ne s’agit que du bulbe, il apporte aussi un net regain de puissance aux aliens. Jason, tu mèneras le combat avec Zack et Trini. Attention, ils ont l’air nombreux. Billy, tu retournes réparer Alpha ; Kimberly, étant donné que ton générateur de pouvoir n’a toujours pas retrouvé sa pleine puissance, tu vas aider Billy, mais avant, je te permets d’aller enquêter où tu voudras pour voir si personne n’a croisé Tommy. Mais évite la zone du parc, je ne pense pas qu’il soit là-bas de toute façon.
                - Peu importe mes pouvoirs, ce que je veux c’est retrouver Tommy le plus vite possible, répondit Kimberly, le mascara coulant le long de ses joues humides. Il peut être n’importe où… j’essaierai de passer à son studio… dommage que je ne connaisse pas ses parents, ni d’ailleurs…
    Kimberly coupa net. Elle venait de se rendre compte que Tommy ne lui avait jamais vraiment parlé de ses parents, si ce n’est qu’ils habitaient loin d’ici, et qu’il ne les avait pas revu depuis son arrivée à Angel Grove. Elle se sentit encore plus triste : elle devait rattraper le temps perdu avec Tommy, cela faisait trop longtemps qu’elle attendait. Elle savait qu’elle ne pourrait jamais vivre sans lui ; elle pense cela depuis le premier jour où il a rejoint l’équipe des Power Rangers, il y avait environ quatre ans.
                - Je vais le retrouver… je… je veux le retrouver, je dois retrouver Tommy… balbutia Kimberly.
                - Bien, alors, bonne chance Rangers. En cas de besoin, les ninjazords sont complètement revitalisés. Ils pourront peut-être vous être utiles au cas où…
                - Je n’espère pas en avoir besoin, coupa Jason. Cela voudrait dire que le Dragonzord a été réactivé, ou le Zeo Megazord. Où même les deux…
                - Bonne chance, et bon courage, souhaita Zordon telle une prière. Que les pouvoirs de vos médaillons vous protègent à l’infini, contre la force décuplée provoquée par la plantation des anges dans les rangs de l’ennemi. A l’infini, que vous soyez protégés. A jamais.
                - Merci, répondit Trini. Nous allons tout faire pour limiter les dégâts.
                - Retour à l’action ! scanda le Ranger Rouge avant de quitter le dôme avec les Rangers Noir et Jaune.
                - Et moi… transmutation terminée… fit Billy discrètement, qui retrouva son jean bleu et son tee-shirt noir. Maintenant, je me téléporte au labo. J’ai encore du boulot.
                - Courage, Billy, fit Kimberly. Je te rejoins le plus vite possible.
                - Le temps nous est compté, Billy, alors, je t’adresse tout mon soutien, parla Zordon.
                - Merci à vous deux. J’y vais. Et je vous en prie, retrouvez Tommy. Il nous manque déjà à tous.
    Kimberly alla serrer Billy très fort, émue par ces paroles.
                - Je vais tout faire pour, jura Kimberly à haute voix, qui relâcha son étreinte. Je dois… le retrouver.
                - A tout à l’heure, termina le jeune homme, qui se téléporta vers son atelier des sciences personnel.
    Zordon ne savait pas s’il devait revenir maintenant sur le sujet des pouvoirs du médaillon de la Grue, toujours incomplets. Mais la question ne se posa plus lorsque c’est l’intéressée qui en reparla.
                - Quand… quand mes pouvoirs vont revenir ?
                - Je pensais qu’ils seraient déjà revenus, avoua Zordon. Lorsque Tommy est resté avec moi tout à l’heure dans le Centre de Commandes, et pendant que vous étiez au centre commercial, j’ai quitté votre dimension pour libérer l’énergie qui m’est consacrée. Cette énergie n’a pas été perdue puisqu’elle a aidé à la reconstitution énergétique de ton générateur de force. Mais, à mon grand désarroi, l’opération n’est pas encore terminée, et, même si ton transmutateur te permettrait de reprendre tes pouvoirs de Power Ranger Rose, ils seraient insuffisants même contre des patrouilleurs et tu les perdrais de nouveau au bout de quelques minutes, voire quelques secondes.
                - La force de mon générateur est actuellement toujours en cours… de regénération ?
                - Oui, mais c’est lent, trop lent, regretta Zordon. Dès que la situation va s’apaiser, c’est-à-dire, dès que Billy aura remis Alpha en état de fonctionnement, je quitterai de nouveau cette dimension pour reprendre la même opération. Alpha sait parfaitement prendre en charge le Centre de Commandes tout seul. Mais cessons de parler, je préfère te libérer maintenant afin que tu aies du temps pour retrouver Tommy.
                - J’espère qu’il n’est pas en danger, espéra Kimberly tout en saisissant le transmutateur du Ranger déserteur. Sans ses pouvoirs, il est fort, très fort, mais pas assez… surtout en ce moment. Mais je dois retrouver le Ranger Blanc.
    Kimberly se prépara à se téléporter vers le quartier où habitait Tommy. Avant, elle chuchota quelques mots.
                - Bonne chance Trini, Jason, Zack, et courage Billy. Et Tommy, où que tu soies, si tu pouvais m’entendre… je t’aime tellement… je ne veux pas te perdre… sache que je viens te chercher.
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    Re: MMPR S4, épisode 3 : Zeo Zeo Sept

    Message par KL44 le Mer 18 Mar - 11:28

    Bonjour,
    voici la suite, avec les chapitres 16 et 17.

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    CHAPITRE 16
    Des plantes pas si puissantes
     
                Le parc d’Angel Grove, fermé au public, et même barricadé à chacune de ses entrées par l’importante mobilisation des forces de l’ordre, voyait pourtant circuler une bonne trentaine d’individus, même pas passé au travers des mailles des barrages. Goldar et sa troupe de guerriers avaient débarqués, comme à l’accoutumée, en provenance des cieux.
                - Je me rends finalement compte, se demanda Scorpina, que je ne sais pas pourquoi le Seigneur Zedd nous a envoyé dans ce parc sachant qu’il n’y a que nous ici.
                - C’est vrai que c’est un peu bizarre, mais ne dis pas n’importe quoi, nous sommes filmés et observés, rappela Goldar à voix basse.
                - Quels sont les ordres ? questionna l’Aspirfer.
                - J’ai une idée. On va aller vers l’entrée du parc la plus proche de la zone des écoles et des universités. Nous irons à la rencontre de la police et nous les ferons fuir. De ce fait, une entrée sera créée dans le parc et les jeunes croyant à la fin du barrage s’y faufileront comme des idiots…
                -... et nous pourrons ensuite les terroriser, conclut Scorpina. Belle idée, Goldar, tout ce que j’aime.
                - Euh… coupa l’Aspirfer, ce que je vois au loin, et qui se dirige vers nous… vous allez moins les aimer…
    Tous dirigèrent leur regard vers la destination que l’Aspirfer pointait de l’un de ses trois doigts. Ils purent constater que les Power Rangers n’avaient pas tardé à venir à la rescousse. Les Rangers Rouge, Jaune et Noir, armes à la main, se précipitaient vers eux.
                - On dirait qu’ils sont en effectif réduit, signala Scorpina. A moins que d’autres ne soient ailleurs…
    Elle fit une rotation de cent quatre-vingt degrés afin de voir derrière elle au cas où sa crainte s’invitait par surprise, mais rien, sauf quelques patrouilleurs impatients.
                - Vous venez pour le petit tournoi de catch, les Rangers ? demanda le Cognou, qui avait enfin compris qu’il était doté de la parole. Alors je suis prêt !
                - Patrouilleurs et guerriers, à l’attaque ! ordonna alors Goldar, tenant son glaive.
     
                Les trois Rangers avaient quelque peu décéléré en voyant désormais les ennemis venir vers eux.
                - Ils sont nombreux ! ne put s’empêcher de déplorer Zack. Il va y avoir de l’action…
                - On aurait été mieux à six pour les contrer, mais bon, on va essayer quand même, espéra Jason. S’ils ont le bulbe avec eux, ils vont être surpuissants !
                - Attention, ça arrive droit sur nous… prévint Trini.
    Les trois Rangers se mirent en position d’attaque. Les premiers patrouilleurs arrivèrent à leur hauteur. Le Ranger Rouge entama des techniques de karaté assimilées depuis bien longtemps et elles firent mouche : déjà trois patrouilleurs écartés de la bataille.
                - Ecrabouillez-les ! lança Goldar, voyant l’Aspirfer se diriger vers Trini et le Cognou vers Zack.
                - Oui, vengez-nous ! cria Scorpina.
                - Mais, venger de quoi ? se demanda la Ranger Jaune, qui voyait le monstre hideux s’approcher d’elle, avec son horrible bouche en forme de tuyau aspirant qui attirait déjà les quelques feuilles tombées des arbres…
                - Beurk, c’est dégueu la verdure, se plaignit ce dernier, pourquoi suis-je né avec un aspirateur en guise d’estomac !
    Goldar et Scorpina allèrent suppléer leurs sbires, et ils le faisaient avec grand plaisir. Les Rangers étaient quelque peu débordés, dépassés par toute cette vague ennemie qui déferlait sur eux telles des guêpes qui chercheraient à butiner. Plusieurs fois, le mot vengeance sortit des bouches, et Zack, tout comme Trini et Jason, ne savait toujours pas de quelle vengeance il pouvait s’agir.
                - Mais de quoi vous parlez, à la fin ? interrogea le Ranger Noir tout en repoussant assez facilement le Cognou, qui avait pourtant été très bien conçu et paré de deux gants de boxe à la place des mains.
                - Vous vous êtes foutus de nous avec le bulbe, c’est tout ! reprocha virulemment Goldar.
                - Je ne comprends pas très bien… répliqua Zack.
                - Ne te moque pas de nous, je n’apprécie pas, lança Scorpina.
                - Le bulbe… ce n’était pas le vrai ! conspua Goldar, qui croyait dur comme fer au piège des Rangers ; c’est un faux bulbe que vous nous avez donné, enfin, l’ancien Ranger Blanc nous a donné un faux bulbe !!!
                - Mais qu’est ce que c’est que cette histoire, s’inquiéta Zack. Tu as entendu Jason ? Trini, tu as écouté ?
    Le Ranger Rouge, en plein échange de coups avec des patrouilleurs et Scorpina, n’avait pas fait attention à la question de Zack. En revanche, Trini avait suivi, malgré sa confrontation serrée avec l’Aspirfer, qui lui aspirait la main droite. Elle allait lui répondre.
                - Aie ! Zack, appelle Zordon pour en savoir plus, je ne comprends rien à cette histoire de faux bulbe. Tommy pensait bien avoir donné un véritable exemplaire !
                - Je vais… essayer d’appeler Zordon, sortit Zack tant bien que mal, se démêlant plutôt bien des patrouilleurs qui venaient de l’encercler. Jason, tu t’en sors ?
                - Ca… ça peut le faire, bizarrement, ils ne sont pas plus forts, répondit le Ranger Rouge qui n’était toujours pas au courant des reproches de Goldar, tout en explosant un patrouilleur qui avait effectuée une feinte qui n’avait pas fonctionnée.
    Zack voyait bien le surnombre de l’armée en provenance de la Lune, mais pour le moment il ne leur était nullement préjudiciable. Il trouva opportun le moment de demander à Jason et Trini de quitter temporairement le combat en se téléportant hors de portée.
                - Jason, suis-moi, on doit quitter les lieux quelques minutes ! décréta le Ranger Noir.
                - Non, on ne peut pas !
                - Je ne pense pas qu’il ne faille discuter. Nous devons absolument car il y a des choses à demander à Zordon. Ce ne sera pas long, mais je t’assure que c’est important !
                - Euh… bon d’accord, laissez-moi le temps de venir vers vous pour que tu me donne plus de précisions.
                - Je viens aussi, deux petites secondes, annonça la Ranger Jaune qui, à la lutte avec l’Aspirfer, ne se débrouillait pas trop mal.
    Il fallut un peu plus de deux secondes à chacun pour s’écarter des coups et des mêlées et venir se rapprocher.
                - Vous faites quoi, là ? questionna Goldar. Vous capitulez déjà ?
                - On va se téléporter juste là-bas, derrière les buissons, dit Zack en ignorant Goldar, et en montrant discrètement de l’index de sa main droite une grande haie. C’est urgent.
                - Ils partent déjà ? Ce n’est pas drôle, ça… regretta Scorpina.
                - Méfions-nous, c’est peut-être un piège tenant droit de la devise « reculer pour mieux sauter ». Donc méfiance… prôna Goldar, désireux de garder son équipe au meilleur de sa forme, même si dix patrouilleurs sur les trente de départ avaient déjà été vaincus.
     
                D’où ils s’étaient posés après téléport, les trois Rangers pouvaient observer la scène entre les buissons. Il voyait bien que le groupe de Goldar les cherchait dans les environs proches. Zack décida de faire vite.
                - Zordon, réponds-moi !
                - Qu’y a-t-il, Rangers ?
                - Zordon, Goldar nous reproche que Tommy a donné un faux bulbe. Tu comprends quelque chose ?
                - Un faux ? s’interrogea Jason.
                - Oui, je suis au courant.
                - Ah bon ? Mais… comment tu as fait ? questionna Zack.
                - Et pourquoi tu ne nous a rien dit ? poursuivit Trini. On les croyait bien plus forts…
                - Justement, coupa Zordon. Je ne voulais pas vous le dire pour que vous décupliez vos forces au combat en les croyant supérieurs. Mais apparemment, ils vous ont tout dit… tant pis.
                - Bon, on n’a pas le temps d’essayer de comprendre, dit Jason. Ils vont nous retrouver d’ici peu de temps.
                - Rangers, vous pourrez si son besoin est déterminant, utiliser le Power Canon. Je ne pense pas que vous l’ayez déjà utilisé par le passé, en ce qui vous trois vous concerne. Mais je crois que vous avez déjà vu à quoi ça ressemblait…
                - Oui oui, je m’en souviens, confirma Trini, devançant Jason et Zack qui firent de même.
                - Ca pourra vous être utile pour anéantir un groupe d’ennemis…
                - Zordon, on va devoir te laisser, Goldar et ses acolytes approchent dangereusement de nous, coupa Jason.
                - Bonne chance encore une fois, Rangers, termina Zordon. Fin de communication.
    Trini guettait toujours parmi les buissons et voyait Goldar venir vers eux, mais à l’aveuglette ; en effet, il avait réellement l’air de chercher.
                - Maintenant, on peut y retourner, dit Jason. Pas la peine de se cacher, on saute sur le premier venu, tous ensemble.
                - A savoir, Goldar, en déduit Trini.
                - Exact, alors on y va !
    Les Rangers, toujours dotés de leurs armes laser respectives, sautèrent par-dessus les arbustes à la grande surprise du guerrier ailé et doré, pas vraiment préparé à les voir arriver de cet endroit précis.
                - Ils sont là !!! signala-t-il fortement.
    Mais il se retrouva très vite dépossédé de son équilibre. La charge quasiment simultanée des pieds des trois Rangers avait été dévastatrice. Puis ils se dispersèrent parmi les nombreux ennemis qui venaient à la rescousse de leur chef de file.
     
    ***
     
                Il n’y avait pas grand monde à la Maison des Jeunes : les cours étaient terminés et les étudiants étaient rentrés chez eux. Ernie était derrière son comptoir, en train d’éponger un soda renversé sur son comptoir, et Skull était au téléphone. Aussi, deux jeunes garçons s’entraînaient à l’haltérophilie. Ils discutaient assez bruyamment.
                - Je te parie qu’ici, personne n’arrive à faire le même score que moi aux haltères, dit l’un.
                - Et moi donc, répondit le second, tout aussi prétentieux. J’ai réussi à arriver à six cent quatre-vingt six aux haltères. Ce n’est pas rien ! C’est moi le plus doué !
                - Je te battrai un jour, vieux, je suis tout de même à six cent trois !
                - Excusez-moi, je recherche quelqu’un, coupa une voix : celle de Kimberly, le visage toujours aussi triste. Vous pourriez peut-être m’aider.
    Les deux jeunes athlètes, les yeux écarquillés, se regardèrent quelques secondes avant que le second d’entre eux ne réponde.
    - Dis donc ma jolie, je ne sais pas qui tu cherches mais ça ne te dirait pas de passer la soirée avec deux jeunes musclés comme nous ? Plus musclés que tous tes potes ?
                - Permettez-moi d’en douter… rétorqua Kimberly.
                - Vraiment ? Cela m’étonnerait. Et puis, c’est quoi ton nom, princesse ?
                - Ok, je vois… je n’ai pas temps à perdre avec deux crâneurs comme vous…
                - Eh oh, s’énerva le premier, pourquoi tu t’énerves comme ça, ma jolie, ma musculature ne te fait pas rugir de plaisir ? Six cent trois soulevés d’haltères, et six cent quatre-vingt et quelques pour mon pote Dean…
                - Six cent quatre-vingt six, précisément, mon cher Anthony.
    Kimberly, toujours perturbée, ne fit pas le moindre sourire malgré la situation risible.
                - Rêvez-bien. Au fait, le record ici est de mille dix, et je connais le recordman. Alors remballez vos belles paroles. Salut les musclés !
                - C’est ça, dégage, pimbêche !
    Kimberly ne broncha pas mais nul doute que si le temps ne lui était pas compté, elle aurait répliqué et de fort belle manière. Elle préféra demander à Ernie s’il n’avait pas vu Tommy.
                - Hélas, ma pauvre, je ne l’ai pas vu aujourd’hui. Mais tu as l’air inquiète…
                - Oui, car personne ne sait où il est, et il faut absolument qu’il revienne.
                - Ne me dis pas qu’il a disparu aussi, ça serait le sixième.
    Kimberly doutait de l’enlèvement de Tommy. Cependant, quelque chose l’interpella…
                - Le sixième ? Je croyais qu’il n’y avait eu que quatre enlèvements, dont trois relâchés hier ?
                - Et bien non, déplora Ernie. Un flash spécial à la télévision à fait état d’un jeune joggeur de même pas dix-huit ans qui a disparu depuis ce midi. Ses parents étaient complètement désemparés et affolés.
    Kimberly se tourna vers Skull, bizarrement habillé en veste polaire malgré la chaleur persistante, et qui venait de raccrocher.
                - Et toi, Skull, tu as vu Tommy aujourd’hui ?
               - Ce matin oui, mais c’est tout, souffla Skull. Je suis plus préoccupé à trouver des vêtements à droite à gauche. Je n’ai plus que des habits d’hiver. Et je crève de chaud.
                - Bon… tant pis… balbutia Kimberly, prête à fondre en larmes… je vais aller voir chez lui.
                - Bonne chance, Kim, souhaita Ernie.
    Kimberly remercia Ernie et ne prit même pas la peine de répliquer aux grimaces des deux athlètes en herbe. Elle alla dans le couloir désert qui faisait office de sortie de la Maison des Jeunes vers le lycée général.
    Elle vit que personne n’était dans les environs alors elle décida de recourir à la téléportation pour aller du côté du studio de Tommy. Par chance, elle avait sur elle une clé de la serrure d’entrée au studio.
    Tommy lui avait prêté les clés et elle ne les avait toujours pas rendues, et c’était avant le retour en 1997. Elle ne se posa pas la question de savoir par quel phénomène ces clés l’avaient suivi. Elle se souvint juste que si elle les avait toujours sur elle, c’est que l’oubli de les restituer au propriétaire n’avait pas été totalement involontaire. Et, lors de son départ pour la Floride, ce détail lui était complètement sorti de la tête, et Tommy ne les avait jamais réclamées.
                - Téléportation au studio de Tommy, maintenant ! dit Kimberly.
    Mais, elle ne quitta pas le couloir.
                - Mince, l’énergie de mon médaillon est encore défaillante. Tant pis, il me reste la marche à pied. Je vais en avoir pour au moins quinze bonnes minutes. J’espère qu’il y a des bus malgré les problèmes dans le parc.
    La jeune femme décida d’accélérer grandement le pas. Le temps pressait.
     
    ***
     
                De son côté, Billy avait bien avancé, même très bien. Il avait réussi à renouer ensemble l’intégralité des câbles électriques d’Alpha. Maintenant, il ne lui restait que quelques circuits imprimés à traiter puis à rassembler les dernières pièces composant ce qui s’appellerait vulgairement la carcasse du petit droïde. Pendant ce travail, Billy avait pu découvrir à quel point la technologie d’Endenoï, la planète d’origine d’Alpha, était à la fois simple et complexe. Certains branchements semblaient si logiques alors que d’autres s’entremêlaient et laissaient l’impression d’une œuvre finie à la va-vite.
                - Allez, je pense que j’aurai finalisé la partie électronique d’ici sept-mille deux cent secondes, soit, deux heures. De toute façon, je n’ai pas vraiment le choix, ceci est ma mission, je dois la terminer au plus vite. D’ici deux jours j’espère qu’Alpha sera parmi nous de nouveau.
    Billy coupa net. Un bruit de verre qui casse venait de retentir quelque part dans son laboratoire, près de la porte qui permettait l’accès de dehors. Il se leva et vit que cette porte était ouverte, et que des oiseaux sur pattes déjà connus infiltraient la pièce.
                - Bonjour, on est bien chez le Ranger Bleu ? demanda l’un des volatiles.
                - Des tengas… c’est bien le moment… vite, il faut que je cache Alpha !
    Billy prit le carton des pièces restantes et la structure électrique, et disposa le tout sous son bureau.
                - A l’attaque ! lança un des tengas. Et retrouvez-moi cet Alpha 5 !
                - Vous ne le retrouverez pas ! Pouvoir ninja, maintenant !
    Billy avait choisi les pouvoirs ninjettis car il avait estimé que la transformation en Power Ranger n’aurait pas été justifiée ; son choix fut d’autant plus confirmé lorsqu’il vit, très étonné, que les tengas n’étaient qu’au nombre de quatre.
                - Et bien, ça va être vite fait, pensa Billy à voix haute. Vous quatre, je voulais savoir… par lequel je commence ?




    CHAPITRE 17
    Rififi
     
                Quelques uppercuts, trois jolis coups de pieds et même un coup de tête un peu maladroit : deux petites minutes, enfin, cent vingt secondes précieuses, avaient suffi au ninjetti bleu pour venir à bout des quatre tengas qui n’avaient pas eu le temps de dévaster le laboratoire, ni même d’ausculter le moindre recoin. Billy attendit tout de même que les volatiles disparurent pour se séparer de sa combinaison de ninja et reprendre ses travaux. Seulement, il prit soin avant de fermer la porte à double tour, de verrouiller les fenêtres et de tirer rideaux et volets. Il alluma la lumière et alla chercher le carton contenant Alpha et ses pièces détachées.
                - Allez, il faut que je reprenne. Je vais, à tout hasard, tenter de recontacter Tommy.
    Billy activa son communicateur, appela plusieurs fois, mais une fois de plus, les tentatives restèrent vaines. Il croisa les doigts tout en chuchotant.
                - Kimberly, retrouve-le. Je t’en conjure.
    Puis, Billy imagina le retour de Tommy. Il voyait Kimberly crier de joie, bondir sur le revenant, l’embrasser à de nombreuses reprises, et pleurer de bonheur dans ses bras sans qu’il ne puisse serrer la main à tout le monde. Zordon félicitait les Rangers et Alpha courait dans tous les sens…
    Alpha.
    Il quitta ses pensées. Le temps était toujours précieux, et Alpha devait très vite revenir parmi eux. Il pouvait les aider à retrouver Tommy.
     
    ***
     
                Cette journée de lundi voyait l’après-midi se terminer pour laisser la soirée prendre le relais. Il était dix-huit heures trente et les quarante degrés en plein soleil étaient toujours persistants. Il n’y avait toujours pas le moindre nuage en vue, ni même le souffle du vent, et encore moins quelque précipitation pluvieuse.
    Pourtant, dans le parc, des patrouilleurs volaient, des Rangers sautaient, et les coups pleuvaient. Les deux tiers du groupe de Goldar étaient déjà hors de combat. L’Aspirfer était au plus mal, car il était mal retombé et son dos avait heurté un tronc d’arbre coupé. Scorpina était perturbée par les nombreux coups d’épée-laser de Jason qui alternait aussi sa garde avec quelques tirs de son blaster. Les patrouilleurs n’étaient plus que onze et le Cognou, en luttant contre Zack, avait trouvé à qui parler. Quant à Goldar, il ne comprenait pas comment les Rangers pouvaient résister aussi bien, malgré qu’ils ne fussent que trois ; peu satisfait, il décida de remuer ses troupes.
                - Alors, bande d’incapables sur pattes, vous vous croyez où !!! Annihilez-moi ces pourritures de Rangers et sur le champ ! Je ne veux plus les voir !
                - Je fais de mon mieux ! protesta Scorpina.
                - Ils sont trop forts pour moi, même mes poings ne leur font pas mal, regretta le Cognou, qui se retrouva par terre deux secondes après avoir fermé la bouche : la Ranger Jaune était passée par là.
                - Mais vous êtes vraiment des guignols ! lança Goldar, blasé par la tournure d’une bataille qui lui échappait malgré l’importante supériorité numérique. Bon, venez tous près de moi ! Vite !!! On change de plan !
    Les monstres ne mirent pas longtemps à obéir. Tous se retrouvèrent autour de Goldar en un instant, sauf l’Aspirfer, qui avait succombé à sa récente chute et qui avait discrètement explosé.
                - Mais que font-ils ? questionna Trini qui avait très soif.
                - Je ne sais pas, mais c’est le moment idéal pour faire un tir groupé, proposa Jason. Prêts à accueillir le gros canon ?
                - Je veux bien, répondit Zack, mais Billy m’a dit qu’à six, c’est déjà galère pour le soulever et le porter, alors, à trois…
                - Ce n’est pas grave, garantit Trini, regarde, on pourra le poser quelque part… attends… sur le tronc là-bas ! Ca me paraît pas mal, et en plus, on peut l’orienter comme on veut.
                - Et aucun obstacle ne nous gêne, remarqua Zack.
                - En effet, il y a aucun arbre, compléta Jason. Pas un obstacle… c’est tellement rare ces moments où tout paraît facile pour les Power Rangers…
    Jason eut une pensée pour Tommy, mais aussi pour Katherine, la vraie qui selon lui reposait paisiblement, loin de toute cette agitation, loin de cette Zeo Ranger d’Argent qui se faisait passer pour elle. Il pansa aussi à Adam, Aisha et Rocky qui devaient s’amuser à Londres. Il espérait qu’ils ne soient pas au courant des évènements : il ne voulait pas que leur séjour anglais ne soit gâché par tous ces bouleversements.
                - Vous êtres fins prêts ? Dépêchons-nous le temps qu’ils ne nous voient pas… pressa le Ranger Rouge, qui tendait les mains vers le tronc destiné à servir de socle pour l’arme.
                - Oui ! répondirent les deux autres en chœur.
                - Alors, je demande l’aide du Power Canon, maintenant !
    En un éclair, le Power Canon apparut sur le tronc, mais Trini évita sa chute en la retenant avec les genoux.
                - Et bien, d’un peu plus elle était par terre ! On aurait été malin à essayer de la relever.
     
                Et pendant les préparatifs du côté des Power Rangers, Goldar remontait les bretelles de son bataillon.
                - Vous n’êtes pas bons du tout ! N’oubliez-pas que le Seigneur Zedd, le Prince Sariu et Rita comptent sur nous !!! Il faut se ressaisir !!!
    Goldar était tellement remonté que personne n’osa répliquer. Ses yeux étaient encore plus rouges qu’à l’habitude.
                - Je ne veux plus vous entendre et je veux vous voir vous battre comme des vrais gagneurs, comme des durs, comme de vaillants soldats ! Compris !
    Le Cognou semblait très agîté. Il voulut parler malgré le silence qu’avait réclamé Goldar.
                - Excusez-moi, mais…
                - N’ai-je pas demandé que tout le monde la ferme, sans exception, à part moi ?
                - Je vous prie de me laisser…
                - Non ! Tais-toi ! Et à trois, vous y retournez !
                - Permettez-moi d’insister…
                - Un…
    Mais plus loin, des voix et des sons paraissaient plus inquiétants…
                - Charge noire !
                - Charge jaune !
                - Charge rouge !
    Goldar se retourna et vit les Rangers autour du Power Canon, visiblement prêt à dégainer.
                - Mais qu’est-ce que… commença Goldar.
                - J’ai essayé de vous prévenir, plaça le Cognou, mais vous n’avez pas voulu me…
                - Tais-toi et cours ! Courrez !!! Téléportez-vous ou éparpillez-vous si vous voulez survivre, mais FUYEZ !
    Mais le Power Canon avait tiré. La charge venait si rapidement que seuls Goldar et Scorpina eurent le temps de se téléporter, alors qu’un patrouilleur avait réussi à sortir du groupe ciblé. Ce patrouilleur, aussi peu futé que les autres, trouva le moyen de se précipiter vers le Power Canon ou se trouvait les Rangers. Trini alla à sa rencontre et l’élimina d’un coup de poing dans le Z cerclé au niveau de la poitrine du sbire gris. Zack émit un soupir de soulagement et Jason félicita ses deux amis.
                - Bravo… et bien, on peut dire que ce Power Canon est d’une efficacité absolument remarquable ! On peut même dire qu’il vaut son pesant de cacahuètes ! A ne pas laisser entre les mains de n’importe qui quand même. Bon, j’appelle Zordon pour les nouvelles. J’espère que de son côté elles seront aussi bonnes. Zordon, tu me reçois ? Ici Jason.
                - Oui Jason, répondit Zordon, je t’entends. J’ai pu suivre votre progression dans le vista-globe. Vous avez bien joué le coup. Vous pouvez maintenant cesser la transmutation.
                - Zordon, qu’en est-il de Tommy ? questionna Jason.
                - Malheureusement, nous n’avons pour l’instant aucune nouvelle. Kimberly m’a signalé que personne ne l’a vu à la Maison des Jeunes, et elle est partie voir chez lui. Faites vos enquêtes de votre côté si vous voulez.
                - Je pense que c’est la meilleure chose à faire, dit Zack.
                - Je suis d’accord, valida Trini.
                - Je vous souhaite une nouvelle fois bonne chance, termina Zordon. Fin de la communication.
    Jason, Zack et Trini voyaient au loin une équipe de trois militaires et un berger allemand bloquer l’une des entrées du parc.
                - C’est marrant, ils ne viennent jamais nous aider, eux… ironisa Zack. Pourtant, ils ont des mitrailleurs et des revolvers sympas, dans l’armée américaine.
                - On ne va pas s’occuper de ça pour l’instant, répondit Trini. Il faut chercher Tommy. Le mieux, c’est peut-être que l’on se sépare pour le chercher, non ?
                - Oui, je pense que ça ira, chacun de notre côté, accepta Jason. Il n’y a personne qui nous observe ?
                - Personne en vue, les militaires ont le dos tourné, oui, on peut se détransmuter, signala Zack.
                - Transmutation terminée.
    Trini proposa des points de recherche et les deux garçons acceptèrent.
     
    ***
     
                Le retour de Goldar et Scorpina ne se fit pas vraiment en fanfare. Avant de franchir la porte de la grande salle où le repas et la retransmission avaient eu lieu, ils avaient entendus l’énorme colère du Seigneur Zedd, dont la voix résonnait encore dans les têtes des deux revenants. Goldar appréhendait son entrée dans la salle, Scorpina de même.
    Dans la salle en question, le Seigneur Zedd se tenait debout, et faisait les cent pas, tout en tenant son sceptre dans la main droite, un serpent s’enroulant autour de son cou et un autre autour du bras gauche. Zedd était rouge vif. Rita pestait aussi contre Baboo et Squatt ; à l’inverse, Sariu restait relativement calme, esquissant même un très léger sourire.
                - Vous avez fait ce que vous avez pu, souffla le prince de Pluton lorsque les deux guerriers passèrent derrière lui.
                - Ce qu’ils ont pu ? Ce sont des incapables, crois-moi, mon ami !!! cria Zedd. Je ne sais même pas pourquoi je vous laisse encore en vie ! Vous avez encore échoué ! Et pourtant, vous étiez nombreux ! Ah la la… ça se termine mal ! Entre les tengas qui reviennent bredouilles de chez le Ranger Bleu, et vous… mais qu’est ce que j’ai fait aux dieux pour avoir droit à des agents aussi maladroits…
                - Veuillez nous excuser, seigneur, s’inclina Goldar, dont la fierté s’émiettait peu à peu.
                - Pas d’excuses, je n’accepte pas tes complaintes, Goldar ! Tu n’es qu’un moins que rien ! Et toi, Scorpina, tu n’es pas mieux ! Même pas capable de mettre un Ranger à terre…
                - Dis-donc, si vous n’êtes pas content de mon boulot, vous n’avez qu’à venir, s’interposa Scorpina, remontée comme jamais elle ne l’avait été. Je ne vous vois jamais venir nous aider, ni vous, seigneur, ni toi Rita.
                - Calme-toi, tu t’es bien battue, Scorpina, consola Sariu. Je t’ai regardé et…
                - Vous, c’est pareil, enchaîna la reine des scorpions dans sa fureur et son excès d’agacement, vous êtes arrivé récemment, et vous restez planté là, dans les plus luxueux fauteuils du palais. Vous n’êtes même pas capable de mettre des soldats de Pluton à notre disposition…
                - Scorpina, comment oses-tu… coupa Rita, dépassé par les dires de Scorpina, qui ne voulait pas cesser de parler.
                - Chut, je parle ! Tu m’as humilié tout à l’heure en me faisant revenir du magasin où je pouvais venir à bout des Rangers ! Je disais que vous auriez pu nous aider avec vos armées. Et vous, on ne vous a pas vu à l’action ! Et la plantation des anges, où est-elle ? Quant à la Zeo Ranger d’Argent, je ne vois pas pourquoi vouloir absolument utiliser une terrienne, qui même si elle a eu de l’expérience, ne m’arrive pas à la cheville. Vous êtes tous des incapables, tous autant que vous êtes. Point barre.
    Un gros silence s’imposa. Le Seigneur Zedd voulut répliquer virulemment, mais il n’eut pas le temps d’esquisser la moindre menace.
    C’est Sariu qui, à la surprise générale, se leva et attrapa Scorpina par le col de son armure, avec une facilité déconcertante.
                - Ecoute-moi bien, petite insolente, jusqu’à maintenant je suis resté calme, et je te trouvais assez doué pour certaines missions. Mais tu n’es qu’une insatisfaite, une jalouse, et tu n’as pas ta place dans mon estime. Si je n’ai pas mis de soldats c’est tout simplement qu’ils sont à se battre ailleurs, eux ! Et tu sais bien comment la plantation des anges nous a échappé. Et je peux t’envoyer les rejoindre si tu veux, mais ça risque d’être différent. Ils sont en ce moment sur une lointaine planète où la température doit être plus que négative, bien moindre que sur la Lune. Un scorpion n’y survivrait pas. Tu veux que je t’envoie là-bas ?
                - Envoyez-moi combattre les Rangers, je vous garantis que je suis cent fois plus forte que la Zeo Ranger d’Argent.
    Le prince plutonien éclata de rire, et cela en surprit plus d’une.
                - Ah, tu es cent fois plus forte que la Zeo Ranger d’Argent ? Cent fois meilleure ?
                - Cent fois meilleure ! Au moins !
                - Cent fois meilleure. C’est ce qu’on va voir. Suivez-moi les amis, on va voir si elle est plus forte que ma protégée !
    Sariu traîna Scorpina jusqu’à Zedd.
                - Zedd, mon ami, envoie-moi cette idiote dans la dimension noire.
                - Oui, elle le mérite.
                - Va te frotter à la Zeo Ranger d’Argent, et si tu gagnes, tu prendras sa place, ria Sariu d’un rire démoniaque, certain de la déculottée qu’allait se prendre Scorpina au vu de la puissance de la Zeo Ranger d’Argent. Goldar, mon ami, emmène-moi jusqu’à la porte de la dimension noire.
                - Oui, suivez-moi je vous prie, invita Goldar, l’accès se trouve à l’étage.
                - Je veux assister à l’entraînement de la Zeo Ranger d’Argent, et à la descente aux enfers de Scorpina.
                - Et que ça te serve de leçon ! enfonça Zedd.
    Scorpina s’était tue. Elle réalisait l’ampleur de la tâche qu’elle allait devoir accomplir dans la dimension noire. Elle doutait peu à peu de ses capacités. Et si la Zeo Ranger d’Argent la battait ?
    Pendant qu’elle réfléchissait, Scorpina n’avait pas vu qu’elle venait d’être envoyée dans la dimension noire. Elle se leva et vit sa proie en face, et Sariu, accompagné de Goldar, sur sa gauche. Derrière elle, il y avait visiblement des objets en vrac et une grande table mais elle n’avait pas le temps de se retourner pour observer plus attentivement.
                - Zeo Ranger d’Argent, ton ultime entraînement avant de reprendre les hostilités est arrivé. Tu dois donner une bonne leçon à Scorpina. Mais attention, tu ne dois en aucun cas la tuer, mais juste la rendre inconsciente. Lorsque ceci sera fait, ce ne sera plus qu’une question d’heures.
    Scorpina se sentit soulagée. Néanmoins, si par miracle la situation lui souriait, elle n’aurait pas le courage de laisser la Zeo Ranger d’Argent vivante.
                - Maître, je ferai selon votre demande, formula la Zeo Ranger d’Argent.
                - Alors, amuse-toi bien…
    Sariu se retourna et quitta la dimension noire, suivi de Goldar.
                - Maître, sauf votre respect, pourquoi la Zeo Ranger d’Argent ne doit pas éliminer Scorpina ? Va-t-elle encore vous servir ?
                - Me servir, non. Mais pour la Zeo Ranger d’Argent, cet entraînement risque de devenir une vraie mission. Lorsqu’elle aura retrouvé le Power Ranger Blanc, je souhaite qu’elle me l’apporte. Et s’il est inerte, ce sera mieux que s’il est mort. Ensuite, il faudra lui attribuer un sort de malédiction pour qu’il reprenne sa place à nos côtés. Une place qui est la sienne.
                - Et que comptez-vous faire avec Tommy ensuite ? demanda Goldar, qui trouvait le prince plutonien un tantinet entreprenant et trop optimiste.
                - Et bien, on pourrait le mettre au vert pour quelques temps.
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    Re: MMPR S4, épisode 3 : Zeo Zeo Sept

    Message par KL44 le Mar 24 Mar - 11:05

    Bonjour,
    voici la suite de l'aventure avec les chapitres 18 et 19. Bonne lecture.

    -----



    CHAPITRE 18
    Un souvenir, un détail
     
                Le mardi était passé sans embûches en provenance de l’astre lunaire, mais sans bonne nouvelles non plus, puisque Tommy était toujours absent et introuvable.
    Kimberly n’avait pas trouvé d’indices au studio, et personne ne l’avait vu depuis lundi midi dans le secteur des universités. Zack était aussi aller voir à l’aéroport mais aucune trace de Tommy.
    Le mercredi, Trini et Jason avaient même pris la voiture pour aller un peu partout, mais Angel Grove était une ville si étendue qu’ils cherchaient à l’aveuglette.
    Zack était retourné voir à Cornead Beach et même près des montagnes. Quant à Billy, ses travaux sur Alpha avaient pris quelques heures de retard, entre la tristesse, la fatigue, et le manque d’outils adaptés. Il s’était notamment assoupi, ne serait-ce qu’une demi-heure, et il s’en voulait terriblement. Le dernier délai qu’il s’était désormais fixé était le jeudi matin. Et Kimberly avait beau tout retourner dans sa tête, elle reconnaissait ne pas avoir la moindre idée de l’endroit où Tommy aurait pu se rendre. Elle avait demandé aux autres si Tommy avait déjà parlé d’un lieu qui lui tenait à cœur, en vain. Même Zordon, malgré ses grandes connaissances, n’avait pu la renseigner, lors de son passage au Centre de Commandes ce mercredi en fin d’après-midi.
                - Je regrette Kimberly, mais j’ai déjà longuement réfléchi à tout cela, et je me rends compte que je ne sais même pas d’où il est originaire.
                - Justement, je ne sais pas moi non plus… regretta Kimberly. C’est vrai que sur certains points, il est toujours resté très mystérieux.
                - Je te propose de regarder certains enregistrements vidéo concernant Tommy, dit Zordon. Tu es celle qui le connaît le mieux, alors, en voyant ces vidéos, peut-être qu’un détail t’interpellera. Tommy est quelqu’un de très sensible, qui s’intéresse à beaucoup de choses. Et qui se renfermait lorsqu’il n’allait pas bien.
    Le vista-globe s’activa, retransmettant pour l’instant une image noire.
                - Je vais lancer la diffusion de quelques vidéos de Tommy. Sois attentive.
                - D’accord, je vais essayer de trouver quelque chose.
    L’image noire quitta le vista-globe.
    Le premier fichier diffusé n’était pas récent. En le voyant, Kimberly savait que Tommy n’était pas présent au sein des Power Rangers depuis très longtemps ; de plus, ce n’était pas un très bon souvenir pour elle, même si tout s’était bien terminé.
    -          La pièce de théâtre… la roue du malheur… souffla-t-elle.
    Elle se revoyait avec Tommy qui la consolait, alors que la roue gracieusement prêtée par sa grand-mère s’était volatilisée. Elle observa bien Tommy dans la vidéo, mais, hormis le fait qu’il avait son sac à dos et quelques livres sous les bras, elle ne remarqua rien de notable.
                - Non, Zordon, je suis navrée, je… je ne remarque rien de bizarre… il faudrait peut-être passer à la vidéo suivante.
    Le vista-globe changea de programme. Kimberly n’arriva pas à dater la scène, mais elle pouvait voir Tommy déposer et prendre des livres dans son casier. Cette fois, elle s’attarda sur un livre bleu qu’il avait pris.
                - Tiens, ce livre me dit quelque chose… je l’ai vu chez lui l’autre jour…
                - Je peux faire un zoom sur l’image, Kimberly, annonça Zordon.
                - Oui, sur le livre en question, merci.
    Le zoom s’exécuta et le l’image pouvait fournir davantage de renseignements sur l’ouvrage.
                - Il s’appelle « Sciences et Biologie : tous les secrets de la vie et de la terre ». Sans doute le livre de cours de sciences… ah ben non, ce n’est pas possible, ce n’était pas celui-là, et puis j’étais avec lui lors de ces cours.
    Mais un autre livre, que Tommy avait, dans le film, aussi retiré de son casier, l’apostropha.
                - C’est le même livre que dans la vidéo précédente. Il n’a pas l’air tout jeune, celui-là. Un zoom, Zordon, s’il te plaît.
                - Tout de suite.
    Et le livre prit plus de place dans l’image. Le titre de ce dernier était « Californie, guide des lieux naturels remarquables ».
                - Etrange. Très étrange. Mais, avec le recul, il me semble l’avoir vraiment vu avec ce livre. Je m’en souviens maintenant. C’était un gros livre, je dirais, au moins cinq cent pages vu l’épaisseur.
                - Tommy ne t’a jamais parlé d’une quelconque passion pour les sciences naturelles ?
                - Et bien non, je ne me souviens pas, chercha Kimberly… mais tu fais bien de m’en parler. Je crois me rappeler que Tommy avait insisté pour nous empêché d’aller à une chasse aux insectes, prétextant que des bocaux n’avaient rien à voir avec leur milieu naturel. Non, ceci n’est qu’une anecdote, ça n’a rien à voir. Passons à une autre vidéo.
    La troisième vidéo était plus récente. Kimberly se souvint très bien de quelle période il était précisément question lorsqu’elle se vit distribuer des tracts à quelques mètres de Tommy qui collait une affiche avec une photo de lui.
                - Ah… les élections pour le président des étudiants du lycée… je ne me souviens que vaguement de cette histoire, car j’étais sous l’emprise d’un sort.
                - Maintenant, je vois quelque chose, déclara Zordon. Le sac de Tommy est par terre, à ses pieds. Il y a deux livres posés dessus.
                - Et ces deux livres sont toujours les mêmes, remarqua Kimberly.
    La jeune femme ne pensait pas vraiment que cette histoire de livres sur la science et la biologie puissent l’aider.
                - Zordon, tu ne crois pas que ces détails sont sans importance ? Que c’est un peu trop facile de se fier à ce genre de truc ? N’est ce pas une perte de temps ?
                - C’est à toi d’en juger. Mais étant donné que pour l’instant, Tommy reste introuvable malgré les recherches que vous avez faites, je ne vois pas d’autre solution. Seul Alpha pourrait nous dire où se trouve Tommy, et je dis cela au conditionnel.
                - Merci… mais je ne sais pas quoi faire… à moins que j’aille voir chez lui les livres. Mais je persiste à dire que je ne trouverai rien.
                - Tommy n’avait jamais l’air de se séparer de ces livres, dit Zordon. Or, tu as dis que tu en as vu au moins un chez lui. Ce n’est donc pas habituel.
                - Oui, c’est vrai. Je vais aller voir chez lui, mais… et puis, de toute façon, qui ne tente rien n’a rien. J’y vais.
    Kimberly eut le réflexe de vouloir se téléporter mais elle se rappela que son médaillon ne lui fournirait pas les pouvoirs espérés pour se rendre directement au studio de Tommy. Elle voulait demander à Zordon pourquoi dans certains cas, c’est le Centre de Commandes qui téléportait les Rangers et que, comme actuellement, elle ne pouvait même pas compter sur ce mode de transport. Mais, en regardant sa montre, elle s’y résigna et préféra consacrer le reste de sa journée aux recherches.
     
    ***
     
                Après plusieurs heures d’attente, l’accès à la dimension noire s’ouvrit enfin. La Zeo Ranger d’Argent en ressortit, seule. Elle descendit rapidement jusqu’à la salle du trône où elle y trouva le Seigneur Zedd et Sariu.
                - Tu es venue à bout de Scorpina ? Enfin, tu as réussi à la rendre inerte ?
                - Maître, je ne peux pas venir à bout d’une alliée du mal. C’est impossible.
                - Je n’aime pas les états d’âme de ce genre… critiqua Zedd.
                - Permettez-moi de vous dire que Scorpina, malgré ce qu’elle a pu vous faire, ne mérite pas tel supplice. Maître Sariu, je sais que vous êtes loyal. Goldar m’a dit que vous aviez préféré sacrifier le coffre de la plantation des anges et lui laisser la vie sauve. Je crois que Scorpina doit suivre le même destin et je dois l’épargner d’une souffrance que les autres Power Rangers seraient ravis de lui attribuer.
    Sariu n’en revenait pas. La Zeo Ranger d’Argent avait exposé son choix de façon si censée, si logique, qu’il ne lui en voulait pas et, bien au contraire, se rendit compte que sa colère envers la reine des scorpions n’aurait fait qu’affaiblir les forces du mal.
                - Tu as raison, et c’est moi qui me suis trompé, elle… elle ne mérite pas de châtiment corporel. Tu as bien fait de ne pas t’attaquer à elle, finalement. Tu es bien plus sage et plus méritante que moi, qui suis un vieux chef de guerre. Elle avait raison, Scorpina. Je ne vais même pas suppléer mes troupes, en tout cas pas pour le moment.
                - Maître Sariu, je me suis tout de même entraîné avec Scorpina, sans lui porter de coups violents. Elle est très expérimentée. Mais je pense être prête pour la dernière mission.
                - L’ultime mission… annonça Sariu. Oui, je pense que le moment est venu de passer à cette phase qui clôturera le plan ZZ-7. Suivez-moi vers le balcon je vous prie.
    Zedd et la Zeo Ranger d’Argent se rendirent avec Sariu sur le balcon. Le prince de Pluton expliqua le déroulement des actions.
                - C’est demain, le grand jour, dans la matinée. Tu vas te rendre sur Terre, et prendre place à bord de ton Zeo Megazord. Tu guideras à distance le Dragonzord et vous prendrez la direction des montagnes, là où se situe le Centre de Commandes. Ca fait certes une distance non négligeable, mais si les Rangers ne s’en mêlent pas, en deux heures maximum tu y seras. Entre temps libre à toi de détruire quelques immeubles si tu le souhaites mais ce n’est pas ta priorité. Puis tu vas faire quelque chose qui j’espère fonctionnera : une diversion. Lorsque le Dragonzord sera proche de son point d’arrivée, tu trouveras un endroit où le Zeo Megazord peut rester stationné debout, près d’une zone que les Rangers ne voudront pas détruire, à cause, par exemple, de la densité de population environnante, tu quitteras ce dernier, et tu te téléporteras dans les montagnes près de la base de Zordon. Voilà. Jusque-là tu me suis ?
                - Oui, j’ai bien compris, valida la Zeo Ranger d’Argent, excitée par le plan de son mentor.
                - Tu comprends vite, c’est très bien. Je poursuis. Lorsque tu seras dans les montagnes à côté du Centre de Commandes, nul doute que Zordon enverra ses troufions à ta rencontre, mais il sera partagé entre le Zeo Megazord en ville et toi qui débarque à l’improviste. A ce moment-là j’essaierai de te fournir quelques patrouilleurs, voire même Goldar. Puis tu ordonneras au Dragonzord de détruite le Centre de Commandes, et de conclure en piétinant les Power Rangers.
                - Très bonne suggestion, avoua Zedd. J’espère seulement que tout va fonctionner à merveille.
                - Je l’espère aussi, voulait Sariu. Des questions ?
                - Oui, répondit la Zeo Ranger d’Argent. Qu’en est-il du Ranger Blanc ? Ne devais-je pas m’occuper de lui aussi ?
                - Tu as une bonne mémoire, c’est très bien, remarqua Sariu. En parallèle, pendant que les cinq Power Rangers seront mobilisés à Angel Grove, et avant que tu ne quittes ton Zeo Megazord, une autre équipe de patrouilleurs ira trouver le Ranger Blanc. Rita m’a signalé qu’elle possédait une réplique de sa baguette géante qui détectait qui elle voulait. Elle s’en était déjà servie plusieurs fois, notamment pour ce Tommy. Et elle l’avait retrouvé en quelques secondes. Lorsque Tommy sera assez faible pour combattre, et comme il n’a plus son transmutateur, tu iras le chercher. Enfin, cela dépendra de l’avancée de notre attaque. Soit c’est toi qui iras le chercher, soit je ferai l’aller-retour moi-même.
                - Donc, cette fois, leur fin est vraiment proche… s’émerveilla silencieusement le Seigneur Zedd. Et ça, c’est grâce à toi et ta Ranger, Sariu. Tes parents seraient aujourd’hui très fiers de toi, Sariu, tout comme ton frère Dimeriu.
                - Si ce foutu Zordon ne nous avait pas attaqués il y a si longtemps, il serait encore en vie, Dimeriu. Tu dois me venger, Zeo Ranger d’Argent. C’est ta mission. Enfin, demain, ce sera ta mission. Demain, ce sera la fin du règne de Zordon. Demain, la Terre changera de camp.
                - Je serai prête, certifia la Zeo Ranger d’Argent. Vous avez ma parole d’honneur. Vengeance sera faite. Justice sera faite.
    Elle s’inclina et quitta la salle du trône. Zedd, qui par réflexe avait jeté un coup d’œil dans le télescope, posa une dernière question au prince de Pluton.
                - Tu as l’air d’être sûr de sa victoire, demain.
                - Oui. Cette petite… elle a un potentiel énorme. Notre Ranger est bien plus impressionnante que ceux de Zordon. Elle va gagner.
    Ce fut au tour de Sariu de saluer son ami de longue date et de rejoindre sa chambre. Il voulait méditer quelques heures.
     
    ***
     
                Kimberly arriva au studio de Tommy, cette fois-ci en voiture. En théorie, elle n’avait pas le permis de conduire depuis très longtemps ; seulement, dans ce futur révolu, elle avait beaucoup roulé et il lui restait encore de nombreux réflexes, approximatifs pour certains, mais concrets pour d’autres.
    Ce jeudi, l’atmosphère était plus lourde encore, mais le temps était de plus en plus orageux et les nuages chargés. Elle avait eu des nouvelles de Billy qui avait presque fini son travail et Alpha retrouverait la vie, la vue et la parole dans les prochaines minutes. Trini, Jason et Zack continuaient tout de même à demander à leurs autres amis ou collègues de classe s’ils n’avaient pas vu Tommy, avec, à chaque fois, la même réponse négative.
                - Je vais me garer là. Ma Civic automatique est vraiment très bien, malgré son ancienneté et ses trois cent mille kilomètres au compteur. Pour rien au monde je ne changerai de voiture.
    Kimberly se présenta sur le palier, prit la clé et ouvrit la porte, alluma la lumière, puis pénétra dans le petit couloir.
    Le studio de Tommy n’était pas bien grand. Le couloir aboutissait directement sur le salon ; à droite il y avait une cuisine bien aménagée, à gauche, la première porte menait vers la chambre, et la seconde porte à la salle d’eau. Elle alla directement dans la chambre de Tommy retrouver le fameux livre « Sciences et Biologie : tous les secrets de la vie et de la terre ». Elle s’empressa de chercher le second livre « Californie, guide des lieux naturels remarquables », qu’elle ne mit pas longtemps à dénicher. Il était sur le bureau de Tommy, et ouvert.
    Elle prit soin de vérifier la couverture du livre pour s’assurer que c’était bien celui-ci. Un post-it était collé sur la couverture : « exemplaire dédicacé ». Kimberly alla voir au début du livre où se trouvaient une signature et un mot : « Destiné à Tommy Oliver, arrivé premier au vingtième Concours International des Biologies Naturelles avec un taux de réussite de 98,7%, le 10 juillet 1992, à Antibes, France. Votre savoir est destiné à la science. Signé : le professeur Alphonse Idelman ».
    Kimberly, suite à cette lecture, fut abasourdie. Le professeur Alphonse Idelman était une personnalité mondialement connue, originaire d’Angel Grove et réputée pour ses très nombreuses recherches sur la flore, ainsi que pour ses multiples dons à des associations de défense de la nature comme par exemple WWF.
                - Tommy, premier d’un concours de biologie … n’en revenait toujours pas la jeune femme.
    Puis elle revint à la page à laquelle le livre était auparavant resté ouvert.
    Cette page représentait un superbe paysage montagneux. Un lac était en effet entouré de plateaux et de collines recouvertes de verdure.
                - Ce cliché est magnifique… dit Kimberly.
    Elle lut la légende sous la photo : « Lac de Nice-life, Californie, réserve naturelle protégée, classée paysage exceptionnel par les Etats-Unis ».
                - Le lac de Nice-Life ! Il n’est pas très loin, cent cinquante kilomètres je crois…
    Kimberly remarqua alors que, derrière cette page se trouvait une lettre. Elle s’empressa de la saisir et de la lire.
     
    «  Nice-Life, le 3 juillet 1994.
     
    Cher Tommy,
     
    Tout d’abord, je voudrais te féliciter pour ton succès aux examens. La promotion 1994 a vraiment été exceptionnelle dans ton lycée, et les notes en sciences ont été très élevées. J’ai pris connaissance de tes résultats toujours aussi extraordinaires. C’est dommage que tu n’aies pas réussi à indiquer la période de gestation du lombric, sinon, ta note aurait été parfaite.
     
    Sache que, depuis le jour où je t’ai rencontré, c’était à Antibes, en juin 1992, je suis ta progression. Et puis, je suis heureux de voir que tu m’écris très souvent pour me donner de tes nouvelles. C’est donc avec joie que j’ai appris que tu allais bientôt rejoindre un lycée à Angel Grove, puisqu’à l’université biologique de San Diego, toutes les places étaient déjà prises. En effet, ces derniers temps, la filière scientifique sort énormément de jeunes prodiges, et tu en fais partie. Malheureusement les places sont chères.
     
    Maintenant que tu te rapproches de moi, j’attends avec impatience ta venue. Je ne sais pas si tu auras le temps de venir, mais j’attendrai. Si un jour, tu as le moindre souci, tu seras toujours le bienvenu à Nice-Life. Je te ferai visiter le lac, et toute cette nature merveilleuse et paisible.
     
    Je te souhaite bon courage pour tes futures études, et que tu sois toujours aussi doué en arts martiaux qu’en sciences naturelles.
     
    Ton ami, le professeur Idelman. »
     
                Kimberly allait d’étonnement en étonnement. Tommy connaissait personnellement le professeur Idelman. Et il devait être parti le retrouver.
    « Si un jour, tu as le moindre souci, tu seras toujours le bienvenu à Nice-Life ».
    La page du livre était ouverte sur la photo du lac de Nice-Life. Tommy avait dû s’y rendre. Kimberly, constatant que d’autres lettres étaient présentes dans l’ouvrage, embarqua les deux livres, ferma la porte à clé, et courut vers sa voiture. Désormais, elle savait que les livres n’étaient pas qu’un point de détail. Elle espérait vraiment que Tommy se trouvait bien là-bas. Mais tout concordait. Elle ne pouvait plus reculer, elle devait aller voir.
     
     
     
     
     
     
    CHAPITRE 19
    Le rouge contre l’argent
     
                En ce jeudi matin flirtant avec la dixième heure, les forces de police étaient toujours présentes aux différentes entrées du parc d’Angel Grove. Elles étaient assistées par des militaires et quelques pompiers, qui espéraient vivement que le blocage s’arrêterait. Mais pour cela, il aurait fallu que les immenses robots qui y demeuraient stationnés s’en aillent.
    Du côté de l’une des entrées nord du parc, le Lieutenant Stone discutait de la situation avec un général des armées.
                - De toute façon, le porte-parole du maire a dit hier que tant que ces robots n’auront pas déserté le parc, nous resterons en faction, rapporta le Lieutenant Stone. Il a bien insisté sur le fait que les Power Rangers ne peuvent pas être partout, ni garantir la sécurité de toute la ville.
                - Pour la première fois, nous avons reçu l’ordre de contre-attaquer avec nos avions de chasse en cas de force majeure, annonça le général. Je ne sais pas si nos appareils feront le poids mais ce sont les ordres, lieutenant.
    Le Lieutenant Stone voulut répondre mais une secousse se fit ressentir sous les pieds.
                - Oula, accrochez-vous ! Accrochez-vous, la terre tremble ! prévint Stone.
                - Appel à toutes les unités ! cria le général dans son talkie walkie. Colonel Barts, répondez-moi !
                - Oui mon général, je vois aux jumelles que… je vois les deux robots qui peu à peu se dirigent vers l’ouest… non, finalement ils changent et se dirigent plutôt vers le nord ! Quels sont vos ordres ?
                - Restez en faction dans votre zone ouest ! Bloquez la circulation ! Je me charge d’appeler les troupes aériennes et vous, de votre côté, occupez-vous des barrages routiers ! Je ne veux plus voir une voiture particulière dans le secteur du parc, vous m’entendez !
    Les militaires allaient et venaient, les forces de police commençaient à s’organiser, pendant que les quelques passants, qui n’avaient nullement connaissance des informations et des évènements, pressentaient tout de même que quelque chose ne tournait pas rond, en voyant cette inquiétante agitation.
     
                Et pendant cela, la Zeo Ranger d’Argent avait regagné le cockpit du Zeo Megazord. Elle attendait ce moment depuis la veille, et enfin le spectacle final se précisait. Elle prit soin de laisser en mode « continu » la liaison avec le Palais Lunaire, d’où Sariu la suivait à distance avec l’appareil de retransmission d’image qu’il avait très vite apprivoisé.
                - Maître, je vais quitter le parc d’ici quelques minutes. Je passe par le nord puis j’essaierai de stationner mon Zeo Megazord au niveau de la gare routière et ferroviaire. D’une part, il bloquera le centre de la ville, et les Rangers n’oseront pas faire grand-chose dans cette zone très fréquentée.
                - Excellente idée, le lieu me semble en effet idéal. Préviens-moi dès que tu y es, sauf avant, si besoin.
                - Je n’y serai pas avant une bonne heure. Je vous tiens au courant.
    La Zeo Ranger d’Argent attendit que Sariu coupe le premier la communication, puis elle fit de même. Elle voyait l’attroupement de militaires qui se dissipait peu à peu de l’entrée nord du parc, par où elle allait sortir sans trop de difficultés. Elle allait d’ailleurs laisser passer le Dragonzord devant elle pour qu’il se fraye un passage, ensuite réutilisé par le Zeo Megazord. C’est à l’aide de la dague du dragon qu’elle donna l’ordre au Dragonzord d’activer ses pas et de la devancer.
               - Et le premier ou la première qui vient me chercher des noises, le Dragonzord l’accueillera à coups de missiles. On va voir qui est le plus fort !
     
    ***
                Kimberly avait prévenu les autres qu’elle partait retrouver Tommy. Mais c’était un moment important et symbolique qui allait se passer : Billy allait rebrancher Alpha 5, devant Jason, Trini, Zack, et Zordon ; seulement lorsque l’alarme vint jouer les trouble-fêtes et retentit dans tout le Centre de Commandes, il fallait agir.
                - Bon, Billy, ce sera pour tout à l’heure, regretta Jason. Allons voir le vista-globe.
                - Ce que je craignais se réalise, déplora Zordon. Le Dragonzord et le Zeo Megazord ont été remis en action. Ils s’apprêtent à quitter le parc par l’entrée nord !!!
                - Ce doit être la Zeo Ranger d’Argent, pesta Trini, nul doute que ce soit elle.
                - Il faut empêcher cela et les contenir dans le parc ! alerta Zack.
                - Je pars tout de suite, s’avança Jason. Seul mon zord peut faire quelque chose puisqu’il tient sur deux pattes. Rejoignez-moi dès que Kimberly est revenue pour former le Mega Falconzord.
                - Pourquoi on ne vient pas avec toi ? demanda Trini.
                - Jason a raison, dit Zordon. Vos zords ne sont pas utiles dans le parc. Ils dévasteraient davantage de nature et…
                - Oui mais si on les laisse s’enfuir c’est tout Angel Grove qui…
                - Bon, Zordon, je te laisse décider mais moi, j’y vais tout de suite. Transmutation ! Par le pouvoir du Ranger Rouge !
    Jason quitta le Centre de Commandes suite à sa transmutation.
                - Je disais, reprit Trini, que nous devons aller l’aider. Pourquoi ne veux-tu pas nous laisser ?
                - Si Jason n’arrive pas à les contenir, en effet vous irez l’aider, céda Zordon. Mais l’intrusion en ville de vos deux zords va encore plus abîmer cette dernière. Il faut compter sur la force du Singe ninjazord.
                - Il aura forcément besoin de nous, ajouta Zack. Mais bon, on va suivre le spectacle dans le vista-globe, comme des temps partiels qui attendent de reprendre leur boulot.
                - Arrêtez de pester, demanda gentiment Zordon. Et laissons Billy réactiver Alpha.
    Billy réalisa deux manipulations, et la tête en forme de soucoupe du droïde se mit à tourner. Le scanner rouge se ralluma petit à petit.
                - Bonjour, je suis le prototype Alpha numéro 5 des industries Knight Endenoï 2000. Numéro de série A5-1. Mise en route des programmes… Aie aie aie… mais qu’est ce qu’il m’est arrivé ? J’ai l’impression d’avoir été déconnecté pendant plus de cent ans ! Billy ! Et Trini, et Zack ! Et Zordon ! Aie aie aie, content de vous revoir. Où sont les autres ?
                - On t’expliquera, mais heureux de te revoir aussi, fit Billy, satisfait d’avoir terminé sa mission. Maintenant, il espérait que Kimberly aurait autant de succès avec la sienne, tout comme Jason en ville.
     
    ***
     
                Le Ranger Rouge venait de poser les pieds dans le parc d’Angel Grove, entre la sortie nord et l’avancée rapide des deux Megazord ennemis. Il s’écarta de quelques mètres pour éviter la progression à venir des robots afin de ne pas passer sous leurs pas, puis il appela son zord.
                - Singe rouge, par le pouvoir des ninjazords, à nous de jouer ! Tous les systèmes sont opérationnels !
    Par chance, et sans chercher à savoir comment ni pourquoi, le Singe ninjazord débarqua par les airs lui aussi. Il vint s’interposer entre le Dragonzord et le Zeo Megazord. Jason, de par ses pouvoirs de Power Ranger, s’élança puissamment vers le haut afin d’atteindre le cockpit de son robot, ce qu’il fit sans problèmes et en une seule fois.
                - Et maintenant, c’est à moi de limiter les dégâts que compte provoquer la Zeo Ranger d’Argent avec ses deux tas de tôle.
     
                Pour la Zeo Ranger d’Argent, l’arrivée d’un Ranger ennemi était anticipée. Sariu l’avait espéré dans son plan, et ses souhaits se révélaient vérifiés.
                - Voilà le Ranger Rouge, mon maître, informa la Zeo Ranger d’Argent dans son communicateur.
                - Très bonne nouvelle pour nous, répondit Sariu dans une communication hachée, moins pour lui, même s’il ne s’imagine pas quel piège nous pouvons lui tendre, enfin, j’espère.
                - Je l’espère aussi. Maître, mon Dragonzord est en train de sortir du parc. Et je le suis d’une centaine de mètres d’écart, peut-être à peine plus. Le zord du Ranger Rouge se trouve devant moi. Je vais faire appel aux missiles du Dragonzord pour le déstabiliser.
    Elle siffla quelques airs dans son épée du dragon et le Dragonzord chargea les missiles. La mise à feu était imminente, mais, au plus grand désarroi de celle qui avait déclenchée le processus, le Singe ninjazord fit un pas de côté qui proposait le Zeo Megazord comme cible potentielle de premier plan.
                - Non !!!
                - Quoi ! s’exclama Sariu, la voix tremblante. Je ne vois rien dans mon écran de retransmission…
    La Zeo Ranger d’Argent n’entendit plus que l’impact des missiles dans la carlingue du Zeo Megazord : le bruit avait été terrible. Elle s’empressa de vérifier dans son ordinateur de bord les dégâts causés et par chance, aucun organe sensible du robot n’avait été touché.
                - J’ai été touché mais ça va, je m’en sors bien, dit la Zeo Ranger d’Argent.
                - Ouf, répondit Sariu, soulagé, j’ai eu peur. Fais quand même plus attention la prochaine fois. Je tolère les erreurs, mais elles peuvent être fatales.
                - Oui, maître, veuillez m’excuser, je ferai plus attention…
    La Zeo Ranger se ressaisit, et opta pour une attaque au corps-à-corps contre le Singe. Elle ordonna au Dragonzord d’encercler l’ennemi. L’action se passait à l’entrée du parc, d’où les forces de l’ordre s’étaient enfuies pour se poser quelques dizaines de mètres plus loin.
     
                Le Singe ninjazord voyait l’étau se resserrer très rapidement, et Jason, coincée dans l’entrée du parc, risquait de faire perdre l’équilibre à son zord s’il tentait un mouvement vers la gauche ou la droite.
                - Tant pis, dit-il, je charge le Dragonzord vers la sortie. C’est une deux fois deux voies derrière lui, et il n’y a pas de circulation, ni de présence humaine. Il va chuter, et moi avec, mais tant pis. Je n’ai que ça à faire pour m’en sortir. Avant, je vais faire appel à mes armes. Oui, ce zord a deux petites épées en option, et elles peuvent m’être utiles.
    Ni une ni deux, le Ranger Rouge appela le pouvoir des épées du Singe. Elles atteignirent chacune les mains du robot deux secondes avant que le Dragonzord ne soit prêt à attaquer. Le Zeo Megazord était presque arrivé, mais Jason n’attendit pas et enclencha la charge sur le Dragonzord.
                - Il faut que je me tienne solidement si je ne veux pas virevolter à travers le cockpit…
    Et Jason avait eu raison de s’accrocher. Non seulement il chuta, mais le Dragonzord avait à son tour anticipé et avait reculé. L’impact du Singe Ninja Zord sur la route fissura le bitume et fit tomber quelques petits arbres qui longeaient la voie.
                - Allez, relève-toi vite !
    Le Singe Ninja Zord reprit sa position debout sans trop insister.
                - Il en faut plus pour m’immobiliser, petite peste de Ranger en aluminium ! lâcha Jason à haute voix dans sa cabine des commandes.
    Jason n’avait pas tout perdu, mais le Dragonzord s’était échappé du parc, et il filait à grandes enjambées vers le nord-ouest d’Angel Grove. Le Singe Ninja Zord lança la poursuite à vive allure, mais le Ranger Rouge s’aperçut vite qu’il était lui-même pris en filature : le Zeo Megazord le suivait, mais davantage de distance les séparaient.
                            - Après la prise en sandwich, voilà que je suis entre eux deux pour un marathon. Quel bonheur...
    Jason remarqua que le Dragonzord ralentissait peu à peu sa progression et, à l’inverse, que le Zeo Megazord accéléra ses foulées. Il décida de maintenir l’allure de son zord afin de rejoindre le Dragonzord. Désormais, il fallait éviter la casse, car l’option qui avait traversé un tant soit peu l’esprit de Jason, et qui était de ramener coûte que coûte les deux Megazord ennemis dans le parc, s’avéra complexe lorsqu’il vit que le parc en question était déjà bien loin derrière lui, et même derrière le Zeo Megazord.
    Il chercha vite de mémoire un terrain vague, mais, approchant du centre-ville d’Angel Grove, il n’y avait rien d’équivalent aux grandes plaines du parc près des universités. Alors, il se resigna à suivre le Dragonzord tout en surveillant au mieux ses arrières, et en anticipant une catastrophe qui pouvait arriver à tout moment. Avec trois robots de près de vingt mètres de hauteur et huit mètres d’empattement, il ne pouvait être sûr de rien, mais la sécurité était grandement menacé, même pour un Singe ninjazord qui cherchait à protéger la ville des agressions ennemies.
     
    ***
     
                La jauge, qui avait indiqué un réservoir à gasoil vide, avait eu raison de la précipitation et du décompte de Kimberly pour retrouver Tommy. Elle avait été contrainte de s’arrêter à une station Exxon où, à sa grande surprise, les pompistes servaient encore l’essence et évitaient aux conducteurs de quitter leur véhicule. Nice-Life n’était plus qu’à soixante kilomètres, ou plutôt, trente-sept miles, et Kimberly était impatiente. Elle savait qu’elle avait roulé assez vite, souvent à dix miles au-dessus de la vitesse autorisée, mais elle savait que cette route n’était jamais vraiment contrôlée par les brigades de police. Elle les avait pourtant croisé, une vingtaine de minutes auparavant, à grands coups de camions et d’autocars aménagés, tous gyrophares clignotants et alarmes hurlantes, dans le sens inverse en direction d’Angel Grove. Mais ils roulaient eux-mêmes tellement vite qu’elle pensait que quelque chose de plus grave qu’un excès de vitesse parmi tant d’autres les préoccupait.
                - J’espère qu’il ne s’est rien passé d’important en ville. Il a forcément dû se passer quelque chose…
    Elle voulut allumer la radio de sa voiture mais, par malchance, elle ne captait aucune fréquence, hormis celle d’une émission religieuse qui ne l’intéressait guère, surtout en ce moment. Elle avait hâte d’arriver à destination, et de retrouver Tommy. Il ne pouvait être qu’à Nice-Life, pensa-t-elle.
                - Ca vous fera vingt-sept dollars tout rond, comme demandé, annonça le pompiste qui sortit Kimberly de ses pensées. Ne vous dérangez pas, donnez-moi directement l’argent et j’irai transmettre à la caisse.
                - Et bien, s’étonna t-elle, ça revient de plus en plus cher de faire son plein d’essence. C’est incroyable !
                - Ne nous plaignons pas, si ça se trouve, dans dix ans, le baril de pétrole aura encore augmenté. Peut-être même qu’il aura triplé ! Imaginez un baril à quatre-vingt dix dollars… avec toutes ces catastrophes, on n’est plus vraiment sûr de rien !
                - Et pas non plus cent dollars… Il ne faut peut-être pas exagérer… répondit Kimberly tout en tendant quelques billets au pompiste.
    Pendant que ce dernier alla chercher le reçu, Kimberly décida en attendant de feuilleter le livre « Californie, guide des lieux naturels remarquables ». Elle avait vu d’autres lettres écrites par le correspondant de Tommy, le professeur Idelman. Sa curiosité était si forte qu’elle décida de les lire. Elle prit la première et commença à la parcourir des yeux.
     
    «  Nice-Life, le 5 Janvier 1995.
     
    Cher Tommy,
     
    Je te souhaite une très bonne année 1995 et te présente tous mes vœux de bonheur. Après ta venue pour les fêtes de Noël, où je n’ai d’ailleurs toujours pas compris ton départ prématuré le matin du 26 décembre (tu devais avoir de bonnes raisons !), j’ai repris petit à petit mes activités sur l’étude de la nature en haute altitude. Ce que tu m’as démontré s’est révélé exact et je suis absolument époustouflé par une chose : en toute modestie, je pense connaître pas mal de théories sur la science et la biologie, mais tu m’as appris de nouvelles thèses.
     
    Sinon, j’espère que tout va bien de ton côté, et que celle dont tu m’as longuement parlé a passé un joyeux Noël. Kimberly, je crois que c’est son prénom, a bien de la chance d’avoir un ami comme toi. Je te l’ai déjà dit, et tu m’as répété que c’est toi qui avais le privilège de connaître une fille comme elle… »
     
                - Voilà le reçu, mademoiselle ! Bonne route et à bientôt !
    Le pompiste tendit la main pour donner le ticket de caisse et s’éloigna vers une semi-remorque qui à son tour venait se ravitailler en carburant. Kimberly, sans se poser de questions, posa le livre sur le siège passager et y rangea la lettre. Ce qu’elle venait de lire lui remontait le moral, mais elle ne savait pas si elle arriverait à lire le reste avant son arrivée.
                - Allez, courage, il ne me reste plus beaucoup de temps de route. Encore une petite demi-heure et je serai arrivée.
    Et la Civic poursuivit son chemin…
     
    ***
     
                Le parc d’Angel Grove était maintenant loin derrière les trois zords, et l’hyper-centre, avec le quartier des affaires d’Angel Grove, les voyait transiter. Jason s’était rapproché du Dragonzord, mais il se sentait bousculé derrière par le Zeo Megazord.
                - Oh non, il revient à la charge celui-là ! pesta Jason.
    Le Singe ninjazord reçut deux coups de poings puis une ribambelle de missiles en provenance du Dragonzord qui cette fois n’avait pas tiré sur son allié.
                - Cette fois, c’est moi qui mène la danse ! s’exclama joyeusement la Zeo Ranger d’Argent à bord du Zeo Megazord. Tiens, comme j’ai un peu d’avance sur les délais, je vais faire tomber quelques buildings comme des quilles.
    Le Zeo Megazord plaça un puissant coup de pied dans un grand immeuble qui devait accueillir beaucoup d’employés. La tour s’effondra, provoquant une émeute fuyant la chute des décombres. Puis il s’en prit à un autre immeuble.
                - Ha ha ha ! Je m’amuse bien !!! Ca fait plaisir de se faire plaisir !!!
    La Zeo Ranfer d’Argent jubilait. Non seulement le plan fonctionnait pour l’instant à merveille, puisque le Ranger Rouge avait suivi comme un mouton et était en train de perdre, mais en plus elle avait un peu de répit pour faire tomber les bâtiments comme des châteaux de cartes. Et la situation n’allait pas aller en s’arrangeant : elle porta l’épée du dragon près de ses lèvres et siffla un air inquiétant, qui allait ordonner au Dragonzord de broyer les édifices avec sa puissante queue.
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    Re: MMPR S4, épisode 3 : Zeo Zeo Sept

    Message par KL44 le Mar 14 Avr - 17:39

    Bonjour !
    Je pensais avoir publié la suite il y a déjà plusieurs jours, sans doute un oubli une mauvaise manipulation de ma part.
    Voici donc les 3 chapitres suivants, dans lequel nous retrouvons nos Rangers dans un certain pétrin...

    -----



    CHAPITRE 20
    Une partie de bowling agitée
     
                Sariu acclamait sa Zeo Ranger d’Argent en regardant l’écran de retransmission. Il approchait du but, enfin, les forces du mal approchaient du but. Rita et Zedd n’étaient pas loin, mais ils étaient en grande discussion, échangeant les plus grandes louanges sur le Prince de Pluton et sur sa guerrière hors du commun.
                - Non, vraiment, mon ami, tu as fait de l’excellent boulot, félicita Rita.
                - Elle a raison, tu es vraiment un fin stratège, enchérit Zedd. Les Power Rangers n’ont jamais été aussi en difficulté et c’est grâce à toi et ton superbe plan.
                - Ne nous enchantons pas trop vite, relativisa Sariu. Nous allons vaincre, mais il y a encore des batailles à mener. Et celle qui se déroule en ce moment sur cette maudite planète bleue est déterminante. Un tournant décisif dans notre conquête. Mais suivons les étapes de notre domination.
    Baboo et Squatt venaient d’entrer dans la salle du trône. Lorsqu’ils virent Rita et Zedd, ils se dirent qu’ils allaient encore se faire enguirlander pour rien.
                - Euh… bégaya Squatt… on… on ne voulait pas vous déranger, pardon…
                - Mais non, restez les amis, invita Sariu, venez assister à notre réussite ! Cette journée va rester dans les annales de notre histoire.
                - Faites venir tout le monde ici ! ordonna le Seigneur Zedd.
                - Oui, nous devons tous suivre ceci, quitte à nous rendre sur Terre pour admirer la déchéance des Power Rangers, fêta le prince de Pluton. Goldar, Finster, Scorpina, tout le monde peut venir ! Nous irons, oui, nous irons à Angel Grove lorsque le Dragonzord sera arrivé près du Centre de Commandes pour la destruction de Zordon !
                - Et celle des Power Rangers !!! s’exclama Baboo.
    Finster et Scorpina arrivèrent dans la salle. Visiblement, Scorpina avait bien récupéré de sa séance d’entraînement intensif avec la Zeo Ranger d’Argent. Goldar fermait la marche, une bouteille de jus de cafard à la main.
                - Mes maîtres, demanda Goldar, pourquoi ne pas envoyer une équipe de patrouilleurs ou de chasseurs tengas quelque part en ville pour fatiguer les Rangers qui n’attaquent pas encore ?
                - Ah oui ce serait une très bonne idée ! remarqua Squatt. Comme ça, ils seront moins frais pour la sentence finale !
    Sariu, qui avait déjà un visage à l’expression heureuse, esquissa un large sourire encore plus prononcé.
                - Ha ha ha… c’est une excellente idée, Goldar ! Il faut une armée de tengas, pour changer. Goldar, Scorpina, vous irez avec dix tengas à Angel Grove, disons, près d’un lieu qui leur est cher, et qui n’est pas encore fermé au public.
                - Je viens de regarder dans le télescope et la zone du complexe de loisirs avec la salle de bowling est libre d’accès. Pourquoi ne pas les envoyer là-bas ?
                - Et pourquoi les envoyer spécialement là-bas ? inversa Zedd.
                - Je ne sais pas moi, pour leur trouver un lieu de combat idéal. Les Rangers aiment jouer au bowling, alors, j’ai fait le rapprochement avec cette zone.
                - D’accord, je suis d’accord. Qu’on envoie notre lot de guerriers là-bas ! accepta Zedd.
                - Bonne chance, Goldar et Scorpina, souhaita Sariu, pendant que les tengas rejoignaient les deux meneurs.
    Le groupe se téléporta sur le champ, sous les yeux de tous. Sariu pensait désormais à la suite.
                - Maintenant, il faut que je pense à aller chercher Tommy. Si j’ai envoyé Goldar et Scorpina en même temps sur Terre, c’est que je veux me charger moi-même du Ranger Blanc, avec quelques patrouilleurs. Voyons… comment vais-je procéder…
                - Nous te laissons réfléchir, dit Zedd.
                - Vous ne me gênez pas, restez, il n’y a aucun souci. De toute façon, il me faut quelques minutes pour bien mettre au point mon plan, celui qui, je l’espère, ramènera Tommy du bon côté : le nôtre.
    Rita et Zedd rirent tout comme Sariu. Enfin, ils pensaient positivement à leur avenir.
     
    ***
     
                - Aie aie aie aie aie aie aie !!! Alerte, alerte !!!
                - Oh non, Alpha bugue déjà… déplora Trini.
                - Non non, assura Billy, les alarmes sonnent aussi.
                - Regardez le vista-globe, Rangers, conseilla Zordon. Goldar et Scorpina sont avec des tengas près du Crazy-Area. Ils terrorisent les civils et pénètrent même dans le bâtiment de loisirs.
                - Il faut aller les arrêter ! Zordon, on y va tous les trois, ensemble ? demanda Zack.
                - Oui, de toute façon nous n’avons plus le choix. Que le pouvoir vous protège, Rangers.
    Trini s’avança devant Zack et Billy et, comme si elle prenait les choses en main, mit la première le bras droit dans son dos.
                - Pensée à Aisha, Rocky et Adam qui sont à Londres, on va la faire à l’anglaise : it’s morphing time ! Par le pouvoir du Ranger Jaune !
    -          Par le pouvoir du Ranger Noir !
    -          Par le pouvoir du Ranger Bleu !
    Aussitôt transmuté, aussitôt téléporté.
                - Aie aie aie, dit Alpha, c’est vraiment une journée où le Seigneur Zedd a décidé de se surpasser.
                - Je reconnais surtout les stratégies de Sariu qui, au lieu de concentrer ses troupes en un même endroit, comme le Seigneur Zedd ou Rita Repulsa, préfère dispatcher des petits groupes, pensa Zordon à haute voix.
                - Aie aie aie, alors courage, les amis ! pria Alpha.
     
                Les trois Rangers qui avaient quitté le Centre de Commandes venaient d’arriver à l’entrée du Crazy-Area. Ils se trouvaient entre le sas d’accès à l’établissement d’une part, et l’armée de Goldar et Scorpina d’autre part.
                - Vous voilà, bande de moucherons ! lança Goldar. On commençait à s’impatienter.
                - Nous sommes là pour préserver la sécurité, rétorqua le Ranger Bleu.
                - Laisse-moi rire, éclata Goldar. Le Ranger Rouge est déjà en grande difficulté puisque nos Megazords personnels ont le dessus sur lui.
                - Et nous sommes même venus vous voir pour en terminer une bonne fois pour toute avec les Power Rangers, ajouta Scorpina, affûtée comme jamais, son arme empoisonnée dans la main droite.
                - On va lutter jusqu’au dernier tenga, annonça Trini.
                - Je suis du même avis, envoyez-nous vos poules mouillées ! dit Zack.
                - Vous avez entendus, alors allez les taper ! ordonna Goldar aux dix tengas présents. Mettez-les à terre ! Et allez foutre le bordel sur les pistes de bowling !
                - Oui, allons-y ! répondit l’un des oiseaux bipodes.
    Et pendant qu’un tenga, complètement à côté de la plaque, s’amusait à compter le nombre de civils apeurés qui couraient dans tous les sens pour fuir leur présence, les neuf autres se ruèrent vers les trois Rangers qui étaient tous prêts. Mais, au lieu d’attaquer, les tengas chargèrent les Rangers et s’engouffrèrent dans le Crazy-Area. Billy, qui était tombé sous le poids de la charge, était relevé par Zack. Trini avait déjà commencé à poursuivre les tengas dans le Ceazy-Area.
                - Vite Billy, il faut suivre Trini ! Ah là là, ça sent le saccage… se plaint Zack.
                - Affirmatif… mais Goldar nous poursuit, et Scorpina… aussi.
                - On ne se préoccupe pas d’eux ! C’est Trini qu’il faut rejoindre, et il faut empêcher les tengas de tout casser ici ! Surtout qu’il est très bien ce centre pour jouer au bowling.
                - Très bien, je t’accompagne, garantit Billy.
    Les Rangers Bleu et Noir entrèrent à leur tout dans le Crazy-Area. Ils parcoururent le petit couloir d’accès, dans le sens inverse de nombreux joueurs qui fuyaient. Zack reconnut aussi la vendeuse qui l’avait quelque peu ridiculisé devant ses amis.
                - Vite, Rangers, il y a des monstres partout et même sur les pistes !!!
    Lorsque Billy et Zack entrèrent sur le parquet des pistes, ils virent au loin Trini s’apprêter à lancer une boule.
                - Mais qu’est ce qu’elle fait ??? Trini !!! cria Zack. Mais…
                - Attends… regarde, interrompit Billy, regarde au bout de la piste, elle s’est trouvée… des quilles de premier choix.
                - Ah oui… casa Zack avant d’éclater de rire.
    La situation, à défaut d’être préoccupante de par l’invasion du Crazy-Area, était hilarante sur le coup : il y avait quatre tengas au bout de la piste numéro quatre, près des quilles, et, pour le lancer, la Ranger Jaune.
                - Et hop ! Une boule de treize livres dans vos pattes !
                - Envolons-nous, vite ! Aie, euh… trop tard, venait de pester pendant deux secondes l’un des tengas avant de se retrouver le bec contre le parquet, avec deux de ses coéquipiers.
                - Ouais, strike !
                - Non, spare ! Trini, tu en as loupé un, nargua Zack qui affrontait de son côté deux tengas, sans trop de difficultés.
                - Attention, alerta Billy, Goldar et Scorpina débarquent !
    En effet, les deux leaders venaient de faire incursion dans le Crazy-Area, d’une démarche plutôt tranquille. Pendant ce temps-là, les derniers civils s’étaient enfui par les sorties de secours.
                - Epuisez-les, et faites les bien suer dans leur combinaison flashy ! lança Goldar à l’attention de ses tengas.
                - A vos ordres… acquiesça l’un des volatiles combattants.
    Les Rangers devaient redoubler d’efforts pour empêcher les ennemis de mettre la pagaille générale dans le Crazy-Area. Pire encore, Goldar et Scorpina suppléaient leurs troufions par séquences.
    Et au bout d’un quart d’heure, la fatigue commençait à se faire ressentir.
                - Je n’en peux plus de lutter. Il en reste encore cinq, mais ils sont plus coriaces que je ne l’aurais pensé, dit Billy, essoufflé.
                - On commence à faiblir, Rangers ? rigola Scorpina, tout en donnant un coup de pied dans le dos de Zack.
                - Vous ne préférez pas abandonner tout de suite ? demanda Goldar, les yeux brillants d’un rouge vif.
                - Jamais ! On luttera jusqu’au bout ! répliqua Trini. Tu nous as bien compris ?
                - Ha ha ha ha ha ! C’est comme vous voudrez, mais ce sera à vos risques et périls ! Ha ha ha ! s’esclaffa Goldar, confiant.
    Zack, à l’image de ses deux amis, était aussi affaibli. Mais ils n’avaient pas d’autres solutions que de lutter et repousser les ennemis.
     
    ***
     
                En ville, près de la zone des affaires d’Angel Grove, la stabilité de la sécurité ne tenait qu’à un fil. Le Singe ninjazordpassait son temps à encaisser quelques coups, tantôt du Zeo Megazord, tantôt du puissant et furtif Dragonzord.
    Et entre temps, quelques avions de l’US Army avaient tenté d’amocher les robots ennemis, sans aucun succès. Certains traînaient d’ailleurs toujours dans l’espace aérien, volant ponctuellement à hauteur du Dragonzord pour lui administrer quelques torpilles bien précises, car, l’environnement était composé en majorité de buildings avec des bureaux et des commerces.
    Au bord du Zeo Megazord, la Zeo Ranger d’Argent attendait le feu vert de Sariu pour immobiliser le robot. La réponse en provenance de la Lune ne se fit pas attendre trop longtemps.
                - Tu es où exactement ? demanda Sariu via les micros de télécommunication.
                - Attendez… je suis près de la gare ferroviaire, et juste à côté des tours des quartiers des sièges sociaux. Je pense que c’est le bon moment, et le bon endroit.
                - Et je pense comme toi, répondit le prince de Pluton. Alors, ordonne au Dragonzord de filer vers le Centre de Commandes de Zordon, puis ensuite, quand tu voudras, mais rapidement quand même, tu quitteras ton Zeo Megazord et tu te téléporteras toi aussi vers les montagnes, à proximité de ce même Centre de Commandes.
                - Oui, mon maître, ce sera fait selon vos désirs, répondit la Ranger du mal, qui allait enfin pouvoir mettre à l’épreuve ses heures d’entraînement intensif aux arts martiaux.
                - Bonne chance… souhaita Sariu avant de couper l’échange verbal.
    La Zeo Ranger d’Argent saisit la dague du dragon et entonna la petite mélodie qui allait indiquer le chemin du Dragonzord. Ce dernier réagit immédiatement aux ordres et prit la direction du nord-ouest.
                - Maintenant, à moi de jouer, se dit-elle à voix haute. Mon Zeo Megazord est bien positionné, près de quelques buildings. Je n’ai plus de temps à perdre ! Téléportation vers le Centre de Commandes, dans les montagnes d’Angel Grove !
    Et elle disparut du cockpit du robot qui désormais n’aller plus bouger de lui-même.
     
                Le Singe s’approcha du Zeo Megazord.
    Jason voyait là une bonne occasion de frapper un grand coup, mais il changea vite de décision lorsqu’il vit les imposants immeubles derrière la cible supervisée.
                - Là, elle ne bouge pas car elle ne sait pas comment je vais réagir. Elle est en train de tout calculer, j’en suis sûr. Comment vais-je faire… Si, je peux le tirer vers moi, puisque je suis sur une gigantesque esplanade.
    Le Ranger Rouge ordonna à son zord de s’avancer vers le Zeo Megazord et de l’attraper au niveau du col, même si l’expression n’était pas vraiment explicite.
                - Oui, elle n’a pas eu le temps de réagir ! Ca marche !
    Jason pensait vraiment dominer son ennemi, d’ailleurs, il le dominait bel et bien. Mais sa vraie ennemie, celle habillée du costume argentée, s’était fait la belle, et il l’ignorait encore.
     
    ***
     
                Dans les contrées lointaines de Nice-Life, le calme paisible régnait, loin de la zizanie dont était victime Angel Grove. Les oiseaux chantonnaient, quelques chèvres s’en donnaient à cœur joie de trotter dans les champs non grillagés, et le lac n’accusait d’aucun remous. Un jeune homme était assis sur un rocher, regardant, dans les hauteurs, la grande maison en bois, visiblement déserte au vu des volets fermés.
    Mais le silence ne dura pas, car rien moins qu’une vingtaine de patrouilleurs s’invita dans ce paysage paradisiaque, juste derrière Tommy, pensif. Ce dernier ne les remarqua pas, tant ils s’étaient bien débrouillés – pour une fois – en termes d’arrivée discrète.
    Un premier patrouilleur attribua un coup de pied dans le dos de Tommy et, avant que ce dernier ne se relève suite à sa légère chute, un autre patrouilleur le chargea et le poussa dans l’eau du lac, à un endroit où fort heureusement la profondeur ne dépassait pas trente centimètres.
                - Oh non ! Pleins de patrouilleurs, pesta Tommy, très en colère d’avoir les jambes trempés jusqu’aux genoux.
    Dès qu’il fut sorti du bassin, tous les patrouilleurs se jetèrent sur lui. Tommy n’avait pas vraiment eu le temps de réagir et ne réussit à en éliminer qu’un seul dans l’immédiat. Le nœud se resserrait très rapidement autour de lui.
                - Non ! Je ne peux rien faire ! Ils sont trop nombreux ! Non !
    Tommy se sentait pris au piège, et personne ne pourrait l’aider. Il était vraiment seul… il n’osait même pas appeler du secours, car il savait qu’il n’aurait pas réponse. Enfin, il le pensait. Il entendit au loin le bruit peut commun d’une voiture qui s’approchait. Allait-elle venir dans sa direction…
                - A… à l’aide !!! Non, même mon karaté ne peut rien, ils sont tous sur moi !!!
    Le bruit et les gémissements des patrouilleurs l’isolaient désormais de toute sonorité extérieure. Seulement, au bout de quelques secondes, il entendit une voix connue.
                - Lâchez-le !!! J’arrive Tommy !!!
    Tommy avait reconnu la voix à la première écoute. Il n’était plus seul contre tous.
                - Kim !!!
    La jeune femme s’élança dans les patrouilleurs et en fit tomber cinq dans l’eau : deux se désintégrèrent.
                - Je suis venue pour te sauver, Tommy !




    CHAPITRE 21
    Entre lac et montagne
     
          Le calme et la tranquillité de Nice-Life s’évaporaient peu à peu.
     
                Kimberly tentait par tous les moyens de libérer Tommy de l’enclave provoquée par l’armada de patrouilleurs. Et le surnombre des ennemis était un véritable fléau, malgré la faible jugeote de ces derniers qui donnaient autant de coups précis que de tentatives vaines et imprécises.
    Sans qu’il ne puisse vraiment se défendre et faire valoir ses connaissances en arts martiaux, Tommy avait pris plusieurs coups dans le ventre et se retrouvait avec le souffle coupé. Les huit autres patrouilleurs encore en place essayaient de faire face à une Kimberly survoltée, sentant un regain de forme après avoir retrouvé celui qu’elle avait cherché. Elle donnait quelques coups de pieds hauts pour toucher les nuques des patrouilleurs, ce qu’elle parvint facilement à effectuer, sans pour autant causer les résultats escomptés.
                - Tommy ! Tommy !!! appela Kimberly qui était inquiète quant à l’attroupement autour d’eux. Elle était près de lui mais elle ne pouvait le voir, car il était masqué par les silhouettes grises des sbires du mal.
                - Je… je ne peux rien faire, ils me… aaahhhhh !
                - Tommy ! Qu’est-ce…
    Elle entendit Tommy gémir : peut-être avait-il reçu un coup important. Alors, elle ne se posa plus de question et chargea de nouveau dans le tas, sans vraiment viser un patrouilleur plus qu’un autre. Elle réussit à faire tomber quelques ennemis, puis, tout en restant debout, elle se retrouva à son tour entourée par les patrouilleurs. Tommy était à ses pieds, allongé par terre, se tenant le coude gauche qui saignait légèrement.
                - Tu es blessé ! Il faut que tu ailles dans ma voiture, tu seras à l’abri de tout… aie !
    Les patrouilleurs faisaient pleuvoir les coups de tous les côtés. Alors, Kimberly eut une idée : elle se baissa auprès de Tommy pour éviter les coups.
                - Tommy, tu fais comme moi, s’il te plaît.
                - Mais Kim, j’ai…
                - C’est pour te sortir de là, tu vas voir. Par contre on va être mouillé…
    Kimberly s’allongea précipitamment à côté du jeune homme affaibli et entama une série de roulés-boulés en direction du bord du lac, où l’eau était peu profonde. Elle entraîna avec elle des patrouilleurs qu’elle avait touchés au niveau des chevilles. Tommy, qui malgré sa blessure était toujours très conscient de la situation, suivit Kimberly avec trois secondes de décalage, le temps que d’autres patrouilleurs se mettent en travers de son chemin et qui se retrouvèrent eux aussi les pieds dans l’eau. Tommy rejoignit Kimberly dans le petit bassin, trempé de la tête aux pieds. Lorsqu’il rouvrit les yeux, il vit que les patrouilleurs restants s’étaient quelque peu écartés du lac mais les attendait au bord de l’eau. Mais il dénombra au moins dix individus gris inertes dans cette eau. Kimberly s’était relevée et elle lui tendait la main pour qu’il se remettre debout.
                - Ca va aller ? demanda-t-elle.
                - Oui, mes jambes vont bien, par contre, c’est mon bras.
                - Tu as toujours mal ? Est-ce que tu saignes encore ?
                - Oui, toujours, je ne peux pas trop t’aider.
                - Dans ce cas, allons à la voiture tous les deux et partons ! suggéra Kimberly.
                - Attends ! J’ai un sac, je l’avais posé derrière ce rocher là-bas, il faut que j’aille le reprendre !
                - Va à la voiture, je m’en charge ! Tiens, voilà les clés !
                - Merci ! J’y file ! Et fais très attention, ils sont partout, d’ailleurs, attention, derrière-toi !
    Ils étaient à peine sortis du bassin que les patrouilleurs restants se ruèrent sur eux sans se faire attendre. Tommy réussit à les esquiver et à courir vers la voiture, même s’il ne voulait pas vraiment laisser Kimberly seule contre cette équipe ennemie. Il ouvrit la serrure et entra du côté passager. Il referma la porte à clé et guetta Kimberly qui venait de prendre le sac et qui se dirigeait à son tour vers la petite Honda Civic. Tommy démarra le moteur et déverrouilla la porte pour la laisser monter. Elle s’engouffra à bord, balançant le sac sur la banquette arrière, tout en voyant les patrouilleurs se présenter autour de l’automobile et commencer à donner des coups dans la carrosserie.
                - Attention, ils vont bousiller ma Civic !
                - Kim, écarte-toi des vitres !!!
    Un bruit de verre cassé s’inséra dans la conversation. La lunette arrière venait de succomber au coup d’un patrouilleur.
                - Vite, il faut filer, s’énerva Kimberly, les genoux tremblants et les mains dérapant quelque peu sur le volant. Ils ont l’air surexcités ! Marche arrière !
                - Attention, Kim !
                - Pardon ? Y a quelqu’un derrière la voiture ?
                - Juste un patrouilleur, celui qui a cassé la vitre, mais c’est surtout pour ta voiture que je dis ça.
                - Tant pis pour lui, ça lui apprendra à faire ce qu’il a fait !
    La voiture recula tout de même. Le patrouilleur se retrouva sous les roues, faisant secouer ses deux occupants. Puis Kimberly enclencha la marche avant.
                - Ils nous suivent, mais cela ne va pas durer très longtemps. Une fois que nous serons sortis de Nice-Life, nous pourrons mettre le turbo !
    Tommy fit un léger sourire. Le mot « turbo » venait de réveiller en lui quelques souvenirs lointains, assez flous, mais en rapport avec les Power Rangers. Il préféra mettre ses pensées de côté et se concentrer sur la situation et sur ce qui allait se passer après. Il y reviendrait ultérieurement.
                - Il faut absolument sortir d’ici rapidement ! s’impatienta Kimberly, qui voyait s’accumuler les virages étroits, empêchant d’accélérer au-dessus de vingt miles à l’heure.
                - On sera sorti de cette série de lacets d’ici une minute, dit Tommy. En tout cas, merci, merci Kim, tu m’as sauvé la mise sur ce coup.
                - On en reparlera tout à l’heure, une fois que l’on aura définitivement fui ces idiots de patrouilleurs.
    Et ces patrouilleurs étaient toujours à portée de la voiture. Ils couraient derrière, comme des mort-de-faim. Mais bientôt, la voiture allait quitter la succession de tournants.
     
    ***
     
                Les alentours de la gare ferroviaire et du quartier des affaires n’étaient bons à fréquenter ni pour l’aviation civile, ni pour les habitants ou les touristes. Deux robots géants attiraient l’attention des quelques passants curieux qui restaient tout de même à distance, de peur de se faire écraser.
    Aux commandes de son Singe ninjazord, le Ranger Rouge commençait à se poser des questions sur son ennemi direct.
                - Bon sang ! Cela fait au moins cinq minutes qu’il n’a pas bougé le petit doigt ! Mais que fait-elle ? Je ne pense pas qu’elle ait perdu connaissance…
    Le communicateur interne au zord sonna de toute sa force. La voix de Zordon prit rapidement le relais au gong d’alarme.
                - Jason, nous nous sommes fait berner. Le Dragonzord est…
                - Mince ! Mais où est-il passé, ce diable de Dragonzord !!! avait coupé Jason.
                - Justement, il prend le chemin vers les montagnes. Il est au nord de la ville et il semblerait qu’il vienne vers le Centre de Commandes. D’ailleurs, la deuxième mauvaise nouvelle, c’est que la Zeo Ranger d’Argent vient d’être détectée près du Centre de Commandes elle aussi.
                - Quoi ? Elle n’est donc plus dans le Zeo Megazord ???
                - Négatif, Jason.
                - Alors, elle a dû quitter le zord depuis… mais oui, depuis cinq minutes ! Elle l’a laissé en plan ici, pour créer une diversion ! C’est pas possible ! Je me suis fait avoir comme un débutant !
                - Hélas, c’est ce qu’il s’est passé. Il faut absolument que tu viennes à la rescousse avant que le Dragonzord n’arrive à portée du Centre de Commandes !
                - Mais je suis en retard par rapport au Dragonzord ! Et mon zord n’a plus beaucoup de puissance, et l’ordinateur de bord m’indique « batteries et verins laser faibles ».
                - Mince. Cela signifie que ton zord ne peut rallier la base dans l’immédiat. Tant pis. Jason, téléporte-toi dans les montagnes, je m’occupe de faire revenir ton zord dans sa cachette. Nous ferons appel à Titanus lorsque le Dragonzord sera à proximité. Je sais, tout s’enchaîne à une telle vitesse, qu’il est possible que certaines choses m’échappent, et je le regrette…
                - Et le Zeo Megazord ? Il va rester ici ?
                - Je ne vois pas d’autre solution. Il n’a pas bougé, et personne n’est à son bord. Il n’a pas de système de pilotage à distance, en tout cas, j’espère qu’il n’en a toujours pas… pour ma part, je vais devoir quitter le Centre de Commandes, pour apporter de l’énergie supplémentaire pour les zords et pour Kimberly. Je suis désolé, je n’ai pas le choix de vous quitter quelques minutes, en espérant que cela ne soit pas trop long.
                - Tu vas sans doute nous manquer, Zordon. Moi aussi tout me dépasse. J’arrive tout de suite. A  moi les montagnes près du Centre de Commandes. Processus de téléportation !
    Le cockpit du Singe ninjazord se retrouva dépourvu de pilote. Mais très bientôt, il allait disparaître du paysage pour retourner vers sa base.
    A l’inverse, le Zeo Megazord resta figé.
     
    ***
     
                Dans le Crazy-Area, où de nombreux éclats de verre étaient éparpillés sur les pistes, et où tables et chaises avaient été renversés et détériorées, les Rangers ne voyaient pas le bout du combat. Il restait encore quatre tengas, visiblement éreintés eux aussi, ainsi que les infatigables Goldar et Scorpina.
                - Bon, je vois que vous avez tout donné, dit Goldar. Et ça tombe bien, il est l’heure pour nous de rentrer ! Vous allez bientôt avoir du boulot ailleurs, Rangers !
                - Comment ? dit Zack.
                - Quoi ? Qu’est ce que… qu’est ce que tu essaies de dire ! s’exclama Billy.
                - Vous le saurez bien assez tôt, sales humains ! Venez, tengas, venez près de moi !
    Trini, à l’image des deux autres Rangers, voyait ce départ surprise des ennemis comme une bénédiction, mais, cela était étrange et préoccupant.
                - Allez, je vous dis adieu ! ricana Goldar, avant de partir avec ses acolytes en se téléportant.
                - Au moins, ils partent… souffla Billy, qui ne pensait qu’à s’asseoir quelques secondes. Mais son communicateur l’interrompit avant qu’il ne puisse se diriger vers une banquette ou une chaise.
    La voix d’Alpha se fit entendre.
                - Aie aie aie aie aie aie aie, mais aie aie aie aie aie…
                - Alpha ! Alpha, que se passe-t-il encore ? demanda Trini.
                - Aie aie aie, cela devient de plus en plus difficile ! La Zeo Ranger d’Argent se cache dans les montagnes près du Centre de Commandes, et elle a appelé le Dragonzord à la rescousse et il arrive aussi !
                - Et Jason ? Comment ça se passe de son côté ? demanda Billy sans trop réfléchir à ce qu’Alpha venait de dire.
                - La Zeo Ranger d’Argent étant dans les montagnes, Jason est parti la retrouver. Il faut que vous veniez l’aider, et vite ! Aie aie aie aie aie !
                - Et Kim ? Elle est revenue avec Tommy ? questionna Trini, devançant Zack qui voulait savoir la même chose.
                - Pas encore, répondit Alpha, nous essayons de la localiser, mais c’est très difficile. Nos ordinateurs sont en surchauffe et l’énergie nous manque. Mais il faut faire vite, venez aider Jason ! Vite ! Aie aie aie…
                - Bien, on arrive tout de suite, assura Trini. Nous n’aurons même pas de répit…
                - Ca me fait mal au cœur de laisser cet endroit aussi dévasté, sans rien ranger, mais tant pis, déplora Billy. Tout se suit si vite…Téléportation, maintenant !
    Les trois Rangers quittèrent le Crazy-Area et son désordre total.
     
    ***
     
                Jason était en communication constante avec Alpha, et il avait beau chercher la Zeo Ranger d’Argent, il ne la trouvait pas. Les montagnes n’étaient pas très hautes, mais les lieux étaient si vastes, parfois même inaccessibles. Il n’était pas très loin du repaire de Titanus, là où, il y a quelques années, il avait récupéré les armes laser Zyuranger capables d’anéantir les patrouilleurs conçus à base d’hyper-magma. Il avait réussi, mais pas seul : il se rappela du soutien de Tommy, qui lui avait transmis les pouvoirs de son bouclier doré, le même qui protégeait, aujourd’hui, cette Zeo Ranger introuvable.
    Puis il pensa à Tommy. Etait-il revenu ? Etait-il sur le chemin du retour ? Kimberly ou les autres avaient-ils réussi à le convaincre de reprendre sa place au sein des Power Rangers ? Autant de questions qui resteront en suspens encore quelques temps.
    Jason se reconcentra sur sa mission première, à savoir, la recherche de la Zeo Ranger d’Argent.
                - Jason, je t’envoie Zack, Trini et Billy, prévint Alpha. Ils seront téléportés à tes côtés dans deux secondes. Ils te seront utiles dans ta quête.
                - Ok, merci…
    Les trois Rangers apparurent à la fin de sa dernière phrase.
                - Jason ! Tu es entier ! s’exclama la Ranger Jaune. J’ai eu si peur qu’il t’arrive quoi que ce soit.
                - Heureux aussi de vous retrouver, les amis, répondit le Ranger Rouge. Je vous sens fatigués et essouflés. Malheureusement, Tommy et Kimberly ne sont pas encore revenus.
                - Hélas non. Et, c’est-à-dire que l’on n’a pas eu vraiment de répit, dit le Ranger Bleu, et…
    Billy fut coupé par un grésillement en provenance des communicateurs de chacun.
                - Tiens ? Mais qu’est ce qui se passe… s’interrogea Jason. Billy, ça vient d’où ?
    Billy, qui n’avait pas de réponse immédiate à apporter, n’eut pas le temps d’intervenir. Une voix féminine jaillit des communicateurs.
                - Alors, vous me cherchez, hein ! Ceux qui me cherchent auront des problèmes !
                - C’est elle, murmura Zack aux autres, c’est la Zeo Ranger d’Argent.
                - Mais elle doit nous voir… pensa Trini à haute voix. Où es-tu ?
                - Et bien, vous n’allez pas tarder à le savoir ! D’ici très peu de temps ! Et après m’avoir vu, vous verrez la mort en face ! Ha ha ha !!!
                - Mais je ne la vois pas… pesta Jason.
                - Moi non plus ! dit Trini.
    Puis tout alla très vite. La Zeo Ranger d’Argent bondit de nulle part, sa dague du dragon en main. Elle était accompagnée d’une dizaine de patrouilleurs, et de quelques tengas.
                - Oh non ! Elle n’est pas venue toute seule ! cria Trini. Faites gaffe !
                - Et oui ! Je suis venue avec toute ma petite compagnie ! Plus on est, plus on vaincra. Veni vidi vici !
                - Oui, enfin, tu en perds ton latin, combattante de seconde zone ! provoqua le Ranger Noir, qui allait dans la foulée avoir la preuve qu’il avait parlé un peu trop vite : la Zeo Ranger d’Argent expédia Zack dans les airs d’une prise absolument remarquable. Le pauvre jeune homme retomba sur le sol lourdement.
                - Zack ! Ca va ? Ta cheville ? se pressa Trini.
               - Oui, c’est… c’est bon, mais attention, défendez-vous ! Laissez-moi je vais me relever, mais attention à vous !
    Billy aida quand même Zack à se relever. Désormais, les Rangers scrutaient la Zeo Ranger d’Argent qui restait immobile, mais prête à bondir à tout moment. Les patrouilleurs étaient derrière elle, rangés en file indienne.
                - C’est maintenant que ça va commencer, lança la Zeo Ranger d’Argent.




    CHAPITRE 22
    La mort en face
     
                La Civic, avec à bord Kimberly et Tommy, avait enfin quitté la zone à vitesse limitée de Nice-Life. Les étroits virages en épingle, les nids de poule et les accotements instables n’étaient plus que de l’histoire ancienne, tout comme les patrouilleurs. Mais avant d’accéder à la voie rapide, il restait encore quelques minutes de trajet sur un axe aussi bosselé que le précédent.
                - Bon, on ne va pas accélérer comme une flèche maintenant, regretta Kimberly. En revanche, on peut dire que l’on est sauvé.
                - Oui Kim, en effet, et encore merci.
                - C’est normal Tommy. Ton bras va mieux ?
                - Et bien, je ne saigne plus, mais j’ai toujours un peu le coude en vrac. Et puis je suis mal assis…
                - Ah, fit Kimberly, c’est parce que tu es assis sur des livres.
    Tommy tira les deux ouvrages sur lesquels il s’était en effet assis et remarqua avec surprise qu’ils ne lui étaient pas inconnus.
                - Mais, ce sont mes livres ? Mais qu’est ce qu’ils font…
                - On en reparlera plus tard, si tu veux, répondit Kimberly. Les autres sont peut-être en danger, et il faut quand même que je me presse.
                - Mais là, on ralentit, non ?
                - Ben non, je suis pied au plancher, maintenant. La route est plus belle.
                - Je te jure Kim, on n’avance pas vite.
    En effet, la jeune femme ne mit pas longtemps à remarquer que les remarques de son passager étaient vraies.
                - Alors, je n’y comprends rien, tu vois bien, j’appuie sur l’accélérateur à fond… je…
                - Mais, on va s’arrêter, à cette allure là… mais qu’est ce qui se passe !
    Et la voiture stoppa sa course au milieu de la route. Puis ce fut au tour des verrous des portes de se fermer tout seul.
                - Je ne comprends vraiment rien, paniqua Kimberly. Tout cela ne me dit rien de bon…
    Puis ils le virent venir de derrière une haie, toujours aussi imposant que la dernière fois qu’ils l’avaient vu, il y a quelques jours, toujours aussi jaune. Sariu.
                - Non, pas lui… souffla Tommy.
                - Mais que vient-il faire ici ! demanda Kimberly, troublée.
    Sariu était à moins de cinq mètres de l’avant de la voiture. Il avait l’air déterminé.
                - Bien le bonjour à vous, minables petits humains ridicules dépourvus de pouvoirs mystiques, magiques et maléfiques ! Comment ça va au fait ?
                - Qu’est-ce que tu nous veux ? C’est toi qui provoque tout cela ? questionna Kimberly.
                - Si tu parles des désagréments de ta poubelle roulante, oui, en effet. Par contre, la vitre arrière, il me semble que ce soit l’un de mes guerriers qui soit le coupable, enfin, qui soit l’heureux casseur que je n’aurai pas manqué de féliciter, si tu ne l’avais pas écrasé.
                - Alors embrasse mes pneus arrière, il reste peut-être encore son odeur dessus, à ce sale patrouilleur, provoqua Kimberly, qui réessayait tant bien que mal de démarrer le moteur qui, malgré les efforts, ne montrait plus aucun signe de fonctionnement.
                - Inutile de tenter de remettre la voiture en marche, je la contrôle parfaitement. Regardez, je peux même allumer la radio à distance.
    Sariu leva le bras droit en l’air en tandant l’un de ses doigts vers le ciel. Puis la radio s’alluma toute seule dans la voiture, et la fréquence changea, pour se stabiliser sur une célèbre station d’Angel Grove.
                - Ecoutez donc ce qu’il se passe en ville… ricana le prince de Pluton.
                - « … plusieurs centaines de blessés après la chute de nombreux buildings et immeubles près de la gare. Désormais il semblerait qu’un robot géant se dirigerait vers la zone montagneuse, pulvérisant tout sur son passage. L’armée a perdu plusieurs appareils volants et leurs pilotes sont portés disparus. Nous demandons à tous les habitants du nord-ouest d’Angel Grove, notamment des quartiers Great Mountain et Bilby House Valley d’évacuer la zone immédiatement vers l’est, par l’autoroute qui relie Angel Grove à San Francisco. Nous vous teno           ns informés minute par minute de l’évolution de ces catastrophes, et espérons que les Power Rangers continueront vaillament à lutter contre… »
                - Alors, heureux ? se moqua Sariu. Angel Grove est le théatre d’une apocalypse, et bientôt, ce sera pire !!!
                - Tommy, il faut s’enfuir, dit Kimberly, vite…
                - Mais on ne peut rien faire, la voiture ne démarre plus… répondit Tommy. Et puis, je me sens faible. Les coups que les patrouilleurs m’ont mis me font aussi souffrir au niveau du ventre.
                - Ha ha ha ! Vous voulez vous barrer ? Mais je n’en ai pas fini avec vous ! Je vais maintenant vous montrer quelque chose d’encore plus fascinant, car, allumer une radio à distance est à la portée de n’importe quel plutonien.
                - Si tu étais aussi expérimenté, lança Tommy, tu aurais déjà récupéré tes plantes et tes bulbes tout seul, sans brouiller mon esprit et…
                - Oh, monsieur l’ancien Ranger se rebiffe ! sortit Sariu. J’aime bien ton côté énervé. Ca va me plaire ! Mais bon, j’arrête de bavarder et je passe aux actes.
    Sariu leva cette fois les deux bras en l’air. De chacune de ses mains jaillit une boule gazeuse : la première était enflammée, et la seconde était verte translucide.
                - Tenez, c’est cadeau, pour vous ! Le feu pour la fille, et la couleur verte pour le grand Tommy !
    Les boules quittèrent les mains de Sariu et se dirigèrent vers la voiture. Elles en firent le tour plusieurs fois, comme si elles cherchaient à entrer à l’intérieur.
                - Tommy, vite, il faut sortir ! Il veut nous tuer ! cria Kimberly
                - Oui, mais il n’y a pas d’issue, sauf à l’arrière ! Et les deux boules tournent autour de la voiture.
                - Elles ne vont pas tarder à venir à votre rencontre, dans la voiture, et à vous adresser à chacun un sort radicalement différent. Par exemple, la flamme viendra brûler à vif Kimberly, tandis que la boule verte te téléportera, mon grand Tommy, vers une nouvelle vie, une nouvelle carrière. Tous les feux seront alors au vert, et pas seulement les feux…
                - Mais que cherches-tu à dire ? s’impatienta Tommy, qui tremblait, et qui se sentait de plus en plus faible.
                - Alpha ! Alpha ! appela Kimberly, tu me reçois ? Non, ça brouille, je ne le reçois pas.
                - Ah ah ! Tommy, ne cherches pas trop, tu verras en temps et en heure voulu, c’est-à-dire, dans peu de temps…
                - Alpha ! Tu m’entends ?
    Les requêtes de Kimberly trouvèrent enfin un destinataire.
                - Oui Kimberly, je te reçois cinq sur cinq, que se passe-t-il ?
                - Alpha ! Je suis avec Tommy, près de Nice-Life, téléporte-nous en extrême urgence, sinon, nous sommes morts !
                - Aie aie aie aie aie ! s’exclama Alpha. Vite, je lance la recherche ! L’ordinateur doit d’abord vous localiser…
               - Vite, je t’en supplie !!! hurla Kimberly, pendant que Tommy prenait son sac dans lequel il avait pris le temps, malgré la situation, de ranger ses deux livres, et malgré les quelques douleurs qu’il ressentait de nouveau.
                - Encore, approximativement, dix secondes avant impact ! Kimberly, profite du laps de temps qu’il te reste à ouvrir les yeux.
                - ALPHA ! VITE !!! réitéra Kimberly qui avait pris ses affaires et ses papiers, et qui serra fort la main de Tommy, qui avait perdu connaissance, à cause de la situation et de la douleur qui avait pris le dessus sur son courage.
                - Ca va venir, je lance la téléportation ! annonça Alpha via le communicateur.
                - Et plus que trois secondes et c’est la fin pour vous… souffla Sariu.
    Les deux boules de gaz entrèrent enfin dans la Civic par l’espace laissé vide par la lunette arrière absente. Mais Sariu remarqua que les deux jeunes avaient quitté le véhicule juste avant par téléportation.
                - Oh non… je ne peux pas le croire… murmura-t-il, en se tenant la tête à deux mains. NON !!!
    La voiture s’embrasa au contact de la boule enflammée et elle ne mit pas longtemps à brûler complètement. Sariu était passé au jaune vif, et ses yeux brillaient. Il était hors de lui.
                - Ils m’ont échappé… ils m’ont échappé !!! Je suis impardonnable ! Mais le combat n’est pas terminé…
    Sariu se volatilisa et laissa la Civic en flammes, la carcasse fondant, laissant une épaisse fumée s’échapper.
     
    ***
     
                Tommy et Kimberly arrivèrent dans le Centre de Commandes, en position assise, visiblement éprouvés. Tommy, toujours inconscient, bascula lentement en arrière. Alpha sauta de joie en les voyant débarquer.
                - Vous êtes en vie ! Vous êtes là !
                - Alpha, Tommy a subi quelques blessures, notamment au bras, indiqua Kimberly. Et il a pris quelques coups dans le bas du ventre.
                - Aie aie aie ! Je vais voir ce que je peux faire.
    Kimberly se releva et alla vers le vista-globe.
                - On l’a échappé belle, mais… les autres… ils ont l’air en difficulté… Zordon, est-ce que… Zordon ? Où est Zordon ?
                - Kimberly, Zordon a quitté provisoirement notre dimension pour reconditionner les pouvoirs de ton médaillon. Cela ne devrait pas durer très longtemps.
                - J’espère que ce ne sera pas trop long, il faut que j’aille les aider… et ma voiture ? Qu’est-elle devenue ?
                - Et bien… je ne peux pas te le montrer sur le vista-globe, parla Alpha, mais Sariu l’a brûlé.
                - Oh non… ma voiture… mes parents vont me tuer !
    Alpha lui raconta ce qui s’était passé pendant son absence. Le combat en ville, au Crazy-Area, la course du Dragonzord et toujours cette Zeo Ranger d’Argent, défendant le mal. Kimberly se sentit de plus en plus triste. Tommy, ses amis, Angel Grove, et maintenant sa Civic qui ne devait plus qu’être un amas de ferraille roussi.
                - Et le Zeo Megazord, il est toujours en ville ?
                - Affirmatif, et il n’a pas bougé, déclara Alpha. Je viens de scanner Tommy, il n’a aucune lésion, aucune hémorragie.
                - Bonne nouvelle pour lui. Bon, il ne me reste plus qu’à attendre le retour de Zordon, et je n’aime pas ça du tout…
    Kimberly alla vers Tommy, toujours allongé sur le sol. Il gémissait légèrement. Kimberly se dit alors que son réveil n’était plus qu’une question de minutes, le temps qu’il reprenne complètement ses esprits. Pendant ce temps, Alpha était descendu au sous-sol, dans la Chambre des Pouvoirs Souterraine.
     
    ***
     
                Du haut d’un mont qui surplombait d’environ dix mètres le duel acharné entre Rangers du bien et Zeo Ranger du mal avec sa troupe, des yeux attentifs suivaient l’action depuis quelques secondes : il s’agissait de Sariu, le Seigneur Zedd, Rita, Goldar, et tous les autres aliens logés habituellement au Palais Lunaire. Ils contemplaient le spectacle en poussant des cris de joir lorsque leurs protégés menaient. Mais Sariu était vraiment très en colère.
                - Je voudrais tellement les écraser comme des mouches…
                - Mais tu peux y aller, si tu veux, mon ami, proposa Zedd.
                - Non, j’ai confié cette mission à notre Zeo Ranger d’Argent, qui réussit parfaitement ce qu’elle a à faire, donc, je ne vais pas lui ôter ce privilège. Leur souffrance me ravit déjà. Même si je souffre de n’avoir pu emporter Tommy avec moi. J’ai été mauvais sur ce coup.
                - Attardons-nous plutôt sur notre domination, en bas, suggéra Rita. Nous assistons à un grand moment de notre histoire. Et nous pouvons rester, car personne ne nous a encore vus.
     
                En effet, plus bas, la Zeo Ranger d’Argent était maîtresse des jeux. Bien aidé de ses patrouilleurs et de ses tengas, elle en faisait voir de toutes couleurs à des Power Rangers déjà bien colorés au niveau des combinaisons. Jason et Trini étaient actuellement à terre, pendant que Zack se chargeait de repousser les tengas avec sa hache laser et Billy se frottait à l’ennemie numéro une.
                Trini et Jason se relevèrent et allèrent aider Billy qui à son tour, fut contraint d’être puissament expédié parmi des rochers.
                - Elle est survoltée ! prévint le Ranger Bleu.
                - Oui, je suis survoltée, si tu veux, rigola la Zeo Ranger d’Argent ! Et je n’ai pas encore dévoilé l’étendue de mes connaissances en arts martiaux.
    Elle amena la dague du dragon à sa bouche et siffla quelques airs. Simultanément, le losange de son bouclier se mit à briller et ce dernier se mit à dégainer des lasers sur les quatre Rangers, et les atteignirent d’une précision rageante, comme si ces lasers étaient guidés par des têtes chercheuses.
                - Ce sont de belles frappes chirurgicales, non ? s’exclama la Zeo Ranger d’Argent, contente de voir ses quatre proies étendues au sol.
                - Allez, fonçons sur eux, cria un tenga à ses camarades de la même espèce. On va les picorer !
    Mais les Rangers s’étaient tout de même remis debout. Ils se rassemblèrent et Jason exposa rapidement une nouvelle stratégie.
                - Elle est encore à quelques mètres. Il faut utiliser une arme plus redoutable, je propose le Power Canon.
                - Très bonne idée, dit Billy, mais... on ne risque pas de la tuer ? Si c’est une simple femme qui a été envoûtée par Rita…
                - On essaiera au moins de viser les aliens qui l’entourent, fit Jason. Nul doute qu’elle va esquiver notre tir.
                - Oui, je marche aussi, compléta Trini.
                - Pareil, termina Zack.
                - Qu’est ce que vous manigancez ? lança la Zeo Ranger d’Argent. Vous croyez que même en mijotant un truc de malade vous ariverez à me tuer ? Ha ha ! Ca n’arrivera pas.
    Les quatre Rangers se mirent en position pour recevoir l’arme : Jason devant Trini à gauche, et Zack devant Billy à droite, tous tendant les bras vers le haut.
                - Power Canon, maintenant ! appelèrent les quatre Rangers d’une seule et unique voix.
                - Qu’est ce que c’est encore que ce gadget ? s’interrogea la Zeo Ranger d’Argent, avant qu’une voix qui venait de plus haut ne l’interpelle.
                - Fais super attention ! prévint Goldar. Cette arme est surpuissante, et elle peut te terrasser d’un coup d’un seul. Replis-toi provisoirement.
                - Me replier ???
                - Oui, c’est ta survie qui en dépend !
    Le Power Canon apparut, tenu à bout de bras par les quatre Rangers, quelque peu déconcentrés depuis qu’ils avaient remarqué qu’ils étaient observés par l’élite des forces du mal. De plus, ce canon était très lourd. Jason lança la mise au point verbale.
                - Toutes les charges sont mises ? Alors on y va pour la mise à feu ! Trois, deux, un, zéro ! Feu !
    Si la Zeo Ranger d’Argent n’avait pas suivi les conseils de Goldar, nul doute qu’elle aurait été touchée en pleine tête, ne lui laissant aucune possibilité de s’en sortir intacte. Mais elle avait glissé volontairement sur sa gauche pour éviter la très puissante charge qui alla se loger droit dans les roches.
                - Oh non ! Loupé ! pesta Zack.
                - Il faut recommencer ! suggéra Trini.
                - Négatif, on ne peut pas, déplora Billy, car il y a toujours un temps entre deux tirs, et il peut durer jusqu’à dix minutes…
                - Ah oui, en effet, répondit Jason, alors il faut le renvoyer d’où il vient. Power Canon, terminé !
    L’inposante arme disparut. Les Rangers se précipitèrent vers les patrouilleurs et tengas qui venaient se frotter à eux, et pendant ce temps-là, la Zeo Ranger d’Arent revenait lentement.
                - Vous êtes des nazes ! se moqua Scorpina du haut de son perchoir.
                - Oui, quand on ne sait pas viser, on rentre chez soi, ha ha ha ! ria Zedd.
                - Zeo Ranger d’Argent, achève-les ! ordonna Sariu.
    La Ranger du mal hocha la tête et pressa le pas. Le combat était loin d’être terminé.
     
    ***
     
                Kimberly pensait vraiment que le tir du Power Canon aurait été efficace, mais il n’en avait rien été. Puis, elle quitta des yeux l’écran : derrière elle, Tommy venait de parler.
                - Mais où suis-je… parla t-il, tout en se relevant assez vivement.
                - Tommy, dit Kimberly, soulagée, tu es enfin réveillé !
    Elle alla dans les bras de Tommy qui venait de comprendre qu’il était revenu à Angel Grove.
                - Je suis… je suis revenu au Centre de Commandes.
                - Oui, Tommy, et il faut aller aider les autres.
    Tommy ferma les yeux quelques secondes. Il repensa à ce qu’il avait fait subir à Jason et Zack, ses propres amis, dans la grotte de Cornead Beach.
                - Non, Kimberly, je ne peux pas.
                - Mais pourquoi ? On a besoin de toi ! Tu es le Ranger Blanc, ne l’oublie pas ! Ils sont en grand danger !
                - J’étais le Ranger Blanc. Kim, je n’ai plus la force, plus le courage de me battre à vos côtés, après ce qui s’est passé. Je suis désolé.
                - Mais je te dis qu’ils sont en grand danger ! La Zeo Ranger d’Argent est revenue et…
                - Je suis désolé, Kim. Je ne peux plus. J’ai trahi les Rangers. Je ne mérite plus d’en être un.
                - C’est indigne de dire ça… chuchota t-elle.
    Kimberly ne reconnaissait plus Tommy. Un Tommy qui refusait d’aider ses propres amis. Elle se dit alors que sa persuasion ne suffirait pas. Alors, elle appela Alpha, qui revient rapidement vers eux.
                - Tommy ! Tu es debout ! Hourra ! s’exclama le droïde.
                - Alpha, tu peux activer la retransmission des anciens fichiers vidéo nous concernant ?
                - Oui, bien sûr, tout de suite.
                - Merci.
    Alpha exécuta la requête de Kimberly, lui expliqua comment le système marchait manuellement et redescendit dans la Chambre des Pouvoirs Souterraine.
                - Que comptes-tu faire ? demanda Tommy.
                - Puisque tu ne veux pas changer d’opinion, enfin, puisque je n’arrive pas à te faire changer d’avis, les images parleront peut-être d’elles-mêmes et t’aideront à revenir sur ta position.
                - Le Ranger Blanc n’existe plus, c’est de l’histoire ancienne, je persiste, annonça Tommy. Si je me retrouve encore devant cette Zeo Ranger, je vais encore douter, et je ne serai pas concentré. J’ai peur de faire les mêmes conneries que la dernière fois. Je ne réfère pas prendre ce risque.
                - Ca, c’est ce qu’on verra, Tommy. Je ne t’ai pas fait revenir pour que tu nous dises que tu nous abandonnes. Enfin, je n’ai pas fait toute cette route pour te voir revêtir uniquement ta combinaison de Power Ranger Blanc, mais c’est l’une des raisons. Zedd et Rita n’espéraient pas mieux que de se débarrasser du Ranger Blanc, et je ne veux pas les laisser gagner.
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    Re: MMPR S4, épisode 3 : Zeo Zeo Sept

    Message par KL44 le Mer 22 Avr - 10:51

    La suite...


    CHAPITRE 23
    La guerilla des montagnes
     
                Les quatre Power Rangers avaient réussi à se débarasser des patrouilleurs et des tengas. Mais il y avait un obstacle qui valait bien des monstres à la fois : la Zeo Ranger d’Argent était puissante comme jamais elle ne l’avait été. Elle paraissait même avide de duels au corps-à-corps, mais elle n’en demeurait pas moins habile aux esquives, feintes et assauts subites sur les pauvres défenseurs de la planète bleue qui même à quatre avaient du pain sur la planche.
     
                Et, du haut de leur mont, le Seigneur Zedd, Sariu, Rita et Goldar admiraient la domination prononcée de eur protégée, qui, comme à la parade, appliquait au doigt et à l’œil un savoir-faire éloquent en matière d’arts martiaux, comme si elle avait déjà goûté à tous les sports de combat.
                - Elle est vraiment parfaite, jubila Rita.
                - Elle est surprenante, s’illumina Sariu. Elle vaut largement les Rangers, le Blanc compris. Ce satané Tommy, qui m’a échappé…
                - Ne reviens pas là-dessus et savoure, dit Zedd. Cette journée est vraiment exceptionnelle, comme notre Ranger à nous.
                - Nous avons tout interêt de la garder dans nos rangs le plus longtemps possible, alors, rapporta Baboo, qui s’était contenté jusqu’à présent d’assister et de se taire.
                - La garder toute notre vie ! s’exclama le Seigneur Zedd.
                - Oui, en effet, rejoint Sariu, une perle si rare, ça se conserve, et je ne compte pas m’en séparer, même après la mort des Power Rangers, d’Alpha 5 et de Zordon…
                - Regardez, coupa Squatt, regardez, au loin, il arrive… le Dragonzord arrive !
    -          Enfin ! La fin des Rangers est imminente… souffla Scorpina.
    En effet, la tête du Dragonzord dépassait des montagnes, mais il était encore à au moins un kilomètre, voire même deux. Mais la marche du géant commençait à se faire ressentir. Sous les pieds de chacun et de chacune, ceux des chevaliers de la lune, tout comme ceux des garants du bien sur terre, la stabilité de la Terre était quelque peu baffouée par le Dragonzord en approche.
     
                Et le combat continuait malgré tout. Aucun Ranger n’avait encore aperçu ni même cherché du regard le Dragonzord, mais ils sentaient bien que le sol bougeait légèrement, mais toujours de plus en plus, même si le mouvement n’était pas encore exceptionnel. Mais Billy se posa rapidement des questions…
                - Eh ! Je crois qu’il y a un début de séisme ! Il doit y avoir un monstre géant quelque part !
                - Ah, enfin… chuchota la Zeo Ranger d’Argent, qui attendait impatiemment la venue de son robot d’acier.
                - Billy, je ne vois rien par là-bas ! répondit Trini.
                - Où alors, il ne s’agit que d’un mouvement des plaques tectoniques, quelque chose de naturel, s’exclama Billy. Ce qui serait une coincïdence vraiment étonnante, je vous l’accorde !
                - En tout cas, rétorqua la Zeo Ranger d’Argent, plaques tectoniques ou pas, je vais continuer à bouger mes bras dans tous les sens pour vous faire beaucoup de mal !
                - Alors on sera là pour t’en empêcher ! répondit Jason. A cause de ta feinte, en ville, tu m’as fait perdre trop de temps et des civils innocents ont peut-être été blessés, ou même tués !
                - Ce qui serait un succès, non ? provoqua l’ennemie. J’aime bien écraser les humains et toutes mes proies qui font obstacle à mon ascension. Ma soif de puissance est telle que j’en reprendrai une gorgée à l’infini. Et pas qu’une gorgée !
                - Je ne veux qu’une chose alors : te faire boire la tasse ! s’énerva le Ranger Rouge. Tes propos sont déplacés, et je vais d’ailleurs me déplacer pour te faire comprendre qu’on ne joue pas avec des vies innocentes !
                - Mais je t’attends… largua la Zeo Ranger d’Argent.
    Jason s’élança vers la Ranger du mal et sauta en l’air, la jambe droite tendue en avant. Elle anticipa comme elle put la technique et eut juste le temps de se baisser, mais le Ranger Rouge toucha quand même le haut de sa tête avec son talon. Ce dernier, ratant complètement sa réception, roula par terre mais se releva immédiatement par terre, et assez vite pour contrer le poing de la Zeo Ranger qui s’approchait à grande vitesse de son thorax.
                - On arrive, Jason ! cria Zack.
    Billy avait demandé son ami Ranger et se ruait déjà sur la Zeo Ranger d’Argent qui étranglait Jason et qui resserrait fortement la poigne.
                - Crève, Ranger Rouge ! cria-t-elle.
                - Non !!! s’exclama Billy. Lâche-le !
    Et le Ranger Bleu tenta de mettre une droite à la Ranger maléfique, mais elle tira le Ranger Rouge pour s’en servir comme bouclier devant la tentative de Billy. Jason, qui put respirer correctement une demi-seconde, reçut un coup allié dans le bas du ventre, ce qui lui provoqua des suffoquements et un nouveau manque d’oxygène.
                - Oh non, Jason ! culpabilisa Billy. Zack, charge-toi d’elle ! Je m’occupe de Jason !
                - J’y serai allé même si tu ne m’avais rien dit…
    Et le Ranger Noir fila vers elle, épée-blaster à la main, en mode rafale. Il dégaina plusieurs coups sans parvenir à l’atteindre : elle s’avançait vers lui en changeant d’allure inéxorablement.
                - C’est pas vrai… mais arrête de bouger ! s’énerva Zack.
                - Ha ha ha !!! rigola la Zeo Ranger d’Argent qui entama un salto-avant réussi, puisqu’avant sa réception elle installa ses pieds autour de la nuque du Ranger Noir et l’entraîna dans sa chute.
    Zack retomba lourdement, mais miraculeusement, n’eut qu’une pointe dans le haut du dos. Il sentit sous son dos, justement, une nouvelle secousse, plus forte cette fois, qui destabilisa la Zeo Ranger d’Argent qui avait décidé de s’en prendre cette fois à Billy.
                - Le voilà enfin, tout beau tout frais ! Le magnifique Dragonzord !!! jubila-t-elle.
                - Oh non, le voilà ! C’est pas vrai ! pesta Jason, qui avait repris ses esprits non sans tousser.
                - Et si ! Dans une dizaine de minutes le Centre de Commandes sera à sa portée, le temps qu’il se fraye un passage dans les montagnes en détruisant de la roche.
                - On ne peut rien faire ! se lamenta Zack. Nos zords ne peuvent pas venir dans les montagnes…
    Jason, qui savait qu’il pourrait faire appel en cas d’extrême urgence à l’imposant allié qu’était le zord transporteur Titanus, se retourna vers Zack qui était trois mètres derrière lui. Il lui fit un léger signe de tête, et en retour, Zack fit de même, mais pas pour la même chose…
                - Derrière-toi, elle revient à la charge ! cria t-il, dégainant de nouveau son épée-blaster en cas de besoin.
                - Quoi ?
    Jason se retourna. La Zeo Ranger d’Argent avait aussi sorti une épée-blaster et tira vers lui qui prit un coup de laser dans l’épaule. Il tomba en arrière et s’en suivit un échange de lasers entre la Ranger du mal et le Ranger Noir. Tous deux furent touchés et tombèrent à leur tour. Mais fort heureusement pour certains – enfin, cela dépend de quel côté on se place, du bien ou du mal – les tenues de Rangers, auréolées de multiples pouvoirs, protégaient très efficacement contre ce genre de tir. Les trois Rangers touchés se remirent debout rapidement. Et les hostilités reprirent.
     
    Trini ne s’était pas manifesté depuis quelques minutes. Elle s’était réfugiée dans un recoin et parlait avec Kimberly à distance via son communicateur.
                - Si Tommy est revenu c’est une très bonne chose, mais il faut que vous veniez nous aider !
                - Mais mes pouvoirs ne sont toujours pas rétablis.
                - Et Tommy ? Il peut venir lui, non ?
                - Et bien, il faut le convaincre et ce n’est pas facile… je m’en charge, mais… va plutôt aider les autres… dès que mes pouvoirs sont revenus, je débarque !
                - Merci, bon courage à toi, négocie-bien…
    La Ranger Jaune fut perturbée par l’arrivée subite de Goldar dans son dos.
                - J’ai de la compagnie Kim. C’est Goldar. A plus tard !
                - Bonne chance, ma petite Trini…
    Goldar saisit son lourd glaive et le leva en l’air.
                - Je ne vois pas pourquoi je ne participerai pas à l’exécution ultime !
                - Ne crois pas que c’est le dernier souffle des Power Rangers !
                - La respiration est impossible dans un cercueil. Et toi, tu finiras découpée en morceaux pour nourrir nos tengas ! Quoiqu’il y a des chances pour qu’ils ne veulent pas de ta chair et…
    Mais Goldar, lancé dans son discours, n’avait pas remarqué que Trini avait saisi ses dagues laser. Il le remarqua trop tard.
                - Mais…
                - Voilà pour toi ! On ne va pas jouer à pique-pirate, mais pique-Goldar !
    La Ranger Jaune planta de quelques centimètres ses deux dagues dans le bas de la jambe de Goldar, là où l’armure laissait entrevoir une faille. Le monstre émit un gémissement de douleur, puis, dans la foulée, donna un redoutable coup, avec le manche de son épée, dans la tête de Trini qui valdingua à la renverse.
                - Aiiiiiie !!! J’ai mal !!! hurla Trini.
                - Moi aussi mais je ne pleurniche pas, malgré ce que tu as osé me faire, fit Goldar tout en retirant les armes qui l’avaient légèrement entaillé.
    Goldar se rapprocha de Trini, allongé par terre, qui avait retirée son casque pour toucher son cou et ses joues, et pour vérifier qu’elle ne saignait pas.
                - Maintenant, sale gamine, maintenant que tu es à terre, je vais t’éliminer.
    Trini ouvrit les yeux et vit Goldar lever de nouveau son glaive, et prêt à le rabattre sur elle. Elle n’aurait pas le temps de se relever.
                - Au secours ! A l’aide !
    Billy, qui avait entendu crier quelqu’un, se tourna vers l’origine de ce cri et vit Goldar. Ni une ni deux, et ne voyant pas Trini à proximité, il sortit son épée-blaster et fit feu sur Goldar. Au bout de trois tirs, le géant ailé râla mais ne changea pas d’objectif, à savoir tuer Trini. Billy s’élança extrêmement rapidement et eut l’idée de tenter quelque chose.
                - Armure métallique !
    Et ses souhaits se révélèrent possibles. La combinaison du Ranger Bleu devient plus brillante, comme si elle était recouverte d’une couche métallisée. Et c’était plus ou moins le cas. Le pouvoir de l’armure métallique était d’une grande aide dans les situations cahotiques. Par exemple, il décuplait la rapidité de son détenteur, et augmentait les chances d’atteindre l’ennemi tout en gardant une défense quasiment inviolable.
                - Maintenant, à nous deux Goldar ! cria Billy tout en courant vers lui à une vitesse impressionnante.
    Goldar avait entendu, mais ne prit pas la peine de se retourner. Il allait abattre l’épée sur une Ranger Jaune impuissante, mais une Ranger Jaune qui avait vu arriver un sauveur, alors qu’elle n’y croyait plus.
                - Tiens, prends ça, gros naze !!!
    Billy arriva les deux pieds en avant dans le dos du monstre ailé, pratiquement à la perpendiculaire par rapport à sa cible.  Goldar lâcha son glaive avant de frapper Trini et se retrouva projeté contre la paroi d’une falaise, la tête la première. Billy constata que les pouvoirs de l’armure métallique étaient toujours présents et alla relever Trini.
                - Ca va aller, ma belle ? demanda Billy tout en prenant le casque jaune.
                - Euh… oui, même si j’ai du mal à bouger la tête… ronchonna Trini.
                - Tu peux te relever ?
                - Oui, c’est… c’est bon. Merci pour mon casque. Je vais le remettre.
                - Tu es sûre que ça va aller ?
                - Mais oui, ne t’inquiète pas. En plus, Kim est revenue avec Tommy, ils sont au Centre de Commandes.
                - Ah, super, enfin une bonne nouvelle… un facteur de motivation non négligeable…
                - Il ne faut pas le dire trop fort, gardons cela pour nous, inutile de dire à Goldar et à cette Ranger que Tommy est revenu et… attention Goldar revient à la charge !
    Billy, au lieu de reculer, se plaça entre Trini et Goldar. Fort de son armure métallique, il était prêt à affronter n’importe qui. Il devrait d’ailleurs expliquer aux autres comment fonctionne cette armure. Elle pourrait les aider contre la Zeo Ranger d’Argent, et à l’avenir. Car il y avait un avenir avec les Power Rangers, Billy le savait.
                - T’es mort, espèce de Ranger Bleu ! Je te le jure !
                - J’attends cela, Goldar. Mais ne sois pas trop optimiste !
    Trini avait repris ses dagues que Goldar avait laissées parmi les graviers, et revint à hauteur de Billy qui lui aussi avait fait appel à ses armes, ses lances laser.
     
                Et, à l’opposée de la place, Zack et Jason luttaient tant bien que mal contre la Zeo Ranger d’Argent qui continuait d’étaler tous ses talents. Rien n’était joué pour personne, mais elle donnait du fil à retordre et se surpassait. Si Jason n’avait pas été son adversaire, il l’aurait félicité pour sa technique, aussi rare que splendide.
     
                Et, d’en haut, la bande du Seigneur Zedd adorait le spectacle qui se concentrait davantage sur la Zeo Ranger que sur Goldar. Tous les aliens supportaient leur protégée, et ils n’étaient pas déçus de sa prestation, bien au contraire.
                - Sariu, tu as fait le bon choix en la choisissant, elle, félicita Rita.
                « Je suis sûr que j’aurai fait au moins aussi bien », pensa Zedd.
     
                Et, le Dragonzord allait très bientôt terminer de pulvériser la montagne avec sa queue et pourrait la traverser par la brèche qu’il avait crée. Le Centre de Commandes serait son dernier objectif.
     
    ***
     
                Dans le Centre de Commandes, Kimberly et Tommy ressentaient les secousses de plus en plus importantes, mais le vista-globe retransmettant des vidéos d’archives sur les Power Rangers, ils ignoraient le déroulement de la bataille. Ils espéraient seulement que tout allait pour le mieux pour Jason, Trini, Zack et Billy.
    Une vidéo montrant Jason sortant avec Zack de la dimension noire, ne fit aucun effet à Tommy. Pourtant, il s’agissait d’une étape importante de son histoire chez les Rangers…
                - Ils étaient partis chercher la chandelle verte, pour toi ! Même ce souvenir ne te donne pas envie de faire une croix sur le malentendu ? interrogea Kimberly.
                - Je ne peux pas, Kim, je te l’ai dit, je vous ai tous trahis…
    Kimberly réfléchit, mais ne se resigna pas. Il n’était pas question de rendre les armes et elle voulait persister dans sa mission de faire revenir Tommy parmi les Power Rangers. Elle avait montré un grand nombre de retransmissions, de Tommy en Ranger Blanc mais aussi en Ranger Vert, en vain. Elle était étonnée de voir comment celui qui était sans doute plus que son ami se renfermait, et refusait de revenir. Et si Tommy avait-été lui aussi envoûté ? Non, se dit-elle, sinon, Sariu l’aurait déjà utilisé à des fins plus obscures.
    Alors, il lui restait une vidéo à montrer. Celle-ci était la dernière, et l’une des plus émotives.
                - Regarde bien celle-ci, Tommy.
    Tommy rapporta ses yeux vers le vista-globe. L’image qui apparut montrait le Ranger Vert à terre, et, à côté, une épée qui disparaissait : l’épée des ténèbres…
     
                Le Ranger Rouge venait de détruire l’épée des ténèbres grâce à son épée-blaster. Le sort de Rita venait par la même occasion de cesser son enclave sur l’âme de Tommy, qui vit sa combinaison disparaître.
    Les quatre autres Rangers venaient de quitter le Megazord pour venir en aide à Jason mais, en arrivant en bas, ils virent qu’il avait réussi seul.
                - C’est bon les amis. Transmutation ! dit Jason.
    Les Rangers quittèrent à leur tour leurs tenues de combat. Jason fut le premier et, dans un premier temps, le seul à aller vers Tommy.
                - Tu as détruit l’épée des ténèbres. Le charme de Rita est rompu ! lança Zack.
                - Est-ce que ça va Tommy ? demanda Jason.
                - Qu’est ce qui s’est passé ? questionna Tommy, qui avait du mal à retrouver ses esprits.
                - Tu es libéré du sort que Rita t’avait jeté.
                - J’ai mal à la tête…
                - Pauvre vieux… ça va passer, t’en fais pas.
                - Qu’est ce que j’ai fais ?
    Jason avait une idée en tête et il comptait proposer un avenir à Tommy : un avenir en vert, mais du bon côté.
                - Tout ce que tu as fait, tu l’as fais à cause de Rita Repulsa, mais elle ne te contrôle plus à présent. Bats-toi à nos côtés et tu pourras vaindre Rita.
                - Après tout ce que vous avez subi ?
                - Tommy, insista Jason en tendant la main, on a besoin de toi. Le reste n’a pas d’importance.
    Jason semblait sincère.
                - Est-ce que tu veux te joindre à nous, Tommy ?
    Tommy douta. Il ne savait pas s’il devait accepter.
    Il regarda les autres Rangers, notamment la jolie Ranger Rose qui faisait signe de la tête d’accepter. Et le regard de Kimberly fut le déclic, et il ne savait pas pourquoi. A son tour, et sans parler, Tommy hocha la tête en guide d’affirmation et serra la main de Jason pendant plusieurs secondes, pour la plus grande joie des autres.
                - Et maintenant que c’est réglé, transmutation demandée !
    Tommy allait effectuer sa première transmutation du côté du bien, du côté des Power Rangers, du côté de Zordon. Un jour qu’il n’oublierait jamais…
     
                Un jour qu’il n’avait toujours pas oublié, même en ce jeudi 8 mai 1997 : cela ne faisait pas loin de trois ans - malgré les péripéties qui se sont déroulées dans le futur entre temps – que Tommy avait combattu pour la première fois aux côtés des Power Rangers.
    L’émotion envahit Tommy.
                - C’était… le 23 septembre 1994, se souvint Tommy. Je suis arrivé au lycée le 12 septembre, pour le concours d’arts martiaux et le combat contre Jason. C’était un lundi. J’avais une belle coupe de cheveux d’ailleurs…
                - Oui Tommy. Nous avions alors tout fait pour te faire basculer vers le bon camp. Et, à force d’essayer, nous l’avons fait. Et ça n’avait pas été facile, crois-moi…
    L’alarme sonna dans le Centre de Commandes : le vista-globe quitta la vidéo d’archive et laissa apparaître le Dragonzord qui était tout près du Centre de Commandes, missiles armés. Alpha rappliqua immédiatement en haut.
                - Aie aie aie aie aie ! Moi qui venais avec une bonne nouvelle et voilà ce maudit Dragonzord !!! Aie aie aie !
                - Quelle bonne nouvelle, Alpha ? questionna Kimberly, tout en regardant le vista-globe.
                - Kimberly, tes pouvoirs sont rétablis intégralement ! Tu pourras entamer la transmutation d’ici une minute !
                - Cela me laisse au moins le temps de me téléporter auprès des autres. J’utiliserai mon zord, puisqu’il vole.
                - Oui, la téléportation fonctionne déjà. Bonne chance ! Aie aie aie ! Il faut maintenant que je rappelle Zordon, à moins qu’il ne revienne tout seul ! C’est la panique ! Aie aie aie ouille ouille…
    Alpha courait dans tous les sens. Kimberly se tourna vers Tommy avant de se téléporter.
                - Tommy, je vais les aider. Réfléchis-bien pendant mon absence.
                - Oui, Kim, je… balbutia Tommy, qui avait presque les larmes aux yeux.
    Kimberly se plaça au centre et se prépara au téléport.
    Mais une voix l’interpella…
     
    ***
     
                Les quatre Rangers étaient cette fois rassemblés. Goldar avait rejoint la Zeo Ranger d’Argent, et Scorpina, selon la volonté de Sariu, s’apprêtait à descendre pour donner un coup de main.
                - On va vous éclater vos têtes ! lança la Ranger maléfique.
                - Vous êtes déjà condamnés ! ajouta Goldar.
                - Nous, jamais. Rangers autrefois, Rangers toujours !!! lança Zack.
    Soudain, contre toute attente, deux individus arrivèrent au beau milieu des Rangers.
                - Kim ! Tommy ! s’exclama Zack.
                - Chouette, ça c’est morphénoménal ! dit Jason. Tommy, soit le bienvenu parmi nous !
                - Je… merci… bégaya Tommy, très ému.
    Sariu était en colère comme jamais, une colère jaune. Il n’avait pas anticipé un tel come-back.
                - Non !!! Non !!! Non et non !!! cria t-il. Goldar ! GOLDAR !!!
                - Oui, mon maître ?
                - Achève-les tous ! Tu m’entends, tous !!! Que la Zeo Ranger d’Argent fasse de même !!!
                - Oui, maître, je vais le faire.
    Kimberly s’avança, son médaillon tendu en avant.
                - C’est parti ! Par le pouvoir du Ranger Rose !
    Kimberly se retrouva habillée de sa tenue rose. Tommy s’avança à son tour, et comme au bon vieux temps, sortit son médaillon.
                - Transmutation demandée ! Par le pouvoir du Ranger Blanc ! C’est reparti !
    Les autres Rangers poussèrent des légers cris de joie.
                - Le Ranger Blanc est de retour ! s’exclama joyeusement Billy.
                - Oui, il l’est pour de bon, ajouta le concerné. Je suis prêt à faire valoir la force des Power Rangers, surtout lorsqu’ils sont au grand complet. Et pardonnez-moi encore une fois.




    CHAPITRE 24
    La défense par les airs
     
                Enfin, les Rangers pouvaient savourer le moment présent : tout restait à faire, et le pire était peut-être à venir, mais au moins, ils étaient de nouveau réunis.
    Goldar et Scorpina avaient l’air un peu perturbés de ce retour. En revanche, la Zeo Ranger d’Argent voyait cela comme un simple détail. Au contraire, elle allait avoir deux Rangers de plus à massacrer, se disait-elle.
                - Tu as beau être de retour, Tommy, cela n’enlève rien à la fin des Power Rangers. Votre épopée est terminée. Révolue !
                - Non, répondit Tommy, même si tu es en possession d’un bulbe de la plantation des anges, je ferai tout pour te ramener à la raison. Kimberly m’a donné envie de revenir, et je ne l’ai pas fait pour mourir dans dix ou trente minutes.
    Trini, interloquée, se trourna vers Kimberly.
                - Kim, tu ne lui as rien dit ???
                - Euh… pour la plantation des anges, et bien, je n’ai pas eu le temps, en effet…
                - Qu’y a-t-il, Kim, à propos du bulbe ? demanda Tommy. Oui je sais, j’ai fait une faute grave et…
                - Ce n’est pas ça Tommy, justifia la Ranger Rose, c’est que le bulbe était un faux bulbe. Rien n’a donc changé !
                - Donc tu ne nous as pas trahis ! ajouta le Ranger Rouge.
    Tommy sentit un nouveau soulagement en lui : il regrettait toujours d’avoir cedé à la demande de la Zeo Ranger d’Argent dans la grotte, mais au moins, sa bêtise était quelque peu atténuée.
                - Alors ça, c’est une bonne chose ! Et ça me motive encore davantage ! s’exclama Tommy.
                - Et face au Dragonzord, quel est ton degré de motivation ? ricana la Zeo Ranger d’Argent.
                - On verra bien. Trini, Jason, Billy et Zack, chargez-vous d’eux trois. Kim et moi, nous allons appeler nos zords pour attaquer dans les airs. La montagne est instable pour les zords sur pattes. Tu es prête, Kimberly ?
                - Oui, Tommy, prête.
                - Nous aussi, nous sommes prêts, fit Zack. Prêts à se défendre au corps-à-corps.
    Les Rangers Noir, Rouge, Bleu et Jaune s’élancèrent vers les ennemis qui avaient eux aussi commencé à se rapprocher. Les Rangers Blanc et Rose joignèrent les extrémités de chacun de leurs poings et levèrent leurs bras en l’air en les croisant, faisant jaillir des flashs de la couleur de leur tenue.
                - Grue ninjazord, j’ai besoin de toi, maintenant !
    Le zord de la Ranger Rose apparut dans le ciel, pas très haut. Elle bondit en l’air pour le rejoindre et prendre les commandes.
                - Faucon ninja, maintenant !
    Et le sublime Faucon blanc débarqua à son tour dans les hauteurs, et Tommy s’empressa de se téléporter à bord de son aéronef. Il verrouilla au maximum les boucliers énergétiques du Fauconzord. Puis il se mit à tournoyer autour du Dragonzord afin de le scruter, de trouver une faille, mais Tommy, qui le connaissait déjà très bien et peut-être mieux que personne, savait qu’il était difficile de mettre hors de combat ce puissant robot.
                - Kim, tu me reçois, ici Tommy. Kim ?
                - Oui, je t’entends, répondit la Ranger Rose parmi les grésillements et les interférences. Qu’est-ce que je dois faire ?
                - Utilise les canons laser de ton zord contre le Dragonzord. Attends juste que je m’écarte de la zone. Pour ma part, je ne sais pas encore comment je vais procéder, mais j’y réfléchis.
                - Ok Tommy, j’attends que tu t’écartes. Et ensuite, je tire des rafales !
    Le Ranger Blanc ferma la communication. Pour lui, la sensation était étrange de voir le Dragonzord comme son ennemi. Il avait été son compagnon d’arme pendant plusieurs mois alors qu’il était le Ranger Vert. Et déjà, lors de son dernier combat contre le Dragonzord, pendant lequel son clone avait repris le costume vert alors qu’entre temps il était devenu le Ranger Blanc, la situation l’avait quelque peu affecté.
    Mais cette fois, l’heure n’était plus aux sentiments. Tommy oublia ses pensées et se concentra sur l’attaque à mener, Dragonzord ou pas. Car ses amis, le Centre de Commandes, et voire plus, étaient grandement menacés.
    Le Faucon acheva son manège autour du Dragonzord et gagna légèrement de l’altitude.
                - Kim, le champ est libre ! signala Tommy. Il faut le neutraliser avant qu’il n’atteigne le Centre de Commandes. Il n’est plus qu’à une trentaine de mètres, à vue d’œil… à toi de jouer ma belle !
                - Très bien ! Feu à volonté !
    La Ranger Rose entra en action en innondant de lasers la carcasse du Dragonzord. Mais ce dernier n’avait pas l’air de ressentir le moindre désagrément. L’ignorance était même présente quant à savoir s’il avait ressenti les tirs.
                - Tommy, j’ai l’impression que ça ne sert à rien…
                - Continue à tirer ! Essaye de viser la tête.
                - D’accord, je vais tenter de bien cibler.
    Kimberly réitéra ses tentatives, obtenant le même constat que la première fois : le Dragonzord était vraiment coriace et il poursuivait sa progression : il avait déjà gagné cinq mètres, et le Centre de Commandes se rapprochait peu à peu de lui, ou plutôt, l’inverse.
     
                En bas, la Zeo Ranger d’Argent voyait bien les attaques portées à son zord. Mais elle devait s’occuper aussi des quatre Rangers qui venaient à sa rencontre en groupe. Elle appréciait l’aide de Goldar et Scorpina qui lui permettaient de se concentrer sur l’assaut final du Centre de Commandes. Dague du dragon à la main, elle allait demander au Dragonzord d’envoyer une première fournée de missiles.
    Et Billy voyait bien qu’elle allait tenter quelque chose. Il activa son communicateur et parla de la situation à Alpha.
                - Oui Billy, je vois très bien ce qui va se produire si nous ne faisons rien, balbutia le droïde. Aie aie aie, il faut mettre toute la gomme sur le bouclier du Centre de Commandes, sans pour autant diminuer ceux des deux zords en action actuellement. Oh la la… aie aie aie aie aie…
                - Je te fais confiance Alpha, tu vas t’en sortir, mais je dois te laisser bosser. Je vais faire le nécessaire pour retarder l’échéance. Fin de transmission.
    Puis il se dirigea vers la Zeo Ranger d’Argent qui l’avait entendu venir. Elle se tourna de quatre-vingt dix degrés vers sa droite pour se retrouver face-à-face avec le Ranger Bleu, dague à la main gauche, et blaster dans la main droite ; un blaster qu’elle activa et qu’elle fit tirer. Billy esquiva de justesse les lasers et se coucha par terre.
    Alertée par les bruits, Trini ne tarda par à venir à la rescousse de son sauveur du jour afin de lui rendre la pareille. Entre temps Billy s’était relevé mais la Zeo Ranger d’Argent était déjà à proximité et elle lui attribua un coup de genou dans les côtes. Mais le Ranger Bleu, qui avait pourtant mis fin à l’armure métallique quelques minutes auparavant résista et resta debout. Il donna à son tour quelques coups mais la Zeo Ranger d’Argent les para sans problèmes. Elle contra à l’aide de sa dague qu’elle fit virevolter dans tous les sens. Des étincelles jaillirent de partout et le Ranger défenseur du bien dût se résigner à battre en retraite ; entre temps il avait réquisitionné ses armes, les lances laser. Trini, avec ses dagues laser, se postait aussi à la rencontre de la Zeo Ranger d’Argent qui voyait son périmètre d’action diminuer tout doucement.
                - Je n’ai pas demandé d’être collée, je veux juste vous éliminer de la surface de cette planète, même vous faire disparaître de la galaxie !
                - Tu n’aimes pas être taquinée ? ironisa la Ranger Jaune. Serais-tu en difficulté ?
                - Alors ça, jamais ! C’est me sous-estimer que d’avancer des idioties pareilles…
    Enervée, la Zeo Ranger d’Argent approcha la dague du dragon près de sa bouche et siffla pour obtenir le même pouvoir qu’elle avait choisi quelques minutes avant, à savoir celui d’envoyer des lasers de son bouclier.
                - Et voilà, je vais faire un peu le ménage autour de moi… rigola t-elle avant de faire un tour sur elle-même afin de ne louper ni le Ranger Bleu, ni la Ranger Jaune, qui furent projetés à quelques mètres, le dos contre terre : ce qui laissait le champ libre pour ordonner au Dragonzord le largage des missiles.
                - Tu as le feu vert, ma Ranger ! cria Sariu posté dans ses hauteurs, entouré de ses alliés maléfiques qui étaient de plus en plus heureux et pressés d’en finir pour de bon avec les Power Rangers en vue de s’approprier la Terre sans qu’aucun obstacle ne vienne compromettre leurs stratégies les plus diaboliques.
                - Très bien, merci, maître. Dragonzord, c’est à toi de jouer ! C’est l’heure du duel !!!
    Une nouvelle fois la petite épée-flûte se fit entendre, mais la mélodie était différente, et plus aigue. Le Dragonzord, qui n’était plus qu’à quinze mètres, arrêta sa progression, et tira dix missiles sortant de chacun de ses doigts.
     
                Les deux zords volants pilotés de main de maître par les deux Rangers à bord avaient évité de justesse le drame ; en effet, lors du départ des missiles ils se trouvaient juste devant le Dragonzord, sur la trajectoire des tirs. Soulagés, les Rangers Blanc et Rose l’étaient, mais pas pour longtemps : les dix missiles venaient de s’écraser contre le Centre de Commandes, provoquant un vacarme impressionnant et une pluie de matériaux divers qui venaient de se dissloquer des murs de l’édifice.
                - Non ! Le bouclier n’a pas pu repousser suffisament les missiles ! déplora Kimberly.
                - Exact, Kim, et là, nous ne pouvons rien faire, relativisa Tommy. Le Dragonzord n’a pas cessé d’avancer vers le Centre de Commandes…
                - Et il poursuit de nouveau sa progression… Oh là la… mais qu’est ce qu’on va bien faire !
                - Je… je ne sais pas. Restons dans nos zords et essayons malgré tout de trouver une faille. S’il en existe une…
    Tommy tapotait sur son tableau tactile de commandes. Il zoomait sur quelques parties du Dragonzord, sans trouver de réponse à sa question : comment l’arrêter ? Comment éviter la destruction du Centre de Commandes ? Et si le Dragonzord arrivait effectivement à portée de la base, et s’il se servait de sa queue comme un marteau-piqueur pour dévaster les lieux ? Trop de questions qui rendaient Tommy encore plus stressé.
                - Tommy ? souffla Kimberly via les hauts-parleurs. Tommy ? Tu me reçois ? Je pensais à un truc…
                - Je t’écoute.
                - Titanus ? On peut l’appeler, tu ne crois pas ?
                - Et bien, j’y pensais aussi, mais Titanus risque de rester coincé aussi parmi les montagnes puisque il roule, et il n’a pas de pattes ni de jambes. La nivellation de la zone étant ambiguë et montagneuse, je crains que son aide ne soit pas si bénéfique…
                - Même pour des tirs à distance, comme on a toujours fait avec Titanus ?
                - J’ai peur que si le Dragonzord est près du Centre de Commandes, que…
                - … les tirs touchent aussi le Centre de Commandes, c’est cela ? devina la Ranger Rose.
                - Oui, tout à fait, tu as tout dit. Mais j’ai beau parler, je ne trouve décidément rien à faire. Le Dragonzord est trop puissant pour mon Faucon, tout comme pour ta Grue.
                - Alors, on fait quoi ?
                - On continue de voler au cas où, mais…
                - Tommy, attention !!!
                - Quoi ? Ah oui, mince…
    La queue du Dragonzord vint frôler la carlingue du Faucon ninjazord. L’impact avait été évité d’une poignée de centimètres, et Tommy avait à peine ressenti le choc. Malgré cela le Faucon se mit à virevolter pendant trois ou quatre secondes sans que le Ranger Blanc ne parvienne à le redresser.
                - Tommy ! Tommy !!! Attention il attaque ton Faucon de nouveau ! Avec sa queue…
    Cette fois, Tommy avait vu le coup venir. Alors que son Faucon n’était plus qu’à dix mètres du sol, la queue s’apprêtait à s’écraser sur lui comme une tapette écrase une mouche. Il tenta de remonter en pic à la verticale avant le coup de queue qui venait très légèrement de la droite de l’appareil volant. Et le drame fut là encore une question de centimètres, puisque le Faucon s’en était fabuleusement bien sorti sur ce coup, mais son pilote croyait plutôt que la chance avait joué une part majeure dans cette esquive.
    Tommy stabilisa le Faucon lorsque une fois qu’il n’était plus à portée du Dragonzord, c’est-à-dire juste au-dessus du Centre de Commandes, mais il ne comptait pas y rester indéfiniment : en effet, le zord de la Zeo Ranger d’Argent n’était plus qu’à quelques mètres : sept ou huit, pensa Tommy. Et il devait tenter le tout pour le tout.
    Il eut alors une idée, mais il craignait qu’elle survienne trop tard. Il voulait demander l’avis de Zordon avant de tenter quelque manœuvre que ce soit.
                - Zordon, tu me reçois ? Ici Tommy, je vais être bref, car dans deux minutes, le Dragonzord sera en contact avec la base. Zordon, est-ce que l’explosion en vol des missiles du Dragonzord peut provoquer des dégâts ?
                - Ta question est sans réponse, Tommy, regretta Zordon, mais je pense que tu peux tenter. La première fournée de tir n’a pas causé le moindre dommage à l’intérieur du Centre de Commandes, mais seulement sur la façade. Tente, Tommy !
                - D’accord Zordon, merci, dit le Ranger Blanc tout en coupant la communication sans le signaler à son interlocuteur. Il faut que je donne mes instructions à Kimberly. Allez. Kim, tu me reçois ?
    Tommy attendit la réponse, mais au bout de cinq secondes, aucun retour.
                - Kimberly ? Kim ? Mais où es-tu…
    Puis il vit passer à toute vitesse la Grue rose passer devant le Faucon, puis la même scène mais avec un missile. Un missile suivait la Grue, d’une dizaine de mètres d’écart.
                - Non de non ! Kim, j’arrive ! réagit Tommy.
    Le Faucon Ninja Zord redémarra et s’en alla à la poursuite du missile.
                - Tommy ! Tommy je suis mal ! Très mal !!! cria la Ranger Rose.
                - Oui, mais j’arrive, je suis derrière le missile qui te suit… je ne savais pas que le Dragonzord pouvait produire des missiles à tête chercheuse.
    La Grue de la Ranger Rose monta dans les airs en faisant une boucle à cent quatre-vingt degrés, afin de réaliser ce qui ressemble à un demi-tour à la verticale. Furent de même le missile et le Faucon. Maintenant, le groupe se dirigeait droit vers une falaise qui se trouvait non loin du refuge où se trouvaient les forces du mal qui supervisaient les actions de la Zeo Ranger d’Argent.
                - Kim, évite la falaise à tout prix !
                - Oui, c’est ce que je vais essayer ! Mais je flippe à mort !
                - Ecoute, essayes de raser le haut de cette falaise ou d’une autre, et tente de prendre de la vitesse. Une fois que tu auras distancé le missile, je le ferai exploser en plein vol.
    Kimberly chercha alors une solution du regard. Elle vit alors ce qui semblait être le groupe du Seigneur Zedd. Elle distingua Sariu et les aliens. Alors, elle savait ce qu’elle allait faire.
                - Tommy, je crois que tu n’auras même pas besoin de faire explosrer le missile, mais reste quand même derrière au cas où ce que je veux faire se passe mal. Mais reste assez loin derrière…
                - Kim, que vas-tu tenter ?
                - Suis-moi, tu vas bien voir…
    Tommy n’aimait pas ne pas connaître l’initiative de Kimberly, et il espérait qu’elle n’allait pas entreprendre quelque chose de trop risqué. Il vit juste un léger changement de trajectoire de la Grue ninjazord, qui se dirigeait vers la bande au Seigneur Zedd, qui avait l’air de s’agiter peu à peu. Le missile avait anticipé et suivait précisément la trajectoire du zord qu’il poursuivait. Le Faucon ralentit légèrement, comme Kimberly l’avait suggéré, mais fermait toujours la folle filature. Tommy venait cependant de comprendre que leur passage à cet endroit précis ferait quelques dégâts, mais des dégâts subis par les forces du mal.
    Allaient-ils résister au passage d’un zord au ras de leurs têtes ? Possible.
    Mais au passage d’un missile, c’était bien moins sûr.
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    Re: MMPR S4, épisode 3 : Zeo Zeo Sept

    Message par KL44 le Jeu 7 Mai - 18:26

    Bonsoir,

    voici la suite des aventures, alors qu'on approche peu à peu vars la fin de cette fic.

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    CHAPITRE 25
    Un dénouement final de plus
     
                - Euh… mon maître, ne faudrait-il pas partir avant le drame ? stressa Baboo, qui comme ses autres acolytes, voyait le zord volant de la Ranger Rose speeder à vive allure vers eux.
                - Oui, mettons-nous à couvert et vite !!! ordonna Sariu.
                - Ce n’est pas un zord minable qui va nous faire peur, relativisa le Seigneur Zedd. Il suffit juste de nous baisser.
                - Mais le souci, informa Sariu, qui contrairement à ses habitudes, avait quelque l’air quelque peu désemparé, c’est que j’ai lancé un sort aux missiles du Dragonzord, pour qu’ils suivent leur cible à la trace. Et j’ai bien peur que l’un des missiles en question… ait… ait pris le zord de la stupide Ranger Rose pour proie.
                - Tu plaisantes ? questionna Zedd, qui se sentait moins bien subitement.
                - Non ! A l’abri !!! Vite !!! VITE !!! hurla Sariu.
    Mais la Grue était déjà trop près. Elle survola les têtes des monstres qui s’étaient baissés. Squatt avait senti la carcasse du zord volant passer vraiment près de lui. La Grue était passée à une telle vitesse que chacun des aliens fut déséquilibré, mais aucun ne tomba en avant, sauf le pauvre Baboo qui dévala la dizaine de mètres de la pente avant de se retrouver en bas, parmi les roches et les cailloux. Et il put constater d’en bas, que sa chute avait pu avoir des effets positifs…
    Car le missile ne se fit pas attendre. Il s’écrasa au beau milieu des aliens, contre un très gros rocher qui explosa violemment. La déflagration qui en découla projeta le Seigneur Zedd, Rita, Sariu et Squatt en arrière. Finster se retrouva allongé à terre, inerte, au beau milieu des débris de roche.
     
                Le Fauconzord passa à son tour mais bien au-dessus cette fois. Tommy était soulagé et n’en revenait toujours pas de la magnifique idée de Kimberly.
                - Ca a été super, Kim, mais il ne faut pas oublier le Dragonzord. Demi-tour !
                - Oui ! Je te suis.
    Les deux zords venaient de se replacer dans la course pour sauver le Centre de Commandes mais le Dragonzord avait avancé, trop avancé : il était juste devant le grand tube longeant la façade de la base. Fort heureusement sa queue ne tournait pas encore. Tommy, tout comme Kimberly, espéraient pouvoir faire quelque chose. Les deux zords volants filaient vers le Centre de Commandes à toute vitesse.
     
                La Zeo Ranger d’Argent, tout comme les quatre autres Rangers, était toujours en place pour en découdre. Goldar et Scorpina étaient remontés pour aller aux nouvelles de leurs dirigeants, laissant Baboo en bas, ayant les pires difficultés pour se remettre debout.
    Billy et Trini muselaient la Zeo Ranger d’Argent qui tentait de souffler dans sa flûte. Elle écarta une première fois ses ennemis. Trini tomba mais Billy ne broncha point, attendant l’arrivée de Jason et Zack pour l’aider à la retenir. Mais l’ennemie se débattait comme elle pouvait.
                - Lâchez-moi, vous ne m’aurez pas ! D’ailleurs, je vous trouve trop nombreux !
    La Zeo Ranger mit un coup de coude dans le ventre du Ranger Bleu qui la lâcha. Avant que les Rangers Rouge et Noir ne parviennent à l’attraper, elle s’échappa quelque peu et sortit son blaster, puis dégaina à l’aveuglette dans le groupe.
                - Dispersion ! cria Zack.
                - Ha ha ! Un tir dans le Ranger Bleu, fit-elle en visant Billy, qui tenta en vain d’éviter le laser qui vont s’abattre au niveau de son cou.
                - Il faut la retenir ! ordonna Jason, qui s’élança vers elle.
                - Et un deuxième tir, pour le Ranger Rouge cette fois ! lança la Zeo Ranger d’Argent, avant de diriger son arme vers Zack. Et ensuite, au tour du Ranger Noir, et pan !
    Jason et Zack mirent chacun leur main gauche à l’endroit de l’impact : le genou pour le Ranger Rouge, et la cuisse pour le Ranger Noir.
                - Et, pour conclure, c’est à la Ranger Jaune, cette pitoyable combattante, de prendre… mais, où est-elle ?
                - Je suis là, madame !!!
    Armée de ses dagues, la Ranger Jaune débarqua de derrière elle et lui entoura le cou de ses deux armes blanches.
                - Tu fais moins la fière, là ! fit Trini.
                - Tu crois ça… c’est toi qui va être moins fier dans quelques secondes, quand tu seras morte.
    La Zeo Ranger d’Argent mit les mains à son transmutateur et disparût, avant de répparaître juste derrière Trini qui n’avait pas vu le coup venir ; malgré tout elle comprit rapidement la manœuvre, mais il lui était trop tard pour esquiver le coup quasiment fatal que lui adressa son ennemie.
                - Au revoir, petite incapable, c’est le début du péril jaune pour toi.
    Elle tendit sa dague du dragon et planta légèrement la lame au niveau du cœur de Trini. L’épée-flûte ne rentra que d’un centimètre dans le corps de la malheureuse Ranger Jaune, mais elle tomba tout de même en arrière, se tordant de douleur.
                - Non !!! cria Zack qui venait de se rapprocher de la Zeo Ranger d’Argent à toute allure.
                - Et si !!! La vie est si belle, parfois, tout comme la mort, n’est-ce pas, Trini ? ria la Zeo Ranger d’Argent. La fin d’une époque, quoi…
                - La fin de ton épopée tu veux dire ! hurla Jason qui surgit de nulle part, effectuant une clé de bras sur la Ranger du mal.
    Billy alla retrouver Trini, se tenant la zone de la plaie pour arrêter l’hémorragie. Il l’aida à se relever, et, miraculeusement, elle réussit sans vraiment ressentir le besoin de rester allongée.
                - Billy, regarde bien ce qui va se passer pour elle.
                - Hein ? Qu’est ce que tu vas lui faire ? demanda Billy.
                - Oui, qu’est ce que tu vas me faire ? rigola la Zeo Ranger d’Argent, joueuse, qui se laissait retenir par Jason et maintenant Zack qui lui tenait l’autre bras.
    Trini tourna la tête vers le Centre de Commandes. Visiblement, le Dragonzord avait reçu l’ordre de donner des coups dans sa façade. Elle voyait les dégâts qu’il pouvait occasionner, et elle devait arrêter ça.
    Alors, elle avança vers la Zeo Ranger d’Argent, mais elle rangea ses dagues laser. Elle serra son poing droit.
    Puis, à la surprise de tout le monde, elle ne frappa pas mais rouvrit la main et la posa sur le losange du bouclier de la Zeo Ranger d’Argent. Le bouclier doré s’illumina, et une lueur orangée entoura la Zeo Ranger d’Argent. Cette lueur remonta vers le bouclier puis passa par le bras de Trini. Le bouclier disparût de la poitrine de l’ennemie et s’installa autour de la Ranger Jaune. Les bracelets en or venèrent entourer ses bras. Enfin, la Dague du dragon quitta subitement la main de la Ranger maléfique et se retrouva dans celle de la Ranger qui détenait désormais le pouvoir du Dragonzord.
    Mais le phénomène de passation de pouvoir n’était pas clos. Affaiblie par la perte d’au moins la moitié de ses pouvoirs, la Zeo Ranger d’Argent s’agenouilla et sembla perdre connaissance. Effet inverse, Trini sembla retrouver sa forme d’avant sa blessure. Zack, Billy et Jason poussèrent des cris de joie, voyant la Zeo Ranger d’Argent inconsciente, et surtout, voyant Trini avec le bouclier doré.
                - Incroyable ! Trini, tu as eu une idée de génie ! félicita Billy en serrant son amie dans les bras.
                - Sensationnel ! Morphénoménal ! s’exclama Zack. Content de voir cette petite peste à terre.
                - Merci les amis, souffla la Ranger Jaune. Je me suis dit que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire, et par chance, ça a bien marché !
                - Merci à toi, surtout, dit Jason. Et maintenant, il faut s’occuper du Dragonzord. Trini, tu sais te servir de cette épée ?
                - Non, mais toi oui !
    Jason acquiesça. Il avait hérité des pouvoirs de Tommy lorsque la chandelle verte avait réduit à néant la force du Power Ranger Vert.
                - Je vais essayer. Passe-moi la Dague, s’il te plaît.
    Le Dragonzord donnait toujours des coups avec sa tête, ses pieds et ses bras dans le Centre de Commandes qui avait l’air fissuré par endroits. Jason s’empressa de souffler comme il le savait dans l’épée-flûte, mais aucune réaction immédiate ne se fit constater.
                - Mince, je n’y arrive pas… s’inquiéta-t-il.
                - Il faut que tu y arrives, dit Zack.
                - Je t’en prie, recommence, je ne sais pas du tout comment ça marche, et puis, je n’ai jamais été mélomane… déclara Trini, qui contemplait ses nouveaux équipements dorés et magnifiques.
    Le Ranger Rouge tenta de nouveau de transmettre ses consignes au Dragonzord, mais ce dernier ne semblait pas réceptif.
                - Bon, je regrette, mais je ne réussis pas, pesta Jason.
                - Comment va-t-on faire ? questionna Billy.
                - Il y en a un qui peut nous aider, mais il faut l’appeler.
                - Ah ! Tu parles de Tommy, bien sûr !!! se rassura Zack.
                - Tout à fait, dit Jason, en portant son communicateur près de sa bouche. Tommy, tu me reçois ?
                - Oui, c’est qui ? Jason ?
                - Oui c’est moi, il faut que vous reveniez sur la plancher des vaches, Kim et toi, et vite !
                - Mais le Dragonzord est toujours actif ! répondit le Ranger Blanc.
                - Venez, on a la solution.
    Et Jason expliqua les péripéties à Tommy, qui passa à son tour le message à Kimberly. Ils se téléportèrent près des quatre autres Rangers et ordonnèrent à leurs zords de retourner dans leur cachette.
     
                Pendant ce temps, Sariu ne s’occupait plus du combat. Il était auprès de Finster, qui ne s’était pas relevé. De plus, une légère brume les entourait, suite à lé récente explosion causée par le missile.
                - Sa respiration est très faible. Si je me dépêche, je peux le sauver.
                - Alors fais, Sariu, pria Rita.
                « On pourrait le laisser crever, ça ne ferait pas une grosse perte », pensa Zedd, toujours aussi insensible.
    Baboo avait réussi à rejoindre ses alliés maléfiques. Il allait leur raconter le retournement de situation, même s’il craignait la réaction du prince de Pluton.
                - Mes maîtres, commença Baboo, j’ai…
                - Chut, nous sommes occupés, tu ne vois pas ! rétorqua Rita.
                - Mais, ma reine, la Zeo Ranger d’Argent, elle… elle est vaincue.
                - Quoi ? Hein ???
    Sariu venait de se relever. Il s’avança vers la falaise et regarda dix mètres plus bas. Il voyait les six Rangers de nouveau réunis, et, étendue sur le sol, sa Zeo Ranger d’Argent. Sa peau devint de plus en plus jaune. Il poussa un cri exprimant colère, haine, rage, et désolation.
                - Non ! Je ne peux pas le croire ! Si près du but…
                - Je suis outré… je ne trouve plus mes mots, murmura le Seigneur Zedd. Nous n’y arriverons donc jamais. Pourtant, ton plan était très bien, Sariu.
                - J’ajoute que la Ranger Jaune s’est procuré les pouvoirs du Dragonzord en piquant le bouclier doré.
    Second coup de massue pour Sariu, de plus en plus dépité.
                - Je ne sais plus quoi dire, ni quoi faire. Il faut réattaquer au plus vite. Bon, pas tout de suite. Il faut rapatrier la Zeo Ranger d’Argent rapidement, mais je dois aussi m’occuper de Finster, ce pauvre Finster que je dois sauver au plus vite. Je m’occupe d’abord de lui. Goldar, Scorpina, surveillez-les !
                - Maître, vous ne voulez pas que l’on aille nous venger ? demanda Goldar. Ils méritent une bonne leçon…
                - Non, plus maintenant, ce n’est pas la peine. Ils ont le Dragonzord de leur côté, et ils pourraient l’utiliser contre nous. On a déjà failli y passer avec le missile, alors, je ne veux pas tenter de nouveau quelque chose. Je préfère prendre un peu de recul. Ils sont légèrement plus doués que je ne le pensais.
                - N’oublie pas, Sariu, intervint Rita, qu’il y a un moyen de mettre fin aux pouvoirs du Dragonzord : rétromuter la Zeo Ranger d’Argent.
                - Je m’occupe d’abord de Finster, puis on voit ça après, décida Sariu, dépassé par la tournure désavantageuse des évènements.
    Sariu leva ses deux mains vers le ciel, puis chuchota une formule étrange. Ses mains s’illuminèrent d’une couleur rouge sang. Puis il les posa sur la tête de Finster, qui ne tarda pas à ouvrir les yeux.
     
                Tommy se tenait à côté de Trini. Elle lui donna la dague du dragon.
                - J’espère que ça va marcher, souhaita le Ranger Blanc. En théorie, seul le possesseur du bouclier peut donner les ordres au Dragonzord. Je vais quand même tenter.
                - Tommy, je crois avoir déjà réussi sans le bouclier, justement, se souvint Jason.
                - Oui, je crois que tu as raison, confirma Kimberly. Allez Tommy, c’est à toi de jouer.
    Le Ranger Blanc prit la Dague puis, d’une seule main, composa les notes exactes. Les dirs de Jason se virent confirmés : il ne fallut pas longtemps à Tommy pour imposer au Dragonzord d’arrêter l’assaut du Centre de Commandes. Le robot vit ses diodes rouges clignoter autour de son générateur jaune et de forme ronde au niveau de son ventre, puis il s’immobilisa.
                - Ouais ! Tu as réussi ! Bravo ! félicita le Ranger Bleu.
                - Oui, c’est génial, souffla Tommy. Maintenant, il nous reste une chose à faire. Retirer le casque de la Zeo Ranger d’Argent.
                - Rien du tout ! cria Sariu qui venait d’apparaître derrière les Power Rangers. Elle rentre avec nous sur la Lune !
                - Non ! On doit savoir !!! s’exclama Zack.
                - Son épopée semble terminée. Elle ira se reposer dans la dimension noire.
                - Mais elle n’est pas morte… se demanda Trini.
                - Mince ! Je sais ce qu’il veut faire ! devina Tommy, qui reprit la dague du dragon et souffla un nouvel ordre.
                - Tommy ! Qu’est ce que tu fais ? questionna Jason.
    Tommy termina sa mélodie et parla.
                - Je viens de demander au Dragonzord de regagner l’Océan Pacifique. Et d’y rester, car il se désactivera tout seul, comme un grand, de sorte à ce que personne ne le réutilise pendant des années !
                - Mais pourquoi ? demanda Trini. On peut en avoir besoin !
                - En reprenant la Zeo Ranger, ils vont cesser son statut de transmutation. Et les pouvoirs du Dragonzord vont nous être repris. Alors, en le désactivant, ils ne pourront plus s’en servir contre nous.
                - Mais la Zeo Ranger d’Argent, semble être du passé ! dit Billy.
                - Par précaution, Billy, par précaution… se justifia Tommy.
                - Tu ne peux pas le désactiver ! C’est pas dans tes cordes ! contra Sariu.
                - C’est ça, on verra bien… certifia Tommy, sûr de lui.
    Derrière eux, le Dragonzord venait de quitter la zone du Centre de Commandes et allait bientôt s’enfoncer dans les montagnes, afin de regagner l’océan. Par l’ouest, et par cette chaîne montagneuse.
    Sariu prépara à son tour quelque chose  sa téléportation.
                - Rita, téléporte la Zeo Ranger d’Argent vers le Palais Lunaire, quand tu veux ! A bientôt Power Rangers, et la prochaine fois, je ne vous louperai pas.
    La Zeo Ranger d’Argent, toujouts inconsciente, disparut de la surface terrestre ; Sariu de même quelques secondes plus tard. Les Rangers du bien se congratulèrent, conscients d’avoir réussi leur mission.
                - On a réussi, et c’est bien, fit Jason. Je suis vraiment fier de vous, et notamment de toi, Trini, sans qui nous serions encore en train de nous battre.
                - Mais merci, Jason, mais sans vous, je n’aurai rien pu faire. Sans vous, elle m’aurait achevée et je ne serai peut-être pas là pour vous parler actuellement. Billy m’a sauvé la vie auparavant aussi, car Goldar a failli me tuer aussi.
                - Oui, il nous a raconté, bravo Billy aussi, dit Jason.
                - C’est grâce à l’armure métallique, vous savez, rien de plus, plaça Billy, modeste.
    Zack et Jason ne comprenaient pas ce qu’étaient que cette armure métallique.
                - Bon, je vous expliquerai comment ça marche, alors, rigola Billy. Si vous êtes sages !
    Puis un court silence vint s’imposer. Jason s’approcha de Tommy.
                - Tommy, je veux que tu saches que, ce qui s’est passé à Cornead Beach, l’autre jour, et bien, c’est oublié. On fait une croix sur tout ça.
                - Mais, quand même, tu es sûr, enfin, personne ne m’en veut ? s’étonna le Ranger Blanc.
                - Mais non, assura Zack.
                - Nous avons compris pourquoi tu avais fait ça, et, comme cela se termine bien, on ne va pas en faire tout un fromage, dit Jason.
                - Bon, et bien, je suis content que vous le preniez comme ça, avoua Tommy, soulagé, tout en entourant Kimberly de son bras droit. Mais sans notre Ranger Rose nationale, je ne serai peut-être pas revenue. Elle a fait énormément dans ce retour et je te remercie encore, Kim.
                - Oui, et bien, comme je n’aime pas les discours, je vous expliquerai plus tard mes folles aventures pour retrouver notre héros perdu.
                - Par contre, Sariu a dit que c’était la fin de la Zeo Ranger d’Argent. Vous y croyez, vous ? questionna Trini.
                - Je ne sais pas trop quoi penser, à vrai dire, affirma Zack.
                - Moi non plus, dit Jason. On verra bien ce qui se trame dans les prochains jours, voire même les prochaines heures.
                - Ouais ben j’espère quand même avoir un peu de répit, je suis un peu beaucoup fatigué, comme vous tous, je présume, répondit Billy.
                - Et moi, tout cela m’a donné faim, ajouta le Ranger Rouge.
    Les Rangers se serrèrent de nouveau dans les bras et parlèrent encore quelques secondes, quand tout à coup, la combinaison de Trini s’illumina de la même lueur qui avait entourée la Zeo Ranger d’Argent lors du transfert de bouclier. Ce dernier se volatilisa avec les bracelets. La dague du dragon quitta la main de Tommy et se fit la belle à son tour.
                - Voilà, conclut Tommy, je suis désolé Trini, mais la Zeo Ranger d’Argent a dû se rétromuter.
                - Et bien tant pis, répondit-elle, je n’aurais pas beaucoup profité de ses super-pouvoirs. Ca va me manquer.
    Les Rangers furent coupés par les communicateurs qui sonnèrent.
                - Oui, ici Tommy, j’écoute.
    La voix de Zordon prit le relais.
                - Rangers, encore une fois, bravo pour votre réussite. Vous avez de nouveau tenu tête aux forces du mal. Alpha et moi-même sommes très fiers de vous, et de votre courage.
                - Merci Zordon, dit Tommy. On va enfin pouvoir aller décompresser.
                - Pas encore, je vous demanderai juste de vous téléporter au Centre de Commandes.
    Les Rangers s’étonnèrent.
                - Ah bon ? Il y a encore un problème ? s’inquiéta Billy.
                - Non, répondit Zordon. Mais je dois vous parler de choses importantes, très importantes. Je vous attends le plus vite possible.




    CHAPITRE 26
    Les vérités de Zordon
     
                Le Palais Lunaire venait d’accueillir ses hôtes, défaits sur Terre pour une énième fois.
     
                Le moral était très bas.
    Goldar, qui attendait avec Sariu l’arrivée du Seigneur Zedd et des autres dans un long couloir, portait la Zeo Ranger d’Argent, séparée de sa combinaison, qui ne s’était toujours pas réveillée.
                - Maître, que va-t-elle devenir ? demanda le monstre ailé.
                - Je ne sais pas encore, Goldar. Emmène-là dans la dimension noire. Les forces maléfiques y sont si puissantes qu’il y aura peut-être un déclic.
                - Elle n’est pas morte, je le sens, dit Goldar.
                - Non, elle est juste dans un léger coma, mais je ne pense pas qu’il va durer indéfiniment. Le transfert des pouvoirs dont elle a été victime, selon Baboo, a dû l’affaiblir fortement pour qu’elle en arrive là.
    Zedd arriva avec Rita à leur hauteur. Ils étaient marqués par la défaite, qui, une fois de plus, avait été l’issue fatale de leurs plans les plus fous.
                - Je ne sais pas par où commencer, souffla le seigneur rouge.
                - Je pense que nous en reparlerons ultérieurement, dit Sariu. Comment va Finster ?
                - Il est en pleine forme, tu l’as sauvé, Sariu, remercia Rita. Il est comme neuf.
                - La seule bonne nouvelle alors… se lamenta le prince de Pluton, en désignant du doigt sa Zeo Ranger d’Argent.
                - Elle… elle n’est toujours pas revenue à elle… déplora Rita.
                - Ces Rangers vont bien finir par perdre ! s’énerva Zedd. Il va bien falloir qu’ils tombent un jour !!!
    Sariu fit signe à Goldar d’aller dans la dimension noire. Il s’approcha de Zedd et de Rita et leur parla à voix basse.
                - Je suis navré, je pensais que ça allait marcher.
                - Tu as fait de ton mieux, Sariu, mon ami, relativisa Zedd.
                - Ces Rangers sont en fait un peu plus malins que je n’osais l’imaginer. Mais coûte que coûte, je trouverai un moyen de les arrêter. Ce n’est plus qu’une question de temps. Tout d’abord, la plantation des anges, puis maintenant, la Zeo Ranger d’Argent, sans boulier la probable perte des pouvoirs du Dragonzord, et, pour clotûrer, la mise hors-service du Zeo Megazord qui ne répond plus à nos appels.
                - Comment ? questionna Zedd, qui n’avait pas laissé tout échapper. Comment ça, les pouvoirs du Dragonzord ne sont plus en notre possession ?
                - Que veux-tu dire ? persista Rita.
                - Lors de la rétromutation de notre Ranger, les pouvoirs du Dragonzord ne sont pas revenus. Il aurait dû se passer quelque chose, je ne sais pas, son médaillon aurait dû réagir, il aurait dû récupérer ses pouvoirs, enfin, je ne sais pas, mais il devait se produire un phénomène.
                - Je ne sais pas ce qui te fait dire ça… mais je suis de ton avis, admit la sorcière.
    Rita et Zedd prirent congé et allèrent vers la salle du trône.
    De son côté, Sariu, qui avait dans sa main le transmutateur du Ranger Vert, ne comptait plus s’en servir. Avant de suivre ses amis, il fit un détour vers une salle qui servait de fourre-tout et balança le transmutateur parmi la tonne de bricoles qui envahissait la salle en question.
    Il se dit que jamais personne ne devrait utiliser de nouveau ces pouvoirs, car à chaque fois, la fin avait été à l’avantage des défenseurs de la paix. Il espérait aussi que personne ne lui reparle de ce transmutateur.
     
    ***
     
                Les six Power Rangers du bien venaient de se téléporter et de retrouver la sûreté et la sécurité apparente qui émanait du Centre de Commandes. Tous, qui avaient juste retiré leurs casques, furent heureux de retrouver Alpha et Zordon.
                - Bravo Billy, joli travail pour Alpha, félicita Zack. Si Luke Skywalker connaît un problème avec R2-D2, il pourra t’appeler !
                - Aie aie aie ! Mais qui est ce R2-D2 ? demanda Alpha. Je ne veux pas me faire remplacer par un autre droïde…
                - Mais non, c’est de l’humour ! rigola Trini. R2-D2 est bien un droïde, mais issu d’un film.
                - Rangers, je vous renouvelle mes félicitations une nouvelle fois, intervint Zordon. Mais si je vous ai fa it venir, c’est parce que je dois vous donner quelques explications, et, en premier lieu, répondre à une question que vous devez vous poser.
                - Oui, la question de savoir quand on va pouvoir aller dormir ? demanda Billy.
               - Non, même si j’en ai que pour quelques minutes, répondit Zordon. Je pensais plutôt à la plantation des anges.
                - Ah oui, exactement, se rappela Tommy. Comment se fait-il que j’ai donné un faux bulbe ? Je n’ai pas bien compris.
                - Ce n’est pas très compliqué, commença Zordon. Lorsque vous avez ramené le coffre de la plantation des anges, il y a à peine plus d’une semaine, j’ai ordonné à Alpha de remplacer son contenu. Alpha est allé une nuit dans le parc d’Angel Grove et il a cueilli des branchages, des feuilles, et il a arraché des bulbes inoffensifs mais qui ressemblaient aux originaux. Et ensuite, il les a disposés dans le coffre.
                - D’accord, je vois… dit Zack. Mais où sont les bulbes originaux, les vrais ?
                - Ils sont dans un autre coffre, détenu dans un endroit du Centre de Commandes que seul Zordon et moi connaissons, annonça Alpha.
                - Si je ne vous révèle pas l’emplacement en question, c’est justement pour éviter de renouveller les problèmes que nous avons pu rencontrer récemment, fit Zordon.
                - Oui, je comprends, je suis encore désolé, ne put s’empêcher de s’exucser de nouveau Tommy.
    Zordon laissa quelques secondes sans bruit et reprit la parole.
                - J’ai aussi autre chose à vous dire. C’est un secret que je garde depuis très longtemps, et je pense qu’il est grand temps que je vous en parle. De toute façon, vous deviez en être informés, c’est inévitable aujourd’hui.
                - Oula, ça sent la révélation choc, chuchota Kimberly, maladroite.
                - Chut, Kim, ça à l’air très sérieux, murmura Trini.
                - Je vais vous parler du médaillon du Dragonzord, reprit l’être dimensionnel. Ce médaillon possède une très longue histoire, et pourtant, elle n’est pas ponctuée de grands évènements, jusqu’à ce que Rita l’attribue à Tommy, alors que tu étais sous son envoûtement. Il s’agit en fait du premier médaillon de Power Ranger, le premier crée, il y a très longtemps. C’était il y a sept mille sept cent un ans, pour être le plus précis possible.
                - Attends, tu veux dire que… coupa Billy que le médaillon du Ranger Vert fut le premier crée ?
                - Oui, Billy.
                - Un truc qui m’échappe, demanda Jason. C’était il y a sept mille sept ans ans à peu près, c’est ça ? Rita a volé le médaillon et elle dit toujours haut et fort qu’elle est restée en captivité dix mille ans dans sa poubelle spatiale ?
                - Elle n’a pas la moindre notion du temps. Elle est restée coincée dans cette poubelle environ six mille neuf cent trente ans. Mais j’y reviendrai plus tard. Je reviens au médaillon. C’est moi qui l’aie fabriqué, alors que je contrôlais quelques éléments mystiques. J’ai un jour trouvé une nouvelle source de pouvoir, inconnue, un peu par hasard. C’était en luttant et en défendant la Terre, vous l’aurez deviné, contre Zedd et ses troupes. Je vous passerai les détails, mais j’ai donc mis la main sur un pouvoir, une puissance extraordinaire, mais difficilement maîtrisable, voire même agressive. Alors, d’une façon dont là aussi je vous épargnerai les longues péripéties, j’ai réussi à regrouper toute cette force dans un médaillon.
    Les six Rangers écoutaient tous très attentivement : ils étaient captivés par le récit de Zordon qui retraçait la véritable naissance des Power Rangers.
                - Par la suite, j’ai fabriqué le permier transmutateur. Celui de Ranger Vert. Et je ne trouverai jamais le moment de l’essayer, car, de guerre en bataille, je n’avais aucun répit. Jusqu’au jour où Sariu s’est échappé de sa prison, et je devais le retrouver avec mes alliés avant qu’il ne parte.
                - Oui, je me souviens, intervint Alpha, à cette époque le Centre de Commandes n’était pas encore complètement livré. Et dire que nous devions en construire plusieurs autres dans les montagnes en tant que blockaus !
                - Exact, Alpha. J’ai retrouvé Sariu dans les montagnes, près de la zone dans laquelle, il y a encore un quart d’heure, vous luttiez contre les agents des forces du mal. Le duel était inévitable. Et, Sariu étant bien plus fort que moi, le recours au transmutateur semblait inéluctable.
    Ni Tommy, ni Zack, ni les autres n’auraient imaginé que le premier Power Ranger de l’histoire n’était autre que Zordon !
                - Zordon, tu as été le permier Power Ranger ? Le premier Ranger Vert ? questionna Tommy.
                - Négatif, Tommy. Je n’ai pas pu me transmuter. Sariu a écarté le transmutateur de mes mains juste avant que je ne puisse appeler mon zord. C’est là que j’ai perdu ce transmutateur, et les pouvoirs que son médaillon contenait. Par la suite, j’ai réussi à expédier Sariu vers un long périple spatial, assez loin pour qu’il ne revienne pas de sitôt. Mais mon transmutateur restait introuvable. En vérité, c’est Rita Repulsa qui l’avait récupéré : elle avait dû chercher Sariu, puis tomber sur ce mystérieux objet. Le problème, c’est que la source de pouvoir qu’il renfermait était finalement maléfique : j’appris par la suite que le Dragonzord avait été construit par les anciennes industries lunaires bien avant que la civilisation humaine n’apparaisse sur Terre. On peut donc considérer cela comme un juste retour des choses : Rita venait de reprendre des pouvoirs qui appartenaient autrefois aux forces du mal. Seulement, le règne du Seigneur Zedd et de ses acolytes ne dura pas : la disparition de Sariu avait grandement affaibli les troupes de Pluton. De plus, Zedd n’avait pas compris une chose : rien ne sert de produire des armées de millions de soldats si aucun d’entre eux n’a le niveau requis pour combattre. Zedd avait des hordes complètes de patrouilleurs mais aucun n’était doté de jugeotte. Il, enfin, Rita remarqua trop tard que la qualité prônait parfois sur la quantité. Sa possession du médaillon du Dragonzord n’empêcha pas son enfermement dans cette poubelle de l’espace. Le Palais Lunaire reste sans doute sans vie pendant six mille neuf cent trente années de détention de Rita, Goldar, Baboo et ses autres clowns. Cette disparition se fit sans que Zedd ne soit informé : en effet, à cette époque, il avait d’autres galaxies bien plus importantes que la nôtre à conquérir, puisqu’à cette époque, dans notre système solaire, seule la Terre n’était pas sous son emprise.
    Les Rangers étaient véritablement absorbés par l’histoire, si bien retransmise par Zordon qui était sans doute sur cette planète l’un des derniers témoins, avec Alpha. En aucun cas ils n’auraient pretexté la fatigue, pourtant bien présente, pour s’éclipser. Ils voulaient connaître la suite et à la fin du récit.
                - Après ces évènements, je suis retourné dans la zone où j’avais jadis detecté les pouvoirs du Dragonzord. Et, par surprise, cinq autres sources de pouvoir existaient !
                - Les pouvoirs des Rangers Rouge, Rose, Jaune, Noir et Bleu, compléta Alpha.
                - En effet. Je n’ai jamais su d’où ils venaient, mais j’avais la certitude d’une chose : ces pouvoirs étaient bons, purs, moins agressifs. Alors, j’ai procédé comme pour le médaillon du Dragonzord. J’ai créé les médaillons respectifs du Tyrannosaure Rouge, du Pterodactyle Rose, du Smilodon Jaune, du Mastodon Noir, et du Triceratops Bleu. Seulement, ces zords ne furent jamais utilisés… jusqu’à ce que cette impitoyable sorcière ne soit libérée, par un moyen que j’ignore. A partir de ce moment, ces médaillons trouvèrent possesseurs et les cinq zords purent entrer en action. Vous connaissez la suite de l’histoire…
    Zordon, bien qu’il fût un être dimensionnel, dût s’arrêter de parler afin de reprendre quelque peu son souffle. Il ne laissa pas le temps à Trini de poser sa question.
                - Par la suite, Rita a utilisé le médaillon pour Tommy. C’est à ce moment précis que la première transmutation d’une personne en Power Ranger Vert eût lieu.
                - Donc, osa Tommy, j’ai été… le premier Ranger Vert ce fut moi. Ca n’avait pas commencé pour le mieux…
                - Finalement, les pouvoirs du Ranger Vert étant ceux de l’ombre, heureusement que tu ne les as pas utilisé lors du duel contre Sariu ! fit Trini.
                - Je pense que tu as raison. J’aurai peut-être été pris au piège par le fort pouvoir du médaillon. On peut admette que Sariu a forcé le destin, et dans le bon sens pour nous.
                - Pour conclure, je vais vous expliquer pourquoi la Zeo Ranger d’Argent ne pourra plus jamais utiliser les pouvoirs du Dragonzord.
                - Ah bon ? Tu es sûr de ça ? demanda Jason. Mais pourquoi ?
                - C’est encore très simple. Lorsque j’ai trouvé les pouvoirs du Dragonzord, ils étaient certes très durs à contenir, mais j’ai réussi à les modifier afin qu’ils ne puissent servir que dans le but de défendre les bonnes causes. Hélas, mon sort n’a pas complètement fonctionné, mais il a permis une chose : le détenteur maléfique des pouvoirs du Dragonzord ne peut les utiliser qu’à l’occasion d’une unique transmutation. Sauf si le détenteur possède le médaillon et le transmutateur qui va avec, comme ce fut le cas pour le Ranger Vert : j’avais attitré la force du Dragonzord au Ranger Vert. Tout cela vous paraît peut-être un peu confus, je le conçois bien.
    Les Rangers se regardèrent : ils avaient des questions à poser mais ils préfèraient écouter la fin de l’histoire sans interrompre Zordon.
                - Donc, vous comprendrez que la Zeo Ranger d’Argent, qui a reçu les pouvoirs du Dragonzord sans la combinaison de Ranger Vert, ne peut plus jamais les réutiliser, et heureusement pour nous. Maintenant, une énigme reste : comment le médaillon du Dragonzord a pu venir se greffer aux pouvoirs des cristaux Zeo. Je n’ai pas la réponse à cette question, qui va me torturer pendant longtemps.
                - J’ai une petite question, dit Kimberly. Les pouvoirs du Dragonzord, où sont-ils maintenant ?
                - Ils ont dû regagner le médaillon du Dragonzord.
                - Donc elle peut réutiliser le transmutateur du Ranger Vert à sa guise, puisqu’il est sur la Lune ? questionna de nouveau la Ranger Rose.
                - C’est une thèse possible, répondit Zordon. Seulement, je ne sais pas si cela se produira. Par deux fois, les forces maléfiques ont eu recours au Ranger Vert, et par deux fois, leur projet a échoué. Rita et Zedd ont peut-être peur de perdre de nouveau ce médaillon à notre profit. Cela signifierait qu’un septième Ranger pourrait leur faire barrage.
                - Ok, je comprends ce que tu veux dire, merci, dit Kimberly.
                - Une dernière des dernières questions, intervint Jason. Pour le Zeo Megazord, on fait quoi ?
                - Je ne sais pas encore, regretta Zordon. Pour l’instant, il va rester où il est. Nous n’avons pas le contrôle de ce Megazord, nous ne pouvons rien faire pour lui pour l’instant.
                - C’est balo, ça…
                - Voilà ce que j’avais à vous dire, Rangers. Merci pour votre écoute, merci de ne pas m’avoir interrompu. Maintenant, je vous laisse libre de terminer votre journée comme vous le sentez.
                - Oh, ben moi, ça va être dodo je crois, annonça Billy.
                - Moi, plutôt Mcdo, informa Jason.
                - On a une dernière mission avant, coupa Tommy. Zordon, il faut ramener le corps de Katherine. Je ne sais pas où il est, mais serait-il possible qu’il soit sur la Lune ?
                - Alpha avait justement lancé une opération consistant à la retrouver, répondit Zordon.
               - Oui, et j’ai une réponse à apporter, informa Alpha. Katherine se trouve actuellement dans la dimension noire.
                - Oh non, ce n’est pas vrai ! pesta Zack.
                - C’est là-bas que Sariu a dit qu’il emmènerait la Zeo Ranger d’Argent, et… se souvint Tommy, qui se tut juste après, fermant les yeux puis les rouvrant juste après.
                - Non, Tommy, ne recommence pas à douter, je t’en prie, dit Kimberly.
                - Non Kim, peu importe, mais il faut aller la chercher, répondit le Ranger Blanc. Billy, on va aller chercher ton appareil qui permet de changer de dimension. Il est dans ton laboratoire ?
                - Affirmatif.
                - Soyez prudents, Rangers, dit Zordon. Il est possible que Zedd ait posté des soldats dans cette dimension noire.
                - Ne t’inquiète-pas, fit Tommy, je n’irai pas tout seul. Jason, Zack, je pense que vous viendrez avec moi. Kim, Trini et Billy, vous resterez dehors en cas de pépin.
    Chacun acquiesça d’un signe de la tête, puis se rétromuta pour regagner une tenue civile plus classique. Puis, le groupe se téléporta chez Billy.
    Après leur départ, Zordon entama les louanges sur les Rangers.
                - Tu vois Alpha, j’ai bien fait de prendre des adolescents.
                - Oui Zordon, je sais bien qu’ils sont exemplaires.
                - Je suis tellement fier d’eux, tous autant qu’ils sont. Jamais je n’aurai été un Ranger aussi puissants que chacun d’eux. Ils sont si forts, si droits, si habiles, si doués…
                - Aie aie aie aie aie, heureusement que tu ne m’as pas écouté, à l’époque…
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    Re: MMPR S4, épisode 3 : Zeo Zeo Sept

    Message par KL44 le Jeu 28 Mai - 11:37

    Bonjour,

    voici la fin de cette fanfic, écrite en 2008 et corrigée cette année.
    Bonne lecture !

    -----



    CHAPITRE 27
    Pige dans la dimension noire
     
                Les six jeunes n’avaient pas mis longtemps à faire la navette entre le laboratoire de Billy et les montagnes, où devait être installée la porte dimensionnelle : un quart d’heure avait suffi. Il était près de seize heures, et ils n’avaient toujours pas mangé, ni même grignoté.
    Billy terminait de régler les derniers détails. L’accès à la dimension noire passait par l’installation de deux étranges appareils qui se présentaient comme des grands poteaux avec quelques antennes. Ils étaient plantés à deux mètres d’écart l’un de l’autre. Billy actionna une commande et des rayons bleus joignèrent les deux poteaux.
                - Tommy, tu es sûr que tu es capable d’accomplir cette mission ? questionna Trini. Aller sauver quelqu’un de vivant, c’est à ta portée, mais rapporter un corps… sans vie, ça peut être choquant, une expérience douloureuse.
                - Nous n’avons pas le choix, répondit-il sans hésitation.
                - C’est bon, l’accès est initialisé, annonça Billy.
                - Tu es sûr que l’on va atterrir au bon endroit ? s’inquiéta Tommy.
                - Sûr et certain, ça a marché deux fois dans le passé.
                - D’accord, je te fais confiance. Zack, Jason, vous êtes prêts à me suivre ? De toute façon, on ne traîne pas. On reprend Katherine et on revient. Ce ne sera pas long. Par contre, les filles, si d’ici dix minutes nous ne sommes pas revenus, venez. C’est que l’on aura eu des soucis.
    Trini et Kimberly firent un signe affirmatif de la tête. Tommy, suivi de Jason et Zack, s’avança près de la porte dimensionnelle. Telle une parade, ils mirent en même temps la main droite dans leur dos afin de saisir leur transmutateur.
                - Transmutation demandée ! Par le pouvoir du Ranger Blanc !
                - Par le pouvoir du Ranger Noir !
                - Par le pouvoir du Ranger !
    Une fois transformés, les trois Rangers s’engouffrèrent dans l’accès.
                - J’espère que ça va bien se passer, fit Trini.
                - Il n’y a pas de raison, fit Billy. Je crois qu’ils seront bientôt revenus.
     
    ***
     
                Sariu avait senti le coup venir et il avait posté, avec l’autorisation du Seigneur Zedd, Goldar et six patrouilleurs dans la dimension noire.
                - Sariu avait raison ! lança Goldar lorsqu’il vit les trois Rangers débarquer. Il savait que vous viendriez !
    Zack fut le premier à voir Goldar et les patrouilleurs, se dandinant dans tous les sens tout en se rapprochant d’eux.
                - Tommy, Zack, elle est là-bas, je crois. Katherine… c’est elle qui est allongée sur la petite table, à côté du bazar !
                - Oui, je vois ça, il faut faire vite ! s’écria Tommy.
    La table sur laquelle était allongée Katherine se trouvait au même endroit où naguère s’était dressée la chandelle verte. Mais Goldar se dressait devant les Rangers, son épée à la main. Mais il n’avait pas l’air très vif.
                - Allez, venez donc, Rangers, tentez de récupérer votre amie défunte. Je veux voir si vous avez autant de courage pour sauver une morte !
                - Je vais t’en mettre plein dans ta tronche, lança Tommy tout en sautant vers Goldar, Saba à la main, pendant que Zack et Jason parvenaient facilement à écarter les six patrouilleurs aux techniques pas très brillantes.
                - Alors Ranger Blanc, tu veux faire de l’escrime ?
                - J’ai pas le temps, mon esprit est ailleurs, j’ai d’autres choses à faire !
    Les deux échangèrent quelques coups de lame, mais Tommy parvint à prendre le dessus sur Goldar quelques secondes, assez pour que Zack et Jason viennent à leur hauteur et poussent le combattant ailé à terre. Rapidement, Tommy alla vers Katherine, ne se posa pas de questions, et porta le corps jusqu’à l’accès entre la dimension noire et Angel Grove. Il scruta rapidement le corps de la défunte mais il en avait mal au cœur de la voir de telle manière.
                - Zack, Jason, rejoignez-moi, c’est bon !
                - Non, je n’en ai pas fini avec vous ! cria Goldar en se relevant.
                - Nous si ! sortit Zack.
    Goldar serra son poing gauche et administra un coup à Zack, en pleine tête.
                - Zack ! Ca va ? demanda Jason.
                - Oui, c’est bon, ça va aller… il faut vite partir !
                - Je vais vous arrêter ! prévint Goldar, menaçant.
                - Tu as de la chance, on n’a pas le temps de s’occuper de toi, lança le Ranger Rouge.
    Jason et Zack suivirent Tommy qui sortait de la dimension. Ils ne mirent pas longtemps à faire de même.
                - Je vous retrouverai ! hurla Goldar, pendant que les trois fuyards pouvaient encore l’entendre.
    Mais une fois partis, le ton du monstre changea radicalement.
                - Votre souhait est satisfait, maître Sariu, je les ai laissé partir avec le corps de Katherine.
    La voix du prince de Pluton traversa les dimensions et vint jusqu’aux oreilles de Goldar.
                - Très bon travail, Goldar. J’espère qu’ils y ont vu que du feu dans ton petit manège.
                - J’en suis sûr, car j’ai quand même essayé de les empêcher, ça paraissait plus crédible. Je pense que j’ai réussi.
                - Alors, tu peux revenir sur la Lune. Tu seras récompensé en proportion de ta servitude toujours exemplaire.
    Dans un élan de flammes, Goldar disparut de la dimension noire qui se retrouvait vide.
     
    ***
     
                Les trois Rangers sortirent de la dimension noire, seulement cinq minutes après y être entrés. Tommy apparut le premier, Katherine dans les bras. Billy désactiva sur le champ son invention.
                - C’est bon Zordon, ils sont revenus, parla Trini dans son communicateur.
                - Très bien, répondit Zordon.
                - Zordon, bégaya Tommy, tu peux… tu peux téléporter Katherine là où… là où elle devrait être… actuellement ?
                - Oui, je pense que le Centre de Commandes a repris assez de puissance et d’énergie pour la transférer...
                - Je ne peux plus la voir comme cela, dans cet état. Je t’en prie, fais vite, sinon, je vais m’écrouler… bafoua le Ranger Blanc.
    Immédiatement, le corps de Katherine disparut des bras de Tommy qui leva ensuite la tête vers le ciel.
                - Cette fois, plus personne ne viendra te déranger, où que tu soies.
    Puis les trois Rangers en action cessèrent la mutation en justicier de la paix.
                - Bon, je crois qu’on a terminé, vraiment terminé, souffla Kimberly.
                - Et oui, et moi, je file au Mcdo ! dit Jason. Vous venez ?
                - Mais il n’est pas encore dix sept heures ! contra Trini.
                - Après tout, il n’y a que comme ça que l’on va pouvoir penser à autre chose, alors j’accepte, valida Kimberly.
                - Allez, c’est moi qui paie, invita Jason. En plus, c’est pas tous les jours que je vous invite dans des restaurants de luxe servant des produits issus de la haute gastronomie américaine.
                - Gastronomie américaine, soit, mais haute… rigola Zack.
     
                Et finalement, tous allèrent manger au même endroit, dans le restaurant Mcdonald’s se trouvant à un kilomètre de l’aéroport d’où, le dimanche précédent, Adam, Rocky et Aisha avaient décollé vers l’Angleterre. Une fois encore, Tommy et Trini avaient conduits leurs amis dans leurs voitures respectives. Au Mcdonald’s, Jason mangea trois rations de cheeseburger et finit même le menu de Billy qui s’endormait devant ses frites.
     
                A la fin du repas, c’est-à-dire à dix-huit heures dix, Trini ramena Jason, Zack et Billy chez eux. En effet, Kimberly avait glissé à Trini le fait qu’elle voulait une fois de plus rester seule avec Tommy, et les deux filles s’étaient arrangées de cette manière.
                - Merci Trini de prendre les trois autres garçons, remercia Kimberly.
                - Normal, ça se passe comme ça, après un Mcdonald’s ! répondit Trini.
                - Des plans arrangés entre nous… c’est tout ce que j’aime ! Allez, bonne soirée, et à demain matin. On commence à quelle heure au fait ?
                - Euh… bonne question… on va devoir y aller pour huit heures.
                - Ok, alors à demain !
    Kimberly se dirigea vers la voiture à Tommy pendant que Trini montait dans son monospace, dans lequel se trouvaient déjà deux dormeurs et un jeune qui digérait tout ce qu’il avait mangé.
                - Jason, t’es vraiment un goinfre.
                - Oui, et le pire, c’est que je le sais…
    La voiture de Trini partit la première. Tommy n’avait pas encore démarré sa voiture.
                - Où va-t-on ? demanda Kimberly.
                - Et bien, on va d’abord passer au Centre de Commandes, car j’ai mes deux livres à récupérer. Puis je te propose de filer chez moi, il faut qu’on parle.
                - Très bien, monsieur… répondit Kimberly, qui ne savait pas à quoi s’attendre même si elle espérait des révélations sincères.
     
                Une fois arrivé chez Tommy, ils allèrent directement dans la pièce qui faisait office de salon. Kimberly s’assit dans le beau canapé bleu. Tommy lui offrit un jus d’orange et apporta ses deux livres. Il prit d’abord l’ouvrage « Californie, guide des lieux naturels remarquables » et se rendit à la page présentant le lac de Nice-Life.
                - Tu as eu de la chance de tomber sur ce livre, non ? Sans cet élément, m’aurais-tu retrouvé ? questionna Tommy.
                - Je ne sais pas trop, répondit Kimberly. Tommy, je… je ne savais pas que tu avais une telle passion pour la biologie.
                - Je n’en parle jamais, c’est vrai, fit-il. En fait, étant plus jeune, j’avais le choix entre les arts martiaux ou la biologie. J’ai fait les deux, mais entre mon père qui voulait que je devienne un karatéka hors-pair, et ma mère qui m’incitait de privilégier les cours scolaires et plus particulièrement les sciences appliquées, ça n’a pas toujours été facile.
                - Ah oui, je comprends.
    Tommy but une gorgée de jus d’orange, puis reprit la conversation.
                - Kim, tu te souviens de ton futur, à toi ? De ce que tu fais dans la vie dans dix, voire quinze ans ? Moi, mes souvenirs sont de plus en plus flous.
                - Et bien… je ne vois pas trop ce que j’ai fait, si ce n’est que je crois avoir poursuivi la gymnastique. Moi aussi j’ai cette sensation d’oubli, et c’est très gênant. Et toi ?
                - Je crois… je crois que dans ce futur, j’étais… enfin je serai… bon, je suis professeur en fac : professeur de biologie.
                - Ah bon, rien que ça ? Remarque, je ne vois rien d’étonnant, dans les lettres le professeur Idelman dit que tu a de très grandes connaissances et…
                - Tu as lu mes lettres ? interrompit Tommy, visiblement gêné.
                - Et bien, oui, mais je suis désolée, tu m’en veux peut-être, et tu as raison… mais c’était pour te retrouver, rien de plus.
                - Non Kim, je ne t’en veux pas, je n’ai rien à cacher, surtout pas à toi.
    Nouveau silence entre les deux amis qui n’étaient pas encore définis comme deux tourtereaux amoureux…
                - Dis-moi Kimberly, tu te souviens de la lettre que tu m’as envoyée, quelques mois après ton départ ? Celle où tu me dis que tu as rencontré quelqu’un en Floride…
                - Oui, je me souviens très bien. Mais je ne préfère pas revenir là-dessus, si tu veux bien.
                - Et cette personne, tu es restée longtemps avec ?
                - Tommy, ça ne s’est pas bien passé avec cet homme. J’ai eu quelques problèmes et… je n’ai pas la tête à en parler ce soir.
                - Ah, excuse-moi alors. Je ne voulais pas te ressasser des moments douloureux. Je ne pense pas que tu aies faim, mais je te demande quand même.
                - Non merci, ça ira. Et toi, Tommy, qu’en est-il à ce niveau ?
                - Et bien moi je commence à avoir un  petit creux, mais je ne suis pas non plus à l’agonie…
                - Non, je ne parlais pas de ça. Tu étais en couple dans ce futur ?
                - Pour tout de dire, non, Kimberly, je ne crois pas. Car il y a une sensation étrange quand je pense à mon avenir, quand je me vois professeur dans cette université. Je vois des Rangers. Je me vois même en tant que Ranger. Mais il est possible que mon cerveau me joue des tours.
                - Moi, je me souviens parfaitement d’un truc, fit Kimberly : tu as été un Ranger Rouge, et tu nous as sauvé, Jason et moi. Tu t’en souviens ?
    Ce fut un déclic pour Tommy. L’équipe Turbo ! Il se souvenait maintenant de cette période, pendant laquelle il luttait contre la redoutable Divatox. Il se rappela du jeune Justin, mais aussi de Tanya, et… Katherine, la Turbo Ranger Rose.
                - Oui, je me souviens bien, vous étiez partisans du mal pendant quelques temps. Mais parlons d’autre chose, tu veux bien. On va… tiens, je sais ce que je vais faire.
    Tommy reprit le livre « Californie, guide des lieux naturels remarquables », et en sortit les quelques lettres qu’il avait reçu du Professeur Alphonse Idelman.
                - Kim, je communiquais beaucoup avec ce professeur. Je lui racontais ma vie, mes cours à la fac, le train-train quotidien à Angel Grove, mes ballades avec mes amis. Mais je lui parlais beaucoup de toi.
                - Je l’ai entrevu, en lisant une lettre où il parlait de moi aussi, une lettre envoyée après les fêtes de fin d’année. Je suis désolée, je suis trop curieuse.
    Tommy chercha la lettre en question et la saisit.
                - Tu l’as lu en entier ? demanda Tommy.
                - Et bien non.
                - Et tu voudrais connaître la suite, je présume ?
                - Non, ce n’est pas la peine, mentit Kimberly. C’est à toi, je ne vais pas jouer la curieuse.
                - Mais si, je te connais, et même si tu ne veux pas, je vais te la lire quand même.
    Tommy s’approcha de Kimberly et lui demanda jusqu’où elle avait lu le récit. Alors, il commença la lecture au milieu du second paragraphe.
     
                … Kimberly, je crois que c’est son prénom, a bien de la chance d’avoir un ami comme toi. Je te l’ai déjà dit, et tu m’as répété que c’est toi qui avais le privilège de connaître une fille comme elle. Tu me dis qu’elle est rayonnante, pleine de vie, unique… les compliments n’étaient pas rares. Tu as même été me dire qu’elle était celle qui, dans ta vie, t’impressionnait le plus ! Ceci est un compliment de plus, et pas l’un des moindres…
     
    Enfin, j’espère que tu feras un long bout de chemin en sa compagnie. Pour ma part je serai toujours très heureux de te recevoir, quand tu veux. Je me répète, mais si tu as le moindre souci tu peux m’en parler, je serai toujours là pour t’écouter. Et si j’ai l’occasion de passer par Angel Grove, je te tiendrai informé.
     
    A très bientôt et bon courage pour tes études.
     
    Ton ami, le professeur Idelman. »
     
                Kimberly était comblée par tant de louanges à son égard. Mais elle voulait en savoir davantage sur ce professeur. Alors Tommy lui expliqua sa rencontre avec lui, à Antibes, lors du grand Concours International des Biologies Naturelles, puis il lui parla des liens qu’il avait tissés avec lui.
                - Et donc, si tu t’es rendu là-bas ces derniers jours, c’était pour le voir, pour lui parler, supposa Kimberly.
                - Oui, mais il n’y avait personne. Il y avait un mot sur la porte comme quoi il était parti en congrès à Taiwan jusqu’au début du mois de Juin. Car la dernière fois que je l’ai vu, ce devait être juste avant que je devienne le Ranger Blanc. Oui, c’est bien ça.
                - On ira le voir… ensemble, si tu veux… dit Kimberly en serrant la main de Tommy.
                - Kim, je voudrais te lire l’extrait d’une lettre que j’ai reçu de la part du Professeur Idelman, juste avant ton départ en Floride, alors que je n’arrêtais pas de lui envoyer du courrier. Il m’a répondu le lendemain de ce départ. Tiens, la voici.
    Dans la tête de Kimberly, beaucoup de choses se bouleversaient. Mais elle préférait faire abstraction de toutes ses interrogations et écouter Tommy.
     
                «  Nice-Life, le 22 Janvier 1997.
     
    Cher Tommy,
     
    Que de mauvaises nouvelles que tu m’apprends dans tes dernières lettres. Sache que je te soutiens dans cette étape difficile qu’est le départ de Kimberly. Tu as même dit qu’après son départ, tu ne pourrais plus vivre comme avant. Tu as dit que tu serais triste en permanence.
     
                Je n’ai pas de recette miracle, mais si tu tiens vraiment à elle, libre à toi de mettre de côté tes études et de partir avec elle, en Floride. L’amitié passe avant tout le reste…
     
                … à moins que ce soit plus de l’amour que de l’amitié. Tu m’as signalé que tu n’avais jamais été capable de lui exprimer tes sentiments vis-à-vis d’elle. Et bien, je crois que, si tu la suivais en Floride, ce serait une magnifique preuve d’amour. Puisque ton rêve est de faire ta vie avec elle, c’est peut-être le moment idéal de commencer une belle histoire.
     
                Je t’écrirai très prochainement. D’ici là, je te souhaite du courage. Tiens le coup. Et si tu veux discuter, tu es toujours le bienvenu à Nice-Life.
     
                Ton ami, le professeur Idelman. »
     
                - Voilà ce que le Professeur Idelman m’avait alors répondu. Je te laisse imaginer ce que je lui avais envoyé, toute la tristesse que j’éprouvais de te voir nous quitter.
                - Oh, Tommy…
                - Le Professeur Idelman ignorait que j’étais un Ranger. Il l’ignore toujours d’ailleurs. Donc, il ne savait pas que quelque chose me retenait aussi à Angel Grove. Avec le recul, je ne sais pas si j’ai fait le bon choix.
                - Je ne peux pas te reprocher cela, Tommy, balbutia Kimberly, qui savait exactement ce qu’elle devait faire maintenant. Mais n’oublie pas que maintenant, nous avons l’avenir devant nous. Pour de bon…
                - Oui, tu as raison, acquiesça Tommy, on va même pouvoir prendre notre temps, tous les deux, enfin, si tu es partante…
                - Nous avons peut-être tout notre temps mais ne tarde pas trop à m’embrasser…
    Cette fois, c’était certain : le couple officiellement secret et officieusement non vérifié, devenait réel.
    Une nouvelle histoire d’amour prenait forme.




    CHAPITRE 28
    Un peu de répit
     
                Le vendredi matin, le réveil fut difficile pour tous. D’ailleurs, à la Maison des Jeunes, où se trouvaient déjà Zack et Trini, il n’y avait pas grand monde. Ceci était notamment dû à l’annulation des cours en raison des catastrophes de la veille : alors que la ville se relevait à peine des grosses attaques d’il y a quelques semaines, lors du retour des aliens, elle subissait de nouveau l’apocalypse. Ernie était bien présent, mais rarement la caféteria n’avait été aussi déserte en jour d’ouverture. Pour preuve, il n’y avait qu’une personne à faire de la musculation.
                - Et bien, Trini et moi, on représente cent pour cent de ta clientèle ! Tu nous fais un geste commercial ?
                - Je suis blasé, Zack. Tu as vu les infos ?
                - Non, pas encore, mais que s’est-il passé encore ?
                - Il y a une bonne nouvelle pour une très mauvaise. Ils ont retrouvé la fille qui avait disparue dimanche dernier, mais ils ont aussi retrouvé le jeune garçon qui avait disparu pendant son jogging. Il est décédé.
                - Quoi ? Mais c’est affreux !!! s’écria Trini.
                - Comment ça s’est passé ? demanda Zack.
                - Il a été écrasé par le grand robot gris. Quelle mort atroce… je suis vert. Quand est-ce que les extra-terrestres arrêteront de nous emmerder ? Qu’ils aillent se battre ailleurs !
                - Je n’en reviens pas moi non plus, lança Billy qui entra dans la Maison des Jeunes avec Jason, suivis de quelques autres jeunes qui pénétraient à leur tour dans la caféteria.
                - Salut les gars, ça va ? demanda Trini.
                - Impeccable, j’ai dormi comme un bébé ! fit Billy.
                - Et moi j’ai bien digéré, dit Jason. Je n’ai plus faim du tout, mais j’ai quelques courbatures. Et vous ?
                - Ben ça va comme tu peux le voir, hormis cette tragique nouvelle, quoi, regretta Zack. Et la bonne nouvelle, si je puis dire, c’était quoi déjà ? La fille qu’ils ont retrouvée ?
                - Et bien, répondit Ernie, la jeune touriste de presque vingt ans qui avait disparu de son auberge, et bien elle a été retrouvée, mais elle assure ne se souvenir de rien. Comme les autres qui avaient été enlevés précedemment. D’ailleurs, elle est passée ici ce matin, car elle voulait s’isoler des médias. Elle a bien raison. On a fait connaissance lorsqu’elle est venue prendre un café tout à l’heure. On a un peu parlé et elle est très sympathique. Tenez, c’est elle, là voilà.
    Les quatre jeunes se tournèrent vers la jeune femme. Zack écarquilla les yeux comme s’il voyait passer une déesse. Billy et Jason sourirent niaisement, provoquant un éclat de rire chez Trini.
                - Jessica, appela Ernie, je te présente de bons amis, ils sont élèves ici : voici Jason, Trini, Billy, et lui, le gros malin tombeur de ses dames, c’est le dénommé Zack. Un sacré danseur ! Et ils sont où, Kimberly et Tommy ?
                - Alors ça, mystère… souffla Trini, tout en buvant à la paille son thé. Pas de nouvelles depuis hier soir. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, dit-on…
    La jeune femme était brune, la peau légèrement mate, et devait faire un mètre soixante-cinq. Zack prit la main de Jessica et la lui baisa.
                - Enchanté Jessica, je suis tout à fait ravi de faire ta connaissance.
                - Euh… merci, répondit-elle, surprise, mais heureuse de cet accueil chaleureux. Ca me fait du bien de voir des gens qui ne me posent pas cinquante mille questions. Comme Ernie l’a dit, je m’appelle Jessica, Jessica Revlis. Et je vais bientôt devenir élève dans cette école.
                - Ah, super ! s’exclama Zack. Si tu as besoin d’un guide, tu demandes Zack. C’est moi !
                - D’accord, je te remercie, tu es bien aimable.
                - Sois la bienvenue à Angel Grove, souhaita Billy, plus réservé dans ses gestes.
    Tommy et Kimberly entrèrent dans la Maison des Jeunes à leur tour, tout sourire.
                - Et bien, c’est à cette heure-ci qu’on arrive, plaisanta Jason.
                - Buenos dias, dit Tommy. J’espère que vous allez bien.
                - Oui, ça va pas mal, répondit Billy.
    La jeune Jessica Revlis se tourna vers Tommy, le fixa quelques secondes, et lui parla.
                - Vous parlez couramment espagnol ?
                - Euh… absolument pas, désolé. Je me présente, je suis Tommy Oliver.
                - Enchantée, moi, c’est Jessica Revlis. En fait, je suis ici pour apprendre l’espagnol, c’est pour ça. Ma mère est barcelonaise, et elle m’a donné envie d’apprendre aussi bien la langue du pays que le catalan.
                - Ah oui ! intervint Kimberly. Nous t’avons vu à la télévision, tu es la jeune fille qui avait disparue. Heureuse de voir que tu es saine et sauve. Malheureusement, tous n’ont pas eu ce destin.
                - J’aimerais ne pas trop en reparler, déjà que les journalistes me cherchent depuis ce matin. Si on pouvait éviter de parler de ça, j’y tiens…
                - Ah pardon, je suis désolée, au fait, moi c’est Kimberly.
    Zack expliqua rapidement aux nouveaux arrivants que Jessica allait intégrer l’école, mais il avait plein de questions à leur poser aussi…
                - Et vous, vous faisiez quoi hier soir ?
                - Et bien, fit Kimberly, on… on passait notre première soirée en amoureux. Et oui ! Ca vous en bouche un coin, hein !
                - Ah !!! Enfin, c’est officiel ! s’exclama Trini. Il en aura fallu du temps…
                - Oui, Kimberly devenait de plus en plus pressante à ce sujet, ajouta Billy.
                - Elle trépignait d’impatience, tu veux dire ! compléta Zack.
                - Et maintenant c’est fait, nous sommes en couple, et je suis si heureux… se confia Tommy à voix haute.
    Jessica sourit mais elle dût écourter son passage.
                - Vous m’excuserez, mais j’ai des choses à faire, et je souhaiterai vraiment me reposer. J’ai été heureuse de faire votre connaissance. A très bientôt !
                - Oui, au plaisir, chère mademoiselle, ne put s’empêcher de dire Zack. A très bientôt !
                - Oui, salut, fit Trini.
    Tous saluèrent la jeune femme, qui était réellement magnifique. Puis, un autre individu tout aussi remarquable mais pas pour les mêmes raisons fit irruption.
                - Tiens, voilà le grand Skull… et il à l’air pas trop réveillé. Tu n’as pas trop l’air niais, habillé comme ça ?
                - Ne rigolez pas ! s’énerva Skull, qui était seulement en tongs, en short de bain et en maillot de base-ball. Je n’ai plus d’autres fringues à me mettre. Faites-un don, je vous en prie.
                - Vu le temps qu’il fait, tu n’as pas trop à craindre, il fait chaud… se moqua Billy.
                - Vous n’êtes pas drôle du tout… bon, puisque c’est comme ça, je vais aller quémander ailleurs. Salut les abrutis !
                - Ce Skull, il ne changera donc jamais, fit Trini.
                - Sinon, on est curieux nous ! Racontez-nous un peu… demanda Jason à Kimberly et Tommy, qui débutèrent le récit de leur soirée, qui avait été plutôt calme, et davantage basée sur les sentiments et les souvenirs de chacun, et même sur les albums photos de Tommy qui avait dévoilé à Kimberly une partie de sa vie passée... et sans doute de sa vie future.
     
                C’est vers le parking que la jeune et belle Jessica Revlis s’était éclipsée. Elle venait de mettre des lunettes de soleil et elle regarda partout autour d’elle ; ensuite elle grimpa sur un scooter stationné en retrait. Elle prit dans sa poche un petit objet ressemblant à une montre : cet objet sonnait.
                - Oui, j’écoute, fit-elle.
                - Ici Sariu, fit la voix. Jessica, Qu’en est-il des Rangers ?
                - Ils sont à la Maison des Jeunes et ils ont l’air heureux, et pas du tout préoccupés.
                - Très bien, très bien ! Alors, tu restes en contact avec nous. On savait bien qu’en te choisissant toi, on ne serait pas déçu. On a bien fait de relâcher les trois prétendants qui se sont présentés avant toi.
                - Que vous aviez enlevé aussi, vous voulez dire, maître ?
                - Oui, si tu préfères. Jessica, tu ne dis rien au Rangers. Ils croient que la Zeo Ranger d’Argent n’est plus qu’un mauvais souvenir. Mais tu es bien là, et je compte faire appel à tes services prochainement, dans les semaines qui vont venir.
                - Je suis à votre disposition, maître.
                - Merci. Je te laisse, termina Sariu. Fin de communication.
    Jessica Revlis avait coupé son communicateur. Elle le remit dans sa poche et piocha un autre objet qui n’était rien d’autre qu’un transmutateur Zeo.
                - Les Rangers ne sauront pas que je suis la septième. Le plan Zeo Zeo Sept n’est pas complètement un échec.
    Puis elle démarra le scooter et partit vers le sud de la ville d’Angel Grove.
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    Re: MMPR S4, épisode 3 : Zeo Zeo Sept

    Message par Zurcliptor le Dim 5 Juin - 9:12

    Les deux premiers chapitre sont lus Smile C'est toujours aussi bon, on sent vraiment que ta façon d'écrire a évoluée au fil du temps^^

    Tu es vraiment doué pour les textes descriptifs et pour raconter la vie de tous les jours des Rangers, une chose que j'aurais beaucoup de mal à faire. Un grand bravo à toi^^

    Décidément, Bulk et Skull ne changeront jamais lol

    J'apprécie de plus en plus Sariu. Dommage que la série ne se soit pas dotée d'un tel personnages^^

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    Re: MMPR S4, épisode 3 : Zeo Zeo Sept

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